En 2011, le secteur marchand martiniquais génère 40 % de la richesse produite sur le territoire

Ali Benhaddouche, Insee

Le secteur marchand martiniquais est l’un des premiers contributeurs à la création de richesses dans l’économie régionale. En 2011, le montant des richesses créées par ce secteur atteint 3 milliards d’euros, soit 42 % de la richesse produite dans le département (57 % en France hexagonale). Plus d’un quart de ces richesses émane du seul secteur du commerce qui a été pénalisé par un essoufflement de la consommation des ménages. L’industrie contribue autant que les activités spécialisées, scientifiques et techniques à la création de richesses. Ce secteur réalise un taux de marge de 40 %, supérieur à celui réalisé par l’ensemble des entreprises martiniquaises (36 %). Pour financer leurs investissements importants, les entreprises relevant des activités immobilières et de l’information et communication réalisent les taux de marge les plus élevés (70 %).

En 2011, les entreprises1 installées en Martinique, génèrent 3 milliards d’euros de valeur ajoutée (figure 2). Sur la même période, la richesse dégagée par les entreprises guadeloupéennes s’élève à 2,9 milliards d’euros et celles implantées en Guyane à 1,2 milliard.

Dans un contexte international tendu, le Produit Intérieur Brut de la Martinique progresse de 1 %, après le net rebond enregistré en 2010.

Le rattrapage des investissements privés amorcé en 2010, après les crises sociales et économiques de 2009, se poursuit sur un rythme comparable en 2011, en particulier, le projet d’aménagement du centre d’affaires de la Pointe Simon financé en quasitotalité par des entrepreneurs privés. Néanmoins, l’ensemble des encours de crédits d’investissement et de crédits à l’équipement accordés aux entreprises reste quasiment stable sur l’année (+ 0,3 %).

Le secteur du BTP se remet lentement de la crise de 2009. Après deux années de repli en 2009 et 2010, il a connu une légère amélioration en 2011 grâce à la reprise des programmes de logements sociaux, de travaux routiers, de certains grands chantiers et a la mise en place du plan de relance régional d’urgence pour la période 2010-2013 (encadré) . Pour autant, les mises en chantier ne suffisent pas à relancer durablement le secteur, qui est fortement dépendant de la commande publique.

Ce secteur est faiblement contributif aux richesses totales dégagées (9 %). Le BTP est l’un des secteurs les plus intégrés de l’économie grâce à sa forte intensité de main-d’oeuvre directe et indirecte.

Figure 1 – Plus de 80 % du CA sont des consommations intermédiaires dans le transport

Plus de 80 % du CA sont des consommations intermédiaires dans le transport
Valeur ajoutée H.T.-prod. stockée-produits d'exploitation Consommations intermédiaires (hors achats) Achats de marchandises
Ensemble 24,4 41,5 34,1
Transports et entreposage 7,2 92,6 0,2
Commerce 12,3 13,2 74,5
Autres activités de services 20,4 32,4 47,3
Industrie manufacturière,|industries extractives et autres 22,7 73,7 3,5
Construction 29,6 70,1 0,2
Information et communication 38,5 59,1 2,4
Hébergement et restauration 40,1 58,7 1,2
Activités spécialisées,|scientifiques et techniques, ... 58,4 39,6 2,0
Activités immobilières 63,3 36,6 0,1
Enseignement, santé humaine|et action sociale 64,2 34,1 1,7
  • Source : Insee - Esane 2011 - Données individuelles

Figure 1 – Plus de 80 % du CA sont des consommations intermédiaires dans le transportDécomposition du chiffre d’affaires des entreprises implantées en Martinique selon les secteurs d’activité en 2011 (en %)

Un cinquième de la richesse réalisé dans le commerce

Le secteur du commerce est le plus créateur de richesses en Martinique (un cinquième de la richesse produite) (figure 2). Cette prépondérance se retrouve également en Guadeloupe (26 %).

La valeur ajoutée dégagée par le commerce de détail (hors automobiles et motocycles) représente près de la moitié de la valeur ajoutée totale du secteur. Au cours de l’année 2011, les surfaces de vente de la grande distribution progressent de 4,7 %. Les hypermarchés ont développé leur implantation commerciale (+ 22 %) au détriment des supermarchés (– 12 %).

L’industrie pèse autant que les activités spécialisées, scientifiques et techniques

Après la crise sociale de 2009, le secteur industriel de Martinique s’est progressivement redressé. En 2011, l’activité industrielle a été affectée par la grève des salariés d’EDF ainsi que par celle du port de commerce au premier trimestre et par la lenteur de la reprise dans le BTP. Sa contribution à la création de richesses est la plus importante des Antilles-Guyane. L’industrie représente 20 % de la valeur ajoutée totale martiniquaise (14 % en Guadeloupe et 10 % en Guyane).

Le poids relativement élevé de ce secteur dans l’économie martiniquaise s’explique, notamment, par la présence de la Société Anonyme de Raffinerie aux Antilles (SARA) qui alimente en hydrocarbures raffinés le marché domestique, mais aussi la Guadeloupe et la Guyane.

Le secteur des activités spécialisées, scientifiques et techniques et les services administratifs représentent 20 % de la valeur ajoutée totale, soit cinq points de plus que la Guadeloupe et trois de plus qu’en Guyane. L’activité de ce secteur est principalement portée par les services administratifs et de soutien (intérim, sécurité...), qui génèrent un peu plus de la moitié de la valeur ajoutée du secteur.

Figure 2 – Le commerce contribue le plus à la création de richesse - Principaux résultats des entreprises implantées en Martinique en 2011

(en milliers d'euros)
Le commerce contribue le plus à la création de richesse - Principaux résultats des entreprises implantées en Martinique en 2011
Secteur d'activité Nombre d'unités Chiffre d'affaires Valeur ajoutée Part de la VA dans l'ensemble (%) Excédent brut d'exploitation
Industrie manufacturière, industries extractives et autres 2 570 2 508 030 596 578 20 262 724
- Fabrication de denrées alimentaires, de boissons et de produits à base de tabac 393 258 690 72 811 2 29 016
- Fabrication de produits métalliques, à l'exception des machines et des équipements 202 114 329 27 862 1 4 992
Construction 3 419 956 553 285 607 9 68 327
Commerce de gros et de détail, transports, hébergement et restauration 8 707 6 095 775 938 366 31 215 476
- Commerce : 5 597 5 138 413 639 558 21 172 763
dont : 0 0
Commerce de gros, hors automobiles et motocycles 1 183 2 064 093 216 274 7 74 700
Commerce de détail, hors automobiles et motocycles 3 622 2 383 092 297 865 10 60 435
- Transports et entreposage 1 698 595 615 152 985 5 35 296
- Hébergement et restauration 1 412 361 747 145 823 5 26 662
Information et communication 652 511 817 200 516 7 141 045
Activités immobilières 1 724 236 143 127 088 4 87 844
Activités spécialisées, scientifiques et techniques et activités de services administratifs et de soutien 11 898 1 011 440 602 293 20 190 870
- Activités de services administratifs et de soutien 9 502 564 163 341 357 11 97 995
Enseignement, santé humaine et action sociale 2 916 388 532 255 696 8 162 289
- Activités pour la santé humaine 2 148 350 453 236 189 8 158 344
Autres activités de services 1 802 249 311 52 654 2 17 350
Ensemble 33 688 11 957 602 3 058 797 100 1 145 925
  • Source : Insee - Esane 2011 - Données individuelles

Les consommations intermédiaires représentent trois quarts du chiffre d’affaires

Les consommations intermédiaires (y compris les achats de marchandises) des différents secteurs du service marchand martiniquais représentent trois quarts du chiffre d’affaires des entreprises, proportion quasi identique pour les entreprises guadeloupéennes et guyanaises.

Les taux de valeur ajoutée2, varient fortement selon le niveau des consommations intermédiaires de l’activité. Dans les secteurs de l’industrie ou la construction, grands consommateurs de produits intermédiaires, la valeur ajoutée représente moins de 30 % du chiffre d’affaires. Le commerce, secteur où les achats de marchandises représentent 74 % du chiffre d’affaires, affiche le taux de valeur ajoutée le plus bas (12 %). À l’inverse, ils sont les plus élevés dans les secteurs peu consommateurs de produits intermédiaires comme les activités de service spécialisées, scientifiques et techniques, l’enseignement, la santé humaine et l’action sociale.

Les entreprises martiniquaises réalisent un taux de marge de 38 % en 2011

Le taux de marge des entreprises martiniquaises est en moyenne de 38 % en 2011. Il varie du simple au triple, selon le secteur d’activité. Le taux de marge est généralement élevé dans les secteurs où la productivité apparente du capital est faible, et réciproquement. Le taux de marge élevé de l’industrie indique avant tout que le secteur concerné emploie plus de capital par rapport au travail qu’un secteur où le taux de marge est plus faible, comme la construction, le commerce de détail ou l’hôtellerie-restauration.

Les secteurs des activités immobilières et de l’information et communication se caractérisent par des niveaux d’investissement élevés (biens immobiliers, équipement en réseaux à haut et très haut débit, fixes ou mobiles pour les opérateurs téléphoniques, etc.).

Pour générer ces niveaux d’investissements, ces secteurs doivent réaliser des taux de marge élevés (70 %). On y trouve souvent les plus grandes entreprises (figure 3). Enfin, les secteurs les moins rentables sont souvent des secteurs concurrentiels : soit l’offre y est atomisée, comme dans les transports routiers, les hôtels-restaurants, les services personnels ; soit leurs produits sont banalisés, comme dans les biens intermédiaires.

Figure 3 – Un taux de marge supérieur au taux de marge moyen dans le secteur de l'industrie - Quelques ratios d'analyse financière des entreprises implantées en Martinique par secteur d'activité en 2011

(en %)
Un taux de marge supérieur au taux de marge moyen dans le secteur de l'industrie - Quelques ratios d'analyse financière des entreprises implantées en Martinique par secteur d'activité en 2011
Secteur d'activité Taux de VA Valeur ajoutée H.T./CA Taux de marge EBE/VACF Part des frais de personnel FP/VACF
Industrie manufacturière, industries extractives et autres 23,8 44,0 56,0
- Fabrication de denrées alimentaires, de boissons et de produits à base de tabac 28,1 39,9 60,1
- Fabrication de produits métalliques, à l'exception des machines et des équipements 24,4 17,9 82,1
Construction 29,9 23,9 76,1
Commerce de gros et de détail, transports, hébergement et restauration 15,4 23,0 77,0
- Commerce : 12,4 27,0 73,0
dont :
Commerce de gros, hors automobiles et motocycles 10,5 34,5 65,5
Commerce de détail, hors automobiles et motocycles 12,5 20,3 79,7
- Transports et entreposage 25,7 23,1 76,9
- Hébergement et restauration 40,3 18,5 81,5
Information et communication 39,2 70,3 29,7
Activités immobilières 53,8 69,1 30,9
Activités spécialisées, scientifiques et techniques et activités de services administratifs et de soutien 59,5 31,7 68,3
- Activités de services administratifs et de soutien 60,5 28,7 71,3
Enseignement, santé humaine et action sociale 65,8 63,5 36,5
- Activités pour la santé humaine 67,4 67,0 33,0
Autres activités de services 21,1 33,0 67,0
Ensemble 25,6 37,5 62,5
  • Source : Insee - Esane 2011 - Données individuelles.

Figure 4 – L’Excédent brut d'exploitation représente 70 % de la VA dans les activités immobilières, l’information et la communication

en %
L’Excédent brut d'exploitation représente 70 % de la VA dans les activités immobilières, l’information et la communication
Excédent brut d'exploitation Frais de personnel
Ensemble 37,5 62,5
Information et communication 70,3 29,7
Activités immobilières 69,1 30,9
Enseignement, santé humaine| et action sociale 63,5 36,5
Industrie manufacturière,| industries extractives et autres 44,0 56,0
Autres activités| de services 33,0 67,0
Activités spécialisées,|scientifiques et techniques... 31,7 68,3
Commerce 27,0 73,0
Construction 23,9 76,1
Transports et entreposage 23,1 76,9
Hébergement et restauration 18,5 81,5
  • Source : Insee - Esane 2011 - données individuelles

Figure 4 – L’Excédent brut d'exploitation représente 70 % de la VA dans les activités immobilières, l’information et la communication Répartition de la valeur ajoutée des entreprises implantées en Martinique selon le coût des facteurs de production en 2011 (en %)

Avertissement

2 Le taux de valeur ajoutée est le rapport entre la valeur ajoutée (V) et le chiffre d’affaires (CA)

Cette étude utilise des données administratives exhaustives (liasses fiscales). En 2011, une nouvelle méthode d’imputation des liasses fiscales a été introduite rendant délicate la comparaison avec 2010. Pour cette raison, les évolutions entre 2010 et 2011 ne sont pas publiées.

Encadrés

Le champ étudié : le secteur marchand

Le champ étudié dans cet article est celui des entreprises marchandes, y compris auto-entrepreneurs, à l’exception des entreprises du secteur financier (observées par l’Autorité de contrôle prudentiel) et des exploitations agricoles (couvertes par de nombreuses enquêtes gérées par le service statistique du ministère de l’Agriculture).

Les biens et services marchands sont destinés normalement à être vendus sur le marché à un prix calculé pour couvrir leur coût de production.

En toute rigueur, il faudrait parler de services principalement marchands car pour certaines activités coexistent des parties marchandes et non-marchandes ; certains services sont considérés comme toujours marchands (exemple les transports), d’autres comme toujours non marchands (exemple administration générale).

On considère qu’une unité économique rend des services non marchands lorsqu’elle les fournit gratuitement ou à des prix qui ne sont pas économiquement significatifs. Ces activités de services se rencontrent dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’action sociale et de l’administration. Ainsi dans le secteur de « l’enseignement, santé humaine et action sociale » ne sont prises en compte dans cette étude que les entreprises du secteur marchand, hors secteur public : il s’agit donc d’une vision très partielle du poids économique réel de ces activités.

Un plan de relance économique pour la Région Martinique

Le plan de relance économique de la Région, également appelé « Plan de relance régional d’urgence », comprend trois volets pour un montant d’investissement global d’environ 345,0 millions d’euros (145,3 millions issus de la Région) pour la période 2010-2013 :

- Le premier volet concerne la commande publique et a mobilisé 315,7 millions d’euros. Il comprend pour l’essentiel des projets d’aménagement destinés à dynamiser l’activité économique, désenclaver les quartiers et améliorer les infrastructures touristiques dans les 34 communes et les Établissements Publics de Coopération Intercommunale (EPCI) de Martinique ;

Le plan de relance économique de la Région, également appelé « Plan de relance régional d’urgence », comprend trois volets pour un montant d’investissement global d’environ 345,0 millions d’euros (145,3 millions issus de la Région) pour la période 2010-2013 :

- Le second volet est consacré à des mesures de soutien conjoncturel pour les entreprises (prêt à taux zéro, plate-forme itinérante, aide aux entreprises en difficulté notamment dans l’hôtellerie), les communes et l’insertion professionnelle;

- Le troisième volet concerne la mise en place d’études de projets de développement de long terme pour la Martinique (7,0 millions d’euros).

Sources

L’élaboration des statistiques annuelles d’entreprise (Esane) est le système d’information qui permet d’élaborer les statistiques structurelles d’entreprises françaises, à destination à la fois des autorités politiques et administratives françaises (sous l’égide du Cnis), de la Commission européenne (Eurostat), des statisticiens français et en particulier des comptables nationaux.

Le dispositif Esane combine des données administratives (déclarations annuelles de bénéfices des entreprises et données annuelles de données sociales) et des données obtenues à partir d’un échantillon d’entreprises enquêtées par un questionnaire spécifique pour produire des statistiques structurelles d’entreprises (enquête sectorielle annuelle (ESA)).

Mis en place en 2009 sur l’exercice 2008, ce dispositif remplace le précédent système composé de deux dispositifs avec les enquêtes annuelles d’entreprise (EAE) et le système unifié de statistiques d’entreprises (Suse) s’appuyant sur les déclarations fiscales, en les unifiant.

Le champ d’Esane est celui des entreprises marchandes à l’exception du secteur financier et des exploitations agricoles. Ce champ est défini à partir des codes de la nomenclature d’activité NAF.

Les soldes comptables présentés dans cette étude sont calculés à partir d’Esane.

Définitions

Comprendre les soldes comptables :

Le chiffre d’affaires se compose de la production vendue de biens et services et les ventes de marchandises. Les marchandises ne sont pas une production réalisée par l’entreprise qui les commercialise, contrairement aux productions vendues de biens ou services. Contrairement au chiffre d’affaires, la valeur ajoutée hors taxes correspond à ce qui est vraiment créé par l’entreprise. Elle s’obtient en additionnant le chiffre d’affaires, la production stockée et les autres produits d’exploitation, auxquels sont retranchées les consommations intermédiaires, les charges d’exploitation et la variation de stock. Les valeurs ajoutées peuvent s’additionner car les consommations intermédiaires sont soustraites. Transformées, ces consommations permettent la production d’autres biens ou services ou la vente de marchandises. Certains secteurs d’activités bénéficient de subventions. Les entreprises sont également taxées. La valeur ajoutée au coût des facteurs de production s’obtient en ajoutant à la valeur ajoutée les subventions et en retranchant les impôts et taxes. La valeur ajoutée au coût des facteurs de production se divise en deux parties :

- les frais de personnel qui permettent la rémunération du facteur de production « travail » ;

-l’excédent brut d’exploitation qui s’interprète comme le revenu du facteur de production « capital »

L’excédent brut d’exploitation (EBE) n’est pas seulement la rémunération des apporteurs de capitaux ou le bénéfice de l’entreprise. Il permet de rémunérer les actionnaires, mais également de rembourser les dettes ou de financer des investissements. Il rémunère également le travail des entrepreneurs individuels.

Le taux de valeur ajoutée :

Le taux de valeur ajoutée mesure la performance de l’outil de production, le degré d’intégration ou de sous-traitance d’une entreprise dans une filière de production. Plus ce taux est élevé, plus l’entreprise contribue à créer de la valeur et plus elle est intégrée dans le tissu économique. Une entreprise qui réalise en interne l’ensemble de la chaîne de production aura un taux de valeur ajoutée plus important que celle qui sous-traite certaines étapes, à chiffre d’affaires égal.

Taux faible : peu de main d’œuvre, processus court, activité commerciale.

Taux élevé : part importante de la main d’œuvre dans les processus, activité de services.

Le taux de marge :

La valeur ajoutée au coût des facteurs de production (y compris les subventions d’exploitation, hors impôts et taxes d’exploitation) permet aux entreprises de payer les frais de personnel et de dégager un excédent brut d’exploitation... Le taux de marge est le rapport de l’EBE sur la valeur ajoutée aux coûts des facteurs de production (VACF). La comparaison des taux de marge entre secteurs est un exercice délicat. Chaque secteur présente en effet des particularités vis-à-vis du recours à l’emploi et au capital et du cycle conjoncturel. Les secteurs capitalistiques ont de fait un taux de marge plus élevé que les secteurs de main-d’oeuvre. Dans le partage de la VACF, le taux de marge rend compte de ce qui reste à disposition des entreprises, l’EBE notamment, pour rémunérer le capital, une fois déduites les rémunérations salariales. Un taux de marge élevé résulte en général de la mise en oeuvre d’un capital d’exploitation important ; il n’implique pas nécessairement une rentabilité économique forte (l’EBE devant alors être rapporté à ce capital d’exploitation) mais sert à financer les investissements. La taille des entreprises, mesurée par l’effectif salarié, influe sur les taux de marge. Le taux de marge est plus élevé en règle générale dans les entreprises de moins de dix salariés que dans les autres. Les microentreprises intègrent des travailleurs individuels indépendants (commerçants, artisans, professions libérales), et des gérants majoritaires de SARL, qui ne sont pas salariés mais rémunèrent leur travail sur le résultat de l’entreprise. Le taux de marge s’en trouve augmenté mécaniquement. Or, les microentreprises sont proportionnellement beaucoup plus nombreuses aux Antilles-Guyane qu’en France. La comparaison des taux de marge n’est donc juste qu’à structure équivalente.

Pour en savoir plus

Brion P., « Esane, le dispositif rénové de production des statistiques structurelles d’entreprises », Courrier des statistiques n° 130, mai 2011.

Millet C., « En 2011, les richesses créées par le secteur marchand guadeloupéen atteignent 2,9 milliards d’euros », Insee Analyse Guadeloupe n° 14, Octobre 2016.

Benhaddouche A., « En 2011, le secteur marchand guyanais génère un tiers des richesses produites sur le territoire », Insee Analyse Guyane n° 16, Octobre 2016.