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Insee Analyses Normandie · Octobre 2021 · n° 96
Insee Analyses NormandieLes revenus des ménages agricoles normands, plus faibles dans les territoires d’élevage

Camille Hurard, Aubin Merel, Bruno Mura (Insee), Élisabeth Borgne, Yvon Gourlaouen, Édouard Paillette (Direction Régionale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt)

Les ménages agricoles normands disposent de revenus proches de ceux des ménages agricoles métropolitains, hors Île-de-France. Les inégalités de revenus sont fortes entre ces ménages et selon l’orientation agricole des exploitations. Ces revenus sont élevés dans les territoires de grandes cultures et faibles pour l’élevage de bovins laitiers très présent en Normandie, notamment dans sa partie ouest. L’orientation agricole influe également sur la composition de ces revenus. Ainsi, les montants moyens des revenus salariés et des revenus tirés du patrimoine sont nettement moins importants dans les territoires spécialisés dans l’élevage de bovins laitiers que dans ceux de grandes cultures. La part des revenus agricoles dans le revenu disponible peut ainsi varier de 27 % dans les territoires d’élevage de bovins à viande jusqu’à 58 % pour ceux de grandes cultures.

Insee Analyses Normandie
No 96
Paru le : Paru le 12/10/2021

En 2018 en Normandie, 20 250 ménages ont déclaré une partie de leurs revenus, même minoritaire, comme issus d’une activité agricole (définitions). Qualifiés « d’agricoles » dans cette approche, ces ménages représentent 2,3 % de l’ensemble des ménages actifs normands. La Normandie se situe au 6ᵉ rang des régions métropolitaines pour cette part, équivalente à celle observée au niveau national hors Île-de-France.

Le revenu des ménages agricoles normands proche de la moyenne métropolitaine, hors Île-de-France

Le revenu annuel moyen disponible des ménages agricoles normands s’élève à 48 800 € soit un niveau proche de la France hors Île-de-France (50 600 €). Ce revenu est nettement supérieur à celui de l’ensemble des ménages actifs normands (40 700 € /an ; figure 1) et sa composition diffère significativement. La part des revenus salariés (du conjoint, ou en tant que salarié agricole, ou que se verse le chef d’exploitation), y compris les indemnités de chômage, est deux fois plus faible que parmi l’ensemble des ménages actifs normands (46 % du revenu disponible après impôts contre 92 %). Celle des revenus issus du patrimoine est élevée (18 % contre 6 %), en raison notamment d’un patrimoine foncier important (que l’on ne retrouve pas dans la plupart des autres ménages).

Figure 1Décomposition du revenu annuel moyen des ménages agricoles normands selon l’âge du référent fiscal

Revenu annuel moyen en €
Décomposition du revenu annuel moyen des ménages agricoles normands selon l’âge du référent fiscal (Revenu annuel moyen en €)
Impôts Revenus agricoles Revenus salariés et indemnités de chômage Autres revenus d’activité non salarié Revenus du patrimoine Prestations sociales Pensions, retraites, rentes Revenu disponible moyen
Moins de 30 ans -4 450 16 250 18 450 950 1 250 2 050 250 34 800
30-39 ans -6 350 19 150 22 000 2 050 3 250 3 250 300 43 700
40-49 ans -8 150 21 100 23 750 2 500 6 650 3 350 500 49 700
50-59 ans -10 000 19 850 24 600 2 600 10 900 1 450 1 600 50 950
60-64 ans -10 750 16 150 16 400 3 700 13 750 750 10 900 50 850
Ménages agricoles normands -8 850 19 300 22 350 2 600 8 650 2 150 2 600 48 800
Ménages agricoles métropolitains -10 600 19 250 25 750 3 000 10 500 2 000 2 700 52 600
Ménages actifs normands -6 850 450 37 350 2 450 2 250 2 650 2 400 40 700
  • * Montant du revenu disponible après impôts
  • Sources : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, Fichier localisé social et fiscal 2018

Figure 1Décomposition du revenu annuel moyen des ménages agricoles normands selon l’âge du référent fiscal

  • * Montant du revenu disponible après impôts
  • Sources : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, Fichier localisé social et fiscal 2018

Le revenu agricole représente moins de 40 % du revenu disponible des ménages agricoles

Les ménages agricoles déclarent des revenus issus de l’activité agricole similaires au niveau métropolitain (19 300 € en 2018). Comme dans la plupart des autres régions, la part des revenus agricoles dans le revenu disponible est moins importante que celle des salaires (respectivement 40 % et 46 %), la part des revenus agricoles variant de 13 % en Île-de-France à 49 % en Bretagne. Ces revenus agricoles sont soumis à de nombreuses variations selon les années à cause de multiples facteurs comme les conditions climatiques, le niveau de vie, etc. (encadré).

La part des revenus du patrimoine dans le revenu disponible des ménages agricoles normands (18 %) est proche de celle observée au niveau métropolitain (20 %) et dans la grande majorité des régions. Celle des revenus salariés en Normandie (46 %) est également proche du niveau national (49 %), elle varie du simple au double entre les Hauts-de-France (35 %) et l’Île-de-France (70 %).

Encadré - Des résultats d’exploitations plus volatils depuis 2006

Examiné sur une longue période grâce aux données du RICA (Réseau d’Information Comptable Agricole), le résultat courant moyen avant impôts des exploitations moyennes et grandes révèle de fortes variations d’une année sur l’autre depuis 2006. Si les conditions climatiques expliquent une partie des variations, elles ne sont pas la seule cause. Pour comprendre cette situation, il faut remonter au début des années 1960 avec la création de la PAC (Politique agricole commune). Des mesures d’encadrement des prix au sein des États membres de la Communauté Économique Européenne sont alors mises en place. Les prix des principales productions (céréales, lait, viande bovine) sont garantis par des prix minimum d’achat public supérieurs aux prix mondiaux et les excédents sont exportés moyennant une subvention à l’exportation (ou restitution). L’augmentation des dépenses de restitution lorsque les cours mondiaux sont bas et les négociations sur le commerce international entamées en 1986 conduisent les États membres à engager des réformes successives de la PAC dans le but de maîtriser les dépenses et de répondre aux exigences de l’Organisation Mondiale du Commerce. Les réformes de 1992 et 1999 se traduisent par la baisse progressive des prix garantis. Celle adoptée en 2003 consacre le découplage entre les aides et les quantités produites, celles-ci n’étant plus proportionnelles aux quantités produites. Les produits agricoles sont désormais soumis aux fluctuations des cours mondiaux, lesquelles se reflètent dans les résultats des exploitations.

Davantage d’inégalités de revenus dans le monde agricole

Les écarts de revenus sont importants au sein des ménages agricoles normands. 10 % d’entre eux déclarent un revenu inférieur à 9 100 € (1ᵉʳ décile) tandis que les 10 % les plus aisés déclarent plus de 43 300 € (9ᵉ décile). La dispersion des revenus des ménages agricoles est ainsi plus forte que parmi l’ensemble des ménages actifs de la région, avec un rapport interdécile de 4,8 contre 3,4. La part de personnes ayant un niveau de vie sous le seuil de pauvreté est nettement plus importante parmi les ménages agricoles que dans l’ensemble des ménages actifs normands (20 % contre 14 %) ou des ménages agricoles métropolitains (18 %). Cette situation découle en partie des revenus agricoles déclarés qui peuvent être faibles voire en déficit. En 2018, plus de 16 % des ménages agricoles normands ont déclaré un revenu agricole négatif, contre 12 % au niveau national. Ce déficit peut refléter des situations économiques difficiles, mais également découler de l’application d’un dispositif fiscal ou d’un choix d’investissement dans l’exploitation. Ainsi, en 2018, les exploitations spécialisées dans l’élevage bovin laitier, très présentes en Normandie, ont plus investi que les autres types d’exploitations.

Des revenus qui progressent avec l’âge principalement grâce aux revenus du patrimoine

Les revenus des ménages agricoles normands augmentent progressivement avec l’âge du référent fiscal. Le revenu disponible moyen pour les plus de 50 ans atteint près de 51 000 € en 2018 (figure 1), soit 46 % de plus que celui des moins de 30 ans. Cette augmentation, en fonction de l’âge, est cependant nettement moindre que pour l’ensemble des ménages actifs (+ 68 %), notamment parce que les revenus agricoles évoluent peu avec l’âge passé 30 ans à l’inverse des revenus salariés qui constituent l’essentiel des revenus des autres ménages. Entre 30 et 59 ans, l’augmentation du revenu disponible est principalement le fait des revenus issus d’un patrimoine de plus en plus conséquent, avec notamment l’acquisition progressive de terres agricoles et la mise en fermage de ces dernières qui procurent des revenus fonciers. Lorsque le chef d’exploitation a entre 60 et 65 ans, un membre du ménage est plus souvent à la retraite. Le montant moyen des revenus agricoles et celui des revenus salariés baissent alors nettement à l’inverse des pensions, retraites ou rentes. Ces dernières représentent ainsi, en moyenne, plus de 20 % du revenu disponible des 60-65 ans.

Des revenus plus faibles pour l’élevage bovin laitier

Selon l’orientation agricole de l’exploitation, des différences de revenus importantes existent, que ce soit en termes de niveau ou de composition de ce revenu. Une typologie des communes normandes selon le système agricole dominant sur leur territoire a été élaborée par la DRAAF (Direction Régionale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt) de Normandie (pour comprendre). Pour plus de la moitié des communes normandes, une spécialisation dominante se dégage (figure 2) ; environ 9 000 ménages agricoles résident dans ces communes.

Parmi les spécialisations agricoles dominantes, la plus répandue dans la région, notamment dans la Manche et l’ouest de l’Orne et du Calvados (figure 2), est l’élevage de bovins pour la production de lait. Environ 4 600 ménages agricoles habitent dans une commune ayant cette spécialisation, soit près d’un quart des ménages agricoles normands. Ces ménages ont les revenus les plus faibles : 41 200 €/an en 2018, près de 15 % de moins que pour l’ensemble des ménages agricoles normands (figure 3). Leurs revenus peuvent fortement varier selon les années, avec les fluctuations du cours du lait et des produits laitiers. Ces ménages ont les revenus salariés les plus faibles, environ 19 000 €/an contre plus de 22 000 €/an pour les autres spécialisations. Par ailleurs, des investissements lourds peuvent également réduire le niveau de revenu. Selon le RICA (Réseau d’Information Comptable Agricole), les exploitations spécialisées dans l’élevage bovin laitier ont plus investi en 2018 que les autres types d’exploitations. Pour ces ménages, les revenus agricoles représentent 38 % du revenu disponible, un niveau équivalent à celui de l’ensemble des ménages agricoles. Leurs revenus issus du patrimoine sont les plus faibles des différents systèmes d’exploitation : 5 800 €/an soit 14 % de leur revenu. Cela pourrait s’expliquer par un patrimoine professionnel constitué principalement de cheptels, de matériel, de bâtiments mais de moins de biens fonciers que dans d’autres systèmes agricoles. A contrario, la part des prestations sociales dont ils bénéficient est plus élevée : 5,6 % contre 4,4 %. De par leurs revenus plus faibles, près d’un quart des personnes appartenant à ces ménages vivent sous le seuil de pauvreté.

Près de 1 700 ménages agricoles normands habitent dans des communes où l’association de l’élevage de bovins laitiers avec les cultures prédomine. Ces communes sont situées principalement en Seine-Maritime et dans le Calvados mais également dans l’est de l’Orne et la partie nord-ouest de l’Eure. Les ménages agricoles de ces communes dégagent un revenu disponible moyen de 52 400 €/an, 25 % plus élevé que celui des ménages résidant dans des communes d’élevage de bovins laitiers seul. La part des revenus agricoles représente 44 % de leur revenu disponible ; c’est leur principale source de revenu juste devant les salaires (42 %). Le taux de pauvreté est plus faible que celui des éleveurs de bovins laitiers stricts (18 % contre 24 %), en deçà du taux de pauvreté de l’ensemble des ménages agricoles (20 %).

Figure 2Systèmes agricoles majoritaires par commune en Normandie

Figure 3Composition des revenus des ménages agricoles selon le système agricole majoritaire

en euros
Composition des revenus des ménages agricoles selon le système agricole majoritaire (en euros)
Système majoritaire Impôts Revenus agricoles Revenus salariés et indemnités de chômage Autres revenus d’activité non salariée Revenus du patrimoine Prestations sociales Pensions, retraites, rentes Revenu disponible moyen
Autres grandes cultures -17 400 41 600 28 600 2 750 11 800 1 500 2 600 71 400
Céréales, Oléoprotéagineux -12 350 21 800 28 150 1 950 14 400 1 800 2 750 58 500
Polyculture-Élevage viande -11 650 23 700 25 200 3 300 11 500 1 850 3 000 56 850
Polyculture-Élevage lait -9 200 22 900 22 200 2 600 9 250 2 250 2 400 52 350
Élevage bovin viande -10 900 13 950 29 050 4 750 9 400 1 750 3 500 51 500
Élevage bovin lait -6 400 15 550 19 050 2 250 5 750 2 300 2 650 41 200
Ensemble des ménages agricoles -8 850 19 300 22 350 2 600 8 650 2 150 2 600 48 800
  • * Montant du revenu disponible après impôts
  • Sources : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, Fichier localisé social et fiscal 2018 ; DRAAF Normandie, appariement de sources administratives 2018

Figure 3Composition des revenus des ménages agricoles selon le système agricole majoritaire

  • * Montant du revenu disponible après impôts
  • Sources : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, Fichier localisé social et fiscal 2018 ; DRAAF Normandie, appariement de sources administratives 2018

Une part de revenu agricole plus faible dans l’élevage bovin viande

Les communes où l’élevage de bovins destinés à la production de viande domine se situent principalement dans les zones herbagères du Calvados et de l’Orne. Peu nombreuses, elles rassemblent moins de 300 ménages agricoles. Ces ménages dégagent un revenu disponible de 51 500 €/an mais la part des revenus agricoles (27 %) est la plus faible de tous les systèmes agricoles (40 % pour l’ensemble des ménages agricoles). Cette activité se maintient vraisemblablement par l’apport des revenus salariés ou non salariés (deux tiers de leur revenu disponible contre à peine plus de la moitié pour l’ensemble des ménages agricoles). Comme pour l’élevage bovin laitier, le taux de pauvreté est élevé pour ces ménages (23 %).

De la même façon que pour l’élevage laitier, l’association de l’élevage bovin viande avec la polyculture permet d’augmenter les revenus des ménages (10 % de plus en moyenne que celui des exploitants de bovins viande uniquement) et de faire baisser le taux de pauvreté (16 %). Ce type d’exploitation est deux fois plus répandu que celui de bovin viande seul et se trouve essentiellement en Seine-Maritime et dans l’Orne. Le revenu disponible moyen atteint 56 840 €/an mais, comme pour l’élevage bovin viande strict, les situations entre ménages sont très disparates. L’écart entre les 10 % les plus riches et les 10 % les plus pauvres est très élevé pour ce type d’exploitation. La part des revenus agricoles est nettement plus importante que pour les éleveurs de bovins viande strict (42 % contre 27 %). Les revenus des activités salariées et non salariées sont équivalents à ceux des ménages agricoles dans leur ensemble. Les revenus tirés du patrimoine sont eux parmi les plus élevés et représentent plus d’un cinquième du revenu disponible, sans doute en raison d’une part de patrimoine foncier plus importante liée à la polyculture.

Des revenus plus importants dans l’exploitation de grandes cultures

La Normandie dispose également d’un grand nombre d’exploitations agricoles orientées vers les cultures céréalières et d’oléoprotéagineux (COP), comme le blé, le colza, etc. Plus de 1 600 ménages agricoles résident dans des communes où ce type de production agricole prédomine, principalement dans la plaine de Caen et dans le centre et l’est de l’Eure. Ces ménages bénéficient d’un revenu disponible moyen relativement élevé, dépassant les 58 500 €/an, soit 20 % de plus que pour l’ensemble des ménages agricoles. Le taux de pauvreté y est ainsi parmi les plus faibles des ménages agricoles (15 %). Les revenus issus de l’exploitation agricole représentent en moyenne 37 % du revenu disponible. C’est pour ce type d’exploitation, souvent de grande superficie, que la part de revenu tirée du patrimoine est la plus forte, près d’un quart du revenu disponible.

D’autres exploitations de grandes cultures, associant COP et culture de la betterave ou de la pomme de terre, sont également présentes sur le territoire normand. Près de 400 ménages agricoles vivent dans des communes où ce type d’exploitation est le plus présent. Ces ménages se caractérisent par un niveau de revenus nettement supérieur à ceux des autres systèmes (près de 71 400 €/an, soit 46 % de plus que pour l’ensemble des ménages agricoles) et par un taux de pauvreté très bas (10 %, deux fois moindre que celui de l’ensemble des ménages agricoles). À l’opposé des autres types d’exploitations, la majorité du revenu disponible provient de l’exploitation agricole (58 %). En lien avec leur revenu élevé, ces ménages perçoivent très peu de prestations sociales et payent plus d’impôts que ceux d’autres types d’exploitations.

Des revenus plus élevés en Seine-Maritime et dans l’Eure

En Normandie, la Manche est le département qui compte le plus de ménages agricoles, environ 5 900 en 2018 soit 29 % des ménages agricoles normands. C’est une part presque deux fois plus forte que celle de la part des ménages d’actifs de la Manche dans le total régional (15 %). À l’inverse, c’est dans l’Eure que ces ménages agricoles sont les moins nombreux : 2 700, soit 13 % des ménages agricoles normands. En termes de revenus, des disparités importantes existent entre les ménages agricoles de la Seine-Maritime et de l’Eure d’une part et ceux de l’Orne et de la Manche d’autre part, le Calvados étant proche de la moyenne régionale. Elles sont essentiellement dues aux différences de types d’exploitations entre ces deux territoires. L’est de la Normandie est plutôt tourné vers les grandes cultures et la polyculture, l’ouest vers l’élevage bovin. Ainsi, dans l’Eure le revenu disponible moyen des ménages agricoles est supérieur de 13 % à celui de l’ensemble des ménages agricoles normands et en Seine-Maritime de plus de 20 %. À l’opposé, celui des ménages agricoles de l’Orne ou de ceux du Calvados est inférieur de plus de 10 % à la moyenne régionale (respectivement - 14 % et - 11 %). Le taux de pauvreté des ménages agricoles reflète également ces différences entre départements : plutôt faible en Seine-Maritime (14 %) et dans l’Eure (16 %), il dépasse les 20 % ailleurs.

Les différences sont encore plus importantes à une échelle territoriale plus fine. Le revenu disponible moyen peut ainsi varier du simple au double selon les intercommunalités normandes (figure 4). Il est plus élevé sur les littoraux de la Seine-Maritime et le long de la vallée de la Seine, zones orientées fortement vers la polyculture-élevage, dans et autour de la communauté urbaine Caen la Mer et dans les franges franciliennes de l’Eure, territoires où l’activité agricole est très largement tournée vers les grandes cultures (céréales, pomme de terre, etc.). A contrario, les revenus des ménages agricoles sont nettement inférieurs sur une large partie du territoire ornais, dans le sud de la Manche et le sud-ouest du Calvados, territoires dominés par l’élevage bovin laitier.

Figure 4Revenu disponible moyen des ménages agricoles par EPCI

en euros
Revenu disponible moyen des ménages agricoles par EPCI (en euros)
EPCI21 Type EPCI21 Libellé EPCI21 Revenu disponible moyen des ménages agricoles
200010700 CA Caux Seine Agglo 60 287
200023414 METRO Rouen Normandie 63 219
200035103 CC La Vallée de la Haute-Sarthe 43 763
200035111 CC Les Sources de l'Orne 46 190
200035814 CA Flers Agglo 39 446
200036069 CC Le Pays de Mortagne-au-Perche 42 167
200040277 CA Le Pays de Dreux 66 076
200042604 CC Granville, Terre et Mer 45 839
200042729 CC La Baie du Cotentin 45 548
200043354 CC Villedieu Intercom 41 006
200065563 CC Normandie-Cabourg- Pays d'Auge 50 451
200065589 CC Val ès Dunes 59 909
200065597 CU Caen la Mer 68 025
200065787 CC Pont-Audemer/ Val de Risle 47 590
200066017 CC Lieuvin Pays d'Auge 46 536
200066389 CA Saint-Lô Agglo 41 862
200066405 CC Roumois Seine 52 957
200066413 CC Intercom Bernay Terres de Normandie 54 003
200066462 CC Interco Normandie Sud Eure 53 396
200066710 CC Cingal-Suisse Normande 47 321
200066728 CC Vallées de l'Orne et de l'Odon 62 724
200066801 CC Isigny-Omaha Intercom 45 794
200066827 CC Le Pays de Honfleur-Beuzeville 48 138
200067023 CC Coutances Mer et Bocage 49 540
200067031 CC Côte Ouest Centre Manche 49 558
200067205 CA Le Cotentin 44 517
200068435 CC Cœur du Perche 48 194
200068443 CC Andaine - Passais 36 941
200068450 CC Argentan Intercom 43 591
200068468 CC Les Pays de L'Aigle 45 484
200068534 CC Terroir de Caux 66 264
200068799 CC Intercom de la Vire au Noireau 36 892
200068856 CC Les Hauts du Perche 41 336
200069425 CA Mont-Saint-Michel- Normandie 39 422
200069458 CC Les Vallées d'Auge et du Merlerault 41 334
200069516 CC Seulles Terre et Mer 55 389
200069524 CC Pré-Bocage Intercom 41 909
200069532 CA Lisieux Normandie 46 272
200069722 CC Interrégionale Aumale- Blangy-sur-Bresle 48 299
200069730 CC Les Quatre Rivières 45 554
200069821 CA Fécamp Caux Littoral Agglomération 59 152
200069839 CC La Côte d'Albâtre 73 765
200069847 CC Plateau de Caux- Doudeville-Yerville 62 133
200070068 CC Communauté Bray-Eawy 46 314
200070142 CC Lyons Andelle 56 996
200070449 CC Inter-Caux-Vexin 57 000
200071454 CA Evreux Portes de Normandie 62 477
200071504 CC Les Collines du Perche Normand 43 397
200071520 CC Domfront Tinchebray Interco 36 164
200071652 CC Le Pays Fertois et du Bocage Carrougien 40 671
200071843 CC Le Vexin Normand 61 495
200072312 CA Seine Normandie Agglomération 65 092
200072676 CC Maine Saosnois 47 194
200084952 CU Le Havre Seine Métropole 66 077
200089456 CA Seine-Eure 53 265
241400415 CC Cœur Côte Fleurie 54 801
241400514 CC Le Pays de Falaise 46 736
241400555 CC Bayeux Intercom 58 204
241400860 CC Cœur de Nacre 70 371
241400878 CC Terre d'Auge 43 979
242700276 CC Le Pays de Conches 53 013
242700607 CC Le Pays du Neubourg 53 847
246100390 CC Le Val d'Orne 38 843
246100663 CU Alençon 42 133
247600505 CC Campagne-de-Caux 73 530
247600588 CC Les Villes Sœurs 57 941
247600604 CC Londinières 47 404
247600620 CC Yvetot Normandie 68 372
247600646 CC Caux- Austreberthe 53 162
247600729 CC Falaises du Talou 58 008
247600786 CA La Région Dieppoise 65 027
  • Champ : Ménages dont le revenu disponible et les revenus agricoles sont non nuls
  • Sources : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, Fichier localisé social et fiscal 2018 ; DRAAF Normandie, appariement de sources administratives 2018

Figure 4Revenu disponible moyen des ménages agricoles par EPCI

  • Champ : Ménages dont le revenu disponible et les revenus agricoles sont non nuls
  • Sources : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, Fichier localisé social et fiscal 2018 ; DRAAF Normandie, appariement de sources administratives 2018
Publication rédigée par : Camille Hurard, Aubin Merel, Bruno Mura (Insee), Élisabeth Borgne, Yvon Gourlaouen, Édouard Paillette (Direction Régionale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt)

En partenariat avec :

Ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation
Ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation

Pour comprendre

Dans cette étude, la spécialisation agricole des communes normandes a été déterminée à partir de deux sources : les surfaces de cultures déclarées à la PAC (Politique agricole commune) et les effectifs de bovins. Ces informations ont été combinées pour répartir des exploitations agricoles selon six spécialisations agricoles (figure 2) et calculer la production brute standard (PBS). Cela a permis d’affecter une spécialisation agricole aux communes normandes : si une spécialisation dépasse les deux tiers de la PBS communale, cette commune se voit affecter cette production dominante. Avec ce seuil des deux tiers, près de 54 % des communes normandes se sont vues attribuer une spécialisation. Cette spécialisation a alors été attribuée à l’ensemble des ménages agricoles de la commune.

Sources

Les statistiques sur les revenus sont issues du Fichier localisé social et fiscal (Filosofi) de 2018.

Définitions


Les revenus agricoles sont des revenus réalisés par les exploitants individuels ou par les membres de sociétés ou groupements non passibles de l’impôt sur les sociétés (notamment les groupements agricoles d’exploitation en commun - GAEC, les groupements fonciers agricoles – GFA et les groupements d’intérêts économiques – GIE) et tirés de l’exploitation des biens ruraux (cultures et élevages d’animaux, profits provenant de l’exploitation forestière, etc.). Ils comprennent les ventes de produits de l’exploitation (même après transformation), mais pas des activités telles que la location de gîtes. Les salaires perçus en tant que salarié agricole ou que se verse le chef d’exploitation ne sont pas inclus dans les revenus agricoles mais dans les revenus salariés.


Le niveau de vie est égal au revenu disponible du ménage rapporté au nombre d’unités de consommation. Il est donc le même pour tous les individus du ménage. Le niveau de vie médian est le niveau de vie au-dessus duquel se situe la moitié de la population, l’autre moitié se situant en dessous.


Le taux de pauvreté monétaire correspond à la proportion de personnes dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté. Le seuil de pauvreté est fixé à 60 % du niveau de vie médian, selon les conventions européennes, soit en 2018 à 1 063 euros par mois.

Champ

Dans cette étude, les ménages agricoles étudiés sont les ménages qui, dans leur déclaration de revenus, ont déclaré des revenus agricoles non nuls et dont le référent fiscal est âgé de 16 à 64 ans.

Pour en savoir plus

« En 2018, des résultats économiques contrastés en Normandie », Agreste Essentiel n° 3 , mai 2020, DRAAF Normandie.

« Résultats économiques des exploitations agricoles en 2019 », Agreste Essentiel n° 10 , mars 2021, DRAAF Normandie.

« Revenus et patrimoine des ménages », coll. « Insee Références », édition 2021.