La construction en Normandie : la reprise se fait attendre

Auteurs : Étienne Silvestre

En Normandie, 90 500 personnes travaillent dans la construction. Le poids de ce secteur est relativement élevé dans la région. Or, l’activité décline nettement depuis bientôt dix ans. C’est le secteur le plus touché par les pertes d’emploi sur cette période. D’une part les établissements normands perdent des emplois, mais surtout des établissements disparaissent. Quelques signes de reprise sur le marché de l’immobilier et la hausse récente des autorisations de construire laissent entrevoir la reprise de l’activité. Ces meilleures perspectives ne sont toutefois pas encore répercutées sur l’emploi qui parvient tout juste à se stabiliser sur la période récente.

Insee Analyses Normandie
No 30
Paru le : 24/03/2017

Un secteur relativement important dans la région

La construction désigne l’édification, l’extension, la démolition, la restructuration, l’entretien et la rénovation de bâtiments à usage résidentiel ou non-résidentiel. En Normandie, ce secteur emploie 90 500 salariés et non salariés fin 2014, soit 7,1 % du total des emplois, une proportion plus élevée qu’en France métropolitaine (6,3 %). Dans tous les départements normands, le poids de la construction dans l’emploi total dépasse celui du niveau national. Il varie de 6,5 % dans le Calvados à 8,0 % dans la Manche. (figure 1). Dans ce secteur, la part d’emplois non salariés est importante. Ainsi, 18,6 % des emplois sont occupés par des non salariés, contre seulement 10,2 % sur l’ensemble des secteurs de la région. Il présente aussi la particularité de recourir fortement à l’intérim. En 2014, la construction utilise 5 950 ETP d’intérimaires, soit 18,7 % du total des ETP d’intérimaires dans la région.

Figure 1 – Un secteur fortement représenté en NormandieEmplois et établissements de la construction fin 2014

Un secteur fortement représenté en Normandie
Emploi salarié % de l'emploi salarié Emploi non salarié % de l'emploi non salarié Emploi total % de l'emploi total Établ. % des établ.
Calvados 14 341 5,8 3 854 12,5 18 195 6,5 5 599 12,5
Eure 10 804 6,2 3 455 16,3 14 259 7,3 5 327 16,3
Manche 12 666 7,6 2 502 10,2 15 168 8,0 3 430 12,7
Orne 5 841 6,3 1 641 11,3 7 482 7,0 2 381 14,8
Seine-Maritime 30 883 6,6 4 502 11,2 35 385 6,9 7 380 11,4
Normandie 74 535 6,5 15 954 12,2 90 489 7,1 24 117 13,0
France métropolitaine 1 339 907 5,6 333 493 11,8 1 673 400 6,3 583 898 12,5
  • Sources : Estel, REE

La construction emploie 6,5 % des salariés en Normandie, quasiment un point de plus qu’en France métropolitaine. Ces emplois sont cependant diversement présents sur le territoire. Fin 2013, cette part dépasse 8,0 % dans les zones d'emploi de Coutances, Granville, Avranches, Bernay et Pont-Audemer. Dans cette dernière, le poids de la construction est particulièrement élevé (11,0 %). Inversement, les salariés du secteur représentent moins de 6,0 % à Bayeux, Vire, Évreux et Vallée-de-la-Bresle-Vimeu. (figure 2)

Figure 2 – Un secteur fortement présent dans la Manche et l’ouest de l’EurePart de la construction dans l'emploi salarié des zones d'emploi fin 2013

  • Source : Estel

Un tissu de petits établissements employeurs

Fin 2014, 24 000 établissements relèvent du secteur de la construction en Normandie, soit 13,0 % du total. Cette part est, comme pour l’emploi, plus élevée qu’en France métropolitaine (0,5 point de plus). 38,4 % de ces établissements ont au moins un salarié, soit quatre points de plus que l’ensemble des établissements. Au niveau national, la construction est également un secteur plus employeur que les autres, mais l'écart est moindre (deux points de plus que l'ensemble).

Les établissements relevant du secteur de la construction sont plus souvent employeurs que dans les autres secteurs. Les établissements employeurs sont cependant plus petits en moyenne. Leur nombre moyen de salariés est de 7,8, contre 11,9 dans l’ensemble de l’économie marchande. Dans la construction, les établissements de plus de 50 salariés sont relativement peu nombreux (0,7 % des établissements contre 4,7 % dans l’industrie par exemple), et emploient au total un quart des salariés (figure 3). A contrario, un tiers des établissements emploie 9 salariés ou moins contre un cinquième seulement dans l’ensemble des secteurs marchands.

Figure 3 – Un tiers des salariés dans des établissements de moins de 10 salariésRépartition des salariés selon la taille de l'établissement en 2014

En %
Un tiers des salariés dans des établissements de moins de 10 salariés
Tranche d'effectifs Normandie ensemble Normandie construction France métropolitaine construction
1-9 20,1 32,8 36,0
10-19 11,1 18,4 17,1
20-49 16,5 23,4 21,0
50 et + 52,3 25,4 25,8
  • Source : Insee - Clap 2013

Figure 3 – Un tiers des salariés dans des établissements de moins de 10 salariésRépartition des salariés selon la taille de l'établissement en 2014

Une activité en berne depuis 10 ans

Au début des années 2000, le marché immobilier est très dynamique en Normandie comme en France. La baisse des taux, l’allongement des durées d’emprunts et certains dispositifs publics (comme le prêt à taux zéro ou les dispositifs d’amortissement fiscal en faveur de l’investissement locatif) stimulent la demande de biens immobiliers, dont les prix augmentent. Ce dynamisme, conjugué à l’effort de construction de logements sociaux porté par le plan de cohésion sociale de 2005, favorise la construction. La conjoncture normande encourage ainsi particulièrement les investisseurs : les ventes annuelles de bien immobiliers neufs triplent et les prix moyens bondissent, de 61 % pour les maisons et de 57 % pour les appartements. Le nombre d'autorisations de construire des logements augmente ainsi de près de 85 % entre le début 2003 à la fin 2006, date à laquelle elles sont au plus haut (figure 4). Ainsi, l’activité normande est bien plus dynamique qu’au niveau national (+ 61 %). Sur cette même période, les autorisations de construire des locaux professionnels augmentent de 35 % en Normandie.

Dès le début de 2007 l’activité du bâtiment connaît des premiers signes d’essoufflement en raison du durcissement des conditions d’emprunts, liés à la remontée des taux immobiliers. La crise économique de 2008 vient amplifier cette baisse d’activité. Ainsi, entre fin 2006 et fin 2009, le nombre de logements autorisés baisse de 35 % sur la région. Le plan de relance de l’économie, décidé en 2009, soutient les secteurs que la crise a mis le plus en difficulté : l’automobile et la construction. Les effets de ces mesures sur l'activité sont vifs, mais provisoires. Après une forte hausse en 2010, suivie d’une stabilisation en 2011, l’activité rechute à partir de 2012, conséquence de la crise européenne des dettes souveraines. Au total, de 2007 à 2014, le nombre annuel de logements autorisés à la construction baisse de moitié dans la région et de 38 % au niveau métropolitain. À son plus bas niveau fin 2014, l’activité est de 15 % inférieure à ce qu’elle était début 2000. La surface des locaux autorisés à la construction diminue également sur cette période, de 40,3 % en Normandie et de 29,9 % en France métropolitaine.

Signes de reprise dans le bâtiment en 2016

Depuis 2015, l’activité repart, comme en France métropolitaine, à un rythme lent. Le nombre de logements autorisés augmente de 17 % entre début 2015 et le troisième trimestre 2016. La reprise de la construction de locaux est plus tardive. La construction de locaux continue cependant de fléchir plus longtemps. Les signes de reprise en Normandie n'apparaissent que début 2016.

Figure 4 – La construction de logements repart en 2016Évolution du nombre de locaux et de logements autorisés

Indice base 100 en décembre 2000
La construction de logements repart en 2016
Nombre de logements autorisés en France métropolitaine Nombre de logements autorisés en Normandie Surface de locaux autorisés en France métropolitaine Surface de locaux autorisés en Normandie
2000M12 100,0 100,0 100,0 100,0
2001M01 99,9 99,4 100,7 99,0
2001M02 100,3 98,9 101,5 99,8
2001M03 100,3 98,9 101,3 98,8
2001M04 99,2 96,6 101,8 98,9
2001M05 97,4 96,0 101,7 94,1
2001M06 97,2 94,9 102,7 90,9
2001M07 97,7 92,6 102,8 92,1
2001M08 97,6 92,6 103,0 90,0
2001M09 97,1 90,9 101,6 87,3
2001M10 97,9 90,3 101,4 86,1
2001M11 97,4 88,6 100,6 84,1
2001M12 97,0 89,1 99,2 83,2
2002M01 97,0 88,6 99,1 83,6
2002M02 96,2 86,9 98,4 82,3
2002M03 95,3 85,7 96,0 79,1
2002M04 96,7 89,1 94,8 77,1
2002M05 96,7 89,7 93,3 74,1
2002M06 96,4 89,1 92,0 73,9
2002M07 96,1 90,3 90,9 71,6
2002M08 95,4 90,3 89,3 72,1
2002M09 96,5 89,7 89,1 70,7
2002M10 96,2 89,7 87,8 71,2
2002M11 96,2 90,9 87,8 71,3
2002M12 97,2 90,3 86,6 70,7
2003M01 97,5 92,0 85,8 69,0
2003M02 98,3 93,1 85,1 67,8
2003M03 98,7 94,9 86,3 69,3
2003M04 98,6 92,0 86,3 69,9
2003M05 99,4 93,1 85,9 71,0
2003M06 100,2 94,3 85,9 72,3
2003M07 101,4 94,9 85,4 72,4
2003M08 102,4 96,0 85,4 74,1
2003M09 103,6 97,1 85,8 74,5
2003M10 104,5 97,7 85,7 75,5
2003M11 105,5 98,9 85,2 74,1
2003M12 107,0 103,4 85,4 74,2
2004M01 108,6 104,6 86,2 73,4
2004M02 110,3 104,6 85,6 73,6
2004M03 112,2 106,9 84,4 73,0
2004M04 113,9 109,1 84,3 72,4
2004M05 115,7 110,3 84,2 73,9
2004M06 118,8 116,0 84,1 76,8
2004M07 119,9 117,1 83,8 76,0
2004M08 122,2 120,6 83,8 75,4
2004M09 123,8 125,7 83,5 78,2
2004M10 126,0 129,1 83,1 74,4
2004M11 128,3 133,7 82,5 75,5
2004M12 130,8 130,3 82,6 73,7
2005M01 132,5 133,7 81,9 76,6
2005M02 133,2 136,0 82,8 76,5
2005M03 134,6 138,3 84,1 78,1
2005M04 135,6 140,6 84,5 82,7
2005M05 136,2 139,4 85,4 82,0
2005M06 138,1 138,3 86,0 79,2
2005M07 139,2 140,6 86,9 81,2
2005M08 139,8 140,6 87,9 79,9
2005M09 141,0 140,0 89,4 78,6
2005M10 141,2 138,9 90,2 80,1
2005M11 141,8 138,9 91,7 83,9
2005M12 143,7 140,6 92,3 85,7
2006M01 145,0 142,9 93,2 84,3
2006M02 146,7 144,6 94,2 84,1
2006M03 149,1 146,9 95,7 83,9
2006M04 150,4 150,3 95,9 81,1
2006M05 152,2 154,3 95,6 80,8
2006M06 153,2 154,3 96,5 81,2
2006M07 154,3 156,0 97,4 82,7
2006M08 155,2 157,1 97,4 83,8
2006M09 154,6 159,4 97,2 86,4
2006M10 156,4 164,6 98,4 89,5
2006M11 157,7 165,7 98,8 87,0
2006M12 157,1 170,3 100,1 92,5
2007M01 156,3 167,4 100,5 92,5
2007M02 156,3 168,6 99,9 93,7
2007M03 156,9 168,6 100,9 100,2
2007M04 156,2 165,7 101,1 105,8
2007M05 155,8 163,4 102,3 109,9
2007M06 154,8 161,1 101,6 109,4
2007M07 155,1 162,9 102,3 109,4
2007M08 154,8 161,1 103,4 108,3
2007M09 154,4 158,3 103,7 106,2
2007M10 153,5 154,9 104,4 107,3
2007M11 150,7 149,1 104,3 107,9
2007M12 149,1 146,3 102,5 105,8
2008M01 148,8 144,6 102,7 107,3
2008M02 148,3 141,7 103,5 110,2
2008M03 146,2 139,4 101,3 103,8
2008M04 145,2 133,7 101,1 97,9
2008M05 143,6 133,7 101,2 94,2
2008M06 140,7 131,4 102,2 95,6
2008M07 137,4 126,3 102,5 97,3
2008M08 134,2 124,6 101,2 99,0
2008M09 132,2 124,0 100,6 97,2
2008M10 129,2 120,6 100,4 98,8
2008M11 126,8 120,0 100,3 98,0
2008M12 123,0 117,1 101,5 97,6
2009M01 119,4 115,4 101,9 97,9
2009M02 114,6 112,6 101,5 98,0
2009M03 110,8 108,6 101,7 100,9
2009M04 107,8 110,9 100,8 98,1
2009M05 104,2 108,6 100,5 98,3
2009M06 101,7 108,6 98,3 95,1
2009M07 100,2 107,4 96,9 92,9
2009M08 99,1 106,3 96,1 93,5
2009M09 98,2 102,9 96,1 93,8
2009M10 97,0 106,9 95,5 93,4
2009M11 97,2 108,0 94,9 92,6
2009M12 98,2 108,0 92,9 88,2
2010M01 99,1 112,0 91,5 84,6
2010M02 101,4 117,7 89,5 79,8
2010M03 104,7 124,6 89,6 79,3
2010M04 107,3 127,4 90,5 79,4
2010M05 110,0 129,1 88,8 79,1
2010M06 113,2 131,4 89,3 79,3
2010M07 116,1 137,7 89,8 80,0
2010M08 117,8 139,4 89,6 79,3
2010M09 119,9 141,7 89,1 78,2
2010M10 120,7 139,4 88,9 74,4
2010M11 121,5 140,0 88,9 74,2
2010M12 123,0 140,6 90,3 75,0
2011M01 125,1 139,4 91,1 76,5
2011M02 125,3 135,4 92,0 78,2
2011M03 124,6 133,1 92,3 77,3
2011M04 124,5 132,0 92,9 79,4
2011M05 126,5 135,4 93,6 78,7
2011M06 127,0 135,4 92,9 77,8
2011M07 127,7 130,3 93,0 74,4
2011M08 129,4 132,0 93,6 73,9
2011M09 131,7 138,9 93,9 74,5
2011M10 132,6 137,7 94,9 75,6
2011M11 134,0 140,0 94,4 78,2
2011M12 135,5 143,4 94,4 80,6
2012M01 135,1 141,1 94,2 80,5
2012M02 135,4 141,7 95,4 80,6
2012M03 135,0 138,3 95,0 81,0
2012M04 135,4 137,1 93,7 78,1
2012M05 133,5 133,1 93,5 77,9
2012M06 133,0 132,6 94,4 81,1
2012M07 131,9 133,1 94,2 81,7
2012M08 132,0 129,7 93,7 79,6
2012M09 129,3 123,4 94,2 78,5
2012M10 128,6 126,9 93,2 77,4
2012M11 127,3 122,9 93,7 75,4
2012M12 125,0 118,9 92,1 72,8
2013M01 125,2 121,7 92,2 71,7
2013M02 127,2 122,3 90,9 69,7
2013M03 128,0 124,6 90,1 66,7
2013M04 125,9 124,0 90,1 69,4
2013M05 123,3 122,3 90,0 69,8
2013M06 121,1 118,9 89,3 67,9
2013M07 118,4 118,9 89,5 71,4
2013M08 114,6 117,7 88,4 73,1
2013M09 112,5 117,1 87,7 75,7
2013M10 111,8 112,6 87,0 75,2
2013M11 110,8 114,3 85,6 73,9
2013M12 109,7 111,4 86,3 74,0
2014M01 107,0 108,0 84,8 74,2
2014M02 102,9 103,4 84,5 73,3
2014M03 101,5 98,9 85,3 73,8
2014M04 99,9 96,0 84,4 71,3
2014M05 100,1 96,0 82,4 68,8
2014M06 100,0 94,3 82,1 68,2
2014M07 100,4 88,6 80,9 64,5
2014M08 100,1 88,6 80,2 61,5
2014M09 100,4 86,3 79,1 60,2
2014M10 99,2 86,9 77,6 59,7
2014M11 98,3 83,4 76,2 58,9
2014M12 98,2 84,0 75,1 62,5
2015M01 97,8 83,4 73,9 61,5
2015M02 97,2 84,0 73,6 62,2
2015M03 96,3 84,0 71,7 61,7
2015M04 97,2 84,0 71,6 61,3
2015M05 96,6 84,6 72,0 60,6
2015M06 97,9 86,9 72,3 60,2
2015M07 97,8 89,7 71,8 58,6
2015M08 98,8 92,0 71,9 58,0
2015M09 99,7 90,9 71,7 59,3
2015M10 100,4 88,6 72,4 57,5
2015M11 102,6 90,3 73,5 56,9
2015M12 104,1 88,6 73,7 52,2
2016M01 104,8 89,7 75,3 53,5
2016M02 106,6 89,7 75,7 53,0
2016M03 106,8 93,1 75,8 51,3
2016M04 108,1 93,1 76,8 59,8
2016M05 110,3 93,7 77,0 61,3
2016M06 110,5 94,3 76,2 61,4
2016M07 111,3 93,1 75,1 64,7
2016M08 112,8 93,1 76,8 65,6
2016M09 115,3 97,1 77,6 66,2
2016M10 115,9 98,3 77,6 66,9
  • Source : SOeS, Sit@del2, estimations sur données arrêtées à fin décembre 2015

Figure 4 – La construction de logements repart en 2016Évolution du nombre de locaux et de logements autorisés

Les travaux publics subissent la baisse des investissements publics

Entre 2000 et 2008, le montant des commandes adressées aux entreprises de travaux publics progresse de 7,0 % par an en moyenne en Normandie, davantage qu’en France métropolitaine (+ 5,6 %, figure 5).

Dans les premières années qui suivent la crise de 2008, le secteur des travaux publics résiste bien. La forte dépendance du secteur aux commandes publiques le rend moins dépendant des aléas conjoncturels. Ainsi, entre 2008 et 2013, l’activité reste stable en France métropolitaine. Sur cette période, la Normandie souffre toutefois plus de la crise avec une rétractation de l’activité de 2,2 % par an en moyenne. Depuis 2014 en revanche, le secteur subit, en Normandie comme en France métropolitaine une forte baisse de l’activité. Les collectivités territoriales réduisent leurs investissements suite aux baisses successives de la dotation globale de fonctionnement qui leur est versée par l’État (- 3,6 milliards d'euros chaque année depuis 2014). Ainsi, en 2015 en Normandie, l’activité dans le secteur se situe 25 % en deçà de son niveau de 2008, année où elle était au plus haut.

Au cours des trois premiers trimestres 2016 l'activité tend à s’améliorer légèrement. Le climat reste toutefois très incertain. Les nouvelles collectivités territoriales issues de la loi NOTRe (nouvelle organisation territoriale de la République), nouvelles régions et intercommunalités, sont en phase de réorganisation, ce qui peut peser sur les décisions d’investissement à court terme.

Figure 5 – Les travaux publics chutent fortement depuis 2012Évolution du montant des travaux publics effectués

Indice base 100 en 2000
Les travaux publics chutent fortement depuis 2012
France métropolitaine Normandie
2000 100,0 100,0
2001 104,6 108,2
2002 105,8 116,4
2003 112,2 130,8
2004 121,4 140,2
2005 127,9 133,6
2006 140,1 127,2
2007 153,9 142,4
2008 154,5 171,3
2009 147,6 165,9
2010 146,2 161,2
2011 152,6 158,3
2012 153,1 159,2
2013 159,9 151,5
2014 149,0 145,3
2015 136,9 129,0
  • FNTP, enquête annuelle d'activité dans les travaux publics en métropole

Figure 5 – Les travaux publics chutent fortement depuis 2012Évolution du montant des travaux publics effectués

Des conséquences lourdes sur l’emploi

Comme en France métropolitaine, l’emploi salarié normand des secteurs principalement marchands progresse légèrement de fin 2001 à fin 2007 (+ 1,6 %) puis subit une décrue qui s’atténue courant 2009. De fin 2007 à fin 2015, le recul cumulé s'élève à 7,6 % en Normandie et 2,5 % en France métropolitaine. Secteur le plus dynamique de l’économie au début des années 2000, la construction est le secteur le plus touché par le retournement de 2008. En effet, l’emploi salarié progresse vivement de fin 2001 à fin 2008 dans ce secteur, puis régresse à son niveau initial sur la période 2008-2016. La construction normande gagne ainsi 13 400 postes (+ 18,4 %) avant d'en perdre 14 000 (- 16,2 %). La Normandie se place au 4e rang des 13 régions métropolitaines pour la part d’emplois perdus depuis 2008. La baisse est nettement plus importante que dans l'ensemble des secteurs, car elle ne faiblit pas et s'amplifie à partir de 2013. (figure 6). En 2016, la hausse de l’activité permet de stabiliser l’emploi, sans toutefois permettre les créations nettes.

Figure 6 – L’emploi dans la construction au plus bas niveau depuis 2001Évolution de l'emploi régional

Indice base 100 en 2001 T4
L’emploi dans la construction au plus bas niveau depuis 2001
Construction Normandie Construction France métropolitaine Secteurs principalement marchands Normandie Secteurs marchands France métropolitaine
2001T4 100 100 100 100
2002T1 100,65899 100 100 100
2002T2 100,96726 100 100 100
2002T3 101,02069 100 100 100
2002T4 100,97822 100 100 100
2003T1 101,3358 100 100 100
2003T2 101,4591 100,06219 99,895432 99,768484
2003T3 101,51939 100,31872 99,445727 99,494286
2003T4 101,93451 100,87842 99,350772 99,582237
2004T1 101,94958 101,52363 99,065127 99,461952
2004T2 102,52363 102,14552 99,138389 99,556369
2004T3 102,60173 102,33209 98,898598 99,516274
2004T4 103,21414 102,87624 98,999658 99,654666
2005T1 104,0074 103,54478 99,155536 99,791765
2005T2 104,59652 104,51648 99,058892 99,859021
2005T3 105,79257 105,3949 99,240359 99,969605
2005T4 106,92698 106,62313 99,045772 100,12675
2006T1 107,63118 107,90578 98,639582 100,2451
2006T2 108,79299 109,08738 99,404289 100,79026
2006T3 109,89999 110,16014 99,508857 101,15047
2006T4 110,95493 111,39614 99,60628 101,24424
2007T1 112,9415 112,60106 100,7512 102,04743
2007T2 113,49089 113,51057 100,6278 102,28024
2007T3 114,82806 114,89428 101,06971 102,60552
2007T4 116,5735 116,11474 101,53188 102,81117
2008T1 116,03644 116,46455 101,42212 103,12999
2008T2 117,49007 116,87655 101,17882 102,69024
2008T3 118,12714 117,32743 100,35787 102,42057
2008T4 118,30114 116,76772 99,521457 101,60574
2009T1 118,28744 115,81157 98,258722 100,5665
2009T2 117,59282 115,10417 97,529607 100,0873
2009T3 116,7201 114,27239 97,339307 99,844147
2009T4 115,81724 113,74378 97,111207 99,907523
2010T1 115,23085 113,24627 96,835824 99,805346
2010T2 115,03905 112,95087 96,841279 99,844794
2010T3 114,47459 112,68657 96,836083 100,10088
2010T4 113,65804 112,39894 96,718266 100,30718
2011T1 113,68544 112,40672 96,907008 100,58655
2011T2 112,77298 112,18905 96,901422 100,8407
2011T3 112,38526 111,77705 96,741908 100,77991
2011T4 112,63735 111,73818 96,90363 100,73335
2012T1 111,85916 111,87034 96,576288 100,76698
2012T2 111,46458 111,39614 96,182439 100,61436
2012T3 111,39334 111,02301 95,943167 100,40548
2012T4 110,13701 110,50995 95,543212 100,12934
2013T1 108,85601 109,65485 95,459299 100,13839
2013T2 107,98192 109,28949 94,794223 99,8241
2013T3 107,11193 109,00964 94,779155 100,01423
2013T4 106,11865 108,49658 94,714595 100,11058
2014T1 105,5583 107,9602 94,494159 99,977366
2014T2 104,77737 107,11287 94,592751 99,985126
2014T3 103,34429 106,01679 94,093815 99,666307
2014T4 102,71544 104,82743 93,993923 99,728389
2015T1 101,37279 103,88682 93,751015 99,674714
2015T2 100,56994 103,17164 93,61735 99,906876
2015T3 99,590355 102,40205 93,712046 100,09894
2015T4 99,171119 102,19216 93,869611 100,37508
2016T1 98,606658 102,04447 93,676973 100,51412
2016T2 98,423072 101,8268 93,567469 100,70489
  • Source : Estimations trimestrielles d'emploi

Figure 6 – L’emploi dans la construction au plus bas niveau depuis 2001Évolution de l'emploi régional

La baisse est limitée dans la Manche (- 10,8 %) mais l’Orne (- 22,9 %) et l'Eure (- 18,5 %) sont davantage touchés. (figure 7) De fin 2008 à fin 2013, toutes les zones d'emploi perdent des salariés dans la construction. La diminution est de plus de 15 % dans huit d'entre elles et inférieure à 7 % dans cinq autres. Vernon-Gisors, Alençon et Nogent-le-Rotrou perdent presque un cinquième de leurs effectifs salariés. Celles où la part de la construction dans l'emploi salarié est élevée résistent relativement bien, à l'exception de Coutances (- 11,2 %). (figure 8)

Figure 7 – Le département de l’Orne particulièrement touchéÉvolutions de l'emploi et des établissements dans les départements

Indice base 100 en 2001 T4
Le département de l’Orne particulièrement touché
Période Calvados Eure Manche Orne Seine-Maritime
2001T4 100 100 100 100 100
2002T1 101,36946 99,867512 102,11043 100,46218 100,06338
2002T2 101,55157 99,782341 102,21677 100,58543 100,68379
2002T3 102,77535 100,05678 101,00613 100,35434 100,7038
2002T4 102,96474 100,4921 100,79346 99,938376 100,53369
2003T1 103,24155 99,924293 100,5317 101,8179 101,18412
2003T2 103,76603 100,80439 100,9407 100,69327 101,00734
2003T3 103,48193 102,25229 101,54601 101,21707 100,41361
2003T4 104,55274 103,05669 101,93865 101,27869 100,47698
2004T1 104,79312 104,82635 102,33947 101,54059 99,556371
2004T2 106,25 104,60869 101,99591 101,98737 100,41027
2004T3 106,27914 103,104 102,67485 102,64982 100,69713
2004T4 107,20425 104,70332 102,66667 103,112 101,1074
2005T1 108,42075 105,57396 102,66667 101,83331 102,4483
2005T2 108,78497 106,39727 104,37628 103,25065 102,41828
2005T3 110,20542 107,72215 104,98978 104,28285 103,74249
2005T4 111,03584 108,27103 106,76483 105,57695 104,91995
2006T1 111,53846 108,93347 107,97546 107,74919 105,21348
2006T2 112,76224 110,24889 108,43354 107,74919 106,83122
2006T3 114,68531 110,47601 109,59509 106,91727 108,27218
2006T4 115,45746 112,70938 110,61759 107,47188 109,16278
2007T1 117,4898 114,62099 112,8589 108,93545 111,16411
2007T2 118,50233 115,6525 112,8589 108,61192 111,74116
2007T3 119,85723 117,3086 113,72597 108,98167 113,36558
2007T4 121,18298 119,2486 114,78119 111,20012 115,40694
2008T1 121,45251 116,54206 114,81391 109,16654 115,36024
2008T2 122,44318 120,0246 114,47853 109,61331 117,25817
2008T3 122,87296 121,37787 114,92843 110,86119 117,68179
2008T4 122,89481 120,37475 114,70757 111,24634 118,45564
2009T1 123,00408 119,55143 114,36401 109,95224 119,08606
2009T2 122,669 119,42841 115,56646 109,95224 117,1014
2009T3 121,58362 117,6209 114,78119 108,95086 116,64443
2009T4 120,96445 117,70607 114,22495 108,0265 115,12675
2010T1 119,98834 117,40324 113,89775 107,78 114,43963
2010T2 118,70629 116,22031 112,35174 109,25897 115,28686
2010T3 117,23485 116,62724 114,91207 108,35002 113,59573
2010T4 117,24213 116,50421 112,11452 106,93268 113,09873
2011T1 116,54283 117,92372 111,4274 105,56155 113,56237
2011T2 114,91841 117,49787 110,34765 103,6204 113,09206
2011T3 115,27535 116,73133 109,59509 103,54337 112,57839
2011T4 115,36276 116,32441 111,29652 102,77307 112,76851
2012T1 115,34091 112,91757 110,78119 102,46495 112,36157
2012T2 115,37733 112,82294 110,61759 100,66246 111,87458
2012T3 115,43561 112,51065 110,43763 99,661069 112,07472
2012T4 114,17541 111,07221 108,58896 99,676475 110,8539
2013T1 112,56556 109,41611 107,56646 98,521029 109,71981
2013T2 111,62587 108,93347 106,94479 98,012633 108,55237
2013T3 110,66434 107,79786 106,49489 97,257741 107,62508
2013T4 110,14714 106,51084 106,06135 95,43984 106,47098
2014T1 110,00146 105,97142 106,28221 94,577107 105,45697
2014T2 109,05449 104,59922 105,82413 94,053305 104,77652
2014T3 107,4155 103,13239 104,18814 91,850254 103,6958
2014T4 105,41958 102,46049 104,2863 90,710214 103,52568
2015T1 104,1958 100,87063 103,10838 89,708828 102,07138
2015T2 103,46737 99,129365 102,65849 87,675243 101,68779
2015T3 102,82634 97,558437 102,40491 86,935757 100,41027
2015T4 102,81906 96,280874 102,38855 86,874133 99,863242
2016T1 101,88666 96,252484 101,61145 86,781698 99,269513
2016T2 101,73368 96,659411 101,44785 86,273301 98,922615
  • Source : Estimations trimestrielles d'emploi, REE

Figure 7 – Le département de l’Orne particulièrement touchéÉvolutions de l'emploi et des établissements dans les départements

Figure 8 – Les zones d’emploi d’Alençon, Vernon-Gisors et Nogent-le-Rotrou sont les plus touchées par les pertes d’emploiÉvolution de l'emploi dans les zones d'emploi de fin 2008 à fin 2013

  • Source : Estel

Les baisses d’emploi dans la construction normande résultent davantage des cessations d’établissements que des baisses d’effectifs des établissements pérennes. Entre 2008 et 2014, le nombre d’établissements de la construction croît de 440 en moyenne chaque année (+ 2,2 %), relativement moins que dans l’ensemble des secteurs (+ 2,7 %). La part des établissements entrants (21,5 % du total) est pourtant plus élevée (+ 1,5 point), ce qui atteste d’une certaine attractivité. Cependant, la part des établissements sortants (19,3 %) l'est encore plus en raison de la morosité du secteur (+ 1,9 point). Or, les établissements entrants sont par nature plus jeunes et donc moins employeurs que les sortants. Sur la période, ces va-et-vient d'établissements sont neutres sur l'emploi salarié de l'ensemble des secteurs, mais ils pèsent défavorablement sur celui de la construction de 2,5 % en moyenne chaque année. L'impact des variations d'effectifs des établissements pérennes est moins négatif (- 0,9 % par an en moyenne) mais là encore, davantage que dans l'ensemble des secteurs (- 0,7 %). (figure 9)

Figure 9 – Les sorties nettes d’établissements expliquent les deux tiers de la baisse de l’emploiRenouvellement annuel moyen des établissements et de l'emploi

Les sorties nettes d’établissements expliquent les deux tiers de la baisse de l’emploi
Normandie construction Normandie ensemble France métropolitaine construction
Etabl. Emploi salarié Etabl. Emploi salarié Etabl. Emploi salarié
Stock fin 2008 19 061 85 731 147 645 724 182 454 387 1 541 208
Stock début 2014 21 400 75 161 168 726 698 836 535 092 1 428 429
Variation annuelle moyenne 441 -2 078 4 216 -5 069 15 599 -25 424
Evolution annuelle moyenne 2,2 -2,5 2,7 -0,7 3,2 -1,7
dont due à la différence Étab. entrants - étab. sortants -1,6 0,0 -1,3
dont due aux perrennes -0,9 -0,7 -0,4
  • Sources : REE, Clap

Pour comprendre

Estimations d'emploi localisées (Estel) : Estel est un dispositif d'estimation exhaustif de l'emploi salarié et non salarié en fin d'année. Son exhaustivité résulte de la combinaison de plusieurs sources : Déclaration annuelle de données sociales, Système d'information sur les agents des services publics, Mutualité sociale agricole et Particuliers-employeurs. Les dernières données couvrent l'année 2014 au niveau département et 2013 au niveau zone d'emploi.

Estimations trimestrielles d'emploi (ETE) : les ETE fournissent une estimation de l'emploi salarié es secteurs principalement marchands non agricoles en fin de trimestre. Elles mobilisent trois sources : les bordereaux récapitulatifs de cotisations sociales, l’interrogation directe de certaines entreprises et l’estimation par la Dares du nombre d’intérimaires.

Connaissance locale de l'appareil productif (Clap) : Clap localise l'emploi salarié et les établissements des secteurs d'activité en combinant les informations des déclarations annuelles de données sociales et du Répertoire des entreprises et des établissements.

Système d’information et de traitement automatisé des données élémentaires sur les

logements et les locaux (Sitadel) : Sitadel fournit une estimation des logements autorisés et commencés. Elle exploite les informations relatives aux permis de construire : dépôts, autorisations, annulations, modificatifs, mises en chantier et achèvements des travaux.

Définitions

Zone d'emploi : Une zone d'emploi est un espace géographique à l'intérieur duquel la plupart des actifs résident et travaillent, et dans lequel les établissements peuvent trouver l'essentiel de la main d'œuvre nécessaire pour occuper les emplois offerts.

Pour en savoir plus

« Le bilan économique Normandie : en 2015, l'économie normande peine à profiter de l'amélioration nationale » Julien Delamare, Jean-François Eudeline, Isabelle Bigot, Camille Sutter, Sabrina Leroux (Insee), Christelle Bérard (Direccte de Normandie) ,Élisabeth Borgne (Draaf de Normandie), Pascal Capitaine, Erwan Pouliquen (Dreal Normandie) – Insee Conjoncture Normandie N° 3 (2016, mai), 24 p.

« La Normandie à travers la crise : Une timide reprise après crise en Normandie » Isabelle Bigot, Valérie Comte-Trotet, Catherine Fichot, Caroline Levouin, Michel Moisan, Étienne Silvestre et Catherine Sueur (Insee Normandie) – Insee Dossier Normandie N° 2 (2016, novembre), 28 p.