Une photographie du marché du travail en 2016Le chômage recule de 0,3 point sur un an

Simon Beck et Joëlle Vidalenc, division Emploi, Insee

En 2016, en France, 29,2 millions de personnes de 15 à 64 ans, soit 71,4 % de cette tranche d’âge, sont actives au sens du Bureau international du travail.

Parmi elles, 26,2 millions ont un emploi. Les trois quarts de ces actifs occupés travaillent dans le secteur tertiaire et près de neuf sur dix sont salariés. Les emplois à durée indéterminée restent prédominants chez les salariés (85,3 %). Ils sont minoritaires (44,0 %) chez les 15–24 ans, entrés plus récemment sur le marché du travail et moins diplômés que l’ensemble de leur génération, les plus diplômés étant encore en études. Le sous-emploi, massivement féminin et affectant particulièrement les employés non qualifiés, concerne 6,5 % des actifs occupés.

3,0 millions d’actifs sont au chômage, soit 79 000 de moins qu’en 2015 ; le nombre de personnes dans le « halo » autour du chômage progresse dans le même temps de 44 000. Le taux de chômage s’élève à 10,1 % en 2016 en France, en recul de 0,3 point sur un an. Depuis 2013, le taux de chômage est plus élevé chez les hommes que chez les femmes. Plus fréquent chez les jeunes actifs, le chômage est plus durable chez leurs aînés : six chômeurs de 50 ans ou plus sur dix sont au chômage depuis au moins un an.

Parmi l’ensemble des chômeurs à une date donnée, 20,3 % occupent un emploi le trimestre suivant. Par rapport aux plus âgés, les jeunes perdent plus souvent leur emploi d’un trimestre à l’autre, mais quand ils sont chômeurs, ils accèdent plus fréquemment à l’emploi.

La hausse de l’activité des seniors se poursuit en 2016

En moyenne, en 2016, 29,2 millions de personnes de 15 à 64 ans en France sont actives, soit 71,4 % de cette tranche d’âge. Parmi elles, 26,2 millions ont un emploi et 3,0 millions sont au chômage au sens du Bureau international du travail (BIT) ; 11,7 millions sont inactives, c’est-à-dire ne travaillent pas et ne recherchent pas activement un emploi ou ne sont pas disponibles pour en occuper un (figure 1).

Sur la dernière décennie, la population active âgée de 15 à 64 ans a augmenté, principalement sous l’effet de la hausse du taux d’activité. Entre 2006 et 2016, le nombre d’actifs a augmenté de 1,0 million de personnes et le taux d’activité des 15–64 ans, de 1,9 point en France métropolitaine (sources). Cette hausse est avant tout portée par les seniors : entre 2006 et 2016, en France métropolitaine, le nombre d’actifs âgés de 50 à 64 ans a augmenté de 1,7 million et leur taux d’activité de 8,4 points (dont 7,4 points au titre de l’emploi). La participation croissante des seniors au marché du travail, ininterrompue malgré la crise de 2008, est liée aux réformes des retraites et aux restrictions d’accès aux dispositifs de cessation anticipée d’activité (dispense de recherche d’emploi, préretraite, retraite anticipée). La progression de l’activité des seniors se poursuit en 2016 (+ 0,8 point).

La hausse de l’activité est également due à une participation accrue des femmes au marché du travail : leur taux d’activité a progressé de 3,1 points entre 2006 et 2016 en France métropolitaine. Sur la même période, celui des hommes est resté stable. Les écarts de taux d’activité restent cependant encore marqués entre hommes et femmes : en 2016, en France, 67,6 % des femmes de 15–64 ans sont actives, contre 75,4 % des hommes.

Figure 1 – Statut d'activité

Statut d'activité
Ensemble Sexe (en %) Âge (en %)
en milliers en % Femmes Hommes 15-24 ans 25-49 ans 50-64 ans
Actifs 29 207 71,4 67,6 75,4 36,9 87,9 64,9
Ayant un emploi 26 243 64,2 60,9 67,6 27,8 79,7 60,3
Chômeurs 2 964 7,2 6,7 7,8 9,1 8,2 4,6
Inactifs 11 683 28,6 32,4 24,6 63,1 12,1 35,1
Ensemble 40 890 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0
  • Champ : France hors Mayotte, population des ménages, personnes de 15 à 64 ans.
  • Source : Insee, enquête Emploi 2016.

Le salariat, très largement majoritaire, se compose à parts égales d’hommes et de femmes

Les salariés représentent 88,2 % des actifs occupés en France en 2016. Parmi eux, 85,3 % sont en contrat à durée indéterminée (CDI) ou fonctionnaires, 10,5 % en contrat à durée déterminée (CDD), 2,7 % en intérim et 1,6 % en apprentissage (figure 2). Le CDI reste, de loin, la forme de contrat la plus répandue dans les emplois occupés à une date donnée, mais sa part est en léger repli depuis une dizaine d’années (– 1,5 point entre 2006 et 2016 en France métropolitaine).

Parmi les salariés, les femmes occupent, plus que les hommes, des emplois en CDD (12,3 % contre 8,6 %), mais elles sont deux fois moins nombreuses que les hommes à être intérimaires ou apprenties. Les salariés de moins de 25 ans, entrés plus récemment sur le marché du travail et souvent peu diplômés, occupent plus rarement des emplois en CDI (44,0 %), mais sont plus fréquemment apprentis (16,6 %), en CDD (32,1 %) ou en intérim (7,2 %). À ces âges, ce sont en effet surtout les jeunes peu diplômés qui sont présents sur le marché du travail, les autres poursuivant leurs études.

En 2016, 11,8 % des personnes occupant un emploi en France sont non salariées. Le non-salariat est près de deux fois plus fréquent chez les hommes que chez les femmes (15,0 % contre 8,4 %) et plus répandu parmi les seniors (16,9 % chez les 50 ans ou plus, contre 2,7 % chez les moins de 25 ans).

Figure 2 – Statut d'emploi et type de contrat

Statut d'emploi et type de contrat
Ensemble Sexe (en %) Âge (en %)
en milliers en % Femmes Hommes 15-24 ans 25-49 ans 50 ans ou plus
Non-salariés 3 140 11,8 8,4 15,0 2,7 10,5 16,9
Salariés 23 442 88,2 91,6 85,0 97,3 89,5 83,1
Contrat à durée indéterminée* 19 987 85,3 85,1 85,4 44,0 87,5 92,8
Contrat à durée déterminée 2 453 10,5 12,3 8,6 32,1 9,5 5,9
Apprentissage 379 1,6 1,1 2,1 16,6 0,3 0,0
Intérim 624 2,7 1,5 3,8 7,2 2,7 1,2
Ensemble 23 442 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0
Ensemble des emplois 26 584 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0
  • *Y compris les fonctionnaires
  • Champ : France hors Mayotte, population des ménages, personnes de 15 à 64 ans.
  • Source : Insee, enquête Emploi 2016.

Plus de trois emplois sur quatre dans le secteur tertiaire

En 2016, la part des professions intermédiaires et des cadres s’établit à 43,6 % des actifs occupés (figure 3) et augmente légèrement (+ 0,7 point sur un an), dans la continuité des années précédentes. A contrario, la part des ouvriers, qui avait fortement baissé durant les dernières années, reste stable en 2016 (20,3 %). Celle des employés (27,4 %) recule légèrement. Au total, en 2016, un actif occupé sur cinq est ouvrier ou employé non qualifié.

Les femmes occupent plus souvent des postes d’employés (43,3 %, contre 12,6 % pour les hommes), alors que les hommes sont plus fréquemment ouvriers (31,6 %, contre 8,3 % pour les femmes). Au total, les femmes sont plus présentes sur des postes d’employés ou d’ouvriers non qualifiés (26,4 % contre 14,9 % pour les hommes). La part de cadres reste plus élevée chez les hommes que chez les femmes (20,4 % contre 14,9 %).

Les jeunes de 15 à 24 ans qui occupent un emploi sont, en lien avec leur niveau de diplôme, essentiellement employés ou ouvriers (70,7 %), majoritairement non qualifiés ; seuls 4,8 % sont cadres. La structure des emplois par catégorie socioprofessionnelle est globalement proche entre les 25–49 ans et les 50 ans ou plus.

En 2016, 75,8 % des personnes ayant un emploi, salarié ou non, travaillent dans le secteur tertiaire : 88,0 % des femmes et 64,5 % des hommes, cet écart s’expliquant essentiellement par la forte présence féminine dans les secteurs de l’enseignement, de la santé humaine et de l’action sociale. Les autres secteurs se caractérisent par une plus forte présence masculine : l’industrie représente 13,6 % des emplois (19,1 % pour les hommes), la construction 6,4 % des emplois (11,0 % pour les hommes) et l’agriculture 2,8 % des emplois (4,0 % pour les hommes). Les 50 ans ou plus travaillent plus souvent dans l’agriculture (4,3 %) et les moins de 25 ans dans le commerce (18,2 %) et l’hébergement-restauration (9,1 %).

Figure 3 – Catégorie socioprofessionnelle et secteur d'activité¹

Catégorie socioprofessionnelle et secteur d'activité¹
Ensemble Sexe (en %) Âge (en %)
en milliers en % Femmes Hommes 15-24 ans 25-49 ans 50 ans ou plus
Catégorie socioprofessionnelle
Agriculteurs exploitants 482 1,8 1,0 2,6 0,4 1,3 3,3
Artisans, commerçants, chefs d'entreprise 1 742 6,6 4,0 9,0 1,3 6,1 8,9
Cadres et professions intellectuelles supérieures 4 725 17,8 14,9 20,4 4,8 18,8 19,0
Professions intermédiaires 6 853 25,8 28,2 23,6 22,2 28,0 22,1
Employés qualifiés1 3 718 14,0 21,7 6,8 17,3 14,3 12,5
Employés non qualifiés1 3 556 13,4 21,6 5,8 20,8 11,5 15,2
Ouvriers qualifiés 3 532 13,3 3,5 22,5 15,0 13,5 12,5
Ouvriers non qualifiés 1 869 7,0 4,8 9,1 17,6 6,2 6,1
Non déterminé 107 0,4 0,4 0,4 0,6 0,4 0,4
Secteur d'activité2
Agriculture 754 2,8 1,6 4,0 2,9 2,1 4,3
Industrie 3 626 13,6 7,8 19,1 14,2 14,0 12,7
Construction 1 699 6,4 1,4 11,0 7,3 6,7 5,6
Tertiaire 20 161 75,8 88,0 64,5 73,1 76,0 76,3
Commerce 3 428 12,9 12,6 13,2 18,2 13,2 10,9
Transports 1 463 5,5 3,0 7,8 4,1 5,5 5,9
Hébergement et restauration 1 022 3,8 3,9 3,8 9,1 3,6 3,0
Information et communication 740 2,8 1,7 3,8 2,1 3,2 2,2
Finance, assurance immobilier 1 224 4,6 5,4 3,9 3,1 4,7 4,8
Act. scient., techn., serv. admin. 2 568 9,7 9,3 10,0 8,3 10,5 8,3
Administration publique 2 431 9,1 10,0 8,3 5,7 8,6 11,2
Enseignement 1 995 7,5 10,7 4,6 4,3 7,8 7,8
Activités pour la santé humaine 1 892 7,1 11,1 3,4 5,1 7,2 7,4
Héberg. médico-social et social et action sociale sans hébergement 1 976 7,4 13,0 2,3 6,3 6,9 8,8
Autres services 1 422 5,3 7,3 3,5 6,7 4,8 6,1
Activité indéterminée 344 1,3 1,2 1,4 2,5 1,2 1,1
Ensemble 26 584 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0
  • 1. La ventilation entre employés qualifiés et non qualifiés se fonde sur la nomenclature PCS à quatre chiffres.
  • 2. Les intérimaires sont classés dans le secteur utilisateur.
  • Champ : France hors Mayotte, population des ménages, personnes en emploi de 15 ans ou plus.
  • Source : Insee, enquête Emploi 2016.

6,5 % des actifs occupés sont en sous-emploi

En 2016 comme en 2015, 18,8 % des personnes en emploi travaillent à temps partiel (figure 4). Cette part atteint 43,4 % parmi les employés non qualifiés. Elle est près de quatre fois plus élevée chez les femmes (30,1 % contre 8,2 % pour les hommes) et plus importante aux âges extrêmes (24,8 % pour les 15–24 ans et 22,2 % pour les 50 ans ou plus). En moyenne, les salariés à temps partiel travaillent habituellement 23,3 heures par semaine, contre 39,1 heures pour les salariés à temps complet et 46,2 heures pour les non-salariés.

En 2016, 1,7 million de personnes sont en situation de sous-emploi , soit 6,5 % des actifs occupés. Il s’agit essentiellement de personnes à temps partiel souhaitant travailler davantage et disponibles pour le faire (1,6 million de personnes, dont près d’un quart recherchent activement un autre emploi). Le sous-emploi affecte surtout les femmes (9,4 %), les jeunes (11,9 %) et les employés non qualifiés (18,2 %).

Figure 4 – Temps partiel et sous-emploi

Temps partiel et sous-emploi
Temps partiel Sous-emploi
Effectifs (en milliers) Part (en %) Effectifs (en milliers) Part (en %)
Catégorie socioprofessionnelle
Non-salariés 519 16,5 195 6,2
Salariés 4 474 19,1 1 528 6,5
Cadres 427 10,1 85 2,0
Professions intermédiaires 993 15,4 255 4,0
Employés qualifiés* 828 22,3 221 5,9
Employés non qualifiés* 1 542 43,4 647 18,2
Ouvriers qualifiés 286 8,1 137 3,9
Ouvriers non qualifiés 382 20,4 177 9,5
Sexe
Femmes 3 860 30,1 1 209 9,4
Hommes 1 133 8,2 515 3,7
Âge
15-24 ans 516 24,8 248 11,9
25-49 ans 2 705 16,4 1 017 6,2
50 ans ou plus 1 772 22,2 459 5,7
Ensemble 4 993 18,8 1 724 6,5
  • * La ventilation entre employés qualifiés et non qualifiés se fonde sur la nomenclature PCS à quatre chiffres.
  • Champ : France hors Mayotte, population des ménages, personnes en emploi de 15 ans ou plus.
  • Source : Insee, enquête Emploi 2016.

En 2016, le taux de chômage atteint 10,1 % en France, en recul de 0,3 point

En moyenne, en 2016, on compte 3,0 millions de chômeurs au sens du BIT (figure 5), soit 10,1 % de la population active en France (9,8 % en France métropolitaine). Par rapport à 2015, le nombre de chômeurs recule de 79 000 et le taux de chômage de 0,3 point. En 2008, le taux de chômage avait atteint, pour la France métropolitaine, son plus bas niveau des années 2000, soit 7,1 %. Après une forte hausse en 2009, puis une relative stabilité les deux années suivantes, il a progressé de nouveau entre 2011 et 2013 pour se stabiliser autour de 10,0 % à partir de 2014. Les hommes ont été les plus affectés par cette hausse. Depuis 2013, leur taux de chômage est supérieur à celui des femmes.

Le chômage touche particulièrement les jeunes actifs (24,6 % des actifs de 15 à 24 ans, contre 9,3 % pour les 25–49 ans et 6,9 % pour les 50–64 ans). Cependant, peu de jeunes sont actifs à ces âges (36,9 % des 15–24 ans, contre 87,9 % pour les 25–49 ans). De plus, les jeunes qui sont actifs sont globalement peu diplômés et ont donc un risque de chômage accru. La part des chômeurs au sein de l’ensemble de la population, actifs et inactifs confondus, reste plus élevée chez les jeunes, mais l’écart avec leurs aînés est moindre que pour le taux de chômage : la part de chômeurs est de 9,1 % chez les moins de 25 ans contre 8,2 % pour les 25–49 ans et 4,6 % pour les 50–64 ans (figure 1). Néanmoins, le risque de chômage reste particu lièrement élevé en phase d’insertion professionnelle : en 2016, 19,8 % des actifs ayant terminé leurs études depuis 1 à 4 ans sont au chômage, contre 8,0 % pour ceux sortis du système éducatif depuis au moins 11 ans.

Le risque de chômage est plus élevé pour les ouvriers (14,9 %) et les non-diplômés ou les titulaires du seul brevet des collèges (17,9 %). À l’inverse, il est plus faible pour les titulaires d’un diplôme supérieur à Bac+2 (5,7 %).

Figure 5 – Nombre de chômeurs et taux de chômage

Nombre de chômeurs et taux de chômage
Nombre de chômeurs Taux de chômage (en %)
en milliers Ensemble Femmes Hommes
Ensemble 2 972 10,1 9,9 10,2
Âge
15-24 ans 681 24,6 24,1 25,1
25-49 ans 1 700 9,3 9,4 9,2
50 ans ou plus 592 6,9 6,5 7,3
Catégorie socioprofessionnelle*
Agriculteurs exploitants, artisans, commerçants et chefs d'entreprise 91 3,9 3,9 3,9
Cadres 172 3,5 3,8 3,3
Professions intermédiaires 388 5,4 4,8 6,0
Employés 861 10,6 10,5 11,0
Ouvriers 946 14,9 17,2 14,3
Chômeurs n'ayant jamais travaillé 490 /// /// ///
Diplôme
Sans diplôme, CEP, brevet des collèges 909 17,9 17,2 18,5
CAP, BEP 783 10,8 10,9 10,8
Baccalauréat 627 10,5 11,0 9,9
Bac+2 260 5,7 5,6 5,8
Diplôme supérieur au Bac+2 376 5,7 6,0 5,4
Chômeurs depuis un an ou plus 1 346 4,6 4,3 4,8
15-24 ans 191 6,9 6,1 7,6
25-49 ans 775 4,3 4,2 4,3
50 ans ou plus 379 4,4 3,9 4,9
  • /// : sans objet.
  • * Pour les chômeurs, il s'agit de la catégorie socioprofessionnelle du dernier emploi occupé.
  • Champ : France hors Mayotte, population des ménages, personnes actives de 15 ans ou plus.
  • Source : Insee, enquête Emploi 2016.

Six chômeurs de 50 ans ou plus sur dix sont au chômage depuis au moins un an

En 2016, 44,0 % des chômeurs sont au chômage depuis au moins un an ( « longue durée » ), la moitié d’entre eux depuis au moins deux ans. Après avoir continûment augmenté depuis 2008, le taux de chômage de longue durée se stabilise en 2016 (4,6 % des actifs ; figure 5). Le chômage est plus souvent de longue durée chez les seniors : sur dix chômeurs, six le sont depuis au moins un an parmi les 50 ans ou plus, contre quatre parmi les 25–49 ans et moins de trois pour les moins de 25 ans. Par ailleurs, les moins diplômés et les moins qualifiés sont les plus concernés par le chômage de longue durée : un peu moins de la moitié des chômeurs non diplômés ou titulaires du seul brevet des collèges est au chômage depuis un an ou plus, contre à peine un tiers parmi les diplômés du supérieur.

1,6 million de personnes appartiennent au halo autour du chômage

Parmi les inactifs, 1,6 million souhaitent travailler mais ne satisfont pas tous les critères pour être considérés comme chômeurs au sens du BIT. Ils forment le halo autour du chômage. Par rapport à 2015, leur nombre augmente de 44 000. Ils représentent 3,8 % des 15 à 64 ans (0,1 point de plus qu'en 2015). Les femmes appartiennent plus souvent au halo (4,2 % contre 3,5 % des hommes de 15–64 ans en 2016). Les jeunes appartiennent aussi davantage que leurs aînés au halo (4,6 % des moins de 25 ans, contre 4,2 % pour les 25–49 ans et 2,7 % pour les plus âgés).

Encadré

En 2016, 20,3 % des chômeurs un trimestre donné ont trouvé un emploi le trimestre suivant

En 2016, en moyenne, 95,9 % des actifs âgés de 15 à 64 ans qui sont occupés un trimestre donné le sont encore le trimestre suivant ; 2,0 % se retrouvent au chômage et 2,2 % deviennent inactifs (figure). Les chômeurs, quelle que soit leur ancienneté au chômage, changent davantage de situation : 20,3 % occupent un emploi le trimestre suivant et 20,1 % deviennent inactifs. Les deux tiers de ces nouveaux inactifs se retrouvent dans le halo autour du chômage, illustrant la porosité de la frontière entre chômage et inactivité. Dans 90,2 % des cas, les personnes inactives âgées de 15 à 64 ans restent inactives le trimestre suivant. Cependant, de fortes disparités existent entre les inactifs relevant du halo, qui connaissent de nombreuses transitions, et les autres, qui sont dans une situation très stable. Parmi les personnes appartenant au halo autour du chômage un trimestre donné, 33,7 % y sont encore le trimestre suivant, 28,1 % deviennent chômeurs et 11,5 % trouvent un emploi, contre seulement 3,0 % pour les autres inactifs.

Les transitions sur un trimestre entre emploi et chômage sont très différentes selon l’âge. Les jeunes de 15 à 24 ans perdent plus souvent leur emploi d’un trimestre à l’autre, mais quand ils sont chômeurs, ils accèdent plus fréquemment à l’emploi : 26,0 % des jeunes chômeurs ont un emploi le trimestre qui suit, contre 13,2 % pour les 50-64 ans. Le retour à l’emploi des chômeurs est également plus fréquent pour les cadres (25,0 %) que pour les autres catégories socioprofessionnelles, notamment les ouvriers non qualifiés (20,1 %).

Figure – Transitions trimestrielles entre l’emploi, le chômage et l’inactivité en 20161

en %
Transitions trimestrielles entre l’emploi, le chômage et l’inactivité en 20161
Situation au trimestre t Situation au trimestre t+1
Emploi Chômage Inactivité dont Ensemble
halo autour du chômage inactivité hors halo
Emploi 95,9 2,0 2,2 0,8 1,3 100,0
Chômage 20,3 59,6 20,1 13,0 7,1 100,0
Inactivité 4,1 5,7 90,2 7,3 82,9 100,0
dont : halo autour du chômage 11,5 28,1 60,4 33,7 26,7 100,0
dont : inactivité hors halo 3,0 2,4 94,5 3,6 90,9 100,0
  • 1. Les transitions entre états sont étudiées ici entre deux trimestres ; elles ne décrivent pas certaines entrées-sorties courtes, entre deux trimestres d'interrogation.
  • Lecture : 20,3 % des personnes au chômage un trimestre donné (du T4 2015 au T3 2016) sont en emploi le trimestre suivant.
  • Champ : France hors Mayotte, population des ménages, personnes de 15 à 64 ans.
  • Source : Insee, enquêtes Emploi 2015 et 2016.

Sources

L’enquête Emploi est la seule source permettant de mesurer le chômage et l’activité au sens du Bureau international du travail (BIT). Depuis 2014, elle est menée en continu sur l’ensemble de l’année, en France, (hors Mayotte, où l’enquête est annuelle). Chaque trimestre, environ 110 000 personnes de 15 ans ou plus vivant en ménage ordinaire (c’est-à-dire hors foyers, hôpitaux, prisons...) répondent à l’enquête en France (hors Mayotte). Les personnes décrivent leur situation vis-à-vis du marché du travail (en emploi, au chômage ou en inactivité) au cours d’une semaine donnée, dite « de référence ». Le niveau et la structure de l’emploi fournis par l’enquête Emploi peuvent différer de ceux des sources administratives (estimations d’emploi).

Par rapport à l’édition précédente, le champ de cette publication a été étendu de la métropole à la France (hors Mayotte).

Définitions

Personne ayant un emploi (ou actif occupé) au sens du BIT : personne ayant effectué au moins une heure de travail rémunéré au cours de la semaine de référence ou absente de son emploi, sous certaines conditions de motif (congés annuels, maladie, maternité…) et de durée.

Chômeur au sens du BIT : personne âgée de 15 ans ou plus qui :

– est sans emploi la semaine de référence ;

– est disponible pour travailler dans les deux semaines à venir ;

– a effectué, au cours des quatre dernières semaines, une démarche active de recherche d’emploi ou a trouvé un emploi qui commence dans les trois mois.

Personne active au sens du BIT : personne ayant un emploi ou au chômage.

Taux de chômage au sens du BIT : rapport entre le nombre de chômeurs au sens du BIT et le nombre d’actifs.

Sous-emploi : actifs occupés qui :

– travaillent à temps partiel, souhaitent travailler davantage et sont disponibles pour le faire ;

– travaillent à temps partiel ou à temps complet, mais ont travaillé moins que d’habitude pendant la semaine de référence en raison de chômage partiel ou de mauvais temps.

Durée habituelle hebdomadaire : durée travaillée une semaine sans événement exceptionnel, incluant les heures supplémentaires régulières.

Pour en savoir plus

« Emploi, chômage, revenus du travail », Insee Références, à paraître, juillet 2017.

« Activité, emploi et chômage en 2016 et en séries longues », Insee Résultats, à paraître.

Lê J. et al. , « Chômage de longue durée : la crise a frappé plus durement ceux qui étaient déjà les plus exposés », Insee Références « France portrait social », novembre 2014.

Bessone A. -J. et al. , « Halo autour du chômage : une population hétérogène et une situation transitoire », Insee Références « Emploi, chômage, revenus du travail », juillet 2016.