Le non‑emploi des peu ou pas diplômés en France et en Europe : un effet classement du diplôme

Claude Picart (Insee)

Sur le marché du travail français, les peu ou pas diplômés – titulaires au plus du brevet – sont de moins en moins nombreux. Depuis 1982, leur part a été divisée par trois, passant de 54 % à 16 % des participants au marché du travail (actifs et inactifs du « halo » autour du chômage) en 2018. Du fait de l’élévation générale du niveau d’éducation, la position de chaque niveau dans l’échelle des diplômes s’abaisse au fil du temps : il y a pour chaque diplôme de plus en plus de diplômés d’un niveau supérieur.

Cette position dans l’échelle des diplômes et le risque de ne pas avoir d’emploi sont très liés. Ainsi, depuis quarante ans, la situation relative des peu ou pas diplômés s’est presque continuellement dégradée sur le marché du travail. Or, le risque relatif de non‑emploi contraint (chômage ou halo autour du chômage) est très lié à la position dans l’échelle des diplômes, d’une manière stable dans le temps et quel que soit le type de diplôme. Dès lors, avec l’élévation générale du niveau d’éducation, chaque diplôme protège de moins en moins du non‑emploi contraint : la situation, relativement à la moyenne, du bachelier médian est, en 2018, équivalente à celle du titulaire médian du brevet en 1982.

Le niveau de diplôme des participants au marché du travail augmente rapidement, mais la demande de qualification du système productif n’évolue pas à la même vitesse. Notamment, depuis 2003, le nombre de participants au marché du travail peu ou pas diplômés a diminué de 36 %, et leur emploi de 42 %. Pourtant, les professions qui les employaient se sont maintenues, mais elles recrutent à des niveaux de diplôme plus élevés : via le déclassement des plus diplômés, les peu ou pas diplômés ont été en partie évincés du marché du travail.

En Europe, la situation relative des peu ou pas diplômés est moins défavorable là où ils sont le plus nombreux, comme en Espagne, Italie et Portugal. Depuis 2003, la situation relative des peu ou pas diplômés sur le marché du travail se dégrade au fur et à mesure que leur part diminue. En France, la part des peu ou pas diplômés est proche de la moyenne européenne, tout comme leur situation relative sur le marché du travail. Mais le non‑emploi contraint tous diplômes confondus s’est aggravé entre 2003 et 2018, à rebours de la tendance européenne, et celui des peu ou pas diplômés a augmenté plus fortement qu’ailleurs.

Insee Références
Paru le : Paru le 02/07/2020
Claude Picart (Insee)
Emploi, chômage, revenus du travail - Juillet 2020

Les peu ou pas diplômés sont de moins en moins nombreux sur le marché du travail

En 2018, parmi les 29,2 millions de personnes participant au marché du travail, c’est‑à‑dire en emploi, au chômage ou dans le halo autour du chômage et ayant terminé leurs études, 4,9 millions sont peu ou pas diplômés: 3,3 millions n’ont aucun diplôme et 1,6 million ont le certificat d’études primaires (CEP) ou au plus le brevet. En près de 40 ans, leur part parmi les participants au marché du travail a été divisée par trois, passant de 54 % à 16 % (figure 1).

Du fait de l’élévation générale du niveau d’éducation, il y a, pour chaque niveau de diplôme, de plus en plus de diplômés d’un niveau supérieur. Par exemple, la part des titulaires d’un CAP ou d’un BEP est relativement stable autour de 25 % ; mais, alors qu’en 1982 seuls 21 % des participants au marché du travail avaient un diplôme supérieur à ce niveau, en 2018, 60 % sont dans ce cas.

Figure 1Répartition annuelle des participants au marché du travail par niveau de diplôme, et position médiane de chaque diplôme de 1982 à 2018

en %
Répartition annuelle des participants au marché du travail par niveau de diplôme, et position médiane de chaque diplôme de 1982 à 2018 (en %) - Lecture : en 2018, 24 % des participants au marché du travail ont au plus un diplôme de niveau CAP-BEP. Leur position médiane est de 28 %, soit 16 % (personnes n'ayant pas de diplôme ou un diplôme de niveau inférieur au CAP-BEP) + 12 % (demi-part du niveau CAP-BEP).
Répartition Position médiane
Aucun diplôme Certificat d'études primaires Brevet des collèges CAP, BEP Bac Bac + 2 Diplôme supérieur à bac + 2 Aucun diplôme Certificat d'études primaires Brevet des collèges CAP, BEP Bac Bac + 2 Diplôme supérieur à bac + 2
1982 23,6 22,8 7,3 24,9 9,7 5,8 5,8 11,8 35,0 50,1 66,2 83,5 91,3 97,1
1983 23,0 22,0 7,4 25,2 10,0 6,2 6,3 11,5 34 48,6 64,9 82,5 90,6 96,8
1984 22,8 20,7 7,6 25,5 10,2 6,6 6,5 11,4 33,2 47,3 63,9 81,8 90,2 96,8
1985 22,7 19,9 7,6 26,3 10,4 6,8 6,4 11,3 32,6 46,3 63,3 81,6 90,2 96,8
1986 21,9 18,7 7,9 27,1 10,7 7,0 6,6 11,0 31,3 44,6 62,1 81,0 89,9 96,7
1987 22,1 17,4 7,6 27,9 10,9 7,3 6,8 11,1 30,8 43,3 61,1 80,5 89,5 96,6
1988 21,3 16,6 7,8 28,3 11,1 7,5 7,4 10,7 29,7 41,9 59,9 79,6 88,9 96,3
1989 20,8 16,1 8,0 28,8 11,2 7,6 7,4 10,4 28,8 40,9 59,3 79,3 88,8 96,3
1990 21,7 14,7 8,0 29,1 11,1 7,8 7,6 10,8 29,0 40,4 59,0 79,1 88,5 96,2
1991 21,5 13,7 7,7 29,6 11,2 8,3 8,0 10,8 28,4 39,1 57,8 78,2 87,9 96,0
1992 21,7 12,6 7,5 29,8 11,4 8,7 8,4 10,9 28,0 38,1 56,8 77,3 87,3 95,8
1993 20,3 12,0 7,8 30,1 11,5 9,3 9,1 10,2 26,3 36,2 55,1 75,9 86,3 95,5
1994 19,8 11,3 7,9 30,2 11,8 9,6 9,4 9,9 25,5 35,1 54,1 75,1 85,8 95,3
1995 19,3 10,6 8,0 30,2 12,0 10,2 9,7 9,6 24,6 33,9 53,0 74,0 85,2 95,1
1996 19,3 10,0 7,8 30,0 12,5 10,4 10,1 9,6 24,2 33,1 52,1 73,3 84,7 95,0
1997 18,8 9,5 7,7 29,9 12,8 10,8 10,6 9,4 23,5 32,1 50,8 72,2 84,0 94,7
1998 18,4 8,7 7,5 29,9 13,4 11,1 10,9 9,2 22,8 30,9 49,6 71,3 83,5 94,6
1999 18,2 8,1 7,4 29,7 13,8 11,6 11,3 9,1 22,2 30,0 48,6 70,2 82,9 94,3
2000 17,7 7,5 7,4 29,6 14,2 11,9 11,8 8,8 21,4 28,9 47,4 69,2 82,3 94,1
2001 17,1 6,9 7,5 29,4 14,4 12,5 12,3 8,5 20,5 27,7 46,1 68,0 81,5 93,9
2002 16,7 6,5 7,5 29,0 14,6 13,0 12,8 8,4 19,9 26,9 45,2 67,0 80,7 93,6
2003 17,2 5,5 6,9 28,5 15,8 12,5 13,6 8,6 20,0 26,2 43,9 66,1 80,2 93,2
2004 17,1 5,0 7,0 28,1 16,2 12,7 13,9 8,6 19,6 25,6 43,2 65,3 79,8 93,1
2005 16,0 5,1 7,5 27,3 16,6 13,1 14,5 8,0 18,6 24,8 42,2 64,2 79 92,8
2006 14,8 5,1 8,1 26,7 17,0 13,5 14,8 7,4 17,3 23,9 41,3 63,2 78,5 92,6
2007 14,4 4,2 8,2 26,5 17,7 13,7 15,2 7,2 16,6 22,8 40,1 62,2 77,9 92,4
2008 13,9 3,7 7,9 26,2 18,5 13,8 15,9 6,9 15,7 21,6 38,7 61,0 77,2 92,1
2009 13,8 3,5 7,6 25,7 18,4 14,4 16,6 6,9 15,6 21,1 37,8 59,9 76,3 91,7
2010 14,0 3,1 7,5 25,5 18,5 14,2 17,1 7,0 15,6 20,9 37,4 59,4 75,8 91,4
2011 13,9 2,7 7,4 24,8 19,0 14,0 18,1 7,0 15,3 20,4 36,5 58,4 74,9 91,0
2012 13,8 2,5 7,0 24,4 19,1 14,5 18,7 6,9 15,1 19,8 35,5 57,2 74,0 90,6
2013 12,9 2,1 6,1 25,1 19,3 15,2 19,3 6,5 14,0 18,1 33,7 55,9 73,1 90,4
2014 11,9 1,7 5,4 25,8 19,3 15,6 20,2 5,9 12,7 16,3 31,9 54,5 71,9 89,9
2015 11,3 1,5 5,3 25,4 19,8 15,6 21,2 5,7 12,1 15,5 30,8 53,4 71,1 89,4
2016 11,2 1,3 5,0 25,3 19,9 15,5 21,9 5,6 11,8 14,9 30,1 52,7 70,4 89,1
2017 11,3 1,1 5,0 24,6 20,0 15,4 22,6 5,7 11,9 14,9 29,7 52,0 69,7 88,7
2018 10,7 0,8 4,7 23,8 20,1 15,5 24,1 5,5 11,4 14,2 28,5 50,4 68,2 88,0
  • Note : les courbes blanches indiquent les positions médianes de chaque catégorie.
  • Lecture : en 2018, 24 % des participants au marché du travail ont au plus un diplôme de niveau CAP-BEP. Leur position médiane est de 28 %, soit 16 % (personnes n'ayant pas de diplôme ou un diplôme de niveau inférieur au CAP-BEP) + 12 % (demi-part du niveau CAP-BEP).
  • Champ : France métropolitaine, participants au marché du travail (actifs ou dans le halo du chômage) de 15 à 64 ans ayant terminé leurs études.
  • Source : enquêtes Emploi.

Figure 1Répartition annuelle des participants au marché du travail par niveau de diplôme, et position médiane de chaque diplôme de 1982 à 2018

  • Note : les courbes blanches indiquent les positions médianes de chaque catégorie.
  • Lecture : en 2018, 24 % des participants au marché du travail ont au plus un diplôme de niveau CAP-BEP. Leur position médiane est de 28 %, soit 16 % (personnes n'ayant pas de diplôme ou un diplôme de niveau inférieur au CAP-BEP) + 12 % (demi-part du niveau CAP-BEP).
  • Champ : France métropolitaine, participants au marché du travail (actifs ou dans le halo du chômage) de 15 à 64 ans ayant terminé leurs études.
  • Source : enquêtes Emploi.

Autrement dit, du fait de l’élévation générale du niveau d’éducation, la position relative de chaque niveau de diplôme s’abaisse. L’ampleur de cette baisse peut être quantifiée en définissant, pour chaque niveau de diplôme, sa position médiane dans l’échelle des diplômes comme la part de ceux qui ont un niveau de diplôme en dessous de ce niveau, augmentée de la demi‑part du niveau considéré. Par exemple, pour les titulaires d’un CAP ou d’un BEP, en 2018, il y a 16 % de participants au marché du travail titulaires au plus d’un brevet et 24 % de titulaires d’un CAP ou d’un BEP : la position médiane des titulaires d’un CAP ou d’un BEP est de 28 % en 2018, alors qu’elle était de 66 % en 1982. La baisse de la position médiane est particulièrement forte pour le brevet, le baccalauréat et les CAP‑BEP : aujourd’hui, la position médiane du baccalauréat (50 %) est la même que celle du brevet en 1982 (50 %).

La position dans l’échelle des diplômes et le risque de ne pas avoir d’emploi sont très liés

En 2018, près d’une personne sans aucun diplôme sur deux parmi les 15‑64 ans est sans emploi, qu’elle soit au chômage, dans le halo autour du chômage ou strictement inactive (si elle déclare ne pas souhaiter d’emploi) (figure 2). À l’autre extrémité de l’échelle, ce n’est le cas que d’un diplômé du supérieur long sur sept. De plus, le non‑diplômé sans emploi se trouve dans des situations plus éloignées de l’emploi que le diplômé : 10,7 % des non‑diplômés, contre 5,1 % des diplômés du supérieur long sont au chômage ; 6,2 %, contre 2,2 % sont dans le halo autour du chômage ; et 31,2 %, contre 6,6 % sont en inactivité stricte.

Les deux premières catégories, au chômage ou dans le halo, regroupent ceux qui n’ont pas d’emploi mais en souhaitent un : ils sont en non‑emploi contraint. Rapporté au nombre de participants au marché du travail, le taux de non‑emploi contraint des non‑diplômés s’élève à 24,6 % en 2018, contre 12,9 % en moyenne pour l’ensemble des participants et 7,8 % pour les diplômés du supérieur long.

Figure 2Position sur le marché du travail en 2018 en fonction du diplôme

Position sur le marché du travail en 2018 en fonction du diplôme - Lecture : en 2018, 10,2 % des personnes de 15 à 64 ans ayant terminé leurs études et ayant au plus le brevet sont au chômage et 4,9 % dans le halo. Le taux de non-emploi contraint (chômage et halo), rapporté aux participants au marché du travail, est de 20,5 %, soit un risque relatif de 1,7 (le taux de non-emploi contraint moyen étant de 12,9 %, le risque relatif est de 20,5/12,9 * (100 – 12,9)/(100 – 20,5)). Corrigé des effets de structure (sexe et âge), le risque relatif reste de 1,7.
Position médiane du diplôme Situation sur le marché du travail (en %) Taux de non emploi contraint
(en %)
Risque relatif Âge médian (en années) Risque relatif corrigé de l'effet d'âge et de sexe
Emploi Chômage Halo Inactif strict
Supérieur long 88,0 86,1 5,1 2,2 6,6 7,8 0,6 39,0 0,5
Supérieur court (bac+2) 68,2 83,3 5,1 2,0 9,6 7,9 0,6 41,0 0,6
Baccalauréat ou brevet professionnel 50,4 76,1 8,1 3,2 12,5 13,0 1,0 38,0 0,9
CAP, BEP ou autre diplôme de ce niveau 28,5 70,1 7,7 3,8 18,4 14,1 1,1 46,0 1,2
Brevet des collèges 14,2 58,4 10,2 4,9 26,5 20,5 1,7 45,0 1,7
Certificat d'études primaires 11,4 33,7 4,5 3,4 58,5 18,8 1,6 57,0 1,8
Aucun diplôme 5,5 51,9 10,7 6,2 31,2 24,6 2,2 46,0 2,4
Ensemble 50,0 72,9 7,3 3,5 16,3 12,9 1,0 42,0 1,0
  • Lecture : en 2018, 10,2 % des personnes de 15 à 64 ans ayant terminé leurs études et ayant au plus le brevet sont au chômage et 4,9 % dans le halo. Le taux de non-emploi contraint (chômage et halo), rapporté aux participants au marché du travail, est de 20,5 %, soit un risque relatif de 1,7 (le taux de non-emploi contraint moyen étant de 12,9 %, le risque relatif est de 20,5/12,9 * (100 – 12,9)/(100 – 20,5)). Corrigé des effets de structure (sexe et âge), le risque relatif reste de 1,7.
  • Champ : France métropolitaine, personnes de 15 à 64 ans ayant terminé leurs études.
  • Source : enquêtes Emploi.

Que les peu ou pas diplômés soient plus souvent en non‑emploi contraint que les diplômés n’est pas nouveau : mais, en près de 40 ans, l’écart s’est nettement accentué. En effet, alors que, dans les années 1980 et jusqu’en 1994, le non‑emploi contraint a augmenté pour chaque niveau de diplôme, les évolutions ont divergé ensuite. D’abord, la légère baisse du non‑emploi contraint entre 1994 et 1999 n’a concerné que les titulaires d’un diplôme plus élevé que le brevet ; et, surtout, depuis la crise de 2008‑2009, les peu ou pas diplômés ont été à la fois plus vigoureusement et plus durablement concernés par sa hausse. Ce n’est qu’en 2017 que leur taux de non‑emploi contraint a cessé d’augmenter, après une hausse de près de 9 points entre 2008 et 2016. Au final, alors que, pour l’ensemble des participants, le taux de non‑emploi contraint n’a jamais dépassé son pic de 1994 (14,9 %), celui des peu ou pas diplômés a dépassé son propre pic en 2010 et a encore augmenté de 5 points entre 2010 et 2016 (figure 3).

Figure 3Taux de non-emploi contraint selon le niveau de diplôme de 1982 à 2018

en %
Taux de non-emploi contraint selon le niveau de diplôme de 1982 à 2018 (en %)
Aucun diplôme ou certificat d'études primaires Brevet des collèges Pas ou peu diplômés Autres diplômes Ensemble
1982 13,6 10,7 10,8 7,5 9,3
1983 14,5 11,2 11,5 7,6 9,6
1984 17,1 13,2 13,5 8,7 11,2
1985 18,4 12,2 14,5 9,3 12,0
1986 19,1 12,5 14,9 9,0 11,9
1987 20,5 13,1 16,1 9,4 12,6
1988 20,0 11,8 15,7 8,8 12,0
1989 19,2 11,2 15,3 8,1 11,5
1990 19,8 11,2 15,5 8,5 11,7
1991 18,6 11,7 15,0 8,3 11,2
1992 20,5 13,0 16,7 9,4 12,4
1993 21,9 13,4 17,4 10,8 13,5
1994 24,3 15,4 19,5 11,9 14,9
1995 23,0 15,1 18,6 11,1 14,0
1996 23,2 14,0 18,7 11,6 14,2
1997 24,2 16,2 19,7 11,7 14,6
1998 23,9 15,1 19,3 11,4 14,1
1999 24,3 15,2 19,8 11,0 14,0
2000 22,6 14,8 18,6 9,4 12,4
2001 20,6 14,0 16,8 8,4 11,0
2002 20,9 12,8 16,8 8,7 11,2
2003 19,4 12,9 16,3 9,4 11,4
2004 19,4 13,6 16,6 9,9 11,8
2005 20,2 14,9 17,3 9,6 11,8
2006 20,8 15,1 17,4 9,5 11,7
2007 20,1 13,8 16,6 8,6 10,8
2008 19,2 13,3 16,2 8,0 10,1
2009 21,1 16,4 18,6 9,7 12,0
2010 22,3 17,7 19,9 9,7 12,2
2011 22,4 17,2 20,1 9,8 12,3
2012 23,3 18,2 21,1 10,3 12,8
2013 24,7 19,7 22,5 11,1 13,5
2014 25,3 20,2 23,2 11,5 13,8
2015 26,6 20,3 24,1 11,8 14,0
2016 27,7 20,2 24,9 11,4 13,8
2017 26,2 19,6 23,8 10,9 13,2
2018 24,4 20,5 23,0 10,9 12,9
  • Note : le non-emploi contraint regroupe les personnes au chômage ou dans le halo.
  • Champ : France métropolitaine, participants (actifs ou dans le halo du chômage) de 15 à 64 ans ayant terminé leurs études.
  • Source : enquêtes Emploi.

Figure 3Taux de non-emploi contraint selon le niveau de diplôme de 1982 à 2018

  • Note : le non-emploi contraint regroupe les personnes au chômage ou dans le halo.
  • Champ : France métropolitaine, participants (actifs ou dans le halo du chômage) de 15 à 64 ans ayant terminé leurs études.
  • Source : enquêtes Emploi.

La situation relative des peu ou pas diplômés s’est presque continuellement dégradée sur le marché du travail

Le risque relatif d’être en non‑emploi contraint, qui compare le taux de non‑emploi contraint d’une catégorie à celui de la moyenne, diminue nettement avec l’élévation dans l’échelle de diplôme : en 2018, il est de 2,2 pour les non‑diplômés, de 1,7 pour les titulaires du seul brevet jusqu’à 0,6 pour les titulaires d’un diplôme du supérieur long. Cet écart est encore plus important si on corrige de la structure par sexe et âge, car les non‑diplômés sont en moyenne plus âgés : leur risque relatif d’être en non‑emploi contraint passe alors à 2,4.

En près de 40 ans, la situation relative des peu ou pas diplômés s’est dégradée quasiment continûment : leur risque relatif de non‑emploi contraint, corrigé des effets d’âge et de sexe, est passé de 1,3 en 1982 à 2,2 en 2018 (figure 4). Même quand leur non‑emploi contraint a diminué, comme entre 1999 et 2008, leur situation relative s’est dégradée.

Cette dégradation du risque relatif vaut pour les niveaux de diplôme les moins élevés jusqu’au baccalauréat inclus. Autrefois protecteur, le CAP‑BEP ne l’est plus depuis le début des années 2010 : désormais, le risque de non‑emploi contraint des titulaires d’un CAP ou d’un BEP est supérieur à la moyenne. Pour les bacheliers, le risque de non‑emploi contraint, qui était dans les années 1980 légèrement supérieur à celui des diplômés du supérieur et très inférieur à la moyenne, est, à la fin des années 2010, proche de la moyenne.

Figure 4Risque relatif de non-emploi contraint par niveau de diplôme

Risque relatif de non-emploi contraint par niveau de diplôme
Supérieur à bac + 2 BTS Bac CAP, BEP Brevet des collèges Certificat d'études primaires Aucun diplôme Peu ou pas diplômés
1982 0,45 0,51 0,69 0,88 0,98 1,04 1,68 1,31
1983 0,34 0,47 0,66 0,89 1,03 1,07 1,73 1,36
1984 0,30 0,41 0,64 0,91 1,05 1,09 1,77 1,40
1985 0,36 0,36 0,61 0,91 0,92 1,14 1,78 1,40
1986 0,36 0,44 0,56 0,91 0,96 1,14 1,83 1,43
1987 0,37 0,40 0,57 0,90 0,97 1,13 1,86 1,45
1988 0,36 0,43 0,56 0,91 0,91 1,17 1,89 1,46
1989 0,32 0,40 0,62 0,87 0,90 1,24 1,89 1,48
1990 0,41 0,43 0,62 0,87 0,89 1,14 1,91 1,47
1991 0,44 0,49 0,66 0,88 0,99 1,20 1,84 1,48
1992 0,45 0,54 0,63 0,91 1,00 1,19 1,85 1,49
1993 0,49 0,70 0,75 0,91 0,95 1,17 1,85 1,46
1994 0,50 0,67 0,78 0,90 1,01 1,21 1,88 1,50
1995 0,54 0,67 0,77 0,89 1,07 1,23 1,89 1,52
1996 0,55 0,63 0,76 0,93 0,97 1,27 1,88 1,51
1997 0,54 0,61 0,79 0,90 1,13 1,22 1,94 1,57
1998 0,51 0,61 0,80 0,92 1,09 1,21 1,98 1,58
1999 0,49 0,53 0,79 0,92 1,12 1,28 2,08 1,66
2000 0,52 0,47 0,79 0,89 1,23 1,31 2,17 1,74
2001 0,50 0,54 0,78 0,90 1,33 1,26 2,20 1,78
2002 0,55 0,59 0,78 0,91 1,20 1,27 2,21 1,75
2003 0,68 0,52 0,77 0,96 1,19 1,24 2,02 1,67
2004 0,68 0,57 0,84 0,95 1,23 1,24 1,98 1,66
2005 0,61 0,61 0,82 0,93 1,40 1,35 2,10 1,78
2006 0,59 0,59 0,83 0,96 1,40 1,28 2,20 1,79
2007 0,60 0,56 0,80 0,95 1,38 1,24 2,32 1,84
2008 0,53 0,50 0,84 1,00 1,42 1,47 2,37 1,92
2009 0,53 0,53 0,86 1,06 1,49 1,54 2,25 1,90
2010 0,50 0,55 0,84 1,04 1,61 1,57 2,31 1,99
2011 0,52 0,53 0,85 1,05 1,54 1,70 2,31 1,99
2012 0,49 0,56 0,91 1,07 1,53 1,72 2,30 1,99
2013 0,54 0,53 0,90 1,10 1,58 1,66 2,28 2,00
2014 0,55 0,58 0,92 1,13 1,60 1,61 2,31 2,03
2015 0,54 0,58 0,90 1,16 1,59 1,77 2,37 2,08
2016 0,50 0,56 0,93 1,16 1,61 1,73 2,56 2,21
2017 0,49 0,57 0,98 1,14 1,61 1,71 2,53 2,19
2018 0,54 0,59 0,94 1,18 1,74 1,81 2,36 2,15
  • Note : le risque relatif de non-emploi contraint est pour les titulaires d'un brevet, de 1,74 en 2018 : leur taux de non-emploi contraint est supérieur de 74 % à celui que l'on obtiendrait si on appliquait à chaque participant de ce niveau de diplôme la probabilité de ne pas avoir d'emploi des personnes de même âge et de même sexe.
  • Champ : France métropolitaine, participants (actifs ou dans le halo du chômage) de 15 à 64 ans ayant terminé leurs études.
  • Source : enquêtes Emploi.

Figure 4Risque relatif de non-emploi contraint par niveau de diplôme

  • Note : le risque relatif de non-emploi contraint est pour les titulaires d'un brevet, de 1,74 en 2018 : leur taux de non-emploi contraint est supérieur de 74 % à celui que l'on obtiendrait si on appliquait à chaque participant de ce niveau de diplôme la probabilité de ne pas avoir d'emploi des personnes de même âge et de même sexe.
  • Champ : France métropolitaine, participants (actifs ou dans le halo du chômage) de 15 à 64 ans ayant terminé leurs études.
  • Source : enquêtes Emploi.

Pour une position dans l’échelle des diplômes donnée, le risque relatif de non‑emploi contraint est stable depuis 40 ans : une « loi d’airain » du classement des diplômes

Cette dégradation de la situation relative des peu ou pas diplômés est sans doute liée à la baisse de leur position dans l’échelle des diplômes : ce n’est pas la même chose d’être peu ou pas diplômé quand c’est la situation majoritaire que lorsque c’est le cas de moins d’un participant au marché du travail sur cinq. Cela peut se vérifier en suivant dans le temps la relation entre la position dans l’échelle des diplômes et le risque relatif de non‑emploi contraint (figure 5). L’évolution de la structure des diplômes permet d’examiner cette relation pour un nombre important de positions : les points ainsi obtenus s’agencent selon une courbe – et non un simple nuage de points – décroissante et le risque relatif de non‑emploi contraint ne dépend alors que de la position dans l’échelle des diplômes, quels que soient le type de diplôme et l’année considérés. Cette courbe où les diplômes sont réduits à leur position dans le classement peut être qualifiée de « loi d’airain » du classement des diplômes. Elle vaut surtout jusqu’au baccalauréat inclus et pour certaines filières du supérieur court (au plus bac + 2). Ainsi, le titulaire d’un brevet se situait à la moitié de l’échelle des diplômes en 1982, tout comme le titulaire d’un baccalauréat en 2018 ; le risque relatif de non‑emploi contraint de ces deux situations est proche (respectivement 0,98 et 0,94), alors que celui du baccalauréat était beaucoup plus favorable en 1982 (0,69), quand il était mieux positionné dans l’échelle des diplômes (84 %). Cela ne signifie pas que, pour un individu, le rendement de l’éducation baisse et qu’il n’ait pas intérêt à poursuivre ses études. Mais pour obtenir la même situation relative par rapport à la moyenne, il faut étudier de plus en plus longtemps.

Figure 5Position médiane du diplôme une année donnée et risque relatif de non-emploi contraint : une « loi d’airain » du classement des diplômes de 1982 à 2018

risque relatif de non-emploi contraint
Position médiane du diplôme une année donnée et risque relatif de non-emploi contraint : une « loi d’airain » du classement des diplômes de 1982 à 2018 (risque relatif de non-emploi contraint) - Lecture : en 2018, la position médiane des diplômés de niveau CAP-BEP dans l’échelle des diplômes est le 28e centile. Le risque relatif est de 1,18 : les personnes ayant ce diplôme ont en moyenne un risque 18 % plus élevé de ne pas avoir d’emploi, que l’ensemble des personnes de même âge et de même sexe. En 1982, leur position médiane était au 67e centile et le risque relatif de 0,88.
Diplôme Position médiane du diplôme Odd ratio du taux de non-emploi contraint par rapport à l’ensemble des personnes de même âge et de même sexe
2018 Supérieur à bac + 2 88,00 0,54
2017 88,74 0,49
2016 89,11 0,50
2015 89,46 0,54
2014 89,91 0,55
2013 90,37 0,54
2012 90,63 0,49
2011 90,94 0,52
2010 91,44 0,50
2009 91,72 0,53
2008 92,05 0,53
2007 92,38 0,60
2006 92,61 0,59
2005 92,77 0,61
2004 93,05 0,68
2003 93,19 0,68
2002 93,61 0,55
2001 93,87 0,50
2000 94,12 0,52
1999 94,36 0,49
1998 94,55 0,51
1997 94,70 0,54
1996 94,96 0,55
1995 95,13 0,54
1994 95,31 0,50
1993 95,46 0,49
1992 95,83 0,45
1991 96,04 0,44
1990 96,26 0,41
1989 96,36 0,32
1988 96,36 0,36
1987 96,63 0,37
1986 96,75 0,36
1985 96,84 0,36
1984 96,82 0,30
1983 96,89 0,34
1982 97,13 0,45
2018 BTS 70,42 0,59
2017 72,02 0,57
2016 72,76 0,56
2015 73,46 0,58
2014 74,38 0,58
2013 75,40 0,53
2012 76,22 0,56
2011 77,09 0,53
2010 78,05 0,55
2009 78,60 0,53
2008 79,49 0,50
2007 80,18 0,56
2006 80,72 0,59
2005 81,17 0,61
2004 81,98 0,57
2003 82,41 0,52
2002 83,16 0,59
2001 83,90 0,54
2000 84,66 0,47
1999 85,28 0,53
1998 85,87 0,61
1997 86,26 0,61
1996 86,94 0,63
1995 87,42 0,67
1994 88,03 0,67
1993 88,53 0,70
1992 89,43 0,54
1991 90,03 0,49
1990 90,68 0,43
1989 90,96 0,40
1988 91,12 0,43
1987 91,73 0,40
1986 92,05 0,44
1985 92,26 0,36
1984 92,29 0,41
1983 92,57 0,47
1982 93,18 0,51
2018 Médical court 63,52 0,31
2017 65,17 0,28
2016 65,84 0,28
2015 66,53 0,24
2014 67,43 0,25
2013 68,61 0,23
2012 69,77 0,25
2011 70,90 0,20
2010 71,82 0,23
2009 72,34 0,19
2008 73,51 0,22
2007 74,27 0,27
2006 74,92 0,22
2005 75,57 0,16
2004 76,63 0,19
2003 77,17 0,21
2002 77,74 0,20
2001 78,74 0,20
2000 79,79 0,19
1999 80,57 0,26
1998 81,37 0,28
1997 81,89 0,20
1996 82,76 0,20
1995 83,37 0,18
1994 84,26 0,21
1993 84,98 0,20
1992 86,14 0,15
1991 86,95 0,18
1990 87,84 0,22
1989 88,24 0,20
1988 88,51 0,18
1987 89,21 0,21
1986 89,63 0,17
1985 89,93 0,16
1984 90,04 0,18
1983 90,47 0,24
1982 91,27 0,22
2018 Autres bac + 2 61,38 1,04
2017 62,95 0,96
2016 63,59 0,84
2015 64,24 1,01
2014 65,07 0,85
2013 66,35 0,84
2012 67,55 0,79
2011 68,69 0,83
2010 69,54 0,80
2009 70,00 0,87
2008 71,20 0,92
2007 71,98 1,02
2006 72,67 0,85
2005 73,38 0,79
2004 74,40 0,78
2003 74,92 0,86
2002 75,32 0,62
2001 76,32 0,57
2000 77,42 0,58
1999 78,21 0,62
1998 79,04 0,55
1997 79,62 0,61
1996 80,52 0,47
1995 81,10 0,51
1994 82,03 0,41
1993 82,73 0,49
1992 84,03 0,39
1991 84,89 0,36
1990 85,84 0,33
1989 86,27 0,32
1988 86,46 0,30
1987 87,17 0,31
1986 87,64 0,25
1985 88,04 0,27
1984 88,15 0,25
1983 88,62 0,26
1982 89,46 0,29
2018 Bac 50,59 0,94
2017 52,18 0,98
2016 52,85 0,93
2015 53,58 0,90
2014 54,58 0,92
2013 55,91 0,90
2012 57,21 0,91
2011 58,39 0,85
2010 59,39 0,84
2009 59,87 0,86
2008 61,02 0,84
2007 62,20 0,80
2006 63,21 0,83
2005 64,15 0,82
2004 65,32 0,84
2003 66,06 0,77
2002 66,96 0,78
2001 68,02 0,78
2000 69,24 0,79
1999 70,23 0,79
1998 71,27 0,80
1997 72,17 0,79
1996 73,28 0,76
1995 74,04 0,77
1994 75,09 0,78
1993 75,89 0,75
1992 77,33 0,63
1991 78,28 0,66
1990 79,35 0,62
1989 79,76 0,62
1988 79,96 0,56
1987 80,77 0,57
1986 81,38 0,56
1985 81,98 0,61
1984 82,12 0,64
1983 82,74 0,66
1982 83,68 0,69
2018 CAP, BEP 28,72 1,18
2017 29,95 1,14
2016 30,32 1,16
2015 31,08 1,16
2014 32,09 1,13
2013 33,74 1,10
2012 35,50 1,07
2011 36,48 1,05
2010 37,39 1,04
2009 37,79 1,06
2008 38,65 1,00
2007 40,11 0,95
2006 41,34 0,96
2005 42,21 0,93
2004 43,18 0,95
2003 43,92 0,96
2002 45,16 0,91
2001 46,13 0,90
2000 47,38 0,89
1999 48,52 0,92
1998 49,62 0,92
1997 50,83 0,90
1996 52,06 0,93
1995 52,96 0,89
1994 54,11 0,90
1993 55,14 0,91
1992 56,79 0,91
1991 58,00 0,88
1990 59,49 0,87
1989 60,16 0,87
1988 60,60 0,91
1987 61,69 0,90
1986 62,85 0,91
1985 64,01 0,91
1984 64,55 0,91
1983 65,38 0,89
1982 66,54 0,88
2018 Brevet des collèges 14,48 1,74
2017 15,20 1,61
2016 15,22 1,61
2015 15,79 1,59
2014 16,54 1,60
2013 18,16 1,58
2012 19,81 1,53
2011 20,36 1,54
2010 20,87 1,61
2009 21,10 1,49
2008 21,57 1,42
2007 22,76 1,38
2006 23,92 1,40
2005 24,82 1,40
2004 25,62 1,23
2003 26,19 1,19
2002 26,90 1,20
2001 27,67 1,33
2000 28,87 1,23
1999 29,98 1,12
1998 30,91 1,09
1997 32,07 1,13
1996 33,15 0,97
1995 33,90 1,07
1994 35,07 1,01
1993 36,23 0,95
1992 38,16 1,00
1991 39,46 0,99
1990 41,16 0,89
1989 42,12 0,90
1988 42,90 0,91
1987 44,20 0,97
1986 45,69 0,96
1985 47,38 0,92
1984 48,26 1,05
1983 49,33 1,03
1982 50,59 0,98
2018 Certificat d'études primaires (CEP) 11,70 1,81
2017 12,17 1,71
2016 12,10 1,73
2015 12,40 1,77
2014 12,99 1,61
2013 14,06 1,66
2012 15,07 1,72
2011 15,30 1,70
2010 15,55 1,57
2009 15,56 1,54
2008 15,74 1,47
2007 16,56 1,24
2006 17,32 1,28
2005 18,55 1,35
2004 19,61 1,24
2003 19,98 1,24
2002 19,93 1,27
2001 20,46 1,26
2000 21,41 1,31
1999 22,24 1,28
1998 22,78 1,21
1997 23,52 1,22
1996 24,26 1,27
1995 24,61 1,23
1994 25,48 1,21
1993 26,33 1,17
1992 28,10 1,19
1991 28,81 1,20
1990 29,94 1,14
1989 30,28 1,24
1988 30,91 1,17
1987 31,89 1,13
1986 32,64 1,14
1985 33,91 1,14
1984 34,34 1,09
1983 34,88 1,07
1982 35,66 1,04
2018 Aucun diplôme 5,64 2,36
2017 5,81 2,53
2016 5,74 2,56
2015 5,83 2,37
2014 6,07 2,31
2013 6,50 2,28
2012 6,91 2,30
2011 6,97 2,31
2010 7,00 2,31
2009 6,92 2,25
2008 6,94 2,37
2007 7,22 2,32
2006 7,38 2,20
2005 8,00 2,10
2004 8,55 1,98
2003 8,61 2,02
2002 8,35 2,21
2001 8,50 2,20
2000 8,84 2,17
1999 9,10 2,08
1998 9,21 1,98
1997 9,40 1,94
1996 9,64 1,88
1995 9,65 1,89
1994 9,92 1,88
1993 10,16 1,85
1992 10,90 1,85
1991 11,00 1,84
1990 11,34 1,91
1989 11,18 1,89
1988 11,37 1,89
1987 11,66 1,86
1986 11,73 1,83
1985 12,09 1,78
1984 12,08 1,77
1983 12,03 1,73
1982 12,18 1,68
2018 Aucun diplôme ou CEP 6,06 2,32
2017 6,36 2,46
2016 6,37 2,48
2015 6,57 2,30
2014 6,92 2,22
2013 7,56 2,20
2012 8,16 2,21
2011 8,33 2,21
2010 8,55 2,18
2009 8,64 2,11
2008 8,80 2,18
2007 9,34 2,08
2006 9,94 1,97
2005 10,55 1,93
2004 11,06 1,82
2003 11,36 1,84
2002 11,58 1,96
2001 11,96 1,94
2000 12,58 1,92
1999 13,14 1,84
1998 13,57 1,74
1997 14,12 1,71
1996 14,62 1,68
1995 14,96 1,66
1994 15,56 1,65
1993 16,17 1,61
1992 17,20 1,62
1991 17,81 1,60
1990 18,60 1,62
1989 19,09 1,62
1988 19,54 1,59
1987 20,23 1,55
1986 20,91 1,53
1985 21,82 1,51
1984 22,26 1,47
1983 22,85 1,43
1982 23,48 1,38
  • Note : les titulaires du seul certificat d'études primaires ne sont représentés séparément que jusqu’en 2000. En effet, ils représentent désormais moins de 1 % des participants. Ils sont donc regroupés avec les non-diplômés sur toute la période 1982-2018, ce qui permet une meilleure comparaison avec le brevet.
  • Lecture : en 2018, la position médiane des diplômés de niveau CAP-BEP dans l’échelle des diplômes est le 28e centile. Le risque relatif est de 1,18 : les personnes ayant ce diplôme ont en moyenne un risque 18 % plus élevé de ne pas avoir d’emploi, que l’ensemble des personnes de même âge et de même sexe. En 1982, leur position médiane était au 67e centile et le risque relatif de 0,88.
  • Champ : France métropolitaine, participants (actifs ou dans le halo du chômage) de 15 à 64 ans ayant terminé leurs études.
  • Source : enquêtes Emploi.

Figure 5Position médiane du diplôme une année donnée et risque relatif de non-emploi contraint : une « loi d’airain » du classement des diplômes de 1982 à 2018

  • Note : les titulaires du seul certificat d'études primaires (CEP) ne sont représentés séparément que jusqu’en 2000. En effet, ils représentent désormais moins de 1 % des participants. Ils sont donc regroupés avec les non-diplômés sur toute la période 1982-2018, ce qui permet une meilleure comparaison avec le brevet.
  • Lecture : en 2018, la position médiane des diplômés de niveau CAP-BEP dans l’échelle des diplômes est le 28e centile. Le risque relatif est de 1,18 : les personnes ayant ce diplôme ont en moyenne un risque 18 % plus élevé de ne pas avoir d’emploi, que l’ensemble des personnes de même âge et de même sexe. En 1982, leur position médiane était au 67e centile et le risque relatif de 0,88.
  • Champ : France métropolitaine, participants (actifs ou dans le halo du chômage) de 15 à 64 ans ayant terminé leurs études.
  • Source : enquêtes Emploi.

Avec l’élévation générale du niveau de diplôme, la situation relative à niveau donné se détériore

L’élévation générale du niveau de diplôme se traduit, pour un diplôme donné, par une baisse de sa position dans l’échelle (déplacement vers la gauche du point le représentant) et concomitamment en rester à ce diplôme expose de plus en plus au risque de non‑emploi contraint (déplacement vers le haut du point le représentant).

Le risque relatif s’accroît plus rapidement (la courbe devient plus pentue) quand la position médiane du diplôme passe sous un seuil – d’environ un tiers – dans l’échelle des diplômes. Le risque relatif s’accentuait ainsi modérément pour les titulaires d’un brevet, jusque dans les années 1990. En revanche, une fois le brevet passé sous un tiers dans l’échelle des diplômes, leur risque relatif de non‑emploi contraint a sensiblement augmenté. Enfin, pour les non‑diplômés, leur position dans la zone de fort accroissement du risque relatif (extrémité gauche de la courbe) est compensée par le ralentissement de leur « déclin » démographique : leur position médiane n’a baissé que d’un peu plus d’un point entre 2008 et 2018, contre 7 points pour les titulaires du brevet. Leur situation relative ne s’est donc pas dégradée plus rapidement que celle des titulaires du brevet.

La relation est plus complexe pour les diplômes du supérieur : la spécialité de formation doit être prise en compte. Notamment, s’agissant du supérieur médical court (par exemple, le diplôme d’infirmier avant la réforme de 2009), bien que leur position dans l’échelle baisse, leur spécialité très demandée leur assure un risque relatif de non‑emploi contraint qui est resté très faible, inférieur même à celui des diplômés du supérieur long (supérieur à bac + 2) toutes spécialités confondues. A contrario, les diplômes du supérieur court des autres filières en dehors du BTS et du DUT ont perdu leur rôle protecteur, avec désormais un risque proche de la moyenne et équivalent à celui du baccalauréat. La part au sein des diplômés du supérieur court de ces autres filières est d’ailleurs en net déclin : de un tiers en 1982 à un peu plus de un sur dix en 2018.

Si le nombre de peu ou pas diplômés en emploi a baissé, ce n’est pas du fait d’un problème d’offre des métiers concernés

Au‑delà de la dimension de classement du diplôme au regard de l’insertion professionnelle, d’autres approches mobilisent plutôt le diplôme dans sa dimension formation et qualification et mettent en rapport l’offre de travail des diplômés avec la demande de qualification du système productif qui leur est adressée. En effet, la structure des professions n’évolue pas aussi vite que celle des diplômes [Fournié et Guitton, 2008].

Ainsi, depuis 2003, le nombre de participants au marché du travail peu ou pas diplômés a diminué de 36 %, et leur emploi de 42 % (figure 6).

Pourtant, si la proportion de peu ou pas diplômés était restée la même dans chaque profession (PCS à 4 chiffres), alors leur emploi n’aurait diminué que de 1 % : c’est le signe que les professions qui les employaient se sont maintenues, mais elles ont recruté à des niveaux de diplôme plus élevés. Le nombre de peu ou pas diplômés a même diminué dans des professions où ils sont traditionnellement nombreux et qui créent beaucoup d’emplois, comme les assistantes maternelles et les aides à domicile (encadré 1).

Au contraire, à l’autre extrémité de l’échelle, l’offre de travail des diplômés du supérieur long a augmenté nettement plus rapidement (+ 74 % de participants au marché du travail entre 2003 et 2018) que la demande qui leur a été adressée, à structure par profession constante (+ 19 %).

Ces contrastes entre évolutions de la demande, de l’offre et de l’emploi selon le niveau de diplôme existaient déjà il y a 30 ans. Les CAP‑BEP sont désormais, comme les moins diplômés, dans une configuration où l’emploi diminue plus vite que la demande, alors qu’il y a 30 ans ils partageaient avec les plus diplômés une configuration où l’emploi augmentait plus vite que la demande à structure par profession constante.

Figure 6aÉvolutions de l’offre, de la demande et de l’emploi par niveau de diplôme entre 1986-1988 et 1999-2001

en %
Évolutions de l’offre, de la demande et de l’emploi par niveau de diplôme entre 1986-1988 et 1999-2001 (en %) - Lecture : l’emploi des peu ou pas diplômés a diminué de 29 % entre 1986-1988 et 1999-2001. La demande) qui leur est adressée – à structure de diplôme par profession constante – a diminué de 1 % sur la période, et l’offre – le nombre de participants peu ou pas diplômés au marché du travail – a diminué de 26  %.
Offre Demande Emploi
Supérieur à bac + 2 87,3 41,6 83,0
Bac + 2 83,8 20,4 79,9
Bac 43,5 14,4 38,6
CAP, BEP 17,7 6,1 18,7
dont brevet 6,5 9,0 3,9
dont sans diplôme - CEP -17,3 -0,7 -20,0
Peu ou pas diplômés -26,3 1,0 -28,8
  • Lecture : l’emploi des peu ou pas diplômés a diminué de 29 % entre 1986-1988 et 1999-2001. La demande) qui leur est adressée – à structure de diplôme par profession constante – a diminué de 1 % sur la période, et l’offre – le nombre de participants peu ou pas diplômés au marché du travail – a diminué de 26  %.
  • Champ : France métropolitaine, participants (actifs ou dans le halo du chômage) de 15 à 64 ans ayant terminé leurs études.
  • Source : enquêtes Emploi.

Figure 6aÉvolutions de l’offre, de la demande et de l’emploi par niveau de diplôme entre 1986-1988 et 1999-2001

  • Lecture : l’emploi des peu ou pas diplômés a diminué de 29 % entre 1986-1988 et 1999-2001. La demande qui leur est adressée – à structure de diplôme par profession constante – a augmenté de 1 % sur la période, et l’offre – le nombre de participants peu ou pas diplômés au marché du travail – a diminué de 26  %.
  • Champ : France métropolitaine, participants (actifs ou dans le halo du chômage) de 15 à 64 ans ayant terminé leurs études.
  • Source : enquêtes Emploi.

Encadré 1 - Deux exemples de professions en croissance : les assistantes maternelles et aides à domicile et les agents de police

Figure 1Caractéristiques des assistantes maternelles et aides à domicile, et des agents de police

Caractéristiques des assistantes maternelles et aides à domicile, et des agents de police - Lecture : sur la période 2014-2018, en moyenne annuelle, il y a 951 000 emplois d'assistantes maternelles et aides à domicile. 33 % sont peu ou pas diplômées. 242 000 sont nées entre 1970 et 1979.
Assistantes maternelles et aides à domicile 1 Agents de police 2
1982-1986 2004-2008 2014-2018 1982-1986 2004-2008 2014-2018
Emplois (effectifs) 230 000 845 000 951 000 99 000 114 000 116 000
Peu ou pas diplômés 183 000 432 000 316 000 57 000 28 000 14 000
dont sans diplôme ou CEP 167 000 332 000 231 000 44 000 10 000 2 000
Emplois occupés par la génération 1970-1979 (effectifs) /// 138 000 242 000 /// 48 000 48 000
Niveau de diplôme (en %)
Peu ou pas diplômés 80 51 33 58 25 12
dont sans diplôme ou CEP 73 39 24 44 9 2
CAP, BEP ou autre diplôme de ce niveau 18 34 41 36 24 15
dont spécialités spécifiques 3 ns 7 15 ns 0 1
Bac ou brevet professionnel 2 11 17 5 39 52
dont spécialités spécifiques 3 ns 1 3 ns 4 9
Diplômes supérieurs au bac 0 4 9 1 12 21
dont spécialités spécifiques 3 ns 1 1 ns 0 0
  • ns : non significatif. /// : absence de résultat due à la nature des choses.
  • 1. Soit dans la nomenclature de 2003 de la PCS, les professions 563a (assistantes maternelles, gardiennes d'enfants, familles d’accueil) et 563b (aides à domicile, aides ménagères, travailleuses familiales), et, dans la nomenclature de 1982 (pour les données antérieures à 2003), la profession 5631 (assistantes maternelles, gardiennes d'enfants, travailleuses familiales).
  • 2. Soit dans la nomenclature de 2003 de la PCS, les professions, 531a (agents de police de l’Etat) et 531b (agents des polices municipales) et, dans la nomenclature de 1982 (pour les données antérieures à 2003), la profession 5311 (agents de police).
  • 3. Santé, travail social et spécialités plurivalentes sanitaires et sociales pour les assistantes maternelles et aides à domicile ; sécurité, police et surveillance pour les agents de police.
  • Lecture : sur la période 2014-2018, en moyenne annuelle, il y a 951 000 emplois d'assistantes maternelles et aides à domicile. 33 % sont peu ou pas diplômées. 242 000 sont nées entre 1970 et 1979.
  • Champ : France métropolitaine, personnes en emploi de 15 à 64 ans ayant terminé leurs études.
  • Source : enquêtes Emploi.

La profession qui crée le plus d’emplois entre 1982 et 2018 est celle des assistantes maternelles et aides à domicile : c’est l’activité principale de 951 000 personnes en moyenne entre 2014 et 2018 contre 230 000 entre 1982 et 1986 (figure). La part des non‑diplômés dans cette profession a régulièrement décliné pour n’être plus que de 24 % en 2014‑2018 contre 73 % en 1982‑1986. En volume, le nombre de non‑diplômés a culminé à 332 000 en 2004‑2008, pour revenir à 231 000 en 2014‑2018.

Les deux tiers des salariés de cette profession ont donc désormais au moins un CAP. Cette évolution répond‑elle à une demande accrue de personnel qualifié ? L’examen des spécialités de formation apporte une réponse mitigée. Les trois spécialités santé, travail social et spécialités plurivalentes sanitaires et sociales restent minoritaires (19 %) même si elles ont nettement augmenté (6 % en 2004‑2008).

Autre profession présentant une forte proportion de peu ou pas diplômés au début des années 1980, les agents de police : les peu ou pas diplômés y sont en constante diminution, à la fois en nombre et en part. Celle‑ci est passée de 58 % en 1982‑1986 à 12 % en 2014‑2018. Inversement, alors qu’ils ne représentaient que 5 % de la profession en 1982‑1986, les titulaires d’un baccalauréat sont en proportion dix fois plus nombreux (52 %) en 2014‑2018. S’il existe un baccalauréat professionnel des métiers de la sécurité, qui ouvre au recrutement dans la Police, près de la moitié des titulaires d’un bac professionnel ont une autre spécialité (les plus fréquentes étant la comptabilité et la gestion, puis le commerce et la vente) et les titulaires d’un baccalauréat général sont deux fois plus nombreux que ceux d’un baccalauréat professionnel.

Que ce soit les assistantes maternelles et aides à domicile ou les agents de police, pour ceux, de plus en plus nombreux, qui déclarent comme diplôme le plus élevé un diplôme du supérieur, celui‑ci n’est pas spécifique au métier (ce qui n’empêche pas, pour les agents de police, une formation spécifique après le concours d’entrée ou, pour les assistantes maternelles, l’obtention d’un agrément). Les spécialités dominantes des diplômés du supérieur relèvent des sciences humaines ; devant la gestion pour les agents de police (8 % contre 5 % sur un total de 21 %) ; à égalité avec la gestion (2 %) pour les assistantes maternelles et aides à domicile (sur 9 %). On ne peut toutefois pas exclure qu’un niveau de diplôme plus élevé soit recherché plus pour des compétences dites transversales que pour la spécialité de formation.

Enfin, différence entre ces professions, le déclassement ne se produit pas au même moment de la carrière professionnelle : les agents de police diplômés du supérieur le deviennent en début de carrière (il y a des limites d’âge pour l’entrée dans le métier), alors que les assistantes maternelles ou aides à domicile le deviennent plus tardivement. En particulier, pour ces dernières, les personnes nées entre 1970 et 1979 sont beaucoup plus nombreuses dans cette profession en 2014‑2018 qu’elles ne l’étaient en 2004‑2008, et l’écart s’accroît avec le niveau de diplôme.

Les diplômés sont contraints sur le type de profession exercée, avec un risque de déclassement

Entre 2003 et 2018, l’emploi des diplômés de niveau bac ou plus a augmenté quasiment autant que leur offre de travail. Mais ils occupent désormais des emplois dans des métiers auparavant occupés par des moins diplômés qu’eux. L’interprétation la plus courante de ce constat est celle d’un déclassement [Goux et Maurin, 2019]. Le déclassement peut être « pur », c’est-à-dire qu’il conduit une population homogène de diplômés d’un même niveau à opter pour des métiers moins qualifiés qu’escompté faute d’une offre d’emploi correspondant à leur niveau de diplôme. Une variante de cette interprétation est celle d’un déclassement « nominal » : la hausse du nombre de diplômés se serait traduite soit par une certaine dévalorisation des diplômes (si bien qu’à diplôme donné, aucun titulaire ne pourrait plus prétendre aux emplois qui correspondaient autrefois à la norme pour ce niveau de diplôme), soit par une augmentation de l’hétérogénéité au sein d’un niveau de diplôme donné (si bien qu’à diplôme donné, une partie des titulaires ne pourrait plus prétendre aux emplois qui correspondaient autrefois à la norme pour ce niveau de diplôme). Enfin, troisième interprétation, ce mouvement peut aussi traduire une hausse de la demande de compétences dans ces métiers, liée au progrès technique qui favoriserait les plus qualifiés, ou à une demande de compétences génériques.

Pour trancher entre cette dernière interprétation et les deux premières, l’analyse des salaires obtenus peut être mobilisée. En cas d’embauche des plus diplômés pour répondre à une hausse de la norme de compétence, les salaires des plus diplômés dans ces métiers devraient être plus proches de ceux des plus diplômés des autres métiers, que de ceux des moins diplômés du même métier. En cas de déclassement (« pur » ou nominal), à l’inverse, le salaire dans un métier donné devrait peu dépendre du niveau de diplôme, mais seulement du métier. Ce qui est observé est nettement plus conforme à l’hypothèse du déclassement : le salaire mensuel médian d’un titulaire du baccalauréat qui occupe un emploi dans une profession où les peu ou pas diplômés sont majoritaires n’est supérieur que de 41 euros au salaire médian de la profession ; il est en revanche inférieur de 350 euros au salaire médian des bacheliers, toutes professions confondues (figure 7). À niveau de diplôme donné, le déclassement touche plus certaines spécialités de formation que d’autres : par exemple, les diplômés du supérieur long en lettres et arts ont un salaire médian inférieur à celui des cycles courts en sciences. Ce dernier exemple renvoie clairement à une hétérogénéité (ou effet de sélection) qui n’est pas prise en compte en s’en tenant au niveau de diplôme. Il rappelle qu’il n’est pas possible de trancher entre déclassement « pur » et déclassement « nominal ».

Figure 7Salaire mensuel médian en 2014-2018 en fonction du niveau de diplôme et de la profession

en euros
Salaire mensuel médian en 2014-2018 en fonction du niveau de diplôme et de la profession (en euros) - Lecture : en 2014-2018, le salaire mensuel médian des diplômés du supérieur long était de 2 500 euros. Il était de 2 900 euros pour ceux d’entre eux qui exerçaient dans une profession où le diplôme médian relevait du supérieur long (c’est à dire qu’au moins la moitié des emplois de ces professions sont occupés par des diplômés du supérieur long) et de 2 207 euros pour ceux d’entre eux qui exerçaient dans une profession où le diplôme médian était du supérieur court (au moins la moitié ont un diplôme du supérieur court ou d’un niveau supérieur et au moins la moitié ont un diplôme du supérieur court ou d’un niveau inférieur).
Diplôme médian de la profession Toutes professions
Supérieur à
bac + 2
Bac + 2 Baccalauréat CAP, BEP Peu ou pas diplômé
Supérieur à bac + 2 2 900 2 207 1 810 1 500 /// 2 500
Bac + 2 2 858 2 125 1 825 1 548 /// 2 058
Baccalauréat 2 816 2 000 1 715 1 508 1 350 1 700
CAP, BEP 2 801 2 056 1 762 1 566 1 359 1 625
Peu ou pas diplômé 3 000 2 010 1 700 1 483 1 288 1 500
Ensemble 2 883 2 120 1 762 1 516 1 309 1 830
  • /// : absence de résultat due à la nature des choses.
  • Lecture : en 2014-2018, le salaire mensuel médian des diplômés du supérieur long était de 2 500 euros. Il était de 2 900 euros pour ceux d’entre eux qui exerçaient dans une profession où le diplôme médian relevait du supérieur long (c’est à dire qu’au moins la moitié des emplois de ces professions sont occupés par des diplômés du supérieur long) et de 2 207 euros pour ceux d’entre eux qui exerçaient dans une profession où le diplôme médian était du supérieur court (au moins la moitié ont un diplôme du supérieur court ou d’un niveau supérieur et au moins la moitié ont un diplôme du supérieur court ou d’un niveau inférieur).
  • Champ : France métropolitaine, personnes en emploi à temps plein ou à temps partiel avec une quotitié d'au moins 80% (le salaire est alors ramené à un équivalent-temps-plein) de 19 à 64 ans ayant terminé leurs études depuis au moins deux ans.
  • Source : enquêtes Emploi.

Le déclassement des plus diplômés se traduit le plus souvent par une éviction des moins diplômés

Entre 2003 et 2018, l’offre de diplômés de niveau supérieur au brevet a augmenté, à taux d’emploi constant, de 4,0 millions, pendant que la demande qui leur était adressée, à structure constante, augmentait de 1,2 million, soit une offre excédentaire de 2,8 millions. Dans le même temps, l’offre de peu ou pas diplômés a diminué, à taux d’emploi constant, de 2,4 millions, alors que la demande qui leur est adressée était quasi stable. 2,4 millions d’emplois ont donc été « libérés » par les peu ou pas diplômés au profit de l’offre excédentaire de plus diplômés. Restent 0,4 million d’offre excédentaire des plus diplômés dont la contrepartie s’est traduite, par un effet d’éviction, dans une hausse presque équivalente du non‑emploi contraint des peu ou pas diplômés (+ 0,4 million).

Pour que le non‑emploi contraint des peu ou pas diplômés n’augmente pas, il aurait fallu que le non‑emploi contraint global diminue suffisamment pour compenser la hausse de leur risque relatif, consécutif à la baisse de leur position médiane dans l’échelle des diplômes. Or, sur les quarante dernières années, le non‑emploi contraint des peu ou pas diplômés n’a baissé de manière significative qu’entre 1999 et 2008 ; il a cessé d’augmenter depuis 2017.

En France, une baisse un peu plus rapide qu’en Europe de la part des peu ou pas diplômés

L’Union européenne, soit ici 23 pays (encadré 2), regroupe à la fois des pays où plus d’un participant au marché du travail sur trois est peu ou pas diplômé (pays du Sud‑Ouest notamment : Portugal, Espagne et Italie) et des pays où ce n’est plus le cas que d’un sur vingt (pays de l’Est ou du Nord : Lituanie, Pologne et République tchèque). La France, comme les autres pays de l’Europe de l’Ouest, occupe une position médiane avec environ un participant peu ou pas diplômé sur six (figure 8).

Figure 8Part des peu ou pas diplômés et taux de non-emploi contraint en Europe

Part des peu ou pas diplômés et taux de non-emploi contraint en Europe - Lecture : il y a, en 2018, 5,0 millions de participants au marché du travail en Belgique, soit 10 % de plus qu’en 2003. La part des peu ou pas diplômés y est de 17 %, soit 13 points de moins qu’en 2003. Le taux de non-emploi contraint moyen est de 9,1 % et celui des peu ou pas diplômés de 22,3 %, soit un risque relatif, non corrigé de l’effet âge, de 2,9.
Participants au marché du travail (15-64 ans) Part des peu ou pas diplômés Taux de non-emploi contraint (en %) Risque relatif de non-emploi contraint
Tous participants Peu ou pas diplômés
2018 (en milliers) Évolution 2003-2018 (en points) 2018 (en %) Évolution 2003-2018 (en points) 2003 2018 2003 2018 2003 2018
Belgique 5 037 10 17 -13 12,4 9,1 21,9 22,3 2,0 2,9
Espagne 22 681 14 37 -15 15,4 19,2 19,5 29,4 1,3 1,8
France 29 093 7 16 -14 11,9 13,7 19,0 27,5 1,7 2,4
Italie 28 186 5 34 -12 19,2 21,2 25,2 32,3 1,4 1,8
Pays-Bas 7 712 6 18 -10 7,0 7,7 11,8 14,8 1,8 2,1
Pologne 17 330 -7 6 -8 28,2 9,7 45,1 27,2 2,1 3,5
Royaume-Uni 31 652 16 20 -8 10,0 7,8 17,5 13,6 1,9 1,9
UE 23 196 155 5 21 -11 14,9 12,7 21,2 24,9 1,5 2,3
  • Lecture : il y a, en 2018, 5,0 millions de participants au marché du travail en Belgique, soit 10 % de plus qu’en 2003. La part des peu ou pas diplômés y est de 17 %, soit 13 points de moins qu’en 2003. Le taux de non-emploi contraint moyen est de 9,1 % et celui des peu ou pas diplômés de 22,3 %, soit un risque relatif, non corrigé de l’effet âge, de 2,9.
  • Champ : Participants au marché du travail (actifs ou dans le halo du chômage) de 15 à 64 ans ayant terminé leurs études.
  • Source : Labour Force Survey, les 23 pays où les données individuelles sont disponibles et sans forte rupture de série (sur les 28 pays de l'UE dans ses contours de 2018, sont exclus l'Allemagne, Chypre, le Danemark, le Luxembourg et Malte).

Presque partout en Europe, la part des peu ou pas diplômés parmi les participants au marché du travail a diminué : dans les 23 pays étudiés, elle est passée en moyenne de 32 % en 2003 à 21 % en 2018. Elle a baissé plus rapidement dans les pays où leur part était élevée, comme en Espagne (– 15 points) et en Italie (– 12 points), que dans les pays où elle était déjà inférieure à 20 % en 2003, comme la Pologne (– 8 points). Parmi les pays d’Europe de l’Ouest, la France est, avec la Belgique, celui où la part des peu ou pas diplômés a le plus baissé (– 14 points) : cette part est désormais de 16 %, soit 5 points de moins que la moyenne des pays étudiés.

En Europe aussi, la situation relative sur le marché du travail des peu ou pas diplômés s’est dégradée au fur et à mesure que leur part a diminué

Presque partout dans les 23 pays d’Europe, la situation relative des peu ou pas diplômés sur le marché du travail s’est dégradée quand leur part a diminué (figure 9). Ce déplacement s’est opéré en fonction notamment du poids des peu ou pas diplômés et de la relation, spécifique à chaque pays, reliant le risque relatif de non‑emploi contraint à la part des peu ou pas diplômés.

Encadré 2 - Le champ européen de l’étude

L’étude mobilise les données individuelles des enquêtes Emploi (Labour Force Survey) de 27 des 28 pays de l’Union Européenne (en 2018).

Les données sont disponibles sur la période 1998‑2018 (2003‑2018 pour certains pays) sauf pour l’Allemagne. Elles portent sur la situation d’activité (emploi, chômage, souhait d’avoir un emploi – halo autour du chômage –, inactivité), le fait d’avoir terminé ses études et le plus haut niveau de diplôme obtenu.

Pour quatre des 27 pays (Chypre, Danemark, Luxembourg et Malte), une trop forte proportion d’observations sans diplôme renseigné, ou des ruptures de séries constatées sur certaines variables, ont conduit à les retirer du champ de l’étude.

Dans les 23 pays finalement étudiés, quatre regroupements sont effectués :

‑ l’Europe de l’Ouest : Autriche, Belgique, France et Pays‑Bas ;

‑ l’Europe du Sud : Croatie, Espagne, Grèce, Italie, Portugal, Slovénie. Le Sud‑Ouest regroupe parmi ces pays l’Espagne, l’Italie et le Portugal ;

‑ l’Europe du Nord : Finlande, Suède, Estonie, Lettonie, Lituanie, Irlande et Royaume‑Uni ;

‑ l’Europe de l’Est : Bulgarie, Hongrie, Pologne, Roumanie, Slovaquie et République tchèque.

La catégorie « niveau peu élevé » de la nomenclature européenne regroupe les trois premiers niveaux de la nomenclature internationale des diplômes (ISCED), ceux n’allant pas plus loin que le premier cycle de l’enseignement secondaire, ce qui correspond, pour la France, aux niveaux d’au plus le brevet des collèges (appelés aussi les « peu ou pas diplômés »). Cette catégorie est peu affectée par le changement de nomenclature ISCED de 2014.

Figure 9Part des peu ou pas diplômés et risque relatif de non-emploi contraint en Europe : la « loi d’airain » du classement en Europe

risque relatif de non-emploi contraint
Part des peu ou pas diplômés et risque relatif de non-emploi contraint en Europe : la « loi d’airain » du classement en Europe (risque relatif de non-emploi contraint) - Lecture : en Italie, il y a 34 % de peu ou pas diplômé en 2018 et leur risque relatif, corrigé de l’effet âge et du sexe, s’élève à 1,8.
Année Zone géographique Pays Part des peu ou pas diplômés (en %) Odd ratio du taux de non-emploi contraint par rapport à l’ensemble des personnes de même âge et de même sexe
2003 Est Bulgarie 24,95 2,46
2004 Est 25,12 2,38
2005 Est 24,23 2,66
2006 Est 21,18 3,00
2007 Est 19,04 3,06
2008 Est 18,33 3,24
2009 Est 18,8 3,01
2010 Est 17,74 3,00
2011 Est 16,51 3,20
2012 Est 16,25 3,36
2013 Est 15,44 3,24
2014 Est 15,95 3,32
2015 Est 15,42 3,56
2016 Est 14,93 3,92
2017 Est 14,45 3,94
2018 Est 14,02 3,90
2003 Est Rép. tchèque 8,69 3,21
2004 Est 8,47 3,62
2005 Est 7,73 3,97
2006 Est 7,63 3,78
2007 Est 7,47 4,03
2008 Est 7,21 4,20
2009 Est 6,89 4,05
2010 Est 6,37 3,84
2011 Est 6,26 4,16
2012 Est 6 4,70
2013 Est 5,38 3,95
2014 Est 5,21 4,24
2015 Est 5,14 5,44
2016 Est 5,24 4,53
2017 Est 4,9 4,06
2018 Est 5,04 4,46
1998 Est Hongrie 22,33 2,25
1999 Est 19,26 2,81
2000 Est 21,19 2,46
2001 Est 21,12 2,59
2002 Est 20,52 2,71
2003 Est 18,62 2,73
2004 Est 18,19 2,82
2005 Est 17,83 2,77
2006 Est 16,8 2,94
2007 Est 16,13 3,08
2008 Est 16,22 3,14
2009 Est 15,84 3,16
2010 Est 15,46 3,04
2011 Est 15,73 3,23
2012 Est 15,26 3,29
2013 Est 14,74 3,29
2014 Est 14,43 3,09
2015 Est 14,72 3,12
2016 Est 14,75 3,16
2017 Est 14,23 3,12
2018 Est 13,68 3,32
2003 Est Pologne 14,47 1,95
2004 Est 12,73 1,92
2005 Est 11,65 2,01
2006 Est 11 2,13
2007 Est 10,55 2,04
2008 Est 9,76 2,02
2009 Est 9,12 2,17
2010 Est 8,66 2,31
2011 Est 8,36 2,45
2012 Est 8,01 2,50
2013 Est 7,5 2,63
2014 Est 7,1 2,77
2015 Est 6,91 2,85
2016 Est 6,32 3,07
2017 Est 5,71 3,16
2018 Est 5,5 3,30
2003 Est Roumanie 28,07 1,31
2004 Est 26,14 1,55
2005 Est 24,51 1,52
2006 Est 23,12 1,57
2007 Est 23,08 1,68
2008 Est 22,97 1,77
2009 Est 23,71 1,62
2010 Est 24,3 1,49
2011 Est 23,74 1,86
2012 Est 22,86 1,80
2013 Est 22,39 1,71
2014 Est 24,78 1,70
2015 Est 21,95 1,66
2016 Est 20,86 1,98
2017 Est 19,76 2,04
2018 Est 18,74 2,10
2003 Est Slovaquie 8,91 4,68
2004 Est 9,21 4,74
2005 Est 8,78 5,88
2006 Est 8,47 5,96
2007 Est 8,07 6,28
2008 Est 7,39 6,07
2009 Est 6,39 5,27
2010 Est 6,58 4,80
2011 Est 6,41 4,71
2012 Est 6,34 4,99
2013 Est 6,35 4,47
2014 Est 7,11 4,52
2015 Est 6,74 4,74
2016 Est 6,25 4,43
2017 Est 6,93 4,96
2018 Est 6,46 5,87
1998 Nord Estonie
1999 Nord
2000 Nord
2001 Nord
2002 Nord
2003 Nord 11,42 2,04
2004 Nord 12,35 1,89
2005 Nord 10,9 2,27
2006 Nord 11,71 2,56
2007 Nord 11,34 2,64
2008 Nord 11,78 2,35
2009 Nord 11,28 2,40
2010 Nord 10,37 2,32
2011 Nord 10,89 2,58
2012 Nord 10,08 2,70
2013 Nord 9,44 2,08
2014 Nord 11,8 1,96
2015 Nord 10,91 2,25
2016 Nord 11,03 2,12
2017 Nord 11,4 2,18
2018 Nord 11,12 2,30
2003 Nord Finlande 22,03 1,78
2004 Nord 20,25 1,79
2005 Nord 18,81 1,72
2006 Nord 18,52 1,85
2007 Nord 17,25 1,74
2008 Nord 16,86 1,90
2009 Nord 15,44 1,85
2010 Nord 15,12 1,84
2011 Nord 14,3 1,91
2012 Nord 13,47 2,05
2013 Nord 12,58 2,12
2014 Nord 11,44 2,16
2015 Nord 11,09 1,97
2016 Nord 9,16 2,05
2017 Nord 10,12 2,09
2018 Nord 9,5 2,41
2003 Nord Irlande 31,76 1,92
2004 Nord 30,49 1,95
2005 Nord 29,43 1,94
2006 Nord 28,32 1,94
2007 Nord 26,14 2,00
2008 Nord 24,59 1,97
2009 Nord 23,15 1,83
2010 Nord 22,16 1,94
2011 Nord 21,49 2,05
2012 Nord 20,22 2,21
2013 Nord 19,1 2,21
2014 Nord 15,86 2,26
2015 Nord 15,26 2,35
2016 Nord 14,41 2,31
2017 Nord 13,9 2,37
2018 Nord 13,85 2,48
2003 Nord Lituanie 12,48 2,02
2004 Nord 10,81 1,49
2005 Nord 9,63 1,87
2006 Nord 9,3 2,11
2007 Nord 9,06 2,01
2008 Nord 7,18 2,51
2009 Nord 7,07 2,41
2010 Nord 6,37 2,95
2011 Nord 5,79 3,34
2012 Nord 5,44 3,28
2013 Nord 5,29 3,67
2014 Nord 5,56 3,51
2015 Nord 5,31 3,60
2016 Nord 4,43 4,08
2017 Nord 4,29 3,96
2018 Nord 4,11 3,47
2003 Nord Lettonie 17,63 1,76
2004 Nord 16,66 1,68
2005 Nord 15,75 1,87
2006 Nord 16,16 2,16
2007 Nord 15,62 1,96
2008 Nord 14,52 2,06
2009 Nord 13,62 2,01
2010 Nord 11,84 1,90
2011 Nord 12,11 1,99
2012 Nord 11,14 2,12
2013 Nord 10,35 2,46
2014 Nord 9,92 2,55
2015 Nord 9,59 2,49
2016 Nord 9,16 2,44
2017 Nord 9,12 2,04
2018 Nord 8,61 2,65
2003 Nord Suède
2004 Nord
2005 Nord
2006 Nord 19,04 1,88
2007 Nord 18,3 1,97
2008 Nord 17,55 2,00
2009 Nord 16,88 2,00
2010 Nord 16,59 2,11
2011 Nord 16,22 2,23
2012 Nord 15,71 2,33
2013 Nord 14,82 2,52
2014 Nord 14,37 2,54
2015 Nord 13,88 2,68
2016 Nord 13,23 2,89
2017 Nord 13,19 2,96
2018 Nord 13,09 3,31
2004 Nord Royaume-Uni 27,98 1,86
2005 Nord 26,99 1,88
2006 Nord 25,65 1,96
2007 Nord 25,14 1,98
2008 Nord 27,01 1,96
2009 Nord 25,26 1,88
2010 Nord 23,73 1,95
2011 Nord 22,59 1,98
2012 Nord 21,3 2,10
2013 Nord 21,02 2,03
2014 Nord 20,53 2,06
2015 Nord 19,77 2,08
2016 Nord 20,59 1,90
2017 Nord 20,01 1,83
2018 Nord 20,33 1,74
1998 Ouest Autriche 23,57 1,80
1999 Ouest 23,07 1,81
2000 Ouest 22,01 1,84
2001 Ouest 20,82 1,79
2002 Ouest 20,29 1,76
2003 Ouest 19,91 1,91
2004 Ouest 17,34 1,98
2005 Ouest 16,98 2,12
2006 Ouest 17,49 2,12
2007 Ouest 18,01 2,06
2008 Ouest 16,99 2,25
2009 Ouest 16,27 2,42
2010 Ouest 15,7 2,36
2011 Ouest 15,54 2,34
2012 Ouest 15,1 2,46
2013 Ouest 14,91 2,54
2014 Ouest 14,28 2,68
2015 Ouest 13,65 2,64
2016 Ouest 13,98 2,75
2017 Ouest 13,83 2,94
2018 Ouest 13,46 2,89
1999 Ouest Belgique 33,96 1,83
2000 Ouest 32,59 1,83
2001 Ouest 31,27 1,97
2002 Ouest 30,53 1,93
2003 Ouest 30 1,84
2004 Ouest 28,58 2,02
2005 Ouest 26,5 2,05
2006 Ouest 25,8 2,09
2007 Ouest 24,89 2,15
2008 Ouest 23,37 2,19
2009 Ouest 22,37 2,20
2010 Ouest 23,03 2,27
2011 Ouest 22,36 2,32
2012 Ouest 21,93 2,30
2013 Ouest 21,15 2,34
2014 Ouest 20,54 2,40
2015 Ouest 19,42 2,41
2016 Ouest 18,67 2,41
2017 Ouest 18,82 2,42
2018 Ouest 16,9 2,75
1998 Ouest France 34,29 1,57
1999 Ouest 33,31 1,64
2000 Ouest 32,23 1,73
2001 Ouest 31,07 1,75
2002 Ouest 30,25 1,72
2003 Ouest 29,86 1,64
2004 Ouest 29,43 1,63
2005 Ouest 28,63 1,75
2006 Ouest 28,39 1,78
2007 Ouest 26,79 1,81
2008 Ouest 26,12 1,87
2009 Ouest 25,39 1,88
2010 Ouest 24,82 1,98
2011 Ouest 24,08 1,94
2012 Ouest 23,54 2,01
2013 Ouest 20,61 1,97
2014 Ouest 19,14 2,01
2015 Ouest 18,25 2,13
2016 Ouest 18,1 2,09
2017 Ouest 17,67 2,05
2018 Ouest 16,47 2,23
2003 Ouest Pays-Bas 27,6 1,72
2004 Ouest 26,45 1,70
2005 Ouest 27,4 1,60
2006 Ouest 26,42 1,62
2007 Ouest 25,17 1,66
2008 Ouest 26,32 1,79
2009 Ouest 25,41 1,74
2010 Ouest 24,01 1,79
2011 Ouest 23,63 1,65
2012 Ouest 23,17 1,79
2013 Ouest 20,95 1,76
2014 Ouest 21,2 1,97
2015 Ouest 20,39 1,76
2016 Ouest 19,71 1,96
2017 Ouest 18 1,91
2018 Ouest 18,22 1,91
1998 Sud Espagne 57,83 1,19
1999 Sud 56,18 1,18
2000 Sud 54,51 1,23
2001 Sud 53,16 1,24
2002 Sud 51,69 1,25
2003 Sud 52,37 1,30
2004 Sud 50,43 1,34
2005 Sud 48,53 1,40
2006 Sud 45,82 1,43
2007 Sud 44,93 1,45
2008 Sud 44,97 1,50
2009 Sud 45,4 1,57
2010 Sud 44,82 1,58
2011 Sud 42,98 1,57
2012 Sud 42,66 1,61
2013 Sud 42,11 1,61
2014 Sud 41,08 1,63
2015 Sud 39,91 1,68
2016 Sud 39,38 1,68
2017 Sud 37,85 1,66
2018 Sud 37,1 1,70
1998 Sud Grèce 44,61 1,09
1999 Sud 42,31 1,10
2000 Sud 41,17 1,07
2001 Sud 40,49 1,10
2002 Sud 39,23 1,11
2003 Sud 38,08 1,12
2004 Sud 34,53 1,20
2005 Sud 33,56 1,18
2006 Sud 35,54 1,26
2007 Sud 35,09 1,26
2008 Sud 34,21 1,30
2009 Sud 34,21 1,29
2010 Sud 32,96 1,28
2011 Sud 31,33 1,30
2012 Sud 29,92 1,33
2013 Sud 28,71 1,35
2014 Sud 27,62 1,31
2015 Sud 26,08 1,31
2016 Sud 24,54 1,38
2017 Sud 23,51 1,39
2018 Sud 22,59 1,44
2003 Sud Croatie 21,86 1,42
2004 Sud 20,61 1,40
2005 Sud 19,36 1,26
2006 Sud 17,97 1,54
2007 Sud 17,75 1,75
2008 Sud 16,96 1,62
2009 Sud 16,92 1,61
2010 Sud 17,09 1,66
2011 Sud 16,32 1,71
2012 Sud 14,41 1,67
2013 Sud 13,65 1,80
2014 Sud 12,38 2,03
2015 Sud 12,07 1,96
2016 Sud 11,74 2,03
2017 Sud 10,44 2,75
2018 Sud 9,36 2,39
1998 Sud Italie 51,31 1,25
1999 Sud 49,64 1,29
2000 Sud 47,31 1,34
2001 Sud 48,56 1,33
2002 Sud 48 1,37
2003 Sud 45,87 1,40
2004 Sud 45,71 1,47
2005 Sud 43,87 1,52
2006 Sud 42,71 1,56
2007 Sud 42,24 1,60
2008 Sud 41,36 1,63
2009 Sud 40,15 1,63
2010 Sud 39,33 1,66
2011 Sud 38,65 1,66
2012 Sud 38,1 1,67
2013 Sud 37,27 1,68
2014 Sud 36,33 1,70
2015 Sud 35,86 1,71
2016 Sud 35,71 1,74
2017 Sud 34,96 1,76
2018 Sud 34,31 1,75
1998 Sud Portugal 79,92 1,06
1999 Sud 78,16 1,06
2000 Sud 77,66 1,08
2001 Sud 77,21 1,08
2002 Sud 76,27 1,08
2003 Sud 74,93 1,08
2004 Sud 73,52 1,13
2005 Sud 72,29 1,12
2006 Sud 70,97 1,11
2007 Sud 70,65 1,11
2008 Sud 69,64 1,12
2009 Sud 67,23 1,17
2010 Sud 65,07 1,19
2011 Sud 61,6 1,19
2012 Sud 58,83 1,18
2013 Sud 56,56 1,21
2014 Sud 52,95 1,24
2015 Sud 50,51 1,22
2016 Sud 48,72 1,25
2017 Sud 47,65 1,27
2018 Sud 45,42 1,25
1998 Sud Slovénie 23,47 1,74
1999 Sud 20,98 1,84
2000 Sud 20,65 1,99
2001 Sud 20,43 1,85
2002 Sud 19 1,93
2003 Sud 17,91 1,82
2004 Sud 18,05 1,83
2005 Sud 16,99 1,79
2006 Sud 15,98 1,83
2007 Sud 15,36 1,79
2008 Sud 14,84 1,75
2009 Sud 14,01 1,93
2010 Sud 13,98 1,98
2011 Sud 12,43 2,13
2012 Sud 12,01 2,22
2013 Sud 11,72 2,26
2014 Sud 11,95 2,02
2015 Sud 10,61 1,94
2016 Sud 9,69 2,41
2017 Sud 9,15 2,10
2018 Sud 8,95 2,25
  • Lecture : en Italie, il y a 34 % de peu ou pas diplômé en 2018 et leur risque relatif, corrigé de l’effet âge et du sexe, s’élève à 1,8.
  • Champ : participants au marché du travail des 23 pays. De 1998 (2003 pour certains) à 2018.
  • Source : Labour Force Survey, les 23 pays où les données individuelles sont disponibles et sans forte rupture de série.

Figure 9Part des peu ou pas diplômés et risque relatif de non-emploi contraint en Europe : la « loi d’airain » du classement en Europe

  • Lecture : en Italie, il y a 34 % de peu ou pas diplômé en 2018 et leur risque relatif, corrigé de l’effet âge et du sexe, s’élève à 1,8.
  • Champ : participants au marché du travail des 23 pays. De 1998 (2003 pour certains) à 2018.
  • Source : Labour Force Survey, les 23 pays où les données individuelles sont disponibles et sans forte rupture de série.

Dans les pays d’Europe du Sud, la situation relative des peu ou pas diplômés est plutôt meilleure qu’ailleurs, mais pour des raisons différentes selon les pays. Au Sud‑Ouest (Portugal, Espagne, Italie), cela semble dû avant tout au fait que leur part reste élevée ; au contraire, dans les Balkans (Croatie, Slovénie), la situation des peu ou pas diplômés sur le marché du travail est relativement plus favorable qu’ailleurs, alors que leur part est relativement faible. Ainsi, en Italie, où leur part en 2018 est de 34 %, leur situation relative est plus défavorable qu’elle ne l’était en France lorsque, en 1998, leur part était aussi de 34 % ; inversement en 2018, avec une part de 16 %, la situation relative des peu ou pas diplômés en France est plus défavorable qu’elle ne l’était pour leurs homologues en Croatie en 2011, quand leur part était aussi de 16 %.

Les pays d’Europe de l’Ouest occupent une position moyenne, aussi bien en part qu’en situation relative et la courbe de la France se situe entre celle de la Belgique (où la situation relative des moins diplômés est moins bonne) et celle des Pays‑Bas (où elle est meilleure).

Enfin, si dans les pays de l’Est et du Nord de l’Europe, les peu ou pas diplômés sont relativement moins nombreux qu’ailleurs, leur situation est très contrastée : relativement favorable en 2003 mais en rapide dégradation en Pologne ou très défavorable (sans tendance temporelle marquée) en Slovaquie.

Une plus forte hausse du non‑emploi contraint des peu ou pas diplômés en France

Dans l’ensemble des 23 pays d’Europe, le non‑emploi contraint est en moyenne plus faible en 2018 (12,7 %) qu’en 2013 (14,9 %). Mais il a augmenté pour les peu ou pas diplômés, en moyenne de 3,7 points pour atteindre 24,9 %, en raison de la baisse de leur part et de la dégradation de leur situation relative : le risque relatif de non‑emploi contraint des peu ou pas diplômés est passé de 1,5 à 2,3. La France se situe dans la moyenne européenne pour l’évolution de ce risque relatif (hausse de 1,7 à 2,4), mais elle partage avec les pays méditerranéens une aggravation du non‑emploi contraint tous diplômes confondus entre 2003 et 2018, à rebours de la tendance d’ensemble. En conséquence, le non‑emploi contraint des peu ou pas diplômés y a augmenté fortement en 15 ans (+ 8,5 points), plus qu’en Italie et presque autant qu’en Espagne.

Le Royaume‑Uni fait exception à la dégradation de la situation relative des peu ou pas diplômés. Cela est sans doute lié aux spécificités du marché du travail de ce pays, avec notamment l’augmentation des formes atypiques d’emploi et les faibles gains de productivité [OCDE, 2019].

Définitions


Position médiane : pour chaque niveau de diplôme, sa position médiane dans l’échelle des diplômes correspond à la part de ceux qui ont un niveau de diplôme en dessous de ce niveau, augmentée de la demi‑part du niveau considéré. Par exemple, il y a 16 % de participants au marché du travail titulaires au plus d’un brevet et 24 % de titulaires d’un CAP ou d’un BEP : la position médiane des titulaires d’un CAP ou d’un BEP est de 28 % en 2018.


Participants (au marché du travail) : actifs au sens du BIT (en emploi ou au chômage) ou qui souhaitent un emploi sans être au chômage au sens du BIT (halo autour du chômage).


Taux de non-emploi contraint : part des participants au marché du travail qui ne sont pas en emploi tout en en souhaitant un (i.e. qui sont au chômage ou dans son halo).


Peu ou pas diplômés : titulaires d’au mieux le brevet des collèges.


Offre/demande de travail : l’évolution de l’offre de travail est ici celle du nombre de participants ; l’évolution de la demande adressée à un niveau de diplôme donné est l’évolution de l’emploi pour ce niveau de diplôme qui aurait été observée si la structure des diplômes par profession était restée constante.

16 % + 24 %/2.

Le risque relatif pour une population i rapporté à la moyenne m – Ti(1-Tm)/(Tm (1- Ti)) – est différent de l’odd ratio standard utilisé pour comparer deux populations i et j – Ti(1-Tj)/(Tj (1- Ti)). Il est plus adapté au but poursuivi dans cette étude.

Pour les titulaires d’un brevet, le taux de non-emploi contraint est de 20,5 %, alors que le taux de non-emploi contraint moyen est de 12,9 %. Le risque relatif est calculé comme suit : 20,5/12,9 * (100 – 12,9)/(100 – 20,5) = 1,7.

Et uniquement du point de vue de l’emploi. L’éducation n’a pas pour unique objectif l’insertion dans le monde du travail.

Pour un exposé des différentes approches théoriques, voir Nauze‑Fichet et Tomasini [2002].

Les principaux pays de l’Europe de l’Ouest pris en compte ici sont, outre la France, les Pays‑Bas, la Belgique et l’Autriche. Les données nécessaires à l’étude du non‑emploi contraint par niveau de diplôme ne sont pas disponibles pour l’Allemagne. Sur le champ des seuls actifs (en emploi ou au chômage), la part des peu ou pas diplômés est en 2018 de 11 % en Allemagne, contre 16 % en France ; elle y est assez stable (– 2 points entre 2003 et 2018), alors qu’elle a nettement baissé en France (– 14 points).

En Allemagne, le taux de chômage des peu ou pas diplômés a diminué mais moins vite que la moyenne : en conséquence leur situation relative s’est dégradée nettement.