Effets de l'isolation thermique des logements sur la consommation réelle d'énergie résidentielle

Wissem BABA MOUSSA (SDES), Adrien PAURON (SDES), Jean-Bernard SALOMOND (Insee), Julie SIXOU (Insee)

Documents de travail
No 2025-16
Paru le :Paru le10/07/2025
Wissem BABA MOUSSA (SDES), Adrien PAURON (SDES), Jean-Bernard SALOMOND (Insee), Julie SIXOU (Insee)
Documents de travail No 2025-16- Juillet 2025

Avertissement

Le 10 juillet 2025, l’INSEE et l’ONRE ont publié un document de travail conjoint présentant les résultats d’une étude sur les effets des travaux d’isolation sur la consommation d’électricité et de gaz des ménages propriétaires-occupants de maisons individuelles.

De nouveaux travaux ont conduit à améliorer les estimations notamment grâce à une meilleure identification des ménages ayant isolé leur logement, l’amélioration de la méthode de prédiction de l’énergie principale de chauffage et l’extension de la période d’étude jusqu’en 2024.

Ces modifications conduisent à réviser l’estimation des effets, à la baisse par rapport aux résultats publiés dans le document de travail en 2025. Pour les ménages chauffés à l’électricité, la baisse estimée passe ainsi de -5,4 % à -5 %, soit un écart de 0,4 point de pourcentage, et pour ceux chauffés au gaz, elle passe de -8,9 % à -6,6 %, soit un écart de 2,3 points de pourcentage. L’écart estimé entre gains réels et conventionnels reste du même ordre de grandeur, montrant une forte surestimation des gains ex ante.

En France, le secteur résidentiel représente un quart de la consommation finale d’énergie. La rénovation énergétique des logements constitue donc un enjeu majeur des politiques de sobriété énergétique. Pourtant, les économies d’énergie réelles permises par les travaux de rénovation énergétique restent peu documentées. Cette étude évalue l’impact des travaux d’isolation thermique réalisés dans les maisons individuelles sur la consommation réelle d’électricité et de gaz, à partir de données issues de compteurs communicants (Linky, Gazpar). En exploitant une variation temporelle de la consommation trimestrielle avant et après travaux, nous estimons une baisse moyenne de 5,0 % de la consommation globale d’électricité pour les logements chauffés à l’électricité et de 6,6 % pour le gaz pour les logements chauffés au gaz. Ces effets sont hétérogènes : les logements ayant une consommation énergétique élevée avant travaux présentent des économies d’énergie plus élevées, jusqu’à 13 % pour le gaz. Les combinaisons d’aides, en particulier CEE & MPR, génèrent des effets plus prononcés (−8 % pour les ménages chauffés à l’électricité et −12 % pour ceux chauffés au gaz), suggérant que le cumul de dispositifs d’aides favorise la réalisation de travaux de plus grande ampleur. Cependant, ces économies demeurent inférieures aux gains estimés par les modèles théoriques, confirmant l’existence d’un energy performance gap. Nos résultats soulignent l’importance de prendre en compte l’hétérogénéité des comportements et des situations pour mieux cibler les politiques publiques de rénovation.