70 % des personnes pauvres en 2016 le restent l’année suivante, une persistance en hausse depuis 2008

Valérie Albouy, Fabien Delmas (département des Ressources et conditions de vie des ménages, Insee)

En France métropolitaine, une personne sur sept vit sous le seuil de pauvreté monétaire. Ces situations sont souvent durables et la persistance d’une année sur l’autre a tendance à augmenter entre 2008 et 2017. 70 % des personnes pauvres en 2016 sont toujours dans cette situation l’année suivante, alors que 63 % des personnes pauvres en 2008 l’étaient toujours en 2009. Cette persistance de la pauvreté est particulièrement élevée pour les personnes peu ou pas diplômées, les enfants et les personnes âgées de plus de 65 ans.

Si un tiers des individus pauvres une année ne le sont plus l’année d’après, leur sortie de la pauvreté n’est pas toujours durable. Sur quatre ans, seules 20 % des personnes pauvres la première année ne le sont plus au cours des trois années suivantes, 40 % restent, à l’inverse, durablement pauvres et 40 % alternent pauvreté et non-pauvreté. Cette répartition est stable entre 2008 et 2017.

Le risque de basculer dans la pauvreté une année donnée pour les personnes vivant au-dessus du seuil de pauvreté monétaire les trois années précédentes est faible, 3 % en 2017. Ce risque s’accroît très sensiblement pour les personnes ayant déjà connu un épisode de pauvreté dans les trois années précédentes et avec le nombre d’années déjà passées dans la pauvreté.

Insee Focus
No 208
Paru le : Paru le 15/10/2020
Valérie Albouy, Fabien Delmas (département des Ressources et conditions de vie des ménages, Insee)
Insee Focus  No 208 - octobre 2020

70 % des personnes pauvres en 2016 le sont restées en 2017

En 2017, en France métropolitaine, une personne sur sept est pauvre au sens monétaire, c’est-à-dire qu’elle vit dans un ménage dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté.

70 % des personnes qui étaient en 2016 en situation de pauvreté monétaire, au seuil de 60 % du niveau de vie médian, le sont toujours l’année suivante (figure 1). Au seuil, plus bas, de 50 % du niveau de vie médian, la pauvreté persiste un peu moins : 57 % des personnes pauvres en 2016 le restent en 2017.

La persistance de la pauvreté monétaire sur deux années consécutives a augmenté entre 2008 et 2017. La probabilité de rester pauvre pour les personnes déjà pauvres l’année précédente atteint 70 % en 2017, alors qu’elle était de 63 % en 2009 (figure 2). La part des personnes pauvres de manière très transitoire (une seule année) a en effet tendance à diminuer depuis 2008. Ainsi, 34 % des personnes pauvres au moins une année entre 2014 et 2017 le sont restées une année seulement, contre 40 % entre 2008 et 2011.

Figure 1 – Répartition des personnes pauvres en 2016 selon leur niveau de vie en 2017

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Figure 1 – Répartition des personnes pauvres en 2016 selon leur niveau de vie en 2017 (en %) - Lecture : parmi les personnes pauvres au seuil de 60 % du niveau de vie médian en 2016, 70 % sont restées en dessous du seuil de pauvreté en 2017, 9 % ont un niveau de vie compris entre le seuil de pauvreté et 1,1 fois le seuil de pauvreté, et 21 % dépassent 1,1 fois le seuil de pauvreté.
Inférieur
au seuil de pauvreté
Entre 1 et 1,1 fois
le seuil de pauvreté
Supérieur à 1,1 fois
le seuil de pauvreté
Seuil à 60 % 70 9 21
Seuil à 50 % 57 11 32
  • Note : les années correspondent aux années de revenus et non à celles de collecte de l‘enquête retenues dans les publications d’Eurostat.
  • Lecture : parmi les personnes pauvres au seuil de 60 % du niveau de vie médian en 2016, 70 % sont restées en dessous du seuil de pauvreté en 2017, 9 % ont un niveau de vie compris entre le seuil de pauvreté et 1,1 fois le seuil de pauvreté, et 21 % dépassent 1,1 fois le seuil de pauvreté.
  • Champ : France métropolitaine, personnes pauvres en 2016 présentes dans le panel en 2017 et en 2018 dans un ménage dont le niveau de vie est positif ou nul.
  • Source : Insee, panel Statistiques sur les ressources et conditions de vie (SRCV) 2017-2018.

Figure 1 – Répartition des personnes pauvres en 2016 selon leur niveau de vie en 2017

  • Note : les années correspondent aux années de revenus et non à celles de collecte de l‘enquête retenues dans les publications d’Eurostat.
  • Lecture : parmi les personnes pauvres au seuil de 60 % du niveau de vie médian en 2016, 70 % sont restées en dessous du seuil de pauvreté en 2017, 9 % ont un niveau de vie compris entre le seuil de pauvreté et 1,1 fois le seuil de pauvreté, et 21 % dépassent 1,1 fois le seuil de pauvreté.
  • Champ : France métropolitaine, personnes pauvres en 2016 présentes dans le panel en 2017 et en 2018 dans un ménage dont le niveau de vie est positif ou nul.
  • Source : Insee, panel Statistiques sur les ressources et conditions de vie (SRCV) 2017-2018.

Figure 2 – Persistance de la pauvreté monétaire deux années consécutives depuis 2008

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Figure 2 – Persistance de la pauvreté monétaire deux années consécutives depuis 2008 (en %) - Lecture : 70 % des personnes pauvres en 2016 (au seuil de 60 % du niveau de vie médian) le sont restées en 2017.
Persistance deux années consécutives
2008-2009 63
2009-2010 65
2010-2011 63
2011-2012 66
2012-2013 65
2013-2014 68
2014-2015 68
2015-2016 68
2016-2017 70
  • Lecture : 70 % des personnes pauvres en 2016 (au seuil de 60 % du niveau de vie médian) le sont restées en 2017.
  • Champ : France métropolitaine, personnes pauvres présentes dans le panel l’année d’intérêt ainsi que l’année qui la précède et vivant dans un ménage dont le niveau de vie est positif ou nul.
  • Source : Insee, panel Statistiques sur les ressources et conditions de vie (SRCV) 2008-2018.

Figure 2 – Persistance de la pauvreté monétaire deux années consécutives depuis 2008

  • Lecture : 70 % des personnes pauvres en 2016 (au seuil de 60 % du niveau de vie médian) le sont restées en 2017.
  • Champ : France métropolitaine, personnes pauvres présentes dans le panel l’année d’intérêt ainsi que l’année qui la précède et vivant dans un ménage dont le niveau de vie est positif ou nul.
  • Source : Insee, panel Statistiques sur les ressources et conditions de vie (SRCV) 2008-2018.

Certaines personnes ont plus de risque d’être pauvres de manière persistante (figure 3). Ainsi, 81 % des personnes pauvres de plus de 65 ans en 2016 le restent l’année suivante. La pauvreté des retraités est en effet plus durable, du fait de la stabilité de leurs revenus dans le temps, principalement constitués de pensions de retraite et/ou du minimum vieillesse. À l’autre extrémité de la pyramide des âges, la pauvreté des enfants de moins de 16 ans est aussi relativement persistante : 75 % des enfants pauvres en 2016 continuent à vivre dans un ménage pauvre en 2017. Une forte proportion des enfants en situation de pauvreté vivent en effet avec un parent au chômage ou inactif (près de 30 % contre moins de 9 % pour l’ensemble des enfants de moins de 16 ans), bien souvent dans une famille monoparentale (27 % d’entre eux). Ils cumulent un fort taux de pauvreté et une forte persistance, contrairement aux plus de 65 ans pour lesquels le taux de pauvreté reste modéré (8 % en 2017).

Entre les deux extrémités de la pyramide des âges, le taux de persistance dans la pauvreté augmente avec l’âge, alors que le taux de pauvreté décroît. Par exemple, 59 % des jeunes de 16 à 25 ans restent pauvres d’une année sur l’autre, alors que leur taux de pauvreté est fort (19 %).

Enfin, l’absence de diplôme supérieur au brevet des collèges augmente le risque à la fois de devenir pauvre mais également de le rester, notamment du fait d’une insertion moins favorable et moins durable sur le marché du travail. Ainsi, 75 % des peu ou pas diplômés pauvres en 2016 le sont encore en 2017 : hors retraités, la moitié d’entre eux est sans emploi sur la majorité de l’année. Ils sont également particulièrement touchés par la pauvreté (18 %).

Figure 3 – Entrée et persistance dans la pauvreté selon le profil sociodémographique en 2017

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Figure 3 – Entrée et persistance dans la pauvreté selon le profil sociodémographique en 2017 (en %) - Lecture : en 2017, le taux de pauvreté des enfants de moins de 16 ans est de 19 %. 6 % des enfants de moins de 16 ans vivant au dessus du seuil de pauvreté en 2016 deviennent pauvres en 2017 et 75 % des enfants pauvres en 2016 le restent en 2017.
Taux d’entrée dans la pauvreté en 2017 Taux de persistance dans la pauvreté 2016-2017 Taux de pauvreté en 2017*
Sexe
Femme 3 70 13
Homme 4 70 13
Âge
Moins de 16 ans 6 75 19
De 16 ans à 25 ans 4 59 19
De 26 ans à 35 ans 4 63 11
De 36 ans à 55 ans 4 67 13
De 56 ans à 65 ans 3 72 10
Plus de 65 ans 2 81 8
Type de ménage
Personne seule 5 75 16
Famille monoparentale 9 68 27
Couple sans enfant 1 62 5
Couple avec enfant 3 70 12
Autre type de ménage 15 71 32
Diplôme
Aucun diplôme, certificat d'études primaires ou brevet des collèges 5 75 18
CAP, BEP 4 64 11
Bac 2 61 11
Bac+2 3 52 6
Supérieur à Bac+2 2 56 5
Catégorie socioprofessionnelle
Agriculteur 9 48 17
Artisan, commerçant et chef d’entreprise 7 63 21
Cadre et profession libérale 1 38 2
Profession intermédiaire 3 43 6
Ouvrier et employé 4 63 14
Inactif (hors retraité) 6 76 24
Retraité 2 77 8
  • * Les taux de pauvreté présentés ici diffèrent de ceux de référence publiés pour l’année 2017 à partir de l’enquête sur les Revenus fiscaux et sociaux (ERFS).
  • Lecture : en 2017, le taux de pauvreté des enfants de moins de 16 ans est de 19 %. 6 % des enfants de moins de 16 ans vivant au dessus du seuil de pauvreté en 2016 deviennent pauvres en 2017 et 75 % des enfants pauvres en 2016 le restent en 2017.
  • Champ : France métropolitaine, personnes vivant dans un ménage dont le niveau de vie est positif ou nul, personnes de plus de 16 ans uniquement pour le diplôme et la catégorie socioprofessionnelle.
  • Source : Insee, panel Statistiques sur les ressources et conditions de vie (SRCV) 2017-2018.

Seules deux personnes pauvres en 2014 sur dix sortent durablement de la pauvreté les trois années suivantes

3 personnes pauvres sur 10 en 2014 ne le sont plus en 2015 (figure 4). Toutefois, certaines sorties de la pauvreté ne sont pas durables, notamment si les revenus n’augmentent que faiblement. De fait, 1 personne pauvre sur 10 une année dispose d’un niveau de vie compris entre le seuil de pauvreté et 1,1 fois ce seuil l’année suivante, et reste donc très exposée au risque de pauvreté (figure 1). Ainsi, en moyenne entre 2008 et 2017, près d’un tiers des sorties de la pauvreté aboutissent à un retour dans la pauvreté l’année suivante.

Parmi les personnes pauvres en 2014, seules 2 sur 10 sortent de la pauvreté durablement au sens où elles ne connaissent plus de situation de pauvreté les trois années suivantes (sorties durables ; figure 4). À l’inverse, 4 sur 10 restent pauvres continûment les trois années suivantes (pauvreté durable). Enfin, 4 sur 10 connaissent des allers-retours en situation de pauvreté selon les années (pauvreté récurrente).

La répartition des individus dans ces trois trajectoires de pauvreté sur quatre années est quasiment identique entre 2008 et 2017.

Figure 4 – Trajectoires de pauvreté sur quatre ans des individus pauvres en 2014

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Figure 4 – Trajectoires de pauvreté sur quatre ans des individus pauvres en 2014 (en %) - Lecture : parmi les personnes pauvres en 2014, 2 sur 10 n’ont plus connu de situation de pauvreté entre 2015 et 2017, 4 sur 10 ont été pauvres à nouveau une ou deux années entre 2015 et 2017 et 4 sur 10 sont restées pauvres les trois années suivantes.
Pauvreté durable Pauvreté récurrente Sorties durables
2014 100 0 0
2015 70 0 30
2016 50 30 20
2017 40 40 20
  • Lecture : parmi les personnes pauvres en 2014, 2 sur 10 n’ont plus connu de situation de pauvreté entre 2015 et 2017, 4 sur 10 ont été pauvres à nouveau une ou deux années entre 2015 et 2017 et 4 sur 10 sont restées pauvres les trois années suivantes.
  • Champ : France métropolitaine, personnes pauvres en 2014 présentes dans le panel toutes les années entre 2015 et 2018 et vivant dans un ménage dont le niveau de vie est positif ou nul.
  • Source : Insee, panel Statistiques sur les ressources et conditions de vie (SRCV) 2015-2018.

Figure 4 – Trajectoires de pauvreté sur quatre ans des individus pauvres en 2014

  • Lecture : parmi les personnes pauvres en 2014, 2 sur 10 n’ont plus connu de situation de pauvreté entre 2015 et 2017, 4 sur 10 ont été pauvres à nouveau une ou deux années entre 2015 et 2017 et 4 sur 10 sont restées pauvres les trois années suivantes.
  • Champ : France métropolitaine, personnes pauvres en 2014 présentes dans le panel toutes les années entre 2015 et 2018 et vivant dans un ménage dont le niveau de vie est positif ou nul.
  • Source : Insee, panel Statistiques sur les ressources et conditions de vie (SRCV) 2015-2018.

Certains facteurs exposent plus particulièrement à une pauvreté durable

En 2017, les femmes sont un peu plus fréquemment dans une situation de pauvreté durable que les hommes (53 % de femmes dans ce groupe ; figure 5). Les personnes peu ou pas diplômées représentent également plus de la moitié des personnes pauvres durablement entre 2014 et 2017 (52 % contre 41 % dans le groupe de pauvreté récurrente et 31 % des sorties durables). Les enfants de moins de 16 ans de même que les retraités se trouvent aussi surreprésentés parmi les personnes durablement pauvres : ils composent ce groupe à, respectivement, 36 % et 34 % contre 27 % et 24 % parmi l’ensemble des personnes pauvres entre 2014 et 2017. Enfin, les inactifs (hors retraités) sont un peu plus présents dans la pauvreté durable que parmi l’ensemble des personnes pauvres (23 % contre 17 %).

Figure 5 - Profil des personnes pauvres en 2014, selon leur trajectoire de pauvreté entre 2014 et 2017

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Figure 5 - Profil des personnes pauvres en 2014, selon leur trajectoire de pauvreté entre 2014 et 2017 (en %) - Lecture : 51 % des personnes pauvres au moins 1 année entre 2014 et 2017 sont des femmes. Sur cette même période, les femmes représentent 53 % des personnes qui sont pauvres durablement (c’est-à-dire durant les quatre années), 51 % des personnes dont la pauvreté est récurrente et 49 % des personnes sorties durablement de la pauvreté (pas de situation de pauvreté dans les trois ans qui suivent 2014).
Pauvreté durable Pauvreté récurrente Sorties durables Ensemble des personnes pauvres au moins une année entre 2014 et 2017
Sexe
Femme 53 51 49 51
Homme 47 49 51 49
Âge
Moins de 16 ans 36 31 13 27
De 16 ans à 25 ans 8 15 21 15
De 26 ans à 35 ans 8 13 12 12
De 36 ans à 55 ans 23 25 22 24
De 56 ans à 65 ans 10 8 24 12
Plus de 65 ans 15 8 7 11
Type de ménage
Personne seule 19 16 25 19
Famille monoparentale 26 29 12 21
Couple sans enfant 10 6 18 11
Couple avec enfant 37 45 44 44
Autre type de ménage 8 4 2 4
Diplôme
Aucun diplôme, certificat d'études primaires ou brevet des collèges 52 41 31 38
CAP, BEP 26 28 30 28
Bac 13 21 20 19
Bac+2 3 5 11 8
Supérieur à Bac+2 6 5 9 6
Catégorie socioprofessionnelle
Agriculteur 1 2 2 2
Artisan, commerçant et chef d’entreprise 7 8 3 7
Cadre et profession libérale 1 2 3 2
Profession intermédiaire 3 8 11 7
Ouvrier et employé 32 40 41 40
Inactif (hors retraité) 23 20 11 17
Retraité 34 19 29 24
  • Lecture : 51 % des personnes pauvres au moins 1 année entre 2014 et 2017 sont des femmes. Sur cette même période, les femmes représentent 53 % des personnes qui sont pauvres durablement (c’est-à-dire durant les quatre années), 51 % des personnes dont la pauvreté est récurrente et 49 % des personnes sorties durablement de la pauvreté (pas de situation de pauvreté dans les trois ans qui suivent 2014).
  • Champ : France métropolitaine, personnes présentes dans le panel toutes les années entre 2015 et 2018 et vivant dans un ménage dont le niveau de vie est positif ou nul, personnes de plus de 16 ans uniquement pour le diplôme et la catégorie socioprofessionnelle.
  • Source : Insee, panel Statistiques sur les ressources et conditions de vie (SRCV) 2015-2018.

Le risque de pauvreté s’accroît fortement pour les personnes qui ont déjà connu un épisode de pauvreté

Le risque de devenir pauvre une année donnée pour les individus qui ne l’ont pas été dans les trois années qui précèdent est faible : entre 2 % et 3 % sur la période allant de 2014 à 2017 (figure 6). Le risque est nettement plus fort pour les individus qui ont déjà connu un épisode de pauvreté dans le passé. En effet, pour les personnes pauvres une année sur les trois précédentes, le risque de pauvreté est ainsi bien plus élevé (24 % en 2017). Ce risque s’accroît ensuite encore très fortement avec la durée de cet épisode passé de pauvreté : en 2017, il dépasse 50 % pour les personnes pauvres deux années sur les trois précédentes et atteint 77 % lorsque la pauvreté a été continuelle sur les trois dernières années.

Figure 6 – Risque de pauvreté selon la durée passée dans la pauvreté les trois années précédentes

en %
Figure 6 – Risque de pauvreté selon la durée passée dans la pauvreté les trois années précédentes (en %) - Lecture : en 2017, 77 % des personnes pauvres continûment entre 2014 et 2016 (donc pendant 3 ans) sont à nouveau en situation de pauvreté monétaire.
0 année 1 année 2 années 3 années
2014 3 28 52 80
2015 3 29 53 83
2016 2 29 52 78
2017 2 24 51 77
  • Lecture : en 2017, 77 % des personnes pauvres continûment entre 2014 et 2016 (donc pendant 3 ans) sont à nouveau en situation de pauvreté monétaire.
  • Champ : France métropolitaine, personnes présentes dans le panel l’année d’intérêt ainsi que les 3 années qui la précède et vivant dans un ménage dont le niveau de vie est positif ou nul.
  • Source : Insee, panel Statistiques sur les ressources et conditions de vie (SRCV) 2015-2018.

Figure 6 – Risque de pauvreté selon la durée passée dans la pauvreté les trois années précédentes

  • Lecture : en 2017, 77 % des personnes pauvres continûment entre 2014 et 2016 (donc pendant 3 ans) sont à nouveau en situation de pauvreté monétaire.
  • Champ : France métropolitaine, personnes présentes dans le panel l’année d’intérêt ainsi que les 3 années qui la précède et vivant dans un ménage dont le niveau de vie est positif ou nul.
  • Source : Insee, panel Statistiques sur les ressources et conditions de vie (SRCV) 2015-2018.

Sources

Le panel Statistiques sur les ressources et conditions de vie (SRCV), débuté en 2004, est la déclinaison française du dispositif européen EU-SILC. Il interroge annuellement 12 000 individus – dont une partie est renouvelée tous les ans – plusieurs années consécutives afin de connaître leurs revenus et leurs conditions de vie. Depuis 2008, les données collectées lors des entretiens sont ensuite complétées à l’aide de sources administratives permettant de les enrichir des revenus fiscaux et des prestations sociales perçus par les différents membres du ménage au cours de l’année qui précède la collecte. Ainsi, les enquêtes annuelles permettent d’estimer les niveaux de vie et les indicateurs de pauvreté pour l’année précédente. Ces indicateurs sont principalement diffusés pour permettre des comparaisons entre pays européens et peuvent différer de ceux diffusés par ailleurs pour la France à partir de l’enquête Revenus fiscaux et sociaux (ERFS), qui est la source de référence pour ces indicateurs [Delmas, Guillaneuf, 2020].

Cette étude sur les trajectoires de pauvreté monétaire a été réalisée à partir d’un échantillon de l’ensemble des individus interrogés au moins une fois dans le panel SRCV entre 2009 et 2018. Le champ des chiffres présentés ici est cependant plus restreint et modulé selon les périodes étudiées. Il comprend ainsi uniquement les individus qui ont répondu à l’enquête toutes les années durant l’ensemble de la période d’intérêt (de un à quatre ans selon les figures), ce qui peut conduire à de légères différences entre les estimations réalisées pour une même année selon la période totale considérée. En effet, comme dans tous les panels, certains individus sortent du panel d’une année sur l’autre (déménagement sans laisser d’adresse, départ à l’étranger, refus de continuer à répondre à l’enquête, etc.). Les pondérations utilisées permettent de disposer d’un échantillon représentatif de la population.

Définitions


Niveau de vie : le niveau de vie est égal au revenu disponible du ménage divisé par le nombre d’unités de consommation (UC). Le niveau de vie est donc le même pour tous les individus d’un même ménage. Les unités de consommation sont généralement calculées selon l’échelle d’équivalence dite de l’OCDE modifiée qui attribue 1 UC au premier adulte du ménage, 0,5 UC aux autres personnes de 14 ans ou plus et 0,3 UC aux enfants de moins de 14 ans.


Revenu disponible : le revenu disponible d’un ménage comprend les revenus d’activité (nets des cotisations sociales), les revenus du patrimoine, les transferts en provenance d’autres ménages et les prestations sociales (y compris les pensions de retraite et les indemnités de chômage), nets des impôts directs.


Pauvreté monétaire : une personne est considérée comme pauvre lorsque son niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté. Ce seuil est calculé par rapport à la médiane de la distribution nationale des niveaux de vie. Le seuil à 60 % du niveau de vie médian est privilégié en Europe. Le taux de pauvreté correspond à la proportion de personnes dont le niveau de vie est inférieur à ce seuil.


Peu ou pas diplômés : titulaires d'au mieux le brevet des collèges.

Pour en savoir plus

Delmas F., Guillaneuf J., « En 2018, les inégalités de niveau de vie augmentent », Insee Première n° 1813, septembre 2020.

Beck S., Missègue N., Ponceau J., « Les facteurs qui protègent de la pauvreté n’aident pas forcément à en sortir », in Les revenus et le patrimoine des ménages, coll. « Insee Références », édition 2014.

Godefroy P., Missègue N., « Pauvretés monétaire et en termes de conditions de vie : sur cinq années, un tiers de la population a été confrontée à la pauvreté », in Les revenus et le patrimoine des ménages, coll. « Insee Références », édition 2012.