La recherche et développement des entreprises françaises au sein de l’Union européenne : spécificités sectorielles et financement public

Thomas Balcone, Camille Schweitzer

La recherche et développement (R&D) est aujourd’hui un enjeu majeur pour la croissance des pays. Dès 2000 avec la « stratégie de Lisbonne » puis en 2010 avec la stratégie « Europe 2020 », l’Union européenne (UE) s’est fixé comme objectif de consacrer 3 % de son PIB à des activités de R&D afin d’être compétitive face à des pays comme les États-Unis, dont l’effort de recherche est de 2,7 % en 2015 (2,0 % pour l’UE). Environ deux tiers de la R&D sont réalisés par les entreprises, ce qui confère un poids important à la recherche privée dans l’effort de recherche national. Mais les entreprises ne sont pas les mêmes d’un pays à l’autre et certains secteurs d’activité sont plus propices à la réalisation de R&D que d’autres. La structure sectorielle de l’économie d’un pays a donc un impact sur son effort de recherche global. Ainsi, si la France avait la même structure économique que l’Allemagne avec une industrie plus présente, tout en conservant ses intensités de recherche sectorielles, l’effort de recherche des entreprises y serait de 2,7 % contre 1,4 % actuellement.

Par ailleurs, le secteur public, en plus de la R&D qu’il réalise lui-même, a également un impact sur la R&D des entreprises à travers les politiques publiques et les financements de cette recherche privée. La France est le pays de l’UE dépensant le plus (en part de PIB) en aides publiques à la R&D des entreprises. Cependant, ces politiques de soutien à la R&D ne garantissent pas à elles seules un effort de recherche élevé.

Insee Références
Paru le : Paru le 16/04/2019
Thomas Balcone, Camille Schweitzer
La France dans l'Union européenne - avril 2019
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