Déclin marqué ou affirmation de leur rôle central, les destins contrastés des petites villes de Bourgogne-Franche-Comté

Mélanie Chassard, Yohann René, Hélène Ville, Insee

Les 46 petites villes qui maillent le territoire de Bourgogne-Franche-Comté occupent un rôle important dans l’animation de la région. Elles exercent des fonctions essentielles de centralité pour une population régionale beaucoup plus installée dans les communes rurales qu’en France métropolitaine. Elles ont suivi sur 25 ans des trajectoires très contrastées, largement conditionnées par leur accessibilité, leur proximité aux grands pôles urbains et leur profil économique.

Les petites villes proches des grands pôles urbains ont bénéficié de leur périurbanisation et ont généralement gagné des habitants. Certaines, situées près de Dijon, Besançon, Belfort ou Montbéliard, au profil économique davantage tertiaire en 1990, ont également connu de nombreuses créations d’emplois. D’autres sont devenues principalement résidentielles, au détriment de leur attractivité économique. Les petites villes éloignées des grands pôles urbains n’ont pas profité du même dynamisme démographique et toutes ont perdu des habitants. Pour celles très spécialisées dans l’industrie en 1990, ce déclin démographique s’est accompagné de lourdes pertes d’emplois tandis que d’autres renforçaient leur rôle de centralité.

Insee Analyses Bourgogne-Franche-Comté
No 31
Paru le : Paru le 26/04/2018
Mélanie Chassard, Yohann René, Hélène Ville, Insee
Insee Analyses Bourgogne-Franche-Comté  No 31 - avril 2018

Les petites villes centres de la région (définitions) ont connu entre 1990 et 2014 des trajectoires contrastées. Accessibilité, proximité d’une grande ville, orientation de l’activité économique : tous ces facteurs jouent dans leur développement économique et démographique.

Un rôle essentiel d’animation pour la région

Dans une région dont le réseau de villes est moins développé qu’ailleurs, ces petites villes sont souvent éloignées des foyers urbanisés de développement et représentent le seul relais urbain de leur territoire (figure 1). Elles exercent ainsi, pour les communes rurales qui les entourent, des fonctions essentielles de centralité en matière d’éducation, de santé, de commerce et de cohésion sociale. Les 46 villes concernées accueillent 12 % de la population régionale et 15 % de l’emploi en 2014. Le territoire rural qu’elles contribuent à animer regroupe, lui, presque la moitié de la population et un quart des emplois de la région.

Malgré le rôle majeur qu’elles jouent sur leur territoire, certaines petites villes connaissent aujourd’hui d’importantes difficultés économiques. Historiquement marquées par une présence forte d’activités industrielles et dans un environnement démographique souvent difficile, la plupart d’entre elles n’ont pas connu les gains importants d’emplois et de population des autres petites villes de province. Depuis 1990, elles ont dans l’ensemble perdu des habitants et leur emploi a évolué très inégalement, modifiant parfois considérablement leur profil. Comme ailleurs en province, ce sont les plus grandes unités urbaines de la région, celles au-dessus de 100 000 habitants, qui ont été les plus dynamiques entre 1990 et 2014. Cet essor s’est accompagné d’un large mouvement de périurbanisation.

figure 1En Bourgogne-Franche-Comté, peu de grandes unités urbaines dans un territoire vasteDescription du réseau de villes selon le zonage en unité et en aire urbaine

  • Source : Insee, Recensement de la population 2014, zonages en unité urbaine et en aire urbaine

Les trajectoires les plus favorables près des grandes aires urbaines (groupe rouge)

Les petites villes où les gains d’emplois et de population sont les plus importants se situent dans l’aire d’influence de Dijon, Besançon, Belfort et Montbéliard, et bénéficient de leur périurbanisation (figure 2). Leur population est en moyenne plus diplômée et compte davantage de cadres que dans les autres petites villes de Bourgogne-Franche-Comté. À leur localisation favorable s’ajoute une économie au départ moins industrielle que celle des autres petites villes de la région (figure 3). L’industrie ne représentait en 1990 que 10 % de l’emploi à La Chapelle-de-Guinchay – Crêches-sur-Saône, la seule à se trouver dans l’influence d’une aire urbaine plus petite (Mâcon).

figure 2Des trajectoires variées largement conditionnées par l’accessibilité et le voisinageRépartition des petites villes centres selon l’évolution de la population et de l’emploi entre 1990 et 2014

Des trajectoires variées largement conditionnées par l’accessibilité et le voisinage
Unité urbaine Libellé unité urbaine Évolution de la population entre 1990 et 2014 (%) Évolution de l’emploi entre 1990 et 2014 (%)
00254 La Charité-sur-Loire - 11,13 + 0,29
00258 Chauffailles - 7,49 - 4,14
00259 Chagny + 6,09 + 9,16
00261 Fesches-le-Châtel + 19,94 + 105,62
00267 Beaucourt - 4,44 - 7,09
00272 La-Chapelle-de-Guinchay - Crêches-sur-Saône + 38,79 + 15,58
00353 Digoin - 17,64 - 4,78
21201 Is-sur-Tille + 12,14 + 78,46
21202 Genlis + 3,24 - 10,29
21203 Châtillon-sur-Seine - 21,42 - 16,06
21204 Nuits-Saint-Georges + 1,53 + 18,38
21205 Montbard - 23,74 - 0,02
21206 Auxonne + 15,54 + 8,62
25114 Valdahon + 51,22 + 77,41
25201 Baume-les-Dames + 0,34 + 10,87
25202 Pouilley-les-Vignes + 26,32 + 87,43
25203 Pont-de-Roide - 9,72 - 5,44
25204 Morteau + 10,82 + 3,03
39201 Tavaux - 4,07 - 23,10
39202 Hauts de Bienne - 18,12 - 31,94
39301 Champagnole - 12,66 - 10,52
39302 Saint-Claude - 19,46 - 17,72
58101 Château-Chinon - 16,71 + 4,14
58107 Clamecy - 24,11 + 4,39
58201 Decize - 16,32 - 12,20
58301 Cosne-Cours-sur-Loire - 11,39 + 9,85
70201 Champagney-Ronchamp + 4,29 + 41,46
70301 Gray - 18,19 + 2,92
70303 Héricourt + 4,07 + 80,11
70304 Luxeuil-les-Bains - 14,60 + 7,51
71105 Charolles - 9,55 - 3,39
71201 Bourbon-Lancy - 17,95 - 2,36
71202 Tournus - 12,24 - 5,81
71203 Montchanin - 6,52 + 17,81
71204 Gueugnon - 24,97 - 27,57
71205 Paray-le-Monial - 7,36 + 8,79
71301 Louhans + 7,85 + 19,26
71302 Autun - 22,07 - 10,03
89201 Villeneuve-sur-Yonne + 5,90 - 21,89
89202 Tonnerre - 18,76 - 21,30
89203 Avallon - 18,48 + 5,36
89301 Joigny - 0,26 - 6,27
89302 Migennes - 10,76 - 3,71
90201 Giromagny + 4,41 + 0,27
90301 Delle (partie française) - 10,23 - 13,77
  • Source : Insee, Recensements de la population 1990 et 2014

figure 2Des trajectoires variées largement conditionnées par l’accessibilité et le voisinageRépartition des petites villes centres selon l’évolution de la population et de l’emploi entre 1990 et 2014

  • Source : Insee, Recensements de la population 1990 et 2014

Dans ces petites villes centres, les pertes d’emplois dans l’industrie sont limitées. Parfois, on observe même des gains d’emplois industriels. C’est le cas pour Héricourt où le dynamisme de la métallurgie et de la fabrication de machines et d’équipements a compensé des pertes importantes dans l’industrie textile. Fesches-le-Châtel a quant à elle, bénéficié de l’implantation de General Electric et de la création de plus de 450 emplois. Elle reste la plus industrielle de ces petites villes avec près de 30 % de ses emplois.

Parallèlement, l’emploi tertiaire a continué de se développer dans le commerce et l’administration. À Valdahon, le secteur tertiaire représente près de 90 % des emplois en 2014 contre 63 % en 1990 ; à Pouilley-les-Vignes, le nombre d’emplois dans le tertiaire a plus que doublé en 25 ans.

Bien reliées aux pôles d’emploi mais plus industrielles : des gains d’emplois plus modérés (groupe orange)

Les petites villes un peu plus éloignées des grandes aires urbaines mais restant dans leur aire d’influence bénéficient également de leur périurbanisation. Elles sont souvent polarisées par plusieurs pôles d’emploi (Morteau par les pôles suisses, Chagny par Beaune et Chalon-sur-Saône), auxquels elles sont bien reliées, ce qui leur en facilite l’accès. Lure a en ce sens bénéficié de la construction de la voie rapide qui la relie à la zone d’emploi de Belfort.

L’emploi et la population augmentent mais dans des proportions moindres que dans le groupe de villes précédent. Leur profil économique souvent plus industriel en 1990 a entraîné des pertes d’emplois parfois importantes : plus de 1 000 emplois industriels ont été détruits à Morteau en particulier dans l’horlogerie, et Nuits-Saint-Georges en a perdu 700 dans l’agro-alimentaire. Ces pertes ont néanmoins été compensées par de nombreuses créations dans le tertiaire marchand comme non marchand. Chagny et Louhans ont même réussi à maintenir leur emploi industriel. Et Louhans a profité de l’installation d’une grosse entreprise de transport qui a généré 600 emplois. Le commerce s’est fortement développé à Morteau et Nuits-Saint-Georges, et les emplois dans l’administration à Lure. Toutes ces villes ont développé leurs services au profit de la population qui s’y installe. Certaines, à l’instar de Lure et de Morteau, sont en outre suffisamment éloignées d’une grosse aire urbaine pour constituer des pôles d’emploi locaux, offrent des équipements de niveau supérieur et sont devenues de vrais relais au sein de leur territoire.

Un environnement favorable ne suffit pas toujours (groupe vert)

La seule proximité d’une grande aire urbaine n’est pas un facteur suffisant pour développer l’emploi. Dans les villes de Tavaux, Genlis et Villeneuve-sur-Yonne, proches respectivement de Dole, Dijon et Sens, la population augmente mais l’emploi diminue. En 1990, l’industrie représentait une part importante de l’emploi : la moitié à Villeneuve-sur-Yonne, les trois quarts à Tavaux. Ces emplois ont été divisés par deux en 25 ans. Elles restent toutefois parmi les petites villes les plus industrielles de la région. À Tavaux par exemple, près de la moitié des emplois sont industriels mais sont concentrés dans la chimie et pour près du tiers sur deux entreprises seulement, Solvay et Inovyn, dont la première a vu ses effectifs fortement diminuer.

Ces petites villes deviennent aujourd’hui principalement résidentielles, au détriment de leur attractivité économique. Les services ne progressent que dans les communes alentour.

Hors de l’influence des grandes villes, un contexte démographique moins dynamique

Les petites villes hors de l’influence d’une grande aire urbaine ont souvent des trajectoires peu favorables. Moins accessibles, leurs territoires ne connaissent pas le même dynamisme démographique qu’à proximité des grandes aires, pour certains le déclin démographique est très marqué. Elles ne profitent pas de la périurbanisation des villes plus importantes. Implantées dans des territoires ruraux qui peinent à attirer, toutes perdent des habitants. Leur population est généralement plus âgée et moins diplômée que dans les autres unités urbaines.

figure 3Plus de 350 000 personnes vivent dans une petite ville de Bourgogne-Franche-ComtéPrincipales caractéristiques des groupes de petites villes centres

Plus de 350 000 personnes vivent dans une petite ville de Bourgogne-Franche-Comté - * voir définitions
Groupe de petites villes centres* Nombre de petites villes centres* Population au lieu de résidence Emploi au lieu de travail Part de l'industrie dans l'emploi Part du tertiaire dans l'emploi
2014 (nombre) Évolution 1990 - 2014 (%) 2014 (nombre) Évolution 1990 - 2014 (%) 1990 (%) 2014 (%) 1990 (%) 2014 (%)
ROUGE 7 53 000 + 19,3 20 300 + 64,8 27 18 57 73
ORANGE 8 64 800 + 6,2 30 200 + 12,3 36 20 56 72
VERT 3 18 100 + 0,8 7 400 - 19,8 63 38 30 55
BLEU 10 86 400 - 17,1 39 400 - 16,6 38 21 55 72
BLEU CLAIR 8 57 300 - 10,7 25 900 - 4,6 38 26 54 69
JAUNE 10 74 900 - 14,5 43 100 + 6,0 29 18 64 76
Bourgogne-Franche-Comté 46 354 500 - 6,6 166 300 + 1,7 36 21 56 72
province 769 6 813 600 + 14,5 2 755 900 + 20,5 29 18 58 72
  • * voir définitions
  • Source : Insee, Recensements de la population 1990 et 2014

Très industrielles et peu accessibles, des petites villes en difficulté (groupe bleu)

Dix petites villes cumulent fortes pertes d’emplois et de population. Parfois situées aux franges de la région et difficiles d’accès, elles se caractérisent surtout par leur profil industriel.

C’est le cas des Hauts-de-Bienne, de Delle ou de Beaucourt où 30 à 50 % de l’emploi relevait de l’industrie en 1990. Ces pertes ont été d’autant plus conséquentes que l’industrie était très spécialisée : la seule unité urbaine des Hauts-de-Bienne, qui comprend la commune de Morez, a perdu ainsi près de 2 000 emplois industriels, dont les trois quarts dans la fabrication de lunettes. Ces pertes ont commencé dès 1990 et se sont accentuées à partir de 2007. À Gueugnon, la métallurgie, qui représentait 90 % des emplois industriels en 1990, a depuis, réduit de moitié ses effectifs. Et à Saint-Claude, les trois quarts des emplois dans la fabrication de pipes ont disparu. En 25 ans, les dix petites villes les plus en difficulté de la région ont perdu à elles seules plus de 10 000 emplois industriels et le poids de ce secteur a été divisé par deux. Autun, Châtillon-sur-Seine et Tonnerre sont désormais parmi les petites villes les moins industrielles de la région.

Ces difficultés dans l’industrie ont généré des départs d’actifs et une baisse du nombre d’habitants. Dans ce contexte, l’emploi a aussi diminué dans le commerce et les services à la population. En témoignent les pertes d’emplois dans l’enseignement à Champagnole, Delle, Châtillon-sur-Seine, Tonnerre ou encore Decize. Les créations dans la santé et l’action sociale n’ont pas permis à l’emploi de se maintenir.

Loin des grandes villes, mais proches les unes des autres : des pertes d’emplois plus limitées (groupe bleu clair)

D’autres petites villes, éloignées des grandes agglomérations et tout autant industrielles, ont cependant mieux résisté. Leur localisation, à proximité les unes des autres, et des infrastructures de transport plus favorables leur ont permis de limiter les pertes d’emplois. Ainsi en est-il pour le semis de petites villes centres situées au sud de la Saône-et-Loire ou entre Auxerre et Sens. Tournus et Pont-de-Roide, petites villes plus éloignées mais bien reliées au réseau urbain via les axes de communication, se rattachent aussi à ce groupe. Ces petites villes ont perdu en moyenne 36 % de leur emploi dans l’industrie, contre 55 % dans les unités urbaines « esseulées ». Elles conservent en 2014 un profil industriel encore marqué, avec en moyenne un quart de leur emploi dans ce secteur.

Malgré un environnement démographique en baisse, ensemble, ces petites villes ont maintenu un niveau de population suffisant pour développer leur emploi tertiaire. Selon les villes, les secteurs en croissance diffèrent. Celles où la population est plus jeune ont créé des emplois dans le commerce, comme c’est le cas pour Digoin. Toutes ont bénéficié de nombreuses créations d’emplois dans les autres services marchands et dans l’administration, en particulier les petites villes plus âgées. À Tournus, l’emploi dans les autres services marchands, qui incluent l’hébergement médico-social et l’action sociale, a doublé en 25 ans. Ces gains dans les services ont permis de compenser les pertes industrielles jusqu’en 2007. Entre 2007 et 2014, période recouvrant la crise économique, les pertes industrielles se sont poursuivies mais leur emploi tertiaire a cessé d’augmenter. À Joigny, en particulier, l’emploi a brusquement chuté sur cette période. Aux pertes industrielles se sont ajoutées des pertes d’emplois dans les services, notamment dans l’administration, avec la fermeture de deux tribunaux en 2008 et 2009 et d’une caserne en 2010. Cependant, sur 25 ans, les pertes d’emplois restent dans l’ensemble plus modérées pour ces villes.

La proximité géographique entre ces petites villes ancrées dans un territoire très rural a conduit à renforcer leurs échanges en termes d’emplois, d’équipements, et à développer un panel de services susceptibles de satisfaire les besoins de la population. Au sud de la Saône-et-Loire, Digoin et Charolles trouvent ainsi en la petite ville de Paray-le-Monial un relais à la fois en termes d’emplois et de services. Loin des grandes aires urbaines, elle leur permet un accès relativement rapide aux équipements, notamment dans le domaine de la santé et de l’enseignement. C’est en particulier la seule à disposer d’un lycée général. Depuis 1990, l’emploi à Paray-le-Monial a augmenté de 9 % : elle exerce pour les villes et communes rurales qui l’entourent un rôle de centralité qui n’a fait que progresser.

Des petites villes qui renforcent leur rôle de centralité (groupe jaune)

À l’image de Gray ou d’Avallon, d’autres petites villes ont, comme Paray-le-Monial, renforcé leur rôle de centralité pour leur territoire. L’éloignement des grands pôles urbains devient un atout pour ces petites villes, qui leur a permis de créer des emplois dans le domaine des services. Elles présentent des gains, souvent assez importants, dans le commerce (plus de 400 nouveaux emplois en 25 ans à Avallon), comme dans le présentiel non marchand. Montbard, Avallon et Château-Chinon gagnent ainsi chacune plus de 150 emplois dans l’administration, la santé ou l’enseignement depuis 1990. À l’exception de Montbard qui se distingue par une structure plus industrielle mais qui bénéficie d’un accès à la LGV, les petites villes concernées avaient déjà dès 1990 un profil plus tertiaire. Elles ont dès lors moins souffert du recul de l’industrie et ont continué à développer des emplois au service d’un ensemble de communes rurales qui n’a cessé de s’étendre.

Comme pour les grandes agglomérations, le développement économique de ces petites villes s’est accompagné d’un mouvement de périurbanisation qui a pour effet d’élargir leur propre aire d’attraction (figure 4). Tout en renforçant leurs fonctions de centralité, elles ont perdu de la population, parfois dans des proportions importantes. Les actifs, en particulier, quittent le centre urbain pour s’installer en périphérie, ce qui est particulièrement remarquable à Gray : en 25 ans, l’unité urbaine a ainsi perdu 2 000 résidents en emploi, quand son intercommunalité en gagnait autant sur la période. Il en résulte aujourd’hui une augmentation marquée des trajets domicile-travail autour de ces pôles d’emplois locaux. Suite à ces mouvements, les unités urbaines ont vu leur population vieillir considérablement : plus du quart des habitants a plus de 65 ans. Elles sont ainsi en moyenne les petites villes les plus âgées de Bourgogne-Franche-Comté.

Ces dix petites villes offrent un ensemble de 43 000 emplois au total, au profit des habitants résidant dans les communes rurales alentour. Premiers relais urbains et pôles d’équipements de niveau supérieur le plus souvent, elles jouent ainsi un rôle d’animation essentiel dans l'armature urbaine régionale.

figure 4Certaines petites villes bénéficient d’un mouvement de périurbanisationÉvolution annuelle moyenne du nombre d’actifs en emploi au lieu de résidence entre 1990 et 2014

Certaines petites villes bénéficient d’un mouvement de périurbanisation
Unité urbaine Libellé unité urbaine Évolution du nombre d’actifs en emploi au lieu de résidence entre 1990 et 2014 (% / an)
00254 La Charité-sur-Loire -0,63
00258 Chauffailles -0,49
00259 Chagny +0,69
00261 Fesches-le-Châtel +1,71
00267 Beaucourt -0,10
00272 La-Chapelle-de-Guinchay - Crêches-sur-Saône +1,44
00353 Digoin -0,62
21201 Is-sur-Tille +0,84
21202 Genlis +0,62
21203 Châtillon-sur-Seine -1,34
21204 Nuits-Saint-Georges +0,29
21205 Montbard -1,16
21206 Auxonne +0,87
25114 Valdahon +2,78
25201 Baume-les-Dames +0,24
25202 Pouilley-les-Vignes +1,07
25203 Pont-de-Roide -0,09
25204 Morteau +0,52
39201 Tavaux +0,04
39202 Hauts de Bienne -1,59
39301 Champagnole -0,90
39302 Saint-Claude -1,62
58101 Château-Chinon -1,61
58107 Clamecy -2,15
58201 Decize -1,01
58301 Cosne-Cours-sur-Loire -0,77
70201 Champagney-Ronchamp +0,44
70301 Gray -1,12
70303 Héricourt +0,03
70304 Luxeuil-les-Bains +0,72
71105 Charolles -0,88
71201 Bourbon-Lancy -1,37
71202 Tournus -0,94
71203 Montchanin -0,94
71204 Gueugnon +0,21
71205 Paray-le-Monial -0,94
71301 Louhans -1,09
71302 Autun -0,22
89201 Villeneuve-sur-Yonne -1,26
89202 Tonnerre -0,33
89203 Avallon -1,54
89301 Joigny -1,17
89302 Migennes -0,38
90201 Giromagny -0,65
90301 Delle (partie française) -0,40
  • Source : Insee, Recensements de la population 1990 et 2014

figure 4Certaines petites villes bénéficient d’un mouvement de périurbanisationÉvolution annuelle moyenne du nombre d’actifs en emploi au lieu de résidence entre 1990 et 2014

  • Source : Insee, Recensements de la population 1990 et 2014

Définitions

Les petites villes centres sont les unités urbaines dont la population est comprise entre 5 000 et moins de 20 000 habitants en 2014 ; elles sont 43 en Bourgogne-Franche-Comté. Trois unités urbaines de moins de 5 000 habitants sont également intégrées au champ de l’étude : Charolles, Château-Chinon et Clamecy. En effet, leur statut de sous-préfecture leur confère un rôle d’animation et de coordination de leur territoire qui les rapproche des problématiques inhérentes aux petites villes centres.

La trajectoire des petites villes centres entre 1990 et 2014 est déterminée à partir de deux critères : l’évolution de la population au lieu de résidence et du nombre d’emplois au lieu de travail au sein de l’unité urbaine.


Unité urbaine / Agglomération / Agglomération multicommunale / Agglomération urbaine :

la notion d'unité urbaine repose sur la continuité du bâti et le nombre d'habitants. On appelle unité urbaine une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de 200 mètres entre deux constructions) qui compte au moins 2 000 habitants.

Si l'unité urbaine se situe sur une seule commune, elle est dénommée ville isolée. Si l'unité urbaine s'étend sur plusieurs communes, et si chacune de ces communes concentre plus de la moitié de sa population dans la zone de bâti continu, elle est dénommée agglomération multicommunale.

Sont considérées comme rurales les communes qui ne rentrent pas dans la constitution d'une unité urbaine : les communes sans zone de bâti continu de 2000 habitants, et celles dont moins de la moitié de la population municipale est dans une zone de bâti continu.

Remarque :

Ces seuils, 200 mètres pour la continuité du bâti et 2 000 habitants pour la population des zones bâties, résultent de recommandations adoptées au niveau international.

En France, le calcul de l'espace entre deux constructions est réalisé par l'analyse des bases de données sur le bâti de l'Institut national de l’information géographique et forestière (IGN). Il tient compte des coupures du tissu urbain telles que cours d'eau en l'absence de ponts, gravières, dénivelés importants. Depuis le découpage de 2010, certains espaces publics (cimetières, stades, aérodromes, parcs de stationnement...), terrains industriels ou commerciaux (usines, zones d'activités, centres commerciaux...) ont été traités comme des bâtis avec la règle des 200 mètres pour relier des zones de construction habitées, à la différence des découpages précédents où ces espaces étaient seulement annulés dans le calcul des distances entre bâtis

Les unités urbaines sont redéfinies périodiquement. L'actuel zonage daté de 2010 a été établi en référence à la population connue au recensement de 2007 et sur la géographie du territoire au 1er janvier 2010. Une première délimitation des villes et agglomérations a été réalisée à l'occasion du recensement de 1954. De nouvelles unités urbaines ont ensuite été constituées lors des recensements de 1962, 1968, 1975, 1982, 1990 et 1999.

Les unités urbaines peuvent s'étendre sur plusieurs départements, voire traverser les frontières nationales (voir Unité urbaine internationale).

Le découpage en unités urbaines concerne toutes les communes de France métropolitaine et des départements d'outre-mer. Le découpage de 2010 intègre les communes du nouveau département de Mayotte.


Aire urbaine :

une aire urbaine ou « grande aire urbaine » est un ensemble de communes, d'un seul tenant et sans enclave, constitué par un pôle urbain (unité urbaine) de plus de 10 000 emplois, et par des communes rurales ou unités urbaines (couronne périurbaine) dont au moins 40 % de la population résidente ayant un emploi travaille dans le pôle ou dans des communes attirées par celui-ci.

Le zonage en aires urbaines 2010 distingue également :

  • les « moyennes aires », ensemble de communes, d'un seul tenant et sans enclave, constitué par un pôle urbain (unité urbaine) de 5 000 à 10 000 emplois, et par des communes rurales ou unités urbaines dont au moins 40 % de la population résidente ayant un emploi travaille dans le pôle ou dans des communes attirées par celui-ci.
  • les « petites aires », ensemble de communes, d'un seul tenant et sans enclave, constitué par un pôle (unité urbaine) de 1 500 à 5 000 emplois, et par des communes rurales ou unités urbaines dont au moins 40 % de la population résidente ayant un emploi travaille dans le pôle ou dans des communes attirées par celui-ci.

Pour en savoir plus

Bouriez M., Brion D., « Les liens entre les aires urbaines, leviers de développement dans une région en quête de métropole », Insee Analyses Bourgogne-Franche-Comté n° 3, mars 2016.

Brion D., « Petites villes de Bourgogne : localisation, emploi, offres de service, à chacune sa dynamique et son rôle », Insee Bourgogne Dimensions n° 178, juillet 2012.

Floch J-M., Morel B., « Panorama des villes moyennes », document de travail, janvier 2011.