Consommation des ménages Comptes nationaux annuels - base 2014
En 2020, la dépense de consommation des ménages chute de 7,1 % en volume (après + 1,8 % en 2019 et + 1,1 % en moyenne entre 2010 et 2019) en raison de la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19 (figure 1). Dans un contexte de hausse des prix toujours modérée (+ 0,6 % après + 0,8 %), la dépense de consommation finale des ménages est en repli de 6,5 % en valeur (après + 2,6 %). La consommation finale effective des ménages, qui inclut les dépenses directement financées par la collectivité, est également en repli (– 6,6 % en volume, après + 1,5 % en 2019 et + 1,2 % en moyenne entre 2010 et 2019). En particulier, les services, qui représentent 63,0 % de la consommation finale effective des ménages, ont été fortement touchés par les fermetures et les restrictions de déplacement liés aux confinements instaurés à la suite de la crise sanitaire (figure 2). Ces derniers baissent de 8,5 % après + 2,2 % en 2019. En revanche, les dépenses en biens non durables, comprenant entre autres les dépenses alimentaires, restent stables (– 0,2 % après– 0,7 %).
tableauFigure 1 – Consommation finale des ménages par fonction
| Variations en volume au prix de l’année précédente (en %) |
Valeur (en milliards d'euros) |
Coefficients budgétaires1
(en %) |
|||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 2009 | Moyenne 2010 à 2019 | 2018 | 2019 | 2020 | 2020 | 2020 | |
| Alimentation et boissons non alcoolisées | + 0,3 | + 0,8 | – 0,4 | – 0,3 | + 4,4 | 177,8 | 11,1 |
| Boissons alcoolisées, tabac et stupéfiants | + 1,3 | – 0,9 | – 2,6 | – 3,3 | + 0,4 | 51,5 | 3,2 |
| Articles d'habillement et chaussures | – 4,0 | – 0,3 | – 2,4 | + 0,5 | – 17,0 | 37,1 | 2,3 |
| Logement, chauffage, éclairage | + 0,8 | + 0,9 | + 1,4 | + 1,9 | – 0,1 | 334,8 | 20,9 |
| Loyers réels et imputés | + 1,5 | + 1,5 | + 1,9 | + 2,6 | + 1,3 | 246,3 | 15,4 |
| Chauffage, éclairage | + 0,3 | – 1,0 | – 0,3 | – 1,0 | – 3,2 | 52,1 | 3,3 |
| Équipement du logement | – 3,2 | + 1,0 | + 0,5 | + 2,1 | – 1,2 | 57,4 | 3,6 |
| Santé | + 3,1 | + 1,9 | + 1,0 | + 1,3 | – 8,0 | 47,1 | 2,9 |
| Transports | – 0,8 | + 0,6 | + 2,1 | + 1,6 | – 21,0 | 138,3 | 8,6 |
| Achats de voitures neuves et d'occasion | + 8,0 | – 0,3 | + 1,9 | + 0,5 | – 20,0 | 33,1 | 2,1 |
| Carburants, lubrifiants | – 1,7 | – 0,4 | – 0,4 | – 0,7 | – 14,9 | 31,0 | 1,9 |
| Communications2 | + 4,7 | + 5,3 | + 3,6 | + 4,0 | + 0,5 | 29,9 | 1,9 |
| Loisirs et culture2 | + 0,1 | + 1,1 | + 1,4 | + 2,6 | – 11,4 | 89,9 | 5,6 |
| Éducation | – 2,0 | + 2,7 | – 1,1 | + 3,1 | – 9,5 | 5,6 | 0,4 |
| Hôtels, cafés et restaurants | – 3,2 | + 1,8 | + 4,0 | + 4,5 | – 34,1 | 65,4 | 4,1 |
| Autres biens et services | + 0,9 | + 1,1 | + 1,3 | + 0,8 | – 5,9 | 147,0 | 9,2 |
| Assurances | + 4,9 | + 1,3 | + 1,8 | + 0,5 | – 2,9 | 54,0 | 3,4 |
| Correction territoriale3 | – 9,1 | – 1,7 | + 7,6 | – 19,7 | – 54,3 | -6,9 | -0,4 |
| Dépense de consommation des ménages | + 0,2 | + 1,1 | + 1,0 | + 1,8 | – 7,1 | 1 175,0 | 73,4 |
| Dépense de consommation des ISBLSM4 | + 4,3 | + 1,7 | + 0,2 | + 1,3 | – 6,9 | 48,7 | 3,0 |
| Dépense de consommation individualisable des APU | + 2,1 | + 1,5 | + 0,7 | + 0,6 | – 4,9 | 377,5 | 23,6 |
| Logement | + 0,8 | – 0,2 | – 7,2 | – 2,6 | + 1,1 | 14,7 | 0,9 |
| Santé | + 3,2 | + 2,7 | + 1,9 | + 1,4 | – 1,0 | 177,5 | 11,1 |
| Éducation | – 0,2 | + 0,5 | + 0,6 | + 0,0 | – 6,5 | 105,0 | 6,6 |
| Consommation effective des ménages | + 0,7 | + 1,2 | + 0,9 | + 1,5 | – 6,6 | 1 601,2 | 100,0 |
- 1. Part de la dépense en valeur consacrée à un bien ou un service particulier (ou à une catégorie de biens ou services) dans la dépense de consommation effective des ménages.
- 2. Ces postes comprennent les principaux produits concernés par l'économie de l’information (ei).
- 3. La correction territoriale représente les dépenses des résidents à l'étranger moins les dépenses des non-résidents en France.
- 4. Les institutions sans but lucratif au service des ménages (ISBLSM) regroupent l'ensemble des unités privées dotées de la personnalité juridique qui produisent des biens et services non marchands au profit des ménages (par exemple : organisations caritatives ou clubs sportifs).
- Lecture : en 2020, la dépense de consommation des ménages en santé chute de 8,0 % en volume (après + 1,3 % en 2019 et + 1,9 % en moyenne entre 2010 et 2019).
- Champ : France.
- Source : Insee, comptes nationaux, base 2014.
tableauFigure 2 – Consommation effective des ménages par catégorie de produits classés selon leur durabilité
| Variations en volume au prix de l’année précédente (en %) |
Valeur (en milliards d'euros) |
Coefficients budgétaires1
(en %) |
|||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 2009 | Moyenne 2010 à 2019 | 2018 | 2019 | 2020 | 2020 | 2020 | |
| Biens durables2 | + 4,2 | + 1,8 | + 2,0 | + 2,9 | – 9,5 | 99,2 | 6,2 |
| Biens semi-durables3 | – 3,8 | + 0,4 | – 0,7 | + 1,2 | – 9,6 | 83,7 | 5,2 |
| Biens non durables4 | + 0,2 | + 0,4 | – 0,4 | – 0,7 | – 0,2 | 409,0 | 25,5 |
| Services5 | + 0,9 | + 1,5 | + 1,5 | + 2,2 | – 8,5 | 1 009,3 | 63,0 |
| Ensemble | + 0,7 | + 1,2 | + 0,9 | + 1,5 | – 6,6 | 1 601,2 | 100,0 |
- 1. Part de la dépense en valeur consacrée à un bien ou un service particulier (ou à une catégorie de biens ou services) dans la dépense de consommation effective des ménages.
- 2. Véhicules, meubles, équipement ménager ou de loisir.
- 3. Textile, habillement, autres biens semi-durables.
- 4. Alimentation, énergie et autres biens non durables.
- 5. Y compris correction territoriale.
- Lecture : en 2020, la dépense de consommation des ménages en biens durables chute de 9,5 % en volume (après + 2,9 % en 2019 et + 1,8 % en moyenne entre 2010 et 2019).
- Champ : France.
- Source : Insee, comptes nationaux, base 2014.
En 2020, la consommation de produits alimentaires et de boissons non alcoolisées progresse nettement en volume (+ 4,4 %) après deux années de baisse. Cette croissance marque une rupture par rapport à l’évolution moyenne entre 2010 et 2019 (+ 0,8 % en volume). Le confinement et le télétravail ont conduit les ménages à fortement diminuer leurs dépenses en services de restauration au profit de dépenses alimentaires. Ainsi, la consommation en produits alimentaires progresse de 4,5 % en volume (après – 0,2 % en 2019) en particulier en raison de la hausse de la consommation de viande (+ 5,2 % en volume, après sept années de baisse) et de celle des fruits et légumes (+ 4,2 % après + 0,8 %).
Les dépenses liées au logement stagnent dans l’ensemble (– 0,1 % après + 1,9 % en 2019). Les dépenses, souvent contraintes, en loyers (réels et imputés) restent dynamiques (+ 1,3 % après + 2,6 %) alors que les dépenses des ménages liées au chauffage et à l’éclairage continuent de baisser (– 3,2 % après – 1,0 %). La hausse de la consommation d’énergie liée au télétravail ne compense pas la forte baisse faisant suite au climat très doux observé au cours de l’année 2020, la plus chaude jamais enregistrée depuis le début du xxe siècle.
Les dépenses en équipements du logement sont en repli (– 1,2 % en volume après + 2,1 % en 2019) notamment en raison de la chute des dépenses des ménages en meubles et articles d’ameublement (– 6,7 % après + 4,0 %). La fermeture des commerces vendant ces types de biens dans le cadre de la crise sanitaire a directement eu un impact sur leur consommation. Cette baisse a partiellement été compensée par le fort dynamisme des petits appareils électriques (+ 14,8 % après + 5,6 %) en raison de l’engouement des ménages pour les produits servant à la préparation des repas.
Les dépenses en transports chutent de 21,0 % en volume (après + 1,6 % en 2019). Cette chute résulte des baisses conjointes des achats de véhicules (– 18,0 % après + 1,1 %), des dépenses d’utilisation de véhicules (– 12,5 % après + 1,6 %) et des services de transport (– 52,6 % après + 2,5 %). En particulier, la baisse des achats de véhicules est très marquée sur les automobiles (– 20,0 % après + 0,5 %) alors que les dépenses en vélos progressent pour leur part fortement (+ 23,9 % après + 10,0 %). Les restrictions de déplacements imposées par la crise sanitaire ont fortement réduit les dépenses en carburants et lubrifiants des ménages (– 14,9 % après – 0,7 %) malgré la décroissance des prix (– 10,7 % après + 0,1 %) en raison de la baisse de la demande. Ces restrictions ont également eu un impact sur les services de transport, que ce soit sur le transport aérien (– 69,2 % après + 4,7 %), maritime ou fluvial (– 55,9 % après – 0,2 %), ferroviaire (– 46,9 % après + 2,7 %) ou routier (– 39,7 % après + 0,7 %).
Les dépenses en hébergement et restauration chutent également (– 34,1 % en volume en 2020 après + 4,5 % en 2019). Malgré le développement de la vente à emporter à la suite de l’interdiction de la restauration sur place une grande partie de l’année en raison de la crise sanitaire, les dépenses en restauration sont en net repli (– 32,2 % après + 5,1 %). La chute des dépenses en services d’hébergement est encore plus marquée : – 40,8 % après + 2,4 % en 2019.
Les dépenses liées à la culture et aux loisirs baissent (– 11,4 % en volume en 2020 après + 2,6 % en 2019), principalement en raison de la baisse des services culturels et récréatifs (– 23,9 % après + 5,1 %) qui ont été fortement touchés par les fermetures imposées par la crise sanitaire. À l’inverse, le télétravail ainsi que l’instruction à la maison ont dopé les ventes en ordinateurs et périphériques, composants et cartes électroniques (+ 19,7 % après + 5,6 %).
Définitions
La dépense de consommation finale des ménages comprend les dépenses réalisées par les ménages pour acquérir des biens et des services destinés à satisfaire les besoins de consommation individuels ou collectifs.
La consommation finale effective des ménages inclut tous les biens et les services consommés par les ménages, qu’ils aient fait l’objet d’une dépense directe des ménages ou été financés par la collectivité (par exemple, dépenses remboursées par la Sécurité sociale ou allocation logement).
Les loyers imputés recouvrent l’avantage monétaire que procure aux ménages la propriété de leur résidence principale, à savoir les loyers que les propriétaires auraient à payer s’ils étaient locataires du logement qu’ils habitent.
