Une photographie du marché du travail en 2017La baisse du chômage se confirme : – 0,7 point par rapport à 2016

Simon Beck et Joëlle Vidalenc, division Emploi, Insee

En 2017, en France, 29,3 millions de personnes âgées de 15 à 64 ans, soit 71,5 % de cette tranche d’âge, sont actives au sens du Bureau international du travail (BIT), qu’elles aient un emploi ou soient au chômage. Cette part est à son plus haut niveau depuis 1975. Notamment, le taux d’activité des 50-64 ans continue d’augmenter en 2017, atteignant 65,6 %.

Parmi les 26,5 millions de personnes qui ont un emploi, neuf sur dix sont salariées. Prédominants chez les salariés (84,6 %), les emplois à durée indéterminée sont minoritaires chez les 15-24 ans (44,9 %), entrés plus récemment sur le marché du travail et moins diplômés que l’ensemble de leur génération. Le sous-emploi, massivement féminin et affectant particulièrement les employés non qualifiés, concerne 6,1 % des actifs occupés.

Avec 2,8 millions de chômeurs au sens du BIT, le taux de chômage s’élève à 9,4 % en 2017 en France, en recul de 0,7 point sur un an en moyenne annuelle. Le chômage de longue durée, qui représente 4,2 % des actifs, recule pour la première fois depuis 2009. Plus fréquent chez les jeunes actifs, le chômage est plus durable pour leurs aînés : six chômeurs de 50 ans ou plus sur dix sont au chômage depuis au moins un an.

En 2017, 1,6 million d’inactifs relèvent du « halo » autour du chômage, soit 3,8 % de la population de 15 à 64 ans. En cumulant parts de chômage et de halo autour du chômage, 10,6 % des 15-64 ans sont sans emploi et souhaitent travailler, part en baisse de 0,5 point en 2017.

La hausse de l’activité des seniors se poursuit en 2017

En moyenne, en 2017, 29,3 millions de personnes de 15 à 64 ans en France (hors Mayotte) sont actives, soit 71,5 % de cette tranche d’âge. Parmi elles, 26,5 millions ont un emploi et 2,8 millions sont au chômage au sens du Bureau international du travail (BIT) ; 11,7 millions sont inactives, c’est-à-dire ne travaillent pas et ne recherchent pas activement un emploi ou ne sont pas disponibles pour en occuper un (figure 1).

En 2017, le taux d’activité des 15-64 ans augmente de 0,1 point, il est à son plus haut niveau depuis 1975. Cette hausse s’inscrit dans une tendance plus longue. Sur la dernière décennie, la population active âgée de 15 à 64 ans a augmenté (+ 1,0 million de personnes en France métropolitaine), principalement sous l'effet de la hausse du taux d’activité (+ 2,1 point ; figure 2). Cette hausse est avant tout portée par les seniors : entre 2007 et 2017, en France métropolitaine, le nombre d’actifs âgés de 50 à 64 ans a augmenté de 1,8 million et leur taux d’activité de 9,9 points (dont + 8,2 points pour leur taux d’emploi). La participation des seniors au marché du travail n’a cessé de croître depuis 2009, malgré la crise économique de 2008-2009. Cette hausse est imputable aux réformes des retraites successives et aux restrictions d’accès aux dispositifs de cessation anticipée d’activité. En 2017, le taux d’activité des seniors progresse encore (+ 0,7 point) et atteint son plus haut niveau depuis 1975.

La participation accrue des femmes au marché du travail participe également à la progression d’ensemble : entre 2007 et 2017, en France métropolitaine, leur taux d’activité a progressé de 3,0 points ; celui des hommes de 1,2 point. Les écarts de taux d'activité restent cependant encore marqués : en 2017, en France, 67,6 % des femmes de 15-64 ans sont actives, contre 75,6 % des hommes.

Figure 1 - Statut d'activité en 2017

Figure 1 - Statut d'activité en 2017
Ensemble Sexe (en %) Âge (en %)
en milliers en % Femmes Hommes 15-24 ans 25-49 ans 50-64 ans
Actifs 29 288 71,5 67,6 75,6 36,9 87,8 65,6
Ayant un emploi 26 512 64,7 61,2 68,4 28,7 80,1 61,2
Chômeurs 2 776 6,8 6,4 7,2 8,2 7,7 4,4
Inactifs 11 659 28,5 32,4 24,4 63,1 12,2 34,4
Ensemble 40 947 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0
  • Champ : France hors Mayotte, population des ménages, personnes de 15 à 64 ans.
  • Source : Insee, enquête Emploi 2017.

Figure 2 - Taux d’emploi et d’activité entre 2003 et 2017

en %
Figure 2 - Taux d’emploi et d’activité entre 2003 et 2017
2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017
Taux d’emploi 64 63,8 63,8 63,7 64,3 64,9 64,1 64 63,9 64 64 64,2
Taux d’activité 69,7 69,8 69,7 69,6 69,7 69,9 70,3 70,3 70,1 70,7 71,1 71,4
Taux d’emploi 63,8 63,8 64,2 64,7
Taux d’activité 71,1 71,3 71,4 71,5
  • Champ : France métropolitaine jusqu’en 2014, France hors Mayotte à partir de 2014, population des ménages, personnes de 15-64 ans.
  • Source : Insee, enquêtes Emploi.

Figure 2 - Taux d’emploi et d’activité entre 2003 et 2017

Figure 2 bis - Taux de chômage entre 2003 et 2017

en %
Figure 2 bis - Taux de chômage entre 2003 et 2017
2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017
Taux de chômage 8,1 8,5 8,5 8,4 7,7 7,1 8,7 8,9 8,8 9,4 9,9 9,9
Taux de chômage de longue durée 3,2 3,3 3,4 3,4 3 2,6 3 3,5 3,5 3,7 4 4,2
Taux de chômage 10,3 10,4 10,1 9,4
Taux de chômage de longue durée 4,5 4,6 4,6 4,2
  • Champ : France métropolitaine jusqu’en 2014, France hors Mayotte à partir de 2014, population des ménages, personnes actives.
  • Source : Insee, enquêtes Emploi.

Figure 2 bis - Taux de chômage entre 2003 et 2017

L’emploi à durée indéterminée représente moins d’un emploi sur deux chez les moins de 25 ans

Les salariés représentent 88,4 % des actifs occupés en France en 2017 : 84,6 % sont en contrat à durée indéterminée (CDI) ou fonctionnaires, 10,8 % en contrat à durée déterminée (CDD), 3,0 % en intérim et 1,6 % en apprentissage (figure 3 ). L’emploi à durée indéterminée reste, de loin, le plus répandu chez les salariés, mais sa part diminue depuis une dizaine d’années (– 1,9 point entre 2007 et 2017 en France métropolitaine, dont – 0,5 point sur la dernière année).

Parmi les salariés, les femmes occupent plus que les hommes des emplois en CDD (12,9 % contre 8,8 %), mais elles sont deux fois moins nombreuses que les hommes à être intérimaires ou apprenties. Les salariés de moins de 25 ans occupent plus rarement des emplois en CDI (44,9 %), ils sont plus fréquemment apprentis (16,3 %), en CDD (31,1 %) ou en intérim (7,8 %). À ces âges-là, ce sont en effet surtout les jeunes peu diplômés ou ceux suivant un cursus professionnel qui sont présents sur le marché du travail.

En 2017, 11,6 % des personnes occupant un emploi en France sont non salariées, proportion presque stable ces dernières années. Les hommes sont plus fréquemment indépendants que les femmes (14,5 % contre 8,6 %). Le non-salariat est plus répandu parmi les seniors : 16,4 % des actifs occupés de 50 ans ou plus sont non salariés, contre seulement 2,3 % de ceux de moins de 25 ans.

Figure 3 - Statut d'emploi et type de contrat en 2017

Figure 3 - Statut d'emploi et type de contrat en 2017
Ensemble Sexe (en %) Âge (en %)
en milliers en % Femmes Hommes 15-24 ans 25-49 ans 50 ans ou plus
Non-salariés 3 129 11,6 8,6 14,5 2,3 10,5 16,4
Salariés 23 749 88,4 91,4 85,5 97,7 89,5 83,6
Emploi à durée indéterminée 20 093 84,6 84,2 85,0 44,9 86,8 92,1
Contrat à durée déterminée 2 576 10,8 12,9 8,8 31,1 10,1 6,3
Apprentissage 380 1,6 1,1 2,1 16,3 0,2 0,0
Intérim 701 3,0 1,8 4,1 7,8 2,9 1,6
Ensemble 23 751 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0
Ensemble des emplois 26 880 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0
  • Champ : France hors Mayotte, population des ménages, personnes en emploi de 15 ans ou plus.
  • Source : Insee, enquête Emploi 2017.

Un emploi sur cinq est un emploi d’employé ou d’ouvrier non qualifié

En 2017, les professions intermédiaires et les cadres représentent 43,7 % des actifs occupés (figure 4), proportion en légère hausse sur un an. La part des ouvriers, qui avait baissé, de façon quasi ininterrompue, de près de 10 points depuis le début des années 1980, augmente légèrement en 2017 (+ 0,5 point, à 20,8 %) ; celle des employés (27,2 %) recule légèrement (– 0,2 point), dans la lignée du repli observé depuis une dizaine d’années. Les ouvriers et employés non qualifiés représentent en 2017 un actif occupé sur cinq.

Les femmes occupent plus souvent des postes d’employés (42,8 % contre 12,6 % pour les hommes), alors que les hommes sont plus fréquemment ouvriers (32,0 % contre 8,7 %). Surtout, elles sont plus présentes sur des postes d’employés ou d’ouvriers non qualifiés (26,6 % contre 15,3 % pour les hommes). La part de cadres reste plus élevée chez les hommes que chez les femmes (20,6 % contre 15,2 %).

Les jeunes de 15 à 24 ans qui occupent un emploi sont, en lien avec leur niveau de diplôme, essentiellement employés ou ouvriers (70,1 %), majoritairement non qualifiés ; seuls 5,3 % sont cadres.

Figure 4 - Catégorie socioprofessionnelle en 2017

Figure 4 - Catégorie socioprofessionnelle en 2017
Ensemble Sexe (en %) Âge (en %)
en milliers en % Femmes Hommes 15-24 ans 25-49 ans 50 ans ou plus
Agriculteurs exploitants 440 1,6 0,9 2,3 0,4 1,1 3,0
Artisans, commerçants, chefs d'entreprise 1 739 6,5 4,1 8,7 1,1 6,1 8,7
Cadres 4 831 18,0 15,2 20,6 5,3 19,0 19,3
Professions intermédiaires 6 903 25,7 28,0 23,5 22,5 27,9 22,0
Employés qualifiés 3 699 13,8 21,3 6,7 17,4 14,1 12,1
Employés non qualifiés 3 604 13,4 21,5 5,9 20,1 11,5 15,5
Ouvriers qualifiés 3 614 13,4 3,6 22,6 15,0 13,6 12,6
Ouvriers non qualifiés 1 971 7,3 5,1 9,4 17,6 6,4 6,5
Non déterminé 79 0,3 0,3 0,3 0,5 0,2 0,3
Ensemble 26 880 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0
  • Champ : France hors Mayotte, population des ménages, personnes en emploi de 15 ans ou plus.
  • Source : Insee, enquête Emploi 2017.

6,1 % des actifs occupés sont en sous-emploi

En 2017 comme en 2016, 18,8 % des personnes ayant un emploi travaillent à temps partiel (figure 5). Cette part atteint 44,1 % parmi les employés non qualifiés. Elle est près de quatre fois plus élevée chez les femmes (30,0 % contre 8,3 % pour les hommes) et plus importante pour les 15-24 ans (25,0 %) et les 50 ans ou plus (22,2 %). En moyenne, en incluant les éventuelles heures supplémentaires régulières, les salariés à temps partiel travaillent habituellement 23,2 heures par semaine, contre 39,1 heures pour les salariés à temps complet et 45,6 heures pour les non-salariés.

En 2017, 1,6 million de personnes sont en situation de sous-emploi, soit 6,1 % des actifs occupés. Cette part baisse de 0,4 point sur un an. Il s’agit essentiellement de personnes à temps partiel souhaitant travailler davantage et disponibles pour le faire, près d’un quart d’entre elles recherchant activement un autre emploi. Le sous-emploi affecte surtout les femmes (8,9 %), les jeunes (11,5 %) et les employés non qualifiés (17,6 %).

Figure 5 - Temps partiel et sous-emploi en 2017

Figure 5 - Temps partiel et sous-emploi en 2017
Temps partiel (en %) Sous-emploi (en %)
Ensemble Femmes Hommes Ensemble Femmes Hommes
Catégorie socioprofessionnelle
Non-salariés 16,2 26,1 10,7 5,8 8,6 4,3
Salariés 19,1 30,4 7,9 6,2 9,0 3,4
Cadres 10,0 16,9 5,3 1,7 2,5 1,2
Professions intermédiaires 14,8 22,8 6,0 3,5 4,8 2,0
Employés qualifiés 23,2 28,1 9,0 5,9 6,8 3,2
Employés non qualifiés 44,1 49,8 24,5 17,6 19,0 12,7
Ouvriers qualifiés 7,9 19,4 6,2 3,6 7,2 3,1
Ouvriers non qualifiés 20,6 40,4 10,8 9,3 15,7 6,1
Âge
15-24 ans 25,0 34,1 17,4 11,5 14,8 8,7
25-49 ans 16,3 27,6 5,8 5,7 8,6 3,1
50 ans ou plus 22,2 33,7 11,0 5,6 8,2 2,9
Ensemble 18,8 30,0 8,3 6,1 8,9 3,5
Effectifs (en milliers) 5 049 3 885 1 164 1 648 1 155 493
  • Champ : France hors Mayotte, population des ménages, personnes en emploi de 15 ans ou plus.
  • Source : Insee, enquête Emploi 2017.

En 2017, le taux de chômage baisse de nouveau et atteint 9,4 % en France

En moyenne, en 2017, on compte 2,8 millions de chômeurs au sens du BIT, soit 9,4 % de la population active en France (9,1 % en France métropolitaine ; figure 6). Le taux de chômage recule de 0,7 point sur un an, après – 0,3 point en 2016. Cette baisse concerne toutes les tranches d’âge. En 2008, le taux de chômage au sens du BIT avait atteint, en moyenne sur l’année, son plus bas niveau des années 2000, soit 7,1 %, pour la France métropolitaine. Il a ensuite augmenté jusqu’en 2015 (figure 2 bis). Les hommes ont été les plus affectés par cette hausse. Depuis 2013, leur taux de chômage est légèrement supérieur à celui des femmes (en 2017, 9,5 %, contre 9,3 %).

Le taux de chômage est plus élevé chez les jeunes actifs : 22,3 % pour les 15-24 ans, contre 8,8 % pour les 25-49 ans et 6,6 % pour les 50 ans ou plus. Cependant, peu de jeunes sont actifs à ces âges. Rapporté à l’ensemble de la population, le risque de chômage des jeunes est moindre et l’écart avec leurs aînés est réduit : la part de chômage est de 8,2 % pour les 15-24 ans, contre 7,7 % pour les 25-49 ans et 4,4 % pour les 50-64 ans (figure 1). De plus, les 15-24 ans déjà actifs sont globalement peu diplômés et ont donc un risque de chômage accru. Néanmoins, le risque de chômage reste particulièrement élevé en phase d'insertion professionnelle : en 2017, 17,8 % des actifs ayant terminé leurs études depuis 1 à 4 ans sont au chômage, contre 12,0 % de ceux sortis de formation initiale depuis 5 à 10 ans et 7,6 % pour ceux sortis depuis au moins 11 ans.

Le risque de chômage est plus élevé pour les ouvriers (13,5 %) et les non-diplômés ou les titulaires de niveau « brevet des collèges » (17,0 % ; figure 7). Pour chacune de ces catégories, le chômage a toutefois baissé en 2017.

Figure 6 - Nombre de chômeurs et taux de chômage en 2017

Figure 6 - Nombre de chômeurs et taux de chômage en 2017
Chômage Chômage de longue durée
Nombre de chômeurs (en milliers) Ensemble (en%) Femmes (en %) Hommes (en %) Nombre de chômeurs (en milliers) Ensemble (en%) Femmes (en %) Hommes (en %)
15-24 ans 620 22,3 21,3 23,1 174 6,2 5,4 6,9
25-49 ans 1 593 8,8 9,2 8,4 717 4,0 4,0 3,9
50 ans ou plus 575 6,6 6,2 6,9 363 4,1 3,7 4,5
Ensemble 2 788 9,4 9,3 9,5 1 254 4,2 4,0 4,4
  • Champ : France hors Mayotte, population des ménages, personnes actives de 15 ans ou plus.
  • Source : Insee, enquête Emploi 2017.

Figure 7 – Taux de chômage par catégorie socioprofessionnelle* et par diplôme en 2016 et 2017

en %
Figure 7 – Taux de chômage par catégorie socioprofessionnelle* et par diplôme en 2016 et 2017
2016 2017
Non-salariés 3,9 4,0
Cadres 3,5 3,3
Professions intermédiaires 5,4 4,7
Employés 10,6 10,2
Ouvriers 14,9 13,5
Sans diplôme, CEP, brevet des collèges 17,9 17,0
CAP, BEP 10,8 10,0
Baccalauréat 10,5 10,0
Bac + 2 5,7 5,5
Diplôme supérieur à Bac + 2 5,7 5,0
Ensemble 10,1 9,4
  • * Pour les chômeurs, il s'agit de la catégorie socioprofessionnelle du dernier emploi occupé.
  • Champ : France hors Mayotte, population des ménages, personnes actives de 15 ans ou plus.
  • Source : Insee, enquêtes Emploi.

Figure 7 – Taux de chômage par catégorie socioprofessionnelle* et par diplôme en 2016 et 2017

Six chômeurs de 50 ans ou plus sur dix sont au chômage depuis au moins un an

En 2017, 45,0 % des chômeurs sont au chômage depuis au moins un an (« longue durée »), la moitié d’entre eux depuis au moins deux ans. Après avoir continûment augmenté depuis 2008, le taux de chômage de longue durée diminue de 0,4 point en 2017, à 4,2 % des actifs (figure 2 bis et figure 6). Le chômage de longue durée est plus fréquent chez les seniors : 63,1 % des chômeurs de 50 ans ou plus sont au chômage depuis au moins un an, contre 45,0 % pour les 25-49 ans et 28,0 % pour les moins de 25 ans. Par ailleurs, les moins diplômés et les moins qualifiés sont concernés par le chômage de longue durée.

1,6 million de personnes appartiennent au halo autour du chômage

Parmi les 11,7 millions d’inactifs de 15 à 64 ans, 1,6 million souhaitent travailler mais ne satisfont pas tous les critères pour être considérés comme chômeurs au sens du BIT. Ils forment le halo autour du chômage et représentent 3,8 % de la population âgée de 15 à 64 ans. Cette part se stabilise en 2017 après avoir augmenté quasi-continûment depuis 2008 (+ 0,8 point sur la période en France métropolitaine). Les femmes, un peu moins souvent au chômage, appartiennent en revanche davantage au halo (4,3 %, contre 3,3 % pour les hommes de 15 à 64 ans en 2017). Moins exposés au risque de chômage, les seniors se retrouvent également moins souvent dans le halo (2,8 % pour les 50-64 ans contre 4,3 % pour les moins âgés). Au total, en cumulant chômage et halo autour du chômage, en 2017, 4,3 millions de personnes sont sans emploi et souhaitent travailler, soit 10,6 % des 15 à 64 ans, une part en baisse de 0,5 point sur un an.

Encadré

Le halo autour du chômage est plus important dans les départements d’outre-mer (DOM)

La part de personnes appartenant au halo autour du chômage diffère peu entre régions métropolitaines, autour de 3 % à 4 %, mais elle est bien plus élevée dans les DOM (hors Mayotte), de 9,8 % en Martinique jusqu’à 18,6 % en Guyane (figure).

Chômage et halo autour du chômage vont globalement de pair : en général, plus la part de personnes au chômage est élevée, plus celle appartenant au halo l’est aussi. Quelques régions se distinguent toutefois. Notamment la Bretagne, l’Auvergne-Rhône-Alpes et les Pays de la Loire où la part du halo est supérieure ou égale à celle de l’Île-de-France, mais la part de chômage y est moindre. De même, en Guyane la part de halo est la plus élevée, mais la part du chômage est plus faible qu’à la Réunion.

Le halo autour du chômage couvre des situations diverses. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, Bretagne, Pays de la Loire, Auvergne-Rhône-Alpes et Île-de-France, les personnes du halo sont un peu plus souvent à la recherche d’un emploi, mais non disponibles pour en prendre un : elles représentent dans ces régions entre 25 % et 27 % du halo, contre 22 % au niveau national. Ne pas rechercher activement d’emploi, mais souhaiter en avoir un et être disponible est plus fréquent dans les DOM et dans les Hauts-de-France où la part des personnes dans ce cas dépasse 55 %, contre 45 % en moyenne. Enfin, les inactifs qui souhaitent un emploi mais ne sont ni disponibles ni en recherche active (33 % du halo en moyenne) sont relativement plus nombreux en Centre-Val de Loire (38 %) et en Bourgogne-Franche-Comté (42 %).

Les femmes sont majoritaires au sein du halo (avec une part de 57 % au niveau national), et plus nombreuses encore en Guadeloupe (63 %), Martinique (61 %) et Nouvelle-Aquitaine (61 %). Les jeunes de 15 à 24 ans représentent 21 % du halo en France, mais leur part culmine dans les Pays de la Loire (29 %) et en Bourgogne-Franche-Comté (26 %) ; les 50-64 ans (23 % du halo) sont plus présents en Guadeloupe (36 %), Martinique (35 %) et Bourgogne- Franche-Comté (28 %).

Part de halo autour du chômage par région en 2017

en %
Part de halo autour du chômage par région en 2017
Régions
Guyane 18,7
La Réunion 11,1
Guadeloupe 10,4
Martinique 9,8
Hauts-de-France 4,1
Bourgogne-Franche-Comté 4,0
Normandie 4,0
Provence-Alpes-Côte-d'Azur 4,0
Grand Est 3,8
Occitanie 3,8
Bretagne 3,6
Nouvelle Aquitaine 3,5
Auvergne-Rhône-Alpes 3,4
Île-de-France 3,2
Pays de la Loire 3,2
Centre-Val de Loire 3,0
Corse 2,2
  • Lecture : en Guadeloupe, la part de personnes appartenant au halo autour du chômage au sein des 15-64 ans est supérieure à 5 %.
  • Champ : France hors Mayotte, population des ménages, personnes de 15 à 64 ans.
  • Source : Insee, enquête Emploi 2017.

Part de halo autour du chômage par région en 2017

Sources

L’enquête Emploi est la seule source permettant de mesurer le chômage et l’activité au sens du Bureau international du travail (BIT). Depuis 2014, elle est menée en continu, sur l’ensemble des semaines de l’année, en France, à l’exception de Mayotte où l’enquête est annuelle. Chaque trimestre, environ 110 000 personnes de 15 ans ou plus vivant en ménage ordinaire (c’est-à-dire hors foyers, hôpitaux, prisons...) répondent à l’enquête. Les personnes décrivent leur situation vis-à-vis du marché du travail au cours d’une semaine donnée, dite « de référence ». Le niveau et la structure de l’emploi fournis par l’enquête Emploi peuvent différer de ceux obtenus à partir des sources administratives (estimations d’emploi).

Définitions

Personne en emploi (ou actif occupé) au sens du BIT : personne ayant effectué au moins une heure de travail rémunéré au cours de la semaine de référence, ou absente de son emploi sous certaines conditions de motif (congés annuels, maladie, maternité…) et de durée.

Chômeur au sens du BIT : personne âgée de 15 ans ou plus qui :

  • est sans emploi la semaine de référence ;
  • est disponible pour travailler dans les deux semaines à venir ;
  • a effectué, au cours des quatre dernières semaines, une démarche active de recherche d’emploi ou a trouvé un emploi qui commence dans les trois mois.

Personne active au sens du BIT : personne en emploi ou au chômage.

Taux de chômage : rapport entre le nombre de chômeurs et le nombre d’actifs.

Part de chômage : rapport entre le nombre de chômeurs et le nombre total d’individus.

Sous-emploi : personnes en emploi qui :

  • travaillent à temps partiel, souhaitent travailler davantage et sont disponibles pour le faire ;
  • ont travaillé moins que d’habitude pendant la semaine de référence en raison de chômage partiel ou de mauvais temps.

Halo autour du chômage : personnes sans emploi qui :

  • ont effectué une démarche active de recherche d’emploi mais ne sont pas disponibles pour travailler dans les deux semaines à venir ;
  • n’ont pas effectué de démarche active de recherche, mais souhaitent un emploi et sont disponibles pour travailler ;
  • souhaitent un emploi, mais n’ont pas effectué de démarche active de recherche et ne sont pas disponibles pour travailler.

Pour en savoir plus

« Emploi, chômage, revenus du travail », Insee Références, à paraître, juin 2018.

« Activité, emploi et chômage en 2017 et en séries longues », Insee Résultats, à paraître.