L'amélioration de la précision des enquêtes annuelles de recensement par la mobilisation de sources fiscales

Sébastien Hallépée, Pierre-Arnaud Pendoli et Olivia Sautory (Insee-DSDS - Département de la Démographie - Division Méthodes et traitements des recensements)

Documents de travail
No F2020-03
Paru le : Paru le 16/11/2020
Sébastien Hallépée, Pierre-Arnaud Pendoli et Olivia Sautory (Insee-DSDS - Département de la Démographie - Division Méthodes et traitements des recensements)
Documents de travail  No F2020-03 - novembre 2020
Consulter

Le dernier recensement de la population (RP) date de 1999. Depuis 2004, la France a rénové son opération de recensement qui repose désormais sur un cycle de cinq ans : chaque année, seule une partie de la population est recensée au cours d’une enquête annuelle de recensement (EAR). Un RP repose ainsi sur l’agrégation des données de cinq EAR.

Les groupes de rotation, sur lesquels sont construites les EAR, sont parfois déséquilibrés en termes de nombre de logements et de population. Si ce phénomène n’est pas de nature à affecter la qualité des estimations issues du recensement de la population (dans la mesure où celui-ci mobilise conjointement les cinq groupes de rotation), on observe dans certaines régions d’importantes fluctuations dans les séries de populations calculées à partir d’une seule EAR, freinant jusqu’à présent une utilisation plus poussée de cette source.

L’exploitation des données d’une seule EAR offre pourtant plusieurs avantages, notamment l’unicité de la période d’observation et une disponibilité plus rapide des résultats en cas de modifications du questionnaire. Par exemple, une modification du questionnaire de la feuille de logement permettant une meilleure identification des liens entre les personnes résidant dans le logement a eu lieu en 2018. Les résultats de cette nouvelle analyse ménage-famille ont conduit à la publication d’une première étude dès le début de l’année 2020 à partir de l’EAR, contre 2023 s’il avait fallu attendre les résultats du RP.

Jusqu’à l’EAR 2018, les pondérations de ces enquêtes étaient obtenues à partir du poids de sondage et d’un calage sur un nombre limité de variables. Depuis l’EAR 2019, une nouvelle méthodologie de calage des EAR est mise en oeuvre. Celle-ci vise à améliorer la précision des données estimées à partir d’une seule EAR. Elle repose notamment sur l’utilisation de variables auxiliaires issues du Fichier démographique des logements et des individus (Fidéli) constitué à partir de sources fiscales.

La nouvelle pondération permet de lisser les fluctuations des séries de population et de nombre de logements dues aux déséquilibres des groupes de rotation. Ce phénomène reflète notamment les gains de précision1 permis par l’enrichissement des variables auxiliaires utilisées dans le redressement. Comme la pondération utilisée jusqu’à l’EAR 2018, cette nouvelle pondération ne vise pas à corriger la date de validité des estimations dans les communes de 10 000 habitants ou plus, qui reste liée à la date de référence de la base de sondage utilisée pour le tirage de l’échantillon d’adresses à enquêter (juillet de l’année précédant l’EAR).