Contrôle des établissements par les centres de décisionL’Île-de-France, au centre du réseau de relations

Jean-Michel Floch, département de l’Action régionale, Insee

Les relations entre centres de décision et établissements permettent de hiérarchiser les territoires. La moitié des emplois de la sphère productive dépend d’un centre de décision extérieur à la zone d’emploi. L’Île-de-France est au cœur de ce réseau de relations. Ses zones d’emploi entretiennent des liens privilégiés avec l’étranger, traduisant le rôle de « ville globale » de l’agglomération parisienne. Elles sont également au cœur d’un réseau radial caractérisé par des relations fortes, mais dissymétriques entre l’Île-de-France et les métropoles. Les liens entre métropoles de province sont de moindre ampleur et n’ont pas un rôle aussi structurant. Néanmoins, les métropoles les plus importantes entretiennent des relations privilégiées avec les zones d’emploi voisines.

Métropole parisienne, la seule à être de dimension internationale

Des études récentes mettent en évidence le dynamisme de plusieurs métropoles de province (Borzic et Le Jeannic, 2014 ; Creusat et Morel-Chevillet, 2015). Par exemple, en matière d’emploi, elles auraient davantage résisté à la crise. La métropole parisienne, que l’on appréhende à travers la région Île-de-France apparaît quelque peu en retrait. Elle reste néanmoins la seule à être de dimension internationale. En 2015, le produit intérieur brut (PIB) de l’Île-de-France représente 30 % du PIB national, pour 18 % de la population et 21 % de la population active. Les hauts salaires et les niveaux de vie élevés y sont surreprésentés, ainsi que les activités de recherche (Veltz, 2012). En 2015, l’Île-de-France rassemble plus de 43 % des emplois de cadres des fonctions métropolitaines. Même si la part de ces emplois a augmenté moins vite qu’ailleurs depuis 1990, elle reste 1,8 fois supérieure à la moyenne nationale.

La moitié des emplois dépend d’un centre de décision extérieur à la zone d’emploi

Dans un contexte de mondialisation de l’économie, les entreprises, et par leur biais les territoires qui les abritent, sont affectées par de nombreuses décisions qui ne sont plus prises en leur sein, mais par des centres de décision situés dans d’autres régions ou à l’étranger. Ces relations de contrôle ou de dépendance mettent en évidence une hiérarchie territoriale.

Les données sur les liaisons financières (sources et méthodes) permettent de décrire finement ces relations : nombre d’établissements ou d’emplois contrôlés, taille, statut, localisation, nature des activités contrôlées. Seules les activités productives (sources) sont prises en compte : elles traduisent le mieux la hiérarchie urbaine. Les relations entreprises-centres de décision sont étudiées au niveau de la zone d’emploi, ce qui permet d’appréhender l’ensemble du territoire. Par abus de langage, on parlera de contrôle de la zone A sur la zone B pour le contrôle d’établissements de la zone B par des centres de décision situés en zone A.

L’agglomération parisienne se trouvant au centre de l’analyse de la hiérarchie urbaine, les 20 zones d’emploi d’Île-de-France sont regroupées (encadré 1). Les zones d’emploi non franciliennes sont réparties en zones métropolitaines (21 zones d’emploi), grandes et petites (sources et méthodes), en fonction de la taille de la ville qui est au centre de la zone d’emploi.

En 2015, 3 513 000 emplois de la sphère productive (48 %), hors agriculture, dépendent d’un centre de décision situé dans une autre zone d’emploi. Les emplois sont alors contrôlés par des centres de décision situés en Île-de-France (34 % des cas), dans un pays étranger (41 % ; figure 1) ou dans une région non francilienne.

Figure 1 – Contrôle des emplois selon le type de zone d’emploi

(en milliers)
Figure 1 – Contrôle des emplois selon le type de zone d’emploi
Contrôle externe
          Sur Île-de-France Métropoles Grandes zones Petites zones Ensemble
Contrôle de
Île-de-France 0 519 315 376 1 210
Métropoles 74 120 108 131 433
Grandes zones 39 73 52 79 243
Petites zones 25 70 72 25 191
Étranger 448 368 267 352 1 435
Ensemble 586 1 151 814 963 3 513
Contrôle interne
          Sur Île-de-France Métropoles Grandes zones Petites zones Ensemble
Contrôle de
Île-de-France 1 430 0 0 0 1 430
Métropoles 0 855 0 0 855
Grandes zones 0 0 567 0 567
Petites zones 0 0 0 889 889
Ensemble 1 430 855 567 889 3 741
  • Lecture : les centres de décision franciliens contrôlent 519 000 emplois dans les métropoles. Dans ces dernières, 975 000 emplois sont contrôlés au sein de l'ensemble métropolitain. Mais seulement 120 000 emplois sont concernés par des relations entre métropoles, les 855 000 autres étant des contrôles internes à la zone d'emploi.
  • Champ : emploi productif hors agriculture ; entreprises présentes dans la base Esane.
  • Source : Lifi, Clap, Esane 2015.

Un contrôle étranger croissant avec la taille du territoire

Les territoires qui se trouvent au sommet de la hiérarchie urbaine sont les plus insérés dans les échanges internationaux. Le contrôle des emplois par des groupes étrangers y est donc particulièrement important. 34 % des emplois contrôlés par des centres de décision extérieurs à leur territoire sont situés en Île-de-France. Le taux de contrôle par les entreprises étrangères est plus élevé en Île-de-France (22 % des emplois totaux) que dans les zones d’emploi centrées sur des métropoles de province (18 %). Le volume des contrôles étrangers est très lié à la taille des zones d’emploi et les variations régionales du contrôle étranger sont très sensibles. Proximité géographique et nature des activités (importance des activités industrielles) aidant, le contrôle par les entreprises étrangères est important dans le Grand Est et les Hauts-de-France.

Rapporté au nombre d’emplois productifs des zones, le volume d’emplois contrôlés depuis l’étranger suit une loi de puissance (sources et méthodes) de paramètre β=1,33 qui traduit une surreprésentation des emplois contrôlés dans les zones où les emplois sont les plus nombreux (figure 2). Pour les activités de recherche ou de services aux entreprises la relation est « superlinéaire » (β=1,70). Pour les activités industrielles, elle est à peine plus que linéaire (β=1,08).

Figure 2 - Emplois contrôlés par l’étranger et emplois productifs selon le type de zone d’emploi

  • Lecture : les logarithmes des effectifs sont représentés. La pente de la droite d’ajustement valant 1,33, le graphique montre la situation très particulière de l’Île-de-France, ainsi que l’illustration de la hiérarchie urbaine, avec quelques interférences entre zones métropolitaines et grandes zones, grandes et petites zones. La dispersion des situations dans ces dernières est beaucoup plus forte.
  • Champ : emploi productif hors agriculture ; entreprises présentes dans la base Esane.
  • Source : Lifi, Clap, Esane 2015.

Les emplois contrôlés par les groupes étrangers sont de nature très diverse (figure 3) et varient fortement selon la taille des zones d’emploi. En Île-de-France, les emplois du commerce de gros, de l’information et de la communication, des activités scientifiques et techniques sont fortement sous contrôle étranger. Ces activités sont également en fait très présentes parmi celles contrôlées en interne par l’Île-de-France. Sur les activités industrielles, le contrôle étranger est particulièrement important dans les petites zones d’emploi, et dans une moindre mesure dans les grandes. Les zones métropolitaines sont dans une situation intermédiaire, avec une part assez importante d’emplois contrôlés par l’étranger dans les secteurs les plus innovants (ceux que l’on retrouve majoritairement à Paris) et une part considérable dans les activités industrielles plus classiques. L’importance du contrôle étranger et la nature des emplois contrôlés révèlent donc une gradation de la situation, de l’Île-de-France aux petites zones d’emploi. Ceci traduit la forte insertion de l’Île-de-France dans les échanges et sa position au centre du réseau.

Figure 3 - Répartition sectorielle du contrôle des emplois par les groupes étrangers selon le type de zone d’emploi

(en %)
Figure 3 - Répartition sectorielle du contrôle des emplois par les groupes étrangers selon le type de zone d’emploi
Île-de-France Métropoles Grandes zones Petites zones
Commerce, réparation d'automobiles et de motocycles 31,1 21,5 12,6 9,5
Activités scientifiques et techniques, services administratifs et de soutien 27,2 19,5 13,3 5,5
Information et communication 16,3 6,6 4 0,8
Fabrication d’autres produits industriels 10,3 20,7 31,9 44,1
Fabrication de machines, d'équipements électriques, électroniques, informatiques 5,3 12,8 14,8 16
Transports et entreposage 5 8,3 6,6 5,4
Fabrication de denrées alimentaires, de boissons et de produits à base de tabac 1,9 4,5 6,9 8
Fabrication de matériels de transport 1 4,7 8,2 9,1
Activités financières et d'assurance 0,8 0,7 0,4 0,2
Autres 1,1 0,7 1,3 1,4
Ensemble 100,0 100,0 100,0 100,0
  • Lecture : en Île-de-France, 16,3 % des emplois contrôlés par les groupes étrangers sont dans le secteur de l'information et de la communication.
  • Champ : emploi productif hors agriculture ; entreprises présentes dans la base Esane.
  • Source : Lifi, Clap, Esane 2015.

Le contrôle étranger est particulièrement important sur les entreprises de taille intermédiaire (ETI). Les groupes étrangers contrôlent 35 % des emplois de ces ETI contre 19 % de l’emploi des grandes entreprises du secteur productif, où le contrôle francilien est plus important.

L’Île-de-France est au centre des relations de décision

Chaque ensemble retenu (Île-de-France, métropoles, grandes et petites zones d’emploi) emploie entre 1,4 et 2,0 millions de personnes, soit des effectifs relativement proches. Par contre, les contrôles sont très asymétriques entre les zones. Ainsi, l’Île-de-France contrôle 519 000 emplois dans les zones métropolitaines, alors que ces dernières n’en contrôlent que 74 000 en Île-de-France (figure 1). Cette dissymétrie est encore plus marquée avec les grandes zones (315 000 emplois contrôlés par l’Île-de-France dans les grandes zones contre 39 000 contrôlées par les grandes zones en Île-de-France) et les petites (376 000 contre 25 000). De plus, elle se retrouve dans les relations entre les métropoles et les grandes et petites zones. Par contre, entre petites et grandes zones, les relations sont proches de l’équilibre.

Les entreprises situées en Île-de-France contrôlent plus d’emplois que les entreprises étrangères. L’écart diminue lorsque la taille des territoires diminue. Ainsi, dans les petites zones d’emploi, les entreprises étrangères contrôlent presque autant d’emplois que les entreprises franciliennes.

Les relations entre l’ensemble métropolitain et l’Île-de-France sont dissymétriques au niveau de chacune des zones métropolitaines, mais à des degrés divers. Le contrôle francilien est le plus important sur la zone d’emploi de Lyon (81 000 emplois), puis sur celle de Toulouse (54 000 emplois ; figure 4). Ces deux zones contrôlent environ 11 000 emplois en Île-de- France. L’écart le plus faible est enregistré avec la zone d’emploi de Rennes, qui contrôle le plus d’emplois sur l’agglomération parisienne. Marseille contrôle sur l’Île-de- France un nombre d’emplois équivalent à ceux de Lyon et Toulouse. Par contre, le nombre d’emplois contrôlé par l’Île-de-France à Marseille est proche de celui de Rouen.

Figure 4 – Nombre d’emplois contrôlés par et sur l'Île-de-France dans les principales métropoles

Figure 4 – Nombre d’emplois contrôlés par et sur l'Île-de-France dans les principales métropoles
Contrôle
par l'Île-de-France sur l'Île-de-France
Lyon 81 500 11 900
Toulouse 54 000 11 300
Bordeaux 42 200 3 200
Nantes 37 000 2 600
Rennes 33 200 17 100
Lille 32 300 2 600
Marseille-Aubagne 30 600 11 000
Rouen 28 000 1 100
Grenoble 25 500 1 000
  • Note : principales métropoles (minimum 25 000 emplois contrôlés par l’Île-de-France).
  • Lecture : l'Île-de-France contrôle 81 500 emplois sur la zone d'emploi de Lyon. Celle-ci en contrôle 11 900 en Île-de-France.
  • Champ : emploi productif hors agriculture ; entreprises présentes dans la base Esane.
  • Source : Lifi, Clap, Esane 2015.

Un réseau radial centré sur l’Île-de-France

L’importance des centres de décision franciliens confère au réseau des relations entre centres de décision et établissements une structure radiale très marquée (figure 5). Les contrôles croisés rayonnant à partir de l’Île-de-France et concernant plus de 1 000 emplois sont observés vers 194 des 285 zones d’emploi non-franciliennes. Entre zones d’emploi non franciliennes, ces liens sont nettement moins nombreux et font apparaître quelques polarités secondaires autour des principales métropoles : Lyon, Toulouse, Marseille, Nantes, Lille et dans une moindre mesure Rennes. Le centre et l’est de la France n’apparaissent pas dans ce réseau. La situation se modifie considérablement si l’on passe à un seuil de 2 000 contrôles croisés minimum. Les liens avec Île-de-France diminuent, mais restent très nombreux (135 zones d’emploi sur 285), tandis que les liens entre zones de province se raréfient et ne font plus apparaître que Toulouse et Lyon. Avec un seuil à 5 000 emplois, en dehors des contrôles franciliens, seuls subsistent des liens exercés depuis Toulouse, en lien avec le pôle aéronautique. Le réseau francilien reste très dense (63 zones d’emploi sur 285) et concerne la totalité des métropoles et la majorité des grandes villes.

Figure 5 - Contrôles croisés et liens entre métropoles

  • Note : seuls les flux croisés supérieurs à 2 000 emplois sont représentés. Pour les flux croisés supérieurs à 1 000, ou 5 000 emplois, voir le complément à la figure 5 dans les données complémentaires en téléchargement.
  • Champ : emploi productif hors agriculture ; entreprises présentes dans la base Esane.
  • Source : Lifi, Clap, Esane 2015.

Le lien transversal le plus important est celui qui relie Toulouse et Marseille. De l’ordre de 12 000 emplois, il est loin derrière les contrôles croisés entre les métropoles et Paris (figure 4) : 93 000 pour Lyon, 65 000 pour Toulouse et encore plus de 10 000 pour Brest. Il n’y a pas d’autre contrôle croisé supérieur à 10 000 emplois. On ne peut pas parler d’un réseau métropolitain au sens d’un réseau de relations entre les métropoles (figure 5).

L’Île-de-France exerce un contrôle marqué sur les grandes entreprises : 1 174 000 des 1 847 000 emplois localisés dans les grandes entreprises (soit 64 %) sont contrôlés par l’Île-de-France. 441 000 sont situés en Île-de-France même ; 322 000 dans les métropoles.

Autour des métropoles, des réseaux de proximité

À côté de cette organisation radiale, il existe également des relations de dépendance fondées davantage sur la proximité qui sont plus difficiles à mettre en évidence. Ces relations de proximité sont appréhendées de façon simple par la cartographie des taux de dépendance (figure 6).

Figure 6 - Taux de contrôle* des zones d’emploi par trois métropoles

  • * voir définitions.
  • Lecture : la zone de référence est en gris. La dépendance est d’autant plus forte que la couleur est plus « chaude ».
  • Champ : emploi productif hors agriculture ; entreprises présentes dans la base Esane.
  • Source : Lifi, Clap, Esane 2015.

Quatre des zones d’emploi métropolitaines (Lyon, Marseille-Aubagne, Toulouse, Rennes) contrôlent plus de 50 000 emplois en France métropolitaine (Île-de-France comprise). Ces quatre territoires exercent à la fois un contrôle à longue distance (surtout Lyon et Marseille-Aubagne) et un contrôle de proximité (Lyon, Toulouse, Rennes) de nature régionale. Dans certaines métropoles, le contrôle de proximité reste limité (Rouen ou Tours par exemple).

Le contrôle local est particulièrement important dans les départements d’outre-mer (DOM ; encadré 2).

Encadrés

Le territoire francilien

L’Île-de-France compte 20 zones d’emploi. Roissy, Orly, Créteil ou encore Marne-la-Vallée constituent aussi des pôles d’emploi productif importants et contribuent fortement à la métropole francilienne. Ainsi, Roissy et Orly contiennent les deux grands aéroports parisiens et Saclay tend à regrouper certaines des activités de recherche qui font de l’agglomération parisienne une ville globale (Veltz, 2012). C’est pourquoi ces zones d’emploi sont regroupées dans cette étude. Au sein de cet ensemble, la zone d’emploi de Paris est centrale : géographiquement et de par la très forte dissymétrie entre le volume des emplois qu’elle contrôle et celui des emplois parisiens contrôlés par les autres zones franciliennes.

Calvier et al. (2017) présente une analyse détaillée de l’Île-de-France. Les contrôles sur les emplois réalisés par les groupes étrangers sont très importants. Ces groupes étrangers se concentrent majoritairement dans les Hauts-de-Seine et à Paris. Les principaux établissements employeurs étrangers de la région sont américains, allemands et britanniques et ils sont plus présents dans le commerce, l’information et la communication.

Les départements d’outre-mer (DOM)

L’éloignement géographique rend difficile l’insertion des DOM dans l’analyse. Les différences avec la métropole sont marquées. Le contrôle local des emplois est particulièrement important (80 % des emplois ; figure), tandis que le contrôle étranger est limité (5 %).

Figure - Contrôle des emplois dans les départements d’outre-mer

Figure - Contrôle des emplois dans les départements d’outre-mer
Type de contrôle Effectif Part (en %)
En interne 73 200 78,0
Par l’Île-de-France 10 700 11,4
Par les métropoles 2 700 2,9
Par les grandes zones 1 800 2,0
Par les petites zones 1 100 1,2
Par l’étranger 4 200 4,5
Ensemble 93 700 100,0
  • Champ : emploi productif hors agriculture ; entreprises présentes dans la base Esane. Départements d’outre-mer.
  • Source : Lifi, Clap, Esane 2015.

Sources

Les zones d’emploi sont réparties en francilienne, métropolitaines, grandes et petites selon des critères institutionnels et quantitatifs en fonction de la taille de la ville au centre de la zone d’emploi. Bordeaux, Brest, Clermont-Ferrand, Dijon, Grenoble, Lille, Lyon, Marseille, Metz, Montpellier, Nancy, Nantes, Nice, Orléans, Rennes, Rouen, Saint-Étienne, Strasbourg, Toulon, Toulouse et Tours constituent les 21 zones d’emploi métropolitaines. Les grandes zones d’emploi regroupent plus de 150 000 actifs.

Les résultats proviennent de trois sources :

  • le dispositif Esane produit des statistiques structurelles d’entreprise sur le champ des secteurs marchands, à l’exception du secteur agricole ;
  • Connaissance locale de l’appareil productif (Clap) permet de dénombrer et de localiser les établissements et les emplois salariés hors intérimaires, ainsi que les sièges sociaux ;
  • Le système d’information sur les liaisons financières (Lifi) permet de connaître le contrôle éventuel d’une entreprise par un groupe, ainsi que la localisation de la société définie comme tête de groupe.

Seules les activités de la sphère productive sont retenues dans cette étude, hors établissements ayant une activité agricole. Il s’agit des activités qui produisent des biens majoritairement consommés hors de la zone et des activités de services tournées principalement vers les entreprises correspondantes. Elles sont déterminées par différence avec les activités présentielles. Le découpage en 17 positions de la nomenclature d’activité (NAF) approche la structure sectorielle de la production et des activités contrôlées.

Les entreprises sont réparties selon leur taille : grandes entreprises, entreprises de taille intermédiaire, petites et moyennes entreprises, et microentreprises.

Les lois d’échelle

En géographie, une grandeur (Y) évolue fréquemment selon des lois dites de puissance de la forme

par rapport à une grandeur de référence (X). La situation de référence β = 1 correspond à une stricte proportionnalité.

La relation est linéarisée sous la forme log(Yi) = βlog(Xi). Il y a une surreprésentation dans les petites structures si β < 1 ; dans les grandes structures si β > 1. L’estimation est faite ici en utilisant les moindres carrés ordinaires (MCO).

Définitions

La métropole parisienne est appréhendée dans cette étude comme la région Île-de-France.

Une zone d’emploi est un espace géographique à l’intérieur duquel la plupart des actifs résident et travaillent, et dans lequel les établissements peuvent trouver l’essentiel de la main d’œuvre nécessaire pour occuper les emplois offerts. Le découpage en zones d’emploi constitue une partition du territoire. Chaque zone d’emploi possède en général une ville-centre, ce qui justifie de les utiliser pour étudier la hiérarchie urbaine.

Les contrôles croisés sont la somme des contrôles de la zone A sur la zone B, et de la zone B sur la zone A.

Le taux de contrôle d’un territoire A sur un territoire B est le rapport entre les emplois salariés des établissements implantés dans la zone B et dépendant de groupes de la zone A, et le total des emplois salariés de la zone B.

Pour en savoir plus

Borzic M. et Le Jeannic T. « En matière d’emploi, les métropoles ont davantage résisté à la crise », Insee Première n° 1503, juin 2014.

Calvier C., Chevrot J., Pichard L. et al., « 620 000 emplois franciliens dépendent d’un groupe étranger », Collect. Insee Analyses Île-de-France n° 74, novembre 2017.

Creusat J. et Morel-Chevillet H., « La hiérarchie des villes en France métropolitaine sur trente ans : stabilité globale et reclassements », La France et ses territoires, in Insee Références, avril 2015.

Finance O., « Hiérarchie urbaine et ancrage territorial des firmes transnationales étrangères dans le système de villes français : une approche par les lois d’échelle », septembre 2014

Veltz P., « Paris, France, Monde : Repenser l’économie par le territoire », Éditions de l’Aube, septembre 2012.