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Insee Flash Guyane · Juin 2021 · n° 143
Insee Flash GuyaneUne forte expansion du nombre de logements depuis 50 ans

Eric Mével (Insee)

En 50 ans, le parc de logements en Guyane est en très forte expansion, en lien avec l’explosion démographique. Les maisons constituent la majeure partie des résidences principales. Les logements de petite surface sont deux fois plus nombreux que dans les autres DROM et en France métropolitaine. Cependant le nombre des logements de trois et quatre pièces progresse plus vite : ils forment plus de la moitié du contingent. Le parc est relativement récent et pour une très grande partie date d’après 1990. Les éléments de confort continuent de progresser. C’est le cas, par exemple, des installations de chauffe-eaux solaires qui ont été multipliées par 7 en 10 ans.

Insee Flash Guyane
No 143
Paru le : Paru le 30/06/2021

En 50 ans, forte croissance du nombre de logements en Guyane

Entre 1968 et 2018 la Guyane connaît une explosion démographique. La population est multipliée par 5,2 et atteint 276 100 habitants. Dans la même période, le parc des logements est multiplié par six et compte 91 600 logements (figure 1). La forte augmentation du parc fait évoluer légèrement à la hausse le nombre de logements par habitant. Le ratio qui était d’un logement pour 3,4 habitants en 1968 évolue 50 ans plus tard à un logement pour 3. Ce ratio évolue aux Antilles de 3,9 à 1,7 et en France métropolitaine de 2,7 à 1,8.

Figure 1Population et nombre de logements par catégorie en Guyane

Population et nombre de logements par catégorie en Guyane - Lecture : en 2018, la Guyane compte 276 000 habitants. On dénombre 80000 résidences principales, 2000 logements secondaires et 9000 logements vacants
Période Population Nombre de résidences principales Nombre de logements vacants Nombre de logements secondaires
01/01/1968 44392 11436 1290 345
01/01/1975 55125 15647 724 469
01/01/1982 73022 21063 2316 1297
01/01/1990 114678 33349 3194 1820
01/01/1999 157213 46224 5448 2519
01/01/2008 219266 61511 5280 1564
01/01/2013 244118 69455 6362 1771
01/01/2018 276128 80060 9143 2363
  • Lecture : en 2018, la Guyane compte 276 000 habitants. On dénombre 80000 résidences principales, 2000 logements secondaires et 9000 logements vacants
  • Source : recensements de la population

Figure 1Population et nombre de logements par catégorie en Guyane

  • Lecture : en 2018, la Guyane compte 276 000 habitants. On dénombre 80000 résidences principales, 2000 logements secondaires et 9000 logements vacants
  • Source : recensements de la population

Entre 1968 et 2018, on recense 68 600 nouvelles résidences principales pour un total de 80 100. Deux principaux facteurs expliquent leur développement. Le premier est relatif à la forte croissance de la population qui génère une importante demande. Sur la période, parmi ces nouvelles constructions, 66 400 sont destinées à satisfaire les besoins des nouveaux habitants (figure 2). Le second facteur est relatif à la décohabitation qui entraîne des besoins nouveaux en logements et une baisse du nombre moyen de personnes dans le ménage. En Guyane, la taille des ménages diminue légèrement : de 3,6 personnes par logement en 1968 à 3,3 en 2018. Cette légère baisse est à l’origine de 2 200 logements supplémentaires.

Les résidences principales sont aussi en forte croissance en Guadeloupe et en Martinique où leur nombre est respectivement multiplié par 2,5 et 2,4. En France métropolitaine, les résidences principales progressent un peu moins vite, elles sont 1,8 fois plus nombreuses. Aux Antilles, la décohabitation est le principal moteur de la construction de nouveaux logements. En effet, la croissance démographique y est plus modérée qu’en Guyane sur 50 ans. Que ce soit en Guadeloupe ou en Martinique, la taille des ménages baisse de moitié sur les cinquante dernières années : elle est similaire à la France métropolitaine avec 2,2 personnes par logement en 2018.

Figure 2Evolution du nombre de résidences principales en Guyane sous l’effet des variations démographiques et de la décohabitation

Evolution du nombre de résidences principales en Guyane sous l’effet des variations démographiques et de la décohabitation - Lecture : Entre 2008 et 2013, si la taille des ménages était restée stable, la Guyane aurait gagné 7100 résidences principales du fait de la hausse de population. De même, si la population était restée stable, le nombre de résidence aurait augmenté de 800 sous l’effet de la baisse de la taille moyenne des ménages
Variation du nombre de résidences principales induite par l'évolution de la population Variation du nombre de résidences principales induite par la variation de la taille des ménages
1968-1975 3328 883
1975-1982 5277 139
1982-1990 12819 -533
1990-1999 12268 607
1999-2008 18601 -3314
2008-2013 7109 835
2013-2018 6997 3608
  • Lecture : Entre 2008 et 2013, si la taille des ménages était restée stable, la Guyane aurait gagné 7100 résidences principales du fait de la hausse de population. De même, si la population était restée stable, le nombre de résidence aurait augmenté de 800 sous l’effet de la baisse de la taille moyenne des ménages
  • Source : recensement de la population

Figure 2Evolution du nombre de résidences principales en Guyane sous l’effet des variations démographiques et de la décohabitation

  • Lecture : Entre 2008 et 2013, si la taille des ménages était restée stable, la Guyane aurait gagné 7100 résidences principales du fait de la hausse de population. De même, si la population était restée stable, le nombre de résidence aurait augmenté de 800 sous l’effet de la baisse de la taille moyenne des ménages
  • Source : recensement de la population

En Guyane, le dynamisme de la construction de logements durant les cinquante dernières années n’a pas modifié leur répartition selon leur statut d’occupation. Les résidences principales représentent toujours un peu plus de 87 % du parc, les logements vacants 10 %. Les logements occupés une partie de l’année pour les week-ends, les loisirs ou les vacances (résidences secondaires) représentent à peine 3 % du parc, c’est 2,4 fois moins qu’en Martinique et 3,6 fois moins qu’en Guadeloupe. Un peu plus de la moitié (53 %) des logements de la Guyane sont situés dans les communes centres des aires d’attraction des villes (Cayenne, Kourou, Saint-Laurent-du-Maroni). Les communes situées en couronne de ces aires en regroupent un peu plus d’un tiers (34 %).

Une plus forte progression des logements de trois et quatre pièces

Entre 1999 et 2018, les appartements progressent plus (+ 107 %) que les maisons individuelles (+ 69 %). Ainsi, la part des appartements progresse de 5,4 points et s’établit à 33 %.

Dans les communes situées en couronne d’une aire d’attraction des villes, le nombre d’appartements progresse 2,7 fois plus vite que celui des maisons. Dans les communes centres le rythme de progression est deux fois plus rapide.

Cependant, le parc des logements reste majoritairement composé de maisons. Elles représentent 48 % des résidences principales dans les communes centre et 71 % dans les communes des couronnes. Au niveau régional, 62 % des résidences principales sont des maisons, c’est bien moins qu’en Guadeloupe (74 %) et proche de la Martinique (63 %). En France métropolitaine, la proportion est encore moins importante avec 56 % de maisons.

Entre 2008 et 2018, le nombre de résidences principales de moins de 40 m² augmente de 16 %. Ces petits logements progressent moins vite que ceux de taille supérieure. Un peu plus de deux logements sur dix (16 700) appartient à cette catégorie. Ces petites surfaces sont deux fois plus nombreuses en Guyane que dans les autres DOM et en France métropolitaine. Les logements entre 40 et 100 m² ont le plus augmenté en nombre (+ 39 %). Avec 50 600 logements, ils représentent le plus grand contingent du parc (63 %). La part de ces logements de taille intermédiaire augmente dans l’ensemble des DOM à l’opposé de la France métropolitaine.

Les logements dépassant les 100 m² sont plus nombreux de 20 %. Malgré cette hausse, ils forment toujours la plus petite partie du parc avec 16 %. Ces logements de grande taille sont moins présents que dans les autres DOM. Par rapport à la France métropolitaine leur quotité est également deux fois moins importante.

Depuis 1990, la composition du parc selon le nombre de pièces des logements a quelque peu évolué. Ainsi, la catégorie des résidences principales comprenant 3 à 4 pièces accentue sa prédominance. Elle formait 45 % du parc en 1990 et monte à 56 % en 2018 (figure 3). Les logements composés de plus de cinq pièces sont également un peu plus présents, 18 % contre 15 %. Ils se rapprochent en nombre des logements de 1 à 2 pièces. Ces derniers sont également plus nombreux depuis 1990. Cependant, leur progression étant trois fois plus faible que les autres tailles de logements en nombre de pièces, leur distribution dans le parc descend de 40 % à 27 %.

Figure 3Répartition des résidences principales selon leur nombre de pièces en Guyane et en France métropolitaine en 2018

Répartition des résidences principales selon leur nombre de pièces en Guyane et en France métropolitaine en 2018 - Lecture : En Guyane, 5 % des résidences principales comportent 6 pièces ou plus, contre 16 % en France métropolitaine
Guyane France métropolitaine
1 pièce 7,8 5,8
2 pièces 18,7 12,9
3 pièces 27,5 21,2
4 pièces 28,1 24,8
5 pièces 12,6 19,2
6 pièces ou plus 5,3 16,1
  • Lecture : En Guyane, 5 % des résidences principales comportent 6 pièces ou plus, contre 16 % en France métropolitaine
  • Source : recensement de la population

Figure 3Répartition des résidences principales selon leur nombre de pièces en Guyane et en France métropolitaine en 2018

  • Lecture : En Guyane, 5 % des résidences principales comportent 6 pièces ou plus, contre 16 % en France métropolitaine
  • Source : recensement de la population

La majorité des logements en Guyane ont été construits après 1990

En Guyane, le parc des logements est relativement récent : 98 % des résidences principales ont été construites après 1946. La période de 1991 à 2015 concentre 62 % des constructions. C’est plus qu’en Martinique (44 %) et Guadeloupe (50 %). En France métropolitaine la part des logements construits dans cette période est de 26 %.

De 2007 à 2017, le confort des logements progresse

Par rapport à 2007, le taux des résidences principales desservies par le réseau électrique progresse d’un point. En 2017, près de neuf logements sur dix bénéficient de ce service. Le taux d’équipements sanitaires (baignoire, douche, WC) a progressé de 2,7 points depuis 2007. Désormais, huit logements sur dix en sont dotés. Sur la même période, la part des logements pourvus en eau chaude a augmenté de 7,9 points cependant la moitié des résidences principales ne disposent toujours pas de cet élément de confort en 2017. Le déploiement des chauffe-eaux solaires contribue à cette progression. Ces appareils équipaient seulement 1,5 % du parc des résidences principales en 2007. Ils sont présents dans 7,9 % d’entre elles dix ans plus tard. En dix ans, le taux de logements équipés de la climatisation passe de 27 % à 39 %.

Publication rédigée par : Eric Mével (Insee)

Sources

Les résultats sont issus des Recensements de la population des années 1968, 1975, 1982, 1990, 1999, 2008, 2013 et 2018. Le champ de l’étude est constitué des résidences principales de la Martinique et à leurs habitants en ménage ordinaire. Les communautés (EHPAD, internats, foyers etc) ne sont pas prises en compte.

Définitions


Une résidence principale est un logement occupé de façon habituelle et à titre principal par une ou plusieurs personnes qui constituent un ménage.


Une résidence secondaire est un logement utilisé pour les week-ends, les loisirs ou les vacances. Un logement occasionnel est un logement ou une pièce indépendante utilisée occasionnellement pour des raisons professionnelles.


Un logement vacant est un logement inoccupé se trouvant, par exemple, déjà attribué à un acheteur ou un locataire et en attente d’occupation.


L’aire d’attraction d’une ville est un ensemble de communes, d’un seul tenant et sans enclave, constitué d’un pôle de population et d’emploi et d’une couronne qui rassemble les communes dont au moins 15 % des actifs travaillent dans le pôle. Les communes hors attraction des villes sont celles situées hors des pôles et hors des couronnes des aires d’attraction des villes.