Insee PremièreLe compte prévisionnel de l’agriculture pour 2020 Forte baisse de la production céréalière

Xavier Guillet, Philippe Lauraire (division Industrie et agriculture, Insee)

En 2020, la production agricole en valeur diminue de 2,1 %. La crise sanitaire a globalement moins touché l’agriculture que les autres activités économiques, même si l’impact sur les conditions de production des filières est bien réel. Ses effets sur la demande sont ambigus du fait du report de la consommation entraîné par le confinement et la fermeture des cafés et restaurants. La situation sanitaire en cette fin d’année pourrait accentuer cette baisse. Les conditions météorologiques sont néanmoins le facteur dominant du recul de la production végétale, en particulier de celle de céréales (– 12,1 %). La valeur de la production animale décroît également, à un rythme plus modéré : la hausse des volumes ne compense pas entièrement la baisse des prix.

Dans le même temps, les charges des agriculteurs évoluent peu (+ 0,3 %), les prix restant relativement stables. Dès lors, de même que la production, la valeur ajoutée de la branche agricole se replie. Au total, d’après les estimations du compte prévisionnel de l’agriculture, la valeur ajoutée brute au coût des facteurs par actif diminuerait de 6,5 % en 2020 en termes réels, après une baisse de 4,3 % en 2019.

Xavier Guillet, Philippe Lauraire (division Industrie et agriculture, Insee)
Insee Première No 1831- Décembre 2020

Avertissement
Le compte de l’agriculture présenté ici décrit les performances de l’agriculture en tant qu’activité économique. Est estimée notamment la valeur ajoutée, soit la richesse créée par cette activité. Augmenté des subventions et net des impôts au titre de son exercice, ce résultat est qualifié de valeur ajoutée brute au coût des facteurs.
Il ne constitue pas une mesure du revenu disponible des ménages dont la personne de référence est agriculteur.

La production céréalière chute, du fait de conditions climatiques défavorables

En 2020, la production de la hors baisserait en valeur (– 2,1 % ; figure 1, figure 2 et figure 3). Les productions végétale et animale se contractent. Le repli de la production végétale (– 3,1 %) est toutefois nettement plus marqué que celui de la production animale (– 1,0 %). La baisse de la récolte céréalière est l’effet dominant (figure 4). Sous l’effet de conditions climatiques défavorables, cette production recule fortement en volume (– 18,7 %), tandis que les prix augmentent (+ 8,1 %), soutenus par la demande adressée à la France et des tensions sur l’offre mondiale.

La production animale fléchit modérément en valeur. Les volumes augmentent légèrement, tirés par la production de lait et d’œufs. Mais les prix baissent, du fait notamment du lait et du bétail (figure 5).

Figure 1 - Évolution de la production agricole hors subventions en 2019 et 2020

en %
Figure 1 - Évolution de la production agricole hors subventions en 2019 et 2020 (en %) - Lecture : en 2020, la valeur de la production agricole hors subventions baisse de 2,1 % par rapport à 2019.
2020 2019
Valeur – 2,1 – 1,6
Volume – 2,6 – 1,2
Prix 0,5 – 0,5
  • Lecture : en 2020, la valeur de la production agricole hors subventions baisse de 2,1 % par rapport à 2019.
  • Source : Insee, compte prévisionnel de l’agriculture arrêté en novembre 2020.

Figure 1 - Évolution de la production agricole hors subventions en 2019 et 2020

  • Lecture : en 2020, la valeur de la production agricole hors subventions baisse de 2,1 % par rapport à 2019.
  • Source : Insee, compte prévisionnel de l’agriculture arrêté en novembre 2020.

Figure 2 - Contributions à la variation en valeur de la production hors subventions en 2019 et 2020

en points de %
Figure 2 - Contributions à la variation en valeur de la production hors subventions en 2019 et 2020 (en points de %) - Lecture : la valeur de la production agricole totale hors subventions diminue de 2,1 % en 2020. La production de céréales contribue négativement à cette variation à hauteur de - 1,7 point. Les oléagineux et protéagineux contribuent, quant à eux, positivement à hauteur de 0,3 point.
2020 2019
Ensemble – 2,1 – 1,6
Produits végétaux
Céréales – 1,7 0,0
Vin – 0,7 – 2,9
Autres plantes industrielles¹, y c. betteraves – 0,2 – 0,1
Fruits 0,1 0,0
Fourrages 0,1 0,3
Oléagineux et protéagineux 0,3 – 0,6
Légumes, pommes de terre, plantes et fleurs 0,3 0,6
Produits animaux
Bétail – 0,2 0,4
Lait et autres produits de l'élevage – 0,1 0,5
Volailles et œufs 0,0 – 0,1
Services 0,1 0,1
  • 1. Betteraves industrielles, tabac, lin textile, houblon, cannes à sucre, etc.
  • Note : les produits sont classés par ordre croissant de leur contribution à l’évolution 2020/2019.
  • Lecture : la valeur de la production agricole totale hors subventions diminue de 2,1 % en 2020. La production de céréales contribue négativement à cette variation à hauteur de - 1,7 point. Les oléagineux et protéagineux contribuent, quant à eux, positivement à hauteur de 0,3 point.
  • Source : Insee, compte prévisionnel de l’agriculture arrêté en novembre 2020.

Figure 2 - Contributions à la variation en valeur de la production hors subventions en 2019 et 2020

  • 1. Betteraves industrielles, tabac, lin textile, houblon, cannes à sucre, etc.
  • Note : les produits sont classés par ordre croissant de leur contribution à l’évolution 2020/2019.
  • Lecture : la valeur de la production agricole totale hors subventions diminue de 2,1 % en 2020. La production de céréales contribue négativement à cette variation à hauteur de - 1,7 point. Les oléagineux et protéagineux contribuent, quant à eux, positivement à hauteur de 0,3 point.
  • Source : Insee, compte prévisionnel de l’agriculture arrêté en novembre 2020.

Figure 3 - De la production à la valeur ajoutée

Figure 3 - De la production à la valeur ajoutée
Valeur 2020
(en milliards d'euros)
Évolution 2020/2019
(en %)
Volume Prix Valeur
Production hors subventions (a) 74,6 – 2,6 0,5 – 2,1
Produits végétaux 43,4 – 4,6 1,6 – 3,1
Céréales 9,5 – 18,7 8,1 – 12,1
Oléagineux, protéagineux 2,3 0,8 8,4 9,3
Autres plantes industrielles¹ 1,3 – 13,1 3,7 – 10,0
Fourrages 5,6 1,6 0,2 1,9
Légumes, pommes de terre, plantes et fleurs 10,1 3,0 – 0,9 2,0
Fruits 3,1 – 9,3 13,0 2,5
Vins 11,5 0,2 – 4,4 – 4,2
Produits animaux 26,2 0,4 – 1,3 – 1,0
Bétail (bovins, porcins, ovins, caprins, équidés) 11,0 – 0,2 – 1,4 – 1,6
Volailles, œufs 4,7 0,7 – 0,7 0,0
Lait et autres produits de l'élevage 10,5 0,8 – 1,5 – 0,7
Services² 5,0 0,0 1,2 1,2
Subventions sur les produits (b) 1,1 – 1,6 2,1 0,5
Production au prix de base (c) = (a) + (b) 75,7 – 2,6 0,6 – 2,0
Consommations intermédiaires, dont : (d) 45,6 – 0,1 0,4 0,3
achats 38,3 – 0,3 0,0 – 0,3
Valeur ajoutée brute (e) = (c) - (d) 30,2 – 6,2 0,8 – 5,4
Subventions d'exploitation 7,9 – 4,5
Autres impôts sur la production, dont : 1,6
impôts fonciers 1,0
Valeur ajoutée brute au coût des facteurs 36,4 – 5,4
Emploi agricole³ – 0,8
Valeur ajoutée brute au coût des facteurs par actif – 4,7
Prix du produit intérieur brut 2,0
Valeur ajoutée brute au coût des facteurs par actif en termes réels – 6,5
  • 1. Betteraves industrielles, tabac, lin textile, houblon, cannes à sucre, etc.
  • 2. Production des entreprises de travaux agricoles, des coopératives d’utilisation de matériel agricole, services entre agriculteurs, agritourisme, etc.
  • 3. Mesuré en unités de travail annuel (équivalents temps plein de l’agriculture).
  • Source : Insee, compte prévisionnel de l’agriculture arrêté en novembre 2020.

Figure 4 - Contributions à la variation en volume de la production hors subventions en 2019 et 2020

en points de %
Figure 4 - Contributions à la variation en volume de la production hors subventions en 2019 et 2020 (en points de %) - Lecture : le volume de la production agricole totale hors subventions diminue de 2,6 % en 2020. La production de céréales contribue négativement à cette variation à hauteur de - 2,7 points. Le lait et autres produits de l’élevage contribuent, quant à eux, positivement à hauteur de 0,1 point.
2020 2019
Ensemble – 2,6 – 1,2
Produits végétaux
Céréales – 2,7 2,0
Vin 0,0 – 2,6
Autres plantes industrielles¹, y c. betteraves – 0,3 0,0
Fruits – 0,4 0,2
Fourrages 0,1 – 0,2
Oléagineux et protéagineux 0,0 – 0,6
Légumes, pommes de terre, plantes et fleurs 0,4 0,4
Produits animaux
Bétail 0,0 – 0,3
Lait et autres produits de l'élevage 0,1 0,0
Volailles et œufs 0,0 – 0,1
Services 0,0 0,1
  • 1. Betteraves industrielles, tabac, lin textile, houblon, canne à sucre, etc.
  • Note : l’ordre des produits (classés par ordre croissant de leur contribution à l’évolution 2020/2019) est identique à celui de la figure 2.
  • Lecture : le volume de la production agricole totale hors subventions diminue de 2,6 % en 2020. La production de céréales contribue négativement à cette variation à hauteur de - 2,7 points. Le lait et autres produits de l’élevage contribuent, quant à eux, positivement à hauteur de 0,1 point.
  • Source : Insee, compte prévisionnel de l’agriculture arrêté en novembre 2020.

Figure 4 - Contributions à la variation en volume de la production hors subventions en 2019 et 2020

  • 1. Betteraves industrielles, tabac, lin textile, houblon, canne à sucre, etc.
  • Note : l’ordre des produits (classés par ordre croissant de leur contribution à l’évolution 2020/2019) est identique à celui de la figure 2.
  • Lecture : le volume de la production agricole totale hors subventions diminue de 2,6 % en 2020. La production de céréales contribue négativement à cette variation à hauteur de - 2,7 points. Le lait et autres produits de l’élevage contribuent, quant à eux, positivement à hauteur de 0,1 point.
  • Source : Insee, compte prévisionnel de l’agriculture arrêté en novembre 2020.

Figure 5 - Contributions à la variation du prix de la production hors subventions en 2019 et 2020

en points de %
Figure 5 - Contributions à la variation du prix de la production hors subventions en 2019 et 2020 (en points de %) - Lecture : le prix de la production agricole totale hors subventions augmente de 0,5 % en 2020. La production de lait et autres produits de l’élevage contribue négativement à cette variation à hauteur de - 0,2 point. Les céréales contribuent, quant à elles, positivement à hauteur de 1,0 point.
2020 2019
Ensemble 0,5 – 0,5
Produits végétaux :
Céréales 1,0 – 2,0
Vin – 0,7 – 0,3
Autres plantes industrielles¹, y c. betteraves 0,1 – 0,1
Fruits 0,5 – 0,1
Fourrages 0,0 0,5
Oléagineux et protéagineux 0,2 0,0
Légumes, pommes de terre, plantes et fleurs – 0,1 0,2
Produits animaux :
Bétail – 0,2 0,7
Lait et autres produits de l'élevage – 0,2 0,5
Volailles et œufs 0,0 0,1
Services 0,1 0,1
  • 1. Betteraves industrielles, tabac, lin textile, houblon, canne à sucre, etc.
  • Note : l’ordre des produits (classés par ordre croissant de leur contribution à l’évolution 2020/2019) est identique à celui de la figure 2.
  • Lecture : le prix de la production agricole totale hors subventions augmente de 0,5 % en 2020. La production de lait et autres produits de l’élevage contribue négativement à cette variation à hauteur de - 0,2 point. Les céréales contribuent, quant à elles, positivement à hauteur de 1,0 point.
  • Source : Insee, compte prévisionnel de l’agriculture arrêté en novembre 2020.

Figure 5 - Contributions à la variation du prix de la production hors subventions en 2019 et 2020

  • 1. Betteraves industrielles, tabac, lin textile, houblon, canne à sucre, etc.
  • Note : l’ordre des produits (classés par ordre croissant de leur contribution à l’évolution 2020/2019) est identique à celui de la figure 2.
  • Lecture : le prix de la production agricole totale hors subventions augmente de 0,5 % en 2020. La production de lait et autres produits de l’élevage contribue négativement à cette variation à hauteur de - 0,2 point. Les céréales contribuent, quant à elles, positivement à hauteur de 1,0 point.
  • Source : Insee, compte prévisionnel de l’agriculture arrêté en novembre 2020.

Production végétale : forte baisse du volume des céréales

La production végétale (hors subventions) diminue en volume (– 4,6 %), principalement du fait des céréales. La production céréalière baisse nettement en volume (– 18,7 %), en particulier pour le blé tendre (– 26,4 %), l’orge (– 23,5 %) et le blé dur (– 17,1 %). Les moissons ont été durement affectées par les conditions climatiques. Seule exception, la production de maïs croît en volume (+ 5,7 %), mais du fait seulement de l’augmentation des surfaces. La production de fruits se replie (– 9,3 %), pénalisée notamment par la trop grande douceur hivernale et le gel printanier. Le contexte épidémique et ses répercussions sur le manque de main-d’œuvre saisonnière et qualifiée ainsi que la perturbation du circuit d’approvisionnement de la distribution ont aussi pu affecter le potentiel de production. La production de betteraves industrielles chute (– 28,4 %) sous l’effet de conditions climatiques défavorables et du virus de la jaunisse ayant détruit les cultures. En revanche, la production en volume de pommes de terre croît de nouveau (+ 6,0 %), ainsi que celle de légumes (+ 2,2 %). Enfin, la récolte d’oléagineux augmente (+ 1,9 %), entraînée par le tournesol, tandis que celle des protéagineux se replie nettement (– 12,0 %).

Le prix de la production végétale (hors subventions) rebondit (+ 1,6 %). Les prix des céréales (+ 8,1 %) sont soutenus par le déficit d’offre dans l’hémisphère nord et par la demande mondiale adressée à la France. Le contexte de la crise sanitaire et du confinement a pu jouer à la hausse pour les prix des légumes (+ 13,4 %) et des fruits (+ 13,0 %), en raison de surcoûts liés aux difficultés rencontrées par les filières, de la promotion des produits nationaux et d’une consommation accrue. En revanche, le prix des pommes de terre se replie (– 14,0 %), la fermeture de la restauration hors foyer ayant diminué la demande. Le prix du vin fléchit aussi (– 4,4 %). En effet, l’offre bénéficie de la récolte favorable et de stocks de report en hausse. En outre, sur le vin, des incertitudes pèsent sur la demande intérieure (baisse de la consommation due à la fermeture des bars et restaurants et à de moindres occasions festives) et assombrissent les perspectives de débouchés au niveau international, comme les droits de douanes américains ou encore la demande chinoise.

Production animale : hausse modérée des volumes et repli des prix

La production animale (hors subventions) croît légèrement en volume (+ 0,4 %). Elle est stable pour les gros bovins et augmente légèrement pour les porcins (+ 0,8 %) et les ovins-caprins (+ 0,9 %). À l’inverse, elle baisse nettement pour les veaux (– 5 %). Elle fléchit aussi pour les volailles (– 1,7 %). En revanche, elle croît pour le lait (+ 1,0 %) et plus nettement pour les œufs (+ 6,4 %).

Le prix de la production animale (hors subventions) baisse (– 1,3 %), du fait essentiellement du porc (– 4,0 % après + 21,5 %) et du lait (– 1,6 % après + 3,6 %). Élevé en début d’année, le prix des porcins diminue fortement pendant le premier confinement. Au niveau international, les échanges avec l’Union européenne sont moroses alors que les exportations vers la Chine demeurent solides. La demande nationale pâtit de la fermeture de la restauration hors foyer. Le prix du lait souffre de l’incertitude économique malgré l’augmentation de la consommation à domicile, du fait du télétravail, et le redémarrage de la demande chinoise au second semestre. Le prix de production des gros bovins diminue (– 1,3 %) tandis que celui des ovins-caprins bondit (+ 9,2 %).

La production agricole augmente sur trois ans malgré le recul des deux dernières années

L’ensemble de la production (hors subventions) en valeur diminue en 2020 pour la deuxième année consécutive (– 2,1 % après – 1,6 %), après une forte croissance en 2018 (+ 7,1 %). Au total, entre 2017 et 2020, l’ensemble de la production (hors subventions) croît en valeur de 3,2 % (figure 6), alors que la baisse cumulée des deux dernières années est de 3,7 %. Cette hausse est liée à celle des prix (+ 5,4 %) alors que la production se contracte en volume (– 2,1 %). La production végétale augmente (+ 4,0 %), mais baisse sur les deux dernières années (– 7,3 %). La hausse de la production animale est plus modérée (+ 1,2 %, + 1,5 % sur les deux dernières années). Le volume de la production végétale se replie de 3,9 % (– 5,9 % sur les deux dernières années) et les prix croissent de 8,2 % (– 1,5 % sur les deux dernières années). La production animale est stable en volume (– 0,9 % sur les deux dernières années), les prix augmentent de 1,2 % (+ 2,4 % sur les deux dernières années).

Figure 6 - Évolution de la production hors subvention, en volume, en prix et en valeur entre 2017 et 2020

en %
Figure 6 - Évolution de la production hors subvention, en volume, en prix et en valeur entre 2017 et 2020 (en %) - Lecture : entre 2017 et 2020, l’ensemble de la production agricole (hors subventions) croît en valeur de 3,2 %.
Valeur Volume Prix
Production végétale 4,0 – 3,9 8,2
Production animale 1,2 0,0 1,2
Production agricole* 3,2 – 2,1 5,4
  • * Y compris production de services.
  • Lecture : entre 2017 et 2020, l’ensemble de la production agricole (hors subventions) croît en valeur de 3,2 %.
  • Source : Insee, compte prévisionnel de l’agriculture arrêté en novembre 2020.

Figure 6 - Évolution de la production hors subvention, en volume, en prix et en valeur entre 2017 et 2020

  • * Y compris production de services.
  • Lecture : entre 2017 et 2020, l’ensemble de la production agricole (hors subventions) croît en valeur de 3,2 %.
  • Source : Insee, compte prévisionnel de l’agriculture arrêté en novembre 2020.

Quasi-stabilité de la valeur des intrants

En 2020, les de la branche agricole seraient quasi stables en valeur (+ 0,3 % après + 1,2 % en 2019), les prix (+ 0,4 %) et les volumes variant peu (– 0,1 %).

La consommation en énergies et lubrifiants poursuit sa baisse en valeur (– 1,5 % après – 0,9 %).

Les dépenses en engrais et amendements augmentent un peu (+ 0,5 % après – 8,4 %), du fait du rebond des volumes (+ 3,7 % après – 16,3 %) alors que les prix fléchissent (– 3,1 % après + 9,4 %).

La valeur des pesticides et produits phytosanitaires décroît sous l’effet des prix (– 2,5 %).

En 2020, les achats d’aliments pour animaux auprès des industries agroalimentaires diminuent en volume (– 1,8 %). Cette baisse peut s’expliquer en partie par le recours accru aux aliments intraconsommés, produits directement dans les exploitations agricoles (+ 1,2 % en volume). Les aliments pour animaux s’achètent dans l’ensemble un peu plus cher qu’en 2019 (+ 0,5 %).

Enfin, le prix des dépenses vétérinaires augmente de 2,4 %.

La valeur ajoutée au coût des facteurs se replie pour la deuxième année

En 2020, la de la branche agricole diminuerait comme en 2019 (– 5,4 %), du fait de la baisse de la (– 2,0 %), c’est-à-dire y compris les subventions sur les produits, et de la quasi stabilité des consommations intermédiaires.

En 2020, les (encadré 1) s’élèveraient à 7,9 milliards d’euros, en repli de 375 millions par rapport à 2019 en raison de la disparition du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), transformé en allègement de cotisations patronales au 1er janvier 2019.

Après prise en compte des subventions d’exploitation et des impôts, la diminuerait de 5,4 % en 2020. L’emploi agricole décroît tendanciellement, sous l’effet de la baisse de l’emploi non salarié. Ainsi, la baisserait de 4,7 %. En , elle se réduirait de 6,5 %, après une baisse de 4,3 % en 2019 (figure 3 et figure 7).

Encadré 1 – Depuis 2006, une forte modification des subventions

En 2020, le total des subventions diminuerait de 3,9 %. Les subventions sur les produits seraient presque au même niveau qu’en 2019 (+ 0,5 %). Les subventions d’exploitation baisseraient de 4,5 %. Ce recul aurait pour origine principale la disparition du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) transformé depuis le 1er janvier 2019 en allègement de cotisations patronales.

En 2020, le paiement de base (2,9 milliards) ne représente plus que 32 % des subventions. En effet, depuis la réforme de la Politique agricole commune (PAC) de 2015, le paiement unique a été remplacé par une aide en trois parties, dont le paiement de base, qui dépend des surfaces détenues par les agriculteurs, et le paiement vert, conditionné au respect de pratiques favorables à l’environnement (2,0 milliards d’euros en 2020). La mise en place en 2006 du paiement unique avait entraîné une baisse des subventions sur les produits au profit des subventions d’exploitation (figure). Jusqu’en 2014, ce paiement a représenté environ 80 % des subventions d’exploitation. Entre 2006 et 2014, le niveau global des subventions était relativement stable, les variations annuelles s’expliquant par des mesures conjoncturelles spécifiques. Cette stabilité faisait suite à une hausse marquée : plus de 20 % entre 2000 et 2003.

Subventions à l’agriculture de 2000 à 2020

en milliards d’euros
Subventions à l’agriculture de 2000 à 2020 (en milliards d’euros) - Lecture : en 2020, le total des subventions à l’agriculture s’élèvent à 9 milliards d’euros.
Subventions sur les produits Subventions d'exploitation Total
2000 6,6 1,6 8,2
2001 6,9 1,9 8,8
2002 7,2 2 9,2
2003 7,2 2,8 10,1
2004 7,6 1,8 9,4
2005 7,5 2,2 9,7
2006 2,5 7,4 9,9
2007 2,5 7,2 9,8
2008 2,6 7,3 9,8
2009 2,5 7,2 9,7
2010 1,2 8,5 9,8
2011 1,1 8,7 9,8
2012 1,1 8,4 9,4
2013 1,1 8,3 9,3
2014 1,1 8 9,1
2015 1,2 8,5 9,7
2016 1,2 8,1 9,3
2017 1,2 8,4 9,5
2018 1,1 8,3 9,4
2019 1,1 8,3 9,4
2020 1,1 7,9 9
  • Lecture : en 2020, le total des subventions à l’agriculture s’élèvent à 9 milliards d’euros.
  • Source : Service de la statistique et de la prospective (SSP) du ministère de l’Agriculture et de l'alimentation.

Subventions à l’agriculture de 2000 à 2020

  • Lecture : en 2020, le total des subventions à l’agriculture s’élèvent à 9 milliards d’euros.
  • Source : Service de la statistique et de la prospective (SSP) du ministère de l’Agriculture et de l'alimentation.

Encadré 2 – Rappel sur le compte 2019

Les données présentées ici concernent le compte 2020 prévisionnel de l’agriculture.

En juillet 2020, à l’occasion de la publication du compte 2019 provisoire, l’évolution de la valeur ajoutée brute au coût des facteurs par actif en termes réels a été révisée de + 1,6 point par rapport au compte prévisionnel de décembre 2019 (baisse de 4,3 % au lieu de 5,9 %). Les données 2019 seront mises à jour en juillet 2021 (version semi-définitive). Elles seront publiées simultanément avec les comptes 2018 définitif et 2020 provisoire.

Figure 7 - Valeur ajoutée brute au coût des facteurs par actif de la branche agricole en termes réels*

indice 100 en 2010
Figure 7 - Valeur ajoutée brute au coût des facteurs par actif de la branche agricole en termes réels* (indice 100 en 2010) - Lecture : en 2020, l’indice de la valeur ajoutée brute au coût des facteurs se situe à 106,3.
Valeur ajoutée brute au coût des facteurs
par actif en termes réels
Moyenne mobile sur 3 ans
2000 82,5 82,8
2001 83,1 83,0
2002 83,4 83,2
2003 83,1 83,8
2004 84,8 83,3
2005 82 85,2
2006 88,8 89,3
2007 97,1 91,9
2008 89,7 88,6
2009 79,1 89,6
2010 100 94,5
2011 104,3 103,4
2012 105,8 101,8
2013 95,3 101,2
2014 102,4 101,2
2015 105,8 101,5
2016 96,2 103,1
2017 107,4 107,5
2018 118,8 113,3
2019 113,7 112,9
2020 106,3
  • * Déflatée par l’indice de prix du produit intérieur brut.
  • Lecture : en 2020, l’indice de la valeur ajoutée brute au coût des facteurs se situe à 106,3.
  • Source : Insee, compte prévisionnel de l’agriculture arrêté en novembre 2020.

Figure 7 - Valeur ajoutée brute au coût des facteurs par actif de la branche agricole en termes réels*

  • * Déflatée par l’indice de prix du produit intérieur brut.
  • Lecture : en 2020, l’indice de la valeur ajoutée brute au coût des facteurs se situe à 106,3.
  • Source : Insee, compte prévisionnel de l’agriculture arrêté en novembre 2020.

Sources

Le compte français de l’agriculture est établi selon la méthode et les concepts du Système européen des comptes (SEC). Le compte prévisionnel 2020 repose sur des informations disponibles en novembre 2020.

Définitions

La branche agricole est le regroupement de toutes les unités d’activité économique qui exercent les activités suivantes : culture de végétaux (y compris maraîchage et horticulture), élevage d’animaux, activités de travaux agricoles à façon, chasse et activités annexes. Outre les exploitations agricoles, les unités caractéristiques de la branche comprennent les groupements de producteurs (coopératives) produisant du vin et de l’huile d’olive et les unités spécialisées qui fournissent des machines, du matériel et du personnel pour l’exécution de travaux agricoles à façon.

Les subventions à l’agriculture comprennent les subventions sur les produits (aides associées à certains types de production), qui ont pour la plupart disparu en 2010, et les subventions d’exploitation, entièrement restructurées dans le cadre de la PAC 2015, telles que le paiement de base (DPB), le paiement vert (aide agro-environnementale), les aides pour calamités agricoles.

Les consommations intermédiaires correspondent aux biens et services qui entrent dans le processus de production.

La valeur ajoutée brute est égale à la production valorisée au prix de base diminuée des consommations intermédiaires.

La production au prix de base est égale à la production valorisée au prix auquel vend le producteur, augmentée des subventions sur les produits qu’il perçoit et diminuée des impôts spécifiques sur les produits qu’il reverse.

La valeur ajoutée brute au coût des facteurs est obtenue par ajout des subventions d’exploitation et déduction des impôts sur la production. Son évolution peut être rapportée à celle du nombre d’unités de travail annuel total (ou équivalents temps plein) : on obtient ainsi l’évolution de la valeur ajoutée brute au coût des facteurs de la branche agricole par actif.

Les indicateurs de résultats sont présentés en termes réels : les évolutions à prix courants sont déflatées par l’indice de prix du produit intérieur brut (PIB), qui couvre l’ensemble du champ de l’économie. Ainsi, l’évolution d’un prix ou d’un résultat calculée en termes réels est positive si elle est supérieure à l’évolution générale des prix. Il s’agit d’une moyenne qui résulte d’une grande diversité de situations individuelles.

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