Propriété immobilière et marché du travail : distinguer effets de composition et d’externalité

Charles-Marie Chevalier et Raphaël Lardeux

Alors que le taux de propriétaires et le taux de chômage sont positivement corrélés (Oswald, 1996), le statut de propriétaire est associé à une meilleure situation sur le marché du travail. Nous examinons ce paradoxe dans le cas français, en distinguant un effet de composition d’une externalité négative. D’une part, les propriétaires étant individuellement moins exposés au risque de chômage que les locataires, un taux de propriétaires plus élevé se traduit mécaniquement par un taux de chômage réduit. D’autre part, un taux de propriétaires plus élevé pourrait engendrer des frictions réduisant l’appariement sur le marché du travail. À partir du recensement utilisé sur longue période (1968-2011), nous menons des estimations aux niveaux à la fois individuel et agrégé, puis interprétons les résultats dans le cadre d’un modèle d’appariement sur le marché du travail illustrant ces effets de composition et d’externalité négative. Dans le cas français, le second effet l’emporte sur le premier et le taux de propriétaires est positivement corrélé au taux de chômage. Ainsi, une hausse de 10 points du taux de propriétaires local serait associée à des frictions augmentant d’environ 1 point le taux de chômage.

Documents de travail N° G2017/09
No G2017/09
Paru le : 21/11/2017