Au 1ᵉʳ trimestre 2020 : Une baisse de l’emploi salarié historique mais limitée par un recours massif à l’activité partielleNote de conjoncture régionale - 1ᵉʳ trimestre 2020

Daniel Ah-Son, Anne Jonzo, Sébastien Seguin (Insee)

Depuis la mi-mars 2020, l’économie réunionnaise n’est pas épargnée par les conséquences de la crise sanitaire et le confinement mis en place pendant deux mois. La chute brutale de l’activité ne s’est pas immédiatement traduite par des destructions d’emplois dans les mêmes proportions, mais le marché du travail est durement touché. Le recours à l’activité partielle a été massif à La Réunion : jusqu’à 69 000 personnes, soit 42 % des salariés. Cela a permis, au moins pour le moment, de préserver la plupart des emplois. À la fin du premier trimestre 2020, l’emploi salarié baisse ainsi de 0,8 % (- 2 200 emplois), avec un repli plus net dans le secteur privé (- 1,3 %) mais deux fois moins fort qu’au niveau national. Les deux tiers des destructions d’emploi concernent l’intérim, les autres étant surtout concentrées dans des secteurs aux emplois ajustables à court terme comme le commerce ou l’hôtellerie-restauration. En conséquence, le nombre de demandeurs d’emplois inscrits à Pôle emploi (catégories A, B ou C) s’est fortement accru entre fin février et fin mai (+ 2,3 %), mais moins qu’au niveau national (+ 7,9 %). L’activité de la construction est fortement perturbée par la crise sanitaire, avec des baisses de 14 % des permis de construire et de 7 % des ouvertures de chantiers de logements sur les douze derniers mois par rapport à l’année précédente.

Insee Conjoncture Réunion
No 13
Paru le : Paru le 09/07/2020
Daniel Ah-Son, Anne Jonzo, Sébastien Seguin (Insee)
Insee Conjoncture Réunion  No 13 - juillet 2020

Au 1ᵉʳ trimestre 2020, baisse de l’activité

À la suite de la crise sanitaire de la Covid-19, l’économie réunionnaise s’est fortement repliée durant la période de confinement. La perte d’activité par rapport à la normale est évaluée à - 28 % sur la période. En juin, plusieurs semaines après le déconfinement, le niveau d’activité économique se situait encore environ 10 % en dessous de la normale.

En revanche, cette chute brutale de l’activité ne s’est pas immédiatement traduite par des destructions d’emplois dans les mêmes proportions. L’emploi privé connaît une baisse historique (- 1,3 % entre fin 2019 et fin mars 2020, baisse deux fois plus importante qu’au moment du mouvement des Gilets jaunes) et l’emploi public se maintient. L’emploi ne s’ajuste pas immédiatement au rythme de l’activité économique, et le recours massif au dispositif d’activité partielle a permis, au moins pour le moment, de préserver la plupart des emplois.

L’emploi salarié résiste mieux qu’en métropole

Fin mars 2020, 262 800 salariées travaillent à La Réunion, secteurs privé et public confondus. L’emploi se replie par rapport à fin 2019 (- 2 200 emplois, soit - 0,8 % - figure 1). Toutefois, comparé à la fin du premier trimestre 2019, l’emploi augmente (+ 1,4 %, soit + 3 700 emplois), tandis qu’il diminue en France (- 1,2 %).

Figure 1L’emploi salarié baisse à La Réunion comme en FranceÉvolution de l'emploi salarié

indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2010
L’emploi salarié baisse à La Réunion comme en France (indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2010)
Emploi salarié total - La Réunion Emploi salarié total - France hors Mayotte Emploi salarié privé - La Réunion Emploi salarié privé - France hors Mayotte
T4 2010 100 100 100 100
T1 2011 100,34 100,2 101,13 100,27
T2 2011 100,86 100,3 100,95 100,4
T3 2011 102,15 100,25 102,71 100,41
T4 2011 103,29 100,3 103,28 100,43
T1 2012 103,24 100,32 103,2 100,4
T2 2012 103,97 100,29 103,78 100,33
T3 2012 103,3 100,14 103,36 100,07
T4 2012 103,39 100,03 103,53 99,95
T1 2013 102,62 100,04 102,23 99,91
T2 2013 103,92 99,92 103,31 99,66
T3 2013 104,72 100,09 103,92 99,81
T4 2013 106,56 100,37 104,75 99,95
T1 2014 107,63 100,41 105,77 99,9
T2 2014 107,67 100,44 105,92 99,93
T3 2014 108,48 100,34 107 99,77
T4 2014 109,77 100,43 107,78 99,83
T1 2015 110,95 100,38 108,48 99,78
T2 2015 110,9 100,61 108,14 99,99
T3 2015 111,3 100,7 108,95 100,12
T4 2015 112,29 100,89 110 100,35
T1 2016 112,62 101,06 110,4 100,54
T2 2016 113,25 101,32 110,87 100,84
T3 2016 113,31 101,6 111,18 101,15
T4 2016 113,55 101,7 111,84 101,29
T1 2017 114,11 102,1 112,74 101,79
T2 2017 114,74 102,44 113,26 102,22
T3 2017 114,38 102,7 113,1 102,63
T4 2017 114,84 103,08 114,01 103,18
T1 2018 114,35 103,27 114,53 103,41
T2 2018 113,6 103,32 114,06 103,56
T3 2018 113,59 103,43 114,27 103,7
T4 2018 113,52 103,73 114,1 104,05
T1 2019 115,75 104,1 117,06 104,51
T2 2019 116,5 104,33 117,97 104,75
T3 2019 117,38 104,52 119,81 104,96
T4 2019 118,41 104,91 120,81 105,48
T1 2020 117,41 102,85 119,22 102,82
  • Notes : données CVS, en fin de trimestre. Les données du dernier trimestre affiché sont provisoires.
  • Champ : emploi salarié total.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Acoss-Urssaf, Dares, Insee.

Figure 1L’emploi salarié baisse à La Réunion comme en FranceÉvolution de l'emploi salarié

  • Notes : données CVS, en fin de trimestre. Les données du dernier trimestre affiché sont provisoires.
  • Champ : emploi salarié total.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Acoss-Urssaf, Dares, Insee.

Chute de l’emploi privé dès le mois de mars

Après quatre trimestres consécutifs de hausse, l’emploi salarié du secteur privé chute (- 1,3 %, soit - 2 400 emplois). Bien qu’historique, cette baisse est deux fois moins forte qu’au niveau national (- 2,5 %).

Comme ailleurs, ce sont essentiellement les emplois ajustables à court terme qui ont connu une évolution immédiate au moment du confinement. C’est donc l’intérim qui est le secteur le plus touché (figure 2) : deux emplois disparus sur trois étaient dans l’intérim, soit 1 400 destructions d’emplois à La Réunion. Comme l’intérim pèse peu dans l’emploi total, la chute globale de l’emploi est moindre à La Réunion.

Figure 2L’emploi intérimaire se replie fortementÉvolution de l’emploi salarié par secteur détaillé d’activité à La Réunion

L’emploi intérimaire se replie fortement
Emploi salarié en niveau (en milliers) Évolution trimestrielle (en %) Évolution annuelle (en %)
Ensemble 262,8 -0,8 1,4
Privé 177,4 -1,3 1,8
Public 85,4 0,1 0,6
Par secteur d'activité
Agriculture 3,0 -0,3 -0,6
Industrie, dont 18,5 1,3 2,0
Agro-alimentaire 7,1 1,7 2,5
Construction 14,6 0,1 1,1
Tertiaire marchand 114,2 -1,2 2,7
Commerce 34,3 -2,0 1,5
Transports 12,6 -1,2 0,3
Hébergement - restauration 10,0 -2,4 7,5
Information et communication 3,8 -1,6 -1,2
Services financiers 6,4 1,2 3,5
Services immobiliers 1,9 -1,3 -0,1
Services aux entreprises* 23,7 -0,2 3,9
Intérim 3,0 -31,7 -28,5
Services aux ménages 21,5 -1,2 3,5
Tertiaire non marchand 109,6 0,3 1,2
  • * hors intérim.
  • Note : données CVS, en fin de trimestre.
  • L’évolution trimestrielle compare le trimestre en cours au trimestre précédent, l’évolution annuelle compare le trimestre en cours au même trimestre de l’année précédente.
  • Source : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Acoss-Urssaf, Dares, Insee.

Hors intérim, l’emploi est en baisse dans tous les secteurs au 1ᵉʳ trimestre après deux premières semaines de confinement, hormis le secteur public et la construction où il est stable (+ 0,1 %) et les industries agroalimentaires. Le commerce est fortement impacté avec une perte de 700 emplois fin mars, suivi des services aux ménages (- 300 emplois, majoritairement dans les associations), du transport et de l’hébergement-restauration (- 200 emplois chacun). Dans ce dernier secteur, le nombre de déclarations préalables à l’embauche (DPAE) est ainsi en baisse sensible par rapport à un premier trimestre habituel (- 10 %). En revanche, dans la construction et l’industrie, l’emploi salarié résiste (figure 3).

Figure 3L’emploi résiste dans l’industrie et la constructionÉvolution de l'emploi salarié par secteur à La Réunion

indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2010
L’emploi résiste dans l’industrie et la construction (indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2010)
Construction Industrie Tertiaire marchand hors intérim Tertiaire non marchand
T4 2010 100 100 100 100
T1 2011 99,5 99,13 101,36 99,09
T2 2011 100,81 97,88 101,02 100,72
T3 2011 102,89 101,23 102,54 101,65
T4 2011 102,57 100,69 102,96 103,81
T1 2012 103,26 101,27 102,69 103,99
T2 2012 100,84 101,3 103,45 105,13
T3 2012 99,62 101,58 102,85 104,36
T4 2012 98,03 101,83 103,28 104,66
T1 2013 94,81 101,81 101,99 104,82
T2 2013 93,77 102,3 103,08 106,54
T3 2013 91,24 102,59 103,8 107,9
T4 2013 91,43 102,19 104,52 111,54
T1 2014 93,09 102,02 105,23 112,55
T2 2014 93,25 101,96 104,74 112,81
T3 2014 93,1 106,06 105,86 113,1
T4 2014 92,03 104,62 107,29 115,29
T1 2015 95,92 106,2 107,56 117,18
T2 2015 94,62 105,71 107,13 117,86
T3 2015 96,81 106,67 107,94 117,67
T4 2015 97,54 106,72 109,1 118,47
T1 2016 98,2 107,57 109,81 118,64
T2 2016 99,36 107,32 110,36 119,87
T3 2016 99,45 107,58 110,28 119,54
T4 2016 98,84 108,79 110,84 119,11
T1 2017 98,26 108,48 111,41 119,29
T2 2017 98,06 108,6 111,7 120,24
T3 2017 97,11 108,47 111,26 119,89
T4 2017 97,39 109,06 111,86 119,71
T1 2018 98,48 110,36 112,11 117,56
T2 2018 98,24 111,18 111,09 116,59
T3 2018 98,37 111,98 111,07 116,37
T4 2018 98,2 111,85 111,21 116,85
T1 2019 102,54 112,15 113,83 118,33
T2 2019 103,16 112,52 114,99 118,83
T3 2019 104,14 113,26 117,13 118,26
T4 2019 103,61 112,99 118,4 119,44
T1 2020 103,71 114,44 116,95 119,78
  • Notes : données CVS, en fin de trimestre. Les données du dernier trimestre affiché sont provisoires.
  • Champ : emploi salarié total.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Acoss-Urssaf, Dares, Insee.

Figure 3L’emploi résiste dans l’industrie et la constructionÉvolution de l'emploi salarié par secteur à La Réunion

  • Notes : données CVS, en fin de trimestre. Les données du dernier trimestre affiché sont provisoires.
  • Champ : emploi salarié total.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Acoss-Urssaf, Dares, Insee.

L’emploi public se maintient

Dans le secteur public, l’emploi est stable à La Réunion (+ 0,1 % soit + 100). Au nombre de 85 400 fin mars 2020, les emplois publics progressent légèrement sur un an (+ 0,6 % soit + 500). Au 31 mars, 10 200 personnes bénéficient des nouveaux contrats aidés comme fin 2019. Ces contrats aidés s’appellent désormais les « Parcours emploi compétences » (PEC).

Fort recours à l’activité partielle à La Réunion

Comme ailleurs en France, dès le début du confinement, une grande partie des salariés ont connu une période d’activité partielle ou d’arrêt de travail (maladie ou garde d’enfants). Après la Corse et la Guadeloupe, La Réunion est la région française la plus concernée par ces deux dispositifs (figure 4). L’activité partielle concerne environ dix fois plus de salariés que les arrêts de travail pour cause de maladie ou de garde d’enfants. La part de l’activité partielle et des arrêts de travail dans l’emploi salarié a ainsi fluctué entre 35 % et 42 % de mi-mars à fin avril 2020. Avant la crise sanitaire, cette part se situait en deçà des 3 %.

Figure 4Quatre salariés sur dix en activité partielle à La RéunionProportion de salariés en activité partielle ou en arrêt de travail par région

en %
Quatre salariés sur dix en activité partielle à La Réunion (en %)
Région Part
01 44,3
02 39,1
03 31,6
04 41,5
11 33,6
24 35,4
27 38,3
28 35,1
32 36,3
44 39,8
52 36,9
53 34,4
75 36,5
76 37,6
84 37,6
93 38,8
94 49,8
  • Note : situation au 3 avril 2020.
  • Source : Insee, Déclaration sociale nominative (DSN).

Figure 4Quatre salariés sur dix en activité partielle à La RéunionProportion de salariés en activité partielle ou en arrêt de travail par région

  • Note : situation au 3 avril 2020.
  • Source : Insee, Déclaration sociale nominative (DSN).

Au 22 juin, 118 400 salariés de 16 400 entreprises sont concernés par le dépôt d’une demande préalable d’activité partielle à La Réunion selon le ministère du Travail. Tous n’ont au final pas été mis en activité partielle mais au cœur de la période de confinement, le nombre de salariés effectivement concernés a culminé à 69 000 (figure 5).

Figure 5Brusque hausse de l'activité partielle mi marsNombre de salariés en activité partielle ou en arrêt de travail par secteur d’activité

Brusque hausse de l'activité partielle mi mars
date Industrie Construction Services marchands Services non marchands Agriculture
1 mars 262 155 1 570 737 36
2 mars 283 178 1 703 781 42
3 mars 294 191 1 784 832 45
4 mars 311 197 1 882 858 46
5 mars 309 208 1 933 882 42
6 mars 318 215 1 982 908 41
7 mars 312 205 2 003 907 36
8 mars 310 204 1 996 904 36
9 mars 291 197 1 948 911 41
10 mars 314 204 1 992 952 44
11 mars 328 215 2 041 969 44
12 mars 334 233 2 108 999 45
13 mars 338 252 2 267 1 036 47
14 mars 345 257 2 384 1 047 47
15 mars 351 260 2 634 1 068 47
16 mars 1 372 1 066 14 537 3 056 113
17 mars 2 189 2 781 21 718 4 131 182
18 mars 4 220 6 381 27 729 4 877 228
19 mars 5 106 7 600 30 210 5 145 251
20 mars 5 586 8 103 31 666 5 364 299
21 mars 5 353 7 676 31 182 5 419 294
22 mars 5 334 7 603 31 165 5 454 294
23 mars 6 589 9 013 37 540 6 780 379
24 mars 6 701 9 276 38 378 6 943 389
25 mars 6 792 9 512 38 797 7 049 391
26 mars 6 811 9 686 39 038 7 122 401
27 mars 6 886 9 821 39 183 7 150 399
28 mars 6 521 9 386 37 781 7 080 374
29 mars 6 464 9 308 37 351 7 066 370
30 mars 7 018 9 984 39 170 7 219 396
31 mars 7 063 10 047 39 143 7 232 395
1 avril 7 427 10 147 43 412 7 589 410
2 avril 7 392 10 117 43 546 7 623 417
3 avril 7 415 10 255 43 547 7 644 415
4 avril 6 677 9 425 41 636 7 457 387
5 avril 6 603 9 394 41 151 7 390 386
6 avril 7 140 9 860 42 936 7 555 487
7 avril 7 083 9 878 43 025 7 594 479
8 avril 7 070 9 943 43 210 7 635 476
9 avril 7 071 9 957 43 210 7 619 473
10 avril 7 088 10 023 43 205 7 624 471
11 avril 6 338 9 164 41 099 7 450 424
12 avril 6 188 9 117 40 623 7 345 424
13 avril 5 669 8 255 38 404 7 023 420
14 avril 6 871 9 597 42 844 7 484 454
15 avril 6 803 9 490 42 848 7 491 445
16 avril 6 748 9 439 42 484 7 468 445
17 avril 6 784 9 453 42 485 7 467 441
18 avril 6 056 8 551 40 670 7 304 393
19 avril 5 990 8 512 40 250 7 230 389
20 avril 6 530 8 702 41 864 7 379 402
21 avril 6 487 8 680 41 929 7 370 402
22 avril 6 403 8 444 41 805 7 378 409
23 avril 6 420 8 251 41 814 7 395 404
24 avril 6 491 8 218 41 749 7 398 391
25 avril 5 813 7 373 39 870 7 231 359
26 avril 5 719 7 358 39 468 7 143 359
27 avril 6 154 7 691 40 677 7 242 400
28 avril 6 129 7 511 40 606 7 230 398
29 avril 6 121 7 416 40 369 7 245 400
30 avril 6 164 7 413 40 305 7 226 406
  • Source : Insee, Déclaration sociale nominative (DSN).

Figure 5Brusque hausse de l'activité partielle mi marsNombre de salariés en activité partielle ou en arrêt de travail par secteur d’activité

  • Source : Insee, Déclaration sociale nominative (DSN).

Le recours à l’activité partielle ou aux arrêts de travail a été particulièrement important dans la construction, avec près des deux tiers des salariés concernés dans le secteur.

En volume, ce sont les salariés du commerce et des autres services marchands qui ont été les plus nombreux à être concernés par ces dispositifs (jusqu’à 44 000 salariés). Moins l’établissement a de salariés, plus la part de l’activité partielle dans l’emploi salarié est massive : jusqu’à un salarié sur deux dans les établissements de moins de dix salariés.

Une hausse du nombre de demandeurs d’emplois massive, mais limitée par rapport à la métropole

Au moment du confinement, le volume de nouvelles offres d’emploi et le volume de personnes disponibles à court terme se sont effondrés. Au total, à La Réunion, la hausse du nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi a été importante mais contenue au cours de la période de confinement. Le nombre de demandeurs des catégories A, B ou C (tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, mais ayant pour certains travaillé au moins quelques heures au cours du moins écoulé) a ainsi progressé de 3 700 entre fin février et fin mai 2020 à La Réunion, soit + 2,3 % (figure 6). C’est l’une des plus fortes hausses en trois mois après certaines périodes de la grande récession de 2008-2009. La hausse est en revanche nettement moins marquée qu’au niveau national (+ 7,9 %). Elle s’est poursuivie au mois de mai malgré le déconfinement.

Figure 6Le nombre de demandeurs d’emplois repart à la hausseDemandeurs d'emploi inscrits en fin de mois à Pôle emploi en catégories A, B, C : par nouvelle région, ancienne région et département

Le nombre de demandeurs d’emplois repart à la hausse
Date Réunion France
déc.-18 169 500 5 921 900
janv.-19 168 590 5 920 500
févr.-19 168 280 5 911 200
mars-19 168 830 5 915 700
avr.-19 168 520 5 891 100
mai-19 167 510 5 874 300
juin-19 167 780 5 893 900
juil.-19 166 750 5 857 400
août-19 165 630 5 831 200
sept.-19 165 210 5 799 100
oct.-19 164 090 5 775 800
nov.-19 162 620 5 736 200
déc.-19 162 510 5 727 200
janv.-20 161 540 5 699 700
févr.-20 160 780 5 677 600
mars-20 161 340 5 855 100
avr.-20 162 890 6 064 400
mai-20 164 460 6 125 400
  • Type de données : CVS-CJO.
  • Champ : France.
  • Source : Pôle emploi-Dares, STMT.

Figure 6Le nombre de demandeurs d’emplois repart à la hausseDemandeurs d'emploi inscrits en fin de mois à Pôle emploi en catégories A, B, C : par nouvelle région, ancienne région et département

  • Type de données : CVS-CJO.
  • Champ : France.
  • Source : Pôle emploi-Dares, STMT.

Le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A (tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi et sans emploi au cours du mois écoulé) a augmenté quant à lui de 8 500 personnes de fin février à fin mai (+ 6,5 %).

Le nombre d’inscrits en catégorie A atteint un niveau historique fin avril, avant de refluer un peu en mai : cela correspond à une bascule depuis les catégories B et C (demandeurs d’emploi ayant effectué des contrats courts) avec la suppression de petits contrats, puis à un retour vers ces deux catégories avec la fin du confinement et la reprise de l’activité des entreprises. Celles-ci se sont remises quelque peu à embaucher, signe encourageant s'il se confirme.

Chute de la construction de logements neufs

En un an, de juin 2019 à mai 2020, 7 000 logements ont été autorisés à la construction à La Réunion. C’est 14 % de moins qu’entre juin 2018 et mai 2019 (figure 7). En France hors Mayotte, les autorisations à la construction se replient aussi sur la période (- 9 %).

Figure 7La construction de logements neufs recule fortementÉvolution du nombre de logements autorisés à la construction

indice base 100 en décembre 2010
La construction de logements neufs recule fortement (indice base 100 en décembre 2010)
La Réunion France hors Mayotte
déc. 2010 100 100
janv. 2011 97,87 101,57
févr. 2011 96,81 101,78
mars 2011 100 101,22
avril 2011 98,94 101,03
mai 2011 104,26 102,62
juin 2011 101,06 102,89
juil. 2011 95,74 103,08
août 2011 95,74 104,3
sept. 2011 86,17 105,87
oct. 2011 86,17 106,56
nov. 2011 87,23 107,59
déc. 2011 89,36 108,68
janv. 2012 92,55 108,47
févr. 2012 92,55 108,66
mars 2012 94,68 108,62
avril 2012 101,06 109,1
mai 2012 103,19 107,7
juin 2012 102,13 107,19
juil. 2012 104,26 106,42
août 2012 103,19 106,56
sept. 2012 101,06 104,36
oct. 2012 102,13 103,84
nov. 2012 100 102,77
déc. 2012 96,81 100,96
janv. 2013 92,55 101,09
févr. 2013 93,62 102,56
mars 2013 87,23 102,87
avril 2013 84,04 101,17
mai 2013 86,17 99,2
juin 2013 86,17 97,48
juil. 2013 92,55 95,53
août 2013 89,36 92,43
sept. 2013 91,49 90,96
oct. 2013 89,36 90,37
nov. 2013 89,36 89,58
déc. 2013 88,3 88,67
janv. 2014 88,3 86,6
févr. 2014 87,23 83,58
mars 2014 95,74 82,66
avril 2014 90,43 81,42
mai 2014 90,43 81,42
juin 2014 91,49 81,46
juil. 2014 87,23 81,84
août 2014 86,17 81,61
sept. 2014 87,23 81,75
oct. 2014 89,36 80,83
nov. 2014 87,23 79,89
déc. 2014 87,23 79,78
janv. 2015 88,3 79,53
févr. 2015 86,17 79,01
mars 2015 80,85 78,1
avril 2015 86,17 79,07
mai 2015 80,85 78,57
juin 2015 78,72 79,45
juil. 2015 75,53 79,26
août 2015 78,72 80,22
sept. 2015 79,79 81,08
oct. 2015 76,6 81,75
nov. 2015 78,72 83,7
déc. 2015 80,85 84,94
janv. 2016 78,72 85,28
févr. 2016 81,91 86,77
mars 2016 81,91 87,08
avril 2016 82,98 88,09
mai 2016 81,91 90,08
juin 2016 86,17 90,48
juil. 2016 88,3 91,42
août 2016 85,11 92,51
sept. 2016 82,98 94,69
oct. 2016 82,98 95,39
nov. 2016 82,98 96,29
déc. 2016 82,98 97,36
janv. 2017 86,17 98,07
févr. 2017 84,04 98,22
mars 2017 81,91 100,34
avril 2017 77,66 100,19
mai 2017 79,79 101,01
juin 2017 78,72 102,1
juil. 2017 76,6 103,46
août 2017 82,98 103,88
sept. 2017 81,91 104,09
oct. 2017 85,11 104,53
nov. 2017 85,11 103,61
déc. 2017 84,04 103,27
janv. 2018 82,98 103,44
févr. 2018 82,98 103,98
mars 2018 80,85 102,6
avril 2018 80,85 102,6
mai 2018 78,72 102,27
juin 2018 80,85 100,86
juil. 2018 84,04 99,54
août 2018 80,85 99,18
sept. 2018 86,17 98,24
oct. 2018 82,98 98,05
nov. 2018 81,91 97,86
déc. 2018 80,85 96,58
janv. 2019 82,98 96,29
févr. 2019 82,98 94,9
mars 2019 84,04 94,36
avril 2019 84,04 94,74
mai 2019 86,17 94,21
juin 2019 81,91 93,94
juil. 2019 78,72 94,23
août 2019 75,53 93,14
sept. 2019 71,28 91,76
oct. 2019 72,34 92,49
nov. 2019 75,53 92,26
déc. 2019 76,6 93,79
janv. 2020 76,6 94,42
févr. 2020 80,85 95,09
mars 2020 79,79 94,48
avril 2020 77,66 89,62
mai 2020 74,47 85,91
  • Notes : données mensuelles brutes, en date réelle. Chaque point représente l'évolution du cumul des 12 derniers mois.
  • La ligne verticale rouge représente la fin du trimestre d'intérêt.
  • Source : SDES, Sit@del2.

Figure 7La construction de logements neufs recule fortementÉvolution du nombre de logements autorisés à la construction

  • Notes : données mensuelles brutes, en date réelle. Chaque point représente l'évolution du cumul des 12 derniers mois.
  • La ligne verticale rouge représente la fin du trimestre d'intérêt.
  • Source : SDES, Sit@del2.

En particulier, nettement moins de permis de construire sont délivrés pour les logements collectifs : seulement 3 400 logements autorisés, soit - 21 % par rapport à l’année précédente. Aussi, les autorisations diminuent de 6 % pour les logements individuels.

À La Réunion, au cours des douze derniers mois, les ouvertures de chantier des logements reculent de 7 %. Sur un an, 6 300 logements ont été mis en chantier. Le nombre estimé de logements commencés chute dans l’individuel (- 14 %), mais croît légèrement dans l’habitat collectif (+ 1 %). Au niveau national, les logements commencés sont en baisse (- 10 %).

Avertissement - Emploi

Depuis la publication de juillet 2018, portant sur le premier trimestre 2018, le champ des estimations trimestrielles d'emploi (ETE) publiées au niveau localisé (région et département) est étendu aux départements d'outre-mer (hors Mayotte) et à l'ensemble de l'emploi salarié. Par rapport à la situation antérieure, sont donc ajoutés les salariés de la fonction publique, de l'agriculture et de l'ensemble des particuliers employeurs.

De plus, les niveaux de l’emploi « privé » publiés par les Urssaf et par l’Insee diffèrent du fait d’écarts de champ et de concept, et de légères différences peuvent exister sur les taux d’évolution.

L'introduction de la déclaration sociale nominative (DSN) en remplacement du bordereau récapitulatif de cotisations (BRC) peut entraîner des révisions accrues sur les données, durant la phase de montée en charge de la DSN.

Sont compris dans l'emploi les salariés qui, avec la crise sanitaire, se sont trouvés en situation d’activité partielle ou d'arrêt-maladie (y compris pour garde d'enfant).

Les informations déclarées dans la DSN correspondent à de l‘activité partielle réellement consommée au cours du mois de la déclaration, ce qui explique que le volume de salariés concernés soit inférieur au nombre de salariés ayant fait l’objet d’une demande d’autorisation préalable.

Encadré 1 - À La Réunion, les années passées, 36 000 salariés débutent une période d’emploi entre le 17 mars et le 10 mai

Avec le confinement et la baisse d’activité, les salariés qui débutent habituellement une période d’emploi entre le 17 mars et le 10 mai ont été particulièrement exposés à des non recrutements en 2020. En situation normale, 36 000 salariés débutent une période d’emploi à cette période, soit 13 % des salariés. C’est moins que la moyenne nationale (15,2 %) et que dans toutes les régions métropolitaines, mais un peu plus qu’aux Antilles et en Guyane.

C’est dans l’intérim que l’on dénombre la plus forte proportion de salariés débutant une période d’emploi (58 %) ; or ce secteur est nettement moins développé dans les DOM qu’en métropole. En outre, il s’agit d’une période touristique plus creuse qu’entre octobre et février. Les recrutements dans l’hébergement-restauration sont alors moins importants que le reste de l’année.

Sur l’île, ce sont principalement les services non marchands, les associations et les services aux entreprises qui ont d’ordinaire des besoins d’emplois nouveaux à cette période de l’année.

Encadré 2 - Contexte international – Une récession mondiale soudaine et de grande ampleur

La crise sanitaire a touché la majorité des pays du monde et la quasi-totalité des économies avancées, paralysant l’activité du fait des mesures d’endiguement mises en place. Dans les économies avancées, la chute de l’activité a débuté globalement à la mi-mars pour se prolonger au mois d’avril. Depuis lors, l’activité se rétablit graduellement dans les pays où l’épidémie a pu être maîtrisée, au rythme des calendriers d’allègement des mesures de restriction. L’environnement international reste toutefois très incertain, et ce durablement, d’autant que la menace d’une deuxième vague épidémique continue de planer dans certains pays.

Encadré 3 - Contexte national – Après avoir chuté lourdement pendant la période de confinement, l’activité se rétablit progressivement

Les mesures prises pour endiguer la propagation du Covid-19, notamment le confinement de la population entre le 16 mars et le 11 mai, ont entraîné une brusque chute de l’activité économique : pendant la période de confinement, elle se serait située à environ un tiers en deçà de la normale. La consommation des ménages a chuté dans des proportions similaires.

La sortie graduelle du confinement a permis le rebond de la consommation et le redémarrage plus progressif de l’activité. En juin, la consommation serait « seulement » de 3 % en deçà de son niveau d’avant crise. L’activité resterait plus dégradée, de 12 % inférieure à la normale en juin. La production industrielle, notamment, pâtirait d’une demande internationale en berne et d’importants stocks à écouler. Certains services en revanche auraient vu leur activité se redresser nettement en juin (hébergement-restauration). Au deuxième trimestre, le PIB aurait ainsi diminué de 17 %, après - 5,3 % au premier. La dynamique de reprise amorcée en mai puis juin anticiperait une baisse du PIB d’environ 9 % sur l’année 2020.

Pour comprendre

Les estimations trimestrielles de l'emploi salarié sont élaborées à partir de différentes sources :

  • les déclarations de cotisations sociales des établissements faites aux Unions de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d’allocations familiales (Urssaf) et Caisses générales de sécurité sociale (CGSS), soit sous forme de bordereaux récapitulatifs de cotisations (BRC), soit de déclarations sociales nominatives (DSN) ;
  • les fichiers de paie pour les personnels de la fonction publique d’État ;
  • les déclarations de cotisations sociales collectées par la mutualité sociale agricole (MSA) ;
  • les déclarations d’emploi des particuliers employeurs provenant de trois formalités administratives : déclaration nominative simplifiée (DNS), chèque emploi service universel (Cesu) et prestation d’accueil du jeune enfant (Paje) ;
  • les déclarations mensuelles des entreprises de travail temporaire (ETT) adressées à Pôle emploi, auxquelles se sont progressivement substituées les déclarations sociales nominatives (DSN) à compter de mi-2016.

Définitions


Les services aux entreprises correspondent aux activités scientifiques et techniques, qui regroupent les activités juridiques, comptables, de gestion, d’architecture, d'ingénierie, de contrôle et d'analyses techniques, ainsi qu’aux activités de services administratifs et de soutien, qui regroupent les activités liées à l’emploi (hors intérim), aux agences de voyage, aux activités de location et à la sécurité.


Les services aux ménages sont majoritairement composés des activités des organisations associatives. Elles comportent également les activités d’arts et spectacles, des activités récréatives et d’autres services personnels.