Les comptes des entreprises, des ménages et des administrations publiques dix ans après la crise financière

Ronan Mahieu

C’est en 2007 que la crise des subprimes a véritablement commencé, avant de se transformer au cours de l’année 2008 en une tourmente financière planétaire et de déclencher une récession d’ampleur sans précédent depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Ces événements ont eu des répercussions majeures sur la dynamique des revenus des différentes catégories d’agents : entreprises, ménages et, bien sûr, administrations publiques (APU).

Entre 2007 et 2017 le revenu disponible brut des ménages a certes continué à croître assez régulièrement mais beaucoup moins vite qu’avant la crise : il s’est accru de près de 17 % en termes nominaux (au lieu de 51 % sur la décennie précédente) et de 8 % en termes réels (au lieu de 30 % sur la décennie précédente). Calculé par unité de consommation, le pouvoir d’achat n’a quasiment pas progressé (+ 0,7 %) en dix ans. Le choc a été plus temporaire pour les sociétés non financières. Leur épargne brute a stagné entre 2007 et 2010, avant de retrouver un niveau de croissance comparable à celui d’avant-crise : elle s’établit en 2017 à un peu plus de 60 Md€ au-dessus de son niveau d’avant-crise, soit une hausse de 30 % par rapport à 2007. Cette résilience contraste avec le cas des administrations publiques : leur épargne brute diminue de 76 Md€ entre 2007 et 2009, et est même négative de 2009 à 2011. Ce n’est qu’en 2017 qu’elle retrouve son niveau d’avant crise. La politique budgétaire a en effet conduit à différer le rééquilibrage des finances publiques, d’abord en évitant une baisse des revenus des ménages, puis en accélérant l’amélioration des comptes des entreprises.

Insee Références
Paru le : Paru le 04/10/2018
Ronan Mahieu
L'économie française - Comptes et dossiers - octobre 2018
Consulter