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Insee Première · Novembre 2021 · n° 1878
Insee PremièreUn tiers des salariés ont peu d’autonomie dans leurs horaires et une vie privée exposée aux aléas professionnels

Nathan Rémila (Insee)

Quatre groupes d’emplois se distinguent quant à l’autonomie offerte aux salariés dans l’organisation de leur temps de travail et à l’exposition de leur vie privée aux imprévus professionnels. Ainsi, 23 % des salariés, plus souvent ouvriers, occupent un emploi où les horaires sont imposés, tout en leur offrant une certaine flexibilité en cas d’imprévu personnel et qui préserve leur vie privée des aléas professionnels.

34 % des salariés, exerçant plus souvent une profession de la santé (hors médecins) ou de l’éducation, sont quant à eux très contraints dans l’organisation de leur temps de travail, et leur vie privée peut être exposée à des imprévus professionnels. Au sein de ce groupe, les horaires de travail atypiques sont plus répandus et les femmes ainsi que les immigrés sont surreprésentés.

Enfin, les salariés des deux derniers groupes, plus souvent cadres, sont autonomes dans l’organisation de leur temps de travail ; la vie privée est modérément exposée aux aléas professionnels pour les uns (22 % des salariés) et fortement pour les autres (21 %), plus souvent encadrants.

Insee Première
No 1878
Paru le : Paru le 18/11/2021

Les cadres organisent plus facilement leurs horaires, mais les imprévus professionnels affectent leur vie privée

L’autonomie dans l’organisation des journées de travail des salariés peut être approchée par différents indicateurs. En 2019, en France, avant la crise sanitaire liée à l'épidémie de Covid-19, 39 % des salariés déclarent qu’ils peuvent décider de l’horaire de début ou de fin de leur journée de travail, 45 % peuvent prendre un ou deux jours de congés sans anticipation et 61 % peuvent interrompre leur travail pendant une ou deux heures pour une raison personnelle (figure 1). En contrepoint, le travail peut affecter la vie privée des salariés de façon imprévue : 49 % des salariés sont parfois amenés à modifier leurs horaires pour répondre aux exigences de leur travail et 30 % ont été contactés sur leur temps libre pour des raisons professionnelles au cours des deux derniers mois.

Par rapport à l’ensemble des salariés, et tout particulièrement par rapport aux employés et aux ouvriers, les cadres disposent d’une plus large autonomie dans l’organisation de leurs journées de travail, mais des imprévus professionnels peuvent davantage peser sur leur vie privée. Ainsi, les cadres peuvent plus souvent décider du début ou de la fin de leur journée de travail (77 %, contre 24 % pour les employés et 20 % pour les ouvriers), poser un ou deux jours de congés sans anticipation (60 %, contre 37 % et 42 %) ou encore interrompre leur travail pour une raison personnelle (77 %, contre 53 % et 56 %). A contrario, 71 % des cadres doivent parfois modifier leurs horaires pour répondre aux exigences de leur travail (contre 40 % des employés et 37 % des ouvriers) et 47 % ont été contactés sur leur temps libre pour des raisons professionnelles (contre 25 % et 19 %). Sur ces différentes dimensions, les professions intermédiaires sont très proches de la situation moyenne des salariés.

Les femmes et les immigrés disposent en général de moins de latitude que les autres salariés dans l’organisation de leur temps de travail, mais leur vie privée est moins exposée à des imprévus professionnels. Comparés aux autres classes d’âges, les salariés de 55 ans ou plus disposent de plus d’autonomie dans l’organisation de leur temps de travail et ont une vie privée moins exposée à des imprévus professionnels. Ces différences selon le sexe, l’origine ou l’âge s’expliquent en partie par les caractéristiques des emplois occupés, mais pas uniquement. Lorsque l’on tient compte de la catégorie socioprofessionnelle agrégée, des différences persistent ; par exemple, parmi les salariés cadres, 72 % des femmes peuvent décider de leurs horaires de travail, contre 81 % des hommes. Cet écart subsiste encore lorsque l’on tient compte de la catégorie socioprofessionnelle à un niveau plus détaillé, mais aussi du secteur d’activité, de l’exercice de fonctions d’encadrement et des caractéristiques socio-démographiques. Cela peut traduire des différences plus fines encore entre les emplois occupés, par exemple au niveau des fonctions ou contraintes spécifiques associées.

Figure 1 – Autonomie dans l’organisation du temps de travail et vie privée exposée à des imprévus professionnels

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Figure 1 – Autonomie dans l’organisation du temps de travail et vie privée exposée à des imprévus professionnels (en %) - Lecture : 42 % des salariés hommes peuvent décider du début ou de la fin de leur journée de travail, entièrement ou dans certaines limites.
Autonomie dans l’organisation
de son temps de travail
Vie privée exposée
à des imprévus professionnels
Peut décider du début ou de la fin de sa journée de travail Peut prendre un ou deux jours de congés sans anticipation Peut interrompre son travail pour raison personnelle Est amené à modifier ses horaires pour répondre aux exigences de son travail A été contacté sur son temps libre pour raison professionnelle
Cadres 77 60 77 71 47
Professions intermédiaires 45 46 62 54 35
Employés 24 37 53 40 25
Employés qualifiés 26 41 56 42 24
Employés non qualifiés 22 32 49 38 25
Ouvriers 20 42 56 37 19
Ouvriers qualifiés 21 43 57 40 20
Ouvriers non qualifiés 16 40 55 31 16
Femmes 37 41 58 46 28
Hommes 42 49 64 52 33
15-34 ans 32 40 57 50 30
35-54 ans 42 46 62 50 32
55 ans ou plus 45 52 66 45 26
Immigrés 30 43 53 40 26
Non immigrés 40 45 62 50 31
Ensemble des salariés 39 45 61 49 30
  • Lecture : 42 % des salariés hommes peuvent décider du début ou de la fin de leur journée de travail, entièrement ou dans certaines limites.
  • Champ : France hors Mayotte, personnes vivant en logement ordinaire, en emploi salarié.
  • Source : Insee, enquête Emploi 2019 et module complémentaire à l’enquête Emploi 2019.

Un quart des salariés ont des horaires non flexibles et une vie privée peu exposée aux imprévus professionnels

Les indicateurs liés à l’autonomie dans l’organisation du temps de travail et à l’exposition de la vie privée aux imprévus professionnels permettent de distinguer quatre groupes d’emplois au sein des salariés. Près d’un quart des salariés (23 %) occupe un emploi dont les horaires de travail, bien qu’imposés, offrent une certaine flexibilité en cas d’imprévu, et où la vie privée est peu exposée à des imprévus professionnels (groupe A, figure 2). Ces salariés ne peuvent pas, pour la totalité d’entre eux, décider de leurs horaires de début ou de fin de journée, mais bénéficient tout de même d’une certaine marge de manœuvre dans l’organisation de leur temps de travail : 58 % peuvent prendre un ou deux jours de congés sans anticipation et tous peuvent interrompre leur travail en cas d’imprévu personnel. Leur vie privée est peu exposée à des imprévus professionnels : ils ne sont jamais contactés sur leur temps libre, et seuls 33 % sont parfois contraints de modifier leurs horaires pour répondre aux exigences de leur travail.

Figure 2 – Classification des emplois selon l’autonomie dans l’organisation du temps de travail et l'exposition de la vie privée à des imprévus professionnels

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Figure 2 – Classification des emplois selon l’autonomie dans l’organisation du temps de travail et l'exposition de la vie privée à des imprévus professionnels (en %) - Lecture : 58 % des salariés appartenant au groupe A peuvent prendre un ou deux jours de congés sans anticipation.
Horaires imposés et vie privée peu exposée à des imprévus professionnels
(groupe A)
Pas d’autonomie dans l’organisation du temps de travail et vie privée modérément exposée à des imprévus professionnels
(groupe B)
Pleine autonomie dans l’organisation du temps de travail et vie privée modérément exposée à des imprévus professionnels
(groupe C)
Autonomie dans l’organisation du temps de travail et vie privée très exposée à des imprévus professionnels
(groupe D)
Ensemble des salariés
Part parmi les salariés 23 34 22 21 100
Autonomie dans l’organisation de ses journées de travail
Peut décider du début ou de la fin de sa journée de travail 0 9 100 69 39
Peut prendre un ou deux jours de congés sans anticipation 58 10 76 61 45
Peut interrompre son travail pour raison personnelle 100 0 95 86 61
Vie privée exposée à des imprévus professionnel
Est amené à modifier ses horaires pour répondre aux exigences de son travail 33 38 59 78 49
A été contacté sur son temps libre pour raison professionnelle 0 28 0 100 30
  • Lecture : 58 % des salariés appartenant au groupe A peuvent prendre un ou deux jours de congés sans anticipation.
  • Champ : France hors Mayotte, personnes vivant en logement ordinaire, en emploi salarié.
  • Source : Insee, enquête Emploi 2019 et module complémentaire à l’enquête Emploi 2019.

Les salariés de ce groupe sont plus souvent ouvriers (35 %, contre 22 % pour l’ensemble des salariés), notamment qualifiés ; à l’inverse, les cadres y sont largement sous-représentés (5 % contre 19 %, figure 3a). Les métiers qui sont surreprésentés au sein de ce groupe sont plus particulièrement ceux d’agent de service de la fonction publique, d’ouvrier qualifié du bâtiment, d’ouvrier non qualifié de la manutention, de magasinier qualifié ou encore de vendeur spécialisé. Ce sont des métiers où les horaires de travail sont contraints, mais qui ne s’exercent pas face à du public ou à des clients, et où les salariés peuvent être plus facilement remplacés par un collègue en cas de besoin. Il en résulte une certaine liberté pour poser des congés au dernier moment et éventuellement pour s’absenter une heure ou deux pour raison personnelle. Il s’agit plus souvent d’emplois aux horaires réguliers, qu’ils soient les mêmes d’une semaine sur l’autre (76 %, contre 73 % pour l’ensemble des salariés) ou alternés (10 % contre 6 %, figure 3b). Dans ces emplois, la quasi-totalité des tâches ne peuvent être réalisées que sur le lieu de travail : seuls 5 % des salariés de ce groupe travaillent parfois depuis leur domicile, contre 16 % parmi l’ensemble des salariés.

Figure 3a – Profil des groupes de salariés selon les caractéristiques des emplois

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Figure 3a – Profil des groupes de salariés selon les caractéristiques des emplois (en %) - Lecture : 5 % des salariés appartenant au groupe A sont cadres.
Horaires imposés et vie privée peu exposée à des imprévus professionnels
(groupe A)
Pas d’autonomie dans l’organisation du temps de travail et vie privée modérément exposée à des imprévus professionnels
(groupe B)
Pleine autonomie dans l’organisation du temps de travail et vie privée modérément exposée à des imprévus professionnels
(groupe C)
Autonomie dans l’organisation du temps de travail et vie privée très exposée à des imprévus professionnels
(groupe D)
Ensemble des salariés
Cadres 5 9 33 38 19
Professions intermédiaires 23 26 31 31 27
Employés 37 39 22 18 30
Employés qualifiés 20 19 13 10 16
Employés non qualifiés 17 20 9 8 15
Ouvriers 35 26 12 12 22
Ouvriers qualifiés 23 17 9 9 15
Ouvriers non qualifiés 12 9 4 4 8
Encadre une ou plusieurs personnes 11 11 23 35 18
CDI 83 81 91 90 85
CDD, intérim ou apprentissage 17 19 8 10 15
Fonction publique d’État 6 12 10 13 10
Fonction publique territoriale 11 8 7 7 8
Fonction publique hospitalière 4 8 2 3 5
  • Lecture : 5 % des salariés appartenant au groupe A sont cadres.
  • Champ : France hors Mayotte, personnes vivant en logement ordinaire, en emploi salarié.
  • Source : Insee, enquête Emploi 2019 et module complémentaire à l’enquête Emploi 2019.

34 % des salariés ne peuvent pas modifier leurs horaires et leur vie privée peut être exposée à des aléas professionnels

Environ un tiers des salariés (34 %) occupent un emploi avec de fortes contraintes dans l’organisation du temps de travail, et où leur vie privée est modérément exposée à des imprévus professionnels (groupe B). Seuls 9 % de ces salariés peuvent décider de leurs horaires de début ou de fin de travail, 10 % peuvent poser un ou deux jours de congés sans anticipation, et aucun ne peut interrompre son travail pour raison personnelle. Face aux imprévus professionnels, 38 % doivent parfois modifier leurs horaires (49 % en moyenne) et 28 % ont été contactés sur leur temps libre (30 % en moyenne).

Ces salariés ont plus souvent des horaires de travail atypiques : ils travaillent plus souvent le soir (27 %, contre 23 % pour l’ensemble des salariés) ou la nuit (13 % contre 9 %), mais aussi le samedi (43 % contre 34 %) ou le dimanche (25 % contre 18 %). Ils ont également moins souvent des horaires semblables d’une semaine sur l’autre (67 % contre 73 %).

Les salariés de ce groupe occupent plus fréquemment un poste d’employé (39 %, contre 30 % pour l’ensemble des salariés), en particulier non qualifié (20 % contre 15 %). Plus fréquemment dans la fonction publique hospitalière (8 %) et d’État (12 %), ils sont plus souvent aides-soignants, infirmiers ou professeurs des écoles ; cependant, les conducteurs routiers et les serveurs, commis de restaurant, aides et apprentis de cuisine ou employés de l'hôtellerie y sont aussi surreprésentés. Les salariés en CDD, intérim ou apprentissage y sont aussi plus nombreux qu’en moyenne (19 %, contre 15 % dans l’ensemble).

Par rapport à l’ensemble des salariés, ce groupe compte plus de femmes (56 % contre 50 %) et d’immigrés (13 % contre 10 %, figure 4).

Figure 4 – Profil des groupes de salariés selon les caractéristiques socio-démographiques

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Figure 4 – Profil des groupes de salariés selon les caractéristiques socio-démographiques (en %) - Lecture : 50 % des salariés appartenant au groupe A sont des femmes.
Horaires imposés et vie privée peu exposée à des imprévus professionnels
(groupe A)
Pas d’autonomie dans l’organisation du temps de travail et vie privée modérément exposée à des imprévus professionnels
(groupe B)
Pleine autonomie dans l’organisation du temps de travail et vie privée modérément exposée à des imprévus professionnels
(groupe C)
Autonomie dans l’organisation du temps de travail et vie privée très exposée à des imprévus professionnels
(groupe D)
Ensemble des salariés
Femmes 50 56 51 42 50
15-34 ans 32 35 26 29 32
35-54 ans 51 51 53 56 52
55 ans ou plus 17 14 21 15 16
Immigrés 10 13 8 7 10
  • Lecture : 50 % des salariés appartenant au groupe A sont des femmes.
  • Champ : France hors Mayotte, personnes vivant en logement ordinaire, en emploi salarié.
  • Source : Insee, enquête Emploi 2019 et module complémentaire à l’enquête Emploi 2019.

43 % des salariés, plus souvent des cadres, ont une large autonomie pour organiser leur temps de travail

Enfin, 43 % des salariés disposent d’une grande latitude dans l’organisation de leurs journées de travail, avec pour la moitié d’entre eux une vie privée modérément exposée à des imprévus professionnels (groupe C, 22 %) et pour l’autre moitié une vie privée très exposée (groupe D, 21 %).

La totalité des salariés du groupe C et 69 % de ceux du groupe D peuvent décider du début ou de la fin de leur journée de travail ; la majorité (respectivement 76 % et 61 %) peuvent prendre de courts congés sans anticipation et l’immense majorité (95 % et 86 %) peuvent interrompre leur travail pendant une heure ou deux pour raison personnelle. De façon liée, dans ces deux groupes, les horaires de travail sont moins souvent enregistrés (39 % pour le groupe C et 33 % pour le groupe D, contre 42 % en moyenne).

Ces deux groupes se distinguent par une inégale exposition aux imprévus professionnels susceptibles d’affecter leur vie privée : la totalité des salariés du groupe D ont été contactés pour leur travail sur leur temps libre (contre aucun des salariés du groupe C) et 78 % sont amenés à modifier leurs horaires pour répondre aux exigences de leur travail (contre 59 % pour le groupe C). Dans ces deux groupes, le volume horaire de travail est habituellement important, mais la charge de travail est encore plus élevée dans le groupe D : 47 % des salariés de ce groupe travaillent habituellement au moins 40 heures par semaine, contre 35 % dans le groupe C et 29 % pour l’ensemble des salariés. Les salariés du groupe D se singularisent également par le fait qu’ils sont plus souvent amenés à travailler le soir et le week-end, et, de façon liée, à leur domicile. Le fait que les salariés du groupe D aient davantage de contraintes professionnelles explique certainement aussi qu’ils disposent de moindres marges de manœuvre dans l’organisation de leurs journées.

Au sein de ces deux groupes, les cadres sont largement surreprésentés (38 % pour le groupe D et 33 % pour le groupe C, contre 19 % parmi l’ensemble des salariés) ; les professions intermédiaires le sont également, mais dans une moindre mesure (31 % dans ces deux groupes, contre 27 % dans l’ensemble). Les professions caractéristiques de ces deux groupes sont en grande partie les mêmes : ingénieurs et cadres techniques de l’informatique et des télécoms, cadres techniques et commerciaux de la banque, de l’assurance, des organismes de sécurité sociale et de l’immobilier, cadres commerciaux, ou encore cadres administratifs de la fonction publique. Ce qui distingue les deux groupes est l’exercice de fonctions d’encadrement, plus fréquent pour les salariés du groupe D (35 %), que pour ceux du groupe C (23 %).

Le groupe D est, de l’ensemble des quatre groupes, celui où la part de femmes est la plus faible (42 %).

Encadré – En France, les salariés modifient plus souvent leurs horaires de travail en cas d’imprévu professionnel qu’en moyenne dans l’UE

En 2019, 61 % des salariés résidant en France peuvent interrompre leur travail pendant une heure ou deux pour raison personnelle, soit autant que la moyenne de l’Union européenne (UE) à 28 pays, mais davantage qu’en Allemagne (55 %) et nettement moins qu’en Suède (81 %, figure). En France, les salariés peuvent moins fréquemment qu’en moyenne dans l’UE poser un ou deux jours de congés au dernier moment (45 % contre 51 %), mais davantage peuvent décider du début ou de la fin de leur journée de travail (39 % contre 31 % ; 20 % en Espagne et 14 % en Italie).

Les salariés résidant en France sont nettement plus nombreux qu’en moyenne dans l’UE à parfois modifier leurs horaires pour répondre aux exigences de leur travail : 49 % contre 35 % ; 31 % en Allemagne et 19 % en Espagne. En revanche, en France, une moindre proportion de salariés ont été contactés sur leur temps libre : 30 % contre 37 % dans l’UE, et 60 % en Suède. Ces résultats pourraient traduire des différences comportementales ou d’organisation du travail : en cas d’imprévu professionnel, en France, les salariés tendent à davantage modifier leurs horaires de présence sur site tandis que, dans d’autres pays, ils règlent plus souvent le problème à distance.

Autonomie dans l’organisation du temps de travail et vie privée exposée à des imprévus professionnels, en France et dans l’UE à 28 pays

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Autonomie dans l’organisation du temps de travail et vie privée exposée à des imprévus professionnels, en France et dans l’UE à 28 pays (en %) - Lecture : en France, en 2019, 39 % des salariés de 15 à 74 ans peuvent décider de leurs horaires de début ou de fin de journée de travail, entièrement ou dans certaines limites.
Autonomie dans l’organisation de son temps de travail Vie privée exposée à des imprévus professionnels
Peut décider du début ou de la fin de sa journée de travail Peut prendre un ou deux jours de congés sans anticipation Peut interrompre son travail pour raison personnelle Est amené à modifier ses horaires pour répondre aux exigences de son travail A été contacté sur son temps libre pour raison professionnelle
Allemagne 42 46 55 31 31
Bulgarie 11 42 33 16 58
Croatie 17 59 55 29 37
Espagne 20 60 65 19 27
Italie 14 57 71 43 39
Pologne 18 46 52 28 44
Suède 58 57 81 45 60
France 39 45 61 49 30
Union européenne à 28 pays 31 51 61 35 37
  • Lecture : en France, en 2019, 39 % des salariés de 15 à 74 ans peuvent décider de leurs horaires de début ou de fin de journée de travail, entièrement ou dans certaines limites.
  • Champ : personnes vivant en logement ordinaire, en emploi salarié, âgées de 15 à 74 ans.
  • Source : Eurostat, Labour Force Surveys (LFS) 2019, ad-hoc module 2019.
Publication rédigée par : Nathan Rémila (Insee)

Sources

L’enquête Emploi est la seule source permettant de mesurer le chômage et l’activité au sens du Bureau international du travail (BIT). Elle est menée en continu sur l’ensemble des semaines de l’année, en France hors Mayotte, auprès des personnes de 15 ans ou plus vivant en logement ordinaire (c’est-à-dire hors foyers, hôpitaux, prisons, etc.). Chaque année, un module complémentaire, d’initiative européenne et subventionné par Eurostat, est posé à un sous-échantillon ; en 2019, ce module porte sur l’organisation du travail et l’aménagement du temps de travail.

L’étude menée ici se restreint aux seuls salariés, soit environ 28 000 personnes interrogées. Elle étudie l’autonomie pour organiser son temps de travail et l’exposition de la vie privée à des imprévus professionnels sur la vie privée à travers cinq indicateurs :

  • le fait de pouvoir décider de l’horaire de début ou de fin de sa journée de travail, qui correspond au fait d’avoir répondu « oui, entièrement » ou « oui, dans certaines limites » à la question « Pouvez-vous décider par vous-même du début et de la fin de vos journées de travail ? ».
  • le fait de pouvoir prendre un ou deux jours de congés sans anticipation, qui correspond au fait d’avoir répondu « très facile » ou « plutôt facile » à la question « Vous est-il facile ou difficile de prendre un ou deux jours de congés (hors maladie), en prévenant au plus trois jours à l’avance ? ».
  • le fait de pouvoir interrompre son travail pendant une ou deux heures pour une raison familiale ou personnelle, qui correspond soit au fait d’avoir répondu « oui, entièrement » à la question « Pouvez-vous décider par vous-même du début et de la fin de vos journées de travail ? », soit au fait d’avoir répondu « très facile » ou « plutôt facile » à la question « Vous est-il facile ou difficile, en prévenant la veille ou le jour même, d’interrompre votre travail pendant une ou deux heures pour des raisons familiales ou personnelles ? ».
  • le fait d’être amené à modifier ses horaires pour répondre aux exigences de son travail, qui correspond au fait d’avoir répondu « oui, au moins une fois par semaine » ou « oui, au moins une fois par mois » à la question « Vous arrive-t-il de modifier vos horaires pour répondre aux exigences de votre travail (ou à des sollicitations de vos supérieurs ou de vos clients) ? ».
  • le fait d’avoir été contacté sur son temps libre pour des raisons professionnelles, qui correspond au fait d’avoir répondu « une ou deux fois » ou « plus souvent » à la question « Au cours des deux derniers mois, avez-vous été contacté(e) pour des raisons professionnelles sur votre temps libre ? ».

Les groupes de salariés sont constitués sur la base d’une classification ascendante hiérarchique qui permet de regrouper les individus qui se ressemblent le plus sur les cinq indicateurs étudiés. Seuls les enquêtés ayant répondu aux cinq questions, soit 96 % des salariés, sont retenus pour cette classification.

Pour en savoir plus

Beatriz M., Erb L.-A., Bèque M., Mauroux A., Casteran-Sacreste B., Pisarik J., « Quelles étaient les conditions de travail en 2019, avant la crise sanitaire ? », Dares Analyses n° 44, août 2021.

Eurostat, «  Flexibility at work – statistics  », septembre 2020.

Bèque M., Kingsada A., Mauroux A., « Organisation du temps de travail », Synthèse Stat’ n° 25, Dares, mars 2019.