Les comptes prévisionnels de l’agriculture pour 2016Chute de la production

Guillaume Lubatti, Hélène Casset-Hervio et Didier Reynaud, division Industrie et agriculture, Insee

En 2016, la valeur de la production agricole, y compris subventions, recule fortement : la chute des volumes s’accompagne d’une baisse des prix. Pour la production végétale, cette perte de valeur est surtout due au repli des volumes, notamment celui des céréales (– 23,9 %) et, dans une moindre mesure, celui du vin (– 9,0 %) ; pour les céréales, dans un contexte de récoltes mondiales abondantes, le prix aussi décroît nettement (– 9,2 %). Pour la production animale, le repli est principalement dû à celui des prix, en particulier celui du lait (– 7,0 %).

Dans le même temps, les charges des agriculteurs se réduisent pour la troisième année consécutive. Toutefois, ce fléchissement ne compense pas celui de la valeur de la production. Par conséquent, la valeur ajoutée de la branche agricole diminue nettement. L’emploi agricole continue par ailleurs à décroître. Au total, d’après les estimations du compte prévisionnel de l’agriculture, la valeur ajoutée brute au coût des facteurs par actif reculerait de 10,9 % en 2016.

La valeur de la production agricole chute

En 2016, la valeur de la production de la branche agricole hors subventions sur les produits fléchirait nettement (– 6,9 % ; figures 1 et 2), après deux années de redressement. La production animale continue à marquer le pas (– 5,0 %) et la production végétale décroît fortement (– 8,9 % ; figure 3). Pour cette dernière, l’année est en effet caractérisée par de très mauvaises récoltes en grandes cultures et un net repli en viticulture (figure 4). Dans le même temps, la récolte de céréales à l’échelle mondiale reste abondante, tirant leurs prix à la baisse. À l’inverse, des prix en hausse permettent aux productions de betteraves, fruits, légumes et pommes de terre d’augmenter en valeur. Pour la production animale, le recul des prix se poursuit (figure 5) et s’accompagne cette année de volumes moindres. Ce sont les prix des gros bovins et du lait qui diminuent le plus.

Figure 1 - Évolution 2016/2015 de la production hors subventions, en volume, en prix et en valeur

en %
Figure 1 - Évolution 2016/2015 de la production hors subventions, en volume, en prix et en valeur
Volume Prix Valeur
Production végétale -9,7 0,9 -8,9
Production animale -1,1 -3,9 -5,0
Ensemble* -6,1 -0,8 -6,9
  • * Y compris production de services.
  • Source : Insee, comptes prévisionnels de l'agriculture arrêtés en novembre 2016.

Figure 1 - Évolution 2016/2015 de la production hors subventions, en volume, en prix et en valeur

Figure 2 - Contributions à la variation de la production hors subventions en valeur

en points de %
Figure 2 - Contributions à la variation de la production hors subventions en valeur
2016/2015 2015/2014
Produits végétaux et services
Céréales -4,7 0,1
Vins -1,1 0,1
Plantes industrielles -0,2 0,0
Fourrages, plantes et fleurs 0,0 0,2
Fruits 0,1 0,2
Légumes et pommes de terre 0,7 0,7
Services 0,1 0,1
Produits animaux
Lait et autres produits de l'élevage -1,2 -1,5
Volailles et œufs -0,4 0,0
Bétail -0,2 -0,1
Ensemble (en %) -6,9 -0,2
  • Lecture : la valeur de la production agricole totale hors subventions baisse de 6,9 % en 2016. La production de céréales contribue négativement à cette variation à hauteur de 4,7 points. La production de fruits contribue positivement pour 0,1 point.
  • Source : Insee, comptes prévisionnels de l'agriculture arrêtés en novembre 2016.

Figure 2 - Contributions à la variation de la production hors subventions en valeur

Figure 3 - De la production à la valeur ajoutée¹

Figure 3 - De la production à la valeur ajoutée¹
Valeur 2016 (en milliards d'euros) Évolution 2016/2015 (en %)
Volume Prix Valeur
Production hors subventions (a) 69,2 -6,1 -0,8 -6,9
Produits végétaux 40,0 -9,7 +0,9 -8,9
Céréales 7,7 -23,9 -9,2 -30,9
Oléagineux, protéagineux 2,4 -10,2 -0,9 -11,0
Betteraves industrielles 0,9 +0,0 +13,0 +13,0
Autres plantes industrielles² 0,5 +3,7 +0,9 +4,7
Fruits, légumes, pommes de terre 8,3 -1,9 +9,4 +7,4
Vins 11,6 -9,0 +2,8 -6,4
Fourrages, plantes, fleurs 8,6 -0,7 +0,3 -0,3
Produits animaux 24,5 -1,1 -3,9 -5,0
Bétail (bovins, porcins, ovins, caprins, équidés) 11,1 +1,5 -2,6 -1,1
Volailles, œufs 4,5 -4,2 -1,4 -5,5
Lait et autres produits de l'élevage 8,8 -2,6 -6,7 -9,1
Services³ 4,7 +0,0 +1,0 +1,0
Subventions sur les produits (b) 1,2 +0,7 -0,7 +0,0
Production au prix de base (c) = (a) + (b) 70,4 -6,0 -0,8 -6,8
Consommations intermédiaires (d) 44,9 -0,3 -2,0 -2,3
dont achats 38,0 -1,3 -1,5 -2,8
Valeur ajoutée brute (e) = (c) - (d) 25,4 -14,9 +1,4 -13,7
Consommation de capital fixe (f) 10,8 +0,0 -1,5 -1,5
Valeur ajoutée nette (g) = (e) - (f) 14,6 -23,7 +3,6 -21,0
  • 1. Voir définitions.
  • 2. Autres plantes industrielles : tabac, lin textile, houblon, canne à sucre, etc.
  • 3. Services : production des entreprises de travaux agricoles, des coopératives d'utilisation de matériel agricole, services entre agriculteurs, agri-tourisme...
  • Source : Insee, comptes prévisionnels de l'agriculture arrêtés en novembre 2016.

Figure 4 - Contributions à la variation de la production hors subventions en volume

en points de %
Figure 4 - Contributions à la variation de la production hors subventions en volume
2016/2015 2015/2014
Produits végétaux et services
Céréales -3,6 0,0
Vins -1,5 -0,2
Plantes industrielles -0,4 -0,3
Fourrages, plantes et fleurs -0,1 -1,3
Fruits -0,1 0,0
Légumes et pommes de terre -0,1 -0,3
Services 0,0 0,0
Produits animaux
Lait et autres produits de l'élevage -0,3 0,1
Volailles et œufs -0,3 0,1
Bétail 0,2 0,4
Ensemble (en %) -6,1 -1,6
  • Note : l’ordre des produits est identique à celui de la figure 1.
  • Source : Insee, comptes prévisionnels de l'agriculture arrêtés en novembre 2016.

Figure 4 - Contributions à la variation de la production hors subventions en volume

Figure 5 - Contributions à la variation du prix de la production hors subventions

en points de %
Figure 5 - Contributions à la variation du prix de la production hors subventions
2016/2015 2015/2014
Produits végétaux et services
Céréales -1,1 0,1
Vins 0,5 0,4
Plantes industrielles 0,1 0,4
Fourrages, plantes et fleurs 0,0 1,5
Fruits 0,2 0,2
Légumes et pommes de terre 0,8 1,0
Services 0,1 0,1
Produits animaux
Lait et autres produits de l'élevage -0,9 -1,6
Volailles et œufs -0,1 -0,1
Bétail -0,4 -0,5
Ensemble (en %) -0,8 1,4
  • Note : l’ordre des produits est identique à celui de la figure 1.
  • Source : Insee, comptes prévisionnels de l'agriculture arrêtés en novembre 2016.

Figure 5 - Contributions à la variation du prix de la production hors subventions

Production végétale : récolte de céréales très faible avec des prix en baisse

En volume, la production végétale accentue son recul en 2016 (– 9,7 % après – 3,6 %). La récolte de céréales chute de 23,9 % du fait d’une météo très défavorable : importantes intempéries en mai-juin, puis très faible pluviométrie en juillet-août. Le rendement en blé tendre est parmi les plus faibles depuis trente ans. La récolte d’oléagineux décroît de 9,0 % : celle de colza recule alors que celle de tournesol augmente. La production de vin se replie fortement (– 9,0 %). La récolte de fruits diminue, particulièrement pour l’abricot et la cerise, tandis que celle de légumes se stabilise.

Le prix de la production végétale (hors subventions sur les produits) serait en légère hausse (+ 0,9 %), malgré un net recul pour les céréales (– 9,2 %) dans un contexte de récolte mondiale abondante. Fruits et légumes se renchérissent, bénéficiant d’une demande dynamique. Le prix des pommes de terre augmente, après avoir amorcé un net redressement l’an passé ; il poursuit son retour à la normale après sa chute en 2014 due à une récolte pléthorique. Pour le vin, la faiblesse des disponibilités, conjuguée à une demande dynamique de la part de la Chine et des États-Unis, permet de soutenir les prix. Le prix de la betterave progresserait pour la première fois depuis trois ans, dans le sillage des cours du sucre.

Production animale : repli des volumes, nouvelle baisse des prix

La production animale décroît en volume (– 1,1 %). La collecte laitière se réduit dans un contexte de prix bas et les volumes de volailles et d’œufs se contractent eux aussi. À l’inverse, la production de bétail est en hausse : elle continue d’augmenter pour les gros bovins et les porcins, se redresse pour les ovins-caprins, mais elle fléchit pour les veaux.

Le prix de la production animale (hors subventions) diminuerait à nouveau nettement (– 3,9 %). La crise laitière se poursuit : la production européenne s’accroît du fait de la levée des quotas en avril 2015 et elle ne rencontre pas de débouchés suffisants en raison de l’embargo russe et de moindres importations chinoises. Le prix des gros bovins et des ovins-caprins recule. L’offre européenne importante pèse sur le prix des volailles et des œufs. En revanche, après avoir chuté en 2015, le prix des porcins se redresse quelque peu, grâce notamment au débouché chinois.

La valeur des intrants continue de décroître

Les consommations intermédiaires de la branche agricole diminueraient en valeur de 2,3 % en 2016, principalement du fait d’un recul des prix. Il s’agit d’une nouvelle baisse, après celles de 2014 (– 3,3 %) et 2015 (– 1,3 %) qui avaient mis fin à une tendance à l’augmentation des charges.

Les achats en aliments pour animaux se replient fortement, de 7,5 %. Parallèlement à une hausse des produits agricoles intraconsommés, les quantités d’aliments achetés se contractent nettement (– 3,9 %), à l’exception des aliments d’allaitement (+ 3,5 %) et des aliments pour ovins et caprins (+ 0,7 %). Les prix des différentes catégories d’aliments baissent également, en lien avec la chute des cours des matières premières entrant dans leur composition (céréales, oléagineux, etc.).

La hausse des dépenses vétérinaires continue d’être tirée par les prix (+ 3,1 %).

La facture énergétique se réduit encore, mais le recul des prix est atténué par rapport à celui de 2015. Ainsi, les dépenses énergétiques retrouvent le niveau précédant la forte hausse de 2012. Les prix du gazole non routier se replient fortement (– 17,2 %), après avoir déjà atteint un point bas en début d’année. Le reflux est moins prononcé pour les autres produits pétroliers. A contrario, le prix de l’électricité continue d’augmenter (+ 3,1 %).

Combinant une baisse des volumes consommés (– 1,4 %) et des prix (– 4,1 %), les dépenses en engrais et amendements fléchissent de 5,5 %. Les volumes diminuent surtout pour les engrais simples potassiques (– 14,4 %) et les engrais composés (– 6,2 %). Le prix moyen des engrais simples azotés, les plus utilisés, fléchit nettement (– 8 %). En revanche, les autres types d’engrais se renchérissent, avec une augmentation allant jusqu’à 6,6 % pour les engrais simples phosphatés.

Les charges en pesticides et produits agrochimiques se replient de 2,3 %, du fait de la baisse des volumes consommés. Seuls les volumes d’insecticides se redressent (+ 4,9 %), compensant le recul de 2015.

La valeur ajoutée au coût des facteurs baisse en 2016

En 2016, la valeur ajoutée brute devrait fortement diminuer (– 13,7 %), sous l’effet de la chute de la production et d’une réduction moins marquée des consommations intermédiaires (figures 3 et 6). La production se replie nettement en volume (– 6,0 %) et modérément en prix (– 0,8 %). Les intrants sont quasi stables en volume et leur prix diminue (– 2,0 %). Ainsi, la valeur de la production au prix de base décroît plus fortement (– 6,8 %) que celle des consommations intermédiaires (– 2,3 %).

Les subventions d’exploitation (encadré 1) s’élèveraient à 8,3 milliards d’euros, en recul de 3,1 % par rapport à 2015. En effet, les bonifications d’intérêt disparaîtraient quasiment (123 millions en 2014, 263 en 2015, moins de 2 en 2016) : le niveau élevé de 2015 résultait d’un effet purement budgétaire. Les indemnités pour calamités agricoles se réduiraient et retrouveraient un niveau moyen après la forte hausse liée à la sécheresse de l’été 2015. En revanche, l’indemnité compensatrice de handicap naturel s’accroîtrait légèrement (+ 96 millions).

Après la prise en compte des subventions d’exploitation et des impôts, la valeur ajoutée brute au coût des facteurs diminuerait de 11,6 % en 2016 par rapport à 2015 (figure 7). Comme le volume de l’emploi agricole décroît tendanciellement, la valeur ajoutée brute au coût des facteurs de la branche agricole par actif se replierait de 10,9 %. En termes réels, elle baisserait de 11,6 % (figure 8).

Les agrégats ci-dessus peuvent aussi être exprimés en net, après déduction de la consommation de capital fixe (– 1,5 % en 2016). La consommation de capital fixe évolue peu, mais a un poids important. De ce fait, les variations de la valeur ajoutée sont amplifiées si l’on en tient compte : la valeur ajoutée nette au coût des facteurs reculerait de 15,9 % en 2016 et, rapportée au nombre d’actifs, de 15,2 %. 

Figure 6 - De la valeur ajoutée à la valeur ajoutée au coût des facteurs*

Figure 6 - De la valeur ajoutée à la valeur ajoutée au coût des facteurs*
Valeur 2016 (en milliards d'euros) Évolution 2016/2015 (en %)
Valeur ajoutée brute (a) 25,4 -13,7
Subventions d'exploitation (b) 8,3 -3,1
dont bonifications d'intérêt n.s. n.s.
Autres impôts sur la production (c) 1,5 -6,2
Impôts fonciers 0,9 -8,0
Autres 0,5 -2,8
Valeur ajoutée brute au coût des facteurs (d) = (a) + (b) - (c) 32,2 -11,6
  • * Voir définitions.
  • n.s. : non significatif.
  • Source : Insee, comptes prévisionnels de l'agriculture arrêtés en novembre 2016.

Figure 7 - Valeur ajoutée au coût des facteurs – Évolution entre 2015 et 2016

en %
Figure 7 - Valeur ajoutée au coût des facteurs – Évolution entre 2015 et 2016
Brut* Net*
Valeur ajoutée au coût des facteurs -11,6 -15,9
Valeur ajoutée au coût des facteurs par actif -10,9 -15,2
Valeur ajoutée au coût des facteurs par actif en termes réels -11,6 -15,9
Prix du produit intérieur brut +0,8
Emploi agricole** -0,8
  • * « Brut » : sans déduction de la consommation de capital fixe (CCF) ; « Net » : avec déduction de la CCF.
  • ** Mesuré en unités de travail annuel (équivalent temps plein de l'agriculture).
  • Source : Insee, comptes prévisionnels de l'agriculture arrêtés en novembre 2016.

Figure 8 - Valeur ajoutée brute au coût des facteurs par actif de la branche agricole en termes réels*

indice 100 en 1980
Figure 8 - Valeur ajoutée brute au coût des facteurs par actif de la branche agricole en termes réels*
Valeur ajoutée brute au coût des facteurs par actif en termes réels Moyenne mobile sur 3 ans
1980 100,0 103,1
1981 102,0 106,2
1982 116,6 108,8
1983 108,0 110,2
1984 106,0 106,5
1985 105,5 106,1
1986 106,9 106,9
1987 108,4 107,4
1988 106,9 113,0
1989 123,9 121,4
1990 133,4 126,8
1991 123,1 129,4
1992 131,8 128,4
1993 130,4 135,7
1994 144,9 142,7
1995 152,7 150,8
1996 154,8 155,5
1997 159,0 159,7
1998 165,2 161,8
1999 161,3 162,8
2000 161,9 162,1
2001 163,1 162,9
2002 163,6 163,3
2003 163,1 164,3
2004 166,3 163,4
2005 160,8 167,1
2006 174,2 175,2
2007 190,5 180,2
2008 176,0 173,9
2009 155,1 175,8
2010 196,2 185,3
2011 204,7 202,8
2012 207,7 199,7
2013 186,9 198,4
2014 200,7 198,2
2015 207,0 196,9
2016 183,0
  • * Voir définitions.
  • Source : Insee, comptes prévisionnels de l'agriculture arrêtés en novembre 2016.

Figure 8 - Valeur ajoutée brute au coût des facteurs par actif de la branche agricole en termes réels*

Encadrés

Encadré 1 - Depuis 2006, une forte restructuration des subventions, mais des montants globalement stables

En 2016, les subventions se replieraient (– 2,6 %), du fait de la baisse des subventions d’exploitation (– 3,1 %). L’année 2015 s’est caractérisée par une nouvelle réforme de la Politique agricole commune (PAC) : une partie du paiement unique (2,2 milliards d’euros) est désormais conditionnée au respect de pratiques favorables à l’environnement (paiement vert) et le paiement de base (4 milliards) ne représente plus que 47 % des subventions. La mise en place en 2006 du paiement unique a entraîné une baisse des subventions sur les produits au profit des subventions d’exploitation : jusqu’en 2014, ce paiement a représenté environ 80 % des subventions d’exploitation. Entre 2006 et 2014, le niveau global des subventions est resté relativement stable, les variations annuelles s’expliquant par des mesures conjoncturelles spécifiques. Cette stabilité a fait suite à une hausse marquée : plus de 20 % entre 2000 et 2003 (figure).

Figure - Évolution des subventions à l’agriculture

Figure - Évolution des subventions à l’agriculture
Subventions sur les produits Subventions d'exploitation Total
2000 6,57 1,59 8,15
2001 6,87 1,92 8,78
2002 7,22 2,01 9,23
2003 7,23 2,84 10,06
2004 7,59 1,82 9,41
2005 7,51 2,19 9,69
2006 2,50 7,44 9,94
2007 2,51 7,25 9,76
2008 2,58 7,27 9,85
2009 2,50 7,15 9,65
2010 1,21 8,55 9,76
2011 1,14 8,68 9,82
2012 1,07 8,38 9,45
2013 1,05 8,27 9,33
2014 1,09 8,05 9,14
2015 1,18 8,55 9,73
2016 1,19 8,29 9,48
  • Sources : Service de la statistique et de la prospective (SSP) du ministère de l’Agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt ; Offices agricoles.

Figure - Évolution des subventions à l’agriculture

Encadré 2 - Rappel sur le compte 2015

Les données présentées ici concernent le compte 2016 prévisionnel.

En juillet 2016, à l’occasion de la publication du compte provisoire 2015, l’évolution de la valeur ajoutée brute au coût des facteurs par actif a été révisée de 3,2 points par rapport au compte prévisionnel de décembre 2015 (évolution de + 3,8 % au lieu de + 7,0 %). Les données 2015 n’ont pas été ré-estimées depuis cette actualisation et seront mises à jour en juillet 2017 (version semi-définitive). Elles seront publiées simultanément avec les comptes 2014 définitif et 2016 provisoire.

Figure - Évolution 2015/2014 de la valeur ajoutée au coût des facteurs par actif

en %
Figure - Évolution 2015/2014 de la valeur ajoutée au coût des facteurs par actif
Brut* Net*
Compte prévisionnel (décembre 2015) +7,0 +10,0
Compte provisoire (juillet 2016) +3,8 +5,5
  • * « Brut » : sans déduction de la consommation de capital fixe (CCF) ; « Net » : avec déduction de la CCF.
  • Source : Insee, comptes prévisionnels de l'agriculture.

Sources

Le compte français de l’agriculture est établi selon la méthode et les concepts du Système européen des comptes (SEC). Le compte prévisionnel 2016 repose sur des informations disponibles en novembre 2016.

Définitions

La branche agricole est le regroupement de toutes les unités d’activité économique qui exercent les activités suivantes : culture de végétaux (y compris maraîchage et horticulture), élevage d’animaux, activités de travaux agricoles à façon, chasse et activités annexes. Outre les exploitations agricoles, les unités caractéristiques de la branche comprennent les groupements de producteurs (coopératives) produisant du vin et de l’huile d’olive et les unités spécialisées qui fournissent des machines, du matériel et du personnel pour l’exécution de travaux agricoles à façon.

La production au prix de base est égale à la production valorisée au prix auquel vend le producteur, augmentée des subventions sur les produits qu’il perçoit et diminuée des impôts spécifiques sur les produits qu’il reverse.

Les subventions à l’agriculture comprennent les subventions sur les produits (aides associées à certains types de production), qui ont pour la plupart disparu en 2010, et les subventions d’exploitation, entièrement restructurées dans le cadre de la PAC 2015, telles que le paiement de base (DPB), le paiement vert (aide agro-environnementale), les aides pour calamités agricoles...

Les consommations intermédiaires correspondent aux biens et services qui entrent dans le processus de production.

La valeur ajoutée brute est égale à la production valorisée au prix de base dont on retranche les consommations intermédiaires.

La consommation de capital fixe mesure la dépréciation annuelle liée à l’usure et à l’obsolescence du capital, lequel est évalué à son coût de remplacement. Elle est évaluée pour l’ensemble des biens de capital fixe de la branche agricole (plantations, matériels et bâtiments) à l’exception des animaux. L’estimation de ce poste est délicate, elle résulte d’une modélisation et se trouve de ce fait moins robuste que les données observées.

Plusieurs indicateurs sont définis à partir des soldes comptables :

  • la valeur ajoutée brute au coût des facteurs est obtenue par ajout des subventions d’exploitation et déduction des impôts sur la production. Son évolution peut être rapportée à celle du nombre d’unités de travail annuel total (ou équivalents temps plein) : on obtient ainsi l’évolution de la valeur ajoutée brute au coût des facteurs de la branche agricole par actif ;
  • la valeur ajoutée nette au coût des facteurs, aussi appelée revenu des facteurs de la branche agricole (RFBA), est obtenue par déduction de la consommation de capital fixe.

Les indicateurs de résultats sont présentés en termes réels : les évolutions à prix courants sont déflatées par l’indice de prix du produit intérieur brut (PIB), qui couvre l’ensemble du champ de l’économie. Ainsi, l’évolution d’un prix ou d’un résultat calculée en termes réels est positive ou négative selon qu’elle est supérieure ou inférieure à l’évolution générale des prix. Il s’agit d’une moyenne qui résulte d’une grande diversité de situations individuelles.

Pour en savoir plus

« Comptes de l'agriculture en 2016 » en plus des précédents rapports de la Commission des comptes de l’agriculture de la Nation.

Lubatti G. et Casset-Hervio H., « L’agriculture en 2015 », Insee Première n° 1608, juillet 2016.

Les rapports présentés à la Commission des comptes de l’agriculture de la Nation sont repris et publiés dans Agreste-Les Dossiers n° 38, janvier 2017, SSP.

Une synthèse des résultats économiques des exploitations pour 2015 est publiée dans Agreste-Primeurs n° 342, décembre 2016, SSP.

Le bilan conjoncturel 2016 est publié dans Agreste-Conjoncture n° 5, décembre 2016, SSP.