Entrepreneuriat féminin - La Corse dans le top 5 des régions

Valérie Torre, Insee

Fin 2015, en Corse, 6 900 femmes sont chefs d’entreprise ou exercent une profession libérale. Elles demeurent minoritaires dans l’emploi non salarié avec 36,6 % des effectifs. Ce taux place toutefois l’île parmi les cinq régions les plus féminisées de France métropolitaine. Les indépendantes sont plus souvent professionnelles libérales que les hommes. Elles travaillent surtout au sein des activités de services, en particulier dans l’enseignement, santé, action sociale.

6 900 non-salariées

La parité reste encore à conquérir sur le marché du travail insulaire. En 2015, dans la sphère du salariat, la part des femmes dans l’emploi est la moins élevée de France (47,9 %). Les femmes sont également minoritaires chez les non-salariés, avec 36,6 % des effectifs. Cette féminisation, bien que faible, situe toutefois l’île parmi les cinq régions de France métropolitaine où l’entrepreneuriat féminin s’illustre le plus (figure 1).

Figure 1Part des femmes dans l'ensemble des non-salariés par région en 2015

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Part des femmes dans l'ensemble des non-salariés par région en 2015 (%)
Code région Nom région Part
84 Auvergne-Rhône-Alpes 35,0
27 Bourgogne-Franche-Comté 34,1
53 Bretagne 37,2
24 Centre-Val de Loire 34,9
94 Corse 36,6
44 Grand Est 35,0
32 Hauts-de-France 35,7
11 Île-de-France 36,7
28 Normandie 35,5
75 Nouvelle-Aquitaine 36,1
76 Occitanie 37,1
52 Pays de la Loire 35,4
93 Provence-Alpes-Côte d'Azur 36,5
France métropolitaine 36,0
France de province 35,8
  • Source : Insee, Base non salariés 2015

Figure 1Part des femmes dans l'ensemble des non-salariés par région en 2015

Ce sont ainsi 6 900 indépendantes qui exercent dans l’ensemble des secteurs hors agriculture, en qualité d’exploitant individuel, de gérant majoritaire, de micro-entrepreneur ou encore de professionnel libéral. Pour 85 % d’entre elles, il s’agit de leur activité principale.

Les professions libérales privilégiées par les femmes

Les non-salariées se distinguent de leurs homologues masculins par une forte présence au sein des professionnels libéraux. Elles sont 31 % à exercer une profession libérale contre seulement 17 % des hommes (figure 2). Ce statut est le plus féminisé avec 51 % des effectifs. Il se caractérise aussi par une féminisation nettement supérieure à la moyenne nationale (47 %).

Parallèlement, 36 % des indépendantes travaillent comme micro-entrepreneurs, soit une part équivalente à celle des hommes. Il s’agit du statut le plus souvent choisi, quel que soit le sexe. Sa féminisation est légèrement supérieure à la moyenne des non-salariés avec un taux de 37 %.

En revanche, les statuts où les entreprises sont de taille plus importante concernent moins les femmes. Elles sont 20 % à relever de l’entrepreneuriat classique, soit 10 points de moins que les hommes. Ce statut est d’ailleurs le moins féminisé (28 %). Elles sont encore moins nombreuses en tant que gérantes majoritaires de société.

Figure 2Répartition des non-salariés par sexe selon leur statut en Corse en 2015

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Répartition des non-salariés par sexe selon leur statut en Corse en 2015 (%)
Femmes Hommes
Micro-entrepreneurs 36,4 35,6
Professions libérales 30,9 16,9
Entrepreneurs individuels 19,9 29,7
Gérants majoritaires 12,8 17,8
Total 100,0 100,0
  • Source : Insee, Base non salariés 2015

Figure 2Répartition des non-salariés par sexe selon leur statut en Corse en 2015

Une présence soutenue dans l’enseignement, santé, action sociale

Les non-salariées continuent de se tourner vers les secteurs d’activité traditionnellement féminins. Elles sont majoritaires dans l’enseignement, santé, action sociale, avec 57 % des effectifs (figure 3). D’ailleurs, ce secteur comporte le plus grand nombre d’indépendantes. Les trois quarts des professionnelles libérales y travaillent. Parmi elles, 33 % sont infirmières et sages-femmes. Le secteur des « autres activités de services », qui comprend notamment les services à la personne, est le plus féminisé. Le quart des micro-entrepreneuses exercent dans ce secteur, en majorité dans la coiffure et les soins de beauté (53 %).

Les activités techniques et de soutien aux entreprises, le commerce et l’hébergement-restauration sont aussi plus féminisés qu’en moyenne. Si bon nombre de micro-entrepreneuses travaillent dans les services aux entreprises (22 %), les exploitantes individuelles et les gérantes majoritaires sont davantage présentes dans le commerce et l’hébergement-restauration.

En revanche, les femmes sont beaucoup moins nombreuses dans le transport, entreposage et encore plus rares dans la construction.

Figure 3Les femmes non salariées par secteur d’activité en Corse en 2015

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Les femmes non salariées par secteur d’activité en Corse en 2015 (%)
Taux de féminisation Répartition
Autres activités de services (à la personne, récréatives, arts et spectacles…) 59,8 14,2
Enseignement, santé, action sociale 56,8 28,8
Activités spécialisées, scient, techniques, de services admin. et de soutien 44,2 15,5
Commerce 41,9 19,2
Hébergement-restauration 36,9 11,0
Industrie 36,5 6,2
Information-communication, finance-assurance, immobilier 31,0 2,8
Transport-Entreposage 14,5 0,8
Construction 2,7 1,5
Ensemble 36,6 100,0
  • Source : Insee, Base non salariés 2015

Encadré

Les créatrices d’entreprises classiques plus jeunes et de formation supérieure

En Corse, les femmes représentent 31 % des créateurs d’entreprises classiques du 1er semestre 2014. Cette proportion est stable par rapport à 2010. Ces créatrices sont plus jeunes et plus diplômées que leurs homologues masculins (figure 4). Avant de créer leur entreprise, elles étaient plus souvent au chômage ou inactive et moins fréquemment en emploi. Parmi ces créatrices, huit sur dix n’avaient jamais créé d’entreprise auparavant, ce qui est le cas de sept créateurs sur dix. Encore plus que les hommes, leur principale motivation à la création est d’exercer leur profession en toute indépendance et d’assurer leur propre emploi. Les entreprises créées par les femmes sont aussi pérennes que celles des hommes : les deux-tiers des créations de 2010 existent toujours cinq ans plus tard, soit un taux similaire à celui des créateurs.

Du côté des micro-entreprises, on retrouve un taux de pérennité équivalent entre les créatrices et les créateurs (la moitié). En 2014, les femmes sont à l’origine de 37 % des créations de micro-entreprises, soit une progression de 4 points par rapport à 2010. Elles présentent les mêmes différences au regard des hommes que les créatrices d’entreprises classiques, à part le fait d’être plus âgées.

Figure 4Caractéristiques des créateurs par sexe selon le type d’entreprise créée au 1ᵉʳ semestre 2014

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Caractéristiques des créateurs par sexe selon le type d’entreprise créée au 1ᵉʳ semestre 2014 (%) - Lecture : 28,5 % des femmes créatrices d’entreprises classiques ont moins de 30 ans
Femmes Hommes
Entreprise classique Moins de 30 ans 28,5 20,1
Diplômé du supérieur 43,5 38,2
Chômeur ou Inactif* 46,3 38,5
Salarié* 33,1 37,2
Indépendant* 20,6 24,3
Micro-entreprise Moins de 30 ans 24,5 29,6
Diplômé du supérieur 35,3 26,9
Chômeur ou Inactif* 57,3 46,2
Salarié* 36,6 44,5
Indépendant 6,2 9,3
  • *Statut avant la création
  • Lecture : 28,5 % des femmes créatrices d’entreprises classiques ont moins de 30 ans
  • Source : Insee, enquêtes Sine 2014

Figure 4Caractéristiques des créateurs par sexe selon le type d’entreprise créée au 1ᵉʳ semestre 2014

Sources

Base non salariés : issue de sources administratives (Accoss et CCMSA), son objectif est d’étudier annuellement l’emploi et les revenus d’activité des personnes non salariées. Dans cette étude, le champ est restreint aux informations provenant de l’Acoss, hors secteur agricole. Il se limite aux non-salariés en activité au 31 décembre.

Système d’information sur les nouvelles entreprises (Sine) : dispositif permanent d’observation d’une génération de nouvelles entreprises tous les quatre ans, hors secteur agricole. Les créations sous régime de micro-entrepreneur font l’objet d’une enquête spécifique.

Définitions

Non-salariés / Indépendants : cotisants à un régime social non salarié. Sont concernés ici lesmicro-entrepreneurs, les professions libérales et les non-salariés « classiques » (entrepreneurs individuels et gérants majoritaires de société). Les pluriactifs (cumulant activité non salariée et salariée) sont pris en compte. Les dirigeants « assimilés salariés » ne font pas partie du champ.

Taux de féminisation des emplois : pour une classe d’emplois, correspond à la part des emplois de cette classe qui sont occupés par des femmes.