Cinq zones d’emploi en GuadeloupeUn marché du travail tourné vers les services de proximité et les administrations

La Région Pointoise, l’Est Grande-Terre, le Sud Basse-Terre, la Côte sous le Vent et Marie-Galante constituent les 5 zones d’emploi de Guadeloupe. Les économies de Marie-Galante et de l’Est Grande-Terre sont particulièrement orientées vers l’agriculture. Les services de proximité et les fonctions administratives sont fortement implantés dans chacune des zones d’emploi. À l’exception de la Région Pointoise, la part de l’emploi dans les 10 plus gros établissements publics est conséquente.

Insee Flash Guadeloupe
No 138
Paru le : Paru le 10/09/2020
Insee Flash Guadeloupe  No 138 - septembre 2020
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La Guadeloupe est découpée en cinq zones d’emploi (encadré 1 et figure 1 ). Elles sont construites de sorte que la part d’actifs occupés résidant et travaillant dans la même zone soit la plus élevée possible. La Région Pointoise est la plus vaste zone d’emploi. Elle s’étend de Morne-à-l’Eau à Sainte-Anne et de Goyave à Sainte-Rose : 235 800 personnes y vivent en 2017 dont 109 670 actifs (en emploi ou au chômage, figure 2). Les autres communes de Grande-Terre et la Désirade constituent la zone d’emploi Est de Grande-Terre (54 610 habitants et 24 300 actifs). Sur la Basse-Terre, la zone d’emploi Côte sous le Vent regroupe trois communes (Bouillante, Deshaies et Pointe-Noire), soit 17 210 habitants et 7 320 actifs. Le reste des communes de la Basse-Terre et les Saintes forment la zone d’emploi Sud Basse-Terre (71 870 habitants et 31 620 actifs). Enfin, Marie-Galante est la cinquième zone d’emploi (10 760 habitants et 4 430 actifs en 2017).

Une maille pertinente pour décrire l’économie des territoires

L’évolution rapide de la conjoncture depuis mars 2020, en lien avec la covid-19, montre l’importance de connaître la structure économique des régions pour permettre d’adapter localement les politiques publiques. En effet, les territoires n’ont pas tous les mêmes potentialités ou fragilités. Le découpage en zones d’emploi constitue une partition géographique adaptée aux diagnostics économiques locaux. C’est donc à cette échelle que les caractéristiques d’un territoire vont influer sur sa plus ou moins grande capacité d’adaptation face aux mutations économiques. Au-delà de l’analyse des emplois selon le découpage sectoriel (activité principale des établissements), cette étude s’intéresse aux fonctions remplies par les actifs, résultant de la profession qu’ils occupent. Les professions sont réparties en quinze fonctions, transversales par rapport aux secteurs d’activité, au statut et au niveau de qualification, comme les services de proximité ou les métiers de la distribution.

Une économie tournée vers l’agriculture à Marie-Galante et l’Est Grande-Terre

Les économies de l’Est Grande-Terre et de Marie-Galante sont orientées vers l’agriculture, notamment la production de canne à sucre. En effet, les fonctions agricoles sont sur-représentées dans ces territoires (12 % à Marie-Galante et 9,9 % dans l’Est Grande-Terre contre 2,6 % en France).

À Marie-Galante, le poids de l’administration est conséquent (15 % des métiers contre 9,1 % en France). Les services de proximité regroupent les métiers assurant des prestations de la vie courante : cuisiniers, serveurs, aides à domicile, coiffeurs… Ils représentent 13 % de l’emploi à Marie-Galante (10 % en France). Les fonctions d’entretien et de réparation (comme le nettoyage, la maintenance) sont aussi bien implantées sur le territoire (8,6 % contre 7,2 % en France).

L’économie de la zone d’emploi Est Grande-Terre est également orientée vers les services de proximité (14 %) et les métiers de la santé et de l’action sociale (10 % comme en France). Les fonctions de distribution avec les professionnels de la vente aux particuliers (petits commerçants, caissiers,boulangers…),concernent 9,7 % des emplois contre 7,2 % en France. Enfin les administrations regroupent seulement 9,2 % des emplois dans cette zone.

Une économie diversifiée dans la Région Pointoise, la Côte sous le Vent et le Sud Basse-Terre

L’économie de la Région Pointoise, de la Côte sous le Vent et du Sud Basse-Terre est diversifiée. Dans ces trois zones d’emploi, les fonctions administratives et les services de proximité sont fortement représentés (33 % en Côte sous le Vent, 31 % dans le Sud Basse-Terre, 24 % dans la Région Pointoise). En revanche, comme sur l’ensemble de la Guadeloupe, les activités de conception recherche sont peu développées (moins de 1 % contre 2,9 % en France).

En Côte sous le Vent, les métiers du bâtiment et des travaux publics sont sur-représentés (9,5 % contre 6 % en France). De plus, 8,6 % des salariés travaillent dans l’entretien et la réparation ; 10 % dans l’éducation et la formation et 14 % dans la santé et l’action sociale.

Les activités de gestion, qui regroupent les professions liées à l’administration des entreprises (cadres administratifs et financiers, secrétaires) et les métiers de la banque et de l’assurance, sont bien représentées dans la Région Pointoise (15 % contre 13 % en France). Par ailleurs, les métiers de la santé (9,7 %) et de la distribution (8,4 %) sont également bien implantés dans cette zone, du fait de la présence du CHU et des centres commerciaux.

Dans le Sud Basse-Terre, les métiers particulièrement représentés sont ceux de la santé et de l’action sociale (13 %), l’entretien réparation (8,9 %) et la gestion (8,1 %).

Une part importante de l’emploi dans les plus gros établissements publics

À l’exception de la Région Pointoise, l’économie de la Guadeloupe présente la spécificité de dépendre des gros établissements, en particulier ceux des administrations publiques. Le poids des dix plus gros établissements publics dans l’emploi dépasse notamment 30 % dans trois zones d’emplois (contre 7,7 % en France).

Dans la Région Pointoise, le poids des dix plus gros établissements publics dans l’emploi s’établit à 12 %. Il est seulement de 4,1 % pour les dix plus gros établissements privés.

Le tissu productif guadeloupéen se caractérise également par un poids important des petits établissements (moins de 10 salariés). Dans l’Est Grande-Terre, un tiers des salariés travaille dans un petit établissement. Ce taux est de 20 % dans le Sud Basse-Terre, 23 % en Côte sous le Vent, 26 % dans la Région Pointoise et 30 % à Marie-Galante (contre 18 % en France).

L’attractivité économique de la Région Pointoise

En Région Pointoise, la part de personnes travaillant dans la zone où elles résident est élevée : 92 %, c’est le taux de stables. Ce territoire est un pôle d’emploi. En effet, il concentre plus d’emplois que d’actifs occupés résidents : 108 emplois pour 100 habitants en emploi. Il attire des travailleurs vivant dans les autres zones d’emploi, appelés navetteurs. Ainsi, le taux de stables est de 58 % dans l’Est Grande-Terre, 62 % en Côte sous le Vent et 82 % dans le Sud Basse-Terre.

Figure 1 Une spécialisation agricole à Marie Galante et l’Est Grande-Terre Les contours des cinq zones d’emploi de Guadeloupe

Une spécialisation agricole à Marie Galante et l’Est Grande-Terre
Num zone emploi Zone emploi Orientation économique Taux de stable
0101 Côte sous le vent Économie diversifiée 63
0102 Est Grande – Terre Spécialisée dans l’agriculture 58
0103 Marie – Galante Spécialisée dans l’agriculture 96
0104 Région Pointoise Économie diversifiée 92
0105 Sud Basse-Terre Économie diversifiée 82
  • Note de lecture ; Le taux d’actifs travaillant dans la zone où ils résident est de 96 % à Marie-Galante
  • Source : Insee, Recensement de la population 2017

Figure 1 Une spécialisation agricole à Marie Galante et l’Est Grande-Terre Les contours des cinq zones d’emploi de Guadeloupe

  • Note de lecture ; Le taux d’actifs travaillant dans la zone où ils résident est de 96 % à Marie-Galante
  • Source : Insee, Recensement de la population 2017

Figure 262 % des actifs de Guadeloupe résident en Région PointoiseCaractéristiques des zones d’emploi de Guadeloupe

62 % des actifs de Guadeloupe résident en Région Pointoise
Population Nombre d’actifs Nombre d’établissements de plus de 10 salariés Nombre d’établissements de 1 à 10 salariés Nombre d’établissements sans salariés
Côte sous le Vent 17210 7320 50 280 1390
Région Pointoise 235 800 109 670 1250 6250 25080
Sud Basse-Terre 71 870 31 620 300 1380 4710
Est Grande-Terre 54 610 24 300 160 1090 5380
Marie-Galante 10 760 4 430 40 230 1000
  • Note de lecture : 7 320 personnes résidant en Côte sous le Vent sont actives (en emploi ou au chômage)
  • Sources : Insee, Recensement de la population 2017, Clap 2015

Encadré 1 - La nouvelle méthode de constitution des zones d’emploi

Les zones d’emploi forment un découpage de l’ensemble du territoire français depuis 1984. Construite à partir des déplacements domicile-travail, une zone d’emploi est un ensemble de communes sur lequel la plupart des actifs résident et travaillent. Ce zonage d’étude est régulièrement mis à jour pour tenir compte de l’évolution de l’économie locale. En 2020, l’Insee et la Direction statistique du Ministère en charge du travail et de l'emploi (Dares) ont révisé ce zonage en s’appuyant sur une méthodologie développée par Eurostat, permettant de comparer plus facilement les pays européens. La méthode repose sur un procédé itératif basé sur l'analyse des déplacements domicile-travail entre les différentes zones. Le contour des zones d’emplois des DOM et de la Corse est affiné localement en raison de leur particularité géographique. En Guadeloupe les déplacements domicile-travail sont limités aux différentes îles de l’archipel.

Encadré 2 - classification des zones d’emploi

La principale orientation économique des territoires est dégagée à travers une typologie des 306 zones d’emploi françaises. Cette typologie permet ensuite de repérer les spécificités des zones d’emploi de la région en les resituant parmi les zones qui partagent la même orientation économique. La typologie s’appuie notamment sur des indicateurs de spécialisation économique.

Pour en savoir plus

Levy D. , Dubois M., Lefebvre M. , « L’orientation économique des zones d’emploi : entre spécialisation et diversification des économies locales », Insee Première, n°1814, septembre 2020.