Moins de jeunes en Nouvelle-Aquitaine, mais un peu plus longtemps en études

Hélène Decorme, Insee

La Nouvelle-Aquitaine est une région où la part des 15 à 25 ans est faible. En 2013, trois jeunes de 15 à 25 ans sur cinq sont scolarisés et un sur quatre est en emploi. Par rapport aux autres régions, ces jeunes sortent moins souvent du système scolaire sans diplôme. Ils sont un peu plus souvent en contrat d’apprentissage, en particulier entre 17 et 19 ans et 7,1 % des étudiants non apprentis cumulent études et travail. Enfin, la scolarisation des femmes est plus élevée que celle des hommes.

En 2013, 700 200 jeunes de 15 à 25 ans vivent en Nouvelle-Aquitaine, soit 12,0 % de la population (12,9 % en France de province). Ce taux est le 2e plus faible des régions de France après la Corse. Cette caractéristique est durable puisque la structure de la population de Nouvelle-Aquitaine est semblable depuis 1975. La Nouvelle-Aquitaine est une région plus âgée : d’une part, grâce à une forte attractivité de jeunes retraités et, d'autre part, à cause d'un indicateur conjoncturel de fécondité faible.

Des jeunes pas seulement élèves ou étudiants

Dans la région, 54,3 % des jeunes de 15 à 25 ans se déclarent élèves ou étudiants, 5,4 % apprentis, 25,0 % en emploi exclusivement, 11,3 % au chômage et 4,0 % inactifs (hors élèves et étudiants). Parmi les élèves ou étudiants, 7,1 % déclarent occuper un emploi. Logiquement, l’emploi des jeunes se développe dès leur majorité. À 20 ans, 27,3 % des jeunes travaillent, qu'ils soient en études ou non. En parallèle, le taux de jeunes au chômage progresse pour atteindre 17,1 % à 25 ans (figure 1).

Trois jeunes sur cinq scolarisés

En 2013, en Nouvelle-Aquitaine, 59,7 % des 15 à 25 ans (y compris apprentis) résidant dans la région sont inscrits dans un établissement d'enseignement (59,5 % en province). Jusqu’à 15 ans révolus, âge de la scolarisation obligatoire, la quasi-totalité des jeunes sont scolarisés. À 17 ans, 7,2 % d'entre eux ont abandonné leurs études. Ce taux augmente ensuite rapidement, environ 10 points par année, avec deux hausses plus importantes après 18 et 22 ans. Il augmente cependant moins fortement dans la région qu’en France. Entre 23 et 25 ans, en Nouvelle-Aquitaine, 19,1 % des jeunes sont encore en études contre 18,1 % en province.

Les taux de scolarisation par département reflètent les migrations résidentielles des étudiants : les jeunes souhaitant poursuivre leurs études doivent quitter les territoires pas ou peu dotés en structures d’enseignement supérieur. Ainsi, en Nouvelle-Aquitaine, les départements abritant les anciennes capitales régionales et leurs universités enregistrent les meilleurs taux de scolarisation avec plus de 63 % de jeunes scolarisés. À l’opposé, le taux de scolarisation des départements des Deux-Sèvres, de la Dordogne, des Landes et de la Creuse est inférieur à 54 %, en lien avec une offre moindre en établissements d'enseignement du supérieur.

Figure 1 – Activité des jeunes en Nouvelle-Aquitaine selon l'âge en 2013 (en %)

Activité des jeunes en Nouvelle-Aquitaine selon l'âge en 2013 (en %)
Elèves, étudiants Elèves, étudiants en emploi En contrat d'apprentissage Au chômage En emploi Inactifs (hors élèves, étudiants)
15 |ans 95,6 0,8 2,0 0,1 0,2 1,2
16 |ans 88,1 1,5 6,5 1,1 0,4 2,4
17| ans 82,9 1,8 8,2 3,2 1,1 2,9
18| ans 71,1 3,5 8,4 8,6 5,0 3,4
19| ans 57,4 4,7 8,4 13,3 12,1 4,1
20| ans 45,5 6,3 7,6 15,2 21,0 4,4
21|ans 37,1 6,6 6,1 15,9 29,5 4,7
22| ans 29,3 6,8 4,5 16,4 38,6 4,4
23 |ans 19,8 3,8 3,6 17,1 50,2 5,6
24| ans 12,3 3,4 2,3 17,6 58,7 5,7
25| ans 7,3 3,3 1,2 17,1 65,3 5,7
  • Source : Insee, RP2013 exploitation complémentaire

Figure 1 – Activité des jeunes en Nouvelle-Aquitaine selon l'âge en 2013 (en %)

Moins de jeunes sans diplôme en Nouvelle-Aquitaine

En Nouvelle-Aquitaine, les jeunes de 15 à 25 ans sortis du système scolaire sont plus souvent diplômés (diplôme supérieur au brevet) qu'en moyenne en province (78,5 % contre 77,2 %). Légèrement moins souvent détenteurs d’un diplôme universitaire (23,2 % contre 23,6 %) (figure 2), 27,3 % des jeunes non scolarisés ont un CAP, BEP et 28,0 % ont un BAC contre respectivement 26,3 % et 27,3 % en province. En Nouvelle-Aquitaine, la part des agriculteurs et artisans-commerçants est plus élevée qu'en province, deux secteurs où les diplômés de CAP-BEP sont nombreux. Ainsi, les besoins des entreprises influencent le parcours des jeunes qui adaptent leur formation et leur niveau d'étude aux débouchés locaux.

Au niveau départemental, la Dordogne et le Lot-et-Garonne présentent davantage de jeunes peu ou pas diplômés (autour de 25 %). Dans ces départements, le solde migratoire négatif autour de 21 ans indique que les jeunes désirant poursuivre leurs études doivent généralement partir. Ainsi, la part des diplômés du supérieur est faible, celle des moins diplômés pèse donc plus parmi les jeunes. À l'opposé, dans les Pyrénées-Atlantiques, la part des jeunes peu ou pas diplômés est en deçà des 17 %.

Au niveau européen, l’indicateur « Europe 2020 » sur les sortants précoces identifie la part des jeunes de 18 à 24 ans sortis du système scolaire avec au mieux le brevet, sur l’ensemble des jeunes de cette tranche d’âge. Pour la France, la cible a été fixée à 9,5 % d’ici 2020. En 2013, il atteint 10,4 % en Nouvelle-Aquitaine, plus proche de l’objectif qu'en France de province (11,2 %).

Figure 2 – Diplôme des jeunes de 15 à 25 ans sortis du système scolaire en 2013 (en %)

en %
Diplôme des jeunes de 15 à 25 ans sortis du système scolaire en 2013 (en %)
Aucun diplôme ou brevet Diplôme universitaire
Corse 28,5 17,0
Hauts-de-France 27,3 21,2
Provence-Alpes-|Côte d'Azur 25,8 21,7
Occitanie 23,9 23,9
Centre-Val de Loire 23,1 22,7
Normandie 22,9 20,9
Bourgogne-|Franche-Comté 22,4 22,7
Grand Est 22,4 23,4
Nouvelle-Aquitaine 21,5 23,2
Auvergne-|Rhône-Alpes 21,2 27,0
Pays de la Loire 18,3 26,0
Bretagne 17,2 27,0
France de| province 22,8 23,6
  • Source : Insee, RP2013 exploitation complémentaire

Figure 2 – Diplôme des jeunes de 15 à 25 ans sortis du système scolaire en 2013 (en %)

L’apprentissage bien développé entre 17 et 19 ans

En apprentissage, les jeunes accèdent à une qualification en combinant des périodes d’emploi en entreprise et des périodes en centre de formation : en Nouvelle-Aquitaine, il concerne 37 700 jeunes, soit 5,4 % des 15 à 25 ans. Ce taux est légèrement au-dessus de celui de province (5,2 %).

Jusqu’à 19 ans, l’apprentissage en Nouvelle-Aquitaine est plutôt bien développé, classant la région au 5e rang des régions de province. Près de 60 % des jeunes en contrat d’apprentissage ont au mieux un CAP ou BEP (55,9 % en province). Entre 20 et 23 ans, la proportion d’apprentis diminue plus fortement en Nouvelle-Aquitaine que dans la plupart des autres régions françaises. Au final, la part de l'apprentissage dans le supérieur est un peu plus faible en Nouvelle-Aquitaine qu'en province. Au niveau des départements, en Deux-Sèvres, Dordogne et Charente, le taux d'apprentissage est supérieur à 6,5 %, alors qu’il est inférieur à 4,5 % en Haute-Vienne et en Gironde.

Scolarisation des femmes plus élevée que celle des hommes

En 2013, quel que soit l'âge, et comme dans le reste de la France de province, les femmes ont un taux de scolarisation supérieur à celui des hommes en Nouvelle-Aquitaine. Entre 15 et 25 ans, elles sont 61,5 % à être scolarisées contre 58,0 % des hommes (61,2 % et 57,9 % en province). L’écart homme-femme augmente progressivement entre 15 et 21 ans atteignant 7,9 points à 21 ans, puis diminue graduellement. De même, les femmes sortent moins souvent du système éducatif peu ou pas diplômées (19,7 % contre 23,0 %) et obtiennent plus souvent un diplôme du supérieur : 27,7 % des femmes ont un diplôme universitaire contre 19,2 % des hommes.

Étudiants non apprentis : 7,1 % cumulent scolarité et emploi

Sur 380 200 jeunes scolarisés hors apprentissage, 27 000 ont un emploi en parallèle de leurs études, soit 7,1 % (7,3 % en province) : ils se répartissent pour moitié entre hommes et femmes (respectivement 49,5 % et 50,5 %). Ces jeunes déclarent pour 50,6 % d’entre eux avoir un emploi à temps partiel et 47,5 % un emploi à durée limitée. Les motivations de ce cumul sont multiples : financières, besoin d’autonomie ou d’expérience en vue d’une insertion dans la vie active.

Sources

Les résultats sont issus de l’exploitation complémentaire du recensement de la population 2013.

L’étude porte sur les jeunes de 15 à 25 ans qui résident dans la région.

Dans cette publication, l’âge est considéré en années révolues, c’est-à-dire l’âge au dernier anniversaire.

Est considérée scolarisée la personne se déclarant inscrite dans un établissement d’enseignement pour l’année scolaire.

Le taux de scolarisation est le nombre de personnes scolarisées à un âge donné par rapport à l’ensemble de la population du même âge.

L’indicateur conjoncturel de fécondité mesure le nombre d’enfants qu’aurait une femme tout au long de sa vie si les taux de fécondité à chaque âge demeuraient inchangés. Cet indicateur neutralise les différences de structure par âge permettant ainsi de comparer les comportements de fécondité entre régions.

La province recouvre les régions de France métropolitaine sans l’Île-de-France.

Pour en savoir plus

Boudrot N., Joubert M., « Poitou-Charentes, un carrefour pour les étudiants et les diplômés du supérieur », Insee Analyses Poitou-Charentes n°22, septembre 2015.·

Garçon N., Mallemanche C., Prévot P., « Le Limousin attire des étudiants mais perd des diplômés », Insee Analyses Limousin n°15, septembre 2015.·

Lacour C., « Les diplômés du supérieur en Aquitaine : la région profite de son attractivité », Insee Analyses Aquitaine n°13, septembre 2015.