Population légale de l’Île-de-France : 12 082 144 habitants au 1er janvier 2015

Nadine Laroche

Au 1er janvier 2015, plus de 12 millions de personnes résident en Île-de-France. Entre 2010 et 2015, la population de la région a augmenté d’environ 59 000 habitants par an, soit une croissance annuelle moyenne de 0,5 %, semblable à celle de la France métropolitaine. La croissance démographique francilienne reste exclusivement due à l’excédent des naissances sur les décès. La population augmente dans tous les départements de la région, hormis Paris où le déficit migratoire se creuse.

Insee Flash Ile-de-France N° 29
No 29
Paru le : 27/12/2017

Une croissance démographique portée par l'excédent naturel

Au 1er janvier 2015, l’Île-de-France compte 12 082 144 habitants. Région la plus peuplée et dense de France, elle concentre près de 19 % de la population de France métropolitaine dans moins de 4 % des communes.

Entre 2010 et 2015, la région gagne 296 000 habitants et augmente au même rythme annuel (+ 0,5 %) qu’entre 1990 et 2010.

Cette croissance résulte exclusivement d’un fort excédent naturel, le plus élevé des régions métropolitaines. Il apporte 0,9 % de croissance démographique annuelle, compensant ainsi largement le déficit migratoire qui la tempère à hauteur de - 0,4 %. L’excédent naturel francilien représente près de la moitié du solde naturel national (46 %).

Paris en baisse, trois départements en forte croissance démographique

Au sein de la région, la population évolue de manière contrastée. Entre 2010 et 2015, elle augmente dans tous les départements, sauf à Paris où elle diminue assez fortement (figure 1). Dans la capitale, le solde naturel ne suffit plus à compenser le déficit migratoire, dont la contribution à l’évolution démographique s’élève à - 1,0 % en moyenne annuelle de 2010 à 2015, contre seulement - 0,4 % de 1990 à 2010. Entre ces deux périodes, l’évolution de la population parisienne est ainsi passée de + 0,2 % par an à - 0,3 %. Cette baisse résulte de différents facteurs : une population plus âgée comptant davantage de ménages sans enfant, l’arrivée aux âges de fécondité des générations peu nombreuses nées dans les années 80-90, un coût du logement élevé offrant peu de grands logements accessibles aux familles, et enfin une offre de logements parfois contrainte car dédiée à l’hébergement de courte durée, en raison de l’attrait touristique de la capitale.

En revanche, la croissance démographique est forte dans les départements de Seine-et-Marne, Essonne et Seine-Saint-Denis qui portent 66 % de l’accroissement démographique régional. La Seine-et-Marne et l’Essonne sont les deux seuls départements d’Île-de-France ayant un solde migratoire positif, en sus de leur excédent naturel. Cette forte croissance démographique s’observait déjà en Seine-et-Marne entre 1990 et 2010. Ce département était déjà le seul qui enregistrait une croissance annuelle atteignant 1 %. Cette croissance est plus récente dans l’Essonne et en Seine-Saint-Denis. Ce dernier département, le plus jeune de la région et où la fécondité est la plus élevée (2,5 enfants par femme), compte désormais près d’1,6 million d’habitants et talonne les Hauts-de-Seine. Les Hauts-de-Seine connaissent à l’inverse un ralentissement de croissance démographique entre les périodes 1990-2010 et 2010-2015 en raison d'un déficit migratoire accru.

Dans les Yvelines, le rythme de croissance de la population s’atténue également, mais il est imputable au fléchissement de l’excédent naturel, découlant du vieillissement de la population.

Enfin, dans le Val-de-Marne et le Val-d’Oise, la progression démographique est légèrement supérieure à celle de la région, avec un fort taux d’accroissement naturel et un déficit migratoire un peu moins marqué qu’en moyenne régionale.

Figure 1 – Le solde naturel reste le seul moteur de la croissance démographique en Île-de-France

Le solde naturel reste le seul moteur de la croissance démographique en Île-de-France
Population municipale au 1 er janvier 2010 Population municipale au 1er janvier 2015 Variation annuelle moyenne 2010-2015 (en %) Variation annuelle moyenne 1990-2010 (en %)
Totale Part due au solde naturel Part due au solde migratoire Totale Part due au solde naturel Part due au solde migratoire
Paris 2 243 833 2 206 488 -0,3 0,7 -1,0 0,2 0,7 -0,4
Hauts-de-Seine 1 572 490 1 601 569 0,4 1,0 -0,6 0,6 0,9 -0,3
Seine-Saint-Denis 1 522 048 1 592 663 0,9 1,3 -0,4 0,5 1,1 -0,6
Val-de-Marne 1 327 732 1 372 389 0,7 1,0 -0,3 0,4 0,9 -0,4
Petite couronne 4 422 270 4 566 621 0,6 1,1 -0,4 0,5 1,0 -0,4
Seine-et-Marne 1 324 865 1 390 121 1,0 0,8 0,1 1,0 0,8 0,2
Yvelines 1 408 765 1 427 291 0,3 0,8 -0,5 0,4 0,9 -0,5
Essonne 1 215 340 1 276 233 1,0 0,9 0,1 0,6 0,9 -0,3
Val-d'Oise 1 171 161 1 215 390 0,7 1,1 -0,3 0,5 1,0 -0,4
Grande couronne 5 120 131 5 309 035 0,7 0,9 -0,2 0,6 0,9 -0,2
Île-de-France 11 786 234 12 082 144 0,5 0,9 -0,4 0,5 0,9 -0,4
France métropolitaine 62 765 235 64 300 821 0,5 0,4 0,1 0,5 0,4 0,1
  • Source : Insee, recensements de la population 1990, 2010 et 2015.

Intercommunalités : une croissance souvent plus forte aux franges de l’unité urbaine de Paris

Au niveau infra-départemental, les communes d’Île-de-France sont regroupées dans 54 établissements publics de coopération intercommunale (EPCI), dont la métropole du Grand Paris (MGP). Celle-ci se compose de Paris et de onze établissements publics territoriaux (EPT). Entre 2010 et 2015, la population progresse dans l’ensemble des EPT, l’excédent naturel compensant le déficit migratoire. Seul Plaine Commune enregistre une croissance de plus de 1 % par an (figure 2). Situé en Seine-Saint-Denis, cet EPT connaît le plus fort taux d’accroissement naturel, supérieur à celui de son département.

En dehors de la métropole, les EPCI à plus forte croissance (Val d’Europe Agglomération, Haut Val d’Oise et Marne et Gondoire) conjuguent un fort excédent migratoire à un excédent naturel élevé. Val d’Europe Agglomération présente les excédents naturel et migratoire les plus élevés des EPCI de la région. Sa population augmente de 3,7 % par an entre 2010 et 2015. Dans les communes de Val d’Europe Agglomération, le foncier disponible reste important, et les constructions de logements sont nombreuses à une période où les mises en chantier franciliennes n’ont pas encore redémarré sur le rythme qu’on leur connaît actuellement. C’est également le cas pour Marne et Gondoire et dans le Haut Val d’Oise.

Par ailleurs, onze EPCI connaissent une progression démographique supérieure ou égale à 1 %, sous l’effet conjugué d’un dynamisme naturel important et d’un excédent migratoire. Dix de ces EPCI se situent en Seine-et-Marne ou dans l’Essonne, et la majorité se place en dehors de l’unité urbaine de Paris. Les migrations résidentielles traduisent l’attractivité des communes périurbaines.

Seuls six EPCI enregistrent une baisse de population entre 2010 et 2015. Dans ces territoires, situés dans le sud de la Seine-et-Marne et de l’Essonne, dans l’est des Yvelines et le nord du Val-d’Oise, le déficit migratoire se conjugue à un faible dynamisme naturel. Entre 1990 et 2010, la population augmentait dans tous les EPCI à l’exception de Versailles Grand Parc.

Figure 2 – Croissance démographique forte dans les EPCI aux franges de l'unité urbaine

en %
Croissance démographique forte dans les EPCI aux franges de l'unité urbaine
Taux de variation annuel moyen de la population par EPCI ou EPT entre 2010 et 2015
CA Étampois Sud-Essonne 0,9
CC Les Portes Briardes entre Villes et Forêts 0,6
CC Pays de Nemours 0,3
CC Gâtinais Val de Loing -0,1
CC Plaines et Monts de France 1,3
CC de la Haute Vallée de Chevreuse -0,3
CC Gally Mauldre -0,4
CC Vexin Centre 1,0
CC du Provinois 0,2
CC Bassée-Montois 0,3
CA Roissy Pays de France 0,7
CA Communauté Paris-Saclay 1,3
CA Plaine Vallée 0,4
CA Coeur d'Essonne 1,0
CA Paris - Vallée de la Marne 0,7
CA Val d'Yerres Val de Seine 0,9
CA Val Parisis 0,8
CA Saint-Germain Boucles de Seine 0,1
CA de Saint-Quentin-en-Yvelines 0,2
CA Grand Paris Sud Seine Essonne Sénart 1,4
CU Grand Paris Seine et Oise 0,5
CC Brie des Rivières et Châteaux 1,0
CC Les Portes de l'Ile de France 0,7
CC Pays de Coulommiers 0,8
CA du Pays de Meaux 1,2
CA du Pays de Fontainebleau -0,1
CC des Deux Morin 0,5
CC Val Briard 1,1
CC Carnelle Pays-De-France 0,9
CA Rambouillet Territoires 0,0
CC du Pays Fertois 1,1
CC Moret Seine et Loing 0,1
CA Melun Val de Seine 0,7
CC du Pays de l'Ourcq 0,4
CC Pays de Montereau 1,3
CA Val d'Europe 3,7
CC Pays Créçois 0,8
CA Marne et Gondoire 1,9
CC l'Orée de la Brie 0,6
CC Brie Nangissienne 0,8
CC du Pays Houdanais (C.C.P.H.) 0,5
CA Versailles Grand Parc (C.A.V.G.P.) 0,2
CC Coeur d'Yvelines 0,4
CC du Pays de Limours (Ccpl) 0,7
CC des Deux Vallées -0,2
CC du Val d'Essonne (Ccve) 0,6
CC Entre Juine et Renarde (Ccejr) 0,5
CC Le Dourdannais en Hurepoix (Ccdh) 1,0
CA de Cergy-Pontoise 0,9
CC Sausseron Impressionnistes 0,7
CC de la Vallée de l'Oise et des Trois Forêts 0,8
CC du Haut Val d'Oise 2,3
CC du Vexin-Val de Seine -0,3
Boucle Nord de Seine 0,6
Est Ensemble 0,8
Grand Paris Grand Est 0,9
Grand Paris Seine Ouest 0,8
Grand Paris Sud Est Avenir 0,6
Grand-Orly Val-de-Bièvre Seine-Amont 0,8
Paris -0,3
Paris Est Marne et Bois 0,4
Paris Terres d'Envol 0,7
Plaine Commune 1,2
Territoire Paris Ouest La Défense 0,1
Territoire Vallée Sud-Grand Paris 0,4
  • Source : Insee, recensements de la population 2010 et 2015.

Figure 2 – Croissance démographique forte dans les EPCI aux franges de l'unité urbaine

en %
  • Source : Insee, recensements de la population 2010 et 2015.

Sources

Les populations légales prennent effet au 1er janvier 2018. Elles se réfèrent au 1er janvier 2015. Les données de population au 1er janvier 2015 correspondent aux résultats définitifs issus des cinq enquêtes annuelles de recensement réalisées de 2013 à 2017. Les données au 1er janvier 2010 proviennent des enquêtes de 2008 à 2012. Les comparaisons 2010-2015 sont donc faites entre deux cycles complets de recensement.

L’Insee publie par ailleurs des estimations de population 2017 par région et département. Celles-ci sont provisoires et ne peuvent servir de base légale pour l’application des textes législatifs.

Pour en savoir plus