Les très petites entreprises régionales, maillon important de l’activité en Centre-Val de Loire

Anthony Claudel

Près des deux tiers des entreprises régionales sont de très petites entreprises, comptant moins de 10 salariés. Ces TPE exercent le plus souvent leurs activités dans la construction, le commerce et la santé, principalement dans la sphère présentielle. Quatre TPE sur dix ont des salariés, le plus souvent dans les activités présentielles. Le chiffre d'affaires médian des TPE varie de plus de 50 000 € pour les non employeuses à près d’un million pour celles employant neuf salariés. La sous-représentation des secteurs à haute valeur ajoutée induit une faible productivité globale des TPE régionales. De nombreuses TPE investissent, mais pour de faibles montants. Les exportations sont elles plutôt rares, et majoritairement dans la sphère productive. Trois TPE sur quatre présentes en 2009 sont encore actives quatre ans plus tard mais la proportion d’entreprises employeuses diminue un peu.

Insee Analyses Centre-Val de Loire
No 33
Paru le : 12/05/2017

En 2013, la région Centre-Val de Loire compte près de 120 000 entreprises régionales dans les secteurs principalement marchands non agricoles et non financiers (définitions). Parmi celles-ci, 77 000 sont de très petites entreprises (définitions). La majorité de ces très petites entreprises (TPE) exercent la quasi-totalité de leur activité dans la région.

Près des deux tiers des entreprises régionales sont des TPE

En Centre-Val de Loire, les TPE représentent près des deux tiers des entreprises régionales, le quart des effectifs salariés, du chiffre d’affaires ou des investissements. Elles contribuent à 31 % de la valeur ajoutée régionale mais seulement à 4 % des exportations des entreprises régionales (figure 1). Ces proportions sont dans la moyenne de province.

Figure 1 – Une contribution des TPE dans la moyenne nationale

Une contribution des TPE dans la moyenne nationale
Entreprises Salariés ETP Chiffre d'affaires Chiffre d'affaires à l'export Valeur ajoutée Investissements
(en nombre) (en millions d'euros)
Centre-Val de Loire
Très petites entreprises (TPE) 77 056 74 869 15 774 251 6 381 620
Part dans l'ensemble des entreprises (en %) 64,1 26,1 22,0 3,5 31,4 22,3
TPE employeuses 31 339 74 869 11 750 189 4 587 377
Part des TPE employeuses dans les TPE 40,7 100,0 74,5 75,3 71,9 60,8
Part des entreprises employeuses dans l'ensemble des entreprises 32,8 100,0 91,3 95,2 89,2 78,4
Province
Très petites entreprises (TPE) 1 833 657 1 660 937 320 277 8 636 146 983 16 115
Part dans l'ensemble des entreprises (en %) 64,0 26,8 22,8 4,0 32,1 21,7
TPE employeuses 718 781 1 660 937 272 815 6 622 103 565 9 077
Part des TPE employeuses dans les TPE 39,2 100,0 85,2 76,7 70,5 56,3
Part des entreprises employeuses dans l'ensemble des entreprises 31,4 100,0 89,9 95,3 88,1 79,9
  • Champ : entreprises régionales des secteurs principalement marchands, hors agriculture et services financiers
  • Source : Insee, Ésane 2013 - Fare

Des activités variées mais principalement dans la construction, le commerce et la santé

Comme en France de province, les principaux domaines d’activités des TPE sont la construction (16,9 % des TPE, maçonnerie, électricité, menuiserie…), la santé (13,9 %, infirmiers, médecins généralistes, kinésithérapeuthes…) et le commerce de détail (12,5 %, habillement, pharmacie…). La région se distingue cependant par une plus grande proportion de TPE dans les secteurs de la construction, des autres activités de services (coiffure, cordonnerie…) et de l’industrie. Les TPE régionales exercent en revanche moins souvent dans le secteur de la santé et des activités techniques et spécialisées (activités juridiques, de recherche…) (figure 2).

Figure 2 – Des activités des TPE majoritairement présentiellesRépartition des TPE par secteur d'activité

en %
Des activités des TPE majoritairement présentielles
Centre-Val de Loire France de province
Santé humaine et action sociale 13,91066238 15,88721337
Construction 16,93962832 15,84674778
Commerce de détail, à l'exception des automobiles et des motocycles 12,49610673 12,34685658
Activités spécialisées, scientifiques et techniques 8,931166944 10,14573609
Hébergement et restauration 8,348473837 8,769742651
Activités immobilières, hors agences 5,799678156 5,632569232
Autres activités de services 5,928156146 5,243019823
Commerce de gros, à l'exception des automobiles et des motocycles 3,847850914 4,270373358
Industrie manufacturière hors IAA 4,224200581 3,709963205
Activité de services administratifs et de soutien 4,051598837 3,678986855
Commerce et réparation d'automobiles et de motocycles 3,52081603 3,072384857
Arts, spectacles et activités récréatives 2,350238787 2,331024832
IAA 2,465739203 2,033041076
Information et communication 2,024501661 1,920370058
Agences immobilières 1,271802326 1,567468725
Transports et entreposage, sphère présentielle 1,498909884 1,255741941
Transports et entreposage, sphère productive 1,299055233 1,22765599
Production et distribution d'électricité, de gaz, de vapeur et d'air conditionné 0,51910299 0,684261015
Production et distribution d'eau; assainissement, gestion des déchets et dépollution 0,538569352 0,341339738
Industries extractives 0,033741694 0,035502823
  • Source : Insee, Ésane 2013 - Fare

Figure 2 – Des activités des TPE majoritairement présentiellesRépartition des TPE par secteur d'activité

Les TPE exercent majoritairement leur activité dans la sphère présentielle

Les activités des TPE sont très diverses mais visent majoritairement à satisfaire les besoins locaux : comme en France de province, sept TPE régionales sur dix ont en effet une activité présentielle, les autres ont une finalité productive (définitions).

Ainsi, les TPE exerçant leur activité dans l'agroalimentaire sont quasiment toutes dans la sphère présentielle (boulangeries, charcuteries...). Pour certains secteurs d'activité comme le commerce, le transport ou l'immobilier, les deux finalités coexistent. Les TPE de ces secteurs sont donc scindées par sphère, par exemple le commerce de gros représente la part de la sphère productive du commerce.

Une sous-représentation des TPE présentielles, plus marquée dans le nord de la région

La région compte 208 TPE régionales dans la sphère présentielle pour 10 000 habitants, contre 245 pour la France de province. Cette sous-représentation concerne la plupart des activités présentielles. A l’exception des boulangeries et des charcuteries, l’ensemble des activités présentielles sont moins présentes, avec notamment une sous-représentation marquée dans les secteurs de la santé et de l’immobilier.

La répartition des TPE de la sphère présentielle dans la région est fortement liée au peuplement. Le Loiret et l’Indre-et-Loire concentrent ainsi la moitié des TPE régionales. Cependant leur nombre au regard de la population est supérieur dans les départements du sud, comme en Indre-et-Loire (221 pour 10 000 habitants), dans le Loir-et-Cher (220), le Cher (211) ou l’Indre (210), au contraire du Loiret (198) et de l’Eure-et-Loir (189).

Beaucoup de TPE employeuses dans la sphère présentielle

En Centre-Val de Loire, le nombre de salariés travaillant dans une TPE régionale s’établit à 75 000 en équivalent temps plein, ce qui représente 26 % de l’emploi salarié des entreprises régionales (contre 27 % en France de province) et 14 % de l’emploi salarié globalement (de même qu’en France de province).

Près de 41 % des TPE de la région comptent des salariés. Dans certains secteurs elles sont plus souvent employeuses, comme dans le commerce de détail (48 %), la réparation automobile (60 %), l’industrie manufacturière (50 %), les industries agroalimentaires (76 %), la construction (53 %) ou l’hébergement-restauration (56 %).

Quatre TPE employeuses sur dix n’ont qu’un salarié et à peine plus d’une sur dix compte plus de cinq salariés (figure 3).

Figure 3 – Indicateurs financiers des TPE

Indicateurs financiers des TPE
Secteur Ensemble Non-employeuses Employeuses
Nombre Part d'employeuses (%) Nombre CA (milliers d'euros) VA (milliers d'euros) Nombre CA (milliers d'euros) VA (milliers d'euros) Productivité apparente du travail (milliers d'euros par EQTP) Taux de marge (%) Effectif médian (EQTP)
Industrie manufacturière hors IAA 3 255 50,4 1 615 51,3 18,8 1 640 314,3 146,3 58,1 16,9 2,3
IAA 1 900 76,3 451 91,8 31,2 1 449 220,7 108,1 44,3 27,9 2,0
Construction 13 053 52,7 6 177 65,6 27,2 6 876 241,1 112,4 56,4 19,6 2,0
Commerce de détail, à l'exception des automobiles et des motocycles 9 629 47,9 5 012 68,0 12,2 4 617 329,3 93,0 55,2 29,2 1,0
Commerce de gros, à l'exception des automobiles et des motocycles 2 965 40,5 1 763 46,9 10,9 1 202 480,9 117,0 60,0 18,7 1,3
Commerce et réparation d'automobiles et de motocycles 2 713 60,3 1 077 85,1 12,9 1 636 410,6 114,4 49,0 18,2 2,0
Transports et entreposage, sphère présentielle 1 155 32,2 783 53,9 31,8 372 166,3 106,8 59,2 32,8 0,0
Transports et entreposage, sphère productive 1 001 49,1 510 63,2 29,8 491 278,9 127,6 55,5 16,1 2,0
Hébergement et restauration 6 433 56,1 2 822 54,2 15,3 3 611 174,5 74,9 45,1 23,8 1,0
Activités spécialisées, scientifiques et techniques 6 882 35,0 4 475 41,2 20,9 2 407 242,9 147,3 78,7 21,7 1,5
Activité de services administratifs et de soutien 3 122 46,0 1 687 38,0 16,1 1 435 135,0 82,2 44,3 14,0 1,3
Santé humaine et action sociale 10 719 15,7 9 040 78,4 60,8 1 679 255,4 189,4 162,8 61,2 1,0
Information et communication 1 560 27,1 1 137 33,6 13,4 423 163,0 90,7 52,8 12,9 1,0
Autres activités de services 4 568 50,0 2 286 32,9 16,9 2 282 95,0 59,6 38,7 24,8 1,0
Ensemble* 77 056 40,7 31 339 52,2 22,9 45 717 230,4 103,6 54,2 23,6 1,3
Sphère présentielle 53 559 44,0 29 992 62,5 28,1 23 567 225,9 99,9 52,8 25,5 1,3
Sphère productive 23 497 33,1 15 725 29,7 13,7 7 772 247,4 117,4 58,9 17,9 1,5
  • *L'ensemble des secteurs ne figurant pas dans ce tableau, le nombre total d'entreprises est supérieur à la somme des lignes.
  • Champ : entreprises régionales des secteurs principalement marchands, hors agriculture et services financiers
  • Source : Insee, Ésane 2013 - Fare

Beaucoup d’entreprises individuelles

Le choix du statut juridique dépend du domaine d’activité, de la taille de l’entreprise et de la présence de salariés.

Les TPE du Centre-Val de Loire n’exercent pas exactement dans les mêmes secteurs qu’au niveau national, ainsi, près de la moitié des TPE ont le statut d’entreprise individuelle. Elles sont plus nombreuses à avoir opté pour le statut d’artisan (10,3 % contre 8,9 % pour la France de province), d’artisan-commerçant (8,2 % contre 6,5 %) et de commerçant (8,6 % contre 7,6 %). La sous-représentation du commerce et des activités spécialisées et techniques conduit à un plus faible nombre de TPE ayant le statut de SARL. La moindre présence des activités de santé engendre une sous-représentation des professions libérales.

Dans la suite de cette étude, les entreprises employeuses et non-employeuses sont analysées séparément, certains outils de mesure ne pouvant être appréhendés pour les entreprises sans salarié.

Le chiffre d’affaires est très dépendant du secteur et de la taille des TPE

Le chiffre d’affaires, représentant les sommes perçues via la vente des biens et services, augmente avec le nombre de salariés (52 000 € en médiane pour une TPE sans salarié, 134 000 pour une TPE avec un salarié, jusqu’à 914 000 pour une TPE à 9 salariés). Les TPE employeuses réalisent ainsi les trois quarts du chiffre d’affaires des TPE de la région alors qu’elles ne représentent que 41% des TPE. La moitié d’entre elles réalisent plus de 230 milliers d’euros de ventes, mais ce chiffre d’affaires médian varie fortement selon le secteur d’activité. Dans le commerce de gros, le chiffre d’affaires médian atteint 481 000 euros. Il est également élevé dans les secteurs du commerce et des industries manufacturières (respectivement 314 000 et 411 000 euros). A l’opposé dans les activités de services de soutien et des autres activités de services (coiffure, esthéticiens etc.), qui emploient moins de salariés, les chiffres d’affaires médians sont plus faibles, inférieurs à 135 000 euros.

Chez les TPE non employeuses, le chiffre d’affaires médian s’établit à 52 000 euros. Les TPE des secteurs de l’IAA, de la réparation automobile et de la santé ont des chiffres d’affaires médians supérieurs à 75 000 euros tandis que celles des services de soutien et des autres services affichent des chiffres d’affaires médians inférieurs à 40 000 euros.

Une productivité médiane basse

Le chiffre d’affaires seul ne peut suffire à décrire la bonne ou la mauvaise santé d’une entreprise, d’autres indicateurs comme la valeur ajoutée ou la productivité apparente du travail (définitions) et le taux de marge sont nécessaires.

La valeur ajoutée représente la richesse créée par les entreprises (définitions). Les TPE employeuses réalisent près de trois quarts de la valeur ajoutée des TPE régionales. En raison de leur mode de production, leurs achats étant plus nombreux, les TPE des secteurs productifs ou du commerce ont une valeur ajoutée plus basse que leur chiffre d’affaires.

Pour s’affranchir de la taille, l’étude de la productivité apparente du travail (définitions) est privilégiée. En Centre-Val de Loire, la productivité médiane des TPE employeuses est un peu moins élevée qu’en France de province (54 200 € contre 55 300 €). Cette différence s’explique par la répartition sectorielle de la région. Les activités à très forte productivité, comme les activités spécialisées, scientifiques et techniques (78 700 € de richesse créée par salarié) ou les activités de santé y sont sous-représentées. De plus, certains secteurs ayant une productivité apparente plus faible (services de soutien, réparation automobile, autres services) sont légèrement surreprésentés dans la région.

Un taux de marge très variable selon les activités

Le taux de marge mesure pour les entreprises employeuses la part de la valeur ajoutée qui reste à disposition de l’entreprise, après déduction des impôts, taxes et frais de personnel. En 2013, la moitié des TPE employeuses ont un taux de marge inférieur à 23,6 % (le double du taux de marge médian des PME de 10 salariés et plus, qui est de 11,8 %). Toutefois d’un secteur à l’autre, le taux de marge médian varie fortement. Pour les TPE employeuses, il est ainsi le plus faible dans le secteur de l’information et de la communication (13 %) et dans celui des services administratifs et de soutien (14 %). Il s’élève à 29,2 % dans le secteur du commerce de détail hors automobile et atteint plus de 50 % dans le secteur de la santé humaine ou dans quelques secteurs où les TPE sont peu nombreuses comme le secteur des activités immobilières hors agence.

De nombreuses TPE investissent mais pour des montants faibles

Près de 4 TPE sur 10 réalisent des investissements, et cela dans les sphères présentielle et productive. 61 % du montant des investissements est réalisé par les TPE ayant des salariés. Les secteurs qui investissent le plus en volume sont la construction (15 % du montant des investissements), le commerce, l’hébergement-restauration et l’industrie.

Le montant médian des investissements dépasse 22 000 € pour les TPE industrielles et 14 000 € pour celles exerçant dans le transport et l’entreposage. Globalement, la moitié des TPE qui investissent engagent moins de 4 200 € et un quart d’entre elles plus de 15 000 €.

Des exportations essentiellement du fait des TPE de la sphère productive

4 % des TPE réalisent une partie de leur chiffre d’affaires à l’export, un peu moins qu’en province (5 %). Les exportations à l’étranger sont réalisées à plus des trois quarts par des entreprises de la sphère productive, principalement employeuses.

Près de la moitié des volumes des exportations sont réalisés par les TPE du commerce de gros, dont une sur cinq exporte. Les plus gros exportateurs sont dans le commerce de gros (matériel industriel, fruits, animaux, boissons…). L’industrie manufacturière réalise un septième du volume et les TPE des activités spécialisées, scientifiques et techniques un dixième.

Des délais de paiement aux fournisseurs plutôt longs

Les délais de paiement permettent d’appréhender les contraintes qui pèsent sur les TPE. Les délais de paiement des clients sont quasi nuls (c’est à dire inférieur à 1 jour) pour une forte proportion de TPE de la sphère présentielle (55 %). Ils sont plus élevés dans l’industrie, la construction ou le commerce (hors commerce de détail) où le délai médian s’échelonne de 29 à 49 jours. Les délais de paiement aux fournisseurs sont élevés dans tous les secteurs, la médiane est de 35 jours. Quelques secteurs n’ont pas ou peu de disparités entre ces deux délais. C’est le cas des TPE du transport dans la sphère présentielle ou des activités administrative et de soutien. Presque toutes les TPE ont des délais fournisseurs bien plus élevés que leurs délais clients, ce qui peut engendrer des tensions sur les trésoreries. C’est particulièrement marqué pour les IAA (boulangeries, charcuteries…), l’hébergement-restauration, le commerce de détail ou les autres activités de service. Les délais de paiement en France de province sont sensiblement les mêmes.

Trois TPE sur quatre actives en 2009 le sont encore 4 ans après

Sur les 69 863 TPE régionales que le Centre-Val de Loire comptait en 2009, 50 880, soit 73 %, sont encore en activité 4 ans après. Une partie d’entre elles ne sont plus des TPE et/ou ne sont plus régionales. En 2013, 47 283 sont encore des TPE régionales (figure 4).

Figure 4 – Trois quarts des TPE actives en 2009 encore actives en 2013Devenir des TPE régionales de 2009, en 2013

Trois quarts des TPE actives en 2009 encore actives en 2013
Nombre Part (%)
TPE régionales 47 283 67,7
TPE non régionales 893 1,3
Non TPE 2 542 3,6
Inactives ou cessées 19 145 27,4
Ensemble 69 863 100,0
  • Source : Insee, Esane - Fare 2009 - 2013

Forte hausse des activités spécialisées

Les TPE n’exercent pas dans les mêmes secteurs en 2013 qu’en 2009. Certains secteurs ont vu leur poids relatif diminuer, comme l’industrie, le commerce de détail ou la construction alors que l’immobilier hors agences a fortement augmenté.

Les TPE sont moins nombreuses en 2013 qu’en 2009 dans trois secteurs : le commerce de gros, l’industrie agroalimentaire et les autres industries manufacturières. Ce phénomène est global et s'observe aussi en France de province.

Moins de TPE employeuses quatre ans après

Entre 2009 et 2013, une TPE sans salarié sur sept en 2009 a embauché en 2013. Les TPE ayant suivi le changement inverse et n’employant plus de salariés sont un peu plus nombreuses. Ainsi, en 2013 la part d’employeuses parmi les TPE présentes sur toute la période a diminué de 46,2 % à 45,6 % entre 2009 et 2013. De même, l’effectif global des TPE présentes sur toute la période a diminué de 55 000 ETP à 54 200 ETP. Les réductions d’effectifs ont surtout concerné des secteurs à effectif médian plus élevé (IAA, réparation automobile).

Encadré

Les catégories économiques d’entreprises

À partir de critères économiques, la loi de modernisation économique (LME) de 2008 distingue quatre grandes catégories d’entreprises, des plus grandes aux plus petites : les grandes entreprises, les entreprises de taille intermédiaire, les petites et moyennes entreprises hors microentreprises (PME) et les microentreprises. Les microentreprises sont des unités légales de moins de 10 personnes n’appartenant pas à un groupe et ayant un chiffre d’affaires ou un total de bilan n’excédant pas 2 millions d’euros. En Centre-Val de Loire, dans les secteurs principalement marchands non agricoles et non financiers, 77 056 unités légales appartiennent à cette catégorie.

Dans cette étude, les très petites entreprises (TPE) sont les microentreprises qui ne relèvent ni du statut d’auto-entrepreneur, ni du régime fiscal de la micro-entreprise, unités pour lesquelles il y a peu de données comptables exploitables. Les TPE représentent 70 % des microentreprises au sens de la LME, quasiment 100 % de leurs salariés, 99 % de leur chiffre d’affaires et 99 % de leur valeur ajoutée.

Sources

Esane (dispositif d’Élaboration des statistiques annuelles d’entreprises) produit des statistiques structurelles sur les entreprises marchandes à l’exception du secteur agricole, à partir de données administratives et d’enquêtes auprès d’un échantillon d’entreprises.

Fare (Fichier approché des résultats Esane) est un fichier destiné à l’analyse économique et financière des entreprises.

Définitions

Dans cette étude, les entreprises régionales représentent les entreprises mono régionales ou quasi-monorégionales. Les entreprises monorégionales ont toutes leurs établissements dans la même région. Les entreprises sont quasi-monorégionales si elles ont plus de 80 % de leurs établissements ou salariés dans la même région.

Très petites entreprises : entreprises qui emploient moins de 10 salariés, n’appartiennent pas à un groupe (sauf s'il s'agit d'un groupe de type micro-entreprise au sens de la LME), ont un chiffre d’affaires ou un total de bilan inférieur à 2 millions d’euros et, dans cette étude, ne relèvent ni du statut d’auto-entrepreneur, ni du régime fiscal de la micro-entreprise, ces dernières étant économiquement très à part.

Chiffre d’affaires : représente le montant des affaires (hors taxes) réalisées par l’entreprise avec les tiers dans l’exercice de son activité professionnelle normale et courante. Il correspond à la valeur de la production vendue, c’est-à-dire à la somme des ventes de marchandises, de produits fabriqués, des prestations de services et des produits des activités annexes.

Délais de paiement des fournisseurs : ce ratio moyen se définit comme le rapport entre le total des dettes fournisseurs sur l’ensemble du secteur (y compris comptes rattachés) et le total des achats et charges externes annuels TTC divisé par 360, pour être exprimé en jours d’achats. DPFmoyen = Total dettes fournisseurs / (Total achats et charges externes TTC / 360).

Délais de paiement des clients : ce ratio moyen se définit comme le rapport entre le total des créances clients sur l’ensemble du secteur (y compris comptes rattachés et effets escomptés non échus), et le total des chiffres d’affaires annuels TTC divisé par 360, pour être exprimé en jours de chiffre d’affaires. DPC moyen = Total créances clients / (Total CATTC / 360).

Densité présentielle : correspond au nombre de très petites entreprises dans la sphère présentielle pour 10 000 habitants pour un territoire donné.

Productivité apparente du travail : rapport du montant de richesse créé par l’entreprise après déduction des coûts extérieurs (valeur ajoutée hors taxes) rapporté à l’effectif salarié en équivalent temps plein. Représente la valeur ajoutée par salarié d’une entreprise. N’est pas définie pour les entreprises sans salarié.

Sphère présentielle et sphère productive : La partition de l'économie en deux sphères, présentielle et productive, permet de mieux comprendre les logiques de spatialisation des activités et de mettre en évidence le degré d'ouverture des systèmes productifs locaux.

Les activités présentielles sont les activités mises en œuvre localement pour la production de biens et de services visant la satisfaction des besoins de personnes présentes dans la zone, qu'elles soient résidentes ou touristes.

Les activités productives sont déterminées par différence. Il s'agit des activités qui produisent des biens majoritairement consommés hors de la zone et des activités de services tournées principalement vers les entreprises de cette sphère.

Dans le secteur des transports, les TPE spécialisées dans le transport de voyageurs relèvent majoritairement de la sphère présentielle tandis que celles orientées transport de fret s’inscrivent dans une logique productive. Dans le secteur du commerce, les TPE exerçant leur activité dans le commerce de détail ou dans la réparation et le commerce automobile relèvent majoritairement de la sphère présentielle (contrairement aux grossistes). Dans le secteur immobilier, les TPE de type agences immobilières sont tournées vers la sphère présentielle, tandis que celles gérant des locations de parking ou de local commercial sont tournées vers la sphère productive.

Taux d’investissement : rapport entre les investissements corporels bruts hors apports et la valeur ajoutée.

Taux de valeur ajoutée : rapport entre la valeur ajoutée et le chiffre d’affaires.

Trésorerie : la trésorerie est constituée par les sommes d’argent disponibles en caisse ou en banque.

Valeur ajoutée : valeur de la production vendue diminuée de la consommation intermédiaire, c’est à dire la différence entre le chiffre d’affaires et les consommations intermédiaires, matières premières et services nécessaires à la production des biens et services de l’entreprise.