Insee Analyses Bourgogne-Franche-ComtéAttractivité résidentielle : des ressorts pas toujours suffisants dans les grands pôles urbains, des atouts dans certaines petites centralités

Hélène Ville, Régine Bordet-Gaudin (Insee)

En Bourgogne-Franche-Comté, comme ailleurs, la plupart des personnes qui déménagent s’éloignent peu de leur lieu de résidence antérieur, et ceci même lorsqu’elles arrivent d’autres régions. Leurs choix résidentiels, intimement liés aux étapes de la vie, reposent sur le potentiel des territoires pour attirer de nouveaux habitants.

Si les grands pôles urbains polarisent les flux d’étudiants et de cadres, d’autres territoires de la région sont également attractifs. Les ressources en emploi, une économie peu industrialisée ou un emploi industriel qui résiste, favorisent l’installation de jeunes actifs, ce qui contribue au rajeunissement et au dynamisme de certains pôles ainsi en croissance.

Les intercommunalités périurbaines se résidentialisent et leur attractivité tient surtout à la proximité d’un grand pôle d’emploi. Certaines bénéficient de spécificités sectorielles et parviennent à développer de l’emploi et un rôle de centralité. Toutefois, le plus souvent, elles sont très dépendantes du grand pôle le plus proche, ce qui peut les fragiliser. Les territoires les moins attractifs, situés surtout à l’ouest de la région et au nord de la Haute-Saône, cumulent éloignement des grandes agglomérations et faiblesses structurelles. Celles-ci sont notamment liées au vieillissement de leur population et à leur tissu industriel souvent en difficulté. Certains espaces plutôt ruraux bénéficient cependant de l’installation de jeunes retraités.

Insee Analyses Bourgogne-Franche-Comté
No 75
Paru le : Paru le 05/10/2020
Hélène Ville, Régine Bordet-Gaudin (Insee)
Insee Analyses Bourgogne-Franche-Comté  No 75 - Octobre 2020

En Bourgogne-Franche-Comté, comme dans les autres régions de France, la plupart des personnes qui déménagent s’éloignent peu de leur lieu d’habitation précédent.

Plus de la moitié des individus mobiles restent dans la même intercommunalité, et le plus souvent dans la même commune. Lorsqu’ils changent d’intercommunalité, la proximité prévaut également, particulièrement dans l’est de la région, tout comme dans le quart nord-est de l’Hexagone (figure 1).

Parmi les 140 000 personnes arrivées en 2015 dans une intercommunalité de Bourgogne-Franche-Comté, 84 000 habitaient déjà dans la région. Parmi ces derniers, les 3/4 se sont installés à moins de 50 kilomètres de leur ancien lieu de résidence.

Les migrations résidentielles depuis une autre région sont ainsi minoritaires, et répondent là encore souvent à une logique de proximité. Parmi les principaux points d’entrée des nouveaux arrivants dans la région, les franges sénonaise et du sud de la Saône-et-Loire profitent ainsi de leur position près de l’Île-de-France et d’Auvergne-Rhône-Alpes pour attirer des populations des départements limitrophes. Les migrations plus lointaines se font généralement vers les plus grands pôles urbains, comme Dijon et Besançon. En Bourgogne-Franche-Comté, peu d’intercommunalités parviennent à attirer à la fois de nouveaux arrivants de la région et en provenance d’autres régions.

Figure 1En dehors des grands pôles urbains, l’est de la région attire peu de personnes venant de loin, à l’image des territoires du nord-est de la FrancePart de nouveaux arrivants qui ont effectué une migration résidentielle de plus de 50 km sur un an

En dehors des grands pôles urbains, l’est de la région attire peu de personnes venant de loin, à l’image des territoires du nord-est de la France
code EPCI ville principale de l’EPCI part de nouveaux arrivants qui parcourent plus de 50 km
200012060 Arinthod 35
200040293 Cluny 52
200068088 La Charité-sur-Loire 37
200069623 Champagnole 43
200069698 Tournus 33
200071017 Semur-en-Auxois 52
200071207 Pouilly-en-Auxois 39
200071579 Louhans 50
200071595 Poligny 47
200071645 Matour 40
200072056 Saint-Amour 37
242504116 Morteau 63
242504181 Valdahon 41
243900354 Les Rousses 62
247000664 Lure 31
247100647 Pierre-de-Bresse 43
200039063 Messigny-et-Vantoux 23
200067080 Chablis 36
200068070 Ornans 31
200068294 L'Isle-sur-le-Doubs 21
200069615 Bletterans 33
200070894 Nuits-Saint-Georges 30
200070902 Auxonne 30
200072825 Mirebeau-sur-Bèze 25
242100154 Is-sur-Tille 31
242504371 Sancey 34
242504447 Baume-les-Dames 23
242504496 Frasne 31
243900719 Clairvaux-les-Lacs 40
243901071 Orgelet 34
245804497 Saint-Pierre-le-Moûtier 41
247103765 Sennecey-le-Grand 35
200000925 Genlis 23
200023075 Maîche 49
200039055 Velars-sur-Ouche 27
200040038 Saint-Martin-en-Bresse 26
200041853 Dampierre-sur-Linotte 17
200041861 Saulx 22
200041879 Port-sur-Saône 32
200041887 Marnay 23
200042414 Saint-Germain-du-Bois 26
200067908 Saint-Benin-d'Azy 42
200069060 Giromagny 23
200069540 Arc-sur-Tille 22
200069565 Jougne 66
200071538 Ouroux-sur-Saône 31
242101509 Brazey-en-Plaine 28
242500320 Gilley 33
242504355 Le Russey 30
242504488 Levier 26
243900420 Mont-sous-Vaudrey 33
243900560 Fraisans 25
243900610 Saint-Laurent-en-Grandvaux 35
243901089 Chaussin 31
245801063 Saint-Éloi 29
247000367 Scey-sur-Saône-et-Saint-Albin 24
247000698 Gy 23
247000706 Rioz 21
247000714 Villersexel 24
247000722 Héricourt 19
247000821 Champagney 24
247103864 Iguerande 41
247104094 Buxy 37
248900383 Migennes 40
248900524 Montholon 37
248900664 Villeneuve-l'Archevêque 41
248900748 Saint-Valérien 41
248900896 Villeneuve-la-Guyard 38
249000241 Delle 30
200036150 Jussey 44
200039709 Joux-la-Ville 50
200041721 Fougerolles 39
200067130 Charny Orée de Puisaye 56
200067304 Saint-Florentin 39
200067700 Decize 55
200067916 Cosne-Cours-sur-Loire 63
200070548 Chauffailles 55
200070910 Selongey 26
200071173 Arnay-le-Duc 39
242101459 Venarey-les-Laumes 44
243900412 Moirans-en-Montagne 46
243900479 Hauts de Bienne 57
247000623 Champlitte 36
247000755 Luxeuil-les-Bains 37
247000854 Mélisey 34
247100639 Marcigny 43
248900938 Joigny 51
200026573 Saint-Claude 55
200036549 Gray 42
200039642 Tonnerre 59
200039758 Avallon 61
200067429 Clamecy 60
200067692 Corbigny 61
200067882 Luzy 62
200067890 Château-Chinon (Ville) 70
200070316 Gueugnon 45
200070530 Autun 67
200071884 Paray-le-Monial 60
242101434 Châtillon-sur-Seine 69
242101442 Saulieu 49
242101491 Montbard 44
200006682 Beaune 49
200010650 Dole 45
200065647 Montbéliard 63
200067114 Auxerre 55
200069052 Belfort 60
200070308 Mâcon 58
200071116 Lons-le-Saunier 51
242500338 Pontarlier 50
245804406 Nevers 62
247000011 Vesoul 32
247100290 Le Creusot 63
247100589 Chalon-sur-Saône 57
248900334 Sens 56
242100410 Dijon 76
242500361 Besançon 69
  • Champ : personnes qui ont changé d’intercommunalité sur un an (hors personnes venant ou partant à l’étranger)
  • Source : Insee, RP 2016 (enquêtes de recensement de 2014 à 2018), zonage en intercommunalité au 01/01/2019

Figure 1En dehors des grands pôles urbains, l’est de la région attire peu de personnes venant de loin, à l’image des territoires du nord-est de la FrancePart de nouveaux arrivants qui ont effectué une migration résidentielle de plus de 50 km sur un an

  • Champ : personnes qui ont changé d’intercommunalité sur un an (hors personnes venant ou partant à l’étranger)
  • Source : Insee, RP 2016 (enquêtes de recensement de 2014 à 2018), zonage en intercommunalité au 01/01/2019

Proximité d’un pôle urbain et atouts territoriaux, facteurs d’attractivité

Les trajectoires migratoires diffèrent selon le profil des individus : les mobilités de proximité concernent plutôt les jeunes actifs, et les migrations longue distance plutôt les cadres et les retraités.

Ces populations ne recherchent pas les mêmes types de territoires et ont tendance à s’installer là où elles sont déjà surreprésentées. Les étudiants, qui relèvent autant de la logique de proximité que des longs déplacements, se concentrent dans les grandes villes universitaires, les actifs, en périphérie des grands pôles d’emploi, et les retraités dans les petits pôles ruraux (figure 2).

L’attractivité est plurielle, liée aux cycles de vie, et ne repose pas sur les mêmes ressorts selon les types de territoires. Néanmoins, les intercommunalités de la région qui ont la plus forte propension à attirer de la population partagent certains atouts (méthode). Ceux-ci tiennent à la fois à leur proximité d’un grand pôle urbain et à leurs propres caractéristiques.

Une population jeune, une importante ressource en emploi, une économie peu industrielle, un emploi industriel qui résiste sont déterminants. La faible implantation de zones commerciales au profit des logements, un prix du foncier relativement élevé souvent synonyme d’un parc de logements récents et la présence de résidences secondaires sont des caractéristiques communes aux territoires les plus attractifs. D’autres facteurs, tels que la présence d’infrastructures de transport, d’entreprises, d’établissements de formation peuvent favoriser aussi l’arrivée de population.

Figure 2 Les cadres et les étudiants s’installent surtout dans les plus grands pôlesTrajectoires migratoires surreprésentées selon les types de population et profils de territoires en Bourgogne-Franche-Comté*

  • * Profil de territoires : voir figure 4
  • Champ : ensemble des entrants sur un an, y compris venant de l’étranger
  • Source : Insee, RP 2016 (enquêtes de recensement de 2014 à 2018)

Les grands pôles urbains attirent étudiants et cadres, surtout Dijon et Besançon

Les 15 intercommunalités abritant les plus grandes villes de la région sont les premiers points d’entrée et de sortie des populations. En Bourgogne-Franche-Comté, 68 000 personnes sont venues s’y installer en 2016, dont 46 % provenaient d’une autre région.

Ces territoires concentrent les structures de formation supérieure et les emplois, notamment très qualifiés qui permettent d’attirer de nouveaux arrivants au profil spécifique : des cadres et des étudiants. Dijon Métropole et Grand Besançon Métropole, qui abritent les deux anciennes capitales régionales, en bénéficient particulièrement. Cela leur confère un rayonnement qui s’étend au-delà des frontières régionales. Elles attirent moins que les plus grandes métropoles, telles que Paris, Lyon ou Strasbourg, avec lesquelles elles ont des flux déficitaires. Elles ont en revanche une attractivité comparable aux pôles de taille similaire, comme Rouen ou Clermont-Ferrand, notamment pour les cadres. Ceux-ci représentent plus de 20 % des actifs qui s’installent dans les deux métropoles, contre 15 % en moyenne dans la région, et près des deux tiers d’entre eux viennent d’une autre région.

Dijon Métropole et Grand Besançon Métropole sont également attractives pour les « régionaux », notamment les étudiants qui représentent un tiers des nouveaux arrivants. Ils y renforcent une présence déjà très marquée des 18-24 ans, souvent au détriment de nombreuses intercommunalités en déficit de jeunes.

Un rayonnement plus faible pour les autres grands pôles

Les autres grands pôles de la région partagent des caractéristiques communes avec Dijon Métropole et Grand Besançon Métropole, mais elles sont moins marquées. Leur rayonnement est plus limité et ils n’ont pas, pour la plupart, une forte propension à attirer des nouveaux arrivants à la fois de la région et d’autres régions (figure 3). Ces intercommunalités n’ont pas de réelle portée à l’échelle nationale. Le plus souvent, lorsqu’elles sont tournées vers l’extérieur, comme c’est le cas de Sens, Belfort, Mâcon ou Nevers, c’est avant tout parce qu’elles se situent aux franges de la région.

Ainsi, les offres d’emplois qualifiés et de formations ne suffisent pas à elles seules à rendre attractives ces intercommunalités qui rencontrent souvent des difficultés économiques et dont l’image est parfois défavorable. Globalement en décroissance, elles perdent de la population et de l’emploi. Le chômage et la pauvreté y sont parfois plus répandus. C’est particulièrement vrai à Vesoul, Nevers et Belfort, qui ne parviennent pas à retenir leurs habitants, et à Montbéliard et au Creusot-Montceau où la part de nouveaux arrivants dans la population est la plus faible de la région.

Figure 3 Grands pôles urbains et franges, principaux territoires à attirer des populations extérieures à la régionPropension à attirer des nouveaux habitants de la région et d’autres régions selon le profil de territoires*

Grands pôles urbains et franges, principaux territoires à attirer des populations extérieures à la région - Note de lecture : la propension de Dijon Métropole à attirer des personnes arrivant dans la région correspond à la part d’entrants dans ce territoire parmi l’ensemble de la population arrivant dans la région rapportée à la part de la population totale de ce territoire dans la population totale régionale. L’indice résultant est de 150 : Dijon Métropole attire ainsi 50 % de plus d’entrants d’autres régions qu’il devrait en attirer compte tenu de son poids démographique dans la région. Dijon Métropole a donc une forte propension à attirer des personnes arrivant dans la région. Sa propension à attirer des personnes de la région est plus faible (indice = 110).
Code EPCI Ville principale de l’EPCI Groupe Propension à attirer des entrants de l’extérieur Propension à attirer des entrants de la région
200012060 Arinthod G1 1,9 0,7
200040293 Cluny G1 1,5 1,0
200068088 La Charité-sur-Loire G1 1,1 1,1
200069623 Champagnole G1 0,6 1,0
200069698 Tournus G1 1,0 1,1
200071017 Semur-en-Auxois G1 0,8 1,3
200071207 Pouilly-en-Auxois G1 0,8 1,3
200071579 Louhans G1 1,0 0,8
200071595 Poligny G1 0,9 1,3
200071645 Matour G1 1,3 0,9
200072056 Saint-Amour G1 1,1 1,2
242504116 Morteau G1 1,2 0,9
242504181 Valdahon G1 0,9 1,3
243900354 Les Rousses G1 1,7 1,0
247000664 Lure G1 0,7 1,4
247100647 Pierre-de-Bresse G1 0,8 1,3
200039063 Messigny-et-Vantoux G2 0,5 1,7
200067080 Chablis G2 0,9 1,4
200068070 Ornans G2 0,5 1,2
200068294 L'Isle-sur-le-Doubs G2 0,3 1,2
200069615 Bletterans G2 0,5 1,3
200070894 Nuits-Saint-Georges G2 0,5 1,2
200070902 Auxonne G2 0,6 1,4
200072825 Mirebeau-sur-Bèze G2 0,4 1,5
242100154 Is-sur-Tille G2 0,6 1,3
242504371 Sancey G2 0,7 1,0
242504447 Baume-les-Dames G2 0,4 1,4
242504496 Frasne G2 0,7 1,6
243900719 Clairvaux-les-Lacs G2 0,6 1,2
243901071 Orgelet G2 0,9 1,5
245804497 Saint-Pierre-le-Moûtier G2 1,2 1,0
247103765 Sennecey-le-Grand G2 0,9 1,2
200000925 Genlis G3 0,4 1,5
200023075 Maîche G3 0,7 0,9
200039055 Velars-sur-Ouche G3 0,6 1,4
200040038 Saint-Martin-en-Bresse G3 0,5 1,4
200041853 Dampierre-sur-Linotte G3 0,3 1,8
200041861 Saulx G3 0,5 1,5
200041879 Port-sur-Saône G3 0,5 1,2
200041887 Marnay G3 0,4 1,7
200042414 Saint-Germain-du-Bois G3 0,7 1,7
200067908 Saint-Benin-d'Azy G3 0,9 1,2
200069060 Giromagny G3 0,9 1,1
200069540 Arc-sur-Tille G3 0,6 1,7
200069565 Jougne G3 1,5 1,2
200071538 Ouroux-sur-Saône G3 0,7 1,1
242101509 Brazey-en-Plaine G3 0,4 1,2
242500320 Gilley G3 0,7 1,5
242504355 Le Russey G3 0,5 1,5
242504488 Levier G3 0,5 1,7
243900420 Mont-sous-Vaudrey G3 0,7 1,6
243900560 Fraisans G3 0,4 1,7
243900610 Saint-Laurent-en-Grandvaux G3 0,5 1,0
243901089 Chaussin G3 0,4 1,3
245801063 Saint-Éloi G3 0,8 1,4
247000367 Scey-sur-Saône-et-Saint-Albin G3 0,5 1,8
247000698 Gy G3 0,4 1,9
247000706 Rioz G3 0,4 1,9
247000714 Villersexel G3 0,4 1,3
247000722 Héricourt G3 0,4 1,2
247000821 Champagney G3 0,4 1,1
247103864 Iguerande G3 2,1 0,6
247104094 Buxy G3 0,8 1,4
248900383 Migennes G3 1,0 1,3
248900524 Montholon G3 0,9 1,2
248900664 Villeneuve-l'Archevêque G3 1,3 1,1
248900748 Saint-Valérien G3 1,7 0,8
248900896 Villeneuve-la-Guyard G3 1,8 0,5
249000241 Delle G3 0,8 1,1
200036150 Jussey G4 0,7 0,9
200039709 Joux-la-Ville G4 0,9 1,1
200041721 Fougerolles G4 0,7 0,9
200067130 Charny Orée de Puisaye G4 1,2 0,7
200067304 Saint-Florentin G4 0,8 1,0
200067700 Decize G4 1,1 0,7
200067916 Cosne-Cours-sur-Loire G4 1,6 0,5
200070548 Chauffailles G4 1,4 0,5
200070910 Selongey G4 0,6 1,2
200071173 Arnay-le-Duc G4 0,6 1,2
242101459 Venarey-les-Laumes G4 0,7 1,1
243900412 Moirans-en-Montagne G4 1,1 0,6
243900479 Hauts de Bienne G4 1,4 1,1
247000623 Champlitte G4 0,4 1,0
247000755 Luxeuil-les-Bains G4 0,9 1,3
247000854 Mélisey G4 0,8 0,9
247100639 Marcigny G4 1,5 0,5
248900938 Joigny G4 1,4 1,1
200026573 Saint-Claude G5 1,0 0,6
200036549 Gray G5 0,7 1,1
200039642 Tonnerre G5 1,0 0,7
200039758 Avallon G5 1,1 0,8
200067429 Clamecy G5 1,0 0,9
200067692 Corbigny G5 1,2 1,0
200067882 Luzy G5 1,0 0,8
200067890 Château-Chinon (Ville) G5 1,3 0,8
200070316 Gueugnon G5 0,9 0,7
200070530 Autun G5 0,8 0,6
200071884 Paray-le-Monial G5 1,1 0,7
242101434 Châtillon-sur-Seine G5 0,9 0,5
242101442 Saulieu G5 0,8 1,1
242101491 Montbard G5 0,5 1,2
200006682 Beaune grand pôle 0,8 0,9
200010650 Dole grand pôle 0,7 1,0
200065647 Montbéliard grand pôle 0,8 0,6
200067114 Auxerre grand pôle 1,0 1,1
200069052 Belfort grand pôle 1,5 0,8
200070308 Mâcon grand pôle 1,5 0,5
200071116 Lons-le-Saunier grand pôle 1,1 1,2
242500338 Pontarlier grand pôle 1,0 1,3
245804406 Nevers grand pôle 1,4 0,7
247000011 Vesoul grand pôle 0,7 1,5
247100290 Le Creusot grand pôle 0,6 0,5
247100589 Chalon-sur-Saône grand pôle 0,8 1,0
248900334 Sens grand pôle 1,2 0,7
242100410 Dijon intercommunalité de Dijon ou Besançon 1,6 1,1
242500361 Besançon intercommunalité de Dijon ou Besançon 1,3 1,1
  • * Profil de territoires : voir figure 4
  • Note de lecture : la propension de Dijon Métropole à attirer des personnes arrivant dans la région correspond à la part d’entrants dans ce territoire parmi l’ensemble de la population arrivant dans la région rapportée à la part de la population totale de ce territoire dans la population totale régionale. L’indice résultant est de 150 : Dijon Métropole attire ainsi 50 % de plus d’entrants d’autres régions qu’il devrait en attirer compte tenu de son poids démographique dans la région. Dijon Métropole a donc une forte propension à attirer des personnes arrivant dans la région. Sa propension à attirer des personnes de la région est plus faible (indice = 110).
  • Champ : ensemble des entrants sur un an, y compris venant de l’étranger
  • Source : Insee, RP 2016 (enquêtes de recensement de 2014 à 2018)

Figure 3 Grands pôles urbains et franges, principaux territoires à attirer des populations extérieures à la régionPropension à attirer des nouveaux habitants de la région et d’autres régions selon le profil de territoires*

  • * Profil de territoires : voir figure 4
  • Note de lecture : la propension de Dijon Métropole à attirer des personnes arrivant dans la région correspond à la part d’entrants dans ce territoire parmi l’ensemble de la population arrivant dans la région rapportée à la part de la population totale de ce territoire dans la population totale régionale. L’indice résultant est de 150 : Dijon Métropole attire ainsi 50 % de plus d’entrants d’autres régions qu’il devrait en attirer compte tenu de son poids démographique dans la région. Dijon Métropole a donc une forte propension à attirer des personnes arrivant dans la région. Sa propension à attirer des personnes de la région est plus faible (indice = 110).
  • Champ : ensemble des entrants sur un an, y compris venant de l’étranger
  • Source : Insee, RP 2016 (enquêtes de recensement de 2014 à 2018)

Les petites centralités en croissance cumulent plusieurs atouts

Dans la région, de petites centralités s’affirment comme relais de services et d’équipements. Ces petits pôles en croissance (figure 4 – G1), sans être isolés, sont suffisamment éloignés de l’aire d’influence des plus grandes villes. Ils offrent une importante ressource en emploi, bénéficient d’une économie peu industrielle (seulement 8 % de l’emploi à Pouilly-en-Auxois) ou d’une industrie qui a résisté (en 25 ans, l’emploi industriel a augmenté de près de 30 % à Valdahon). Les actifs venant s’installer et travailler dans ces territoires contribuent ainsi au rajeunissement et au développement de l’emploi.

À ces atouts s’ajoutent souvent d’autres avantages qui renforcent d’autant plus l’attractivité. Cela peut être l'attrait touristique dont bénéficient Les Rousses, ou des effets des politiques d’aménagement du territoire : la construction d’une voie rapide désenclave Lure, l’implantation d’une école nationale à Poligny et à Cluny contribue à l’arrivée d’étudiants. La proximité de la Suisse pour Morteau, et de la région Auvergne-Rhône-Alpes pour Arinthod, Matour et Saint-Amour, confère à ces territoires une double attractivité de pôle d’emploi et d’espace résidentiel. Ainsi, 84 % des nouveaux arrivants en emploi qui viennent de la région et s’installent à Arinthod travaillent aussi dans ce territoire. En revanche, la moitié de ceux qui viennent d’Auvergne-Rhône-Alpes, travaillent là où ils résidaient auparavant.

Périurbain : attractivité résidentielle avec peu d’effet sur l’emploi

La structure intrinsèque d’un territoire n’explique pas toujours à elle seule son attractivité. La proximité d’un grand pôle d’emploi est également un facteur déterminant. Les territoires en périphérie des grands pôles ont ainsi une forte propension à attirer de la population. Il s’agit avant tout d’une attractivité résidentielle de proximité : le périurbain capte particulièrement des jeunes actifs qui quittent le pôle d’emploi pour les territoires environnants. À la recherche de conditions de logement plus favorables, ceux-ci travaillent souvent là où ils habitaient auparavant. C’est le cas de plus de la moitié des nouveaux arrivants dans les intercommunalités de Fraisans, Marnay, Arc-sur-Tille ou Velars-sur-Ouche (figure 4 – G3).

Les espaces périurbains profitent de la proximité des grands pôles. Devenus plus artificialisés, ils abritent une offre importante de logements récents qui les rend d’autant plus attractifs. Ainsi, une population de plus en plus jeune vient s’y installer.

Néanmoins, cette attractivité purement résidentielle engendre très peu de développement économique : l’emploi est globalement peu implanté et souvent en diminution, sauf dans quelques intercommunalités près de la frontière suisse. La résidentialisation est parfois le signe d’un affaiblissement économique. Ainsi, avec l’extension de l’aire d’influence d’Auxerre et de celle de Belfort-Montbéliard, Migennes et Delle ont perdu leur rôle de centralité.

Le revers de la proximité : une forte dépendance qui peut fragiliser

Le développement des espaces périurbains s’explique avant tout par leur environnement et leur proximité géographique avec de grands pôles d’emploi. Ces territoires dépendent ainsi fortement du pôle et de sa trajectoire. Par exemple, Marnay et Fraisans, sous l’influence de deux pôles dynamiques, Dole et Besançon, bénéficient d’un environnement favorable à leur attractivité. À l’inverse, les intercommunalités périphériques des pôles en décroissance peinent à retenir leurs populations et sont parfois en perte d’attractivité : c’est le cas par exemple de Port-sur-Saône et de Saulx, au nord de Vesoul.

Les territoires périurbains sont également dépendants du développement résidentiel et de la concurrence des autres territoires situés aussi aux portes des grands pôles. Autour de Dijon par exemple, Arc-sur-Tille et Velars-sur-Ouche renforcent leur attractivité alors que Brazey-en-Plaine, plus éloigné, et Genlis, périurbanisé depuis longtemps, accueillent moins de nouveaux arrivants. De la même façon, près de la frontière suisse, Maîche perd désormais des habitants au profit du Russey, où sont venus s’installer 15 % des habitants de Maîche.

Certains territoires résidentialisés développent des fonctions de centralité

Tout l’enjeu pour les espaces périurbains est alors de réussir à tirer profit de leurs propres atouts et de bénéficier d’un effet positif sur l’économie locale. C’est le cas pour certains d’entre eux qui offrent des emplois sectoriels spécifiques, par exemple dans la recherche-développement à Is-sur-Tille avec la présence du CEA Valduc, ou la viticulture et les activités induites à Chablis (figure 4 – G2). Ainsi, les actifs s’y installant y travaillent plus souvent que dans les territoires essentiellement résidentiels.

Malgré la proximité d’un grand pôle, la ville principale de l’intercommunalité développe ainsi un petit rôle de centralité qui a même parfois tendance à se renforcer. L’emploi présentiel, notamment le commerce, y est généralement en augmentation.

Territoires les moins attractifs : faiblesses structurelles et fort déterminisme géographique

Dans les territoires du nord de la Haute-Saône et de la Côte-d’Or ainsi que dans le Morvan, la population est âgée et en repli. Les maisons souvent anciennes, ont une faible valeur foncière. L’industrie est encore très implantée, parfois fortement touchée par les crises successives. Cela dessert leur attractivité, et se combine souvent à une position géographique défavorable. Certains de ces territoires en décroissance, sont en deuxième périphérie des grands pôles, à l’image de Saint-Florentin ou de Selongey (figure 4 – G4). Ils en sont alors à la fois trop éloignés pour en tirer profit, et trop proches pour conserver un véritable rôle de centralité.

Le plus souvent, ils sont à la fois très isolés et peu accessibles. L’éloignement d’un grand pôle, qui atteint notamment plus d’une heure dans le Morvan, est un frein supplémentaire, même en présence d’équipements ou d’emplois spécifiques. À Montbard par exemple, la gare TGV et des emplois spécialisés de cadres dans l’industrie ne contre-balancent pas la distance à Dijon (figure 4 – G5).

À cet éloignement s’ajoute un fort déterminisme géographique : ces intercommunalités sont entourées de territoires qui leur ressemblent, à la population âgée, peu mobile. Elles ont alors une très faible propension à capter des gens de la région.

Certaines de ces intercommunalités, plus touristiques, en particulier dans le Morvan, présentent une forte concentration de résidences secondaires : plus de 30 % des logements à Château-Chinon et Corbigny. Elles sont choisies par de jeunes retraités : plus de 20 % des nouveaux arrivants à Corbigny, Luzy, Saulieu, Clamecy et Gueugnon, contre 9 % en moyenne dans la région. Cette population, qui vient majoritairement d’autres régions, quitte en effet les grandes villes et leur périphérie pour se diriger vers des petits pôles plus ruraux. Elle représente néanmoins un faible nombre de personnes. Ces arrivées ne compensent ainsi pas le déficit d’actifs, ce qui contribue au vieillissement continu de ces territoires.

Figure 4 Migrations résidentielles : 7 grands profils de territoiresTypologie des intercommunalités selon leur potentiel pour attirer de la population

Migrations résidentielles : 7 grands profils de territoires
code EPCI ville principale de l’EPCI groupe
200012060 Arinthod G1
200040293 Cluny G1
200068088 La Charité-sur-Loire G1
200069623 Champagnole G1
200069698 Tournus G1
200071017 Semur-en-Auxois G1
200071207 Pouilly-en-Auxois G1
200071579 Louhans G1
200071595 Poligny G1
200071645 Matour G1
200072056 Saint-Amour G1
242504116 Morteau G1
242504181 Valdahon G1
243900354 Les Rousses G1
247000664 Lure G1
247100647 Pierre-de-Bresse G1
200039063 Messigny-et-Vantoux G2
200067080 Chablis G2
200068070 Ornans G2
200068294 L'Isle-sur-le-Doubs G2
200069615 Bletterans G2
200070894 Nuits-Saint-Georges G2
200070902 Auxonne G2
200072825 Mirebeau-sur-Bèze G2
242100154 Is-sur-Tille G2
242504371 Sancey G2
242504447 Baume-les-Dames G2
242504496 Frasne G2
243900719 Clairvaux-les-Lacs G2
243901071 Orgelet G2
245804497 Saint-Pierre-le-Moûtier G2
247103765 Sennecey-le-Grand G2
200000925 Genlis G3
200023075 Maîche G3
200039055 Velars-sur-Ouche G3
200040038 Saint-Martin-en-Bresse G3
200041853 Dampierre-sur-Linotte G3
200041861 Saulx G3
200041879 Port-sur-Saône G3
200041887 Marnay G3
200042414 Saint-Germain-du-Bois G3
200067908 Saint-Benin-d'Azy G3
200069060 Giromagny G3
200069540 Arc-sur-Tille G3
200069565 Jougne G3
200071538 Ouroux-sur-Saône G3
242101509 Brazey-en-Plaine G3
242500320 Gilley G3
242504355 Le Russey G3
242504488 Levier G3
243900420 Mont-sous-Vaudrey G3
243900560 Fraisans G3
243900610 Saint-Laurent-en-Grandvaux G3
243901089 Chaussin G3
245801063 Saint-Éloi G3
247000367 Scey-sur-Saône-et-Saint-Albin G3
247000698 Gy G3
247000706 Rioz G3
247000714 Villersexel G3
247000722 Héricourt G3
247000821 Champagney G3
247103864 Iguerande G3
247104094 Buxy G3
248900383 Migennes G3
248900524 Montholon G3
248900664 Villeneuve-l'Archevêque G3
248900748 Saint-Valérien G3
248900896 Villeneuve-la-Guyard G3
249000241 Delle G3
200036150 Jussey G4
200039709 Joux-la-Ville G4
200041721 Fougerolles G4
200067130 Charny Orée de Puisaye G4
200067304 Saint-Florentin G4
200067700 Decize G4
200067916 Cosne-Cours-sur-Loire G4
200070548 Chauffailles G4
200070910 Selongey G4
200071173 Arnay-le-Duc G4
242101459 Venarey-les-Laumes G4
243900412 Moirans-en-Montagne G4
243900479 Hauts de Bienne G4
247000623 Champlitte G4
247000755 Luxeuil-les-Bains G4
247000854 Mélisey G4
247100639 Marcigny G4
248900938 Joigny G4
200026573 Saint-Claude G5
200036549 Gray G5
200039642 Tonnerre G5
200039758 Avallon G5
200067429 Clamecy G5
200067692 Corbigny G5
200067882 Luzy G5
200067890 Château-Chinon (Ville) G5
200070316 Gueugnon G5
200070530 Autun G5
200071884 Paray-le-Monial G5
242101434 Châtillon-sur-Seine G5
242101442 Saulieu G5
242101491 Montbard G5
200006682 Beaune grand pôle
200010650 Dole grand pôle
200065647 Montbéliard grand pôle
200067114 Auxerre grand pôle
200069052 Belfort grand pôle
200070308 Mâcon grand pôle
200071116 Lons-le-Saunier grand pôle
242500338 Pontarlier grand pôle
245804406 Nevers grand pôle
247000011 Vesoul grand pôle
247100290 Le Creusot grand pôle
247100589 Chalon-sur-Saône grand pôle
248900334 Sens grand pôle
242100410 Dijon intercommunalité de Dijon ou Besançon
242500361 Besançon intercommunalité de Dijon ou Besançon
  • Source : Insee, RP 2016 (enquêtes de recensement de 2014 à 2018)

Figure 4 Migrations résidentielles : 7 grands profils de territoiresTypologie des intercommunalités selon leur potentiel pour attirer de la population

  • Source : Insee, RP 2016 (enquêtes de recensement de 2014 à 2018)

Pour comprendre

L’étude, réalisée en partenariat avec le Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, analyse les dynamiques territoriales liées aux migrations résidentielles et leurs disparités d’attractivité.

Les écarts d’attractivité résidentielle entre intercommunalités sont mesurés à l’aide des taux d’entrants (part d’entrants, yc. venant de l’étranger, dans la population moyenne du territoire). Au sein des intercommunalités n’abritant pas de grands pôles urbains, ils sont décomposés en effets structurel-résiduel. Globalement, 60 % des écarts au taux d’entrant moyen dans ces territoires peuvent être expliqués par des effets de structures observables : âge de la population, ressource en emploi (nombre d’emplois rapporté au nombre d’actifs en emplois au lieu de résidence), caractéristiques de l’emploi (part de l’emploi industriel dans l’emploi total, évolution de l’emploi industriel), des logements (valeur foncière des maisons lors des transactions immobilières, taux de résidences secondaires), taux d’équipements en commerces intermédiaires, temps d’accès à une grande aire urbaine la plus proche. Le reste n’est pas expliqué par les variables retenues dans le modèle.

L’évolution de l’emploi industriel est mesuré sur la période 1990-2016.

Sources

L’étude repose essentiellement sur le Recensement de la population 2016 dont les résultats sont produits à partir des enquêtes annuelles de recensement de 2014 à 2018. Elle mobilise des statistiques issues notamment de la BPE 2018 (Base permanente des équipements) gérée par l’Insee, de la source DV3F de la DGFip 2018, construite à partir des fichiers « Demande de valeurs foncières » et « fonciers ».

Définitions


Les migrations résidentielles, appelées aussi « mobilités résidentielles » sont des déplacements conduisant à un changement de résidence durable. Elles sont estimées à partir d’une question figurant sur le bulletin individuel du recensement : « Où habitiez-vous l’an dernier ? ».

Pour en savoir plus

Bertrand M., Thirion O. « Des travailleurs toujours plus mobiles en Bourgogne-Franche-Comté », Insee Analyses Bourgogne-Franche-Comté n° 59, septembre 2019.

Bouriez M., Chassard M., « Les 18 espaces ruraux en Bourgogne-Franche-Comté : parfois attractifs, souvent isolés, toujours en évolution », Insee Analyses Bourgogne-Franche-Comté n° 57, juin 2019.

Branche-Seigeot A., Chassard M., « Franges de Bourgogne-Franche-Comté : des navetteurs souvent très attirés par les pôles d’emploi extérieurs », Insee Analyses Bourgogne-Franche-Comté n° 52, mars 2019.

« Les mobilités résidentielles en France, tendances et impacts territoriaux », Rapport 2018, Cget