À 18-19 ans, la moitié des jeunes envisagent leur avenir professionnel avec optimisme

Jean-Paul Caille, Depp, Éric Chan-Pang-Fong et Juliette Ponceau, Sies, Olivier Chardon et Gaëlle Dabet, Insee

Ils ont en commun d’être entrés en 6e en septembre 2007. Huit ans après, âgés pour la plupart de 18-19 ans, 45 % de ces jeunes entament des études supérieures, 30 % restent scolarisés dans le secondaire et 25 % ont quitté, à titre définitif ou provisoire, l’école. Le niveau d’acquis à l’entrée en 6e est déterminant sur la situation à 18-19 ans.

Pour ceux qui ont déjà arrêté leurs études, peu diplômés, l’accès et les conditions d’emploi sont difficiles : seuls 37 % occupent un emploi, le plus souvent temporaire (CDD, intérim). L’essentiel de ces jeunes vivent encore chez leurs parents, même quand ils ont un emploi (78 %).

À cet âge, les étudiants sont les plus nombreux à habiter dans leur propre logement la semaine pour se rapprocher de leur lieu d’études (44 %). Cependant, leur décohabitation peut n’être que partielle et passe très souvent par l’aide financière des familles. Un peu plus d’un étudiant de 18-19 ans sur dix occupe un emploi. Dans la moitié des cas, cet emploi est lié à sa formation.

Encore peu engagés vers l’autonomie, ces jeunes de 18-19 ans n’expriment pas souvent des difficultés pour trouver un logement, se déplacer ou payer leurs dépenses courantes. Une petite majorité d’entre eux (53 %) se déclarent plutôt optimistes pour leur avenir professionnel et un sur cinq (21 %) plutôt inquiets, les autres ne se prononçant pas.

Publications grand public
Insee Première – No 1633
Paru le : 02/02/2017

Un quart des élèves entrés en 6ᵉ en 2007 n'est plus en études huit ans après

Au 1er mars 2015, les trois quarts des jeunes entrés en 6e en septembre 2007, âgés pour la plupart de 18-19 ans, sont encore en études : 45 %, devenus bacheliers sans avoir redoublé au collège ou au lycée, poursuivent des études supérieures, et 30 % sont encore scolarisés dans l’enseignement secondaire (figure 1). Ces derniers se répartissent à parts égales entre le second cycle professionnel et le second cycle général et technologique. Neuf sur dix préparent le baccalauréat après avoir redoublé une classe au collège ou au lycée. S’ils l’obtiennent, ils pourront poursuivre des études supérieures.

Un quart des élèves entrés en 6e en septembre 2007 ne sont plus en études en mars 2015. Ces interruptions de scolarité recouvrent des situations différentes. Dans neuf cas sur dix, il s’agit de jeunes qui ont arrêté leurs études en cours ou en fin de scolarité secondaire ; ils ont néanmoins majoritairement un diplôme, en général le baccalauréat ou le CAP. Les autres interruptions concernent des bacheliers qui ont commencé des études supérieures à la rentrée 2014, mais les ont abandonnées par la suite. Ce risque d’abandon est plus élevé pour les jeunes titulaires d’un baccalauréat professionnel ou littéraire sans mention. À 18-19 ans, l’interruption des études n’est pas nécessairement définitive, notamment pour ceux qui avaient obtenu leur baccalauréat sans avoir redoublé dans l’enseignement secondaire : ils peuvent s’inscrire dans l’enseignement supérieur à la rentrée universitaire 2015.

Figure 1 - Situation en mars 2015 des jeunes entrés en 6e en 2007

en %
Figure 1 - Situation en mars 2015 des jeunes entrés en 6e en 2007
En études dans le supérieur En études dans le secondaire Plus en études Ensemble
Avec diplôme Sans diplôme*
Ensemble 45 30 15 10 100
Sexe
Femme 51 27 14 8 100
Homme 40 32 16 12 100
Origine sociale
Agriculteur 58 25 13 4 100
Artisan, commerçant 45 32 15 8 100
Cadre (y c. chef d'entreprise) 68 22 7 3 100
Profession intermédiaire 53 30 11 6 100
Employé 38 32 18 12 100
Ouvrier 32 33 21 14 100
Sans profession 18 30 18 34 100
Résultats aux évaluations de 6e
1er quartile (les 25 % d'élèves les plus faibles) 14 38 25 23 100
2e quartile 34 39 17 10 100
3e quartile 54 29 11 6 100
4e quartile (les 25 % d'élèves les meilleurs) 77 14 7 2 100
Âge à l'entrée en 6e
10 ans ou moins 75 18 5 2 100
11 ans (âge normal) 51 31 12 6 100
12 ans ou plus 13 28 31 28 100
  • * Les personnes n'ayant que le brevet sont incluses dans les sans-diplôme.
  • Champ : France, élèves entrés en 6e pour la première fois en 2007.
  • Source : Depp, Insee, Sies, dispositif EVA 2007.

Le niveau d’acquis en 6ᵉ influe fortement sur le destin scolaire des jeunes...

La situation des jeunes est très liée au déroulement de leur scolarité élémentaire : 77 % des élèves les plus performants aux évaluations de 6e ont obtenu le baccalauréat sans redoubler pendant leur scolarité secondaire et poursuivent des études supérieures. A contrario, seuls 14 % des collégiens les moins performants en 6e suivent des études supérieures ; près de la moitié ne sont plus scolarisés, une fois sur deux en ayant néanmoins obtenu un diplôme. Des disparités existent également selon l’âge d’entrée en 6e : plus l’élève était en retard au début de ses études secondaires et plus il risque de ne plus être en études en 2015, et notamment de ne pas avoir obtenu de diplôme.

La situation des jeunes diffère aussi sensiblement selon leur origine sociale. Deux tiers des enfants de cadres de la cohorte poursuivent des études supérieures contre un tiers des enfants d’ouvriers et un cinquième des enfants dont les parents sont sans profession (inactifs ou chômeurs n’ayant jamais travaillé). Ces disparités sociales se doublent de différences entre garçons et filles : la moitié d’entre elles poursuivent des études supérieures en mars 2015, contre seulement quatre garçons sur dix.

C’est le niveau d’acquis en 6e qui est déterminant. Toutes choses égales par ailleurs, il joue plus sur le destin scolaire des jeunes que le sexe, l’origine sociale, le lieu de résidence, le type d’établissement, ou encore l’âge d’entrée en 6e.

... et la filière suivie dans le supérieur

Les jeunes entrés en 6e en 2007 et qui sont dans le supérieur en mars 2015 sont devenus bacheliers en 2014 sans avoir redoublé dans le secondaire. Parmi eux, un tiers sont inscrits en licence et un sur cinq en section de techniciens supérieurs (STS ; figure 2). Les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) et les instituts universitaires de technologie (IUT) accueillent respectivement 14 % et 11 % des étudiants de la cohorte. La situation à l’entrée en 6e joue, là encore, sur les filières suivies au sein du supérieur : les étudiants qui avaient un faible niveau à l’entrée en 6e, mais qui ont réussi à atteindre le supérieur sans redoubler, sont plus souvent inscrits en STS (46 % pour ceux du 1er quartile d’évaluations et 36 % pour ceux du 2e quartile) ; ceux qui avaient obtenu les meilleurs scores sont plus nombreux à être en CPGE ou en première année commune aux études de santé (PACES) avec respectivement 23 % et 11 % pour le 4e quartile.

La série et la mention du baccalauréat ont un lien avec la filière suivie dans l’enseignement supérieur. Parmi les étudiants de la cohorte, les titulaires d’un baccalauréat général avec mention bien ou très bien vont davantage en CPGE (36 %) ; ceux qui ont obtenu une mention assez bien sont inscrits plus fréquemment en licence (43 %). Les bacheliers technologiques vont, quant à eux, davantage en STS (46 %) et IUT (16 %). De même, les bacheliers professionnels sont majoritairement inscrits en STS (67 %). Quelle que soit la série du baccalauréat, les bacheliers sans mention sont plus souvent inscrits en licence, filière moins sélective.

L’origine sociale des élèves entrés en 6e en 2007 influe aussi sur la filière d’entrée dans le supérieur. Ainsi, les enfants de cadres sont plus souvent que les autres en CPGE (25 %) ; les enfants d’ouvriers et d’agriculteurs se retrouvent davantage en STS (respectivement 31 % et 34 %). Les filles sont plus fréquemment en PACES et en licence. À l’inverse, les garçons vont plus souvent en STS, en IUT ou en CPGE.

Figure 2 - Filières des jeunes entrés en 6e en 2007 suivant des études supérieures en mars 2015

en %
Figure 2 - Filières des jeunes entrés en 6e en 2007 suivant des études supérieures en mars 2015
Licence 1 PACES IUT STS CPGE1 Autres formations2 Ensemble du supérieur
Ensemble 34 8 11 21 14 13 100
Sexe
Femme 38 10 8 18 11 16 100
Homme 29 5 14 25 19 8 100
Origine sociale
Agriculteur 27 6 10 34 12 11 100
Artisan, commerçant 36 7 10 22 12 14 100
Cadre (y c. chef d'entreprise) 33 11 10 9 25 13 100
Profession intermédiaire 34 9 13 20 13 11 100
Employé 34 6 10 27 10 13 100
Ouvrier 33 5 11 31 7 13 100
Sans profession 47 8 3 35 8 0 100
Série et mention du baccalauréat
Bac général, dont : 42 11 11 6 19 11 100
avec mention assez bien 43 11 15 5 15 11 100
avec mention bien ou très bien 33 14 6 2 36 9 100
Bac technologique 19 1 16 46 5 14 100
dont avec mention 15 1 21 43 6 15 100
Bac professionnel 12 0 1 67 2 18 100
dont avec mention 9 0 2 70 1 17 100
Résultats aux évaluations de 6e
1er quartile 26 2 6 46 4 15 100
2e quartile 31 4 9 36 6 15 100
3e quartile 36 7 12 23 10 13 100
4e quartile 35 11 11 10 23 11 100
  • 1. Y compris classe préparatoire intégrée.
  • 2. Formations paramédicales et sociales, écoles spécialisées (arts, culture, sciences politiques, comptabilité…).
  • Champ : France, élèves entrés en 6e pour la première fois en 2007, en études dans le supérieur en mars 2015.
  • Source : Depp, Insee, Sies, dispositif EVA 2007.

Peu diplômés, les jeunes de 18-19 ans qui ont arrêté leurs études ont des difficultés d’insertion

Les jeunes entrés en 6e en 2007 et qui ne sont plus en études en 2015, sans diplôme pour 40 % d’entre eux, rencontrent des difficultés d’insertion sur le marché du travail. Seuls 37 % travaillent, 44 % sont à la recherche d’un emploi et 19 % ne recherchent pas d’emploi (figure 3). Ces derniers peuvent être en situation d’attente avant une reprise d’études, avoir des préoccupations qui les éloignent de l’emploi ou être découragés. Par ailleurs, ne pas posséder le permis de conduire peut être un frein supplémentaire dans leur accès à l’emploi : seuls 28 % des jeunes de la cohorte sans emploi possèdent le permis de conduire, contre 41 % pour l’ensemble de la cohorte. Quand ils travaillent, ces jeunes occupent le plus souvent des emplois temporaires : 41 % sont en contrat à durée déterminée (CDD), 18 % en intérim. La possession d’un diplôme favorise l’accès à l’emploi : près de la moitié des jeunes entrés en 6e en 2007 et ayant interrompu leurs études avec un diplôme occupent un emploi en mars 2015 ; ils sont un quart parmi ceux qui n’ont pas de diplôme. En revanche, le type de contrat de ces premiers emplois diffère peu selon que le jeune est diplômé ou non.

Figure 3 - Situation sur le marché du travail en 2015 des jeunes entrés en 6e en 2007

en %
Figure 3 - Situation sur le marché du travail en 2015 des jeunes entrés en 6e en 2007
En études dans le supérieur En études dans le secondaire Plus en études Ensemble
Ensemble Avec diplôme Sans diplôme*
Situation sur le marché du travail en mars 2015
A un emploi 12 25 37 45 25 22
dont apprentissage ou stage 5 18 2 2 1 8
Cherche un emploi 13 11 44 42 48 21
Ne cherche pas d'emploi 75 64 19 14 27 58
Ensemble 100 100 100 100 100 100
Type de contrat pour ceux qui travaillent
Apprentissage, contrat de professionnalisation 42 73 3 3 4 35
Stage 4 2 2 2 2 2
Contrat aidé 1 1 6 5 8 3
CDD 27 11 41 41 38 28
Intérim 8 4 18 17 19 11
CDI, fonctionnaire ou à son compte 18 8 31 32 30 20
Ensemble 100 100 100 100 100 100
  • * Les personnes n'ayant que le brevet sont incluses dans les sans-diplôme.
  • Champ : France, élèves entrés en 6e pour la première fois en 2007.
  • Source : Depp, Insee, Sies, dispositif EVA 2007.

Les emplois des jeunes en études sont souvent liés à leur formation

Dans cette cohorte, plus d’un étudiant du supérieur sur dix occupe un emploi. Dans près de la moitié des cas, cet emploi s’inscrit dans le cadre des études (apprentissage et, dans une moindre mesure, stage). Le cumul emploi-études est plus répandu parmi les jeunes en STS : 24 % ont un emploi, majoritairement en lien avec leurs études. Les étudiants en licence occupent moins souvent un emploi (8 %), mais il s’agit presque exclusivement d’emplois non prévus par leurs études. Seuls 2 % des étudiants en CPGE ou en PACES travaillent.

Dans le secondaire, occuper un emploi est également très lié à la filière suivie : si 25 % des lycéens de 18-19 ans travaillent, c’est dans les trois quarts des cas dans le cadre de l’apprentissage.

Les trois quarts des jeunes vivent encore avec leurs parents

Très peu des jeunes de 18-19 ans vivent en couple (7 %) et avoir un enfant est, à cet âge, très rare (figure 4). Ces situations sont plus fréquentes chez les jeunes qui ont arrêté leurs études, même si elles restent marginales. Le plus souvent seuls et sans enfant, 73 % des jeunes de la cohorte habitent principalement avec leurs parents pendant la semaine. Quand ils vivent en couple, 54 % résident dans leur propre logement.

Les premières expériences de décohabitation sont plus souvent le fait des étudiants, les établissements d’enseignement supérieur étant concentrés dans les grandes villes. Ainsi, 44 % d’entre eux vivent dans un logement indépendant durant la semaine. Cette situation est moins répandue chez les étudiants de STS (30 %) qui bénéficient d’une offre de formation de proximité plus développée. L’autonomie reste cependant relative : elle peut s’accompagner de retours fréquents au domicile parental le week-end et, dans les trois quarts des cas, la famille prend en charge plus de la moitié des dépenses de logement. 42 % des étudiants « décohabitants » sont logés dans une structure en lien avec leurs études (résidence étudiante, cité universitaire, internat). Les élèves de CPGE décohabitent plus souvent la semaine (60 %), plus fréquemment dans une structure liée à leurs études (61 %).

Inversement, les jeunes de 18-19 ans ayant interrompu leurs études disposent rarement de leur propre logement (16 %). La situation est toutefois plus fréquente pour les filles (21 %) que pour les garçons (11 %), celles-ci vivant plus souvent en couple. Avoir un emploi ne va pas de pair avec l’autonomie résidentielle : seuls 22 % des jeunes ayant quitté l’école et qui travaillent vivent dans leur propre logement. Pour ces derniers, la famille participe aux dépenses liées au logement dans près d’un cas sur cinq (18 %).

Facteur d’autonomie, le permis de conduire est détenu par 41 % des jeunes de la cohorte (45 % des hommes contre 36 % des femmes).

Figure 4 - Conditions de vie en 2015 des jeunes entrés en 6e en 2007

en %
Figure 4 - Conditions de vie en 2015 des jeunes entrés en 6e en 2007
Situation au 1er mars 2015 En études dans le supérieur En études dans le secondaire Plus en études Ensemble
Ensemble En emploi Sans emploi
Vit en couple 6 6 11 14 10 7
A un enfant 0 1 5 3 6 1
Vit principalement la semaine
Avec ses parents (y c. grands-parents ou famille de son conjoint) 56 89 84 78 88 73
Seul ou avec son conjoint 30 6 12 17 9 18
Avec d'autres personnes 14 5 4 5 3 9
Ensemble 100 100 100 100 100 100
Pour ceux qui ne vivent plus avec leurs parents
La famille ne contribue pas aux dépenses de logement 11 37 71 82 59 23
La famille paie moins de la moitié 10 10 9 8 11 10
La famille paie la moitié ou plus 78 53 20 10 30 67
Ensemble 100 100 100 100 100 100
A le permis de conduire 46 36 37 53 28 41
  • Champ : France, élèves entrés en 6e pour la première fois en 2007.
  • Source : Depp, Insee, Sies, dispositif EVA 2007.

Peu de jeunes expriment des difficultés pour trouver un logement, payer les dépenses courantes, se déplacer

Les jeunes de 18-19 ans sont relativement peu nombreux à exprimer en 2015 des difficultés régulières de transport pour se rendre sur leur lieu de travail ou d’études (13 %), des problèmes pour payer leurs dépenses de base (logement, nourriture, soins, études, transports... ; 12 %) ou pour trouver un logement (4 % ; figure 5). Ces déclarations témoignent du soutien de la famille, notamment pour les 73 % de jeunes qui vivent encore au domicile parental.

Parmi les jeunes qui ne sont plus en études et qui habitent avec leurs parents, peu expriment des difficultés pour trouver un logement (4 %). Ceci peut être le signe qu’ils ne sont pas encore en démarche active pour rechercher un logement indépendant : chômage et emploi précaire sont deux freins importants pour envisager de quitter le domicile des parents.

Les jeunes « décohabitants » déclarent plus souvent rencontrer des problèmes pour payer les dépenses de base : ils sont 17 % parmi les étudiants et 28 % parmi les jeunes qui ne sont plus en études. Les étudiants qui vivent chez leurs parents ont plus souvent des difficultés de transport pour se rendre sur leur lieu de travail ou d’études (19 % contre 7 % pour les « décohabitants »).

Figure 5 - Difficultés déclarées en 2015 par les jeunes entrés en 6e en 2007

en %
Figure 5 - Difficultés déclarées en 2015 par les jeunes entrés en 6e en 2007
Difficultés de transport pour se rendre sur le lieu d'études ou de travail Problèmes pour payer les dépenses de base Problèmes durables pour trouver un logement
Ensemble 13 12 4
En études dans le supérieur 14 13 3
Cohabitant la semaine 19 9 2
Décohabitant la semaine 7 17 5
En études dans le secondaire 12 8 2
Plus en études 14 16 5
Cohabitant la semaine 14 14 4
Décohabitant la semaine 14 28 11
  • Champ : France, élèves entrés en 6e pour la première fois en 2007.
  • Source : Depp, Insee, Sies, dispositif EVA 2007.

La moitié des jeunes envisagent leur avenir professionnel avec optimisme, un quart ne se prononcent pas

Les jeunes de 18-19 ans sont partagés quant à leur avenir professionnel : un peu plus de la moitié se déclarent plutôt optimistes, un sur cinq est plutôt inquiet et le quart restant ne formule pas d’opinion (figure 6). Les filles se démarquent des garçons par une vision plus pessimiste de leur avenir professionnel alors même qu’elles ont un parcours scolaire plus favorable.

Avoir un emploi joue positivement sur les représentations des jeunes. Ainsi, 68 % des apprentis du secondaire et 62 % des jeunes qui ne suivent plus d’études mais ont un emploi envisagent leur avenir professionnel avec optimisme. Les jeunes de la cohorte qui ne suivent plus d’études et sont sans emploi sont ceux qui expriment le plus d’inquiétude (31 %, soit 10 points de plus que l’ensemble des jeunes de la cohorte).

Dans l’enseignement supérieur, les étudiants de la cohorte en STS et en IUT, tout comme ceux se destinant à une profession médicale, se distinguent peu des étudiants inscrits en licence. En revanche, les élèves de CPGE affichent un optimisme sensiblement plus élevé : 64 % envisagent favorablement leur avenir professionnel et seuls 11 % se déclarent inquiets. Cet optimisme est partagé par les étudiants de formations paramédicales et sociales et d’écoles spécialisées (62 % d’optimistes, 16 % d’inquiets).

Figure 6 - Opinion en 2015 des jeunes entrés en 2007 en 6e vis-à-vis de leur avenir professionnel

en %
Figure 6 - Opinion en 2015 des jeunes entrés en 2007 en 6e vis-à-vis de leur avenir professionnel
Plutôt optimiste Plutôt inquiet Ne sait pas Ensemble
Ensemble 53 21 26 100
Femme 50 23 26 100
Homme 57 18 26 100
Situation en mars 2015
En études dans le supérieur 53 19 28 100
Licence 1 47 23 30 100
PACES 47 24 29 100
IUT 48 19 33 100
STS 51 20 29 100
CPGE (y c. classe préparatoire intégrée) 64 11 25 100
Autres formations 62 16 21 100
En études dans le secondaire 58 18 25 100
Apprenti 68 13 19 100
Autres situations 56 18 26 100
Plus en études 50 26 24 100
En emploi 62 17 20 100
Sans emploi 43 31 26 100
  • Champ : France, élèves entrés en 6e pour la première fois en 2007.
  • Source : Depp, Insee, Sies, dispositif EVA 2007.

Sources

Le dispositif Entrée dans la vie adulte (EVA) 2007 est un panel de jeunes, piloté conjointement par la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (Depp), la sous-direction des systèmes d’information et des études statistiques (Sies) du ministère de l’Éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche et l’Insee. L’échantillon comprenait à l’origine 35 000 jeunes, représentatifs de l’ensemble des élèves entrés pour la première fois en 6e en 2007 dans un collège public ou privé de France. Sur les 34 343 jeunes encore suivis en 2015, 81,2 % ont répondu.

Définitions

En études : situation déclarée au 1er mars 2015, qui peut correspondre à la formation initiale ou à une reprise d’études.

Évaluations de 6e  : les jeunes sont répartis en quatre groupes d’égale importance (appelés quartiles) en fonction de leur niveau en français et en mathématiques aux épreuves nationales d’évaluation de 6e. Le 1er quartile regroupe le quart des élèves les moins performants, le 4e quartile le quart des élèves les plus performants.

Origine sociale : catégorie socioprofessionnelle de la personne de référence du ménage en 2007.

PACES : première année commune aux études de santé, sanctionnée par un concours et obligatoire pour accéder aux filières des professions de santé : médecine, odontologie, pharmacie, maïeutique.

Pour en savoir plus

Ben Ali L., Vourc’h R., « Évolution des acquis cognitifs au collège au regard de l’environnement de l’élève. Constat et mise en perspective longitudinale », Éducation et formations n° 86-87, mai 2015.

Caille J.-P., « Les transformations des trajectoires au collège : des parcours plus homogènes mais encore très liés au passé scolaire et à l’origine sociale », Éducation et formations n° 85, novembre 2014.

Castell L., Rivalin R., Thouilleux C., « L’accès à l’autonomie résidentielle pour les 18-24 ans : un processus socialement différencié », in « France, portrait social », coll. Insee Références, édition 2016.

Guyon V., Lemaire S., Murat F., « Un élève sur deux entrés en 6ᵉ en 1995 fait des études 10 ans plus tard », Insee Première n° 1158, septembre 2007.

Kabla-Langlois I., « Les jeunes et l’enseignement supérieur : s’orienter, réussir, s’insérer », in « France, portrait social », coll. Insee Références, édition 2016.