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Insee Analyses Provence-Alpes-Côte d'Azur · Juillet 2021 · n° 95
Insee Analyses Provence-Alpes-Côte d'Azur3 120 emplois locaux dépendent de la base aérienne 115 d’Orange

Lucile Jamet, Carole Zampini (Insee)

En 2020, la base aérienne 115 d’Orange compte 2 530 salariés sur son site, militaires, civils, réservistes et stagiaires confondus. Sa zone d’influence, centrée autour d’Orange, s’étend sur une trentaine de communes. Dans cette zone, 10 % des emplois dépendent de la base aérienne. Au-delà des emplois directs sur son site, celle-ci génère en effet, sur ce territoire, l’équivalent de 590 autres emplois. Pour l’essentiel, ces emplois sont induits par la consommation quotidienne des familles des salariés de la base aérienne et de ses fournisseurs locaux.

Insee Analyses Provence-Alpes-Côte d'Azur
No 95
Paru le : Paru le 05/07/2021

La base aérienne 115 abrite plusieurs unités opérationnelles sur le territoire d’Orange, Jonquières et Camaret-sur-Aigues

La base aérienne 115 (BA 115), dite « Capitaine de Seynes », a été créée en 1939. Elle abrite aujourd’hui plusieurs unités opérationnelles, réparties entre la plateforme aéronautique Caritat, qui s’étend sur les communes d’Orange, Jonquières et Camaret-sur-Aigues, et le « quartier Geille », dans le centre-ville d’Orange. Ces unités comptent un escadron de chasse sur Mirage 2000, un escadron et un centre de formation sur hélicoptère Fennec, une unité opérationnelle de commandos parachutistes de l’air, ainsi que le Centre de préparation opérationnelle des combattants de l’Armée de l’air (encadré 1). Dans le cadre de la loi de programmation militaire 2019-2025, la base aérienne modernise ses infrastructures pour accueillir un escadron Rafale à l’été 2024 en remplacement du Mirage 2000. D’importants investissements (plus de 150 millions d’euros) vont conforter la base aérienne dans son environnement local et accroître légèrement son effectif (50 personnes supplémentaires à l’horizon 2024).

2 530 emplois directement liés à la base

En 2020, la BA 115 emploie 2 030 personnes sur son site. La quasi-totalité d’entre elles, soit 1 750 personnes, sont des militaires d’active. 80 civils travaillent également à temps complet sur le site de la base aérienne. S’y ajoutent 200 réservistes présents à temps partiel sur la base. De plus, chaque année, 4 500 à 5 000 militaires sont de passage à la BA 115, pour une formation de durée variable, d’une semaine à six mois. Ces stagiaires, logés sur la commune d’Orange durant leur formation, représentent l'équivalent de 500 personnes présentes sur site tout au long de l’année. Ainsi, au total, 2 530 emplois sont liés directement à la présence de la BA 115. Cet effectif situe la BA 115 dans la moyenne des bases aériennes françaises.

Le personnel de la base aérienne est très majoritairement masculin : 83 % d’hommes pour 17 % de femmes. Parmi les militaires, les sous-officiers, assimilés aux agents de catégorie B de la fonction publique, sont les plus nombreux. Ils représentent près d’un militaire sur deux (970 personnes). Quatre militaires sur dix sont des hommes du rang, assimilables à du personnel de catégorie C de la fonction publique. Enfin, un militaire sur dix est un officier (cadre supérieur).

Les salariés de la base aérienne sont pour la plupart installés avec leur famille. Les conjoints et les enfants des salariés qui vivent avec ces derniers représentent 2 500 personnes. Seulement 100 célibataires géographiques logent seuls à proximité du site de la base aérienne. En considérant les salariés, leurs familles et les stagiaires, ce sont au total 5 030 personnes qui sont sous influence directe de la BA 115. Parmi celles-ci, 41 % habitent la commune d’Orange et 20 % résident dans les communes de son pourtour, Camaret-sur-Aigues, Jonquières, Piolenc, Sérignan-du-Comtat et Courthézon. La population sous influence directe de la base aérienne pèse pour 7 % de la population communale à Orange et à Camaret-sur-Aigues, pour 6 % à Sérignan-du-Comtat et 5 % à Jonquières (figure 1).

Figure 1Communes de résidence des salariés de la base aérienne d’Orange et de leurs familles

Communes de résidence des salariés de la base aérienne d’Orange et de leurs familles
Commune Effectif dans la commune Part dans la population communale (en %)
26054 Bouchet 38 2,5
26275 Rochegude 42 2,7
26345 Suze-la-Rousse 20 1,0
26357 Tulette 15 0,8
30084 Codolet 11 1,7
30178 Montfaucon <10 0,6
30221 Roquemaure 66 1,2
30254 Saint-Geniès-de-Comolas <10 0,2
30278 Saint-Laurent-des-Arbres 26 0,8
30302 Saint-Victor-la-Coste 15 0,7
84004 Aubignan 46 0,8
84019 Bollène 86 0,6
84027 Caderousse 27 1,0
84028 Cairanne 28 2,6
84029 Camaret-sur-Aigues 296 6,5
84037 Châteauneuf-du-Pape 17 0,8
84039 Courthézon 112 2,0
84056 Jonquières 272 5,0
84061 Lagarde-Paréol <10 1,2
84064 Lapalud 10 0,3
84078 Mondragon 47 1,2
84083 Mornas 76 3,2
84087 Orange 2 058 7,1
84091 Piolenc 202 3,8
84096 Rasteau 13 1,5
84098 Roaix <10 0,9
84106 Sainte-Cécile-les-Vignes 73 2,9
84117 Saint-Roman-de-Malegarde <10 1,2
84122 Sarrians 43 0,7
84127 Sérignan-du-Comtat 151 5,6
84134 Travaillan 16 2,2
84135 Uchaux 26 1,6
84136 Vacqueyras 10 0,8
84149 Violès 29 1,7
  • Champ : civils et militaires de la BA 115 (y compris stagiaires) et leurs familles.
  • Sources : BA 115 ; Insee, recensement de la population 2017.

Figure 1Communes de résidence des salariés de la base aérienne d’Orange et de leurs familles

  • Champ : civils et militaires de la BA 115 (y compris stagiaires) et leurs familles.
  • Sources : BA 115 ; Insee, recensement de la population 2017.

La base aérienne génère 3 120 emplois dans sa zone d’influence

Les emplois présents sur le site de la base aérienne constituent son impact direct sur le territoire. Mais celle-ci sollicite aussi des entreprises pour subvenir à son fonctionnement courant et à ses travaux d’infrastructures : c’est l’effet indirect. Enfin, la consommation quotidienne des personnes travaillant directement ou indirectement pour la BA 115, mais aussi de leurs familles, génère à son tour des emplois : c’est l’effet induit. Le cumul de ces trois composantes constitue l’influence économique de la base aérienne.

Cette influence est significative dans un périmètre géographique centré sur la commune d’Orange et composé de 35 communes, appelé zone d’influence (méthode).

La BA 115 est le plus gros employeur de cette zone, loin devant le centre hospitalier d’Orange (800 emplois) et la mairie d’Orange (500 emplois). En sus de ses 2 530 emplois directs, la base aérienne entraîne également par son activité l’équivalent de 35 emplois indirects et de 555 emplois induits dans la zone (figure 2). Ce sont au total 3 120 emplois qui dépendent de la base aérienne, soit un emploi de ce territoire sur dix.

Figure 2Influence directe, indirecte et induite de la base aérienne

Influence directe, indirecte et induite de la base aérienne
Effet direct Effet indirect Effet induit Effet global
Emploi 2530 emplois (civils et militaires) 35 emplois 555 emplois (commerces et services) 3120 emplois
Population 3900 personnes (salariés et familles) 90 personnes (salariés et familles) 1190 personnes (salariés et familles) 5180 personnes
  • Notes : les emplois sont localisés au lieu de travail, la population au lieu de résidence. Les emplois indirects et induits ne correspondent pas à des personnes physiques mais à des « équivalents salariés ». Les membres des familles des emplois indirects et induits sont des « équivalents personnes ».
  • Champ : les 35 communes de la zone d’influence.
  • Sources : BA 115 ; Insee, Flores 2017, DADS-DSN 2017, recensement de la population 2017.

Figure 2Influence directe, indirecte et induite de la base aérienne

  • Notes : les emplois sont localisés au lieu de travail, la population au lieu de résidence. Les emplois indirects et induits ne correspondent pas à des personnes physiques mais à des « équivalents salariés ». Les membres des familles des emplois indirects et induits sont des « équivalents personnes ».
  • Champ : les 35 communes de la zone d’influence.
  • Sources : BA 115 ; Insee, Flores 2017, DADS-DSN 2017, recensement de la population 2017.

Les communes d’Orange, Jonquières, Camaret-sur-Aigues et Sérignan-du-Comtat concentrent à elles seules les trois quarts de l’ensemble des emplois indirects et induits générés par l’activité de la base aérienne, soit 450 emplois. C’est au sein de chacune de ces quatre communes que l’influence indirecte et induite de la BA 115 est la plus forte : sur leur territoire, les emplois indirects et induits y représentent 3 % des emplois salariés offerts (figure 3).

Figure 3Emplois salariés indirects et induits générés par la base aérienne d’Orange et part dans l’ensemble de l’emploi salarié, par commune

Emplois salariés indirects et induits générés par la base aérienne d’Orange et part dans l’ensemble de l’emploi salarié, par commune
Commune Effectif dans la commune Part des emplois salariés (en %)
26054 Bouchet <10 1,8
26275 Rochegude <10 2,0
26345 Suze-la-Rousse <10 0,7
26357 Tulette <10 0,2
30084 Codolet <10 0,1
30178 Montfaucon <10 0,8
30221 Roquemaure <10 0,6
30254 Saint-Geniès-de-Comolas <10 0,5
30278 Saint-Laurent-des-Arbres <10 0,8
30302 Saint-Victor-la-Coste <10 0,8
84004 Aubignan <10 0,9
84019 Bollène 34 0,7
84027 Caderousse <10 0,8
84028 Cairanne <10 1,1
84029 Camaret-sur-Aigues 25 3,0
84037 Châteauneuf-du-Pape <10 0,2
84039 Courthézon 13 1,1
84056 Jonquières 27 3,3
84061 Lagarde-Paréol <10 0,5
84063 Lamotte-du-Rhône <10 0,1
84064 Lapalud <10 0,3
84078 Mondragon <10 0,8
84083 Mornas <10 2,6
84087 Orange 387 3,2
84091 Piolenc 20 2,5
84096 Rasteau <10 0,5
84098 Roaix <10 0,4
84106 Sainte-Cécile-les-Vignes 10 1,5
84117 Saint-Roman-de-Malegarde <10 0,6
84122 Sarrians <10 0,5
84127 Sérignan-du-Comtat 12 3,2
84134 Travaillan <10 1,1
84135 Uchaux <10 0,7
84136 Vacqueyras <10 0,3
84149 Violès <10 0,9
  • Note : emploi au lieu de travail.
  • Sources : BA 115 ; Insee, Flores 2017, DADS-DSN 2017, recensement de la population 2017. 

Figure 3Emplois salariés indirects et induits générés par la base aérienne d’Orange et part dans l’ensemble de l’emploi salarié, par commune

  • Note : emploi au lieu de travail.
  • Sources : BA 115 ; Insee, Flores 2017, DADS-DSN 2017, recensement de la population 2017. 

Dans la zone d’influence, 5 180 habitants liés à la base

Si l’on considère les familles des salariés, la population concernée par l’activité de la base aérienne représente l’équivalent de 5 180 personnes dans la zone d’influence. Près de la moitié de cette population réside à Orange, soit 2 500 personnes. Environ 380 personnes habitent à Camaret-sur-Aigues, 360 à Jonquières, 290 à Piolenc et 200 à Sérignan-du-Comtat. Comme pour l’emploi, l’influence de la base en termes de population est maximale à Orange où 8,6 % de la population communale est concernée par la présence de la base, à Camaret‑sur-Aigues (8,4 %), à Sérignan-du-Comtat (7,4 %) et à Jonquières (6,6 %). À Piolenc et Mornas, la base « pèse » entre 4 et 6 % de la population totale (figure 4).

Figure 4Part de la population concernée par la présence de la base aérienne d’Orange, par commune de la zone d’influence

Part de la population concernée par la présence de la base aérienne d’Orange, par commune de la zone d’influence
Commune Effectif dans la commune Part dans la population communale (en %)
26054 Bouchet 52 3,4
26275 Rochegude 55 3,5
26345 Suze-la-Rousse 33 1,6
26357 Tulette 34 1,7
30084 Codolet 14 2,1
30178 Montfaucon 20 1,3
30221 Roquemaure 104 1,9
30254 Saint-Geniès-de-Comolas 14 0,7
30278 Saint-Laurent-des-Arbres 41 1,4
30302 Saint-Victor-la-Coste 23 1,1
84004 Aubignan 73 1,3
84019 Bollène 158 1,2
84027 Caderousse 62 2,3
84028 Cairanne 38 3,6
84029 Camaret-sur-Aigues 381 8,4
84037 Châteauneuf-du-Pape 26 1,2
84039 Courthézon 166 2,9
84056 Jonquières 358 6,6
84061 Lagarde-Paréol <10 2,1
84063 Lamotte-du-Rhône <10 0,3
84064 Lapalud 24 0,6
84078 Mondragon 78 2,1
84083 Mornas 106 4,4
84087 Orange 2 501 8,6
84091 Piolenc 286 5,5
84096 Rasteau 17 2,0
84098 Roaix <10 1,2
84106 Sainte-Cécile-les-Vignes 98 3,9
84117 Saint-Roman-de-Malegarde <10 1,8
84122 Sarrians 70 1,1
84127 Sérignan-du-Comtat 199 7,4
84134 Travaillan 22 3,1
84135 Uchaux 43 2,6
84136 Vacqueyras 16 1,2
84149 Violès 44 2,6
  • Sources : BA 115 ; Insee, Flores 2017, DADS-DSN 2017, recensement de la population 2017.

Figure 4Part de la population concernée par la présence de la base aérienne d’Orange, par commune de la zone d’influence

  • Sources : BA 115 ; Insee, Flores 2017, DADS-DSN 2017, recensement de la population 2017.

880 enfants en âge d’être scolarisés

Parmi les salariés de la base aérienne et leurs familles, 3 900 habitent une commune de la zone d’influence.

Les employés de la BA 115 (hors stagiaires) vivant dans la zone d’influence sont plus jeunes que les habitants de ce territoire. Ils ont en moyenne 34 ans, tandis que les actifs en emploi de la zone ont en moyenne 42 ans. De plus, 42 % des employés de la base aérienne ont moins de 30 ans, contre seulement 24 % de la population en âge de travailler de la zone.

La moitié du personnel (hors stagiaires) est mariée ou vit en couple. Plus jeunes, les employés de la BA 115 ont en moyenne moins d’enfants que la population de la zone. 60 % n’ont pas d’enfant contre 49 % des ménages de la zone.

880 enfants âgés de 3 à 17 ans ont au moins un parent employé sur la base aérienne. Ils représentent 3,5 % des enfants en âge d’être scolarisés du territoire d’influence. À cela s’ajoutent 160 enfants âgés de moins de 3 ans, susceptibles d’être gardés en crèche. Caractéristique d’une population jeune, 60 % des enfants des salariés de la base sont en âge d’être inscrits en école maternelle ou primaire, contre 50 % de ceux de la zone d’influence.

L’effet induit : 1 190 personnes concernées par la consommation de la population

La consommation des ménages des employés de la base aérienne, des stagiaires et des ménages des employés des fournisseurs génère des emplois spécifiquement dédiés à la satisfaction de leurs besoins en alimentation, habillement, services, loisirs, logement, etc. Dans la zone d’influence, l’équivalent de 555 salariés travaillent à la satisfaction de ces besoins, soit 1,7 % de l'emploi salarié total. Les deux tiers sont concentrés sur la commune d’Orange. Les communes d’Orange, Bollène, Jonquières et Camaret-sur-Aigues en rassemblent 80 %.

L’emploi induit relève de la sphère présentielle de l’économie. La moitié des emplois sont générés dans le secteur marchand, dont le commerce (16 %) et la construction (11 %). La santé et l'administration publique en concentrent à eux deux près de 42 %.

L’ensemble formé par les emplois induits et les membres de leur famille qui résident dans la zone d’influence représente l’équivalent de 1 190 personnes. C’est l’effet induit par la présence de la base aérienne dans cette zone.

Un budget de fonctionnement de 6,7 millions d’euros en 2017

En 2017, pour les besoins de son fonctionnement général et l’entretien de ses infrastructures, la base a commandé pour 6,7 millions d’euros de matériels, fournitures et prestations de services auprès d’environ 300 établissements. Une partie des activités liées à son fonctionnement courant est internalisée. C’est le cas en particulier des services de restauration qui sont assurés par le personnel de la base.

Les postes de dépenses les plus importants sont constitués par la construction, la fourniture d’énergie, électricité et gaz, la fourniture d’eau et la gestion des déchets et le domaine des activités techniques et des services administratifs et de soutien. Ce dernier secteur recouvre notamment le nettoyage des bâtiments, l’entretien des espaces verts et la sécurité des sites. Environ 10 % du budget s’adresse à des établissements du commerce, notamment pour des achats de mobilier de bureau, emballages et équipements divers.

La base aérienne commande pour partie à des fournisseurs implantés dans la région ou dans les régions limitrophes d’Occitanie et Auvergne-Rhône-Alpes et passe pour une autre partie par des marchés nationaux négociés par le ministère des Armées.

En 2017, pour ses besoins de fonctionnement, la base aérienne a dépensé environ un tiers de son budget auprès d’établissements situés dans la zone d’influence, générant ainsi l’équivalent de 35 emplois. Cet emploi indirect ne correspond pas à un nombre réel de personnes physiques mais à la somme de fractions d’emplois de plusieurs établissements. Dans les faits, environ une centaine de personnes sont concernées, dont celles intervenant régulièrement sur le site de la base aérienne pour y fournir diverses prestations de services (collecte des déchets, nettoyage des locaux, entretien des espaces verts, sécurité, dépannage, maintenance, etc.).

Si l’on considère les familles des emplois indirects qui habitent dans la zone d’influence de la BA 115, ce sont l’équivalent de 90 personnes qui sont concernées indirectement par l'activité de la base aérienne.

Encadré 1 - La base aérienne 115 : un rôle opérationnel et de formation, ainsi que des interactions locales

La base aérienne forme les pilotes de chasse et d’hélicoptère ainsi que les commandos parachutistes de l’air et tous les militaires du rang de l’Armée de l’air et de l’espace.

Premier site militaire de Vaucluse, la base entretient des liens avec le tissu local. Dans le cadre des Journées défense et citoyenneté, la base accueille plus de 8 000 jeunes par an. Elle s’investit aussi auprès des établissements scolaires à travers des initiatives diverses comme les Brevets d’initiation aéronautique, les Classes de défense et de sécurité globales et, plus ponctuellement, des journées portes ouvertes thématiques.

La base aérienne anime une communauté locale forte de 200 réservistes.

Acteur dans le milieu culturel et mémoriel, la base aérienne dispose aussi d’un musée ouvert au public  (5 200 visiteurs/an), et couvre les différentes commémorations et cérémonies militaires du département.

Encadré 2 - La zone d’emploi d’Orange est marquée par un chômage élevé et des emplois peu qualifiés

En 2017, 68 100 personnes vivent au sein de la zone d’emploi d’Orange. Parmi elles, 4 400 personnes sont concernées par la présence de la base aérienne.

La population de ce territoire progresse de 0,5 % en moyenne par an entre 2007 et 2017, un peu plus rapidement que la population du département de Vaucluse (+ 0,4 %). La croissance est portée essentiellement par l’excédent naturel. Les petites communes bénéficient d’une démographie dynamique. La population progresse dans la quasi-totalité des communes, notamment Jonquières (+ 2,3 % en moyenne par an). Cependant, Orange, ville la plus peuplée de la zone (29 000 habitants), perd des habitants (- 0,4 % en moyenne par an entre 2007 et 2017). Dans ce contexte, le développement de la BA 115 représente une perspective favorable à la croissance démographique de la commune et de la zone.

Sur le plan économique, la zone d’emploi d’Orange fait face à un contexte difficile. Elle est très fortement touchée par le chômage. En 2019, 10,6 % de la population active est au chômage, soit deux points de plus que la moyenne de France métropolitaine. En outre, l’emploi diminue (- 0,1 % en moyenne par an entre 2007 et 2017). L’ensemble des secteurs sont concernés par ce repli, mais l’industrie est particulièrement touchée (- 1,9 % en moyenne par an).

Dans la zone, les emplois sont moins qualifiés qu’en moyenne régionale. La proportion d’ouvriers y est plus importante que dans la région (21 % contre 17 %) contrairement aux cadres et professions intellectuelles supérieures (10 % contre 17 %). La part des employés et des professions intermédiaires est proche de la moyenne régionale (respectivement 30 % et 25 %).

Au sein de la BA 115, les qualifications sont plus élevées : si les officiers ne représentent que 10 % du personnel, les sous-officiers, assimilés à des professions intermédiaires, sont majoritaires. Les salaires moyens, hors primes, perçus par les employés de la base aérienne sont supérieurs à la rémunération moyenne versée par les établissements employeurs de la zone d’emploi. Le personnel, militaire comme civil, perçoit en moyenne 2 000 euros nets par mois, primes non comprises, contre 1 900 euros (primes comprises) pour le salaire net moyen offert dans la zone d’emploi. Au sein de la BA 115, les salaires moyens s’échelonnent de 1 500 euros nets par mois pour les militaires du rang à 2 100 euros pour les sous-officiers et 3 300 euros pour les officiers.

Encadré 3 - Partenariat

Cette étude a été réalisée en partenariat avec le ministère des Armées.

Publication rédigée par : Lucile Jamet, Carole Zampini (Insee)

Pour comprendre

Méthode

Cette étude donne une estimation du nombre d’emplois et de personnes liés aux activités de la base aérienne 115. Elle fournit une estimation a minima de l’influence économique de la base aérienne, ne pouvant garantir une exhaustivité de la sous-traitance locale issue de marchés nationaux.

La zone d’influence locale de la base aérienne comprend Orange et 34 communes de sa périphérie, au sein desquelles plus de 1 % de la population est liée à la présence de la BA 115. La population concernée par la présence de la base représente 4 % de la population de la zone. L’influence de la base aérienne ne se limite pas à la zone retenue dans cette étude : des salariés de la BA 115, de même que des salariés travaillant dans les établissements fournisseurs, résident en dehors de cette zone. Ainsi, la zone d’influence regroupe 68 % de la population totale concernée par la base aérienne.

Sources

Les données sur le personnel de la base aérienne d’Orange (sexe, âge, grade, lieu de résidence, composition des familles et salaires moyens) et sur les commandes passées aux fournisseurs et prestataires de services en 2017 sont issues du ministère des Armées. Sont par ailleurs mobilisés le recensement de la population 2017 et des données sur l’emploi, les salaires (Flores 2017, DADS-DSN 2017) et les entreprises (Fare 2017, FEE 2017).

Définitions


L’effet direct comptabilise le personnel salarié présent sur le site de la base aérienne, militaires, civils, réservistes et stagiaires confondus. Il est localisé au lieu de travail.


L’effet indirect comptabilise les emplois salariés consacrés à réaliser les commandes en biens et services de la BA 115. Pour un établissement donné, fournisseur ou prestataire de service, l’emploi correspondant est un « équivalent salarié » dédié à la satisfaction des commandes, localisé au lieu de travail. Il ne correspond pas à un nombre de personnes physiques mais est calculé au prorata du montant total des commandes facturées en 2017 dans le chiffre d’affaires de l’établissement. Les marchés nationaux sont exclus.


L’effet induit comptabilise les emplois salariés créés par la consommation courante des emplois directs et indirects et de leurs familles. Pour une activité donnée, une part de l’emploi lié à cette activité est estimée dédiée à la population résidente. L’emploi induit est le produit de ce ratio par la population concernée directement ou indirectement par la présence de la base. Les emplois induits ne correspondent pas à des personnes physiques mais sont des « équivalents salariés », localisés à proximité du lieu de résidence des salariés.


La population concernée regroupe l’ensemble des personnes appartenant aux ménages des salariés comptabilisés dans l’un des trois effets, localisées à leur lieu de résidence. La population concernée directement correspond à un nombre réel de personnes physiques. En revanche, la population liée aux effets indirect et induit correspond à des « équivalents personnes ». Les lieux de résidence des salariés de ces deux catégories ont été déterminés à partir des DADS-DSN. Le nombre de personnes de leurs ménages est estimé à partir du recensement de la population : on considère que la taille moyenne de ces ménages est identique à celle des ménages comptant au moins un actif occupé dans la commune.


La population directement concernée regroupe les personnes appartenant aux ménages des salariés comptabilisés dans l’effet direct, localisées à leur lieu de résidence. Elle correspond à un nombre réel de personnes physiques.


La sphère présentielle désigne les activités mises en œuvre localement visant à satisfaire les besoins des personnes résidentes et des touristes.


Une zone d’emploi est un espace géographique à l’intérieur duquel la plupart des actifs résident et travaillent, et dans lequel les établissements peuvent trouver l’essentiel de leur main-d’œuvre.

Pour en savoir plus

Caste F., Domens J., « Départ du 1er REC : un impact concentré sur la commune d’Orange », Insee Analyses Provence-Alpes-Côte d’Azur n° 9, décembre 2014