Insee Analyses Grand EstLa décohabitation limite, mais n’empêche pas la vacance des logements dans le Grand Est

Thomas Ducharne, Dominique Kelhetter, Insee

Entre 2010 et 2015, le volume du parc de logements du Grand Est a assez peu évolué en comparaison aux régions métropolitaines du sud et de l’ouest de la France. Dans un contexte de quasi-stagnation démographique, le supplément de logements a été essentiellement absorbé par les besoins induits par la décohabitation. S’il revêt actuellement dans la région une intensité particulière, ce phénomène ne suffit toutefois pas à endiguer la progression de la vacance.

L’évolution du parc de logements diffère cependant fortement suivant le type d’espace considéré. Les créations de logements ont été assez soutenues aux abords des grands pôles, alors qu’elles ont été au contraire bien plus limitées dans les pôles de moindre importance, de même que dans les communes non soumises à l’influence des villes. Dans le Grand Est, la croissance du nombre de logements dans les petits pôles apparaît particulièrement faible au regard de l’évolution métropolitaine. Dans quelques petits bourgs, le nombre de logements a même reculé en l’espace de cinq ans. D’un territoire à l’autre, l’évolution du parc de logements semble parfois assez déconnectée de celle de la population.

Thomas Ducharne, Dominique Kelhetter, Insee
Insee Analyses Grand Est  No 70 - Juin 2018

En 2015, le Grand Est compte 2,8 millions de logements, dont près de neuf sur dix sont utilisés à titre de résidences principales. Parmi ces logements, 57 % sont des maisons, soit une proportion inférieure à celle de l’ensemble des régions de province (61 %).

Une part importante de ces logements sont concentrés au sein ou en périphérie de Strasbourg, Reims, Metz, Nancy, Mulhouse, Troyes, Thionville et Colmar. À eux seuls, ces huit principaux pôles urbains représentent en 2015 un tiers du parc de logements du Grand Est.

Peu de nouveaux logements créés en cinq ans

Avec 120 000 logements supplémentaires entre 2010 et 2015, le volume du parc immobilier du Grand Est a progressé de 4 % en l’espace de cinq ans. Bien que près de dix fois supérieure à la croissance démographique régionale, cette hausse est néanmoins plus faible que celle observée dans l'ensemble de la France métropolitaine au cours de la même période (+ 5 %). Au même titre que la Bourgogne-Franche-Comté, l’Île-de-France et le Centre-Val de Loire, la région fait en effet partie de celles où le nombre de logements a progressé de la manière la plus modérée.

Figure 1Des créations de logements beaucoup plus dynamiques à l’ouest et au sud de la FranceÉvolution du volume du parc de logements des différents départements français entre 2010 et 2015

Des créations de logements beaucoup plus dynamiques à l’ouest et au sud de la France - Lecture : chaque département est représenté par un disque dont la surface est proportionnelle à la variation annuelle du nombre de logements et la couleur au taux de croissance.
Département Libellé de département Évolution annuelle du nombre de logements Taux de variation annuelle 2010-2015 du nombre de logements (en%)
971 Guadeloupe 3 558 1,7
972 Martinique 3 045 1,5
973 Guyane 2 603 3,4
974 La Réunion 7 117 2,1
75 Paris 2 252 0,2
77 Seine-et-Marne 7 843 1,4
78 Yvelines 5 207 0,9
91 Essonne 7 340 1,4
92 Hauts-de-Seine 4 859 0,6
93 Seine-Saint-Denis 6 753 1,1
94 Val-de-Marne 4 880 0,8
95 Val-d'Oise 5 001 1
18 Cher 1 070 0,6
28 Eure-et-Loir 1 683 0,8
36 Indre 546 0,4
37 Indre-et-Loire 3 355 1,1
41 Loir-et-Cher 1 295 0,7
45 Loiret 3 375 1
21 Côte-d'Or 2 409 0,9
25 Doubs 2 792 1
39 Jura 914 0,6
58 Nièvre 305 0,2
70 Haute-Saône 801 0,6
71 Saône-et-Loire 1 920 0,6
89 Yonne 978 0,5
90 Territoire de Belfort 579 0,8
14 Calvados 4 408 1,1
27 Eure 3 261 1,2
50 Manche 2 454 0,9
61 Orne 990 0,6
76 Seine-Maritime 6 219 1
02 Aisne 1 746 0,7
59 Nord 12 406 1,1
60 Oise 3 916 1,1
62 Pas-de-Calais 5 927 0,9
80 Somme 2 668 0,9
08 Ardennes 706 0,5
10 Aube 1 769 1,1
51 Marne 2 633 0,9
52 Haute-Marne 167 0,2
54 Meurthe-et-Moselle 2 901 0,8
55 Meuse 468 0,5
57 Moselle 4 687 1
67 Bas-Rhin 5 610 1,1
68 Haut-Rhin 3 389 0,9
88 Vosges 1 476 0,7
44 Loire-Atlantique 12 069 1,8
49 Maine-et-Loire 4 657 1,2
53 Mayenne 1 080 0,7
72 Sarthe 1 868 0,7
85 Vendée 4 935 1,2
22 Côtes-d'Armor 3 451 1
29 Finistère 5 142 1
35 Ille-et-Vilaine 7 821 1,5
56 Morbihan 5 481 1,3
16 Charente 1 580 0,8
17 Charente-Maritime 4 487 1,1
19 Corrèze 767 0,5
23 Creuse 362 0,4
24 Dordogne 2 319 0,9
33 Gironde 14 049 1,8
40 Landes 3 555 1,5
47 Lot-et-Garonne 1 558 0,9
64 Pyrénées-Atlantiques 6 031 1,6
79 Deux-Sèvres 1 673 0,9
86 Vienne 1 791 0,8
87 Haute-Vienne 1 518 0,7
09 Ariège 942 0,9
11 Aude 3 125 1,3
12 Aveyron 1 546 0,9
30 Gard 5 305 1,3
31 Haute-Garonne 12 904 2
32 Gers 1 146 1,1
34 Hérault 11 118 1,7
46 Lot 933 0,8
48 Lozère 455 0,8
65 Hautes-Pyrénées 1 752 1,1
66 Pyrénées-Orientales 4 498 1,4
81 Tarn 2 136 1,1
82 Tarn-et-Garonne 1 735 1,4
01 Ain 4 654 1,6
03 Allier 1 179 0,6
07 Ardèche 2 286 1,2
15 Cantal 627 0,6
26 Drôme 3 610 1,4
38 Isère 8 449 1,4
42 Loire 3 310 0,9
43 Haute-Loire 985 0,7
63 Puy-de-Dôme 3 416 0,9
69 Rhône 13 730 1,6
73 Savoie 3 620 1,1
74 Haute-Savoie 8 012 1,7
04 Alpes-de-Haute-Provence 1 241 1
05 Hautes-Alpes 1 384 1,1
06 Alpes-Maritimes 5 487 0,7
13 Bouches-du-Rhône 11 046 1,1
83 Var 8 034 1,2
84 Vaucluse 3 505 1,2
2A Corse-du-Sud 2 310 2,2
2B Haute-Corse 2 710 2,3
  • Lecture : chaque département est représenté par un disque dont la surface est proportionnelle à la variation annuelle du nombre de logements et la couleur au taux de croissance.
  • Source : Insee, recensements de la population 2010 et 2015.

Figure 1Des créations de logements beaucoup plus dynamiques à l’ouest et au sud de la FranceÉvolution du volume du parc de logements des différents départements français entre 2010 et 2015

  • Lecture : chaque département est représenté par un disque dont la surface est proportionnelle à la variation annuelle du nombre de logements et la couleur au taux de croissance.
  • Source : Insee, recensements de la population 2010 et 2015.

Des créations de logements qui répondent essentiellement à la décohabitation

Cette évolution modeste du parc de logements est à mettre en regard avec la quasi-stagnation démographique que connaît la région. Entre 2010 et 2015, la population du Grand Est a en effet crû à un rythme cinq fois moindre que celle de la métropole (+ 0,5 % contre + 2,4 %). Ainsi, la croissance démographique n’a permis dans la région que d’occuper 12 % des logements supplémentaires créés entre 2010 et 2015, contre 38 % en France métropolitaine. La démographie n’a joué le même rôle moteur sur la construction de logements qu’en Île-de-France et dans les régions situées au sud de la France ou le long de la façade atlantique.

Dans ce contexte de faible croissance démographique, la décohabitation a soutenu, en partie, l'occupation du parc de logements. Dans le Grand Est, la diminution progressive de la taille des ménages a ainsi permis d’absorber 48 % des créations de logements (entre 2010 et 2015). C’est beaucoup plus que dans l’ensemble de la métropole, où seulement 27 % des logements supplémentaires ont été occupés du fait des besoins liés à la décohabitation. Il n’y a qu’en Bourgogne-Franche-Comté que le phénomène de décohabitation a davantage contribué à l’occupation du supplément de logements créés en 5 ans (52 %).

Dans le Grand Est, l’importance des liens entre décohabitation et création de logements ne constitue toutefois pas une donnée nouvelle. Entre 1990 et 2015, le phénomène de décohabitation a en effet permis à lui seul d’occuper 63 % des logements supplémentaires, soit 21 points de plus qu’à l’échelle de l’Hexagone. Hormis en Bourgogne-Franche-Comté, où 69 % des nouveaux logements ont répondu aux besoins induits par la décohabitation, les effets ont partout été moins importants.

Figure 2D’une région à l’autre, des enjeux différents associés à la croissance du parc de logementsPoids des différents modes d’utilisation possibles du supplément de logements créés entre 2010 et 2015 dans chaque région de France métropolitaine (en %)

D’une région à l’autre, des enjeux différents associés à la croissance du parc de logements - Lecture : en Île-de-France, l’augmentation du nombre de logements entre 2010 et 2015 a été absorbée à près de 60 % par la hausse de la population, à un peu plus de 15 % par la croissance des logements utilisés ponctuellement, à 5 % par la progression de la décohabitation et à 20 % par la vacance.
Résidences secondaires et logements occasionnels Logements vacants Décohabitation Croissance démographique
Île-de-France 15,8 20,53 4,92 58,79
Pays de la Loire 6,6 18,4 22,26 52,7
Auvergne-Rhône-Alpes 9,0 18,9 22,29 49,75
Occitanie 11,8 15,5 23,97 48,66
Nouvelle-Aquitaine 11,4 21,6 27,48 39,57
Bretagne 12,1 22,5 26,37 39,09
France métropolitaine 11,2 23,2 27,4 38,2
Provence-Alpes-Côte d'Azur 25,1 16,3 27,59 31,04
Corse 54,3 -1,6 16,46 30,83
Centre-Val de Loire -0,7 41,2 35,45 24,14
Hauts-de-France 2,5 35,1 45,97 16,44
Normandie 7,9 37,7 39,58 14,86
Grand Est 6,8 32,7 48,19 12,32
Bourgogne-Franche-Comté -2,7 45,4 51,74 5,53
  • Lecture : en Île-de-France, l’augmentation du nombre de logements entre 2010 et 2015 a été absorbée à près de 60 % par la hausse de la population, à un peu plus de 15 % par la croissance des logements utilisés ponctuellement, à 5 % par la progression de la décohabitation et à 20 % par la vacance.
  • Champ : ensemble des logements de France métropolitaine.
  • Source : Insee, recensements de population 2010 et 2015.

Figure 2D’une région à l’autre, des enjeux différents associés à la croissance du parc de logementsPoids des différents modes d’utilisation possibles du supplément de logements créés entre 2010 et 2015 dans chaque région de France métropolitaine (en %)

  • Lecture : en Île-de-France, l’augmentation du nombre de logements entre 2010 et 2015 a été absorbée à près de 60 % par la hausse de la population, à un peu plus de 15 % par la croissance des logements utilisés ponctuellement, à 5 % par la progression de la décohabitation et à 20 % par la vacance.
  • Champ : ensemble des logements de France métropolitaine.
  • Source : Insee, recensements de population 2010 et 2015.

Dans le Grand Est comme ailleurs, le soutien qu’apporte la décohabitation à l’occupation du parc de logements est en baisse : dans la région, si 79 % des logements supplémentaires ont répondu aux besoins de la décohabitation entre 1990 et 1999, cette part n’était plus que de 64 % entre 1999 et 2010, et n’est désormais plus que de 48 %.

Figure 3Depuis 1990, la décohabitation joue un rôle essentiel dans la création de logements du Grand EstPoids des différents modes d’utilisation possibles du supplément de logements observé entre 1990 et 2015 dans le Grand Est

Croissance annuelle moyenne du parc de logements (en volume)
Depuis 1990, la décohabitation joue un rôle essentiel dans la création de logements du Grand Est (Croissance annuelle moyenne du parc de logements (en volume)) - Lecture : dans le Grand Est, sur les 20 000 logements supplémentaires créés chaque année entre 1990 et 1999, 16 000 ont permis de répondre à la décohabitation, 4 000 à la croissance démographique et un peu moins d’un millier ont été laissés vacants. Parallèlement, près de 700 résidences secondaires ou occasionnelles ont disparu d’une année sur l’autre pendant cette période.
Résidences secondaires et logements occasionnels Logements vacants Décohabitation Croissance démographique
De 1990 à 1999 -697 722 15 897 4 193
De 1999 à 2010 -742 5 419 17 317 4 904
De 2010 à 2015 1 624 7 778 11 472 2 932
  • Lecture : dans le Grand Est, sur les 20 000 logements supplémentaires créés chaque année entre 1990 et 1999, 16 000 ont permis de répondre à la décohabitation, 4 000 à la croissance démographique et un peu moins d’un millier ont été laissés vacants. Parallèlement, près de 700 résidences secondaires ou occasionnelles ont disparu d’une année sur l’autre pendant cette période.
  • Champ : ensemble des logements du Grand Est.
  • Source : Insee, recensements de population 1990, 2010 et 2015.

Figure 3Depuis 1990, la décohabitation joue un rôle essentiel dans la création de logements du Grand EstPoids des différents modes d’utilisation possibles du supplément de logements observé entre 1990 et 2015 dans le Grand Est

  • Lecture : dans le Grand Est, sur les 20 000 logements supplémentaires créés chaque année entre 1990 et 1999, 16 000 ont permis de répondre à la décohabitation, 4 000 à la croissance démographique et un peu moins d’un millier ont été laissés vacants. Parallèlement, près de 700 résidences secondaires ou occasionnelles ont disparu d’une année sur l’autre pendant cette période.
  • Champ : ensemble des logements du Grand Est.
  • Source : Insee, recensements de population 1990, 2010 et 2015.

Davantage de logements occupés une partie de l’année...

L’atonie de la croissance démographique est par ailleurs concomitante à une forte croissance des logements occasionnels, dont le parc a augmenté d’un tiers en cinq ans. Le nombre de résidences secondaires a également progressé, mais de manière beaucoup moins conséquente (+ 6 %). La hausse des logements occasionnels est notamment très forte dans les grands pôles urbains et leurs couronnes. Dans la zone d’emploi de Thionville, le nombre de logements occasionnels a augmenté de plus de 150 % en cinq ans. Ce phénomène pourrait être la conséquence indirecte de l’attractivité croissante qu’exerce le Luxembourg auprès d’actifs qui peuvent faire le choix de travailler au Grand Duché tout en résidant en France.

Dans la région, le nombre de résidences secondaires et, a fortiori, celui des logements occasionnels, sont toutefois trop faibles pour que leur évolution puisse avoir un réel impact sur le volume global du parc. En 2015, ces catégories de résidences ne représentaient en effet au total que 4 % du parc de logements du Grand Est, contre 18 % en Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) ou 37 % en Corse.

…mais aussi plus de logements vacants

Malgré l’importance que revêt la décohabitation dans la région, la croissance démographique et l’attractivité touristique demeurent trop limitées pour suffire à endiguer la progression des logements vacants. Dans le Grand Est, 9 % des logements étaient en effet inoccupés en 2015, soit un point de plus qu’en 2010.

Hormis en Bourgogne-Franche-Comté et en Centre-Val de Loire (10 % de logements vacants), ce phénomène est de moindre ampleur dans les autres régions métropolitaines. En l’espace de cinq ans, la vacance n’a toutefois pas davantage progressé dans le Grand Est que dans l’ensemble de l’Hexagone. En Normandie et dans les Hauts-de-France notamment, l’évolution des logements inoccupés a été beaucoup plus vigoureuse.

Dans le Grand Est, la vacance n’épargne aucun département, mais est plus marquée dans les plus ruraux. En Haute-Marne, dans les Vosges, la Meuse et les Ardennes, plus de 10 % des logements étaient ainsi inoccupés en 2015, alors que cette situation ne concernait que 8 % des logements du Bas-Rhin et de la Marne.

Les zones périurbaines toujours attractives

Dans le Grand Est comme dans l’ensemble de la métropole, les espaces périurbains des grands pôles demeurent ceux où la création de logements est la plus dynamique. Dans la région, ces territoires comptent ainsi 6 % de logements supplémentaires par rapport à 2010. Pour des raisons financières tout autant que pour satisfaire un besoin d’espace, les zones périurbaines continuent d’être attractives pour nombre de ménages alors que dans les grands pôles, l’évolution du nombre de logements est similaire à la moyenne régionale. Le volume du parc de logements a en revanche très peu évolué dans les petits et les moyens pôles (respectivement + 2 et + 3 % de logements) ainsi que dans les communes situées hors de l’influence des villes (+ 3 %). Tous ces espaces ont vu leur population diminuer entre 2010 et 2015. Dans les moyens pôles, le déclin démographique est toutefois compensé par la croissance des logements occasionnels et des résidences secondaires (+ 10 %). Si les couronnes des petits pôles ont également perdu des habitants, elles ont en revanche gagné des logements (+ 3 %).

Figure 4Plus de logements vacants dans la plupart des espaces de la régionRépartition des modes possibles d’utilisation du solde positif de logements constaté entre 2010 et 2015 dans les différents types d’espaces du Grand Est (en points)

Plus de logements vacants dans la plupart des espaces de la région - Lecture : dans les communes isolées, la croissance du nombre de logements entre 2010 et 2015 a été limitée par le recul démographique (- 36 points) et la baisse du nombre de résidences secondaires (- 3 points). Dans ces conditions, le supplément de logements observés au cours de cette période s’expliquent exclusivement par les progrès de la décohabitation (+ 70 points) et par la hausse de la vacance (+ 69 points).
Résidences secondaires ou logements occasionnels Logements vacants Décohabitation Croissance démographique
Communes isolées -2,65 69,66 69,39 -36,4
Autres communes multi-polarisées -5,25 45,93 59,98 -0,66
Couronnes des petits pôles -4,26 50,29 80,18 -26,2
Petits pôles 4,38 133 119,84 -157,22
Couronnes des moyens pôles -4,25 34,92 57,97 11,36
Moyens pôles 30,7 18,62 81,06 -30,39
Grands pôles urbains 11,4 32,67 39,14 16,79
Grand Est 6,82 32,67 48,19 12,32
  • Note : pour chaque catégorie de territoire est représentée la contribution de la croissance démographique, de la décohabitation, de la vacance et de l’évolution du nombre des résidences secondaires et des logements occasionnels sur l’évolution du parc de logements. Le positionnement d’un de ces facteurs à la gauche de l’axe des abscisses signifie que ce dernier a freiné la croissance du parc de logement dans la zone considérée ; inversement, les facteurs qui ont porté cette hausse sont représentés à la droite de cet axe.
  • Lecture : dans les communes isolées, la croissance du nombre de logements entre 2010 et 2015 a été limitée par le recul démographique (- 36 points) et la baisse du nombre de résidences secondaires (- 3 points). Dans ces conditions, le supplément de logements observés au cours de cette période s’expliquent exclusivement par les progrès de la décohabitation (+ 70 points) et par la hausse de la vacance (+ 69 points).
  • Champ : ensemble des logements du Grand Est.
  • Source : Insee, recensements de population 2010 et 2015.

Figure 4Plus de logements vacants dans la plupart des espaces de la régionRépartition des modes possibles d’utilisation du solde positif de logements constaté entre 2010 et 2015 dans les différents types d’espaces du Grand Est (en points)

  • Note : pour chaque catégorie de territoire est représentée la contribution de la croissance démographique, de la décohabitation, de la vacance et de l’évolution du nombre des résidences secondaires et des logements occasionnels sur l’évolution du parc de logements. Le positionnement d’un de ces facteurs à la gauche de l’axe des abscisses signifie que ce dernier a freiné la croissance du parc de logement dans la zone considérée ; inversement, les facteurs qui ont porté cette hausse sont représentés à la droite de cet axe.
  • Lecture : dans les communes isolées, la croissance du nombre de logements entre 2010 et 2015 a été limitée par le recul démographique (- 36 points) et la baisse du nombre de résidences secondaires (- 3 points). Dans ces conditions, le supplément de logements observés au cours de cette période s’expliquent exclusivement par les progrès de la décohabitation (+ 70 points) et par la hausse de la vacance (+ 69 points).
  • Champ : ensemble des logements du Grand Est.
  • Source : Insee, recensements de population 2010 et 2015.

Une croissance des logements très concentrée

La géographie urbaine de la région fait écho à ces évolutions. Portée par la périurbanisation, la croissance du nombre de logements est en effet beaucoup plus vigoureuse le long de la plaine alsacienne, dans le sillon lorrain ainsi qu’autour de Reims et de Troyes que dans les espaces moins densément peuplés. Les plus fortes progressions s’observent en périphérie de Strasbourg, au nord-ouest de la Moselle ainsi qu’entre Saint-Louis et Mulhouse. Profitant de l’attractivité de l’agglomération de Strasbourg avec laquelle ils sont limitrophes, les bassins de vie de Geispolsheim et de Truchtersheim ont ainsi connu une augmentation du nombre de leurs logements plus de trois fois supérieure à la moyenne régionale. Celui de Sierentz a également enregistré une forte hausse de ses logements imputable à sa situation à mi-chemin entre les agglomérations de Saint-Louis et de Mulhouse et à un accès rapide vers la Suisse. La proximité de Metz, mais aussi et surtout celle du Luxembourg, explique par ailleurs les fortes progressions qu’enregistrent les bassins de Guénange, de Boulay-Moselle, d’Hettange-Grande et de Sierck-les-Bains. En l’espace de cinq ans, tous ces territoires ont en effet enregistré de fortes arrivées de populations liées notamment à l’essor du travail frontalier.

Du fait de leur relative proximité avec l’agglomération parisienne et d’un fort dynamisme démographique autour de Troyes et Romilly-sur-Seine, de nombreux bassins de vie du département de l’Aube ont également vu le nombre de leurs logements augmenter très fortement. De tous les départements du Grand Est, l’Aube est ainsi celui où les créations de logements ont été les plus dynamiques entre 2010 et 2015 (+ 6 %), devant le Bas-Rhin, le Haut-Rhin et la Marne (+ 5 % chacun).

À l’inverse, le nombre de logements n’a que très peu évolué au sein du massif des Vosges, de même qu’autour d’une diagonale comprise entre le sud de Charleville-Mézières et la Haute-Marne. La plupart de ces espaces conjuguent en effet à la fois faible attractivité résidentielle et solde naturel atone. Le volume des logements est ainsi stable au sein des bassins de vie de Langres, de Fayl-Billot et de Bar-sur-Aube, et recule même de manière assez significative dans celui de Revin (- 3 %). Situé dans les Ardennes, ce territoire au fort passé industriel a notamment été frappé par de nombreuses destructions d’emplois depuis la survenue de la crise de 2008.

Figure 5 Les territoires situés aux abords du bassin parisien, dans le sillon lorrain et dans la plaine d’Alsace captent l’essentiel des créations de logementsÉvolution du volume de logements dans les différents bassin de vie du Grand Est, entre 2010 et 2015

Les territoires situés aux abords du bassin parisien, dans le sillon lorrain et dans la plaine d’Alsace captent l’essentiel des créations de logements
Code région du bassin de vie Code du bassin de vie Libellé du bassin de vie Nombre de logements en 2015 Nombre de logements vacants en 2015 Nombre de logements en 2010 Évolution du nombre de logements 2015/2010 (en %) Population en 2015
44 08090 Carignan 6 982 797 6 774 3,08 13 795
44 08105 Charleville-Mézières 47 992 4 332 47 105 1,88 95 627
44 08185 Fumay 3 402 581 3 247 4,79 6 179
44 08190 Givet 7 765 951 7 438 4,40 14 463
44 08302 Monthermé 3 128 399 3 032 3,17 5 715
44 08328 Nouzonville 5 957 620 5 688 4,73 12 185
44 08362 Rethel 19 110 1 715 18 180 5,12 39 220
44 08363 Revin 4 118 583 4 247 -3,04 7 666
44 08367 Rocroi 2 357 268 2 223 6,02 4 841
44 08409 Sedan 21 200 2 098 20 901 1,43 41 616
44 08490 Vouziers 10 887 1 286 10 800 0,81 19 313
44 08491 Vrigne-aux-Bois 3 447 296 3 363 2,49 7 405
44 10003 Aix-en-Othe 9 212 953 8 909 3,40 15 524
44 10006 Arcis-sur-Aube 6 159 753 5 817 5,87 12 229
44 10033 Bar-sur-Aube 9 049 1 151 9 108 -0,65 15 726
44 10034 Bar-sur-Seine 13 829 1 988 13 499 2,45 24 345
44 10064 Brienne-le-Château 6 384 726 6 122 4,29 11 690
44 10268 Nogent-sur-Seine 9 880 1 020 9 523 3,75 19 414
44 10323 Romilly-sur-Seine 19 290 1 879 18 295 5,44 37 192
44 10387 Troyes 92 139 7 276 85 703 7,51 180 194
44 51030 Ay 6 636 592 6 435 3,12 14 264
44 51108 Châlons-en-Champagne 38 345 2 719 36 681 4,54 79 110
44 51217 Dormans 8 287 1 121 8 074 2,64 15 755
44 51230 Épernay 26 547 2 590 25 750 3,10 50 279
44 51248 Fère-Champenoise 3 758 439 3 631 3,49 7 327
44 51250 Fismes 10 519 824 10 012 5,06 23 376
44 51380 Montmirail 5 573 583 5 280 5,55 10 596
44 51388 Mourmelon-le-Grand 3 783 271 3 569 5,99 9 948
44 51454 Reims 151 078 11 161 142 350 6,13 296 255
44 51507 Sainte-Menehould 10 322 1 357 10 177 1,42 18 502
44 51535 Sézanne 8 098 928 7 988 1,38 14 697
44 51559 Suippes 3 169 363 2 946 7,58 7 269
44 51612 Vertus 4 008 420 3 834 4,54 8 508
44 51649 Vitry-le-François 18 210 1 888 17 927 1,58 36 578
44 52060 Bourbonne-les-Bains 7 152 1 189 6 976 2,53 8 218
44 52093 Chalindrey 2 904 263 2 899 0,17 5 232
44 52121 Chaumont 23 355 2 148 23 234 0,52 43 062
44 52197 Fayl-Billot 3 427 500 3 453 -0,74 4 967
44 52250 Joinville 10 640 1 345 10 463 1,70 18 956
44 52269 Langres 13 255 1 421 13 261 -0,05 22 763
44 52331 Montier-en-Der 3 965 392 3 863 2,65 7 103
44 52332 Val-de-Meuse 3 428 414 3 414 0,41 5 996
44 52353 Nogent 5 685 680 5 571 2,04 10 509
44 52448 Saint-Dizier 25 578 2 564 25 188 1,55 50 789
44 52550 Wassy 4 587 571 4 477 2,47 8 878
44 54039 Baccarat 6 550 748 6 339 3,32 12 997
44 54076 Blainville-sur-l'Eau 5 369 394 5 179 3,67 12 226
44 54099 Briey 8 711 948 8 236 5,76 17 963
44 54159 Dombasle-sur-Meurthe 15 714 1 305 15 202 3,37 34 619
44 54273 Jarny 11 394 1 121 10 911 4,43 23 675
44 54280 Joeuf 15 905 1 486 15 069 5,55 32 653
44 54322 Longuyon 9 463 1 119 9 212 2,73 18 779
44 54323 Longwy 28 105 2 650 26 474 6,16 57 686
44 54328 Ludres 5 497 163 5 416 1,50 12 761
44 54329 Lunéville 17 008 1 962 16 565 2,68 33 859
44 54395 Nancy 165 265 14 958 158 801 4,07 303 849
44 54397 Neuves-Maisons 10 587 725 10 195 3,84 23 744
44 54425 Piennes 6 976 822 6 813 2,39 14 513
44 54431 Pont-à-Mousson 23 768 2 069 22 698 4,71 51 672
44 54528 Toul 21 583 1 751 20 647 4,54 48 135
44 54563 Vézelise 7 581 683 7 173 5,69 16 420
44 54580 Villerupt 20 514 1 790 19 314 6,21 42 366
44 55029 Bar-le-Duc 16 764 1 949 16 542 1,34 31 030
44 55122 Commercy 8 889 942 8 636 2,93 17 890
44 55181 Étain 5 038 526 4 851 3,86 10 754
44 55291 Ligny-en-Barrois 7 197 821 7 075 1,73 13 659
44 55427 Revigny-sur-Ornain 7 717 875 7 494 2,98 15 092
44 55463 Saint-Mihiel 7 831 979 7 719 1,45 14 297
44 55502 Stenay 9 247 1 203 8 956 3,25 16 537
44 55533 Vaucouleurs 2 866 384 2 793 2,62 5 320
44 55545 Verdun 21 532 1 914 20 985 2,61 42 396
44 57089 Bitche 11 267 1 123 10 866 3,69 22 060
44 57097 Boulay-Moselle 7 741 607 7 096 9,09 18 162
44 57106 Bouzonville 9 075 750 8 622 5,25 20 099
44 57132 Château-Salins 6 121 611 5 847 4,69 13 460
44 57160 Creutzwald 13 285 914 12 733 4,33 27 401
44 57177 Dieuze 6 167 743 6 138 0,48 11 925
44 57207 Farébersviller 6 383 437 6 161 3,60 14 747
44 57209 Faulquemont 7 329 529 6 957 5,34 16 102
44 57227 Forbach 46 116 4 442 45 502 1,35 96 129
44 57269 Guénange 11 172 477 10 129 10,30 27 015
44 57323 Hettange-Grande 6 723 405 6 180 8,79 14 756
44 57413 Longeville-lès-Saint-Avold 2 240 158 2 184 2,56 4 771
44 57463 Metz 171 630 15 983 163 949 4,69 345 694
44 57483 Morhange 5 255 612 5 061 3,82 10 929
44 57540 Phalsbourg 6 921 615 6 636 4,30 14 760
44 57556 Puttelange-aux-Lacs 5 936 373 5 758 3,10 11 748
44 57572 Rémilly 4 388 276 4 093 7,20 10 291
44 57589 Rohrbach-lès-Bitche 5 101 354 4 829 5,62 11 600
44 57606 Saint-Avold 20 900 2 044 20 328 2,81 42 846
44 57628 Sarralbe 6 423 675 6 197 3,65 13 695
44 57630 Sarrebourg 29 321 3 053 27 741 5,70 53 014
44 57631 Sarreguemines 23 145 1 998 22 295 3,81 46 139
44 57650 Sierck-les-Bains 4 981 448 4 602 8,23 10 625
44 57672 Thionville 78 455 6 841 74 084 5,90 163 040
44 67021 Barr 10 580 1 018 9 894 6,94 21 564
44 67028 Benfeld 10 549 675 9 931 6,23 24 270
44 67061 Bouxwiller 3 536 388 3 357 5,33 7 807
44 67066 La Broque 13 435 1 203 13 118 2,42 25 388
44 67067 Brumath 11 382 801 10 391 9,53 26 370
44 67105 Drulingen 4 436 440 4 271 3,86 9 449
44 67130 Erstein 10 171 687 9 632 5,59 22 243
44 67152 Geispolsheim 7 333 468 6 394 14,70 17 077
44 67180 Haguenau 48 943 3 498 46 071 6,23 109 384
44 67202 Hochfelden 7 422 597 6 995 6,11 17 028
44 67222 Ingwiller 7 743 605 7 514 3,05 15 570
44 67281 Marckolsheim 5 159 404 4 791 7,69 11 882
44 67282 Marlenheim 4 887 353 4 406 10,90 11 103
44 67300 Molsheim 17 144 1 186 15 837 8,26 38 217
44 67348 Obernai 10 814 894 10 114 6,92 21 032
44 67372 Pfaffenhoffen 7 597 558 7 108 6,88 17 697
44 67388 Reichshoffen - Niederbronn-les-Bains 9 519 919 9 194 3,54 19 530
44 67411 Rosheim 4 195 306 3 925 6,89 9 053
44 67434 Sarre-Union 9 758 1 074 9 504 2,68 18 839
44 67437 Saverne 16 265 1 526 15 716 3,49 33 115
44 67462 Sélestat 22 902 1 995 21 559 6,23 48 228
44 67463 Seltz 9 591 878 9 124 5,11 20 167
44 67474 Soultz-sous-Forêts 9 802 808 9 237 6,12 21 588
44 67482 Strasbourg 245 507 17 614 234 148 4,85 484 568
44 67495 Truchtersheim 3 452 235 3 033 13,80 8 077
44 67507 Villé 5 787 482 5 529 4,68 10 963
44 67519 La Wantzenau 3 659 198 3 462 5,69 8 334
44 67520 Wasselonne 5 767 449 5 522 4,44 12 747
44 67544 Wissembourg 7 538 681 7 233 4,22 14 978
44 67550 Woerth 6 014 601 5 815 3,43 12 792
44 68004 Altkirch 20 119 1 797 19 342 4,02 43 069
44 68063 Thann - Cernay 20 279 1 621 19 246 5,37 43 846
44 68066 Colmar 57 120 3 856 54 317 5,16 116 487
44 68068 Dannemarie 7 982 608 7 471 6,85 18 158
44 68082 Ensisheim 6 820 403 6 440 5,90 16 166
44 68112 Guebwiller 18 066 1 430 17 633 2,45 37 338
44 68162 Kaysersberg 9 063 943 8 712 4,03 16 304
44 68201 Masevaux 7 286 627 6 977 4,43 15 379
44 68224 Mulhouse 133 572 14 331 127 856 4,47 274 806
44 68226 Munster 9 791 916 9 573 2,27 16 310
44 68269 Ribeauvillé 9 515 1 038 9 142 4,09 17 422
44 68287 Rouffach 9 050 792 8 555 5,78 19 727
44 68292 Saint-Amarin 6 556 573 6 440 1,80 12 262
44 68297 Saint-Louis 30 399 2 264 28 603 6,28 60 959
44 68298 Sainte-Marie-aux-Mines 5 848 892 5 649 3,51 10 464
44 68309 Sierentz 9 104 603 8 141 11,83 19 886
44 68352 Neuf-Brisach 11 983 873 11 372 5,37 27 303
44 88075 La Bresse 16 931 1 314 16 232 4,31 25 083
44 88078 Bruyères 9 078 880 8 811 3,03 16 729
44 88090 Charmes 10 163 1 086 9 672 5,07 21 325
44 88095 Châtenois 4 341 505 4 185 3,72 8 551
44 88114 Contrexéville 5 856 694 5 659 3,48 10 911
44 88160 Épinal 49 951 5 381 47 781 4,54 94 691
44 88196 Gérardmer 8 892 539 8 641 2,90 10 248
44 88304 Mirecourt 8 967 1 205 8 699 3,08 17 187
44 88319 Moyenmoutier 7 525 977 7 356 2,29 12 918
44 88321 Neufchâteau 14 271 1 800 14 038 1,67 25 155
44 88367 Rambervillers 7 267 934 6 934 4,81 14 645
44 88372 Raon-l'Étape 5 962 687 5 860 1,73 10 337
44 88383 Remiremont 16 681 1 606 16 166 3,18 31 570
44 88413 Saint-Dié-des-Vosges 31 508 3 496 30 414 3,59 53 865
44 88468 Le Thillot 11 247 1 164 10 936 2,85 17 465
44 88516 Vittel 8 242 1 354 8 060 2,26 13 621
  • Source : Insee, recensements de la population 2010 et 2015.

Figure 5 Les territoires situés aux abords du bassin parisien, dans le sillon lorrain et dans la plaine d’Alsace captent l’essentiel des créations de logementsÉvolution du volume de logements dans les différents bassin de vie du Grand Est, entre 2010 et 2015

  • Source : Insee, recensements de la population 2010 et 2015.

L’évolution du nombre des logements ne suit pas toujours celle de la population

Si l’évolution du parc de logements est généralement liée à celle de la population, cette règle connaît toutefois quelques exceptions notables. L’un des cas de figure le plus fréquent, typique de certains bassins de vie ruraux, correspond à la situation dans laquelle la production de nouveaux logements a été très dynamique alors même que le territoire a perdu des habitants, engendrant ainsi une forte augmentation de la vacance. Au sein du bassin de vie de Fumay (Ardennes), l’explosion de la vacance entre 2010 et 2015 par exemple (+ 76 %) trouve ainsi directement son origine dans la progression du parc de logements (+ 5 %) opérée dans un contexte de fort recul démographique (- 7 %). Dans ce territoire, la vacance touche aussi bien les logements antérieurs à 1946 que ceux construits très récemment. Sont également fortement concernées par le phénomène les habitations de plus de 100 m², autant d’habitations pas toujours adaptées à la taille des ménages actuels. Autour de Gérardmer, les logements ont également continué de croître (+ 3 %) malgré la baisse de la population (- 5 %), mais la vacance a en revanche régressé (- 5 %) grâce à la forte augmentation du nombre de résidences secondaires et de logements occasionnels dans cette zone très touristique.

Dans d’autres territoires souvent plus densément peuplés, la stagnation de la population n’a pas empêché le nombre de logements de fortement progresser. Cette situation peut notamment s’observer autour de Suippes (Marne), de Faulquemont (Moselle), de Haguenau et d’Obernai (Bas-Rhin). Tous ces bassins de vie ont connu une progression de leurs logements vacants significativement plus élevée qu’en moyenne régionale. Dans celui de Suippes, la vacance a ainsi augmenté trois fois plus vite qu’à l’échelle du Grand Est. Malgré les points communs qui les unissent, la vacance ne revêt toutefois pas nécessairement les mêmes formes dans ces quatre derniers bassins de vie. Ainsi, si les logements construits avant 1946 sont nettement plus souvent inoccupés que les autres autour d’Haguenau et d’Obernai, la vacance est au contraire aussi fréquente dans les habitations anciennes que dans celles les plus récentes au sein des bassins de vie de Suippes et de Faulquemont.

Dans certains bassins de vie proches de l’agglomération strasbourgeoise, la croissance pourtant nette de la population demeure néanmoins beaucoup moins vigoureuse que celle du parc de logements. Cette situation est alors source d’une vacance particulièrement importante. Dans les environs de Geispolsheim, le nombre de logements inoccupés a par exemple augmenté de 78 % en l’espace de cinq ans. Un grand nombre de logements construits récemment n’avaient pas encore trouvé preneur en 2015.

Une décohabitation intense dans la région

Dans le Grand Est, la quasi-absence de croissance démographique et l’attractivité touristique limitée expliquent pourquoi la décohabitation constitue aujourd’hui la première cause d’occupation des logements supplémentaires. Mais le rythme avec lequel les logements sont occupés, du fait de la décohabitation, a également partie liée avec l’intensité que revêt le phénomène. Avec la Bretagne, le Grand Est est en effet la région de métropole où la décohabitation a le plus progressé entre 1990 et 2015. Le nombre de personnes par logement a en effet reculé de 16 %, passant dans le Grand Est de 2,7 en 1990 à 2,2 en 2015.

Le mouvement de décohabitation perd désormais de l’ampleur. Dans la région, le nombre de personnes par logement ne recule ainsi plus que de 0,47 % par an depuis 2010, contre 0,76 % entre 1990 et 2010, un ralentissement auquel n’échappe aucune région métropolitaine. En dépit d’une décohabitation assez intense, la taille des ménages du Grand Est n’en reste pas moins encore en 2015 plus importante que dans sept autres régions métropolitaines. Si les tendances démographiques actuelles se poursuivent, le vieillissement particulièrement important que devrait connaître la région d’ici trente ans pourrait avoir notamment pour conséquence de diminuer encore davantage le nombre moyen de personnes par ménage.

Décomposition de la croissance de logements

L’évolution du nombre de logements d’un territoire dépend de l’évolution du nombre de résidences principales, du nombre de logements vacants et de résidences secondaires ou occasionnelles. L’évolution des résidences principales est décomposée en deux effets. Un effet dû à la croissance démographique qui permet de savoir quel aurait été le nombre de logements supplémentaires nécessaires pour loger les nouveaux habitants si la taille moyenne des ménages était restée inchangée. Un effet dû aux évolutions des comportements de cohabitation qui permet de savoir quel serait le volume de logements supplémentaires nécessaires pour absorber la baisse de la taille moyenne des ménages à nombre d’habitants constants.

Définitions


Un logement ou logement ordinaire, est défini du point de vue de son utilisation. C'est un local utilisé pour l'habitation qui doit être :

  • séparé, c'est-à-dire complètement fermé par des murs et cloisons, sans communication avec un autre local si ce n'est par les parties communes de l'immeuble (couloir, escalier, vestibule, etc.) ;
  • indépendant, à savoir ayant une entrée d'où l'on a directement accès sur l'extérieur ou les parties communes de l'immeuble, sans devoir traverser un autre local.

Certains logements ayant des caractéristiques particulières, font aussi partie des logements au sens de l'Insee : les logements-foyers pour personnes âgées, les chambres meublées, les habitations précaires ou de fortune (caravanes, mobile home, etc.). Les locaux d'habitation (résidences offrant des services spécifiques) relevant d'une même autorité gestionnaire et dont les habitants partagent à titre habituel un mode de vie commun (résidences pour personnes âgées, pour étudiants, de tourisme, à vocation sociale, pour personnes handicapées, etc.) ne sont pas considérés comme des logements ordinaires.


Résidence principale : logement occupé de façon habituelle et à titre principal par une ou plusieurs personnes qui constituent un ménage.


Logement vacant : logement inoccupé se trouvant dans l'un des cas suivants :

  • proposé à la vente ou à la location ;
  • déjà attribué à un acheteur ou un locataire et en attente d'occupation ;
  • en attente de règlement de succession ;
  • gardé vacant et sans affectation précise par le propriétaire (logement très vétuste, etc).

Résidence secondaire : logement utilisé pour les week-ends, les loisirs ou les vacances. Sont aussi comptabilisés les logements meublés (et ayant une cuisine) ouvert à la location pour des séjours touristiques, situés dans les résidences hôtelières et plus rarement dans les gîtes, ainsi que les mobile- homes fixes dans les campings ouverts à l’année.


Logement occasionnel : logement ordinaire utilisé occasionnellement pour des raisons professionnelles (par exemple, un pied-à-terre professionnel d'une personne qui ne rentre qu'en fin de semaine auprès de sa famille). La distinction entre logements occasionnels et résidences secondaires est parfois difficile à établir, c'est pourquoi, les deux catégories sont souvent regroupées.


Unité urbaine : commune ou ensemble de communes présentant une zone de bâti continu qui compte au moins 2 000 habitants.


Aire urbaine ou grande aire urbaine : ensemble de communes, d'un seul tenant et sans enclave, constitué par un grand pôle, et par des communes rurales ou unités urbaines dont au moins 40 % de la population résidente ayant un emploi travaille dans le pôle ou dans des communes attirées par celui-ci.


Grand pôle : unité urbaine de 10 000 emplois ou plus qui anime une grande aire urbaine suivant le zonage en aire urbaine de 2010. Les communes qui le composent sont soit ville-centre, soit banlieue. On distingue également des moyens pôles (unités urbaines de 5 000 à moins de 10 000 emplois) et des petits pôles (unités urbaines de 1 500 à moins de 5 000 emplois).


Ville-centre : unité urbaine multicommunale (ou agglomération multicommunale). Si une commune abrite plus de 50 % de la population de l’unité urbaine, elle est seule ville-centre. Sinon, toutes les communes dont la population dépasse de 50 % celle de la commune la plus peuplée, ainsi que cette dernière, sont villes-centre. Les communes urbaines qui ne sont pas villes-centre constituent la banlieue de l’agglomération multicommunale.


Couronnes des grands pôles : elles correspondent aux communes rurales ou unités urbaines non comprises dans les grands pôles, dont au moins 40 % de la population résidente ayant un emploi travaille dans une ou plusieurs grandes aires urbaines. Les autres couronnes regroupent les communes ne faisant pas partie des couronnes des grands pôles dont au moins 40 % des actifs ayant un emploi travaillent dans une ou plusieurs aires.


Communes isolées hors influence des pôles : communes n’appartenant pas à un pôle ou à une couronne.


Zone tendue : fixées par le décret n° 2013-392 du 10 mai 2013, les zones tendues sont les unités urbaines de plus de 50 000 habitants où il existe un déséquilibre marqué entre l'offre et la demande de logements, entraînant des difficultés sérieuses d'accès au logement sur l'ensemble du parc résidentiel existant. Elles regroupent 28 unités urbaines de métropole : Ajaccio, Annecy, Arles, Bastia, Bayonne, Beauvais, Bordeaux, Draguignan, Fréjus, Genève-Annemasse, Grenoble, La Rochelle, La Teste-de-Buch – Arcachon, Lille, Lyon, Marseille – Aix-en-Provence, Meaux, Menton, Montpellier, Nantes, Nice, Paris, Saint-Nazaire, Sète, Strasbourg, Thonon-les-Bains, Toulon, Toulouse.

Pour en savoir plus

Vallès V., « 374 000 logements supplémentaires chaque année entre 2010 et 2015 - La vacance résidentielle s'accentue », Insee Première n° 1 700 juin 2018.

Auger E., Ducharne T., Lu A-V., « Vieillissement et logement : de plus en plus de seniors dans de grands logements en milieu périurbain », Insee Dossier Grand Est n° 7, avril 2018.

Kelhetter D., Vuillier-Devillers F., « Plus de logements vacants dans le Grand Est », Insee Analyses Grand Est n° 46, juin 2017.

Laferrère A., Pouliquen E., Rougerie C., « Le logement en France depuis 30 ans », Insee Références, édition 2017, février 2017.

Jacquot A., « Cinquante ans d’évolution des conditions de logements des ménages », Données sociales : La société française, édition 2006, Insee, mai 2006.