L’industrie manufacturière en 2017Des créations d’emploi malgré une croissance en demi-teinte

Jérôme Laurent, division Industrie et agriculture, Insee

En 2017, la valeur ajoutée de l’industrie manufacturière augmente de 1,7 %. Quoique plus vif qu’en 2016, ce rythme est inférieur à la croissance du produit intérieur brut.

Les activités les plus dynamiques sont la fabrication de produits informatiques, électroniques et optiques et celle de matériels de transport. En revanche, la situation se dégrade pour l’industrie agroalimentaire, marquée par une faible production viticole et la pénurie de beurre. Le déficit commercial se creuse fortement en raison de la hausse du cours du pétrole et de l’appréciation de l’euro. Dans ce contexte, l’industrie manufacturière crée néanmoins des emplois, pour la première fois depuis 2000.

L’industrie manufacturière est moins dynamique que les autres branches de l’économie

En 2017, selon les résultats des comptes provisoires (sources), la valeur ajoutée de la branche de l’industrie manufacturière augmente de 1,7 % en volume, après + 1,4 % en 2016 (figure 1). Elle croît ainsi moins rapidement que le produit intérieur brut (PIB ; + 2,2 %), tiré par les services marchands. La production manufacturière en volume progresse de 1,9 % en 2017 (figure 2) ; de même que la valeur ajoutée, elle accélère par rapport à l’année précédente (+ 1,6 %).

Figure 1 - Évolution de la valeur ajoutée en volume

Figure 1 - Évolution de la valeur ajoutée en volume ( ) - Lecture : en 2017, la valeur ajoutée de la branche de l'industrie manufacturière croît de 1,7 % en volume ; l'industrie agroalimentaire contribue pour + 0,3 point à cette croissance, la fabrication de biens d'équipements pour + 0,5 point.
Contribution à l'évolution (en points) Évolution (en %)
Industrie agroalimentaire Fabrication de biens d'équipement Fabrication de matériels de transport Autres industries manufacturières Industrie manufacturière
2001 -0,7 0,2 -0,4 1,9 1,1
2002 0,5 0,0 -0,6 0,3 -0,2
2003 1,1 0,0 0,7 0,0 2,2
2004 0,5 1,2 0,3 0,2 2,4
2005 0,1 0,1 0,4 1,0 1,7
2006 0,0 1,2 -0,1 1,4 2,6
2007 0,3 0,4 0,0 1,3 2,0
2008 -1,6 0,0 -0,4 -1,3 -3,2
2009 0,4 -2,3 -1,8 -2,0 -5,8
2010 0,9 1,2 0,9 -0,8 2,4
2011 0,8 0,7 0,0 2,6 4,0
2012 -0,2 0,1 0,0 -0,1 -0,2
2013 -0,2 0,4 -0,4 0,3 -0,1
2014 0,6 0,2 0,0 0,2 1,6
2015 0,3 -0,3 0,0 0,7 0,7
2016 (sd) 0,9 0,0 -0,1 0,7 1,4
2017 (prov) 0,3 0,5 0,3 0,6 1,7
  • Lecture : en 2017, la valeur ajoutée de la branche de l'industrie manufacturière croît de 1,7 % en volume ; l'industrie agroalimentaire contribue pour + 0,3 point à cette croissance, la fabrication de biens d'équipements pour + 0,5 point.
  • Champ : France, branche de l'industrie manufacturière.
  • Source : Insee, comptes nationaux, base 2014.

Figure 1 - Évolution de la valeur ajoutée en volume

  • Lecture : en 2017, la valeur ajoutée de la branche de l'industrie manufacturière croît de 1,7 % en volume ; l'industrie agroalimentaire contribue pour + 0,3 point à cette croissance, la fabrication de biens d'équipements pour + 0,5 point.
  • Champ : France, branche de l'industrie manufacturière.
  • Source : Insee, comptes nationaux, base 2014.

Figure 2 - Évolution de la production en volume

indice 100 en 2000
Figure 2 - Évolution de la production en volume (indice 100 en 2000) - Lecture : en 2017, la production de l'ensemble de la branche de l'industrie manufacturière croît de 1,9 % en volume par rapport à 2016 (l'indice passe de 96,9 à 98,8) ; elle diminue de 1,2 % par rapport à l'année 2000.
Industrie manufacturière dont industrie agroalimentaire dont fabrication de biens d'équipement dont fabrication de matériels de transport
2000 100,0 100,0 100,0 100,0
2001 101,9 99,8 100,7 107,2
2002 100,0 100,3 96,5 104,3
2003 98,3 99,0 94,0 102,1
2004 100,4 101,8 96,7 106,2
2005 100,8 101,1 96,1 108,9
2006 103,0 102,4 99,6 110,9
2007 104,4 105,1 102,3 107,8
2008 102,2 103,5 101,4 102,9
2009 90,8 102,0 82,4 84,1
2010 94,0 101,3 88,1 94,9
2011 96,9 104,3 92,2 97,5
2012 93,9 101,5 90,0 97,2
2013 92,8 101,1 89,5 97,0
2014 94,3 104,4 89,8 100,7
2015 95,5 103,4 90,3 105,1
2016 (sd) 96,9 103,7 92,0 108,8
2017 (prov) 98,8 103,2 94,5 113,8
  • Lecture : en 2017, la production de l'ensemble de la branche de l'industrie manufacturière croît de 1,9 % en volume par rapport à 2016 (l'indice passe de 96,9 à 98,8) ; elle diminue de 1,2 % par rapport à l'année 2000.
  • Champ : France, branche de l'industrie manufacturière.
  • Source : Insee, comptes nationaux, base 2014.

Figure 2 - Évolution de la production en volume

  • Lecture : en 2017, la production de l'ensemble de la branche de l'industrie manufacturière croît de 1,9 % en volume par rapport à 2016 (l'indice passe de 96,9 à 98,8) ; elle diminue de 1,2 % par rapport à l'année 2000.
  • Champ : France, branche de l'industrie manufacturière.
  • Source : Insee, comptes nationaux, base 2014.

La fabrication de produits informatiques, électroniques et optiques est en essor

En 2017, la fabrication de produits informatiques, électroniques et optiques est très dynamique. Sa production augmente de 6,1 % en volume, portée par d’importantes commandes de radars, de systèmes de navigation ou encore de matériels médicaux. L’industrie manufacturière bénéficie également du dynamisme de la fabrication de matériels de transport. Cette dernière gagne aussi en vigueur : la production augmente de 4,6 % en volume en 2017 ; sa progression est ainsi supérieure à 3,5 % pour la quatrième année consécutive. Comme en 2016, la hausse des ventes de voitures neuves profite en partie aux constructeurs français, qui occupent près de la moitié du marché français. Par ailleurs, la construction de matériel aéronautique et celle de matériel naval continuent de progresser, grâce au niveau historique des carnets de commandes qui assurent une pleine activité au moins jusqu’en 2022. Toutefois, cette année, la production d’avions est pénalisée par les retards de livraisons d’un motoriste américain. Seule la production de matériel ferroviaire est en recul. Néanmoins, elle pourrait se redresser grâce aux commandes de 2017, en particulier l’achat par le Syndicat des transports d’Île-de-France (STIF) de 255 rames de RER de nouvelle génération destinées à circuler dès 2021.

Les productions des industries chimique et pharmaceutique continuent à croître à un rythme élevé : respectivement + 3,9 % et + 3,7 % en volume, grâce à la bonne orientation de la demande globale.

La fabrication de textiles, habillement, cuir et chaussures baisse à nouveau (– 1,6 %), après une courte embellie de deux années.

Après un recul de 2,2 % en 2016 à la suite de mouvements sociaux, la production du raffinage ne se redresse que de 0,6 % en 2017, la raffinerie de Provence ayant été reconvertie en production de biocarburants.

L’industrie agroalimentaire reste en difficulté

La situation des industries agroalimentaires reste difficile. En 2017, leur production recule de 0,5 % en volume, après une légère hausse en 2016 (+ 0,3 %). En effet, la production de vins chute de 12 % en un an en raison du gel de printemps qui a touché tous les vignobles.

Par ailleurs, l’année 2017 est marquée par une pénurie de beurre en France, en raison notamment de la crise laitière de 2016 opposant les grands groupes laitiers et les producteurs de lait. Les industriels se sont orientés vers les marchés les plus rémunérateurs au niveau mondial et ont donc accentué la production de fromages et de crèmes, au détriment de la production de poudre de lait. Le beurre en pâtit en tant que coproduit de la poudre de lait.

La production de viande et de produits à base de viande reste en repli, dans un contexte de baisse de la consommation. Ce recul est un peu plus marqué pour la viande porcine à la suite de la contraction du marché chinois et pour la viande de volaille en raison d’une nouvelle pandémie de grippe aviaire.

En 2017, la Seita a cessé la production de cigarettes pour se concentrer sur son activité de distribution.

En revanche, la production de produits à base de fruits et légumes bondit de 6,5 % en volume. Les produits, cueillis précocement sous l’effet de conditions climatiques clémentes, sont entrés en concurrence avec les produits des pays d’Europe du Sud et du Maghreb. Les maraîchers et arboriculteurs ont dû réorienter leur récolte vers la transformation.

La demande intérieure ralentit

En 2017, la demande intérieure en produits manufacturés ralentit nettement : + 1,4 %, après + 4,2 % en 2016 et + 3,5 % en 2015. Notamment, l’investissement des administrations publiques baisse fortement. En effet, la formation brute de capital fixe prend en compte les livraisons à l’État et non les montants budgétisés (acomptes) de l’État. Elle est touchée par un effet de calendrier de 2016 à 2017 sur les livraisons, qui chutent de 17 %.

Bien que toujours facilité par des conditions de financement avantageuses, l’investissement des entreprises non financières en produits manufacturés marque un léger essoufflement : + 4,9 % en 2017, après + 5,5 %. Seuls les investissements en machines et équipements et en produits informatiques, électroniques et optiques accélèrent.

La consommation des ménages en produits manufacturés décélère : les dépenses s’accroissent de 1,7 % en volume après + 2,0 % en 2016. Même si elles restent très dynamiques (+ 4 %), les dépenses en matériels de transport (essentiellement les automobiles) et en produits informatiques, électroniques et optiques marquent le pas. Les acquisitions d’équipements électriques progressent rapidement (+ 5,7 %). Les achats dans l’habillement, cuir et chaussures sont de nouveau orientés à la hausse (+ 0,5 %).

Bond des exportations

En 2017, les exportations en volume de biens manufacturés accélèrent fortement (+ 4,7 % après + 1,9 %). Elles augmentent dans toutes les branches à un rythme proche de 4,5 %. Quatre branches s’avèrent toutefois plus dynamiques. Pour les textiles, les vêtements, les cuirs et les chaussures ainsi que les produits chimiques (qui incluent les parfums et cosmétiques), les exportations progressent d’un peu plus de 6,0 %, en partie grâce à la reprise du marché chinois pour les produits de luxe. Les ventes de matériels de transport augmentent de 5,3 %. L’industrie automobile continue de profiter du redressement du marché européen, et plus particulièrement des marchés allemand, belge et espagnol. Les exportations de matériels aéronautique et spatial bénéficient des livraisons d’avions vers l’Asie, mais aussi d’un accroissement des ventes de turboréacteurs et de satellites. Après une année 2016 exceptionnelle avec la livraison du plus grand paquebot du monde, les exportations de navires sont en net recul, tout en se maintenant à un niveau élevé. Enfin, les exportations de produits agroalimentaires rebondissent grâce aux ventes de vin et de cognac vers les États-Unis et la Chine et de produits laitiers vers la Chine.

Le déficit commercial se dégrade néanmoins fortement

Entraînées par les biens d’équipement, les importations continuent d’augmenter plus vite en volume que les exportations. En 2017, elles s’accroissent de 5,2 %. La hausse est particulièrement marquée pour les matériels de transport (+ 9,3 %) en raison de l’importation des moteurs Rolls Royce qui équipent l’A330, l’A380 et en exclusivité l’A350 (dont les livraisons augmentent de 60 %). De plus, le dynamisme du marché automobile français a tout particulièrement profité en 2017 aux marques Dacia (filiale du groupe Renault), Seat, Skoda et Mercedes, grâce à leurs petites voitures citadines. À l’inverse, les importations de produits raffinés continuent de baisser : – 2,8 % après – 2,0 % en 2016, en raison notamment de la forte hausse du cours du Brent converti en euros (+ 20 %).

En valeur, le solde du commerce extérieur de l’industrie manufacturière se dégrade donc fortement : – 29,6 milliards en 2017 après – 22,9 milliards en 2016 (figure 3). Toutefois, il s’améliore dans trois branches : les industries agroalimentaires (+ 0,6 milliard en un an), l’industrie chimique (+ 1,8 milliard) et l’industrie pharmaceutique (+ 0,1 milliard). Pour ces deux dernières, c’est essentiellement dû à une augmentation des prix. Avec la fabrication de matériels de transport, elles sont les quatre seules branches excédentaires (figure 4).

Figure 3 - Commerce extérieur de produits manufacturés en valeur

en milliards d'euros
Figure 3 - Commerce extérieur de produits manufacturés en valeur (en milliards d'euros) -
Solde commercial Exportations Importations
2000 11,8 309,6 297,8
2001 19,5 317,4 297,9
2002 21,0 314,3 293,3
2003 17,9 305,3 287,4
2004 12,7 324,2 311,5
2005 2,2 340,4 338,2
2006 3,2 370,2 367,0
2007 -9,8 382,9 392,7
2008 -9,1 392,2 401,3
2009 -12,9 328,1 341,0
2010 -20,4 367,7 388,1
2011 -31,9 398,8 430,7
2012 -22,1 412,7 434,8
2013 -15,6 415,7 431,3
2014 -21,2 419,6 440,8
2015 -15,3 443,6 458,9
2016 (sd) -22,9 444,6 467,5
2017 (prov) -29,6 470,7 500,3
  • Champ : France, branche de l'industrie manufacturière.
  • Source : Insee, comptes nationaux, base 2014.

Figure 3 - Commerce extérieur de produits manufacturés en valeur

  • Champ : France, branche de l'industrie manufacturière.
  • Source : Insee, comptes nationaux, base 2014.

Figure 4 - Solde du commerce extérieur selon les branches manufacturières en valeur

en milliards d'euros
Figure 4 - Solde du commerce extérieur selon les branches manufacturières en valeur (en milliards d'euros) -
2016 (sd) 2017 (prov)
Fabrication de matériels de transport 27,1 24,2
Industrie chimique 11,9 13,7
Fabrication de denrées alimentaires, boissons et produits à base de tabac 5,3 5,9
Industrie pharmaceutique 4,4 4,5
Travail du bois, industries du papier et imprimerie -4,2 -4,5
Fabrication de machines et équipements non classés ailleurs -4,1 -4,6
Fabrication de produits en caoutchouc et plastique et autres produits minéraux non métalliques -5,8 -6,5
Fabrication d'équipements électriques -5,6 -6,6
Métallurgie et fabrication de produits métalliques sauf machines et équipements -6,3 -7,5
Cokéfaction et raffinage -6,8 -7,7
Autres industries manufacturières - réparation et installation de machines et d équipements -9,2 -9,8
Fabrication de textiles, industries de l'habillement, du cuir et de la chaussure -14,1 -14,4
Fabrication de produits informatiques, électroniques et optiques -15,6 -16,2
Total industrie manufacturière -23,0 -29,6
  • Champ : France, branche de l'industrie manufacturière.
  • Source : Insee, comptes nationaux, base 2014.

Figure 4 - Solde du commerce extérieur selon les branches manufacturières en valeur

  • Champ : France, branche de l'industrie manufacturière.
  • Source : Insee, comptes nationaux, base 2014.

5 400 créations nettes d’emploi dans l’industrie manufacturière

Au 31 décembre 2017, 2,8 millions de salariés (sources) travaillent dans le secteur de l’industrie manufacturière, soit 11 % de l’ensemble de l’économie. Ce secteur recrée des emplois (+ 5 400, soit + 0,2 % en un an) pour la première fois depuis 2000 (figure 5).

En son sein, la moitié des secteurs sont devenus créateurs d’emplois. C’est surtout le cas de l’industrie agroalimentaire (+ 1,0 %), de l’industrie du textile, de l’habillement, du cuir et de la chaussure (+ 0,9 %) et de l’industrie chimique (+ 0,8 %). Dans l’industrie pharmaceutique, les créations d’emplois ralentissent. À l’inverse, dans le raffinage, le rythme des réductions d’emplois s’accélère en raison de restructurations. Pour les autres secteurs, notamment le travail du bois, le papier et l’imprimerie et la fabrication d’équipements électriques, les réductions d’emplois ralentissent.

Figure 5 - Évolution de l'emploi salarié hors intérim

indice 100 en 2000
Figure 5 - Évolution de l'emploi salarié hors intérim (indice 100 en 2000) - Lecture : dans l'industrie manufacturière, l'emploi salarié hors intérim a diminué de 25,9 % en 2017 par rapport à 2000.
Industrie manufacturière dont industrie agroalimentaire dont fabrication de biens d'équipement dont fabrication de matériels de transport
2000 100,0 100,0 100,0 100,0
2001 99,6 100,7 98,9 101,7
2002 97,3 101,0 95,0 100,6
2003 94,8 101,3 90,4 100,9
2004 92,3 99,8 87,5 101,3
2005 90,0 98,8 86,5 99,3
2006 88,4 97,7 86,1 97,0
2007 87,2 97,0 85,6 94,7
2008 85,2 95,7 83,7 92,3
2009 80,7 95,3 78,0 87,5
2010 78,4 95,2 74,8 84,1
2011 78,0 95,1 74,4 85,0
2012 77,3 94,8 74,0 85,1
2013 76,3 94,7 72,9 84,1
2014 75,3 94,9 72,0 82,1
2015 74,4 95,8 70,6 80,7
2016 73,9 96,2 69,4 80,1
2017 74,1 97,3 69,2 80,0
  • Lecture : dans l'industrie manufacturière, l'emploi salarié hors intérim a diminué de 25,9 % en 2017 par rapport à 2000.
  • Champ : France, secteur de l'industrie manufacturière.
  • Source : Insee, estimations d'emploi au 31 décembre.

Figure 5 - Évolution de l'emploi salarié hors intérim

  • Lecture : dans l'industrie manufacturière, l'emploi salarié hors intérim a diminué de 25,9 % en 2017 par rapport à 2000.
  • Champ : France, secteur de l'industrie manufacturière.
  • Source : Insee, estimations d'emploi au 31 décembre.

L’industrie manufacturière emploie également 304 400 intérimaires au 31 décembre 2017. Le recours à l’intérim (+ 39 800 en un an ; sept fois plus que les créations nettes) reste donc privilégié et est en nette accélération : + 15,0 % en 2017 après + 7,4 % en 2016 et + 10,1 % en 2015. Cette situation se reflète dans la quasi-totalité des secteurs. Seule la fabrication de matériels de transport modère son recours à ce type de contrat de travail. Le taux global de recours à l’intérim reste élevé, à 9,9 % (figure 6). Il dépasse même 12 % dans la fabrication de matériels de transport et celle de produits en caoutchouc et en plastique.

Au total, en prenant en compte l’ensemble des effectifs salariés et intérimaires, l’emploi manufacturier progresse de 1,5 % en un an.

Figure 6 - Taux de recours à l'intérim*

en %
Figure 6 - Taux de recours à l'intérim* (en %) -
Industrie manufacturière dont industrie agroalimentaire dont fabrication de biens d'équipement dont fabrication de matériels de transport
2000 7,8 5,9 9,0 9,6
2001 6,6 6,4 6,6 7,7
2002 7,1 7,2 6,5 9,8
2003 7,1 6,8 7,3 9,0
2004 7,5 6,5 8,0 9,4
2005 7,6 7,1 8,1 8,4
2006 8,1 7,4 9,4 8,1
2007 8,1 8,2 8,3 9,2
2008 5,9 7,5 6,3 5,2
2009 6,0 7,2 5,4 5,9
2010 8,1 8,0 8,7 8,5
2011 7,9 7,5 8,2 9,4
2012 6,5 7,4 6,7 6,3
2013 7,1 7,4 7,3 7,5
2014 7,3 7,8 7,0 8,4
2015 8,1 8,1 7,4 10,3
2016 8,7 8,5 7,9 12,0
2017 9,9 8,8 9,5 12,9
  • * Part de l'emploi intérimaire dans l'emploi salarié y compris emploi intérimaire.
  • Champ : France, secteur de l'industrie manufacturière.
  • Source : Insee, estimations d'emploi au 31 décembre.

Figure 6 - Taux de recours à l'intérim*

  • * Part de l'emploi intérimaire dans l'emploi salarié y compris emploi intérimaire.
  • Champ : France, secteur de l'industrie manufacturière.
  • Source : Insee, estimations d'emploi au 31 décembre.

Les gains de productivité ne retrouvent pas leur rythme d’avant-crise

Les gains de productivité apparente du travail des branches manufacturières atteignent 2,4 % en 2017. Ils demeurent nettement inférieurs à leur rythme d’avant-crise (3,4 %).

Malgré une hausse des frais de personnel de 1,3 % en 2017, les entreprises manufacturières continuent de restaurer leur taux de marge. Celui-ci progresse et s’élève à 39,1 % en 2017. Il retrouve ainsi son niveau de 2000 (figure 7). Il se redresse particulièrement dans les branches de la fabrication de biens d’équipement et des autres industries manufacturières (englobant en particulier les biens intermédiaires). Par ailleurs, ces branches concourent le plus à la croissance de la valeur ajoutée de l’industrie manufacturière avec respectivement 0,5 point et 0,6 point.

Figure 7 - Taux de marge

en %
Figure 7 - Taux de marge (en %) -
Industrie manufacturière dont industrie agroalimentaire dont fabrication de biens d'équipement dont fabrication de matériels de transport
2000 39,2 51,4 43,9 38,1
2001 38,7 50,5 43,4 39,0
2002 37,5 50,7 40,9 40,0
2003 36,8 50,3 38,5 37,5
2004 36,4 52,2 37,9 33,4
2005 35,5 50,0 33,7 34,6
2006 35,4 48,0 32,6 35,8
2007 37,0 49,4 34,3 36,2
2008 34,8 48,1 31,1 33,9
2009 32,5 46,3 27,5 30,8
2010 33,0 44,8 30,0 35,4
2011 34,2 45,8 31,1 31,9
2012 34,0 44,6 30,9 35,6
2013 34,6 45,7 29,8 36,0
2014 35,2 46,0 30,4 37,9
2015 38,3 47,8 31,9 45,7
2016 (sd) 38,1 43,7 36,5 49,1
2017 (prov) 39,1 43,2 38,1 47,8
  • Champ : France, branche de l'industrie manufacturière.
  • Source : Insee, comptes nationaux trimestriels, base 2014.

Figure 7 - Taux de marge

  • Champ : France, branche de l'industrie manufacturière.
  • Source : Insee, comptes nationaux trimestriels, base 2014.

Encadré

Une production de 783 milliards d’euros

En 2017, la production de l’industrie manufacturière s’élève à 783 milliards d’euros. Elle s’accroît de 3,7 % sous l’effet d’une hausse conjuguée des volumes de production (+ 1,7 %) et des prix (+ 2,0 %). D’une part, le prix moyen des hydrocarbures augmente et, par ricochet, celui des produits issus du raffinage et de la chimie et, d’autre part, l’euro s’apprécie par rapport au dollar.

La production en valeur croît plus particulièrement dans le raffinage, la fabrication de produits informatiques, électroniques et optiques, la fabrication de matériels de transport, l’industrie chimique et l’industrie pharmaceutique.

Sources

L’étude mobilise trois sources principales.

Les comptes nationaux annuels (base 2014) permettent de retracer les évolutions de 2000 à 2017 de la valeur ajoutée des branches industrielles et des échanges extérieurs des produits manufacturiers, à un niveau agrégé de la nomenclature NAF rév. 2 (niveau A38). Le compte de l’année 2016 est semi-définitif (sd) et celui de 2017 provisoire (prov).

Les estimations d’emploi de l’Insee fournissent l’évolution des effectifs salariés par secteur d’activité depuis l’année 2000.

Le nombre d’intérimaires au 31 décembre est issu de l’exploitation par la Dares (service statistique du ministère du Travail) des déclarations sociales nominatives (DSN) et des fichiers Pôle emploi des déclarations mensuelles des agences d’intérim.

Définitions

Les industries manufacturières sont des industries de transformation des biens, c’est-à-dire principalement des industries de fabrication pour compte propre. Mais elles concernent aussi la réparation et l’installation d’équipements industriels, ainsi que des opérations en sous-traitance pour un tiers donneur d’ordre. Ces activités correspondent à la section C de la nomenclature NAF rév. 2.

La valeur ajoutée est égale à la valeur de la production diminuée des consommations intermédiaires.

Le solde du commerce extérieur (CAF/FAB) retracé dans les comptes nationaux est la différence entre la valeur des exportations FAB (franco à bord) et celle des importations CAF (coût, assurance, fret) entre deux pays (ou deux zones).

La productivité apparente du travail est calculée en rapportant la valeur ajoutée à l’emploi salarié de la branche.

Pour en savoir plus

Berthier D., Debauche É., Meinzel P., « Les comptes de la Nation en 2017 - Le PIB accélère (+ 2,2 % après + 1,2 %), le pouvoir d’achat des ménages augmente modérément », Insee Première n° 1697, mai 2018.

Andrieux V. et al., « Les services marchands en 2017 : la production accélère, favorisée par une demande soutenue », Insee Première n° 1705, juillet 2018.

Lalande É. et al., « Le commerce en 2017 - L’activité reste dynamique, les prix repartent à la hausse », Insee Première n° 1702, juin 2018.

Casset-Hervio H., Lubatti G., Reynaud D., « L’agriculture en 2017 - La production se redresse », Insee Première n° 1703, juillet 2018.

Rignols É., « L’industrie manufacturière en Europe de 1995 à 2015 - Sa part dans l’économie recule, sauf en Allemagne », Insee Première n° 1637, mars 2017.

« Le chiffre du commerce extérieur - Année 2017 », Direction générale des douanes et droits indirects, février 2018.