Des villes moyennes marquées par leur diversité fonctionnelle et leur insertion dans un réseau métropolitain

France-Line Mary-Portas, Philippe Bertrand, Insee

Les villes moyennes et leurs aires d’influence abritent près du quart de la population régionale. Leur poids économique tend à se réduire depuis les années 2000, sous l’effet d’une métropolisation qui favorise les grandes villes. Les plus grandes des villes moyennes ont une trajectoire plutôt favorable de l’emploi et une relative autonomie vis à vis des métropoles grâce à la diversité de leur tissu économique et leurs fonctions supérieures. Les villes moyennes de tradition industrielle, dont certaines sont très spécialisées, sont en revanche fragilisées par une situation économique défavorable. Pour certaines d’entre elles, la contiguïté à une grande aire urbaine leur donne une attractivité résidentielle qui compense les pertes de la sphère productive. D’autres sont plus isolées et leur population est parfois éloignée d’équipements spécifiques des plus grandes agglomérations. Les autres villes moyennes se caractérisent par une dominante de la sphère présentielle, avec une grande variété de profils : insérées dans un réseau ou plus isolées, avec une fonction plutôt administrative, résidentielle ou bien touristique.

Insee Analyses Auvergne-Rhône-Alpes
No 39
Paru le : 09/05/2017

Auvergne-Rhône-Alpes est structurée par la montagne et un maillage urbain très hiérarchisé. Dans la partie centrale de la région, celle des plaines du sillon Rhône-Saône, le bi-pôle Lyon - Saint-Étienne constitue le point de convergence de différents axes de communication majeurs pour l’Europe occidentale. À l’est, les montagnes tertiaires des Alpes du nord et du Jura encadrent de profondes vallées où les aires urbaines de Grenoble, Chambéry, Annecy et Annemasse font système. Dans la plaine de la Limagne, Clermont-Ferrand est l’unique grande ville de la partie auvergnate. Elle se situe au coeur du Massif central, ouvert vers le nord, mais qui forme une barrière naturelle limitant les échanges au sud.

Ces sept aires des grandes villes concentrent 60 % de la population et des emplois de la région. Chacune d’entre elles comprend un pôle urbain avec une population supérieure à 150 000 habitants. Elles constituent les principaux pôles autour desquels se dessinent des systèmes d’échanges préférentiels.

Un quart de la population et des emplois dans 35 villes moyennes

La structuration de la région ne se résume pas à l’armature formée par les grandes villes. Un ensemble de 35 villes moyennes (définitions) contribue à prolonger les réseaux de connexions entre les métropoles. Elles font office de pôles secondaires d’emplois en périphérie des grandes aires, ou constituent des pôles d’emplois ou de services à la population indépendants dans des espaces plus isolés des massifs montagneux. Constituées des moyens pôles et des grands pôles dont la population est inférieure à 150 000 habitants, ces villes moyennes abritent avec leurs aires d’influence près du quart de la population et de l’emploi régional.

Un poids économique qui tend à se réduire depuis le début des années 2000

Le poids économique de ces villes tend à se réduire dans la période récente alors qu’il est resté relativement stable dans le dernier quart du vingtième siècle. Dans la région comme ailleurs, on assiste depuis la fin des années 1990 à un mouvement de différenciation croissante des territoires, avec une forte concentration des emplois dans les métropoles et plus grandes aires urbaines, et un décrochage des villes moyennes, amplifié par la crise. Entre 1999 et 2013, l’emploi a progressé de 1,2 % par an dans les aires des grandes villes d’Auvergne-Rhône-Alpes, contre une croissance annuelle de seulement 0,7 % dans les aires des villes moyennes. Ces dernières n’ont même bénéficié d’aucun gain d’emploi depuis la crise de 2008.

Cette évolution ainsi que les enjeux de développement qui en découlent ne concernent cependant pas les villes moyennes de manière uniforme. De taille variable, celles-ci forment en effet un ensemble très hétérogène du point de vue de leur fonction économique (figure 1). Auvergne-Rhône-Alpes est de ce point du vue la région dont le profil des villes moyennes est le plus diversifié. La spécialisation économique, le développement du secteur industriel et l’attrait touristique contribuent aux trajectoires très différenciées de ces villes. La proximité d’autres villes ou l’isolement jouent également un rôle.

Figure 1 – Des profils de villes moyennes très différenciésPopulation des aires urbaines et typologie fonctionnelle des villes moyennes

  • Champ : moyennes aires et grandes aires urbaines. Les aires des villes moyennes ont un pôle urbain de moins de 150 000 habitants, contrairement aux aires des grandes villes.
  • Source : Insee, Recensement de la population 2013

Des « grandes » villes moyennes dotées de fonctions supérieures

Six villes moyennes se distinguent des autres par le poids plus important des emplois relevant des fonctions dites « métropolitaines » ou supérieures et la diversité des fonctions occupées par les actifs travaillant sur le territoire. Elles disposent également d’administrations publiques et d’équipements de la gamme supérieure des services à la population, notamment en matière de santé.

En cela, elles ressemblent le plus aux très grandes aires urbaines. Il s’agit d’ailleurs exclusivement de villes dont l’aire dépasse 75 000 habitants (Valence, Bourg-en-Bresse, Vienne, Mâcon 1 , Montluçon et Montélimar). À part Montluçon, ces villes sont situées sur l’axe Saône-Rhône.

Aucune de ces villes n’a échappé au phénomène de désindustrialisation à l’œuvre depuis quarante ans. Néanmoins, leurs spécificités fonctionnelles leur ont le plus souvent permis de conserver un niveau de croissance de l’emploi proche de 1 % par an en moyenne entre 1999 et 2013 (figure 2). Montélimar, Valence, Bourg-en-Bresse et Mâcon font notamment partie de la dizaine de villes moyennes dela région qui ont continué dans la période à gagner des emplois non seulement dans la sphère présentielle, mais également dans la sphère productive, et qui n’en ont pas perdu après la crise de 2008. Montluçon, et dans une moindre mesure Vienne, sont en revanche dans une position nettement plus défavorable. Autrefois caractérisées par la forte présence d’industries traditionnelles, ces villes ont perdu respectivement la moitié et les deux tiers de leurs emplois dans ce secteur depuis 1975. Dans la période plus récente, elles ont continué à subir des pertes d’emplois dans la sphère productive. Si pour Vienne ces pertes ont été largement compensées par les gains réalisés dans la sphère présentielle, cela a tout juste suffi pour Montluçon.

Figure 2 – La croissance dans la sphère présentielle ne compense pas toujours le déclin de la sphère productive Évolution annuelle moyenne de l’emploi entre 1999 et 2013 dans les aires des villes moyennes (en %)

La croissance dans la sphère présentielle ne compense pas toujours le déclin de la sphère productive
Évolution de l'emploi due à la sphère productive Évolution de l'emploi due à la sphère présentielle Évolution totale de l'emploi
Pierrelatte 1,03 1,04 2,07
Tournon-sur-Rhône 0,74 0,89 1,63
Montélimar 0,44 1,08 1,52
Albertville 0,12 1,35 1,47
Thonon-les-Bains 0,06 1,30 1,37
Aubenas -0,06 1,25 1,20
Valence 0,19 0,96 1,15
Montbrison 0,12 1,02 1,14
Saint-Flour 0,17 0,92 1,09
Mâcon 0,28 0,80 1,08
Bourg-en-Bresse 0,17 0,86 1,03
Crest -0,10 1,13 1,03
Sallanches -0,05 1,07 1,02
Belley 0,12 0,83 0,95
Issoire 0,05 0,86 0,91
Bourg-Saint-Maurice -0,01 0,85 0,84
Saint-Marcellin -0,32 1,15 0,83
Chamonix-Mont-Blanc 0,16 0,62 0,78
Vienne -0,23 0,94 0,71
Romans-sur-Isère -0,10 0,79 0,69
Ensemble villes moyennes d'Auvergne-Rhône-Alpes -0,12 0,80 0,68
Brioude -0,11 0,77 0,66
Feurs -0,63 1,23 0,60
Le Puy-en-Velay -0,07 0,64 0,56
Vichy -0,27 0,63 0,36
Saint-Jean-de-Maurienne -0,18 0,48 0,30
Moulins -0,06 0,33 0,27
Aurillac 0,02 0,25 0,26
Annonay -0,73 0,87 0,14
Privas -0,24 0,36 0,11
Montluçon -0,50 0,55 0,05
Cluses -0,74 0,74 0,00
Roanne -0,68 0,64 -0,04
Tarare -1,02 0,75 -0,26
Thiers -0,70 -0,10 -0,79
Oyonnax -1,40 0,43 -0,97
  • Note de lecture : dans l'ensemble des villes moyennes de la région, l'emploi total a augmenté de 0,7 % par an en moyenne entre 1999 et 2013. Les pertes dans la sphère productive ont contribué à une baisse de l'emploi de 0,1 % par an en moyenne, tandis que les gains dans la sphère présentielle représentent une augmentation de l'emploi de 0,8 % par an en moyenne.
  • Source : Insee, Recensements de la population

Figure 2 – La croissance dans la sphère présentielle ne compense pas toujours le déclin de la sphère productive Évolution annuelle moyenne de l’emploi entre 1999 et 2013 dans les aires des villes moyennes (en %)

Leur grande taille, la diversité de leur tissu économique et leur bon niveau d’équipement permettent à ce premier ensemble de villes moyennes de conserver une relative autonomie vis-à-vis des grandes villes auxquelles elles sont connectées. Valence fonctionne d’ailleurs comme une grande ville, en constituant un pôle d’emploi attractif et le coeur d’une zone indépendante d’échanges privilégiés pour les déplacements quotidiens domicile-travail, reliant Drôme et Ardèche (figure 3). Même si les aires de Mâcon, Bourg-en-Bresse, Montluçon et Montélimar appartiennent à des zones d’échanges privilégiés organisés autour de métropoles (respectivement Lyon, Clermont-Ferrand et Avignon), elles emploient sur leur propre territoire plus des trois quarts des actifs occupés qui y résident. Vienne constitue l’exception, 30 % des actifs occupés qui résident dans l’aire ont un emploi dans l’aire contiguë de Lyon, qui pourrait l’absorber à terme.

1 L’aire urbaine de Mâcon est retenue dans l’étude, car en grande partie localisée en Auvergne-Rhône-Alpes.

Un profil industriel pouvant être signe de fragilité

Seize villes moyennes de tradition industrielle se distinguent par une plus forte proportion d’emplois relevant des fonctions de fabrication, transport-logistique ou entretien-réparation, et un déficit d’emploi des administrations publiques. Ces villes sont généralement de taille nettement moins importante que les précédentes. Il s’agit d’un type de ville moyenne fortement représenté dans les régions françaises situées au nord de la Loire.

Cinq d’entre elles conjuguent à la fois concentration et spécialisation sectorielle des emplois dans le secteur industriel. C’est le cas de Cluses (décolletage), d’Oyonnax (plasturgie), d’Issoire (composants électroniques et électriques dans l’aéronautique et l’automobile), de Thiers (métallurgie) et de Pierrelatte (nucléaire). Près de 40 % des actifs qui résident dans l’aire de ces villes exercent une fonction liée à l’industrie, contre 29 % de ceux qui habitent dans les onze autres aires à dominante industrielle.

Sur la période récente, la prédominance des activités industrielles a souvent constitué un facteur de fragilité. Ce sont d’ailleurs essentiellement des villes de ce groupe qui ont subi les pertes d’emplois les plus pénalisantes dans la sphère productive entre 1999 et 2013, au premier rang desquelles Oyonnax, Tarare, Annonay, Cluses, Roanne, Thiers et Feurs. À l’inverse, la spécialisation de l’activité dans des secteurs industriels plus dynamiques constitue un atout pour des villes comme Tournon-sur-Rhône (chimie) et surtout Pierrelatte. Leurs aires sont celles où l’emploi a le plus progressé sur la période. Bon nombre des villes à dominante ou à spécialité industrielle sont contiguës aux grandes aires ou métropoles régionales et directement soumises à leur influence. Elles sont souvent en passe d’être absorbées par elles au vu de l’intensité des échanges domicile-travail qui s’effectuent dans les deux sens. Tarare est ainsi directement reliée à l’aire lyonnaise, Feurs et Montbrison à l’aire stéphanoise, Cluses à l’aire de Genève-Annemasse, Saint-Marcellin à celle de Grenoble, Thiers et Issoire à celle de Clermont-Ferrand, tandis que Romans-sur-Isère et Tournon-sur-Rhône sont connectées entre elles et à l’aire de Valence. Ces villes moyennes industrielles constituent à la fois des pôles secondaires d’emploi et des nouveaux espaces périurbains des plus grandes agglomérations. Ceci leur fait courir le risque de devenir en partie des « cités dortoirs », mais leur donne également l’opportunité de créer de nouveaux emplois dans la sphère présentielle.

Quelques autres de ces villes appartiennent aux zones d’échanges préférentiels de grandes aires sans être directement soumises à l’influence d’une seule. C’est le cas d’Annonay, Belley, Saint-Jean-de-Maurienne et Brioude. Les trois dernières, relativement isolées, sont éloignées d’équipements dont elles-mêmes sont dépourvues. En effet, entre 16 % et 22 % de la population résidant dans leur aire d’influence se situe en moyenne à plus de 30 minutes des équipements de la gamme supérieure.

Enfin, deux villes à dominante ou à spécialité industrielle, Roanne et Oyonnax, constituent une exception, car elles forment une zone d’échanges à elles seules, avec peu de connexions avec les autres aires urbaines. Cette forte autonomie peut constituer une fragilité en période de récession économique, fragilité doublée pour Oyonnax par un relatif isolement pour l’accès aux grands équipements.

Les villes à vocation présentielle se différencient en fonction de leur attractivité résidentielle et touristique

Le dernier ensemble de treize villes moyennes est caractérisé par une prédominance des emplois de services à la population, par exemple dans la santé, le social ou la construction. En Auvergne-Rhône-Alpes, ces villes sont souvent implantées dans des zones des massifs alpin et central plus ou moins isolées.

Deux d’entre elles, Moulins et Privas, se distinguent des autres villes moyennes par le poids deux fois plus important des emplois des administrations publiques (15 % de leur emploi total). En effet, elles sont respectivement préfectures des départements de l’Allier et de l’Ardèche dont elles ne sont ni les plus grandes villes, ni les capitales économiques.

Les onze autres villes ont une vocation principalement présentielle, avec une concentration des emplois dans les services et commerces de proximité, la culture et les loisirs. Dans ces villes, l’évolution de l’emploi dépend peu du développement ou du recul des activités de la sphère productive. Elle est davantage liée à leur attractivité résidentielle ou touristique, ainsi qu’à leur place dans les réseaux d’échanges.

Au sein des Alpes, les villes moyennes à dominante présentielle sont connectées entre elles au sein des vallées de Chamonix et de la Tarentaise. Ainsi, le pôle d’emploi touristique qu’est Chamonix-Mont-Blanc attire de nombreux navetteurs en provenance du reste de la vallée, alors que les équipements et services de la gamme supérieure sont plutôt localisés à Sallanches. La dominante touristique se combine à la proximité de l’industrie spécialisée à l’entrée de la vallée dans l’aire de Cluses. En Tarentaise, les deux villes moyennes, Bourg-Saint-Maurice et Albertville, situées aux deux extrémités de la vallée, ont des fonctionnements bien différenciés. Bourg-Saint-Maurice fait office de pôle d’emploi touristique, qui attire de nombreux navetteurs des environs. De par la position de la ville, sa population est éloignée des équipements de la gamme supérieure. A l’entrée de la vallée, Albertville, dont beaucoup d’habitants vont travailler dans les villes environnantes, combine bon accès aux équipements et progression de l’emploi présentiel.

Les villes moyennes situées au sud ouest de la région ont un accès parfois difficile aux villes environnantes. À faible attractivité démographique, elles n’ont gagné que peu d’emplois dans la période. Le Puy-en-Velay est confrontée au vieillissement démographique. Néanmoins, sa population est repartie à la hausse au cours des années 2000, ainsi que l’emploi dans la sphère présentielle. L’isolement accentue le rôle structurant d’Aurillac, ville au coeur urbain dans un environnement agricole. Saint-Flour est une ville de montagne éloignée de tout centre urbain. C’est un pôle d’emploi entouré de petits bassins de vie où l’emploi présentiel progresse fortement. Enfin, Moulins est un pôle administratif au nord de l’Allier, attractif pour les villes environnantes (Vichy), mais où l’emploi productif a baissé et le présentiel n’a guère évolué, sous l’effet des réformes administratives et de la baisse de population.

Aubenas et Privas forment un autre réseau à l’extrême sud de la région, de faible intensité. Pôle d’emploi administratif où l’emploi évolue peu, Privas attire de nombreux actifs des villes environnantes, principalement d’Aubenas, Valence et Montélimar. Au cœur de l’Ardèche méridionale, Aubenas est une ville où l’arrivée de nombreux retraités a amorcé le développement d’activités répondant aux besoins de ces nouvelles populations. L’industrie traditionnelle s’y est estompée au fil du temps pour laisser place notamment aux activités touristiques. Toutes trois situées à proximité de grandes villes, Thonon-les-Bains au bord du lac Léman, Vichy au nord de Clermont-Ferrand et Crest au sud de Valence ont cependant des trajectoires bien distinctes. Thonon-les-Bains est une ville à la vocation touristique et résidentielle, un tiers de ces habitants ayant un emploi travaillent à l’extérieur, en Suisse ou dans le Genevois français. Vichy, ville thermale, la plus peuplée de l’Allier, a une taille et un fonctionnement relativement autonome qui la rapprochent des « grandes » villes moyennes. Quant à Crest, c’est une ville moyenne plus petite qui s’est développée sous l’effet du desserrement de Valence.

Encadrés

Encadré

En Auvergne-Rhône-Alpes, 288 000 personnes changent chaque jour d’aire urbaine pour se rendre de leur domicile à leur lieu de travail. Ces flux contribuent à mettre en réseau certaines aires urbaines et structurent la région en sept grandes zones d’échanges privilégiés, qui traduisent la forte densité du maillage entre les aires qui les composent. 96 % des échanges domicile-travail entre aires urbaines ont lieu à l’intérieur de ces zones. La plus importante, autour du bi-pôle formé de Lyon et Saint-Etienne, concentre la moitié de la population régionale.

Se dégagent également des zones dans le Genevois français, le Sillon alpin sud, le Massif central et autour de Valence. Deux territoires industriels du Roannais et du Jura sont relativement autonomes. L’aire urbaine d’Aurillac, ainsi que quelques aires d’Ardèche et de la Drôme comme Montélimar, sont sous influence extrarégionale.

Figure 3 – Neuf zones d’échanges privilégiés structurantesRéseaux d’aires urbaines constitués par les navettes domicile-travail

  • Source : Insee, Recensement de la population 2013

Le mot du partenaire

Dans le cadre des travaux de sa section prospective, le CESER Auvergne-Rhône-Alpes a engagé une réflexion sur les villes moyennes. En effet, l’avenir des villes moyennes est prégnant pour notre région, tant par leur proximité avec les espaces ruraux que par leur place dans le mouvement de métropolisation.

Une seconde publication, s’appuyant sur des projections démographiques, est prévue à l’automne.

Pour comprendre

Dans cette étude, est considérée comme ville moyenne un pôle de moyenne ou grande aire urbaine, comprenant donc plus de 5 000 emplois, dont la population est inférieure à 150 000 habitants et qui n’est pas préfecture d’une ancienne région. Sur les 311 villes de France métropolitaine répondant à cette définition, 35 se situent en Auvergne-Rhône-Alpes, en incluant Mâcon dont la couronne périurbaine déborde sur la région, bien que son pôle se situe en Bourgogne-Franche-Comté.

Une typologie fonctionnelle des villes moyennes en cinq classes a été construite sur la base d’une classification ascendante hiérarchique des aires de l’ensemble des villes moyennes de France métropolitaine. Les aires sont d’autant plus proches que leur profil selon la grille fonctionnelle des emplois se ressemble. Cette grille permet d’analyser les fonctions remplies par les actifs travaillant sur un territoire donné selon la profession qu’ils occupent, indépendamment de leur secteur d’activité, de leur niveau de qualification ou de leur statut. Les professions sont réparties en quinze fonctions, certaines d’entre elles interviennent dans les différentes étapes de la production (agriculture et pêche, fabrication, entretien-réparation, transport-logistique, conception-recherche, prestations intellectuelles, commerce interentreprises, gestion), d’autres sont plutôt tournées vers les services à la population (administration publique, culture-loisirs, enseignement-formation, santé-social, services de proximité, distribution, BTP). Cinq fonctions sont plus spécifiquement localisées dans les grandes aires urbaines, ce sont les fonctions dites « métropolitaines » (conception-recherche, prestations intellectuelles, commerce interentreprises, gestion et culture-loisirs).

L’évolution de l’emploi entre 1999 et 2013 est quant à elle analysée selon les contributions respectives des emplois de la sphère présentielle et de la sphère productive, définies à partir des secteurs d’activité. Les activités présentielles sont celles mises en œuvre localement pour la production de biens et de services visant la satisfaction des besoins de personnes présentes dans la zone, qu’elles soient résidentes ou touristes. Les activités productives, déterminées par différence, rassemblent les activités qui produisent des biens majoritairement consommés hors de la zone et les activités de services tournées principalement vers les entreprises de cette sphère.

Pour en savoir plus

« Dynamique de l’emploi et des métiers : quelle fracture territoriale ? », France Stratégie, La note d’analyse n° 53, février 2017

« Un fort maillage des villes moyennes en Bretagne », Insee Analyses Bretagne n° 45, juillet 2016

« Panorama des villes moyennes », L’Insee et la statistique publique, Documents de travail n° H2011/01, août 2011