Un tiers des architectes du Grand Est exercent à Strasbourg

Corinne Challand, Sophie Villaume, Insee

En 2014, 2 900 actifs exercent la profession d’architecte dans le Grand Est. Les trois quarts d’entre eux travaillent dans les grands pôles urbains. Le Grand Est comporte une densité d’architectes par habitant inférieure à la moyenne de la France métropolitaine. Le Bas-Rhin est le 14e département métropolitain où la densité d’architectes est la plus forte, tandis que la Haute-Marne est le dernier.

Sept architectes sur dix sont des hommes, et quatre sur dix ont 50 ans ou plus. Le statut libéral est le plus répandu, et seul un tiers des architectes est salarié. Le salariat est toutefois un peu plus fréquent pour les jeunes architectes, ainsi que pour les femmes. Entre 2009 et 2014, le nombre d’architectes a augmenté de 9 %, avec une féminisation et un vieillissement de la profession. Les trois quarts des architectes travaillent dans l’une des 2 130 agences d’architecture de la région, les autres se répartissant dans d’autres secteurs d’activité, notamment l’« ingénierie, études techniques ». Les activités d’architecture représentent 4 150 emplois dans la région en 2014, dont plus de six sur dix sont occupés par des cadres : des architectes, mais aussi des ingénieurs et cadres d’étude, et des cadres administratifs.

En 2014, 2 900 personnes déclarent exercer la profession d’architecte (en libéral ou en tant que salarié du secteur privé) au sein de la région Grand Est. Ils représentent 5,3 % des architectes de métropole, alors que la région rassemble 8,7 % de la population active de 15 à 64 ans. Ce chiffre ne tient pas compte des diplômés d’architecture qui exercent d’autres professions, comme dessinateur ou ingénieur du bâtiment et des travaux publics (BTP). Il diffère également du nombre d’inscrits au tableau régional de l’Ordre des Architectes, qui sont les seuls habilités à exercer la maîtrise d’œuvre en leur nom propre ( encadré 1 et encadré 2 ). 220 architectes habitent le Grand Est mais exercent leur activité à l’étranger, et n’entrent pas dans le champ de l’étude. Ces architectes frontaliers résident surtout en Moselle (45 %) et dans le Haut-Rhin (31 %). Près de la moitié d’entre eux travaille au Luxembourg, 30 % en Suisse et 20 % en Allemagne.

Les trois quarts des architectes qui exercent dans la région travaillent dans les agences d’architecture (figure 1), qui réalisent des « activités d’architecture » comme la conception de bâtiments, l’établissement de projets architecturaux, l'urbanisme, l'architecture paysagère et les activités de conseil en matière d'architecture. Le quart restant se répartit dans d’autres secteurs, notamment celui de l’« ingénierie, études techniques » (8 %).

Figure 1 – Trois architectes sur quatre travaillent dans une agence d’architecture

Trois architectes sur quatre travaillent dans une agence d’architecture
Nombre d’emplois dans le milieu professionnel de l’architecture
Profession architecte 2 920
Dont exerçant dans le secteur activités d’architecture 2 220
Dont exerçant dans d’autres secteurs d’activité 700
Autres professions exerçant dans le secteur des activités d’architecture 1 930
  • Source : Insee, recensement de la population 2014, exploitation complémentaire au lieu de travail.

Figure 1 – Trois architectes sur quatre travaillent dans une agence d’architectureNombre d’emplois dans le milieu professionnel de l’architecture

  • Source : Insee, recensement de la population 2014, exploitation complémentaire au lieu de travail.

Une forte densité d'architectes dans les zones d'emploi de Strasbourg, de Colmar et du sillon lorrain

Les architectes se concentrent dans les grandes villes. Ainsi, 73 % d’entre eux travaillent dans les grands pôles urbains et 12 % dans leurs couronnes, alors qu’y résident 49 % et 20 % de la population régionale. Près d’un tiers exercent dans l’aire urbaine de Strasbourg, tandis que celles de Nancy et Metz regroupent à elles deux 20 % des effectifs.

La région Grand Est dispose de trois écoles d’architecture reconnues ( encadré 3 ) et d’un important patrimoine architectural et urbain, avec près de 4 400 édifices protégés au titre des monuments historiques. Malgré ce contexte favorable, la densité d'architectes est assez faible dans le Grand Est : 53 architectes pour 100 000 habitants, contre 66 en France de province. Elle est cependant plus élevée que dans d’autres régions comme la Bourgogne-Franche-Comté, le Centre-Val de Loire, la Normandie et les Hauts-de-France où on dénombre entre 38 et 40 architectes pour 100 000 habitants. À l’inverse, les régions du sud-est (Occitanie, Auvergne-Rhône-Alpes, PACA, Corse) ont une densité d’architectes élevée, entre 85 et 95 architectes pour 100 000 habitants. Mais c’est de loin en Île-de-France qu’elle est la plus forte (175).

Au sein du Grand Est, cette densité est très variable : le Bas-Rhin est le 14e département métropolitain le plus pourvu en architectes (97 architectes pour 100 000 habitants) tandis que la Haute-Marne est le dernier (avec 6 architectes pour 100 000 habitants). Les architectes sont plus nombreux dans le centre-Alsace, en particulier dans les zones d’emploi de Strasbourg, Colmar et Sélestat (avec respectivement 137, 90 et 86 architectes pour 100 000 habitants), ainsi que dans le sillon lorrain. À l’inverse, certaines zones d’emploi comme celles de Commercy, Vitry-le-François – Saint-Dizier et Wissembourg sont très peu couvertes (figure 2).

Le nombre de permis de construire de logements et de locaux à usage économique permet d’appréhender la demande adressée aux architectes. Toutefois, un permis peut correspondre à des projets de plus ou moins grande ampleur, et le recours à un professionnel n’est obligatoire que pour les constructions situées dans des sites protégés ou atteignant une certaine surface (ce seuil était de 170 m² de surface de plancher, il a été abaissé à 150 m² depuis mars 2017). De ce point de vue, le nombre d’architectes pour 100 permis est comparable à la moyenne de la France de province (respectivement 15 et 14), très en deçà de l’Île-de-France (134). Dans la région, le nombre d’architectes est relativement faible dans la Haute-Marne, où l’on trouve un architecte pour 100 permis, à l’inverse du Bas-Rhin, où ils sont 26 (figure 3).

Figure 2 – Des architectes présents surtout à Strasbourg et dans le sillon lorrain

Des architectes présents surtout à Strasbourg et dans le sillon lorrain
Code géographique Zone d’emploi Nombre d’architectes en 2014 Nombre d’habitants en 2014 Nombre d’architectes pour 100 000 habitants
2101 Charleville-Mézières (2101) 44 227 883 19
2102 Troyes (2102) 133 314 686 42
2103 Châlons-en-Champagne (2103) 33 105 334 32
2104 Épernay (2104) 50 109 280 45
2105 Reims (2105) 167 356 332 47
2106 Chaumont - Langres (2106) 11 110 299 10
2107 Vitry-le-François - Saint-Dizier (2107) 4 115 361 3
4101 Longwy (4101) 15 111 848 13
4102 Lunéville (4102) 12 33 111 36
4103 Nancy (4103) 369 514 470 72
4104 Bar-le-Duc (4104) 32 60 302 54
4105 Commercy (4105) 4 44 219 9
4106 Verdun (4106) 19 63 072 31
4107 Metz (4107) 257 508 421 50
4108 Forbach (4108) 33 216 375 15
4109 Sarrebourg (4109) 22 73 009 30
4110 Sarreguemines (4110) 16 111 488 14
4111 Thionville (4111) 21 222 853 10
4112 Épinal (4112) 98 163 122 60
4113 Remiremont (4113) 53 82 869 64
4114 Saint-Dié-des-Vosges (4114) 18 86 164 21
4115 Neufchâteau (4115) 21 50 758 42
4201 Haguenau (4201) 83 202 188 41
4202 Molsheim - Obernai (4202) 85 135 369 63
4203 Saverne (4203) 44 77 370 57
4204 Sélestat (4204) 73 85 172 86
4205 Strasbourg (4205) 796 582 689 137
4206 Wissembourg (4206) 4 40 664 10
4207 Colmar (4207) 177 196 639 90
4208 Mulhouse (4208) 185 432 628 43
4209 Saint-Louis (4209) 42 121 359 34
  • Source : Insee, recensement de la population 2014.

Figure 2 – Des architectes présents surtout à Strasbourg et dans le sillon lorrain

  • Source : Insee, recensement de la population 2014.

Figure 3 – Île-de-France, vallée du Rhône et sud-est mieux pourvus en architectes

Île-de-France, vallée du Rhône et sud-est mieux pourvus en architectes
Région Département Nombre d’architectes en 2014 Nombre annuel moyen de permis de construire (logements et locaux) entre 2012 et 2016 Nombre d’architectes pour 100 permis de construire (1)
11 75 12353 776 1592
11 92 3116 1299 240
11 94 1299 1330 98
11 93 1286 1509 85
11 78 1433 2797 51
11 91 725 2520 29
11 95 388 1822 21
11 77 504 3672 14
24 37 313 2796 11
24 45 255 2955 9
24 36 82 1132 7
24 41 127 1796 7
24 28 153 2860 5
24 18 77 1556 5
27 25 276 885 31
27 21 241 1216 20
27 90 75 464 16
27 89 133 1330 10
27 39 98 1661 6
27 71 168 2892 6
27 70 57 1417 4
27 58 25 938 3
28 76 546 4913 11
28 14 284 3643 8
28 27 186 2911 6
28 50 224 3551 6
28 61 71 1575 4
32 59 1528 5739 27
32 60 234 2482 9
32 62 395 5195 8
32 80 166 2377 7
32 02 70 1892 4
44 67 1079 4118 26
44 54 385 1880 20
44 68 412 2750 15
44 51 246 2033 12
44 88 191 1867 10
44 57 346 3399 10
44 10 133 1357 10
44 55 70 790 9
44 08 52 1021 5
44 52 11 781 1
52 44 1562 8645 18
52 49 397 4179 10
52 72 188 2888 7
52 85 314 6722 5
52 53 86 2075 4
53 22 305 1160 26
53 35 926 6326 15
53 29 402 3362 12
53 56 600 5659 11
75 33 1959 9222 21
75 64 606 3897 16
75 79 201 2244 9
75 47 170 2025 8
75 19 134 1618 8
75 17 417 5289 8
75 86 155 2554 6
75 87 110 1834 6
75 40 194 3805 5
75 16 105 2248 5
75 24 196 4730 4
75 23 48 2270 2
76 31 1809 6069 30
76 34 1198 4962 24
76 11 263 2169 12
76 30 447 3686 12
76 65 146 1486 10
76 81 219 2436 9
76 66 219 2482 9
76 32 106 1402 8
76 09 72 981 7
76 82 120 1682 7
76 12 135 2090 6
76 46 93 1618 6
76 48 33 731 5
84 69 2503 3989 63
84 38 1230 4767 26
84 73 448 2291 20
84 74 727 3949 18
84 63 596 3509 17
84 42 460 3095 15
84 01 275 3124 9
84 07 202 2389 8
84 15 87 1161 8
84 26 248 3336 7
84 43 97 1636 6
84 03 100 1789 6
93 06 1164 2058 57
93 13 2134 4912 43
93 83 757 4869 16
93 84 364 2765 13
93 04 74 1056 7
93 05 59 1086 5
94 2A 161 1807 9
94 2B 144 5586 3
  • (1) Nombre annuel moyen de permis de construire (logements et locaux) entre 2012 et 2016
  • Avertissement : cette carte ne doit pas donner à penser que les architectes n’interviennent que dans leur département.
  • Sources : Insee, recensement de la population 2014, exploitation complémentaire au lieu de travail ; SDES, Sit@del2 2012 à 2016 (estimations arrêtées à fin avril 2017).

Figure 3 – Île-de-France, vallée du Rhône et sud-est mieux pourvus en architectes

Une majorité d'hommes, non salariés

71 % des architectes exerçant dans le Grand Est sont des hommes, âgés de 48 ans en moyenne. Les femmes sont plus jeunes (39 ans), et la parité hommes-femmes au sein de la profession n’est atteinte que pour les moins de 30 ans ; au-delà, les hommes sont majoritaires, notamment après 50 ans (figure 4).

Le statut libéral est le plus répandu : 68 % des architectes sont indépendants, exerçant leur profession à titre individuel ou en tant que gérant ou associé d’une société. Presque la moitié sont employeurs. Les autres (32 % des architectes) sont salariés du secteur privé. Les femmes sont plus souvent salariées que les hommes (51 % contre 24 %), ainsi que les architectes en début de carrière, souvent à la recherche d’une première expérience en agence (68 % des moins de 35 ans sont salariés contre 20 % passé cet âge).

Salariés ou non, 9 % des architectes travaillent à temps partiel. Cela concerne 6 % des hommes quel que soit leur statut, et 18 % des femmes : 23 % des salariées et 13 % des non-salariées.

Sur les 930 architectes salariés du Grand Est, 86 % bénéficient d’un contrat à durée indéterminée et 82 % n'ont occupé qu'un seul poste salarié en 2014. Les autres en ont occupé plusieurs – simultanés ou successifs – généralement dans les secteurs d’activité les plus prisés des architectes (agences d'architecture, ingénierie et études techniques, activités des géomètres), ou encore dans d’autres secteurs, comme l’enseignement supérieur.

Le salaire horaire net moyen d’un architecte du Grand Est (hors chefs d’entreprise) est un peu moindre qu'en province : 17,9 euros par heure contre 18,6 euros, et bien moins élevé que l'ensemble des cadres de la région (23,3 euros). Cette différence s’explique surtout par l’âge, les architectes salariés étant en effet beaucoup plus jeunes que la moyenne des cadres : 67 % ont moins de 40 ans, contre 39 % de l’ensemble des cadres salariés.

Figure 4 – Forte présence des hommes non salariés de plus de 40 ans dans la profession d’architecteNombre d’architectes par sexe, âge et statut

Forte présence des hommes non salariés de plus de 40 ans dans la profession d’architecte
20 à 24 ans 25 à 29 ans 30 à 34 ans 35 à 39 ans 40 à 44 ans 45 à 49 ans 50 à 54 ans 55 à 59 ans 60 à 64 ans 65 à 69 ans 70 à 74 ans 75 à 79 ans
Hommes salariés 29 88 119 69 55 34 52 26 23 0 5 0
Hommes non salariés 0 48 89 146 191 193 286 240 232 98 47 10
Femmes salariées 27 125 92 39 56 31 38 9 3 3 0 3
Femmes non salariées 5 22 63 69 81 60 59 33 15 6 0 0
  • Lecture : en 2014, dans le Grand Est, il y a 136 hommes architectes âgés de 25 à 29 ans, dont 48 non salariés, et 147 femmes, dont 22 sont non salariées.
  • Source : Insee, recensement de la population 2014, exploitation complémentaire au lieu de travail.

Figure 4 – Forte présence des hommes non salariés de plus de 40 ans dans la profession d’architecte Nombre d’architectes par sexe, âge et statut

  • Lecture : en 2014, dans le Grand Est, il y a 136 hommes architectes âgés de 25 à 29 ans, dont 48 non salariés, et 147 femmes, dont 22 sont non salariées.
  • Source : Insee, recensement de la population 2014, exploitation complémentaire au lieu de travail.

Hausse du nombre d'architectes depuis 2009 : une profession qui vieillit et se féminise

Entre 2009 et 2014, le nombre d'architectes a augmenté de 9 %, soit cinq points de moins qu’en France de province (figure 5). Dans le Grand Est, la profession se renouvelle moins vite : les effectifs de moins de 40 ans stagnent, alors qu’ils ont gagné 13 % en province. Ainsi, le nombre de salariés reste également stable, tandis qu’il augmente en province (+ 21 %). À l’inverse, la population des architectes de 60 ans ou plus a fortement augmenté dans la région (+ 61 % contre + 31 %). En lien avec ce vieillissement plus marqué de la profession, le nombre de libéraux progresse plus rapidement dans le Grand Est (+ 14 % contre + 11 %).

Par ailleurs, la profession se féminise, dans une proportion comparable à celle de province (un tiers de femmes en plus en 2014 qu’en 2009).

Figure 5 – Un vieillissement plus marqué de la profession dans le Grand EstCaractéristiques des architectes et évolution 2009-2014

Un vieillissement plus marqué de la profession dans le Grand Est
2014 Évolution 2009-2014 du nombre d'architectes (en %)
Nombre d'architectes dans le Grand Est Répartition (en %)
Grand Est France de province Grand Est France de province
Statut
Salariés 930 32 33 +0 +21
dont : emplois sans limite de durée 800 27 29 +3 +22
Libéraux 1 990 68 67 +14 +11
Indépendants 1 080 37 40 +20 +21
Employeurs 910 31 27 +8 -1
Sexe
Hommes 2 090 71 71 +2 +8
Femmes 840 29 29 +33 +30
Âge
Moins de 40 ans 1 030 35 38 +1 +13
40 à 59 ans 1 440 49 48 +5 +10
60 ans ou plus 450 15 15 +61 +31
Ensemble 2 920 100 100 +9 +14
  • Lecture : parmi les architectes qui travaillent dans le Grand Est en 2014, 32 % sont salariés, soit 930 personnes. Cet effectif est stable par rapport à 2009, tandis qu’il a augmenté de 21 % en province.
  • Source : Insee, recensements de la population 2009 et 2014, exploitations complémentaires au lieu de travail.

2 130 agences d’architectes dans la région en 2015, trois sur quatre n’emploient pas de salarié

Le secteur des activités d’architecture compte 2 130 établissements ayant eu au moins un jour d’activité dans l’année d’exercice 2015, soit 5,4 % des agences d’architectes de métropole (à titre de comparaison, le Grand Est rassemble 6,8 % de l’ensemble des établissements). 93 % sont des mono-établissements : leur entreprise ne compte pas d’autre établissement, quels que soient le secteur et la région.

La répartition de ces établissements par effectif salarié et par catégorie juridique est proche de celle des agences de province : les trois quarts n’ont pas de salarié et 5 % seulement en comptent plus de cinq. 60 % des agences sont sous le régime de l’entreprise individuelle, les autres étant des sociétés, notamment des entreprises unipersonnelles à responsabilité limitée (EURL, 12 %) ou des sociétés à responsabilité limitée (SARL, 21 %). Si l’exercice en libéral présente une certaine facilité et souplesse, la création d’une société protège le patrimoine personnel du ou des associé(s) en limitant leur responsabilité à leurs apports.

La richesse dégagée par les agences d’architecture s’élève à 200 millions d’euros en 2014, soit 0,2 % de la richesse de la région pour 0,5 % des établissements et 0,1 % des salariés. La moitié d’entre elles dégage un chiffre d’affaires d’au moins 49 000 euros, contre 41 000 euros en France de province.

De début 2010 à fin 2014, le nombre d’agences d’architectures implantées dans la région est relativement stable. Proportionnellement au stock d’établissements présents chaque début d’année, le nombre d’« entrées » (créations d’établissements, reprises, transferts entrants) est en effet du même ordre que le nombre de « sorties » (disparitions, cessations et transferts sortants), autour de 16 % par an. Ces taux sont un peu plus faibles qu’en province, où le taux d’entrée annuel moyen est de 19 %, et le taux de sortie de 17 %. Parmi les agences créées dans la région pendant les années 2010 à 2014, plus de six sur dix le sont sous le statut d’autoentrepreneur. L’effectif salarié du secteur a diminué de 11 % sur cette période : cette baisse est liée à des pertes d’emplois dans les établissements permanents (- 15 %), le solde lié aux créations et disparitions d’établissements étant positif (+ 4 %).

Les agences d’architectes : 4 150 emplois, près de deux sur trois sont occupés par des cadres

Au total le secteur des activités d’architecture emploie 4 150 individus, salariés ou non, dont 54 % sont des architectes (1 560 libéraux et 660 salariés) ; les autres professions les plus représentées sont les dessinateurs du BTP, les secrétaires ou les métreurs et techniciens du BTP (figure 1). Dans l’ensemble, ce secteur est composé à 63 % de cadres, soit 2 610 personnes : outre les architectes, il s’agit d’ingénieurs et cadres d’étude du BTP ou encore de cadres des services administratifs.

Les non-cadres sont majoritairement salariés, avec des contrats à durée indéterminée (figure 6). Ils comptent presque autant de femmes que d’hommes, ce qui n’est pas le cas chez les cadres (69 % d’hommes). Ils sont également plus jeunes (les trois quarts ont moins de 50 ans) et sont deux fois plus souvent à temps partiel.

Dans la région, les salariés des agences d’architecture perçoivent des salaires horaires comparables à ceux observés en France de province (15,0 euros nets en moyenne). Les salaires des non-cadres sont proches de la moyenne des salariés du Grand Est (13,4 contre 13,1 euros), tandis que les cadres du secteur perçoivent un salaire plus élevé (17,3 euros).

Entre 2009 et 2014, l’emploi du secteur baisse de 8 % (2 % en France de province) ; c’est surtout le nombre de non-cadres qui baisse (- 21 % dans la région et - 13 % en Province), alors que celui des cadres augmente très légèrement (+ 2 % dans le Grand Est et + 5 % en Province).

Figure 6 – Une baisse du nombre d’emplois dans les agences d’architecture entre 2009 et 2014Caractéristiques des actifs et évolution du nombre d’emplois (en %)

Une baisse du nombre d’emplois dans les agences d’architecture entre 2009 et 2014
Répartition des actifs (en %) Secteur de l’architecture Tous secteurs
Cadres Non-cadres Ensemble Ensemble
Sexe
Homme 69 48 62 52
Femme 31 52 38 48
Âge
Moins de 30 ans 13 20 16 20
30-49 ans 45 56 49 51
50 ans ou plus 42 24 35 29
Statut
Non salarié 62 12 44 10
Salarié 38 88 56 90
dont : emploi sans limite de durée 34 77 50 76
Catégorie socioprofessionnelle
Artisan, commerçant, chef d’entreprise 0 5 2 6
Cadre 100 0 63 13
Profession intermédiaire 0 66 24 25
Employé 0 24 9 29
Ouvrier 0 5 2 25
Temps de travail
Temps plein 90 81 87 82
Temps partiel 10 19 13 18
Ensemble 100 100 100 100
Évolution 2009 – 2014 du nombre d’emplois +2 -21 -8 -3
  • Lecture : parmi les cadres du Grand Est travaillant dans le secteur de l’architecture, 69 % sont des hommes, contre 52 % parmi l’ensemble des actifs travaillant dans la région. Leur nombre a augmenté de 2 % entre 2009 et 2014.
  • Source : Insee, recensements de la population 2009 et 2014, exploitations complémentaires au lieu de travail.

Encadrés

Le Conseil de l’Ordre des Architectes

L’architecture est une profession réglementée. L’Ordre des Architectes, fondé suite à la loi du 3 janvier 1977, confère à ses membres le droit de porter le titre d'architecte. Pour s’inscrire à l’Ordre, plusieurs conditions sont nécessaires, notamment disposer d’un diplôme d’État d’architecte, être habilité à la maîtrise d'œuvre en son nom propre, et disposer d’une assurance professionnelle. En 2015, 1 822 architectes étaient inscrits au tableau régional de l’Ordre dans la région Grand Est.

Les personnes qui ont obtenu un diplôme d'architecte et qui ne sont pas inscrites à un tableau de l'Ordre des architectes peuvent utiliser le titre de Titulaire du diplôme d'architecte. Ils peuvent par exemple exercer leur métier en tant que salarié d’une agence d’architecte.

Près de 900 établissements dans le secteur de la promotion immobilière

Dans le domaine de la construction, le commanditaire d’un projet de bâtiment est communément appelé le maître d’ouvrage. Le maître d’ouvrage peut être une personne physique (particulier ou professionnel), une personne morale privée (société ou association) ou publique (l’État ou une collectivité territoriale). Les promoteurs immobiliers sont des maîtres d’ouvrage, ils réunissent les moyens juridiques, financiers, techniques et humains nécessaires à la réalisation de projets immobiliers destinés ultérieurement à la vente, qu'il s'agisse de bâtiments neufs ou de réhabilitation. Pour la conception et la réalisation de l’ouvrage, ils font appel à des prestataires techniques (architectes, géomètres, bureaux d’études…) qui constituent l’équipe de maîtrise d’œuvre du projet.

En considérant la promotion immobilière de logements (sous-classe 4110A de la nomenclature d’activité française), de bureaux (4110B), et d’autres bâtiments (4110C), mais pas les activités d'achat-revente en l'état (6810Z), cette activité regroupe 890 établissements dans le Grand Est en 2015. 75 % sont spécialisés dans la promotion immobilière de logements, 4 % dans celle de bureaux, 21 % dans celle d’autres bâtiments. Le secteur emploie 1 350 personnes en 2014, dont 1 180 (87 %) sont salariées (80 % en CDI). 12 % sont à temps partiel. Il y a presque autant de femmes (47 %) que d’hommes. Les professions les plus représentées dans ce secteur sont les cadres de l’immobilier, les techniciens commerciaux, les secrétaires, comptables ou employés administratifs.

Une bonne insertion professionnelle des diplômés d’architecture, mais beaucoup de départs à l’étranger

Le Grand Est dispose de trois écoles d’architecture reconnues par l’État et le Conseil de l’Ordre des Architectes : deux écoles nationales supérieures d’architecture, l’une à Strasbourg, l’autre à Nancy, et un cursus à l’Institut national des sciences appliquées (INSA) de Strasbourg. De ce point de vue la région se place ainsi juste après l’Île-de-France (6 écoles) et l’Auvergne-Rhône-Alpes (4 écoles).

L’Observatoire de la scolarité et de l’insertion professionnelle du Ministère de la Culture a réalisé fin 2015 une enquête sur les diplômés de l’enseignement supérieur Culture. Concernant l’architecture, cette enquête porte sur les promotions de diplômés en 2012 des 20 ENSA, des 2 écoles des Paysagistes DPLG (ENSAP de Lille et de Bordeaux), ainsi que de l’École de Chaillot.

En 2012, 76 élèves de l’ENSA Nancy ont obtenu un diplôme : pour 55 d’entre eux il s’agissait d’un diplôme d’État d’architecte (DEA) – de niveau master – et pour 21 d’une habilitation à exercer la maîtrise d’œuvre en nom propre (HMONP), délivrée après une année de formation complémentaire ; l’ENSA Strasbourg a quant à elle délivré 78 diplômes (58 DEA et 20 HMNOP). Au niveau national, les cursus HMNOP sont plus nombreux et concernent 47 % des diplômés.

Parmi les jeunes sortants des ENSA de Nancy et Strasbourg, 81 ont répondu à l’enquête, soit un taux de réponse de 54 % : les résultats qui suivent sont donc à considérer avec précaution, d’autant que l’on se restreint ici aux 62 diplômés qui n’ont pas obtenu de diplôme complémentaire (doctorat ou autre). Comme au niveau national, les femmes sont majoritaires (six sur dix). Les diplômés ont pour la plupart trouvé leur premier emploi en moins de 6 mois (74 %, contre 77 % à l’échelle nationale), et, trois ans après l’obtention de leur diplôme, 80 % occupent un emploi dans le champ de l’architecture. Lorsque c’est le cas, 90 % travaillent dans une agence d’architecture, et 84 % sont salariés (majoritairement en CDI) : c’est plus qu’au niveau métropolitain (67 %), en lien avec la plus forte proportion de diplômés d’un DEA. Près de la moitié se sont installés dans le Grand Est, mais beaucoup sont partis à l’étranger (43 % contre seulement 15 % des diplômés toutes écoles confondues). Peu de diplômés issus d’autres écoles se sont implantés dans la région. Concernant les rémunérations, au niveau national, le revenu net moyen annuel des jeunes diplômés exerçant à temps complet s’élève à 25 560 €.

Encadré partenariat

L’étude a été réalisée dans le cadre d’un partenariat entre la Direction régionale de l’Insee du Grand Est et la Direction régionale des affaires culturelles (Drac) du Grand Est.

Pour en savoir plus

« Archigraphie », Conseil National de l'Ordre des Architectes, édition 2016.

Bisault L., Picard T., «   La culture : une activité capitale   », Insee Première n° 1644, avril 2017.

Challand C., Frydel Y., «   L'Alsace, 7e région pour l'importance de son secteur de la culture   », Insee Analyses Alsace n° 17, juillet 2015.

Gouyon M., « Les non-salariés dans les activités culturelles » Insee Références Emploi et revenus des indépendants, édition 2015.

« Le livre blanc des acteurs de l'architecture en région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine ».