L’Île-de-France, région la plus touchée par le surcroît de mortalité pendant le confinement

Théodora Allard, Vinciane Bayardin, Emmanuel Mosny (Insee)

L’Île-de-France est la région française qui a été la plus touchée par l’épidémie de Covid-19. Du 2 mars au 10 mai 2020, 79 % de décès supplémentaires, toutes causes confondues, ont été enregistrés parmi les habitants de la région, par rapport à la moyenne des décès survenus à la même période entre 2015 et 2019. Ce surcroît de mortalité, qui représente 44 % de celui observé à l’échelle nationale, a d’abord frappé le nord de la région, avant de s’étendre à l’ensemble de l’Île-de-France. Pendant la période de confinement, son intensité est restée la plus forte en Seine-Saint-Denis et dans les territoires limitrophes. La hausse des décès des personnes de 85 ans ou plus a été particulièrement importante dans la région, notamment au plus fort de la pandémie.

Insee Analyses Ile-de-France
No 118
Paru le : Paru le 30/06/2020
Théodora Allard, Vinciane Bayardin, Emmanuel Mosny (Insee)
Insee Analyses Ile-de-France  No 118 - juin 2020

79 % de décès supplémentaires en Île-de-France entre début mars et mi-mai 2020

Début mars 2020, la France a été frappée à son tour par l’épidémie de Covid-19, entraînant une forte hausse des décès par rapport à la même période des années précédentes. Ce surcroît de décès, toutes causes confondues, ne peut toutefois pas être interprété comme uniquement dû à l’épidémie. D’autres facteurs (vieillissement de la population, restriction de l’accès aux soins ou, à l'inverse baisse des accidents de la route et du travail pendant le confinement…) entrent également en ligne de compte.

Du 2 mars au 10 mai 2020, 25 700 personnes résidant en Île-de-France sont décédées. Cela représente 18 % des décès au niveau national, contre 12 % en moyenne sur la même période entre 2015 et 2019. Au total, 11 300 décès supplémentaires sont survenus par rapport à la même période des cinq dernières années. Cela représente une hausse de 79 %, contre 22 % pour l’ensemble de la France. Jusqu’au déconfinement, l’Île-de-France est donc de loin la première région touchée à ce titre, devant Mayotte (+ 53 %) et le Grand Est (+ 48 %).

Les Franciliens décèdent très majoritairement dans la région. Toutefois, les décès ne surviennent pas forcément dans le département de résidence. Paris, notamment, compte de nombreux décès de résidents d’autres départements, en raison de la présence sur son territoire de nombreux établissements hospitaliers spécialisés dans les cas graves. Seuls 2 % des décès de Franciliens, 500 personnes, sont survenus hors de la région, les taux allant de 1 % en Seine-Saint-Denis à 3 % dans le Val-d’Oise, département qui compte de nombreux décès de résidents survenus dans le département limitrophe de l’Oise. À l’opposé, seulement 0,5 % des décès en Île-de-France sont le fait de personnes résidant en province, soit 800 défunts.

La Seine-Saint-Denis, département le plus touché par la hausse de la mortalité

Tous les départements d’Île-de-France ont connu un fort excédent de mortalité pendant la période considérée. Ils figurent tous parmi les 15 départements où le surcroît de mortalité a été le plus fort (figure 1). La Seine-Saint-Denis est le département le plus touché d’Île-de-France et le deuxième au niveau national, derrière le Haut-Rhin (Grand Est). Les décès de résidents de la Seine-Saint-Denis ont ainsi plus que doublé par rapport à la période de référence (+ 110 %). Dans le Val-d’Oise, les Hauts-de-Seine et le Val-de-Marne, les augmentations ont aussi été très fortes (plus de 80 %).

Au sein de l’Île-de-France, la Seine-Saint-Denis se caractérise par un fort excédent de mortalité et ayant persisté jusqu'à la fin avril, alors qu’il s’est atténué plus rapidement dans d’autres départements très touchés du Grand Est. Les caractéristiques sociales de la Seine-Saint-Denis peuvent expliquer en partie cette singularité : dans ce département, très dense en population (6 802 habitants au km2), les ménages vivant dans des logements suroccupés sont nombreux (21 % contre 8 % à 16 % dans les autres départements d’Île-de-France et 5 % en France hors Mayotte), ce qui a pu favoriser la circulation du virus. La population active, davantage ouvrière que dans les autres départements franciliens, n’a pas forcément un emploi compatible avec le télétravail, ce qui a aussi pu intensifier les proximités entre les personnes, notamment dans les transports en commun ou sur les lieux de travail. Enfin, la Seine-Saint-Denis est le département de France le plus touché par la pauvreté, souvent associée à un moins bon état de santé, ce qui augmente le risque de développer des complications au virus de Covid-19, alors que la mortalité par âge du département est déjà en moyenne plus élevée que dans les autres départements d’Île-de-France. Ce département « jeune » présente une structure par âge des décès atypique. Ainsi, les 85 ans ou plus y représentent à peine 39 % des décédés entre le 2 mars et le 10 mai 2020, contre un peu plus de 48 % en France et de 44 % à 53 % dans les autres départements franciliens.

De manière générale, les territoires franciliens ayant connu de très fortes hausses de mortalité présentent souvent un fort taux de pauvreté (figure 2). Cela est le cas notamment dans le nord de l’Île-de-France, où l’excédent de mortalité dépasse les 100 % par rapport à la moyenne de la période de référence. Il s’agit des six territoires suivants : les établissements publics territoriaux (EPT) Plaine Commune, Est Ensemble et Paris Terres d’Envol situés en Seine-Saint-Denis, mais aussi le 19e arrondissement de Paris, l’établissement public de coopération intercommunale (EPCI) Roissy Pays de France, à cheval entre le Val-d’Oise et la Seine-et-Marne, et l’EPT Boucle Nord de Seine, situé à la fois dans les Hauts-de-Seine et dans le Val-d’Oise.

La Seine-et-Marne et les Yvelines sont les départements les moins touchés d’Île-de-France. Ils se caractérisent par de plus faibles densités de population (respectivement 236 et 627 habitants au km2).

Figure 1La Seine-Saint-Denis, deuxième département le plus touché par l’augmentation de la mortalité en FranceLes 15 départements avec les plus fortes hausses de décès entre le 2 mars et le 10 mai 2020 par rapport à la période de référence

En %
La Seine-Saint-Denis, deuxième département le plus touché par l’augmentation de la mortalité en France (En %) - Lecture : entre le 2 mars et le 10 mai 2020, les décès ont augmenté de 110 % en Seine-Saint-Denis par rapport à la moyenne sur la même période et dans le même département entre 2015 et 2019.
Rang Département Augmentation des décès
1 Haut-Rhin 112
2 Seine-Saint-Denis 110
3 Val-d’Oise 92
4 Hauts-de-Seine 85
5 Val-de-Marne 84
6 Paris 76
7 Essonne 71
8 Yvelines 61
9 Territoire de Belfort 61
10 Bas-Rhin 57
11 Vosges 56
12 Seine-et-Marne 53
13 Mayotte 53
14 Oise 51
15 Moselle 47
  • Lecture : entre le 2 mars et le 10 mai 2020, les décès ont augmenté de 110 % en Seine-Saint-Denis par rapport à la moyenne sur la même période et dans le même département entre 2015 et 2019.
  • Champ : France, décès répertoriés à la commune de résidence.
  • Source : Insee, état civil, fichier du 2 juin 2020.

Figure 2Les territoires les plus touchés par le surcroît de mortalité sont souvent concernés par la pauvreté

Les territoires les plus touchés par le surcroît de mortalité sont souvent concernés par la pauvreté
Code Arrondissement ou intercommunalité Évolution des décès Taux de pauvreté en 2017
75101 1ᵉʳ arrondissement 15,7 10,3
75102 2ᵉ arrondissement 45,8 13,7
75103 3ᵉ arrondissement 57,2 12,4
75104 4ᵉ arrondissement 90,3 12,1
75105 5ᵉ arrondissement 69,0 10,8
75106 6ᵉ arrondissement 83,9 9,3
75107 7ᵉ arrondissement 63,1 7,9
75108 8ᵉ arrondissement 7,3 8,9
75109 9ᵉ arrondissement 65,0 11,4
75110 10ᵉ arrondissement 101,3 17,4
75111 11ᵉ arrondissement 47,6 14,9
75112 12ᵉ arrondissement 99,3 13,8
75113 13ᵉ arrondissement 92,7 16,0
75114 14ᵉ arrondissement 53,2 13,0
75115 15ᵉ arrondissement 57,8 11,3
75116 16ᵉ arrondissement 67,1 10,6
75117 17ᵉ arrondissement 55,5 13,8
75118 18ᵉ arrondissement 88,7 21,2
75119 19ᵉ arrondissement 129,7 22,9
75120 20ᵉ arrondissement 85,0 20,4
200017846 CA Étampois Sud-Essonne (CCESE) 85,5 12,5
200023125 CC Les Portes Briardes entre Villes et Forêts 85,7 8,8
200023240 CC Pays de Nemours 22,6 13,8
200023919 CC Gâtinais Val de Loing 17,0 13,2
200033090 CC Plaines et Monts de France 82,2 4,5
200033173 CC de la Haute Vallée de Chevreuse 26,8 3,9
200034130 CC Gally Mauldre 27,7 4,5
200035970 CC Vexin Centre 13,9 5,2
200037133 CC du Provinois 15,2 15,0
200040251 CC Bassée-Montois 1,7 9,1
200055655 CA Roissy Pays de France 122,8 22,4
200056232 CA Communauté Paris-Saclay 57,8 9,9
200056380 CA Plaine Vallée 93,8 11,7
200057859 CA Cœur d'Essonne Agglomération 84,8 11,8
200057958 CA Paris - Vallée de la Marne 89,0 13,7
200058477 CA Val d'Yerres Val de Seine 103,0 12,9
200058485 CA Val Parisis 76,8 11,8
200058519 CA Saint-Germain Boucles de Seine 71,3 9,0
200058782 CA de Saint-Quentin-en-Yvelines 58,5 11,2
200059228 CA Grand Paris Sud Seine Essonne Sénart 94,3 18,8
200059889 CU Grand Paris Seine et Oise 71,4 14,4
200070779 CC Brie des Rivières et Châteaux 19,3 5,5
200071074 CC Les Portes de l'Ile de France 6,7 9,1
200072130 CA du Pays de Meaux 71,9 14,8
200072346 CA du Pays de Fontainebleau 15,3 8,2
200072544 CC des Deux Morin 41,4 11,1
200072874 CC Val Briard 36,1 6,4
200073013 CC Carnelle Pays-De-France 70,6 5,5
200073344 CA Rambouillet Territoires 33,1 5,4
200090504 CA Coulommiers Pays de Brie 23,6 10,3
247700032 CC Moret Seine et Loing 50,9 7,6
247700057 CA Melun Val de Seine 63,6 16,7
247700065 CC du Pays de l'Ourcq -5,3 11,8
247700107 CC Pays de Montereau 66,7 21,6
247700339 CA Val d'Europe Agglomération 12,5 7,0
247700594 CA Marne et Gondoire 86,7 9,5
247700644 CC l'Orée de la Brie 21,2 8,6
247700701 CC Brie Nangissienne 63,0 11,1
247800550 CC du Pays Houdanais (C.C.P.H.) 14,9 4,7
247800584 CA Versailles Grand Parc (C.A.V.G.P.) 69,0 6,6
247800618 CC Cœur d'Yvelines 18,4 4,2
249100074 CC du Pays de Limours (CCPL) 43,4 4,2
249100157 CC des Deux Vallées 5,0 5,7
249100546 CC du Val d'Essonne (CCVE) 54,7 5,4
249100553 CC Entre Juine et Renarde (CCEJR) 20,9 4,7
249100595 CC Le Dourdannais en Hurepoix (CCDH) -7,5 8,3
249500109 CA de Cergy-Pontoise 89,0 15,5
249500430 CC Sausseron Impressionnistes 66,7 5,3
249500455 CC de la Vallée de l'Oise et des Trois Forêts 44,4 6,8
249500489 CC du Haut Val d'Oise 52,0 14,9
249500513 CC du Vexin-Val de Seine 23,5 7,9
T2 Vallée Sud Grand Paris 72,4 10,5
T3 Grand Paris Seine-Ouest 59,8 8,6
T4 Paris Ouest La Défense 91,8 10,7
T5 Boucle Nord de Seine 110,7 20,9
T6 Plaine Commune 132,8 36,7
T7 Paris Terres d’Envol 105,5 27,2
T8 Est Ensemble 124,0 27,8
T9 Grand Paris Grand Est 77,0 19,5
T10 Paris-Est-Marne et Bois 77,0 11,9
T11 Grand Paris Sud Est Avenir 86,1 15,9
T12 Grand Orly Val de Bièvre Seine Amont 81,2 19,5
  • Sources : Insee, état civil, fichier du 2 juin 2020 ; Filosofi 2017.

Figure 2Les territoires les plus touchés par le surcroît de mortalité sont souvent concernés par la pauvreté

  • Sources : Insee, état civil, fichier du 2 juin 2020 ; Filosofi 2017.

Un excès de décès intense et long qui a débuté au nord de l’Île-de-France

Un peu avant le confinement, entre le 2 et le 15 mars 2020, l’Île-de-France ne connaît pas encore d’excédent de mortalité, contrairement aux départements de l’Oise (Hauts-de-France) et du Haut-Rhin (Grand Est). Durant cette quinzaine, l’Île-de-France a même le plus faible excédent de décès de toutes les régions françaises : + 3 % par rapport à la quinzaine de référence.

Entre le 16 et le 29 mars, le surcroît de mortalité est soudain et intense (+ 83 %), rejoignant les niveaux de la région Grand Est (+ 86 %). Cette forte hausse de la mortalité concerne des territoires situés plutôt au nord de la région (figure 3), à proximité de l’Oise où sont localisés les premiers foyers de contamination (clusters), ainsi qu’à proximité de l’aéroport de Roissy. La mortalité fait plus que doubler dans la communauté d’agglomération Roissy Pays de France, les EPT Plaine Commune, Est Ensemble, et Paris Terres d’Envol (Seine-Saint-Denis), ainsi que dans la moitié des arrondissements de Paris. Elle double également dans les communautés d’agglomération Versailles Grand Parc (Yvelines) et Val d’Yerres Val de Seine (Essonne).

En avril, l’excédent de mortalité en Île-de-France devient de loin le plus élevé des régions françaises. Entre le 30 mars et le 12 avril, le nombre de décès fait plus que tripler en Île-de-France par rapport à une quinzaine de référence, et quadruple presque en Seine-Saint-Denis. Les excédents de mortalité sont toujours les plus élevés dans le nord de la région mais ont gagné la métropole du Grand Paris. Au total, pendant cette période, en France, un décès sur quatre frappe un résident d’Île-de-France, une proportion deux fois plus importante qu’aux mêmes dates entre 2015 et 2019. Cette plus forte mortalité en Île-de-France peut s’expliquer par une forte propagation du virus avant le début du confinement, du fait des nombreux flux humains entre les EPCI d’Île-de-France (navettes domicile-travail ou domicile-études) mais aussi de la forte densité de population, favorisant les échanges rapprochés.

Au cours de la deuxième quinzaine d’avril, l’excédent de mortalité reste élevé dans la région (+ 89 %), mais s’oriente à la baisse. La Seine-Saint-Denis et le Val-d’Oise restent les territoires les plus impactés, avec un excédent de décès toujours supérieur à 100 %. À partir de la dernière semaine du mois d’avril, la mortalité diminue fortement, présentant désormais un excédent de 10 %, inférieur à la plupart des régions d’outre-mer. La Seine-Saint-Denis reste toutefois le deuxième département le plus touché de France, avec un nombre de décès supérieur de 28 % par rapport à une quinzaine moyenne de la même période entre 2015 et 2019.

Figure 3L’excédent de mortalité a atteint son pic du 30 mars au 12 avril 2020Évolution par quinzaine du nombre de décès dans la période du 2 mars au 10 mai 2020, par rapport à une quinzaine moyenne de référence, par intercommunalité francilienne et arrondissement parisien

En %
L’excédent de mortalité a atteint son pic du 30 mars au 12 avril 2020 (En %)
Code Arrondissement ou intercommunalité Du 2 au 15 mars Du 16 au 29 mars Du 30 mars au 12 avril Du 13 au 26 avril Du 27 avril au 10 mai
75101 1ᵉʳ arrondissement -58,7 24,0 44,6 106,6 -38,0
75102 2ᵉ arrondissement -47,9 160,4 82,3 56,3 -21,9
75103 3ᵉ arrondissement 10,1 88,7 73,0 41,5 73,0
75104 4ᵉ arrondissement 45,2 45,2 206,5 125,8 29,0
75105 5ᵉ arrondissement 13,6 27,8 269,3 34,9 -0,6
75106 6ᵉ arrondissement -11,3 45,2 295,2 85,5 4,8
75107 7ᵉ arrondissement -6,4 127,3 154,0 100,5 -59,9
75108 8ᵉ arrondissement -8,7 25,6 116,9 -42,9 -54,3
75109 9ᵉ arrondissement 19,0 87,1 129,6 121,1 -32,0
75110 10ᵉ arrondissement -11,4 140,5 267,1 115,2 -5,1
75111 11ᵉ arrondissement 22,0 63,7 140,7 54,0 -42,2
75112 12ᵉ arrondissement 13,8 143,8 273,8 76,1 -10,6
75113 13ᵉ arrondissement 11,7 93,9 214,1 108,7 34,9
75114 14ᵉ arrondissement -9,8 78,0 173,2 46,3 -22,0
75115 15ᵉ arrondissement 4,2 67,3 154,4 79,3 -16,3
75116 16ᵉ arrondissement -8,1 107,8 197,8 43,9 -6,1
75117 17ᵉ arrondissement -7,3 95,7 129,1 69,9 -9,9
75118 18ᵉ arrondissement 21,7 124,7 241,8 63,9 -8,7
75119 19ᵉ arrondissement 10,8 161,8 319,8 112,3 43,9
75120 20ᵉ arrondissement 0,6 118,7 250,0 79,4 -23,4
200017846 CA Étampois Sud-Essonne (CCESE) 69,0 33,8 125,4 139,4 54,9
200023125 CC Les Portes Briardes entre Villes et Forêts -26,5 65,4 313,6 93,0 -17,3
200023240 CC Pays de Nemours -23,4 -4,2 168,2 34,1 -61,7
200023919 CC Gâtinais Val de Loing -14,9 -14,9 102,1 27,7 -14,9
200033090 CC Plaines et Monts de France -6,5 63,6 320,6 40,2 -6,5
200033173 CC de la Haute Vallée de Chevreuse 19,5 -26,5 93,0 56,3 -8,1
200034130 CC Gally Mauldre -45,3 -8,8 119,0 64,2 9,5
200035970 CC Vexin Centre -68,4 -20,9 137,3 26,6 -5,1
200037133 CC du Provinois -9,1 28,8 21,2 51,5 -16,7
200040251 CC Bassée-Montois 8,2 29,9 -13,4 -35,1 19,0
200055655 CA Roissy Pays de France 5,7 179,6 273,2 148,8 7,0
200056232 CA Communauté Paris-Saclay 7,8 49,4 132,8 82,5 16,4
200056380 CA Plaine Vallée -6,3 93,4 284,8 107,3 -10,3
200057859 CA Cœur d'Essonne Agglomération 13,0 72,9 212,5 123,8 2,0
200057958 CA Paris - Vallée de la Marne 41,6 53,0 235,6 112,3 2,7
200058477 CA Val d'Yerres Val de Seine -12,0 114,6 267,0 116,7 28,8
200058485 CA Val Parisis -9,8 77,4 195,7 98,1 22,7
200058519 CA Saint-Germain Boucles de Seine 13,9 88,6 185,8 73,1 -5,1
200058782 CA de Saint-Quentin-en-Yvelines -14,5 88,6 141,4 71,0 5,6
200059228 CA Grand Paris Sud Seine Essonne Sénart -9,7 69,7 276,7 124,2 10,5
200059889 CU Grand Paris Seine et Oise 14,0 67,0 193,0 74,0 9,0
200070779 CC Brie des Rivières et Châteaux 3,2 37,6 83,5 37,6 -65,6
200071074 CC Les Portes de l'Ile de France 16,7 16,7 50,0 -33,3 -16,7
200072130 CA du Pays de Meaux 26,5 44,0 179,2 140,0 -30,2
200072346 CA du Pays de Fontainebleau -26,5 35,4 62,5 20,0 -14,9
200072544 CC des Deux Morin -30,3 9,6 49,4 109,2 69,3
200072874 CC Val Briard -30,6 80,6 52,8 38,9 38,9
200073013 CC Carnelle Pays-De-France 63,6 63,6 168,7 63,6 -6,5
200073344 CA Rambouillet Territoires 8,5 33,1 77,5 13,4 33,1
200090504 CA Coulommiers Pays de Brie -12,7 -2,2 46,6 88,5 -2,2
247700032 CC Moret Seine et Loing 14,3 22,0 105,8 75,3 37,2
247700057 CA Melun Val de Seine 29,2 83,7 132,5 46,4 26,3
247700065 CC du Pays de l'Ourcq -62,1 -5,3 51,5 13,6 -24,2
247700107 CC Pays de Montereau -37,5 38,9 170,8 143,1 18,1
247700339 CA Val d'Europe Agglomération -68,8 45,8 45,8 14,6 25,0
247700594 CA Marne et Gondoire -24,7 90,8 191,2 130,9 45,6
247700644 CC l'Orée de la Brie -9,1 6,1 97,0 -24,2 36,4
247700701 CC Brie Nangissienne 8,7 22,3 117,4 76,6 90,2
247800550 CC du Pays Houdanais (C.C.P.H.) -9,9 -21,2 35,1 23,9 46,4
247800584 CA Versailles Grand Parc (C.A.V.G.P.) 4,1 123,3 182,1 50,9 -15,5
247800618 CC Cœur d'Yvelines 38,9 53,5 90,1 -48,8 -41,5
249100074 CC du Pays de Limours (CCPL) -12,6 39,9 179,7 22,4 -12,6
249100157 CC des Deux Vallées -50,0 -50,0 162,5 -12,5 -25,0
249100546 CC du Val d'Essonne (CCVE) 11,4 36,1 172,3 85,6 -31,9
249100553 CC Entre Juine et Renarde (CCEJR) 6,6 30,3 54,0 18,5 -5,2
249100595 CC Le Dourdannais en Hurepoix (CCDH) -44,9 65,2 -11,9 -33,9 -11,9
249500109 CA de Cergy-Pontoise 51,1 59,3 172,0 161,0 1,6
249500430 CC Sausseron Impressionnistes 2,0 36,1 189,1 70,1 36,1
249500455 CC de la Vallée de l'Oise et des Trois Forêts 8,3 26,4 125,6 71,5 -9,7
249500489 CC du Haut Val d'Oise 21,1 87,2 98,2 43,2 10,1
249500513 CC du Vexin-Val de Seine -7,4 -69,1 85,2 85,2 23,5
T2 Vallée Sud Grand Paris 4,9 80,3 189,3 70,1 17,2
T3 Grand Paris Seine-Ouest -19,2 61,5 160,0 81,7 14,8
T4 Paris Ouest La Défense 16,1 81,1 258,3 97,9 5,4
T5 Boucle Nord de Seine -4,7 95,9 317,9 118,9 25,7
T6 Plaine Commune 16,9 132,6 337,8 147,5 29,4
T7 Paris Terres d’Envol 18,5 107,7 296,7 99,7 5,2
T8 Est Ensemble 3,7 150,0 294,1 144,5 27,7
T9 Grand Paris Grand Est -21,8 77,9 199,2 92,7 37,1
T10 Paris-Est-Marne et Bois -4,7 90,7 209,0 92,2 -2,4
T11 Grand Paris Sud Est Avenir -12,4 63,7 261,9 105,3 12,0
T12 Grand Orly Val de Bièvre Seine Amont 0,5 79,4 237,4 78,9 9,8
  • Source : Insee, état civil, fichier du 2 juin 2020.

Figure 3L’excédent de mortalité a atteint son pic du 30 mars au 12 avril 2020Évolution par quinzaine du nombre de décès dans la période du 2 mars au 10 mai 2020, par rapport à une quinzaine moyenne de référence, par intercommunalité francilienne et arrondissement parisien

En %
  • Source : Insee, état civil, fichier du 2 juin 2020.

Une mortalité presque quatre fois plus forte chez les 85 ans ou plus pendant le pic de l’épidémie

Pendant la crise sanitaire, l’Île-de-France se caractérise par une mortalité particulièrement importante aux âges les plus élevés, notamment au pic de l’épidémie. Pendant la première quinzaine d’avril, la mortalité des personnes de 85 ans ou plus quadruple presque (+ 260 %) par rapport à la quinzaine de référence (figure 4), contre + 70 % en France. Sur l’ensemble de la période allant de début mars à mi-mai, la part dans les décès des personnes de 85 ans ou plus progresse de 5 points par rapport à la même période des années précédentes (figure 5). La mortalité est encore plus importante dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD). Durant le pic de l’épidémie, elle y est multipliée par 15 contre un peu plus de 7 dans la région Grand Est et environ 5,5 dans l’ensemble de la France.

Comme dans le reste du pays, pendant toute la période, l’excédent de mortalité en Île-de-France croît avec l’âge ; il est aussi plus fort chez les hommes que chez les femmes. En Île-de-France toutefois, pour les femmes comme pour les hommes, ce surplus aux âges élevés est plus important qu’ailleurs. L’épisode pandémique a donc amplifié les écarts de mortalité par âge : chez les moins de 25 ans, les décès ont même baissé par rapport aux années précédentes, en raison vraisemblablement de la diminution des comportements à risque pendant le confinement.

Figure 4Début avril, les hommes ou les femmes plus âgés sont plus fortement touchés par un pic de mortalitéÉvolution de la mortalité en Île-de-France selon le sexe et la classe d’âge, par quinzaine, entre le 2 mars et le 10 mai 2020, par rapport à une quinzaine moyenne de référence

En %
Début avril, les hommes ou les femmes plus âgés sont plus fortement touchés par un pic de mortalité (En %) - Lecture : la quinzaine du 30 mars au 12 avril 2020, les décès de Franciliennes de 85 ans ou plus ont augmenté de 246 % par rapport à une quinzaine moyenne entre le 2 mars et le 10 mai de 2015 à 2019.
Femmes 0-24 ans 25-44 ans 45-64 ans 65-74 ans 75-84 ans 85 ans ou plus
Du 2 au 15 mars -4 14 -9 12 -7 4
Du 16 au 29 mars 20 38 47 83 62 82
Du 30 mars au 12 avril -4 31 89 163 197 246
Du 13 au 26 avril 15 0 37 56 71 120
Du 27 avril au 10 mai -47 0 6 20 -12 14
  • Lecture : la quinzaine du 30 mars au 12 avril 2020, les décès de Franciliennes de 85 ans ou plus ont augmenté de 246 % par rapport à une quinzaine moyenne entre le 2 mars et le 10 mai de 2015 à 2019.
  • Champ : Île-de-France, décès répertoriés à la commune de résidence.
  • Source : Insee, état civil, fichier du 2 juin 2020.

Figure 4Début avril, les hommes ou les femmes plus âgés sont plus fortement touchés par un pic de mortalitéÉvolution de la mortalité en Île-de-France selon le sexe et la classe d’âge, par quinzaine, entre le 2 mars et le 10 mai 2020, par rapport à une quinzaine moyenne de référence

  • Lecture : la quinzaine du 30 mars au 12 avril 2020, les décès de Franciliennes de 85 ans ou plus ont augmenté de 246 % par rapport à une quinzaine moyenne entre le 2 mars et le 10 mai de 2015 à 2019.
  • Champ : Île-de-France, décès répertoriés à la commune de résidence.
  • Source : Insee, état civil, fichier du 2 juin 2020.

Figure 5La part des décès de personnes de 85 ans ou plus dans l’ensemble des décès en Île-de-France augmente de 5 points pendant l’épidémieRépartition des décès de Franciliens par tranche d’âge selon la période

En %
La part des décès de personnes de 85 ans ou plus dans l’ensemble des décès en Île-de-France augmente de 5 points pendant l’épidémie (En %) - Lecture : les décès de personnes de 85 ans ou plus ont représenté en moyenne 42,7 % de l’ensemble des décès de Franciliens pendant la période de référence et 47,3 % du 2 mars au 10 mai 2020.
Age Du 2 mars au 10 mai 2020 Période de référence
0-24 ans 0,8 1,7
25-44 ans 1,9 2,9
45-64 ans 12,0 15,0
65-74 ans 15,2 15,0
75-84 ans 22,8 22,7
85 ans ou plus 47,3 42,7
Total 100,0 100,0
  • Lecture : les décès de personnes de 85 ans ou plus ont représenté en moyenne 42,7 % de l’ensemble des décès de Franciliens pendant la période de référence et 47,3 % du 2 mars au 10 mai 2020.
  • Champ : Île-de-France, décès répertoriés à la commune de résidence.
  • Source : Insee, état civil, fichier du 2 juin 2020.

Figure 5La part des décès de personnes de 85 ans ou plus dans l’ensemble des décès en Île-de-France augmente de 5 points pendant l’épidémieRépartition des décès de Franciliens par tranche d’âge selon la période

  • Lecture : les décès de personnes de 85 ans ou plus ont représenté en moyenne 42,7 % de l’ensemble des décès de Franciliens pendant la période de référence et 47,3 % du 2 mars au 10 mai 2020.
  • Champ : Île-de-France, décès répertoriés à la commune de résidence.
  • Source : Insee, état civil, fichier du 2 juin 2020.

Sources

Cette étude utilise les données de décès enregistrés dans les statistiques d’état civil entre 2015 et 2020. Les statistiques diffusées sont provisoires pour l’année 2020. Elles sont issues du fichier en date du 2 juin 2020 et l’analyse s’arrête au 10 mai 2020. Dans cette étude, les décès sont comptabilisés dans la commune de résidence du défunt et non au lieu de décès, contrairement aux données mises en ligne chaque semaine. Seuls les décès des personnes résidant en France sont donc comptabilisés. Tous les décès sont comptabilisés, quel que soit le lieu où ils surviennent (hôpitaux et cliniques privées, maisons de retraite, domicile, voie publique, etc.).

Définitions

Les décès enregistrés entre le 2 mars et le 10 mai 2020 sont rapportés à une période de comparaison établie entre 2015 et 2019. Pour chaque quinzaine (deux semaines consécutives) de la période, les décès sont rapportés au nombre moyen de décès d’une quinzaine de référence calculé sur l’ensemble de la période allant du 2 mars au 10 mai de chaque année. Ces rapports sont appelés excédents de mortalité. Ils mesurent l’évolution relative de la mortalité à cette période entre 2020 et la moyenne des années 2015 à 2019 parmi une population. Ceci permet de s'affranchir des effets de structure.

Le taux de pauvreté correspond à la proportion d’individus (ou de ménages) dont le niveau de vie est inférieur pour une année donnée à un seuil, dénommé seuil de pauvreté (exprimé en euros). En 2017, le seuil de pauvreté correspond à 1 041 € pour une personne seule.

Les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) sont des regroupements de communes ayant pour objet l’élaboration de « projets communs de développement au sein de périmètres de solidarité ». Les communautés urbaines, communautés d’agglomération, communautés de communes, syndicats d’agglomération nouvelle, syndicats de communes et syndicats mixtes sont des EPCI. La métropole du Grand Paris (MGP) est composée de Paris et de 11 établissements publics territoriaux (EPT).