Les salaires minima rendent-ils les salaires plus rigides ?Résultats à partir de salaires individuels en France

Erwan Gautier, Sébastien Roux et Milena Suarez Castillo

Documents de travail
No G2019/09
Paru le : Paru le 14/11/2019
Erwan Gautier, Sébastien Roux et Milena Suarez Castillo
Documents de travail  No G2019/09 - novembre 2019
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Les salaires minima (SMIC et minima de branche) affectent-ils la dynamique agrégée des salaires dont les changements individuels sont irréguliers ? Dans cette étude, nous documentons de nouveaux résultats empiriques sur les effets des salaires minima sur la rigidité des salaires. Pour cela, nous utilisons des données individuelles de salaire appariées avec les salaires minima de branche. Un modèle micro économétrique de rigidité des salaires est estimé prenant en compte la dynamique des salaires minima. Nous utilisons ensuite des simulations pour déduire les implications macroéconomiques de la rigidité nominale au niveau individuel. Nos principales conclusions sont les suivantes. Les salaires minima (SMIC ou minima de branche) ont un impact sur le calendrier et l'ampleur des relèvements salariaux. Au niveau agrégé, les salaires minima contribuent à amplifier, par un facteur de 1,7, la réponse des salaires à l'inflation passée. Ignorer les salaires minima conduit à sous-estimer la vitesse de l'ajustement des salaires agrégés d'environ un an. Les élasticités des salaires par rapport à l'inflation passée, au SMIC et aux minima de branche sont respectivement de 0,42, 0,17 et 0,16. Enfin, une hausse du SMIC se diffuse aux salaires plus élevés via les minima de branche.