Insee Conjoncture GuyaneEn Guyane, l’économie retrouve son niveau d’avant criseNote de conjoncture régionale - 3ᵉ trimestre 2020

Matthieu Cornut, Nora Eliot, Marion Lauvaux (Insee)

Au troisième trimestre 2020, l’économie entame son redressement en Guyane. Les restrictions liées à la crise sanitaire, qui se sont prolongées après le confinement, avaient impacté l’économie au trimestre précédent. L’emploi salarié total progresse de 2,1 %, davantage qu’au niveau national. Tous les secteurs bénéficient de ce dynamisme, notamment le tertiaire non marchand. L’emploi intérimaire augmente fortement pour le deuxième trimestre consécutif. Le recours à l’activité partielle se poursuit principalement dans le secteur tertiaire marchand, notamment dans l’hébergement et la restauration. Le nombre de demandeurs d’emploi est stable, tandis que le taux de chômage s’établit à 19,3 %. Durant l’été 2020, les dépenses touristiques en Guyane des résidents français sont en net recul par rapport à leur niveau de l’an passé. Ce trimestre, le nombre de créations d'entreprises progresse fortement, à un rythme similaire à la France entière.

Insee Conjoncture Guyane
No 12
Paru le : Paru le 12/01/2021
Matthieu Cornut, Nora Eliot, Marion Lauvaux (Insee)
Insee Conjoncture Guyane  No 12 - Janvier 2021

Le nombre d’emplois salariés en Guyane s’établit à 56 100 au troisième trimestre 2020. Avec 1 170 créations d’emplois, il repart à la hausse (+ 2,1 %), après deux trimestres consécutifs de baisse (– 0,7 % puis – 1,4 %). La baisse du premier semestre est une conséquence du ralentissement de l’activité économique durant la crise sanitaire. Par rapport au troisième trimestre 2019, les effectifs augmentent de 1,3 %, soit 700 emplois supplémentaires.

Le secteur privé, avec 730 emplois supplémentaires ce trimestre, participe à deux tiers de la création d’emplois. En hausse de 2,3 %, il compte 32 100 salariés et rattrape la baisse du premier semestre. Le nombre de salariés du secteur reste stable sur un an (+ 0,3 %, soit 90 emplois créés). Le secteur public, dont les effectifs augmentent de 1,9 % sur le trimestre, crée 440 emplois. Le nombre d’emplois publics augmente de 2,6 % sur un an et s’établit à 24 000.

En France (hors Mayotte), l’emploi salarié progresse également au troisième trimestre 2020 (+ 1,6 %) mais reste en recul sur un an (– 0,8 %).

Figure 1Évolution de l'emploi salarié

indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2010
Évolution de l'emploi salarié (indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2010)
Emploi salarié total - Guyane Emploi salarié total - France hors Mayotte Emploi salarié privé - Guyane Emploi salarié privé - France hors Mayotte
T4 2010 100 100 100 100
T1 2011 101,71 100,2 103,36 100,27
T2 2011 100,93 100,31 102,24 100,41
T3 2011 102,67 100,25 105,58 100,41
T4 2011 102,49 100,3 105,85 100,42
T1 2012 103,22 100,32 106,31 100,4
T2 2012 104,74 100,29 107,91 100,33
T3 2012 103,11 100,14 105,51 100,06
T4 2012 104,18 100,03 106,11 99,94
T1 2013 104,38 100,04 105,97 99,91
T2 2013 104,43 99,93 106,3 99,66
T3 2013 104,8 100,09 104,84 99,81
T4 2013 106,41 100,37 106,35 99,95
T1 2014 106,99 100,41 105,82 99,9
T2 2014 107,22 100,44 106,56 99,94
T3 2014 108,02 100,33 107,49 99,76
T4 2014 108,69 100,43 107,76 99,82
T1 2015 110,27 100,38 108,48 99,78
T2 2015 109,1 100,61 106,71 99,99
T3 2015 109,53 100,69 106,39 100,11
T4 2015 110,28 100,88 107,91 100,34
T1 2016 110,3 101,06 108,69 100,55
T2 2016 109 101,32 107,49 100,84
T3 2016 107,92 101,59 107,04 101,15
T4 2016 108,88 101,7 109,25 101,29
T1 2017 105,87 102,09 104,13 101,78
T2 2017 107,33 102,4 106,29 102,17
T3 2017 108,89 102,69 107,28 102,62
T4 2017 110,22 103,09 109,66 103,2
T1 2018 111,75 103,23 111,12 103,36
T2 2018 112,6 103,3 112,53 103,51
T3 2018 112,57 103,45 111,98 103,72
T4 2018 115,49 103,76 115,53 104,09
T1 2019 115,5 104,16 114,87 104,57
T2 2019 117,17 104,41 117,65 104,82
T3 2019 118,72 104,58 119,8 105,04
T4 2019 120,23 104,94 121,54 105,51
T1 2020 119,39 102,92 119,65 102,91
T2 2020 117,7 102,08 117,41 102,12
T3 2020 120,21 103,72 120,14 103,79
  • Notes : données CVS, en fin de trimestre. Les données du dernier trimestre affiché sont provisoires.
  • Champ : emploi salarié total.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Acoss-Urssaf, Dares, Insee.

Figure 1Évolution de l'emploi salarié

  • Notes : données CVS, en fin de trimestre. Les données du dernier trimestre affiché sont provisoires.
  • Champ : emploi salarié total.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Acoss-Urssaf, Dares, Insee.

L’emploi salarié progresse dans l’ensemble des secteurs

Les effectifs salariés du secteur tertiaire non marchand, qui concentre la moitié des emplois en Guyane, augmentent de 2,3 % au troisième trimestre 2020. Avec 650 emplois supplémentaires, ce secteur est le principal contributeur à la hausse globale des effectifs. Par rapport au troisième trimestre 2019, les services non marchands emploient 870 salariés de plus (+ 3,1 %).

Le secteur tertiaire marchand (hors intérim) emploie un tiers des salariés de la Guyane. Il crée 270 emplois ce trimestre (+ 1,6 %). Ce secteur d’activité ayant perdu 760 emplois durant la crise sanitaire, le nombre de salariés reste inférieur à celui du troisième trimestre 2019 (– 0,2 %). Dans ce contexte, ce sont les activités d’hébergement et de restauration (– 13,3 %) et les activités immobilières (– 13,8 %) qui subissent les plus fortes baisses d’effectifs sur un an.

Le nombre d’emplois salariés dans l’industrie progresse de 1,1 % sur le trimestre mais baisse de 1,5 % sur un an. Dans le secteur de la construction, les effectifs progressent de 0,6 % ce trimestre et de 2,7 % sur l’année.

Figure 2Évolution de l'emploi salarié par secteur - Guyane

indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2010
Évolution de l'emploi salarié par secteur - Guyane (indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2010)
Construction Industrie Tertiaire marchand hors intérim Tertiaire non marchand
T4 2010 100 100 100 100
T1 2011 106,01 101,47 100,84 101,24
T2 2011 105,28 100,59 97,91 102,02
T3 2011 111,32 102,11 101,68 102,25
T4 2011 112,93 102,27 101,2 102,6
T1 2012 114,47 104,62 102,5 102,94
T2 2012 115,12 108,47 103,88 103,57
T3 2012 111,77 110,47 101,48 101,97
T4 2012 112,16 111,03 102,33 103,02
T1 2013 114,09 112,87 103,49 102,96
T2 2013 113,16 113,46 103,83 102,7
T3 2013 108,78 110,1 103,46 104,73
T4 2013 107,04 112,29 105,56 107,15
T1 2014 107,27 111,81 104,81 109,07
T2 2014 102,77 111,06 106,93 108,94
T3 2014 99,16 112,9 107,24 110
T4 2014 97,07 113,89 108,23 111,08
T1 2015 97,14 113,22 108,41 113,9
T2 2015 91,77 111,51 107,67 113,31
T3 2015 90,7 109,72 107,21 114,92
T4 2015 90,19 109,88 108,32 115,2
T1 2016 86,3 110,55 107,71 114,66
T2 2016 82,7 110,12 107,21 113,87
T3 2016 83,79 111,3 104,99 111,69
T4 2016 84,72 112,61 106,08 111,88
T1 2017 83,24 108,71 102,24 111,22
T2 2017 86,07 107,67 103,5 111,82
T3 2017 86,78 109,96 102,42 114,21
T4 2017 89,55 109,7 103,97 114,65
T1 2018 92,47 111,51 106,06 115,42
T2 2018 92,28 112,74 106,46 116,05
T3 2018 93,7 113,01 106,25 116,85
T4 2018 92,54 113,27 107,71 118,93
T1 2019 92,38 114,02 109,71 120,15
T2 2019 95,01 115,52 112,97 120,74
T3 2019 99,36 117,55 115,25 121,65
T4 2019 101,19 116,48 118,24 123,16
T1 2020 100,74 115,6 116,76 124,08
T2 2020 101,48 114,45 113,21 122,6
T3 2020 102,06 115,76 115,02 125,38
  • Notes : données CVS, en fin de trimestre. Les données du dernier trimestre affiché sont provisoires.
  • Champ : emploi salarié total.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Acoss-Urssaf, Dares, Insee.

Figure 2Évolution de l'emploi salarié par secteur - Guyane

  • Notes : données CVS, en fin de trimestre. Les données du dernier trimestre affiché sont provisoires.
  • Champ : emploi salarié total.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Acoss-Urssaf, Dares, Insee.
Avertissement sur le marché du travail

Au troisième trimestre 2020, le taux de chômage au sens du BIT rebondit fortement après une baisse « en trompe-l’oeil » sur les deux premiers trimestres de l’année. En effet, pour être considéré comme chômeur, il faut être sans emploi, disponible pour travailler et avoir fait des démarches actives de recherche d’emploi. Au cours des deux premiers trimestres de l’année 2020, la période de confinement a fortement affecté les comportements de recherche active d’emploi (en particulier pour les personnes sans emploi dont le secteur d’activité était à l’arrêt), ainsi que la disponibilité des personnes (contrainte de garde d’enfant par exemple). Au total, la nette baisse du chômage au sens du BIT début 2020 ne traduisait pas une amélioration du marché du travail mais un effet de confinement des personnes sans emploi.

L'introduction de la déclaration sociale nominative (DSN) en remplacement du bordereau récapitulatif de cotisations (BRC) peut entraîner des révisions accrues sur les données, durant la phase de montée en charge de la DSN.

Reprise confirmée de l’intérim

Le nombre d’emplois intérimaires augmente de 12,6 % au troisième trimestre 2020, après la hausse de 8,9 % du trimestre précédent (figure 3). Il s’établit à 1 580. Ces deux augmentations successives font suite à la baisse de 20,9 % des effectifs au premier trimestre et permettent de se rapprocher du niveau de la fin d’année 2019.

Au niveau national, l’emploi intérimaire suit la même tendance : une forte baisse des effectifs au premier trimestre, puis deux trimestres de hausses successives. Le niveau du troisième trimestre 2019 n’est cependant pas encore rattrapé (– 10,3 % sur un an).

Figure 3Évolution de l'emploi intérimaire

indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2010
Évolution de l'emploi intérimaire (indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2010)
Guyane France hors Mayotte
T4 2010 100 100
T1 2011 111,92 101,11
T2 2011 110,23 101,55
T3 2011 110,55 100,12
T4 2011 91,88 99,38
T1 2012 83,97 94,99
T2 2012 112,34 91,98
T3 2012 111,6 88,02
T4 2012 119,73 85,4
T1 2013 99,89 88,18
T2 2013 102,22 87,16
T3 2013 104,64 89,79
T4 2013 87,03 90,3
T1 2014 79,43 89,35
T2 2014 77,11 91,19
T3 2014 86,92 88,9
T4 2014 81,54 90,14
T1 2015 87,03 89,77
T2 2015 84,28 93,42
T3 2015 81,22 96,99
T4 2015 96,1 99,63
T1 2016 129,85 99,29
T2 2016 108,02 102,21
T3 2016 137,45 105,52
T4 2016 150,84 110,83
T1 2017 105,27 115,43
T2 2017 135,13 120,29
T3 2017 160,55 124,32
T4 2017 183,33 130,84
T1 2018 190,4 129,6
T2 2018 205,59 127,86
T3 2018 182,28 127,77
T4 2018 253,38 126,56
T1 2019 190,72 127,41
T2 2019 190,72 126,93
T3 2019 183,65 126,51
T4 2019 171,62 126,11
T1 2020 135,76 75,21
T2 2020 147,89 92,47
T3 2020 166,46 113,53
  • Notes : données CVS, en fin de trimestre. Les données du dernier trimestre affiché sont provisoires.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Acoss-Urssaf, Dares, Insee.

Figure 3Évolution de l'emploi intérimaire

  • Notes : données CVS, en fin de trimestre. Les données du dernier trimestre affiché sont provisoires.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Acoss-Urssaf, Dares, Insee.

Le recours à l’activité partielle se poursuit

Au mois d'août 2020, le recours à l'activité partielle concerne 7,4 % des salariés en Guyane, alors qu’il était marginal avant la crise. Les trois quarts des salariés placés en chômage partiel sont employés par les entreprises du secteur tertiaire marchand. Dans ce secteur, le recours au chômage partiel concerne encore 9,2 % des effectifs. En particulier, un tiers des employés du secteur de l'hébergement et de la restauration est concerné.

Les entreprises du secteur de l’industrie recourent au chômage partiel pour 6,3 % de leurs effectifs, alors qu'elles ne l’utilisaient pas avant la crise. Dans le secteur de la construction, 3,6 % des salariés sont en activité partielle au mois d’août. Au mois d’avril, un cinquième des employés de ces deux secteurs était en chômage partiel.

Durant le confinement, la part des salariés en chômage partiel augmentait progressivement (figure 4). La première semaine, 17 % des salariés ont bénéficié du dispositif. Cette proportion atteignait 26 % en avril. Deux tiers des employés concernés au mois d'avril appartiennent au secteur tertiaire marchand.

Figure 4Part des salariés en activité partielle par secteur dans le total des effectifs salariés de la Guyane

en %
Part des salariés en activité partielle par secteur dans le total des effectifs salariés de la Guyane (en %) - Note de lecture : en semaine 14, un quart des salariés sont en activité partielle en Guyane. Parmi eux, les deux tiers travaillent dans le secteur des services marchands.
Numéro de semaine Services marchands Industrie Services non marchands Construction Agriculture
S10 0,19 0,00 0,00 0,04 0,00
S11 0,31 0,01 0,01 0,04 0,00
S12 11,94 1,64 2,13 1,61 0,09
S13 15,41 2,38 2,58 2,21 0,09
S14 17,30 2,85 2,93 2,30 0,10
S15 18,13 2,94 3,05 2,41 0,10
S16 17,80 2,92 3,10 2,29 0,09
S17 17,86 2,99 3,11 2,24 0,09
S18 16,47 2,45 2,65 1,95 0,08
S19 16,74 2,29 2,52 1,80 0,08
S20 11,85 1,88 1,91 1,33 0,06
S21 10,89 1,82 1,61 1,14 0,05
S22 10,55 1,79 1,56 1,09 0,05
S23 8,57 1,21 1,06 0,71 0,06
S24 8,78 1,28 1,06 0,71 0,06
S25 9,37 1,29 1,06 0,69 0,07
S26 9,44 1,28 1,13 0,71 0,07
S27 8,78 1,19 1,06 0,64 0,05
S28 8,44 1,12 1,02 0,62 0,04
S29 8,21 1,11 0,93 0,58 0,04
S30 8,06 1,05 0,93 0,56 0,04
S31 7,08 0,96 0,76 0,48 0,04
S32 6,04 0,89 0,61 0,43 0,03
S33 5,72 0,84 0,53 0,41 0,03
S34 5,36 0,83 0,53 0,40 0,03
S35 5,24 0,82 0,54 0,40 0,03
  • Note de lecture : en semaine 14, un quart des salariés sont en activité partielle en Guyane. Parmi eux, les deux tiers travaillent dans le secteur des services marchands.
  • Source : Déclaration Sociale Nominative.

Figure 4Part des salariés en activité partielle par secteur dans le total des effectifs salariés de la Guyane

  • Note de lecture : en semaine 14, un quart des salariés sont en activité partielle en Guyane. Parmi eux, les deux tiers travaillent dans le secteur des services marchands.
  • Source : Déclaration Sociale Nominative.

En Guadeloupe et en Martinique, hausse des effectifs salariés

En Guadeloupe, l’emploi salarié progresse de 2,2 % au troisième trimestre 2020 (figure 5). Le secteur tertiaire marchand (hors intérim) gagne 1 250 emplois (+ 2,7 %) et le secteur tertiaire non marchand en gagne 760 (+ 1,5 %). L’intérim, en hausse de 21,5 %, ne retrouve pas encore son niveau antérieur à la crise sanitaire. En hausse de 4,5 %, les effectifs salariés du secteur de la construction atteignent leur plus haut niveau depuis 2013.

En Martinique, l’emploi salarié progresse de 1,8 % au troisième trimestre 2020 (figure 5). Le secteur tertiaire non marchand gagne 880 emplois (+ 1,8 %) et le secteur tertiaire marchand (hors intérim) en gagne 800 (+ 1,6 %). L’intérim, en hausse de 19,5 %, retrouve son niveau antérieur à la crise sanitaire. En hausse de 1,8 %, les effectifs salariés du secteur de la construction atteignent leur plus haut niveau depuis 2013.

Figure 5Évolution de l'emploi salarié total par département

en % par rapport au trimestre précédent
Évolution de l'emploi salarié total par département (en % par rapport au trimestre précédent)
2020T2 2020T3
Guadeloupe -1,49 2,24
Martinique -1,85 1,82
Guyane -1,42 2,14
  • Notes : données CVS, en fin de trimestre. Les données du dernier trimestre affiché sont provisoires.
  • Champ : emploi salarié total.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Acoss-Urssaf, Dares, Insee.

Figure 5Évolution de l'emploi salarié total par département

  • Notes : données CVS, en fin de trimestre. Les données du dernier trimestre affiché sont provisoires.
  • Champ : emploi salarié total.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Acoss-Urssaf, Dares, Insee.

Stabilité du nombre de demandeurs d’emploi sur un an

En Guyane, le nombre de demandeurs d’emplois en fin de mois (DEFM) tenus de rechercher un travail s’établit à 24 820 au troisième trimestre 2020. Il augmente de 3,5 % par rapport au deuxième trimestre, suite à la prolongation exceptionnelle des droits à l’assurance-chômage durant la crise sanitaire. En effet, le nombre de demandeurs d’emplois en fin de droits est inférieur d’un tiers à son niveau du troisième trimestre 2019.

Le nombre de demandeurs d’emploi, toutes catégories confondues, reste stable par rapport au troisième trimestre 2019. Parmi ces demandeurs d’emploi, 21 880 n’exercent aucune activité (DEFM de catégorie A, + 1,5 %). Ce niveau est similaire à celui mesuré un an auparavant. Le nombre de demandeurs d’emploi exerçant une activité réduite (catégorie B ou C) augmente de 20 %. Il avait baissé de 14 % au deuxième trimestre en lien avec la baisse des offres de missions ponctuelles durant le confinement.

Figure 6Demandeurs d'emploi (A, B, C) inscrits à Pôle emploi

indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2010
Demandeurs d'emploi (A, B, C) inscrits à Pôle emploi (indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2010)
Guyane France entière
T4 2010 100 100
T1 2011 103,89 101,13
T2 2011 103,84 102,11
T3 2011 104,62 103,58
T4 2011 104,95 105,3
T1 2012 108,12 107,09
T2 2012 109,79 108,83
T3 2012 113,52 111,79
T4 2012 117,69 114,77
T1 2013 119,19 117,57
T2 2013 124,42 119,46
T3 2013 126,2 120,18
T4 2013 131,09 121,78
T1 2014 131,81 123,2
T2 2014 132,42 124,87
T3 2014 134,71 126,48
T4 2014 136,37 128,82
T1 2015 138,32 130,96
T2 2015 141,88 133,7
T3 2015 141,99 134,15
T4 2015 141,49 135,26
T1 2016 142,27 135,55
T2 2016 139,1 134,68
T3 2016 137,65 135,45
T4 2016 137,71 135,64
T1 2017 134,98 136,64
T2 2017 136,1 137,65
T3 2017 139,71 138,88
T4 2017 142,1 139,41
T1 2018 141,27 139,54
T2 2018 143,55 139,7
T3 2018 145,05 139,77
T4 2018 143,16 139,18
T1 2019 143,94 139,03
T2 2019 140,6 138,34
T3 2019 138,32 137
T4 2019 134,93 135,05
T1 2020 132,37 135
T2 2020 133,43 143,73
T3 2020 138,04 143,04
  • Notes : données CVS-CJO.
  • Avertissement : le nombre de demandeurs d'emploi du trimestre est une moyenne des données mensuelles afin de mieux dégager les évolutions tendancielles.
  • Source : Pôle emploi-Dares, STMT.

Figure 6Demandeurs d'emploi (A, B, C) inscrits à Pôle emploi

  • Notes : données CVS-CJO.
  • Avertissement : le nombre de demandeurs d'emploi du trimestre est une moyenne des données mensuelles afin de mieux dégager les évolutions tendancielles.
  • Source : Pôle emploi-Dares, STMT.

Le taux de chômage retrouve son niveau du premier trimestre

Au troisième trimestre 2020, le taux de chômage s’établit à 19,3 % en Guyane, contre 9 % en France entière. Il augmente de 10,3 points, après la baisse en trompe-l’œil lors des deux premiers trimestres. Cette forte hausse s’explique en grande partie par le retour dans la population active de personnes qui n’avaient pas pu rechercher activement un emploi durant le confinement. La disponibilité pour travailler dans les deux semaines à venir est le deuxième critère du BIT pour être considéré comme chômeur. L’impossibilité de chercher du travail pendant cette période avait fait artificiellement baisser le taux de chômage au premier semestre.

Figure 7Taux de chômage

en %
Taux de chômage (en %)
Guyane Taux de chômage « lissé » Guyane France hors Mayotte
2014T1 20,7 22,3 10,2
2014T2 22,1 22,2 10,2
2014T3 23,6 22,1 10,3
2014T4 22,2 22,0 10,4
2015T1 21,1 21,8 10,3
2015T2 19,4 21,7 10,5
2015T3 23,6 21,9 10,4
2015T4 23,7 22,2 10,2
2016T1 21,8 22,7 10,2
2016T2 22,5 23,0 10,0
2016T3 25,3 23,1 9,9
2016T4 22,0 23,1 10,0
2017T1 21,5 22,9 9,6
2017T2 23,1 22,4 9,5
2017T3 22,6 21,7 9,5
2017T4 20,6 20,7 9,0
2018T1 18,2 19,5 9,3
2018T2 19,4 18,9 9,1
2018T3 19,4 18,7 9,0
2018T4 19,1 18,9 8,7
2019T1 17,4 19,7 8,7
2019T2 20,2 19,9 8,4
2019T3 20,2 19,4 8,4
2019T4 19,3 18,3 8,1
2020T1 16,2 16,5 7,8
2020T2 9,0 15,1 7,2
2020T3 19,3 14,2 9,0
  • Notes : données CVS, en fin de trimestre. Les données du dernier trimestre affiché sont provisoires.
  • Sources : Insee, taux de chômage au sens du BIT et taux de chômage localisé.

Figure 7Taux de chômage

  • Notes : données CVS, en fin de trimestre. Les données du dernier trimestre affiché sont provisoires.
  • Sources : Insee, taux de chômage au sens du BIT et taux de chômage localisé.
Avertissement

Dans les DOM, contrairement aux départements de métropole, les séries de taux de chômage localisés sont directement issues d'une enquête par sondage. En conséquence, une part d'aléa est susceptible d'introduire du bruit à court terme dans les données.

Dans les notes de conjoncture régionales, les séries de taux de chômage localisés sont ainsi complétées par des séries lissées représentant la tendance annuelle sous-jacente. Pour étudier les effets structurels et de long terme, les séries de taux de chômage en moyenne annuelle sont à privilégier.

Hausse des paiements par carte bancaire

Durant l’été, le montant total des transactions bancaires des résidents français augmente de 3,3 % par rapport à 2019 en Guyane. Le relèvement du plafond de paiement sans contact et l’absence de manipulation d’espèces favorisent ce mode de paiement. Cependant, les dépenses touristiques en Guyane des résidents français par carte bancaire baissent de 47 % par rapport à l’été 2019.

La reprise du secteur du tourisme est plus timide qu’en France métropolitaine, où les dépenses par carte bancaire en activités touristiques dépassent leur niveau de 2019. Les résidents français étant incités à passer leurs vacances estivales en France, ils consomment davantage sur le territoire national. À l’inverse, les restrictions de déplacements aériens et le rebond de l’épidémie durant l’été expliquent en partie les difficultés du secteur en Guyane.

Reprise de la création d’entreprises malgré un couvre-feu prolongé

En Guyane, 514 entreprises sont créées au troisième trimestre 2020. Après un fort ralentissement depuis un an, les immatriculations connaissent un niveau inégalé depuis 2013, en hausse de 45 % par rapport au trimestre précédent. La fermeture des centres de formalités des entreprises durant le confinement avait limité la création d’entreprises entre mars et mai. Malgré un couvre-feu restrictif étendu en Guyane jusqu’au mois de septembre, la création repart à la hausse. Tous les secteurs d’activités bénéficient de cette reprise.

Le secteur des services rassemble la majorité (44 %) des immatriculations du troisième trimestre. Ses créations sont en augmentation d’un tiers. Le secteur du commerce, des transports, de l’hébergement et de la restauration représente 39 % des créations. Les immatriculations de ce secteur croissent de 67 %. Il était le seul à résister le trimestre précédent (+ 10 %), les immatriculations reculaient dans tous les autres. La création dans le secteur de la construction avait ralenti depuis le début d’année, elle repart à la hausse ce trimestre (+ 25 %). Les immatriculations dans le secteur de l’industrie croissent également (+ 50 %).

Sur un an, les créations augmentent de 13 %. Cette croissance est essentiellement due au secteur du commerce, des transports, de l’hébergement et de la restauration dont les immatriculations augmentent fortement (+ 66 %) alors que les autres secteurs ralentissent ou stagnent. Par rapport au troisième trimestre 2019, les créations dans le secteur de l’industrie diminuent de 31 %, celles de la construction baissent de 16 % alors que dans le secteur des services les immatriculations augmentent peu (1 %).

En Martinique et en Guadeloupe les créations repartent également à la hausse de façon plus prononcée : + 75 % de créations en Martinique par rapport au deuxième trimestre et + 89 % en Guadeloupe. En France entière, les immatriculations augmentent de 49 % sur un trimestre.

Figure 8Créations d'entreprises

indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2010
Créations d'entreprises (indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2010)
Guyane y compris micro-entrepreneurs France entière y compris micro-entrepreneurs
T4 2010 100 100
T1 2011 98,09 91,9
T2 2011 105,52 92,54
T3 2011 101,49 92,91
T4 2011 115,07 92,89
T1 2012 102,34 95,04
T2 2012 145,22 92,63
T3 2012 112,74 92,83
T4 2012 119,75 90,51
T1 2013 104,25 90,78
T2 2013 95,54 91,2
T3 2013 96,82 90,61
T4 2013 119,11 92,05
T1 2014 107,64 92,54
T2 2014 94,06 92,83
T3 2014 95,97 93,84
T4 2014 88,32 93,84
T1 2015 86,2 88,01
T2 2015 80,89 88,08
T3 2015 84,29 88,63
T4 2015 85,14 90
T1 2016 79,62 91,39
T2 2016 89,81 96,24
T3 2016 76,01 92,94
T4 2016 73,67 92,53
T1 2017 70,49 95,45
T2 2017 63,48 96,06
T3 2017 73,25 100,13
T4 2017 78,77 107,54
T1 2018 99,36 111,76
T2 2018 95,33 117,62
T3 2018 92,57 116,31
T4 2018 97,66 121,95
T1 2019 101,7 132,45
T2 2019 105,94 136,55
T3 2019 96,6 138,07
T4 2019 91,3 145,1
T1 2020 78,98 128,91
T2 2020 75,37 111,27
T3 2020 109,13 165,69
  • Note : données trimestrielles corrigées des variations saisonnières (CVS).
  • Champ : ensemble des activités marchandes hors agriculture.
  • Source : Insee, REE (Répertoire des Entreprises et des Établissements - Sirene).

Figure 8Créations d'entreprises

  • Note : données trimestrielles corrigées des variations saisonnières (CVS).
  • Champ : ensemble des activités marchandes hors agriculture.
  • Source : Insee, REE (Répertoire des Entreprises et des Établissements - Sirene).

Encadré 1 - Contexte international – La fin d’année 2020 reste sous le signe de la crise sanitaire

Après le rebond du troisième trimestre 2020, la résurgence de l’épidémie a conduit à durcir les mesures de restrictions, pesant sur l'activité économique du quatrième trimestre en Europe et notamment sur la consommation des ménages. Les services sont a priori davantage affectés par ces mesures que l’industrie. La situation diffère cependant selon les pays, dépendant en Europe de la mise en place de confinements d’intensité variable, tandis qu’aux États-Unis la consommation des ménages aurait été moins affectée. De son côté, la Chine, épargnée par cette deuxième vague épidémique, poursuit sa reprise entamée au printemps 2020.

Encadré 2 - Contexte national – Un deuxième confinement moins pesant que le premier sur l’activité

Après le point bas atteint au deuxième trimestre, l’activité a rebondi de manière très vive au troisième trimestre (+ 18,7 % par rapport au trimestre précédent) et la consommation a quasiment retrouvé son niveau d’avant-crise. Par la suite, le renforcement des mesures de restrictions en octobre puis le confinement instauré en novembre auraient entraîné un nouveau recul de l’activité, de l’ordre de 4 % au quatrième trimestre par rapport au troisième. L’impact aurait cependant été moins fort qu’au printemps. Les secteurs les plus pénalisés auraient été ceux directement soumis aux mesures de restriction (services de transport, hébergement et restauration, activités de loisirs…) tandis que les autres secteurs, tirant parti de l’expérience acquise lors du premier confinement, auraient davantage maintenu leur activité (industrie et construction notamment).

Après une contraction du PIB d’environ 9 % en 2020, le début de l’année 2021 reste marqué par de forts aléas, liés à l’évolution à court terme de la situation sanitaire.