La consommation d’énergie dans l’industrie diminue en 2017, tandis que la facture augmente

Johanne Aude, division Enquêtes thématiques et études transversales, Insee

En 2017, la consommation brute d’énergie dans l’industrie s’élève à 37,4 millions de tonnes d’équivalent pétrole. Elle baisse de 2 % et revient à son niveau de 2015. En revanche, la facture énergétique augmente (+ 1 % en euros courants), après une baisse de 8 % en 2016. En effet, les prix des combustibles minéraux solides et des produits pétroliers s’accroissent. En 2017, la facture énergétique s’élève à 13,3 milliards d’euros. Le gaz et l’électricité restent les énergies les plus consommées.

La consommation brute d’énergie dans l’industrie diminue

En 2017, la consommation brute d’énergie hors carburants des secteurs de l’industrie (hormis l’artisanat commercial et l’industrie de l’énergie ; sources) s’élève à 37,4 millions de tonnes d’équivalent pétrole (tep), et la consommation nette d’énergie à 36,4 millions de tep (figure 1). La consommation brute d’énergie diminue de 2 %, revenant à son niveau de 2015.

Figure 1 - Évolution de la consommation d'énergie et de la facture énergétique

Figure 1 - Évolution de la consommation d'énergie et de la facture énergétique
Consommation brute d'énergie (en millions de tep¹) Consommation brute d'énergie (à partir de 2013) Consommation nette d'énergie (en millions de tep¹) Consommation nette d'énergie (à partir de 2013) Facture énergétique² (en milliards d'euros courants) Facture énergétique² (à partir de 2013)
2005 43,3 41,0 12,1
2006 42,6 40,5 13,6
2007 42,1 40,1 13,7
2008 42,1 40,3 15,4
2009 36,0 34,2 12,6
2010 37,2 35,4 13,8
2011 36,0 34,5 14,8
2012 35,3 33,8 15,3
2013 35,2 37,0 33,8 35,6 15,1 15,9
2014 37,1 35,9 15,2
2015 37,4 36,2 14,3
2016 38,1 37,1 13,1
2017 37,4 36,4 13,3
  • Note : la base de sondage a été élargie en 2013, entraînant une rupture de série (voir  Sources).
  • 1. Tep : tonne d'équivalent pétrole.
  • 2. La facture énergétique comprend les achats d'électricité, de vapeur, de gaz, de combustibles minéraux solides et de produits pétroliers et, depuis 2012, le bois acheté (90 millions d'euros en 2017).
  • Champ : France, industrie hors artisanat commercial et industrie de l'énergie, y compris récupération ; établissements de 20 salariés ou plus (voir Sources).
  • Sources : Insee, SSP, enquêtes annuelles sur les consommations d'énergie dans l'industrie 2005 à 2017.

Figure 1 - Évolution de la consommation d'énergie et de la facture énergétique

Le secteur le plus énergivore reste l’industrie chimique et pharmaceutique (32 % de la consommation brute totale), suivi de la métallurgie et fabrication de produits métalliques (24 %) (figure 2). Alors que le premier consomme beaucoup de gaz et d’autres produits pétroliers, le second est plutôt utilisateur de combustibles minéraux solides : houille, coke de houille ou lignite.

Figure 2 - Ventilation de la consommation d'énergie brute par grand secteur¹ en 2017

Figure 2 - Ventilation de la consommation d'énergie brute par grand secteur¹ en 2017 - Lecture : l’industrie chimique et pharmaceutique consomme 12 millions de tonnes équivalent pétrole.
en millions
de tep²
Industrie chimique et pharmaceutique 12,0
Métallurgie et fabrication de produits métalliques 9,1
Industrie agroalimentaire 5,2
Caoutchouc, plastique et minéraux non métalliques 4,3
Bois, papier et imprimerie 4,0
Équipements électriques, électroniques, informatiques, machines, matériel de transport 1,9
Autres industries 0,9
Total 37,4
  • 1. Regroupements de divisions de NAF rév. 2.
  • 2. Tep : tonne d'équivalent pétrole.
  • Note : la consommation d'énergie inclut celle où l'énergie est utilisée en tant que matière première.
  • Lecture : l’industrie chimique et pharmaceutique consomme 12 millions de tonnes équivalent pétrole.
  • Champ : France, industrie hors artisanat commercial et industrie de l'énergie, y compris récupération ; établissements de 20 salariés ou plus (voir Sources).
  • Source : Insee, enquête annuelle sur les consommations d'énergie dans l'industrie, 2017.

Figure 2 - Ventilation de la consommation d'énergie brute par grand secteur¹ en 2017

La facture énergétique augmente après quatre années consécutives de baisse

En 2017, la facture énergétique s’accroît de 1 % ; elle rebondit après quatre années de baisse. En effet, les prix des combustibles minéraux solides augmentent fortement en 2017 (+ 47 %), après une baisse continue entre 2012 et 2016 (- 55 % ; figure 3). Par exemple, en 2017, le prix de la houille est remonté à 164 euros la tonne, contre 111 euros en 2016 (soit respectivement 265 et 179 euros par tep) ; la houille représente plus de 90 % des quantités de combustibles minéraux solides achetées.

Figure 3 - Évolution des prix des énergies depuis 2005

base 100 en 2005
Figure 3 - Évolution des prix des énergies depuis 2005 (base 100 en 2005) - Lecture : par rapport à l’année de référence 2005 (indice 100), le prix des produits pétroliers est supérieur de 39,0 % en 2017 (indice 139,0).
Électricité Gaz Combustibles minéraux solides Vapeur Produits pétroliers
2005 100 100 100 100 100
2006 112,3 125,1 94,8 121,7 116,9
2007 111,2 130 93,2 121,1 125,3
2008 117,6 155,1 106,7 156,7 157,9
2009 124,2 138 102,6 130 119,3
2010 126,4 131,3 142,9 129,4 151,7
2011 134,8 139,2 181,8 147,2 187,9
2012 137,7 150,7 164,6 161,1 208,6
2013 143,6 158,1 125,7 158,3 188,1
2014 146 146,2 113,5 150 174,8
2015 144,5 138,6 108,9 135 126,1
2016 133 119,3 106,1 120 113,6
2017 128,0 115,7 155,9 122,8 139,0
  • Lecture : par rapport à l’année de référence 2005 (indice 100), le prix des produits pétroliers est supérieur de 39,0 % en 2017 (indice 139,0).
  • Champ : France, industrie hors artisanat commercial et industrie de l'énergie, y compris récupération ; établissements de 20 salariés ou plus (voir Sources).
  • Sources : Insee, SSP, enquêtes annuelles sur les consommations d'énergie dans l'industrie 2005 à 2017.

Figure 3 - Évolution des prix des énergies depuis 2005

Parallèlement, le prix moyen des produits pétroliers augmente en 2017 (+ 22 %), en lien avec la hausse du prix du Brent, après quatre années de baisse (- 84 %) ; le prix moyen des produits pétroliers atteint 388 euros par tep, contre 317 euros en 2016 et 583 euros au point haut de 2012.

Le prix de la vapeur augmente de 2 % en 2017 pour s’établir à 22 euros la tonne (soit 307 euros par tep). En revanche, le prix du gaz diminue de 3 %, à 24 euros le MWh (soit 309 euros par tep). Le prix de l’électricité diminue moins en 2017 (- 4 % après - 9 %). À 58 euros le MWh (soit 676 euros par tep), il reste inférieur à la moyenne de l’Union européenne.

En dix ans, la consommation brute d’énergie dans l’industrie s’est contractée de 11 % (figure 4), avec un recul marqué en 2009. Sur la même période, la facture énergétique n’a diminué que de 3 %.

Figure 4 - Évolution de la facture, des consommations et de l’indice de la production industrielle (IPI)* depuis 2005

base 100 en 2005
Figure 4 - Évolution de la facture, des consommations et de l’indice de la production industrielle (IPI)* depuis 2005 (base 100 en 2005) - Lecture : en 2017, la consommation brute d'énergie mesurée à champ constant est inférieure de 18,1 % (indice 81,9) à celle de l’année de référence 2005 (indice 100).
Consommation brute d'énergie Facture Facture déflatée du prix du PIB IPI* dans l'industrie manufacturière Évolution du prix du PIB
2005 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0
2006 98,3 112,1 109,7 101,0 102,2
2007 97,1 113,1 108,0 102,5 104,8
2008 97,2 127,3 118,7 99,2 107,3
2009 83,0 104,0 96,9 85,6 107,4
2010 85,8 113,9 104,9 89,5 108,5
2011 83,1 122,1 111,5 92,8 109,6
2012 81,5 126,2 113,8 90,0 110,8
2013 81,1 124,5 111,5 88,6 111,7
2014 81,3 118,8 105,8 88,4 112,3
2015 81,9 112,0 98,6 89,9 113,6
2016 83,5 102,7 90,2 90,3 113,8
2017 81,9 104,0 90,8 92,5 114,6
  • * Indice de la production industrielle, en moyenne annuelle des données mensuelles CVS-CJO.
  • Note : la base de sondage de l'enquête a été élargie en 2013, entraînant une rupture des séries de consommation et de facture d'énergie. À partir de 2013, leurs évolutions par rapport à 2005 sont calculées en tenant compte de cette rupture et ne s'obtiennent pas par lecture directe de la figure 1 (voir Sources).
  • Lecture : en 2017, la consommation brute d'énergie mesurée à champ constant est inférieure de 18,1 % (indice 81,9) à celle de l’année de référence 2005 (indice 100).
  • Champ : France, industrie hors artisanat commercial et industrie de l'énergie, y compris récupération ; établissements de 20 salariés ou plus (voir Sources).
  • Sources : Insee, SSP, enquêtes annuelles sur les consommations d'énergie dans l'industrie 2005 à 2017.

Figure 4 - Évolution de la facture, des consommations et de l’indice de la production industrielle (IPI)* depuis 2005

Le gaz et l’électricité restent les énergies les plus consommées, à parts égales

Depuis 2005, hors usage non énergétique, l’électricité et le gaz restent les deux énergies les plus consommées, dans des quantités proches ; elles représentent à elles deux 65 % de la consommation d’énergie totale (figure 5). La consommation de ces deux énergies, hors usage non énergétique, est quasiment identique à celle de 2015.

Figure 5 - Part des grandes familles d'énergies dans la consommation en volume, hors usage matières premières

en %
Figure 5 - Part des grandes familles d'énergies dans la consommation en volume, hors usage matières premières (en %)
2005 2010 2016 2017
Électricité 32,2 32,4 32,5 32,9
Gaz 32,6 32,9 32,1 32,1
Combustibles minéraux solides 4,5 4,9 6,9 5,8
Vapeur 5,8 5,7 5,7 6,2
Produits pétroliers 9,7 7,4 5,1 4,4
Autres énergies* 15,2 16,7 17,7 18,6
Total 100,0 100,0 100,0 100,0
  • * Bois, autres produits pétroliers, liqueur noire et autres combustibles renouvelables ou non.
  • Champ : France, industrie hors artisanat commercial et industrie de l'énergie, y compris récupération ; établissements de 20 salariés ou plus (voir Sources).
  • Sources : Insee, SSP, enquêtes annuelles sur les consommations d'énergie dans l'industrie 2005 à 2017.

Figure 5 - Part des grandes familles d'énergies dans la consommation en volume, hors usage matières premières

La part des combustibles minéraux solides diminue en 2017, tandis que celle des achats de vapeur augmente (hors usage en tant que matière première), s’établissant chacune à 6 %. La part des achats de produits pétroliers baisse : elle est de 4 % en 2017. Enfin, celle des autres énergies (bois, liqueur noire, autres produits pétroliers, combustibles renouvelables ou non) s’accroît pour atteindre 19 %.

Parallèlement, l’industrie produit elle-même de l’électricité ; en 2017, cette autoproduction représente 5 300 GWh, soit 5 % de la consommation totale d’électricité contre 4 % en 2016. Les deux tiers de cette autoproduction sont consommés sur place, le reste étant revendu au réseau. Cette autoproduction est très majoritairement d’origine thermique (89 %) ; les 11 % restants sont d’origine renouvelable (hydraulique, photovoltaïque ou éolienne).

Si tous les établissements consomment de l’électricité, le recours aux autres énergies est variable : 57 % consomment aussi du gaz, 39 % des produits pétroliers, tandis que moins de 3 % des établissements consomment chacune des autres énergies.

Sources

Ces données sont issues de l'enquête annuelle sur les consommations d'énergie dans l’industrie (EACEI). Elles portent sur les établissements de 20 salariés ou plus implantés en France, appartenant au secteur de l'industrie, hors industrie de l’énergie et artisanat commercial, mais y compris récupération, soit les codes suivants de la NAF rév. 2 : 07, 08, 09.9, 38.3 et 10 à 33 (sauf 10.13B, 10.71B, 10.71C, 10.71D, 19.10Z, 19.20Z, 20.13A, 24.46Z). Avant 2013, l’enquête couvrait aussi les établissements de 10 à 19 salariés du secteur de fabrication de gaz industriel (20.11Z).

La base de sondage a changé en 2013. Afin de permettre des comparaisons avec les années précédentes, les séries de consommations brutes et nettes et celle sur la facturation d’énergie ont été estimées pour l’année 2013 en corrigeant l’effet dû au changement de base. Les données à partir de 2014 sont quant à elles comparables à celles de la nouvelle série démarrée en 2013. À la suite de modifications complémentaires, les séries ont été révisées entre 2005 et 2016.

Définitions

La consommation brute d’énergie est obtenue en sommant les consommations en combustibles et en électricité, ainsi que les achats de vapeur.

La consommation nette d’énergie est égale à la consommation brute diminuée des quantités de combustibles ayant servi à produire de l'électricité et diminuée de la quantité de vapeur vendue par des établissements industriels.

La liqueur noire est un sous-produit du bois utilisé dans l’industrie de la pâte à papier.

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