En 2019, 800 000 beaux-parents habitent avec les enfants de leur conjoint

Kilian Bloch (division enquêtes et études démographiques, Insee)

En France, en 2019, 800 000 beaux-parents vivent avec des enfants que leur conjoint a eus avant l’union. La famille est alors recomposée. Dans ces familles, la majorité des enfants issus d’une précédente union vivent avec leur mère. 73 % des beaux-parents sont des hommes.

L’écart d’âge entre les conjoints est plus élevé dans les familles recomposées : il est de cinq années ou plus pour 46 % de ces familles, contre 30 % pour les familles « traditionnelles », où tous les enfants sont ceux du couple. Les beaux-parents sont moins fréquemment mariés, plus souvent en union libre, et ils vivent dans des familles généralement plus nombreuses.

Quatre beaux-parents sur dix vivent exclusivement avec les enfants de leur conjoint, sans autre enfant présent à domicile. Ces beaux-parents ont des âges très variés. Ainsi, 22 % des belles-mères concernées ont moins de 30 ans contre seulement 11 % des mères de famille « traditionnelle » ; 29 % des beaux-pères concernés ont 50 ans ou plus contre 18 % des pères de famille « traditionnelle ».

Six beaux-parents sur dix vivent à la fois avec des beaux-enfants et leurs propres enfants (nés avant l’union ou communs au couple actuel). Les beaux-parents vivant avec leurs enfants issus du couple actuel sont plus jeunes et plus fréquemment mariés.

Kilian Bloch (division enquêtes et études démographiques, Insee)
Insee Première  No 1806 - juillet 2020

En France, 800 000 beaux-parents dans 720 000 familles recomposées

En 2019, en France, 796 000 beaux-parents vivent dans les 723 000 familles recomposées (figure 1) comportant au moins un enfant de moins de 18 ans. Ces beaux-parents résident avec leur conjoint et le ou les enfants que ce dernier a eus avant l’union, leurs beaux-enfants. Il y a plus de beaux-parents que de familles recomposées, car 73 000 familles recomposées (10 %) comprennent deux beaux-parents. Ces derniers résident alors dans un logement où cohabitent des enfants que chaque conjoint a eus avant l’union actuelle.

1,2 million de beaux-enfants vivent avec un beau-parent au sein d’une famille recomposée. Dans la présente étude, seuls les enfants vivant la majeure partie du temps dans le logement sont comptés. Par conséquent, un adulte ayant des beaux-enfants présents seulement une mineure partie du temps n’est pas compté comme beau-parent (encadré), par exemple si son conjoint héberge ses enfants nés avant l’union un week-end sur deux et la moitié des vacances.

Figure 1 - Répartition des familles selon leur type et leur composition en 2019

Figure 1 - Répartition des familles selon leur type et leur composition en 2019 - Lecture : en 2019, 723 000 familles avec au moins un enfant mineur au domicile sont des familles recomposées. 4,3 % des familles (347 000) sont des familles recomposées comprenant au moins un enfant du couple ; 4,7 % des familles (376 000) sont des familles recomposées où il n’y a que des enfants nés avant l’union.
Effectif Répartition (en %)
Familles « traditionnelles » 5 324 000 66,7
Familles monoparentales 1 938 000 24,3
Familles recomposées 723 000 9,0
Sans enfant du couple 376 000 4,7
dont avec enfant(s) de l’un des conjoints 318 000 4,0
dont avec enfants de chacun des deux conjoints 58 000 0,7
Avec enfant(s) du couple 347 000 4,3
dont avec enfant(s) de l’un des conjoints 332 000 4,1
dont avec enfants de chacun des deux conjoints 15 000 0,2
Ensemble 7 985 000 100,0
  • Lecture : en 2019, 723 000 familles avec au moins un enfant mineur au domicile sont des familles recomposées. 4,3 % des familles (347 000) sont des familles recomposées comprenant au moins un enfant du couple ; 4,7 % des familles (376 000) sont des familles recomposées où il n’y a que des enfants nés avant l’union.
  • Champ : France hors Mayotte, familles avec au moins un enfant mineur.
  • Source : Insee, enquête annuelle de recensement 2019.

Encadré - Compter les beaux-parents : une approche centrée sur la résidence principale des enfants

D’après l’enquête Famille et logements, en 2011, 370 000 enfants de parents séparés vivaient une partie du temps chez leur parent avec qui ils ne résidaient pas principalement et son nouveau conjoint, leur beau-parent [Buisson, Lapinte, 2017].

Dans la présente étude, réalisée avec le recensement de la population, les parents comme les beaux-parents sont définis par rapport aux enfants résidant la plupart du temps dans le logement. Un enfant qui partage son temps entre les logements de ses deux parents est compté dans celui où il passe le plus de temps. Ainsi, certains beaux-parents ne sont pas identifiés, car les beaux-enfants avec lesquels ils cohabitent une partie du temps, par exemple un week-end sur deux et la moitié des vacances, sont comptés dans un autre logement.

Si un enfant passe autant de temps dans chacun des logements de ses deux parents, il est compté dans le logement où il se trouve à une date prise comme référence. Environ 80 000 beaux-parents ne sont pas définis ici comme tels alors qu’ils vivent la moitié du temps avec au moins un bel-enfant. Ce nombre est limité car l’alternance à parts égales du temps est un mode de vie minoritaire pour les enfants de parents séparés.

Les mêmes limites valent également pour les enfants que les beaux-parents ont eus de leurs précédentes unions, comptabilisés uniquement s’ils vivent la majeure partie du temps avec eux.

45 % des beaux-parents vivent avec les enfants de leur conjoint et les enfants du couple actuel

318 000 beaux-parents (40 %) résident habituellement uniquement avec leur conjoint et les enfants de celui-ci (figure 2). Les 478 000 autres beaux-parents (60 %) vivent à la fois avec des beaux-enfants et leurs propres enfants, nés d’une union précédente ou de l’union actuelle. 116 000 (15 % des beaux-parents) vivent avec des beaux-enfants et des enfants qu’ils ont eus lors d’une précédente union, sans enfant du couple actuel dans le logement. Situation plus fréquente, 362 000 beaux-parents (45 %) habitent avec des beaux-enfants et des enfants de l’union actuelle. Parmi eux, seuls 30 000 vivent en plus avec leurs propres enfants nés avant l’union.

Figure 2 - Répartition des beaux-parents selon les enfants présents au sein du logement

Figure 2 - Répartition des beaux-parents selon les enfants présents au sein du logement
Effectif Répartition (en %)
Vivent avec des beaux-enfants, sans enfant du couple 434 000 55
avec des enfants qu’ils ont eus avant l’union 116 000 15
sans autre enfant 318 000 40
Vivent avec des beaux-enfants, et des enfants du couple 362 000 45
avec des enfants qu’ils ont eus avant l’union 30 000 4
sans autre enfant 332 000 41
Ensemble 796 000 100
  • Champ : France hors Mayotte, beaux-parents vivant avec au moins un enfant mineur.
  • Source : Insee, enquête annuelle de recensement 2019.

Figure 2 - Répartition des beaux-parents selon les enfants présents au sein du logement

  • Champ : France hors Mayotte, beaux-parents vivant avec au moins un enfant mineur.
  • Source : Insee, enquête annuelle de recensement 2019.

Les beaux-parents : une population très masculine

Les beaux-pères sont presque trois fois plus nombreux (584 000) que les belles-mères (212 000). En effet, les trois quarts des enfants mineurs habitant avec un seul de leurs parents vivent avec leur mère, soit en famille monoparentale, situation la plus fréquente, soit en famille recomposée [Algava, Bloch, Vallès, 2020]. Dans les familles recomposées, il s’agit le plus souvent d’une mère vivant en couple avec un homme, qui est donc un beau-père.

Les beaux-pères vivent plus rarement avec les enfants qu’ils ont eus avant l’union (12 %) que les belles-mères (35 %), car ces enfants vivent plus souvent avec leur mère qu’avec eux. En revanche, les beaux-pères cohabitent un peu plus souvent que les belles-mères avec des enfants du couple (respectivement 47 % contre 41 %). Finalement, environ sept belles-mères sur dix contre six beaux-pères sur dix sont parents d’un enfant présent dans le logement.

Des écarts d’âge entre conjoints plus marqués au sein des familles recomposées

En moyenne, avec 39 ans pour les belles-mères et 43 ans pour les beaux-pères, les beaux-parents ont presque le même âge que les parents de famille « traditionnelle », où tous les enfants résidant au domicile sont ceux du couple (figure 3).

Figure 3a – Âges des mères de famille « traditionnelle » et des belles-mères selon les enfants présents au domicile

âges en années
Figure 3a – Âges des mères de famille « traditionnelle » et des belles-mères selon les enfants présents au domicile (âges en années) - Lecture : en moyenne, les belles-mères sont âgées de 39 ans. Un quart (1er quartile) ont 33 ans ou moins et un quart (3e quartile) 45 ans ou plus.
1er quartile Moyenne 3e quartile Médiane
Mère de famille « traditionnelle » 33 39 45 39
Belle-mère 33 39 45 39
Belle-mère vivant avec des beaux-enfants et… sans autre enfant 31 39 47 38
des enfants nés avant l’union 37 42 46 42
des enfants du couple 32 37 41 36
des enfants nés avant, et enfants du couple 35 38 42 38
  • Lecture : en moyenne, les belles-mères sont âgées de 39 ans. Un quart (1er quartile) ont 33 ans ou moins et un quart (3e quartile) 45 ans ou plus.
  • Champ : France hors Mayotte, mères de famille « traditionnelle » et belles-mères vivant avec au moins un enfant mineur.
  • Source : Insee, enquête annuelle de recensement 2019.

Figure 3a – Âges des mères de famille « traditionnelle » et des belles-mères selon les enfants présents au domicile

  • Lecture : en moyenne, les belles-mères sont âgées de 39 ans. Un quart (1er quartile) ont 33 ans ou moins et un quart (3e quartile) 45 ans ou plus.
  • Champ : France hors Mayotte, mères de famille « traditionnelle » et belles-mères vivant avec au moins un enfant mineur.
  • Source : Insee, enquête annuelle de recensement 2019.

Les écarts d’âge entre conjoints sont en revanche plus élevés dans les familles recomposées. En effet, 46 % des beaux-parents ont cinq ans ou plus d’écart avec leur conjoint, écart ne se retrouvant que dans 30 % des familles « traditionnelles ». Les beaux-pères sont souvent nettement plus âgés que leur conjoint : 32 % ont au moins cinq ans de plus (figure 4). Les belles-mères sont rarement dans ce cas (6 %). Elles sont en revanche très souvent (45 %) au moins cinq ans plus jeunes que leur conjoint. Cette situation est beaucoup plus rare pour les beaux-pères (13 %).

À l’image de l’ensemble des couples de sexe différent [Daguet, 2016], l’homme est généralement plus âgé que sa conjointe dans les couples des familles recomposées. Les situations inverses, où la femme est plus âgée d’au moins deux ans que son conjoint, sont toutefois, bien que minoritaires, deux fois plus fréquentes dans les familles recomposées que dans les familles « traditionnelles » (23 % contre 11 %).

Figure 4a - Répartition des mères de famille « traditionnelle » et des belles-mères selon leur écart d’âge avec leur conjoint

en %
Figure 4a - Répartition des mères de famille « traditionnelle » et des belles-mères selon leur écart d’âge avec leur conjoint (en %) - Lecture : en 2019, 3,7 % des belles-mères ont deux ans de plus que leur conjoint ; 4,1 % des mères de famille « traditionnelle » sont dans cette situation.
Écarts d’âge
entre la femme et son conjoint
(en années)
Répartition selon les écarts d’âge
Belles-mères Mères de familles « traditionnelles »
- 25 ou moins 0,7 0,1
- 24 0,3 0,1
- 23 0,3 0,1
- 22 0,3 0,1
- 21 0,4 0,1
- 20 0,6 0,2
- 19 0,6 0,2
- 18 0,8 0,3
- 17 0,9 0,3
- 16 1,2 0,4
- 15 1,3 0,5
- 14 1,8 0,7
- 13 1,8 0,8
- 12 2,4 1,1
- 11 2,6 1,3
- 10 3,2 1,6
- 9 4,0 2,1
- 8 4,5 2,8
- 7 5,2 3,6
- 6 5,7 4,6
- 5 6,2 6,0
- 4 7,0 7,8
- 3 7,1 9,7
- 2 7,4 11,8
- 1 7,4 13,0
0 7,0 12,1
1 4,8 7,3
2 3,7 4,1
3 2,7 2,5
4 2,1 1,6
5 1,5 1,0
6 1,1 0,7
7 0,7 0,5
8 0,7 0,3
9 0,4 0,2
10 0,3 0,1
11 0,3 0,1
12 0,2 0,1
13 0,2 0,0
14 0,1 0,0
15 ou plus 0,5 0,1
Ensemble 100,0 100,0
  • Lecture : en 2019, 3,7 % des belles-mères ont deux ans de plus que leur conjoint ; 4,1 % des mères de famille « traditionnelle » sont dans cette situation.
  • Champ : France hors Mayotte, mères de famille « traditionnelle » et belles-mères vivant avec au moins un enfant mineur.
  • Source : Insee, enquête annuelle de recensement 2019.

Figure 4a - Répartition des mères de famille « traditionnelle » et des belles-mères selon leur écart d’âge avec leur conjoint

  • Lecture : en 2019, 3,7 % des belles-mères ont deux ans de plus que leur conjoint ; 4,1 % des mères de famille « traditionnelle » sont dans cette situation.
  • Champ : France hors Mayotte, mères de famille « traditionnelle » et belles-mères vivant avec au moins un enfant mineur.
  • Source : Insee, enquête annuelle de recensement 2019.

Les beaux-parents vivent souvent en union libre et dans des familles nombreuses

Les couples des familles recomposées sont moins souvent mariés que ceux des familles « traditionnelles » (respectivement 43 % contre 66 %), plus fréquemment en union libre (43 % contre 20 %) et aussi souvent pacsés (14 %).

Les beaux-parents vivent plus souvent dans des familles nombreuses, comportant trois enfants ou plus. 38 % des familles recomposées et seulement 21 % des familles « traditionnelles » sont des familles nombreuses (figure 5). Les beaux-parents cohabitent en moyenne avec 1,5 bel-enfant. Une part importante des beaux-parents – et surtout des belles-mères – étant plus jeunes que leur conjoint, leurs beaux-enfants ont plus souvent de faibles écarts d’âge avec eux. Ainsi, 19 % des enfants vivant avec une belle-mère ont moins de 20 ans d’écart avec elle (figure 6), alors que seuls 2 % des enfants ont un écart d’âge aussi réduit avec leur mère (vivant dans une famille « traditionnelle », recomposée ou monoparentale).

Figure 5 - Répartition des familles selon le nombre d’enfants au domicile

Figure 5 - Répartition des familles selon le nombre d’enfants au domicile - Lecture : en 2019, parmi les familles recomposées où cohabitent des enfants du couple et des enfants que chacun des conjoints a eus avant l’union, 24 % comprennent 5 enfants ou plus au domicile, dont au moins un mineur.
Répartition par nombre d'enfants
(en %)
Nombre moyen d’enfants
1 2 3 4 5 ou plus
Familles « traditionnelles » 33 46 16 4 1 1,9
Familles recomposées 23 39 25 9 4 2,3
Sans enfant du couple 44 34 14 5 3 1,9
dont avec enfant(s) de l’un des conjoints 53 33 10 3 1 1,7
dont avec enfants de chacun des deux conjoints /// 37 36 18 9 3,0
Avec enfant(s) du couple /// 44 37 13 6 2,9
dont avec enfant(s) de l’un des conjoints /// 46 36 13 5 2,8
dont avec enfants de chacun des deux conjoints /// /// 40 36 24 3,9
Ensemble 32 45 17 4 2 2,0
  • /// : absence de résultat dû à la nature des choses.
  • Lecture : en 2019, parmi les familles recomposées où cohabitent des enfants du couple et des enfants que chacun des conjoints a eus avant l’union, 24 % comprennent 5 enfants ou plus au domicile, dont au moins un mineur.
  • Champ : France hors Mayotte, familles comprenant un couple et au moins un enfant mineur.
  • Source : Insee, enquête annuelle de recensement 2019.

Figure 6a – Répartition des enfants ou beaux-enfants selon l’écart d’âge avec leur mère ou belle-mère

en %
Figure 6a – Répartition des enfants ou beaux-enfants selon l’écart d’âge avec leur mère ou belle-mère (en %) - Lecture : en 2019, 7,4 % des enfants vivant dans une famille ont 30 ans d’écart avec leur mère.
Écart d’âge
(en années)
Répartition selon les écarts d’âge
entre l’enfant et sa mère entre l’enfant et sa belle-mère
5 0 0,1
6 0 0,2
7 0 0,2
8 0 0,3
9 0 0,5
10 0 0,6
11 0 0,8
12 0 1
13 0 1,4
14 0 1,8
15 0,1 1,4
16 0,1 1,7
17 0,3 2,4
18 0,5 2,9
19 1 3,7
20 1,6 3,6
21 2,1 4,5
22 2,6 4,5
23 3,3 5,1
24 4 5,1
25 4,9 5,1
26 5,8 5,4
27 6,5 5,2
28 7,1 5,1
29 7,3 4,7
30 7,4 4,8
31 7,1 4,1
32 6,6 3,5
33 5,9 3,4
34 5,2 2,8
35 4,5 2,4
36 3,9 2
37 3,2 1,7
38 2,5 1,5
39 2 1,1
40 1,5 1
41 1,1 0,6
42 0,7 0,7
43 0,5 0,5
44 0,3 0,4
45 0,2 0,3
46 0,1 0,3
47 0,1 0,3
48 0 0,3
49 0 0,2
50 0 0,2
51 0 0,2
52 0 0,1
53 0 0,1
54 0 0,1
55 0 0,1
  • Lecture : en 2019, 7,4 % des enfants vivant dans une famille ont 30 ans d’écart avec leur mère.
  • Champ : France hors Mayotte, enfants vivant dans une famille avec au moins un enfant mineur.
  • Source : Insee, enquête annuelle de recensement 2019.

Figure 6a – Répartition des enfants ou beaux-enfants selon l’écart d’âge avec leur mère ou belle-mère

  • Lecture : en 2019, 7,4 % des enfants vivant dans une famille ont 30 ans d’écart avec leur mère.
  • Champ : France hors Mayotte, enfants vivant dans une famille avec au moins un enfant mineur.
  • Source : Insee, enquête annuelle de recensement 2019.

Les beaux-parents sans enfant dans le logement : des trajectoires diverses

Lorsqu’un beau-parent n’est pas parent d’un enfant vivant au domicile, il vit exclusivement avec ses beaux-enfants. Des beaux-parents d’âges très variés se trouvent dans cette situation. Ainsi, 22 % des belles-mères concernées ont moins de 30 ans contre seulement 11 % des mères de familles « traditionnelles » ; c’est le cas de 9 % des beaux-pères contre 6 % des pères de famille « traditionnelle ». À l’inverse, 29 % des beaux-pères concernés ont 50 ans ou plus contre 18 % des pères de familles « traditionnelles ». C’est le cas de 19 % des belles-mères contre 9 % des mères de famille « traditionnelle ».

Ces beaux-parents vivant exclusivement avec de beaux-enfants ont en effet des trajectoires familiales diverses : certains sont très jeunes et vivent sans doute pour la première fois en couple, ou tout du moins en couple avec des enfants ; plus âgés, d’autres sont parents, mais vivent désormais sans leurs propres enfants à domicile.

Par ailleurs, lorsqu’un beau-parent vit exclusivement avec de beaux-enfants, la moitié des familles recomposées ne comptent qu’un enfant à domicile alors qu’un tiers des familles « traditionnelles » ne comportent qu’un seul enfant.

Les beaux-parents vivant avec des enfants du couple sont plus fréquemment mariés

Les beaux-parents vivant à la fois avec des beaux-enfants et des enfants du couple sont les plus jeunes. Parmi eux, les beaux-pères ne vivant pas avec leurs enfants nés avant l’union, ou qui n’en ont pas, sont âgés en moyenne de 40 ans, soit 4 ans de moins que les autres beaux-pères. L’âge moyen des belles-mères dans la même situation est de 37 ans, soit 3 ans de moins que les autres belles-mères.

Au sein des familles recomposées, les enfants du couple peuvent avoir des écarts d’âge élevés avec leurs parents, notamment quand ces derniers vivent avec des beaux-enfants. Ainsi, 29 % des enfants du couple ont 35 ans d’écart ou plus avec leur mère lorsqu’elle est aussi une belle-mère ; dans les familles « traditionnelles », seuls 21 % des enfants ont un écart d’âge aussi important avec leur mère. De même, des écarts de 35 ans ou plus sont plus fréquents avec les beaux-pères (49 %) qu’avec les pères de famille « traditionnelle » (37 %).

Par ailleurs, dans les familles recomposées comportant des enfants du couple, 50 % des conjoints sont mariés, soit 12 points de plus qu’en l’absence d’enfants communs (38 %). Toutefois, cette part reste inférieure à celle des couples mariés au sein des familles « traditionnelles » (66 %).

Les familles recomposées avec des enfants du couple comptent en moyenne 2,9 enfants dans le logement. Le plus souvent, les beaux-parents vivent avec un seul enfant du couple (68 %) ou deux (25 %). Enfin, lorsque deux beaux-parents vivent à la fois avec des enfants du couple et leurs propres enfants nés avant l’union, la famille est alors bien plus grande : 3,9 enfants à domicile en moyenne.

Sources

Depuis 2018, l’enquête annuelle de recensement (EAR) de la population permet de distinguer les beaux-parents des parents et donc les familles recomposées des familles « traditionnelles ».

Les enfants vivant sans leurs parents (par exemple en famille d’accueil, ou chez un grand-parent) sont ici exclus, ainsi que ceux vivant dans des communautés ou des habitations mobiles. Sont ainsi exclus de l’étude 250 000 enfants, soit moins de 2 % des enfants mineurs en 2019. Pour définir le type de famille, tous les enfants sont pris en compte sans limite d’âge. En revanche, l’étude est restreinte aux familles comportant au moins un enfant âgé de moins de 18 ans.

Définitions

Les familles sont définies à partir des liens unissant les personnes qui partagent le même logement. On s’intéresse aux familles avec au moins un enfant mineur : un couple et des enfants (famille « traditionnelle » ou recomposée) ou un adulte et des enfants (famille monoparentale). Il peut y avoir plusieurs familles dans un même logement.

Une famille est dite nombreuse lorsqu'elle comprend trois enfants ou plus.

Une famille composée d’un couple et d’enfants est dite « traditionnelle » lorsque tous les enfants du logement sont ceux du couple.

Une famille recomposée comprend un couple d'adultes, mariés ou non, et au moins un enfant né d'une union précédente de l'un des conjoints. Les enfants qui vivent avec leurs parents et des demi-frères ou demi-sœurs font aussi partie d'une famille recomposée.

Une famille est monoparentale lorsqu’un parent vit avec ses enfants sans résider en couple.

Un enfant est une personne vivant dans le même logement que son père, sa mère ou ses deux parents, et qui n’est elle-même ni parent d’un enfant du logement, ni en couple avec quelqu’un du logement. Un enfant qui partage son temps entre les logements de ses deux parents est compté dans celui où il passe le plus de temps. S’il passe autant de temps dans chacun des logements, il est compté dans le logement où il se trouve à une date prise comme référence.

Le bel-enfant d’une personne est l’enfant que son conjoint a eu d’une précédente union.

Le beau-parent d’un enfant est le conjoint actuel de son parent, qui n’est pas lui-même parent de l’enfant.

Pour en savoir plus

Algava É., Bloch K., Vallès V., « En 2018, 4 millions d’enfants mineurs vivent avec un seul de leurs parents au domicile », Insee Première n° 1788, janvier 2020.

Buisson G., Lapinte A., « Vivre dans plusieurs configurations familiales », Insee Première n° 1647, mai 2017.

Daguet F., « De plus en plus de couples dans lesquels l’homme est plus jeune que la femme », Insee Première n° 1613, septembre 2016.