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Insee Première · Février 2026 · n° 2095
Insee PremièreConsommation d’énergie dans l’industrie en 2024 La facture énergétique diminue de 24 %, mais reste bien supérieure à celle de 2019

Tony Vuillemin (Insee)

En 2024, la facture énergétique (hors matières premières) dans l’industrie s’établit à 17,3 milliards d’euros. Pour la première fois depuis 2020, année marquée par la crise sanitaire, la facture énergétique diminue (-24 %). Elle reste cependant 1,5 fois plus élevée que celle de 2019, alors que la consommation a baissé de 16 %. En 2024, le prix de toutes les énergies diminue, en particulier pour les gros consommateurs. Le prix du gaz reste cependant deux fois plus élevé en 2024 qu’en 2019.

La consommation brute d’énergie dans l’industrie continue de diminuer (-2 % après -5 % en 2023) et s’établit à 23,4 millions de tonnes d’équivalent pétrole. La baisse de la consommation d’énergie est portée par celle des produits pétroliers (-21 %), tandis que celle de gaz naturel augmente légèrement (+2 %) et que celle d’électricité reste quasi stable (-1 %). Entre 2021 et 2023, en raison du prix élevé du gaz, plusieurs établissements avaient remplacé une partie de leur consommation de gaz par des produits pétroliers. En 2024, les parts de gaz et de produits pétroliers dans la consommation d’énergie retrouvent un niveau similaire à celui de 2019.

La facture énergétique diminue de 24 %, mais reste bien supérieure à celle de 2019
Publication rédigée par :Tony Vuillemin (Insee)

La facture énergétique des industriels diminue pour la première fois depuis la crise sanitaire

En 2024, pour la première fois depuis 2020, année marquée par la crise sanitaire, la de l’industrie (hors matières premières), c’est-à-dire le montant acquitté par les établissements industriels pour leur consommation d’énergie, diminue. Elle est en baisse de 24 % en euros courants par rapport à 2023, pour atteindre 17,3 milliards d’euros (figure 1).

Figure 1 – Consommation d’énergie et facture énergétique (hors matières premières) des établissements de l’industrie entre 2005 et 2024

Figure 1 – Consommation d’énergie et facture énergétique (hors matières premières) des établissements de l’industrie entre 2005 et 2024 - Lecture : En 2024, la consommation brute d’énergie des établissements de l’industrie, hors matières premières, exprimée en volume, est de 23,4 millions de tep, et leur facture énergétique hors matières premières est de 17,3 milliards d’euros.
Année Consommation brute d'énergie (hors matières premières) Consommation brute d'énergie Facture énergétique (hors matières premières) Facture énergétique
(en millions de tep1) (en milliards d’euros courants2)
2005 34,4 44,0 11,1 12,8
2006 33,6 42,9 12,4 14,3
2007 33,2 42,5 12,5 14,4
2008 33,3 42,6 14,1 16,3
2009 28,5 36,5 11,5 13,3
2010 29,4 37,6 12,6 14,5
2011 28,5 36,4 13,5 15,6
2012 28,2 36,0 14,0 16,1
2013 27,8 35,6 13,8 15,9
2014 27,7 35,4 13,2 15,2
2015 28,0 35,8 12,4 14,3
2016 28,5 36,5 11,4 13,1
2017 27,7 35,5 11,0 13,3
2018 28,0 35,7 12,0 14,5
2019 27,9 35,3 11,7 13,8
2020 25,1 32,2 10,2 11,7
2021 26,8 34,3 14,3 17,0
2022 25,1 31,7 21,7 25,8
2023 23,8 29,7 22,7 25,5
2024 23,4 29,5 17,3 19,7
  • 1. Tep : tonne d'équivalent pétrole.
  • Note : La facture et la consommation énergétiques comprennent l'électricité, la vapeur, le gaz, les combustibles minéraux solides et les produits pétroliers, ainsi que le bois depuis 2012 et l’hydrogène depuis 2019. Les consommations brutes ne prennent pas en compte la quantité de vapeur autoproduite
  • Lecture : En 2024, la consommation brute d’énergie des établissements de l’industrie, hors matières premières, exprimée en volume, est de 23,4 millions de tep, et leur facture énergétique hors matières premières est de 17,3 milliards d’euros.
  • Champ : France, établissements de 20 salariés ou plus de l’industrie, hors industrie de l’énergie et artisanat commercial, y compris récupération.
  • Sources : Insee, SSP, enquêtes annuelles sur les consommations d'énergie dans l'industrie de 2005 à 2024.

Figure 1 – Consommation d’énergie et facture énergétique (hors matières premières) des établissements de l’industrie entre 2005 et 2024

  • 1. Tep : tonne d'équivalent pétrole.
  • Note : La facture et la consommation énergétiques comprennent l'électricité, la vapeur, le gaz, les combustibles minéraux solides et les produits pétroliers, ainsi que le bois depuis 2012 et l’hydrogène depuis 2019. Les consommations brutes ne prennent pas en compte la quantité de vapeur autoproduite
  • Lecture : En 2024, la consommation brute d’énergie des établissements de l’industrie, hors matières premières, exprimée en volume, est de 23,4 millions de tep, et leur facture énergétique hors matières premières est de 17,3 milliards d’euros.
  • Champ : France, établissements de 20 salariés ou plus de l’industrie, hors industrie de l’énergie et artisanat commercial, y compris récupération.
  • Sources : Insee, SSP, enquêtes annuelles sur les consommations d'énergie dans l'industrie de 2005 à 2024.

En 2021, la reprise économique post-Covid avait entraîné une forte augmentation de la demande mondiale d’énergie, qui, combinée à une offre limitée, avait engendré une hausse brutale de la facture énergétique industrielle (+40 %). En 2022, la guerre en Ukraine avait prolongé et amplifié cette hausse (+52 %). En 2023, la facture avait continué d’augmenter, mais à un rythme plus faible (+5 %).

La diminution des dépenses énergétiques des industriels français en 2024 est cependant loin d’effacer les hausses antérieures : la facture énergétique reste environ 50 % plus élevée qu’en 2019, mais elle avait presque doublé entre 2019 et 2023.

Toutes énergies confondues, le prix d’une baisse de 23 % en 2024, mais une tep coûte encore 76 % plus cher aux établissements industriels qu’en 2019 (figure 2).

Figure 2 ‒ Évolution des prix unitaires des énergies entre 2005 et 2024

indice base 100 en 2019
Figure 2 ‒ Évolution des prix unitaires des énergies entre 2005 et 2024 (indice base 100 en 2019) - Lecture : Entre 2019 et 2024, le prix de l’électricité augmente de 64,2 % (indice 164,2, base 100 en 2019).
Année Électricité Gaz Produits pétroliers Combustibles minéraux solides Ensemble des énergies
2005 72,0 84,0 70,3 65,9 76,9
2006 80,9 105,0 82,2 62,4 88,0
2007 80,1 109,2 88,2 61,3 89,8
2008 84,6 130,2 111,0 70,3 101,0
2009 89,4 115,9 83,9 67,5 96,2
2010 91,0 110,3 106,7 94,1 102,2
2011 97,0 116,9 132,1 119,7 113,0
2012 99,1 126,5 146,6 108,4 118,4
2013 103,4 132,7 132,3 82,8 118,4
2014 105,1 122,7 122,9 74,7 113,6
2015 104,0 116,4 88,7 71,7 105,6
2016 95,7 100,1 79,9 69,9 95,4
2017 92,1 97,1 97,8 102,6 94,7
2018 95,9 106,7 117,1 100,6 102,2
2019 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0
2020 101,9 85,5 82,0 90,3 96,9
2021 122,2 142,2 118,7 108,2 127,2
2022 174,2 290,1 171,1 185,6 206,2
2023 228,8 255,8 144,4 182,5 228,0
2024 164,2 203,1 137,8 148,9 176,2
  • Lecture : Entre 2019 et 2024, le prix de l’électricité augmente de 64,2 % (indice 164,2, base 100 en 2019).
  • Champ : France, établissements de 20 salariés ou plus de l’industrie, hors industrie de l’énergie et artisanat commercial, y compris récupération.
  • Sources : Insee, SSP, enquêtes annuelles sur les consommations d'énergie dans l'industrie de 2005 à 2024.

Figure 2 ‒ Évolution des prix unitaires des énergies entre 2005 et 2024

  • Lecture : Entre 2019 et 2024, le prix de l’électricité augmente de 64,2 % (indice 164,2, base 100 en 2019).
  • Champ : France, établissements de 20 salariés ou plus de l’industrie, hors industrie de l’énergie et artisanat commercial, y compris récupération.
  • Sources : Insee, SSP, enquêtes annuelles sur les consommations d'énergie dans l'industrie de 2005 à 2024.

La consommation d’énergie s’est ajustée en partie aux fluctuations des prix, à la fois sous l’effet du ralentissement de l’activité et des investissements des entreprises pour limiter leurs coûts. Ainsi, la consommation a baissé de 16 % entre 2019 et 2024.

En 2024, le prix de l’électricité diminue nettement plus pour les gros consommateurs

Le prix du mégawattheure (MWh) d’électricité diminue en moyenne de 28 % en 2024, après une hausse de 31 % en 2023. En 2023, c’était la seule énergie dont le prix avait augmenté. Le prix de l’électricité a augmenté de 64 % entre 2019 et 2024.

La baisse de prix de l’électricité observée en 2024 varie considérablement selon les établissements. Elle dépend principalement du type de contrat d’énergie souscrit et de sa durée.

Les établissements fortement consommateurs d’électricité (plus de 20 000 MWh en 2024) souscrivent plus souvent que les établissements faiblement consommateurs (moins de 2 000 MWh) des contrats à prix de marché (43 % contre 7 %) (figure 3). Les établissements à faible consommation optent plus souvent pour un contrat à prix fixe, privilégiant ce moyen de se protéger contre la volatilité des prix de l’énergie observée les années précédentes. De plus, ce type de contrat est plus simple à souscrire pour les petits établissements qui n’ont pas de service dédié à l’énergie. Cette part augmente sur un an (59 % contre 53 % en 2023).

Figure 3 ‒ Type de contrat d’électricité des établissements industriels en 2024, selon le niveau de consommation des établissements

en %
Figure 3 ‒ Type de contrat d’électricité des établissements industriels en 2024, selon le niveau de consommation des établissements (en %) - Lecture : En 2024, 59 % des établissements industriels consommant moins de 2 000 MWh d’électricité possèdent un contrat d’électricité dont le prix du MWh est fixe pendant la durée du contrat. Les établissements consommant moins de 2 000 MWh d’électricité représentent 73 % des établissements industriels de 20 salariés ou plus.
Niveau de consommation Type de contrat Part d’établissements
Prix fixe sur une durée contractuelle Prix indexé sur le prix de gros Tarif réglementé Prix indexé sur le tarif réglementé Autres¹
Inférieur à 2 000 MWh 59 7 16 6 12 73
Entre 2 000 et 5 000 MWh 54 15 9 7 15 13
Entre 5 000 et 20 000 MWh 44 26 7 5 19 11
Supérieur à 20 000 MWh 22 43 5 2 29 3
Ensemble 56 12 14 6 13 100
  • 1. Contrats indexés sur le mécanisme de l’accès régulé à l’électricité nucléaire historique (ARENH), contrats mixtes (une partie des prix est indexé sur le prix de marché), etc.
  • Lecture : En 2024, 59 % des établissements industriels consommant moins de 2 000 MWh d’électricité possèdent un contrat d’électricité dont le prix du MWh est fixe pendant la durée du contrat. Les établissements consommant moins de 2 000 MWh d’électricité représentent 73 % des établissements industriels de 20 salariés ou plus.
  • Champ : France, établissements de 20 salariés ou plus de l’industrie, hors industrie de l’énergie et artisanat commercial, y compris récupération.
  • Source : Insee, enquête annuelle sur les consommations d'énergie dans l’industrie 2024.

Figure 3 ‒ Type de contrat d’électricité des établissements industriels en 2024, selon le niveau de consommation des établissements

  • 1. Contrats indexés sur le mécanisme de l’accès régulé à l’électricité nucléaire historique (ARENH), contrats mixtes (une partie des prix est indexé sur le prix de marché), etc.
  • Lecture : En 2024, 59 % des établissements industriels consommant moins de 2 000 MWh d’électricité possèdent un contrat d’électricité dont le prix du MWh est fixe pendant la durée du contrat.
  • Champ : France, établissements de 20 salariés ou plus de l’industrie, hors industrie de l’énergie et artisanat commercial, y compris récupération.
  • Source : Insee, enquête annuelle sur les consommations d'énergie dans l’industrie 2024.

En 2024, 37 % des établissements ayant un contrat à prix fixe ont renouvelé leur contrat, soit une part similaire à l’année précédente. Ces établissements ont bénéficié d’une baisse du prix de l’électricité et cette diminution est plus forte pour ceux qui avaient souscrit un contrat pour un an (-30 % contre -17 % pour les contrats de 2 ans). Cela s’explique par le renouvellement de leurs contrats à une période où le prix de l’électricité était particulièrement élevé.

Ainsi, en 2024, les établissements fortement consommateurs ont bénéficié d’une baisse de prix plus marquée (-30 %) que les établissements peu consommateurs (-15 %) (figure 4). Le différentiel de prix de l’électricité acquittés par ces établissements s’est creusé : les établissements peu consommateurs payent, en moyenne en 2024, le prix du MWh 2,6 fois plus cher que les gros consommateurs, alors que ce ratio était de 2,1 en 2023 et de 1,9 en 2019.

Figure 4 ‒ Prix moyen du MWh de gaz et d’électricité entre 2015 et 2024, selon le niveau de consommation des établissements

en euros/MWh
Figure 4 ‒ Prix moyen du MWh de gaz et d’électricité entre 2015 et 2024, selon le niveau de consommation des établissements (en euros/MWh) - Lecture : Le prix du MWh de gaz des établissements qui consomment plus de 20 000 MWh de gaz est de 44,1 euros en 2023 ; il était de 17,8 euros en 2020.
Tranche de consommation 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024
Électricité : Inférieur à 2 000 MWh 97,5 95,8 92,7 96,0 100,3 104,1 108,3 129,7 226,8 192,7
Électricité : Supérieur à 20 000 MWh 54,0 48,6 47,9 51,3 54,2 52,7 70,9 104,4 106,0 73,7
Gaz : Inférieur à 2 000 MWh 46,6 44,3 46,7 45,5 45,7 45,9 44,2 63,5 92,6 90,1
Gaz : Supérieur à 20 000 MWh 26,3 22,0 21,5 24,0 22,1 17,8 34,2 73,3 58,5 44,1
  • Lecture : Le prix du MWh de gaz des établissements qui consomment plus de 20 000 MWh de gaz est de 44,1 euros en 2023 ; il était de 17,8 euros en 2020.
  • Champ : France, établissements de 20 salariés ou plus de l’industrie, hors industrie de l’énergie et artisanat commercial, y compris récupération.
  • Source : Insee, enquêtes annuelles sur les consommations d'énergie dans l’industrie de 2015 à 2024.

Figure 4 ‒ Prix moyen du MWh de gaz et d’électricité entre 2015 et 2024, selon le niveau de consommation des établissements

  • Lecture : Le prix du MWh de gaz des établissements qui consomment plus de 20 000 MWh de gaz est de 44,1 euros en 2023 ; il était de 17,8 euros en 2020.
  • Champ : France, établissements de 20 salariés ou plus de l’industrie, hors industrie de l’énergie et artisanat commercial, y compris récupération.
  • Source : Insee, enquêtes annuelles sur les consommations d'énergie dans l’industrie de 2015 à 2024.

En 2024, le prix moyen de l’électricité est 92 % supérieur à celui de 2019 pour les petits consommateurs, alors qu’il ne l’est « que » de 36 % pour les gros.

Les fortes hausses du prix du gaz de 2021 et de 2022 n’ont toujours pas été effacées

Les prix des sources d’énergie autres que l’électricité avaient amorcé leur baisse dès 2023. Le prix du MWh du gaz naturel diminue en particulier fortement pour la deuxième année consécutive (-21 % après -12 % en 2023). Malgré ces deux années de baisse marquée, les fortes hausses en 2021 et 2022 n’ont pas été effacées et le prix du gaz en 2024 est encore deux fois plus élevé qu’en 2019.

Comme pour l’électricité, les établissements fortement consommateurs privilégient davantage les contrats à prix de marché et ont bénéficié d’une forte baisse de prix (-25 %) contrairement aux petits consommateurs (prix quasi stable, à -3 %). En 2024, les établissements faiblement consommateurs paient le MWh de gaz 2,0 fois plus cher que les plus gros consommateurs. Cet écart s’est creusé par rapport à 2023 (1,6), mais est un peu plus faible qu’en 2019 (2,1).

Les prix des autres énergies diminuent de façon moins forte : -5 % pour les en 2024, -13 % pour la vapeur et -18 % pour les .

Les produits pétroliers sont l’énergie dont le prix a le moins augmenté depuis 2019. Cette hausse atteint toutefois 38 %.

Le prix de l’énergie est 2,1 fois plus élevé dans l’électronique-automobile que dans la chimie

Le prix de l’énergie (mesurée en tonne d’équivalent pétrole) dans un secteur d’activité dépend principalement de deux facteurs : le mix énergétique — une tep d’électricité coûtant en moyenne 1,9 fois plus cher qu’une tep de gaz — et la proportion d’établissements très consommateurs, qui bénéficient généralement de prix unitaires plus avantageux grâce à leurs volumes d’achat élevés. Ainsi, en 2024, les établissements du secteur de l’électronique-automobile paient en moyenne 2,1 fois plus cher une tep que ceux du secteur de la chimie. Ce ratio était de 1,6 en 2019 (figure 5).

Figure 5 – Prix d’une tonne d’équivalent pétrole d’énergie par secteur d’activité depuis 2019

en euros
Figure 5 – Prix d’une tonne d’équivalent pétrole d’énergie par secteur d’activité depuis 2019 (en euros) - Lecture : En 2024, le prix d’une tonne d’équivalent pétrole coûte 576 euros dans le secteur de la chimie.
Année Chimie – Pharmacie Métallurgie Agroalimentaire Électronique – Automobile Caoutchouc – Plastique Bois
2019 442 452 474 695 372 279
2020 296 469 478 714 370 264
2021 579 670 561 767 446 373
2022 1 035 1 074 875 1 220 745 620
2023 687 1 081 1 280 1 585 842 605
2024 576 814 921 1 204 649 457
  • Lecture : En 2024, le prix d’une tonne d’équivalent pétrole coûte 576 euros dans le secteur de la chimie.
  • Champ : France, établissements de 20 salariés ou plus de l’industrie, hors industrie de l’énergie et artisanat commercial, y compris récupération.
  • Source : Insee, enquêtes annuelles sur les consommations d'énergie dans l'industrie de 2019 à 2024.

Figure 5 – Prix d’une tonne d’équivalent pétrole d’énergie par secteur d’activité depuis 2019

  • Lecture : En 2024, le prix d’une tonne d’équivalent pétrole coûte 576 euros dans le secteur de la chimie.
  • Champ : France, établissements de 20 salariés ou plus de l’industrie, hors industrie de l’énergie et artisanat commercial, y compris récupération.
  • Source : Insee, enquêtes annuelles sur les consommations d'énergie dans l'industrie de 2019 à 2024.

En 2024, le prix de l’énergie diminue nettement dans tous les secteurs d’activité, particulièrement dans l’industrie agroalimentaire (-28 %). Contrairement aux autres secteurs, où les prix ont soit ralenti leur progression soit baissé, l’agroalimentaire avait continué à subir une forte augmentation du prix de la tep en 2023 (+46 % après +56 % en 2022).

Une explication est la moindre concentration de ce secteur, alors que les prix du gaz et de l’électricité ont particulièrement augmenté pour les petits et moyens consommateurs en 2023.

En 2024, la baisse est d’environ 25 % dans la métallurgie, l’électronique-automobile, le caoutchouc-plastique et le bois. C’est dans le secteur de la chimie que le prix de la tep a le moins baissé (-16 %), mais il avait amorcé sa baisse dès 2023, contrairement aux autres secteurs, après avoir connu une hausse plus forte en 2021 et 2022. Ces évolutions s’expliquent par le fait que ce secteur, le plus consommateur d’énergie, est très dépendant du gaz (46 % de son énergie) dont les évolutions exercent une forte influence sur son coût d’approvisionnement en énergie.

Au total, depuis 2019, le prix d’une tonne d’équivalent pétrole a été multiplié par 1,3 dans la chimie et jusqu’à 1,9 dans l’agroalimentaire.

La consommation d’énergie dans l’industrie baisse de 2 %

En 2024, la hors matières premières de l’industrie s’élève à 23,4 millions de tonnes d’équivalent pétrole. Les industriels utilisent principalement deux énergies : l’électricité (36 %) et le gaz (35 %). Suivent ensuite la vapeur (8 %), le bois (5 %) et les produits pétroliers (4 %).

La consommation totale d’énergie diminue de 2 % en 2024, après avoir baissé de 5 % en 2023. Son niveau de 2024 est inférieur de 16 % à celui de 2019.

Cette évolution globale, toutes sources d’énergies confondues, recouvre des évolutions différentes : en 2024, alors que la consommation de gaz naturel augmente de 2 % et celle de vapeur de 1 %, elle est quasi stable pour l’électricité (-1 %) et baisse nettement pour les principaux produits pétroliers (-21 %) (figure 6). Ces évolutions opposées entre la consommation du gaz et celle des produits pétroliers s’expliquent principalement par la baisse du prix du gaz. En effet, de 2021 à 2023, certains industriels avaient substitué une partie de leur consommation de gaz par des produits pétroliers (notamment le fioul domestique pour le chauffage). La consommation de produits pétroliers avait alors augmenté de 11 % entre 2020 et 2023, tandis que celle du gaz avait chuté de 12 %. En 2024, les parts de gaz et de produits pétroliers dans la consommation d’énergie retrouvent un niveau plus proche de celles observées en 2019. La consommation énergétique de combustibles minéraux solides continue de diminuer (-14 %). Depuis 2019, elle a baissé de 68 %.

Figure 6 – Évolution de la consommation (hors matières premières) par type d’énergie depuis 2019

indice base 100 en 2019
Figure 6 – Évolution de la consommation (hors matières premières) par type d’énergie depuis 2019 (indice base 100 en 2019) - Lecture : Entre 2019 et 2024, la consommation énergétique de gaz, exprimée en volume, a diminué de 15,3 % (indice 84,7, base 100 en 2019).
Année Électricité Gaz Vapeur Principaux produits pétroliers Combustibles minéraux solides
2019 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0
2020 92,7 94,7 89,6 78,7 50,4
2021 99,9 100,1 107,1 85,6 54,4
2022 98,2 90,7 101,3 86,7 40,8
2023 91,8 83,0 95,3 87,7 37,3
2024 91,2 84,7 96,3 69,7 31,9
  • Lecture : Entre 2019 et 2024, la consommation énergétique de gaz, exprimée en volume, a diminué de 15,3 % (indice 84,7, base 100 en 2019).
  • Champ : France, établissements de 20 salariés ou plus de l’industrie, hors industrie de l’énergie et artisanat commercial, y compris récupération.
  • Source : Insee, enquêtes annuelles sur les consommations d'énergie dans l'industrie de 2019 à 2024.

Figure 6 – Évolution de la consommation (hors matières premières) par type d’énergie depuis 2019

  • Lecture : Entre 2019 et 2024, la consommation énergétique de gaz, exprimée en volume, a diminué de 15,3 % (indice 84,7, base 100 en 2019).
  • Champ : France, établissements de 20 salariés ou plus de l’industrie, hors industrie de l’énergie et artisanat commercial, y compris récupération.
  • Source : Insee, enquêtes annuelles sur les consommations d'énergie dans l'industrie de 2019 à 2024.

Depuis 2021, la production et la consommation d’énergie suivent des trajectoires opposées

En 2024, la production dans l’industrie, mesurée à travers l’indice de production industrielle (IPI), est quasi stable en volume (-0,2 %), tandis que la consommation d’énergie en tep issue des enquêtes annuelles sur les consommations d’énergie dans l’industrie (EACEI) diminue de 2 % (figure 7).

Figure 7 – Évolution de la consommation d’énergie (hors matières premières) et de la production des établissements de l’industrie entre 2005 et 2024

indice base 100 en 2021
Figure 7 – Évolution de la consommation d’énergie (hors matières premières) et de la production des établissements de l’industrie entre 2005 et 2024 (indice base 100 en 2021) - Lecture : Entre 2021 et 2024, la consommation brute d’énergie des établissements de l’industrie, hors matières premières, exprimée en volume, a diminué de 12,7 %, tandis que la production a augmenté de 2,1 % (indices 87,3 et 102,1, base 100 en 2021).
Année Production industrielle Consommation d’énergie
2005 113,5 128,4
2006 114,5 125,4
2007 116,1 123,9
2008 112,4 124,3
2009 97,2 106,3
2010 101,7 109,7
2011 105,3 106,3
2012 101,9 105,2
2013 101,3 103,7
2014 101,0 103,4
2015 102,5 104,5
2016 102,9 106,3
2017 105,5 103,4
2018 106,1 104,5
2019 106,8 104,1
2020 94,6 93,7
2021 100,0 100,0
2022 101,8 93,7
2023 102,3 88,8
2024 102,1 87,3
  • Lecture : Entre 2021 et 2024, la consommation brute d’énergie des établissements de l’industrie, hors matières premières, exprimée en volume, a diminué de 12,7 %, tandis que la production a augmenté de 2,1 % (indices 87,3 et 102,1, base 100 en 2021).
  • Champ : France, établissements de 20 salariés ou plus de l’industrie, hors industrie de l’énergie et artisanat commercial, y compris récupération.
  • Sources : Insee, SSP, enquêtes annuelles sur les consommations d'énergie dans l'industrie de 2005 à 2024, indices de production industrielle de 2005 à 2024.

Figure 7 – Évolution de la consommation d’énergie (hors matières premières) et de la production des établissements de l’industrie entre 2005 et 2024

  • Lecture : Entre 2021 et 2024, la consommation brute d’énergie des établissements de l’industrie, hors matières premières, exprimée en volume, a diminué de 12,7 %, tandis que la production a augmenté de 2,1 % (indices 87,3 et 102,1, base 100 en 2021).
  • Champ : France, établissements de 20 salariés ou plus de l’industrie, hors industrie de l’énergie et artisanat commercial, y compris récupération.
  • Sources : Insee, SSP, enquêtes annuelles sur les consommations d'énergie dans l'industrie de 2005 à 2024, indices de production industrielle de 2005 à 2024.

De 2011 à 2021, les évolutions de la consommation d’énergie et de la production industrielle étaient très proches. À partir de 2021, les trajectoires divergent cependant nettement : alors que la production industrielle augmente avant d’atteindre un palier (+2 % entre 2021 et 2024), la consommation d’énergie diminue régulièrement, à un rythme décroissant (-13 % au total).

Cette différence de trajectoire s’explique en partie par un effet de structure, les secteurs les plus consommateurs d’énergie ayant réduit leur niveau de production (-5 % entre 2021 et 2024 dans la chimie et -8 % dans la métallurgie) alors que les secteurs moins consommateurs l’ont augmenté (+6 % dans l’électronique-automobile par exemple) ; et en partie par le fait que la hausse des prix de l’énergie a incité les établissements à améliorer leur efficacité énergétique. Pour chacun des secteurs, la consommation d’énergie augmente moins vite que la production, ou baisse plus fortement lorsque la production diminue.

Publication rédigée par :Tony Vuillemin (Insee)
Publication rédigée par :Tony Vuillemin (Insee)

Sources

Ces données sont issues des enquêtes annuelles sur les consommations d’énergie dans l’industrie (EACEI) de 2005 à 2024. En 2024, l’EACEI porte sur les 21 300 établissements de 20 salariés ou plus implantés en France, appartenant au secteur de l’industrie, hors industrie de l’énergie et artisanat commercial, mais y compris récupération. Le champ de l’enquête n’a pas évolué depuis 2013. Auparavant, l’enquête couvrait aussi les établissements de 10 à 19 salariés du secteur de fabrication de gaz industriel.

Les établissements sont interrogés sur leur facture énergétique et sur la quantité d’énergie achetée, ce qui permet d’en déduire le prix de l’énergie.

Définitions

La facture énergétique correspond à l’ensemble des dépenses acquittées par les établissements pour leur consommation d’énergie. Dans la mesure où certains produits peuvent être achetés par les industriels à la fois pour produire de l’énergie et comme intrants dans un procédé de fabrication, on précise par la mention « hors matières premières » que la facture énergétique mesurée dans l’enquête EACEI exclut les dépenses liées à cette dernière utilisation. Ainsi, le coke servant à réduire le minerai de fer pour produire de l’acier ou les produits pétroliers utilisés dans la fabrication de plastiques ne sont pas pris en compte.

La tonne d’équivalent pétrole (tep) représente la quantité d'énergie contenue dans une tonne de pétrole brut. Cette unité est utilisée pour exprimer dans une unité commune la valeur énergétique des diverses sources d’énergie. 1 tep correspond à 41,868 gigajoules, ou encore à 11,63 MWh d'électricité.

Les produits pétroliers principaux regroupent le butane-propane, les fiouls lourd et domestique, le gazole non routier ainsi que le coke de pétrole.

Les combustibles minéraux solides regroupent la houille, le coke de houille et le lignite.

La consommation brute d’énergie est obtenue en sommant les consommations en combustibles et en électricité, ainsi que les achats de vapeur.