Insee Conjoncture Provence-Alpes-Côte d'AzurÉconomie régionale : un retour à la normale encore partielNote de conjoncture régionale - 2ᵉ trimestre 2020

Kendal Masson, Étienne Perron-Bailly (Insee)

La reprise mondiale qui s’amorce au deuxième trimestre avec la levée des restrictions sanitaires pourrait ralentir à l’automne, dans un contexte d’incertitudes autour d’une résurgence de l’épidémie et de la tenue des élections américaines. En France, l’activité a entamé une reprise graduelle, mais certains secteurs restent pénalisés. Sur 2020, le PIB français se contracterait au final d’environ 9 % au total.

Après la chute brutale d’activité liée au confinement, l’économie régionale s’est rétablie progressivement dès le mois de mai, sans pour autant retrouver à la fin septembre le niveau d’avant-crise. Certains services marchands, surreprésentés en Provence-Alpes-Côte d’Azur, restent largement en deçà de leur niveau habituel d’activité en septembre. Compte tenu de sa structure sectorielle, l’activité régionale serait encore en retrait de 4,5 % par rapport à la normale. Les déclarations préalables à l’embauche indiquent une reprise progressive des embauches hors intérim mais en août elles restent moins nombreuses que l’année précédente.

Fin juin, les mesures d’activité partielle bénéficient encore à plus de 7 % des salariés, ce qui limite la baisse de l’emploi. Cette baisse est un peu moins importante que lors du trimestre précédent, avec un rebond de l’emploi intérimaire. Elle reste marquée sur les activités dépendant de la fréquentation touristique .

Insee Conjoncture Provence-Alpes-Côte d'Azur
No 31
Paru le : Paru le 12/10/2020
Kendal Masson, Étienne Perron-Bailly (Insee)
Insee Conjoncture Provence-Alpes-Côte d'Azur  No 31 - Octobre 2020

En dépit de la reprise post-confinement, le niveau d’activité reste à –5 % en septembre

Suite à la crise sanitaire due à l’épidémie de Covid-19, l’économie française s’est brutalement repliée durant la période de confinement. En avril 2020, l’activité économique dans la région était inférieure d’environ 30 % par rapport à une situation « normale » (figure 1), en faisant l’hypothèse que les branches d’activité ont été affectées avec la même intensité qu’au niveau national. Cette perte d’activité était encore estimée à 18 % en mai, puis s’est progressivement réduite et serait revenue à environ 5 % en septembre (pour comprendre).

À partir de juin, l’industrie, la construction et les services marchands se sont redressés. Au mois de septembre, la baisse d’activité par rapport à la normale y est inférieure à 5 % au niveau national. Toutefois, certains secteurs restent en difficulté : dans l’hébergement-restauration, la perte d’activité serait encore de 23 % au mois de septembre. Dans les transports et les services aux particuliers, les niveaux d’activité nationaux restent très diminués (respectivement –20 % et –17 % en septembre).

Figure 1Contribution des secteurs à la baisse mensuelle totale d’activité entre mars et août 2020 en Provence-Alpes-Côte d’Azur

en %
Contribution des secteurs à la baisse mensuelle totale d’activité entre mars et août 2020 en Provence-Alpes-Côte d’Azur (en %)
Agriculture, sylviculture et pêche Industrie Construction Services principalement marchands Services principalement non marchands Ensemble
avril -0,1 -4,0 -4,0 -15,3 -7,7 -31,2
mai -0,1 -2,4 -1,2 -10,2 -4,3 -18,3
juin 0,0 -1,2 -0,5 -5,4 -1,6 -8,7
juillet 0,0 -1,0 -0,5 -4,9 -1,1 -7,6
août -0,1 -0,7 -0,3 -3,9 -0,8 -5,8
septembre 0,0 -0,5 -0,2 -3,3 -0,4 -4,5
  • Source : calculs Insee à partir de sources diverses.

Figure 1Contribution des secteurs à la baisse mensuelle totale d’activité entre mars et août 2020 en Provence-Alpes-Côte d’Azur

  • Source : calculs Insee à partir de sources diverses.

Les dépenses par carte bancaire revenues rapidement à leur niveau de 2019

Après avoir fortement baissé pendant le confinement, les montants des transactions par carte bancaire (pour comprendre) en Provence-Alpes-Côte d’Azur dépassent ceux de 2019 dès la semaine du 1er juin, puis tout au long de l’été (figure 2). Cela reflète en partie le rebond des achats, mais également des changements de comportement, liés à l’augmentation du plafond des montants autorisés pour le paiement sans contact ou encore à l’application de « mesures barrières ». Depuis la fin du deuxième trimestre, la croissance des transactions par carte bancaire par rapport à 2019 est légèrement supérieure dans la région par rapport au niveau national, en particulier dans les départements alpins.

Figure 2Évolution du montant hebdomadaire de transactions par carte bancaire entre 2019 et 2020 en Provence-Alpes-Côte d’Azur et en France métropolitaine

en %
Évolution du montant hebdomadaire de transactions par carte bancaire entre 2019 et 2020 en Provence-Alpes-Côte d’Azur et en France métropolitaine (en %) - Lecture : lors de la semaine 13 (du 23 au 29 mars) en 2020, la baisse des montants dépensés par rapport à la même semaine en 2019 atteint –58 %.
Provence-Alpes-Côte d’Azur France Métropolitaine
06/01/20 2,7 3,3
13/01/20 3,0 4,2
20/01/20 2,5 6,9
27/01/20 6,3 4,5
03/02/20 3,3 2,8
10/02/20 6,0 2,3
17/02/20 4,4 4,0
24/02/20 -0,6 0,0
02/03/20 1,2 4,1
09/03/20 7,1 8,3
16/03/20 -40,8 -40,3
23/03/20 -58,2 -57,9
30/03/20 -54,3 -54,4
06/04/20 -47,5 -46,5
13/04/20 -52,0 -48,4
20/04/20 -46,8 -41,3
27/04/20 -47,9 -44,7
04/05/20 -37,9 -34,2
11/05/20 1,0 3,9
18/05/20 -4,3 -1,3
25/05/20 -4,0 2,9
01/06/20 0,7 2,5
08/06/20 2,8 4,3
15/06/20 10,8 7,2
22/06/20 1,0 -4,1
29/06/20 2,2 -1,5
06/07/20 8,2 6,0
13/07/20 12,7 8,7
20/07/20 13,2 12,1
27/07/20 8,4 5,8
03/08/20 18,1 15,5
10/08/20 16,4 12,4
17/08/20 16,5 11,0
24/08/20 9,7 4,9
31/08/20 8,7 6,0
07/09/20 7,9 5,4
14/09/20 6,9 4,6
21/09/20 2,0 0,8
  • Lecture : lors de la semaine 13 (du 23 au 29 mars) en 2020, la baisse des montants dépensés par rapport à la même semaine en 2019 atteint –58 %.
  • Source : Cartes Bancaires CB. Calculs Insee.

Figure 2Évolution du montant hebdomadaire de transactions par carte bancaire entre 2019 et 2020 en Provence-Alpes-Côte d’Azur et en France métropolitaine

  • Lecture : lors de la semaine 13 (du 23 au 29 mars) en 2020, la baisse des montants dépensés par rapport à la même semaine en 2019 atteint –58 %.
  • Source : Cartes Bancaires CB. Calculs Insee.

Les embauches se rétablissent progressivement

Premier levier d’ajustement de l’emploi pour les employeurs, la réduction des embauches s’atténue au cours de l’été. Les embauches dans la région, au plus bas au mois d’avril, se rapprochent peu à peu du niveau de l’an dernier sans encore l’atteindre (figure 3). Au mois d’août, le nombre de déclarations préalables à l’embauche (pour comprendre) est encore inférieur à celui d’août 2019 (–11 %). La situation est encore plus défavorable dans les Alpes-Maritimes, où le nombre de déclarations était encore inférieur de 47 % en juin, habituellement période de fortes embauches saisonnières, par rapport à leur niveau de 2019. À l’inverse, dans les Hautes-Alpes, la situation est proche de celle de l’an dernier depuis le début de l’été.

Figure 3Évolution du nombre de déclarations préalables à l’embauche mensuelles par rapport à l’année précédente

en %
Évolution du nombre de déclarations préalables à l’embauche mensuelles par rapport à l’année précédente (en %)
Alpes-de-Haute-Provence Hautes-Alpes Alpes-Maritimes Bouches-du-Rhône Var Vaucluse Provence-Alpes-Côte d’Azur
janvier 7,2 5,6 5,8 -1,2 8,0 -0,5 2,3
février 8,7 8,2 10,3 2,8 3,7 -0,1 5,1
mars -19,8 -26,5 -44,8 -22,0 -24,5 -27,4 -29,9
avril -71,8 -70,0 -80,0 -69,4 -75,6 -74,3 -74,0
mai -56,5 -49,9 -73,5 -54,5 -61,6 -60,8 -61,9
juin -9,9 -16,7 -47,5 -30,5 -10,5 -31,7 -31,1
juillet -8,3 -2,3 -27,6 -23,5 -11,8 -26,9 -21,6
août -6,7 -1,3 -13,8 -11,3 -10,8 -9,5 -11,4
  • Champ : Provence-Alpes-Côte d’Azur, régime général hors intérim.
  • Source : Urssaf-Acoss, déclarations préalables à l’embauche.

Figure 3Évolution du nombre de déclarations préalables à l’embauche mensuelles par rapport à l’année précédente

  • Champ : Provence-Alpes-Côte d’Azur, régime général hors intérim.
  • Source : Urssaf-Acoss, déclarations préalables à l’embauche.

La consommation d’électricité des entreprises reste réduite en juin

À la fin du mois de juin, la consommation d’électricité des entreprises de Provence-Alpes-Côte d’Azur est inférieure de 5 % à son niveau habituel (figure 4). Au cours du mois de juin, leur consommation est en moyenne inférieure de 12 % au niveau prévu. Parmi les entreprises clientes d'Enedis ayant souscrit un contrat à forte puissance (pour comprendre), la consommation dans l'industrie remonte progressivement dès le début du mois d’avril, et atteint un niveau proche de la normale fin juin. Dans le secteur tertiaire, dont l’activité a été plus affectée par le confinement, la consommation reste inférieure sur le mois de juin (–17 %).

Figure 4Écart de consommation d’électricité par rapport à un niveau moyen en Provence-Alpes-Côte d’Azur

en %
Écart de consommation d’électricité par rapport à un niveau moyen en Provence-Alpes-Côte d’Azur (en %)
Hors résidentiel Résidentiel
30/12/19 -5,4 1,3
06/01/20 -4,4 -7,8
13/01/20 -4,4 -8,6
20/01/20 3,3 11,7
27/01/20 -2,0 -7,4
03/02/20 -0,8 -3,0
10/02/20 -1,7 -2,5
17/02/20 -2,9 -2,9
24/02/20 -2,4 -0,1
02/03/20 0,5 6,4
09/03/20 -3,3 6,0
16/03/20 -19,2 -2,0
23/03/20 -21,8 -1,3
30/03/20 -20,1 11,7
06/04/20 -24,0 -8,3
13/04/20 -22,3 -3,6
20/04/20 -22,2 1,3
27/04/20 -19,9 6,3
04/05/20 -17,0 5,3
11/05/20 -12,9 15,4
18/05/20 -12,9 -0,3
25/05/20 -11,5 -3,1
01/06/20 -17,3 -0,1
08/06/20 -15,6 5,6
15/06/20 -11,1 3,6
22/06/20 -5,2 2,8
  • Note : données corrigées des températures, des jours ouvrés, et des mois. Les barres verticales représentent les dates de début et de fin du confinement.
  • Source : données Enedis, calculs Insee.

Figure 4Écart de consommation d’électricité par rapport à un niveau moyen en Provence-Alpes-Côte d’Azur

  • Note : données corrigées des températures, des jours ouvrés, et des mois. Les barres verticales représentent les dates de début et de fin du confinement.
  • Source : données Enedis, calculs Insee.

Fin juin, l’activité partielle amortit encore les effets du choc sur l’emploi

Le dispositif de l’activité partielle a permis de limiter les destructions d’emplois. Le recours à ce dispositif diminue toutefois à partir du 1er juin (figure 5). Cette date marque la fin du financement complet des indemnités par l’État et l’Unédic dans la majorité des secteurs. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, 7 % des salariés sont en activité partielle et 2 % en arrêt maladie à la fin du mois du juin, tous secteurs confondus. Le recours à l’activité partielle est plus fréquent dans les services marchands, plus touchés par la baisse d’activité (près de 10 % fin juin). En particulier, le secteur de l’hébergement-restauration est particulièrement touché et bénéficie du prolongement des mesures de soutien. En juin, près de la moitié des entreprises ont recours à ces mesures, et 25 % des salariés de ce secteur sont encore au chômage partiel.

Dans les Alpes-Maritimes, un salarié sur dix est en situation d’activité partielle à la fin du mois de juin, part plus importante que dans les autres départements de la région.

Figure 5Part des salariés en activité partielle ou en arrêt maladie - garde d’enfant depuis le 1ᵉʳ mars 2020 en Provence-Alpes-Côte d'Azur

en %
Part des salariés en activité partielle ou en arrêt maladie - garde d’enfant depuis le 1ᵉʳ mars 2020 en Provence-Alpes-Côte d'Azur (en %)
Part des salariés en arrêt maladie – garde d’enfants Part des salariés en activité partielle
02/03/20 2,5 0,3
09/03/20 3,0 0,8
16/03/20 8,1 21,5
23/03/20 9,5 27,3
30/03/20 8,2 29,5
06/04/20 7,4 30,2
13/04/20 6,7 29,1
20/04/20 6,4 29,5
27/04/20 5,0 26,2
04/05/20 3,1 25,8
11/05/20 2,9 20,1
18/05/20 2,9 17,7
25/05/20 2,9 16,9
01/06/20 2,3 8,7
08/06/20 2,4 8,4
15/06/20 2,5 7,6
22/06/20 2,5 6,8
  • Source : Insee – Déclarations sociales nominatives des mois de mars à juin 2020.

Figure 5Part des salariés en activité partielle ou en arrêt maladie - garde d’enfant depuis le 1ᵉʳ mars 2020 en Provence-Alpes-Côte d'Azur

  • Source : Insee – Déclarations sociales nominatives des mois de mars à juin 2020.

L’emploi baisse moins qu’au premier trimestre, grâce au rebond de l’intérim

La très forte baisse de l’activité ne s’est pas traduite par un repli de même ampleur de l’emploi. Au deuxième trimestre 2020, l’emploi salarié recule de 1,4 % en Provence-Alpes-Côte d’Azur, contre –0,9 % au niveau national. La région perd 25 000 postes ce trimestre (après 38 000 au trimestre précédent) et atteint son niveau d’emploi le plus bas depuis la fin 2016 (figure 6). L’emploi salarié privé se replie moins fortement qu’au premier trimestre (–1,5 % après –2,6 %). À l’inverse, l’emploi est en net recul dans le secteur public (–1,1 % après –0,2 %).

Figure 6Évolution de l'emploi salarié

indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2010
Évolution de l'emploi salarié (indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2010)
Emploi salarié total - Provence-Alpes-Côte d'Azur Emploi salarié total - France hors Mayotte Emploi salarié privé - Provence-Alpes-Côte d'Azur Emploi salarié privé - France hors Mayotte
T4 2010 100 100 100 100
T1 2011 100,14 100,2 100,22 100,27
T2 2011 100,2 100,31 100,32 100,4
T3 2011 100,07 100,25 100,01 100,4
T4 2011 100,36 100,3 100,36 100,42
T1 2012 100,46 100,32 100,36 100,4
T2 2012 100,34 100,29 100,23 100,33
T3 2012 100,22 100,14 99,98 100,07
T4 2012 100,25 100,03 100,06 99,95
T1 2013 100,24 100,04 100,09 99,91
T2 2013 100,32 99,92 99,98 99,66
T3 2013 100,52 100,09 100,2 99,81
T4 2013 100,8 100,37 100,31 99,95
T1 2014 100,95 100,41 100,25 99,9
T2 2014 100,86 100,44 100,28 99,93
T3 2014 100,93 100,33 100,25 99,77
T4 2014 101,1 100,43 100,39 99,83
T1 2015 101,06 100,38 100,32 99,78
T2 2015 101,43 100,61 100,75 99,99
T3 2015 101,32 100,7 100,67 100,12
T4 2015 101,79 100,88 101,15 100,34
T1 2016 102,17 101,06 101,64 100,54
T2 2016 102,61 101,32 102,11 100,84
T3 2016 102,75 101,6 102,3 101,15
T4 2016 102,88 101,7 102,35 101,29
T1 2017 103,25 102,09 102,82 101,79
T2 2017 103,57 102,43 103,19 102,21
T3 2017 103,93 102,7 103,81 102,63
T4 2017 104,31 103,08 104,43 103,18
T1 2018 104,89 103,25 105,14 103,39
T2 2018 104,95 103,31 105,19 103,54
T3 2018 105 103,44 105,27 103,7
T4 2018 105,18 103,73 105,46 104,05
T1 2019 105,54 104,1 105,93 104,51
T2 2019 105,92 104,35 106,34 104,76
T3 2019 106,2 104,55 106,6 104,99
T4 2019 106,63 104,93 107,15 105,49
T1 2020 104,47 102,88 104,36 102,86
T2 2020 103,04 101,99 102,81 102,01
  • Notes : données CVS, en fin de trimestre. Les données du dernier trimestre affiché sont provisoires.
  • Champ : emploi salarié total.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Acoss-Urssaf, Dares, Insee.

Figure 6Évolution de l'emploi salarié

  • Notes : données CVS, en fin de trimestre. Les données du dernier trimestre affiché sont provisoires.
  • Champ : emploi salarié total.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Acoss-Urssaf, Dares, Insee.

Au deuxième trimestre, l’intérim est le seul secteur à rebondir significativement (figure 7). L’emploi se redresse nettement (+35 %), sans toutefois rattraper la chute historique du trimestre précédent (–41,4 %). On compte toujours 10 000 intérimaires de moins qu’avant la crise sanitaire.

Figure 7Évolution de l'emploi intérimaire

indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2010
Évolution de l'emploi intérimaire (indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2010)
Provence-Alpes-Côte d'Azur France hors Mayotte
T4 2010 100 100
T1 2011 99,11 101,1
T2 2011 95,41 101,55
T3 2011 97,1 100,12
T4 2011 98,02 99,38
T1 2012 92,85 94,99
T2 2012 91,52 91,98
T3 2012 90,79 88,02
T4 2012 88,34 85,4
T1 2013 89,99 88,18
T2 2013 90,05 87,16
T3 2013 89,42 89,79
T4 2013 90,66 90,3
T1 2014 89,75 89,35
T2 2014 88,46 91,19
T3 2014 87,34 88,9
T4 2014 90,93 90,14
T1 2015 87,28 89,76
T2 2015 96,12 93,42
T3 2015 97,06 96,99
T4 2015 98,72 99,63
T1 2016 100,69 99,28
T2 2016 105,48 102,21
T3 2016 106,93 105,52
T4 2016 113,28 110,85
T1 2017 117,53 115,42
T2 2017 119,45 120,29
T3 2017 124,11 124,32
T4 2017 130,58 130,87
T1 2018 130,75 129,57
T2 2018 130,4 127,85
T3 2018 131,88 127,77
T4 2018 131,72 126,6
T1 2019 131,94 127,36
T2 2019 131,8 126,93
T3 2019 133,48 126,5
T4 2019 133,95 126,17
T1 2020 78,55 75,18
T2 2020 105,94 92,48
  • Notes : données CVS, en fin de trimestre. Les données du dernier trimestre affiché sont provisoires.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Acoss-Urssaf, Dares, Insee.

Figure 7Évolution de l'emploi intérimaire

  • Notes : données CVS, en fin de trimestre. Les données du dernier trimestre affiché sont provisoires.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Acoss-Urssaf, Dares, Insee.

La construction fait également figure d’exception : les effectifs augmentent un peu au deuxième trimestre (+0,6 %), effaçant la faible baisse du premier trimestre (–0,6 %). Cela s’explique par le recours très important aux intérimaires dans ce secteur, qui ont largement absorbé le choc d’activité dans le bâtiment. Les destructions d’emplois en CDD ou CDI ont été limitées par les dispositifs d’activité partielle.

Dans tous les autres secteurs, la crise sanitaire produit pleinement ses effets sur l’emploi et la baisse des effectifs accélère au deuxième trimestre (figure 8).

Aussi, dans le tertiaire marchand (hors intérim), près de 28 000 postes sont supprimés (−3,1 %), une baisse beaucoup plus marquée qu’au niveau national (−1,9 %). Ce décrochage s’amplifie par rapport au premier trimestre (–1,6 %), notamment en raison de la forte diminution des effectifs dans l’hébergement-restauration (–12 500 emplois, soit –11,4 %).

Outre l’hébergement-restauration, la baisse des effectifs s’accentue dans la plupart des activités tertiaires (hors intérim). Le reflux atteint 4 500 postes dans le commerce, 3 700 postes dans les autres activités de service, 3 300 postes dans les activités scientifiques, techniques et les services administratifs et de soutien, ou encore 2 400 dans le transport-entreposage.

Figure 8Évolution de l'emploi salarié par secteur en Provence-Alpes-Côte d'Azur

indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2010
Évolution de l'emploi salarié par secteur en Provence-Alpes-Côte d'Azur (indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2010)
Construction Industrie Tertiaire marchand hors intérim Tertiaire non marchand
T4 2010 100 100 100 100
T1 2011 99,66 100,48 100,41 100,05
T2 2011 99,89 100,87 100,69 100,03
T3 2011 98,55 100,48 100,32 100,38
T4 2011 98,6 101,01 100,62 100,41
T1 2012 98,1 100,83 100,85 100,81
T2 2012 97,15 100,87 100,8 100,83
T3 2012 96,29 101,12 100,84 101,02
T4 2012 95,96 100,97 100,79 100,99
T1 2013 94,78 101,03 100,93 100,9
T2 2013 94,6 100,73 100,75 101,39
T3 2013 94,55 100,72 100,96 101,51
T4 2013 93,93 100,63 101,1 102,36
T1 2014 93,57 100,45 101,12 102,88
T2 2014 92,52 100,42 101,33 102,65
T3 2014 91,83 100,04 101,27 103,03
T4 2014 90,5 100,02 101,45 103,49
T1 2015 89,9 99,73 101,52 103,62
T2 2015 89,16 99,78 101,82 103,84
T3 2015 88,82 99,75 101,92 103,5
T4 2015 88,91 99,62 102,35 104,09
T1 2016 89,01 99,69 102,95 104,16
T2 2016 89,12 99,4 103,26 104,66
T3 2016 88,95 99,21 103,54 104,76
T4 2016 89,17 98,88 103,4 105,05
T1 2017 89,8 98,68 103,74 105,07
T2 2017 89,8 98,81 104,31 105,2
T3 2017 89,95 98,85 105 104,86
T4 2017 90,58 99,19 105,51 104,58
T1 2018 91,38 99,67 106,31 104,82
T2 2018 91,27 99,97 106,36 104,86
T3 2018 91,96 100,24 106,44 104,81
T4 2018 92,41 100,28 106,56 104,98
T1 2019 94,05 100,44 107,12 104,93
T2 2019 94,73 100,46 107,62 105,18
T3 2019 95,07 100,49 107,87 105,51
T4 2019 95,64 100,71 108,57 105,64
T1 2020 95,1 100,27 106,79 105,45
T2 2020 95,62 99,43 103,48 104,43
  • Notes : données CVS, en fin de trimestre. Les données du dernier trimestre affiché sont provisoires.
  • Champ : emploi salarié total.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Acoss-Urssaf, Dares, Insee.

Figure 8Évolution de l'emploi salarié par secteur en Provence-Alpes-Côte d'Azur

  • Notes : données CVS, en fin de trimestre. Les données du dernier trimestre affiché sont provisoires.
  • Champ : emploi salarié total.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Acoss-Urssaf, Dares, Insee.

Dans l’industrie hors intérim, les destructions nettes d’emplois se poursuivent également (–0,8 % après –0,4 % au trimestre précédent), dans les mêmes proportions qu’au niveau national. Ce recul varie selon les activités industrielles. C’est dans la fabrication de denrées, boissons et tabacs qu’il est le plus fort (–2,0 %).

Le secteur non marchand, qui avait relativement bien résisté au premier trimestre (−0,1 %), réduit ses effectifs de façon beaucoup plus marquée (–1,0 %). Seul l’emploi dans le secteur des activités pour la santé humaine augmente (+0,8 %).

Au niveau départemental, les situations sont assez diverses (figure 9). Dans le Var et le Vaucluse, la baisse est similaire à celle du premier trimestre, alors que l’emploi diminue moins rapidement dans les Bouches-du-Rhône (–0,7 % après –1,9 %) et les Hautes-Alpes (–1,3 % après –2,2 %).

En revanche, dans les Alpes-Maritimes, la situation de l’emploi reste dégradée (–2,7 % après –2,4 %). C’est notamment le fait de l’emploi intérimaire, qui avait fortement chuté au premier trimestre (–47,2 %), et qui se rétablit beaucoup moins vite que dans les autres départements (+20,2 %, contre +34,9 % au niveau régional). De même, l’emploi tertiaire marchand est en baisse plus marquée qu’au niveau régional. En particulier, les effectifs dans l’hébergement-restauration se réduisent de 15 % au second trimestre, soit 5 100 postes en moins.

Figure 9Évolution de l'emploi salarié total par département

en % par rapport au trimestre précédent
Évolution de l'emploi salarié total par département (en % par rapport au trimestre précédent)
2020T1 2020T2
Alpes-de-Haute-Provence -4,89 0,1
Hautes-Alpes -2,25 -1,35
Alpes-Maritimes -2,41 -2,69
Bouches-du-Rhône -1,87 -0,69
Var -1,57 -1,6
Vaucluse -1,86 -1,49
  • Notes : données CVS, en fin de trimestre. Les données du dernier trimestre affiché sont provisoires.
  • Champ : emploi salarié total.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Acoss-Urssaf, Dares, Insee.

Figure 9Évolution de l'emploi salarié total par département

  • Notes : données CVS, en fin de trimestre. Les données du dernier trimestre affiché sont provisoires.
  • Champ : emploi salarié total.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Acoss-Urssaf, Dares, Insee.

Forte hausse de la demande d’emploi au deuxième trimestre

Dans ce contexte, le nombre de demandeurs d’emploi s’accroît vivement en Provence-Alpes-Côte d’Azur. En moyenne, 520 350 personnes étaient inscrites chaque mois à Pôle emploi dans les catégories A, B ou C, en hausse de 8,1 % par rapport au trimestre précédent. En juillet, le nombre d’inscrits fléchit toutefois légèrement (–1,4 % sur un mois, figure 10).

Le nombre d’inscrits dans la catégorie A, qui regroupe les demandeurs n’ayant pas travaillé dans le mois, reflue depuis la fin du mois d’avril. Toutefois les inscrits en catégories B et C, qui ont travaillé dans le mois, sont plus nombreux depuis la fin du confinement. Entre avril et juillet, la baisse du nombre de demandeurs d’emploi en catégorie A correspond exactement à la hausse des catégories B et C (54 000) .

Les départements des Alpes-Maritimes et du Var ont été particulièrement touchés par la hausse du nombre de demandeurs d’emploi depuis le début de la crise sanitaire : respectivement +16 % et +11 % d’inscrits à fin juin par rapport à fin février, contre +9,9 % au niveau régional. La tendance s’inverse en juillet : dans ces deux départements, la baisse est plus marquée (–1,9 % dans les Alpes-Maritimes pour les catégories A, B et C par rapport à fin juin et –2,3 % dans le Var).

En France métropolitaine, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits dans les catégories A, B et C augmente de 6,7 % au deuxième trimestre. Ce nombre commence à diminuer fin juillet (–0,9 % par rapport à fin juin).

Figure 10Demandeurs d’emploi (A, et B, C) inscrits à Pôle emploi en Provence-Alpes-Côte d’Azur

en nombre
Demandeurs d’emploi (A, et B, C) inscrits à Pôle emploi en Provence-Alpes-Côte d’Azur (en nombre)
Catégorie A Catégorie B ou C ABC ensemble
juil.-18 325 250 176 460 501 710
août-18 325 360 176 850 502 210
sept.-18 324 910 177 150 502 060
oct.-18 322 750 177 490 500 240
nov.-18 321 750 176 930 498 680
déc.-18 323 000 177 450 500 450
janv.-19 322 250 177 590 499 840
févr.-19 321 620 178 360 499 980
mars-19 320 310 179 470 499 780
avr.-19 319 610 177 680 497 290
mai-19 318 400 177 140 495 540
juin-19 316 870 180 020 496 890
juil.-19 316 480 176 660 493 140
août-19 313 550 177 180 490 730
sept.-19 310 450 177 130 487 580
oct.-19 309 130 176 390 485 520
nov.-19 306 240 175 530 481 770
déc.-19 304 620 175 270 479 890
janv.-20 302 610 173 900 476 510
févr.-20 300 300 174 960 475 260
mars-20 326 330 166 050 492 380
avr.-20 402 280 112 510 514 790
mai-20 393 290 130 650 523 940
juin-20 368 230 154 110 522 340
juil.-20 348 370 166 480 514 850
  • Sources : Pôle emploi-Dares, STMT.

Figure 10Demandeurs d’emploi (A, et B, C) inscrits à Pôle emploi en Provence-Alpes-Côte d’Azur

  • Sources : Pôle emploi-Dares, STMT.

Tourisme : reprise timide jusqu’en juin

Au point mort au cours des mois d’avril et mai, la fréquentation dans les hôtels de Provence-Alpes-Côte d’Azur reste limitée en juin, mais amorce une reprise (figure 11). La fréquentation est inférieure de 72 % en juin par rapport au même mois de 2019, soit 720 000 nuitées passées dans la région.

Près de quatre établissements sur cinq ont ouvert avant le début de la pleine saison. Les hôtels sont cependant peu remplis : le taux d’occupation est en moyenne de 35 % en juin. Ce taux est inférieur à 20 % dans un hôtel sur trois.

Figure 11Taux d’ouverture et évolution des nuitées dans les hôtels au deuxième trimestre 2020 en Provence-Alpes-Côte d’Azur

en %
Taux d’ouverture et évolution des nuitées dans les hôtels au deuxième trimestre 2020 en Provence-Alpes-Côte d’Azur (en %)
Avril Mai Juin
Part des hôtels ouverts 19,3 34,3 79,0
Évolution des nuitées par rapport à l’année précédente (mois m-12) -97,4 -93,5 -72,4
  • Source : Insee, enquête de fréquentation allégée, avril-juin 2020.

L’activité repart en juin dans les hôtels et restaurants, après avoir été quasiment à l’arrêt les deux mois précédents (figure 12). Néanmoins, le chiffre d’affaires des hôtels de la région reste très faible, à l’image de la fréquentation touristique. Dans les restaurants, la reprise est plus vive, même si l’activité demeure inférieure d’un tiers à son niveau de 2019. Les Alpes-Maritimes sont plus touchées que les autres départements : en juin, l’activité tarde à repartir aussi bien dans les hôtels (chiffre d’affaires inférieur de 85 % par rapport à l’an dernier) que dans les restaurants (–43 %).

Figure 12Évolution mensuelle du chiffre d’affaires des hôtels et restaurants par rapport au même mois de l’année précédente en Provence-Alpes-Côte d’Azur

en %
Évolution mensuelle du chiffre d’affaires des hôtels et restaurants par rapport au même mois de l’année précédente en Provence-Alpes-Côte d’Azur (en %)
Hôtels Restaurants
01/2019 0,8 3,2
02/2019 1,1 6,1
03/2019 -0,6 6,1
04/2019 0,6 0,5
05/2019 -3,9 -1,8
06/2019 5,5 4,1
07/2019 -2,0 -1,7
08/2019 3,0 2,6
09/2019 7,8 -0,5
10/2019 3,9 2,5
11/2019 5,4 4,8
12/2019 4,4 1,0
01/2020 6,3 2,1
02/2020 3,0 -2,1
03/2020 -62,5 -60,0
04/2020 -93,3 -93,2
05/2020 -93,6 -81,1
06/2020 -72,3 -31,3
  • Champ : unités légales monorégionales pérennes de 2017 à 2020, dont l’activité principale n’a pas changé durant cette période.
  • Sources : DGFiP, Insee.

Figure 12Évolution mensuelle du chiffre d’affaires des hôtels et restaurants par rapport au même mois de l’année précédente en Provence-Alpes-Côte d’Azur

  • Champ : unités légales monorégionales pérennes de 2017 à 2020, dont l’activité principale n’a pas changé durant cette période.
  • Sources : DGFiP, Insee.

Baisse continue des créations d’entreprises

Le nombre de créations d’entreprises diminue encore au deuxième trimestre, dans la région comme en France (figure 13). Depuis un an, 15 940 entreprises ont commencé une activité en Provence-Alpes-Côte d’Azur, une baisse de 15 % au deuxième trimestre et de 27 % par rapport à fin 2019.

Figure 13Créations d'entreprises

indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2010
Créations d'entreprises (indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2010)
Provence-Alpes-Côte d'Azur y compris micro-entrepreneurs France entière y compris micro-entrepreneurs
T4 2010 100 100
T1 2011 90,75 91,74
T2 2011 94,33 92,46
T3 2011 91,2 92,78
T4 2011 95 92,88
T1 2012 93,56 94,94
T2 2012 94,19 92,64
T3 2012 94,97 92,7
T4 2012 89,65 90,43
T1 2013 89,37 90,79
T2 2013 87,85 91,03
T3 2013 87,71 90,42
T4 2013 87,99 91,92
T1 2014 87,1 92,46
T2 2014 88,28 92,52
T3 2014 87,27 93,76
T4 2014 86,92 93,78
T1 2015 82,13 87,81
T2 2015 82,78 87,93
T3 2015 84,55 88,71
T4 2015 82,52 89,91
T1 2016 83,6 91,2
T2 2016 86,65 96,11
T3 2016 84,61 93,04
T4 2016 82,95 92,44
T1 2017 83,61 95,2
T2 2017 83,85 95,9
T3 2017 89,82 100,49
T4 2017 95,97 107,45
T1 2018 101,89 111,28
T2 2018 106,19 117,15
T3 2018 104,53 117,24
T4 2018 108,7 122,05
T1 2019 117,52 131,47
T2 2019 117,79 135,46
T3 2019 121,21 139,9
T4 2019 131,7 145,3
T1 2020 113,82 127,42
T2 2020 96,34 110,25
  • Note : données trimestrielles corrigées des variations saisonnières (CVS).
  • Champ : ensemble des activités marchandes hors agriculture.
  • Source : Insee, REE (Répertoire des Entreprises et des Établissements - Sirene).

Figure 13Créations d'entreprises

  • Note : données trimestrielles corrigées des variations saisonnières (CVS).
  • Champ : ensemble des activités marchandes hors agriculture.
  • Source : Insee, REE (Répertoire des Entreprises et des Établissements - Sirene).
Avertissement sur le marché du travail

Le taux de chômage au sens du BIT a diminué sur les deux premiers trimestres de 2020, mais il s’agit d’une baisse « en trompe-l’oeil ». En effet, pour être considéré comme chômeur, il faut être sans emploi, disponible pour travailler et avoir fait des démarches actives de recherche d’emploi. Au cours des deux premiers trimestres de l’année 2020, la période de confinement a fortement affecté les comportements de recherche active d’emploi (en particulier pour les personnes sans emploi dont le secteur d’activité était à l’arrêt), ainsi que la disponibilité des personnes (contrainte de garde d’enfant par exemple). Au total, la nette baisse du chômage au sens du BIT début 2020 ne traduit pas une amélioration du marché du travail mais un effet de confinement des personnes sans emploi.

Le champ des taux de chômage localisés couvre à présent les DOM (hors Mayotte) sur une période débutant au premier trimestre 2014.

Enfin, l'introduction de la déclaration sociale nominative (DSN) en remplacement du bordereau récapitulatif de cotisations (BRC) peut entraîner des révisions accrues sur les données, durant la phase de montée en charge de la DSN.

Encadré 1 - Contexte international – Une reprise progressive dans un contexte d’incertitudes

Dans les économies touchées au printemps par l’épidémie, l’activité se relève progressivement de sa chute du deuxième trimestre, liée à l’instauration des mesures de restrictions sanitaires. Ce rebond prend des configurations qui peuvent varier selon les pays. Dans les pays occidentaux, la demande intérieure s’est redressée avec l’allègement des restrictions et les mesures de soutien aux ménages. De son côté, l’activité chinoise est portée par le dynamisme de sa production et de ses exportations, mais la consommation intérieure reste en retrait. La reprise dans le monde pourrait toutefois ralentir à l’automne, dans un contexte d’incertitudes autour d’une résurgence de l’épidémie qui entraînerait de nouvelles mesures sanitaires, et de la tenue des élections américaines.

Encadré 2 - Contexte national – La reprise entamée à la levée du confinement pourrait marquer le pas d’ici la fin de l’année

Depuis la levée des mesures de restrictions, l’activité a entamé une reprise graduelle. Au troisième trimestre, la plupart des secteurs ont progressivement retrouvé un niveau d’activité proche de celui d’avant-crise, mais certains restent pénalisés par les effets de la crise sanitaire (transport aérien de voyageurs, hébergement et restauration, activités culturelles, …). La consommation des ménages, en net rebond dès la fin du confinement, se serait globalement maintenue durant l’été à un niveau proche de celui d’avant-crise.

Au quatrième trimestre, les incertitudes quant à la résurgence de l’épidémie conduiraient à un essoufflement de la reprise. Les secteurs les plus touchés par la crise pourraient voir leur activité se dégrader du fait des mesures de restrictions, et la consommation pourrait fléchir. En fin d’année, après un vif rebond au troisième trimestre (+16 % par rapport au deuxième), le PIB français resterait stable, 5 % environ en dessous de son niveau d’avant-crise. Sur l’année 2020, il se contracterait d’environ 9 %.

Pour comprendre

Baisse d’activité

Pour calculer les baisses d’activités régionales, on applique les réductions d’activité sectorielles nationales à la structure de chaque territoire, cette structure étant celle de la valeur ajoutée des économies régionales et départementales en 2015 (en 17 postes de la nomenclature d’activité française). Selon cette méthode, le fait qu’un territoire est fortement doté en une activité ayant subi une forte réduction d’activité conduit à un impact élevé sur son économie. La somme des contributions de tous les secteurs permet d’estimer l’impact global sur l’économie régionale ou départementale. Toutefois, cette approche a plusieurs limites. La première est le niveau d’agrégation sectorielle utilisé qui pourrait masquer des spécificités sectorielles plus fines. Ainsi, opérer au niveau de l’ensemble de la construction néglige de distinguer les dynamiques propres au bâtiment et aux travaux publics. La seconde limite est que les différences territoriales d’activité entre les entreprises d’un même secteur sont souvent difficiles à estimer et ne sont pas prises en compte. Une troisième limite est que cette méthode ne tient pas compte des variations locales de la demande. Pourtant, la crise peut affecter plus fortement les revenus de certains actifs qui ne sont pas répartis de façon homogène sur le territoire.

Déclaration préalable à l’embauche

La déclaration préalable à l’embauche (DPAE) est obligatoire avant toute embauche et s’effectue auprès de l’Urssaf. Elle permet de déclarer la première embauche d’un salarié relevant du régime de la Sécurité sociale. Cette déclaration doit être effectuée dans les 8 jours qui précèdent une embauche. Toutefois, une DPAE pour un salarié ne garantit pas son embauche, dans certains cas celle-ci ne se concrétise pas.

Déclaration sociale nominative

La déclaration sociale nominative (DSN) est un fichier mensuel produit à partir des données de paie des salariés. Elle a notamment pour but de remplacer un grand nombre de déclarations administratives qui étaient adressées jusqu’alors à des acteurs différents (CPAM, Urssaf, AGIRC ARRCO, Organismes complémentaires, Pôle emploi, Centre des impôts, Caisses régimes spéciaux, etc.). La DSN regroupe des informations sur le salarié dans une déclaration unique pour communiquer ensuite les informations nécessaires à la gestion de la protection sociale des salariés aux organismes concernés.

Les données transmises dans la DSN mensuelle sont donc le reflet de la situation d’un salarié au moment où la paie a été réalisée ; elle relate les évènements survenus (activité partielle, maladie, maternité, fin de contrat de travail…) dans le mois ayant eu un impact sur la paie.

Données des cartes bancaires

L’évolution des achats opérés peut être appréciée par les données de transactions par carte bancaire. Les données utilisées concernent tout détenteur de Carte Bancaire CB sur le territoire français, ce qui, outre les ménages, peut recouvrir aussi des entreprises. Ces données ne recouvrent pas les transactions réalisées par d’autres moyens de paiement (espèces, chèque, ticket restaurant, etc.). De plus, à l’inverse des données utilisées à l’échelle nationale, notamment dans l’estimation de la perte de consommation des ménages, les données départementales intègrent certaines transactions non assimilables à de la consommation (dons à des associations, achat de timbres fiscaux, etc.). Enfin, les transactions à distance (notamment celles sur internet) ne sont pas prises en compte.

Données de consommation électrique

Enedis est le principal distributeur d’électricité (80 % de la consommation de France métropolitaine). Les données utilisées couvrent la période du 1er juillet 2018 au 31 mai 2020. Elles correspondent au profilage dynamique de la consommation de l’intégralité des clients du réseau d’Enedis. Ces données estiment de façon journalière l’électricité consommée par trois types d’utilisateurs, selon la puissance souscrite :

  • résidentiels, inférieure à 36 kVA (usage résidentiel), correspondant à environ 45 % de la consommation ;
  • hors résidentiel à faible puissance souscrite (contrats non résidentiels de puissance souscrite ≤36 kVA hors éclairage public), correspondant à environ 10 % de la consommation ;
  • hors résidentiel à forte puissance souscrite (contrats non résidentiels de puissance souscrite > 36 kVA), correspondant à environ 45 % de la consommation.

Par ailleurs, des données de température issues de Météo France sont utilisées pour le calcul quotidien de « degrés-jours unifiés » (DJU), afin de corriger les données des variations de températures.

Les données de consommation par secteur (industrie/tertiaire) sont uniquement disponibles pour les client Enedis en hors résidentiel à forte puissance souscrite.

Définitions


L'unité légale est une entité juridique de droit public ou privé (société ou personne physique exerçant une activité économique). Une unité légale monorégionale est une unité légale dont tous les établissements sont situés dans la même région.

Pour en savoir plus