La nouvelle feuille de logement et la refonte de l’analyse Ménages-Familles en 2018 : Quels apports pour l’étude des structures familiales ?

Élisabeth Algava (Insee)

Documents de travail
No F2021-01
Paru le : Paru le 07/04/2021
Élisabeth Algava (Insee)
Documents de travail  No F2021-01 - Avril 2021
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Depuis la refonte de 2018, la feuille de logement du recensement décrit les relations deux à deux entre habitants du logement et comporte des questions sur la multi-résidence. La refonte a aussi porté sur l’« analyse ménages familles » (AMF), c’est-à-dire les modalités de traitement statistique des informations sur les relations entre les personnes du logement pour définir les familles.

Comme le recensement est devenu une enquête multimode (papier et internet), un peu avant la refonte de 2018, il s’avère nécessaire de prendre en compte des différences entre les deux modes de collecte. Ainsi, déclarer vivre en couple est nettement plus fréquent parmi les répondants internet, alors que la question est posée de façon strictement identique sur internet et sur papier et sans que cette plus grande propension à vivre en couple ne puisse être expliquée par les différences de caractéristiques observées des personnes répondant sur Internet (plus jeunes et plus diplômées notamment).

Sur les types de famille, le mode de collecte a aussi son importance : la non réponse partielle, sur les liens entre habitants du logement, est fréquente sur papier, beaucoup plus rare sur internet. Cela confère une importance particulière aux imputations réalisées dans le cadre de l’AMF. Toutefois, ni la généralisation de la collecte par internet ni la refonte de 2018 ne se sont accompagnées d’une rupture de série : les familles monoparentales poursuivent leur croissance à un rythme régulier tandis que le nombre de familles recomposées reste stable d’après les différentes sources confrontées.

Sur les situations de multi-résidence, la nouvelle feuille de logement permet en principe de repérer les situations des enfants de parent séparé : garde exclusive par un des parents sans multi-résidence, résidence à parts égales chez chacun des parents (dite résidence alternée) et résidence principale chez un parent et une partie minoritaire du temps chez l’autre (dite résidence partagée). La résidence alternée est une modalité minoritaire pour les enfants de parents séparés, mais en forte croissance. Les résultats sur ce sujet sont cohérents avec ceux issus d’autres sources. Sur la résidence partagée, il existe moins de sources, avec moins de cohérence entre elles et le nouveau questionnaire laisse une marge d’appréciation importante aux parents sur la façon de recenser leurs enfants dans cette situation. Cela rend les résultats difficiles à interpréter.

La refonte a nécessité des ajustements de la méthode décrite dans un document de travail précédent pour identifier les couples de même sexe (CMS) dans le recensement. La méthode, avec les ajustements décrits ici, a été mise en oeuvre pour publier de premiers résultats issus du recensement sur les couples de même sexe.