What’s Wrong with Survey-based Top Wealth Shares? Evidence from Housing Wealth of French Households

Olivier MESLIN

Documents de travail
No M2025/08
Paru le :Paru le31/12/2025
Olivier MESLIN
Documents de travail No M2025/08- Décembre 2025

Cet article étudie les causes des biais affectant le haut de la distribution de patrimoine immobilier dans les enquêtes sur le patrimoine, en comparant l’enquête Histoire de vie et Patrimoine 2017 à une nouvelle base de données décrivant le patrimoine immobilier des ménages français. Cet article s’inscrit dans le cadre des travaux préparatoires à la refonte en profondeur de l’enquête Histoire de vie et Patrimoine qui sera conduite par l’Insee au cours des prochaines années.

Une comparaison avec cette nouvelle source montre qu’il ne manque dans l’enquête qu’entre 10 % et 20 % du dernier décile de la distribution de patrimoine immobilier (tant en part de population qu’en part dans le patrimoine total), mais qu’il manque en revanche entre 40 % et 50 % du dernier centile de patrimoine immobilier.

Afin d’éclairer les causes de ce phénomène, les ménages échantillonnés (répondants et nonrépondants) sont appariés à la base de données de référence, puis les données appariées sont systématiquement exploitées de façon à mesurer les écarts induits par chacune des étapes du processus d’enquête. Cette analyse conclut que le biais à la baisse affectant le haut de la distribution de patrimoine immobilier dans l’enquête est dû à parts égales à deux mécanismes. Premièrement, les ménages appartenant au dernier centile sont fortement sous-représentés dans l’enquête, principalement parce qu’’ils sont un peu plus difficiles à contacter et nettement plus réticents à participer à l’enquête que le reste de la population. La correction de la non-réponse par repondération ne compense que partiellement cette sous-représentation et le calage sur marges déforme, de manière inattendue, la distribution de patrimoine immobilier. Deuxièmement, la sous-déclaration des actifs est nettement plus marquée parmi les ménages les plus aisés.

Le comportement de déclaration des répondants est étudié en comparant les actifs immobiliers déclarés par les répondants aux actifs qu’ils détiennent effectivement. Il apparaît que les ménages tendent à ne déclarer que les actifs sur lesquels ils exercent un contrôle juridique total et un contrôle économique quotidien. La sous-déclaration des actifs s’accroît fortement avec le nombre de logements détenus et parmi les ménages à très haut patrimoine. Ensuite, les valeurs de marché déclarées par les répondants pour leur résidence principale est comparée à la fois à des estimations statistiques et à des transactions immobilières effectivement observées. Cette comparaison conclut que les ménages situés dans le bas de la distribution de patrimoine immobilier tendent à surestimer la valeur de leur logement, tandis que ceux situés dans le haut ont tendance à la sous-estimer.

Enfin, le patrimoine immobilier total déclaré dans l’enquête par les ménages les plus fortunés est comparé à la fois aux montants estimés dans la base de données de référence et aux déclarations d’impôt sur la fortune immobilière de ces mêmes ménages. Cette comparaison montre que la sousdéclaration dans l’enquête atteint environ 40 % pour les ménages les plus fortunés (patrimoine immobilier brut supérieur à 5 millions d’euros). L’article propose finalement des pistes d’améliorations de la méthodologie des enquêtes sur le patrimoine.