Bilan démographique 2015 : En Normandie, toujours moins de naissances et plus de décès

Claude BONIOU, Jean-Luc LACUVE, Insee

La population en Normandie progresse de façon modeste. Le solde naturel reste positif mais, avec le départ de la région d'une partie des jeunes actifs, les naissances sont moins nombreuses. La population normande vieillit ainsi plus rapidement qu'ailleurs et la région perd progressivement sa caractéristique de région jeune. Le nombre de personnes de 60 ans ou plus a très nettement augmenté et un Normand sur dix a maintenant 75 ans ou plus. Le nombre de décès a augmenté en 2015 un peu moins fortement qu'en moyenne nationale, en raison d'un effet atténué de la canicule. L'espérance de vie des Normands demeure parmi les plus faibles de France.

La Normandie compte 3 334 660 habitants au 1er janvier 2015. Elle est la 9e des 13 régions françaises devant la Bretagne, la Bourgogne-Franche-Comté, le Centre-Val-de-Loire et la Corse. Comme dans toutes les régions du nord de la France (Hauts de France, Île-de-France et Grand-Est), l’augmentation de sa population résulte du seul excédent des naissances sur les décès. En moyenne ces cinq dernières années, la région gagne ainsi un peu plus de 4 800 habitants par an. Les naissances sont supérieures de près de 8 100 aux décès mais les départs d’habitants sont supérieurs de 3 300 aux arrivées dans la région.

Une croissance démographique peu dynamique

Figure 1 – Une croissance démographique lente - Évolution de la population normande

(base 100 en 1990)
Une croissance démographique lente - Évolution de la population normande
Normandie France Métropolitaine
1990 100,0 100,0
1991 100,4 100,5
1992 100,8 100,9
1993 101,1 101,4
1994 101,4 101,7
1995 101,7 102,1
1996 101,9 102,4
1997 102,1 102,7
1998 102,3 103,0
1999 102,4 103,4
2000 102,7 104,0
2001 103,0 104,8
2002 103,4 105,5
2003 103,6 106,2
2004 103,9 106,9
2005 104,2 107,8
2006 104,5 108,5
2007 104,8 109,2
2008 105,3 109,8
2009 105,7 110,4
2010 105,9 110,9
2011 106,0 111,5
2012 106,3 112,0
2013 106,4 112,6
2014 106,5 113,1
2015 106,6 113,6
  • Source : Insee - Estimations de population (résultats provisoires arrêtés fin 2015).

Figure 1 – Une croissance démographique lente - Évolution de la population normande

La réduction de l’excédent naturel et l’augmentation du déficit migratoire ont, à parts presque égales, diminué de moitié la croissance démographique annuelle de la Normandie ces cinq dernières années vis-à-vis de la période 2000-2010. En progression de 0,15 % par an depuis 2010, la population normande croît ainsi trois fois moins vite qu’au niveau national (figure 1). Septième région pour sa croissance due au solde naturel et dixième en ce qui concerne son attractivité, la croissance démographique normande se classe au 11e rang des 13 régions françaises sur cette période, juste devant la Bourgogne-Franche-Comté et la région Grand-Est. La Normandie perd une place au profit des Hauts de France dont l'excédent naturel se réduit moins vite et qui ralentit son déficit migratoire.

Figure 2 – Réduction de l’excédent naturel et attractivité réduite freinent l’augmentation de population - Évolution de la population par département de 2000 à 2015

Réduction de l’excédent naturel et attractivité réduite freinent l’augmentation de population - Évolution de la population par département de 2000 à 2015
Estimations de population au 1er janvier Variation relative annuelle
Département 2000 en % 2010 en % 2015 (p) 2000-2010 (en %) 2010-2015 (en %)
en % en nombre totale due au solde naturel due au solde apparent des entrées et des sorties totale due au solde naturel due au solde apparent des entrées et des sorties
Calvados 20,3 20,6 20,8 693 277 +0,48 +0,39 +0,09 +0,30 +0,24 +0,06
Eure 17,0 17,7 18,0 599 518 +0,74 +0,45 +0,30 +0,44 +0,41 +0,03
Manche 15,0 15,1 15,0 500 019 +0,32 +0,11 +0,21 +0,05 -0,04 +0,09
Orne 9,1 8,8 8,6 286 256 -0,03 +0,10 -0,13 -0,37 -0,09 -0,28
Seine maritime 38,6 37,8 37,7 1 255 587 +0,08 +0,40 -0,32 +0,08 +0,36 -0,28
Normandie 100 100 100 3 334 657 +0,30 +0,34 -0,04 +0,15 +0,25 -0,10
France métropolitaine 64 277 242 +0,64 +0,42 +0,22 +0,48 +0,38 +0,10
  • Évolution de la population par département de 2000 à 2015
  • (p) : résultats provisoires arrêtés fin 2015
  • Source : Insee, estimations de population

Sur l'année 2015 , seul le département de l’Orne perd des habitants, 500 en raison de son déficit naturel et 800 du fait de son déficit migratoire. Au total, l’Orne a perdu 5 400 habitants depuis 2010 (figure 2). La Manche ne gagne que 70 habitants au cours de l'année 2015, du fait d'un solde naturel négatif, mais cela suffit à lui faire franchir le cap des 500 000 habitants. La Seine Maritime gagne 400 habitants avec un solde naturel de 3 900 personnes toujours élevé et un déficit migratoire de 3 500 habitants. La croissance démographique de la Normandie est principalement portée par le Calvados et, plus encore, l’Eure, qui cumulent soldes naturels et migratoires positifs. Ces deux départements pèsent respectivement 21 % et 18 % de la population régionale soit, pour chacun, un demi point à un point de plus qu'il y a quinze ans.

Un déficit de mères potentielles

Sur longue période, la réduction de l'excédent naturel normand s’explique d’abord par des départs constants de jeunes en fin d’études ou à la recherche d’un premier emploi. Ces migrations génèrent un déficit de couples en âge d’avoir des enfants. En France, le nombre de femmes de 15 à 50 ans diminue depuis 1998. Il en est de même en Normandie mais le fléchissement est beaucoup plus accentué (figure 3). De même, la baisse du nombre des plus fécondes d'entre elles, celles de 20 à 40 ans (96 % des naissances), est nettement plus marquée en Normandie entre 2000 et 2015 (-13 % contre -6 % en France) et notamment sur les trois dernières années (-5 % contre -2 %).

Figure 3 – Recul marqué du nombre de Normandes en âge d'avoir des enfants - Évolution du nombre de femmes entre 15 et 50 ans en France et en Normandie

Unité : en %
Recul marqué du nombre de Normandes en âge d'avoir des enfants - Évolution du nombre de femmes entre 15 et 50 ans en France et en Normandie
15-50 ans Normandie 20-40 ans Normandie 15-50 ans France 20-40 ans France
1990 100,0 100,0 100,0 100,0
1991 100,4 99,7 100,5 100,0
1992 100,9 99,6 101,2 100,0
1993 101,6 99,5 102,0 100,3
1994 102,2 99,3 102,6 100,3
1995 102,6 98,7 103,1 99,9
1996 103,2 97,6 103,6 99,2
1997 103,6 96,4 104,1 98,4
1998 103,4 95,3 104,0 97,7
1999 102,8 94,1 103,5 97,0
2000 102,2 93,1 103,4 96,7
2001 101,6 92,3 103,3 96,5
2002 101,2 91,7 103,3 96,4
2003 100,7 91,0 103,4 96,3
2004 100,1 90,2 103,4 96,0
2005 99,6 89,4 103,6 95,7
2006 99,0 88,7 103,7 95,5
2007 98,2 88,1 103,5 95,2
2008 97,7 87,5 103,3 94,8
2009 96,9 86,9 102,9 94,5
2010 96,0 86,3 102,6 94,2
2011 95,1 85,4 102,2 93,8
2012 94,4 84,7 101,8 93,4
2013 93,5 83,4 101,5 92,9
2014 92,7 82,0 101,2 92,0
2015 91,9 80,7 100,9 91,3
  • Source : Insee, Estimations de la population

Figure 3 – Recul marqué du nombre de Normandes en âge d'avoir des enfants - Évolution du nombre de femmes entre 15 et 50 ans en France et en Normandie

Par ailleurs, depuis 2011, les taux de fécondité en baisse contribuent également à la diminution des naissances (à hauteur de 57 % en 2014 par exemple).

Figure 4 – Toujours moins de jeunes femmes en Normandie et récemment un peu moins d'enfants chacune - Décomposition des évolutions annuelles des naissances en Normandie

Toujours moins de jeunes femmes en Normandie et récemment un peu moins d'enfants chacune - Décomposition des évolutions annuelles des naissances en Normandie
Effet démographique Effet taux de fécondité
2000 -503 1722
2001 -540 -25
2002 -544 -822
2003 -546 721
2004 -533 199
2005 -413 474
2006 -361 978
2007 -340 102
2008 -251 189
2009 -268 155
2010 -278 415
2011 -233 -111
2012 -276 -165
2013 -341 -940
2014 -314 -424
  • Lecture : la variation du nombre de naissances résulte de l'évolution du nombre de femmes de 15 à 49 ans à taux de fécondité inchangé (effet démographique) ainsi que de l'évolution des taux de fécondité par âge (effet taux de fécondité)
  • Source : Insee

Figure 4 – Toujours moins de jeunes femmes en Normandie et récemment un peu moins d'enfants chacune - Décomposition des évolutions annuelles des naissances en Normandie

Fécondité élevée dans l’Eure, faible dans le Calvados

Durant l'année 2015, 36 715 bébés sont nés en Normandie, soit 913 de moins qu'en 2014 (figure 4). Ce recul de 2,4 % est comparable à celui enregistré en France (-2,5 %). C'est dans l'Orne que la baisse a été la plus forte (-5 %). Les diminutions enregistrées dans l'Eure et le Calvados (-4 %) sont également supérieures à celle constatée au niveau national. Les naissances sont en retrait de 1 % dans La Manche et la Seine-Maritime.

En 2014, l’indicateur conjoncturel de fécondité s’élève à 1,96 enfants par femme en Normandie, niveau proche de celui de la France métropolitaine et en dessous du seuil de renouvellement des générations (2,1 enfants par femmes). Pour la première fois depuis l’année 2000, les femmes normandes en âge de procréer sont un peu moins fécondes que leurs homologues de France métropolitaine (figure 5). Il est trop tôt pour savoir s'il s'agit d'un épiphénomène ou d'une véritable inversion de tendance.

Figure 5 – Baisse de la fécondité depuis 2012 - Indicateur conjoncturel de fécondité

Baisse de la fécondité depuis 2012 - Indicateur conjoncturel de fécondité
Normandie France métropolitaine
2000 1,95 1,87
2001 1,95 1,88
2002 1,90 1,86
2003 1,94 1,87
2004 1,95 1,90
2005 1,97 1,92
2006 2,01 1,98
2007 2,02 1,96
2008 2,03 1,99
2009 2,03 1,99
2010 2,05 2,02
2011 2,05 2,00
2012 2,04 1,99
2013 1,99 1,97
2014 1,96 1,98
  • Source : Insee, Etat-civil, Estimations de population

Figure 5 – Baisse de la fécondité depuis 2012 - Indicateur conjoncturel de fécondité

De nombreux facteurs peuvent expliquer les disparités géographiques de fécondité en France. On peut évoquer l’influence de l’immigration (les femmes immigrées ont, dans leur ensemble, une fécondité plus élevée que les autres), l’urbanisation (la fécondité est plus basse dans les zones les plus urbanisées car les familles tendent à s’éloigner des villes-centres), le diplôme (les femmes les moins diplômées ont une fécondité plus forte), ou encore le milieu social (la fécondité la plus élevée s'observe en milieu ouvrier ou agricole). Le taux de fécondité structurellement plus élevé en Normandie pourrait être lié à une plus grande présence d'ouvriers sur la région qu'en France métropolitaine (28 % en Normandie contre 23 % en moyenne nationale). Corrélée à ce facteur, la part plus importante d'habitants faiblement diplômés aurait le même effet (55 % des 15-49 ans en France métropolitaine ont au moins le bac, mais seulement 49 % en Normandie).

Au sein de la région, deux départements, l’Eure et le Calvados se démarquent. Les femmes font plus d’enfants que la moyenne normande dans l’Eure, moins dans le Calvados et ces caractéristiques perdurent depuis 2000 (figure 6). En 2014, l’écart avec la moyenne régionale s’élève à -0,11 enfants par femme dans le Calvados, à +0,14 dans l’Eure. Les mêmes facteurs explicatifs qu'au niveau régional pourraient être repris au niveau des départements : davantage d'ouvriers et une population plus faiblement diplômée dans l'Eure et l'Orne et, inversement, moins d'ouvriers et un taux de diplômés du supérieur le plus fort dans le Calvados.

Figure 6 – Les jeunes Normandes plus fécondes qu'en France métropolitaine - Indicateur conjoncturel de fécondité en 2014

Les jeunes Normandes plus fécondes qu'en France métropolitaine - Indicateur conjoncturel de fécondité en 2014
Total 15 à 24 ans 25 à 34 ans 35 à 49 ans
Eure 2,10 0,38 1,36 0,36
Orne 1,99 0,37 1,27 0,35
Manche 1,97 0,35 1,27 0,35
Seine-Maritime 1,97 0,33 1,27 0,37
Calvados 1,85 0,26 1,22 0,37
Normandie 1,96 0,33 1,27 0,36
France métropolitaine 1,98 0,27 1,27 0,44
  • Source : Insee, État Civil, Estimations de population.

En Normandie, les femmes de moins de 25 ans sont plus fécondes qu'en France ; c'est l'inverse après 35 ans. Le calendrier des naissances est lié au niveau d'éducation et les naissances précoces (survenant au début de l’âge adulte) sont généralement associées à un faible niveau d'études. Le niveau de diplôme relativement faible de la région entre en ligne de compte dans les écarts constatés entre Normandie et France.

Un report de la natalité à des âges plus avancés.

Les deux tiers des naissances ont lieu lorsque la femme est âgée de 25 à 34 ans, les naissances précoces (avant 25 ans) représentant 16 % et celles ayant lieu à des âges plus avancés (35 ans ou plus) 19 %. En Normandie comme en France, on observe un report de la maternité vers des âges plus avancés. Depuis 2000, le nombre de maternités dans la région diminue aussi bien pour les femmes de moins de 25 ans (-1,7 % par an) que pour celles entre 25 et 34 ans (-1,0 %) ; en revanche, les naissances parmi les femmes de 35 ans ou plus augmentent (+0,9 %) (figure 7). Les comportements sociaux et matrimoniaux se modifient et expliquent ce report progressif de l'âge à la maternité. Les mises en couples et les unions se font plus tardivement, les séparations et les familles recomposées sont plus nombreuses, les études plus longues. L'âge moyen des mères à la naissance ne cesse d'augmenter. En Normandie, il passe de 29,1 ans en 2000 à 29,8 ans en 2014. Il reste toutefois bien inférieur au niveau national, estimé à 30,5 ans en 2014, l'écart étant stable sur les 15 dernières années.

Figure 7 – Évolution moyenne annuelle entre 2000 et 2014 du nombre de naissances selon l'âge de la mère - Hausse tendancielle des naissances après 35 ans

Unité : en %
Évolution moyenne annuelle entre 2000 et 2014 du nombre de naissances selon l'âge de la mère - Hausse tendancielle des naissances après 35 ans
Normandie France métropolitaine
15 à 24 ans -1,7% -1,2%
25 à 34 ans -1,0% -0,2%
35 à 49 ans 0,9% 2,0%
Total -0,8% 0,1%
  • Source : Insee, Etat civil

Figure 7 – Évolution moyenne annuelle entre 2000 et 2014 du nombre de naissances selon l'âge de la mère - Hausse tendancielle des naissances après 35 ans

Grippe et conditions climatiques exceptionnelles à l'origine de décès supplémentaires

Le nombre de décès augmente fortement en 2015. Avec 33 029 décès, la Normandie compte 1 740 décès de plus qu'en 2014 (figure 8). Cette progression de 5,6 % est toutefois moins forte que celle enregistrée en France métropolitaine (+ 7,2 %). La hausse de la mortalité est en effet liée principalement à des conditions épidémiologiques alors que la canicule de l’été a été atténuée dans la région, générant un nombre moindre de décès en juillet 2015 qu’en 2014 contrairement à ce qui a été enregistré sur l’ensemble du territoire. La Normandie a néanmoins connu deux épisodes de surmortalité. Tout d’abord, les trois premiers mois de l'année 2015 ont été marqués par 1 132 décès supplémentaires par rapport à la même période en 2014. L'épisode grippal, long (9 semaines) et de forte intensité, a eu un impact relativement sévère chez les personnes de 65 ans ou plus. Le vaccin n'était pas efficace contre certains virus et la couverture vaccinale des personnes de plus de 65 ans a baissé. En outre, le virus majoritaire lors de cet épisode est connu pour avoir provoqué des complications chez les personnes fragiles. Plus de 300 personnes supplémentaires sont également décédées en octobre-novembre 2015 par rapport à octobre-novembre 2014, probablement en raison des vagues de froid survenues durant ces deux mois.

Depuis 2008, l'augmentation du nombre de décès est continue en France comme en Normandie. L'effet du vieillissement de la population, n'est plus compensé par la baisse du taux de mortalité (figure 9). Si, en France, en 2007, on ne constate pas plus de décès qu'en 1990, ceux-ci vont ensuite augmenter presque systématiquement. Vis à vis de 2007, l'augmentation est de 5 % en 2014 mais de 15 % en 2015. L'année 2015 est en effet exceptionnelle, avec un taux de mortalité très nettement supérieur à celui de 2014, qui avait été particulièrement faible. L'évolution en Normandie est similaire : respectivement + 6 % et + 12 %. Depuis 2007, sans la baisse du taux de mortalité, ce sont 6 440 décès supplémentaires qui auraient pu être enregistrés dans la région du fait du vieillissement la population. Avec la baisse du taux de mortalité, ces décès supplémentaires ont été limités à 1 780 durant cette période.

Figure 8 – Hausse tendancielle des décès depuis 2008 en Normandie comme en France -Evolution des décès depuis 1990

(base 100 en 1990)
Hausse tendancielle des décès depuis 2008 en Normandie comme en France -Evolution des décès depuis 1990
Île-de-France Normandie France métro Bretagne
1990 100,00 100,00 100,00 100,00
1991 100,93 100,25 99,70 98,28
1992 99,76 100,70 99,07 97,42
1993 100,57 103,20 101,17 101,51
1994 97,97 99,89 98,85 97,28
1995 99,27 104,84 101,11 101,64
1996 99,13 105,67 101,96 102,60
1997 95,70 104,96 100,88 103,84
1998 95,70 105,21 101,60 100,64
1999 95,65 104,91 102,31 104,34
2000 94,14 105,46 100,99 102,25
2001 94,30 105,58 101,06 102,59
2002 93,72 105,65 101,82 103,01
2003 99,71 108,83 105,12 104,56
2004 87,60 102,95 96,96 100,50
2005 90,22 106,54 100,40 103,19
2006 88,39 104,54 98,30 102,00
2007 88,40 106,43 99,15 103,77
2008 90,01 108,10 101,28 104,76
2009 90,22 110,36 102,43 106,34
2010 91,19 110,51 102,82 107,21
2011 90,69 109,47 101,81 106,62
2012 92,81 114,52 106,44 112,46
2013 92,28 115,00 106,27 112,10
2014 90,22 112,85 104,10 109,37
2015 95,78 119,13 111,68 117,12
  • Source : Etat civil

Figure 8 – Hausse tendancielle des décès depuis 2008 en Normandie comme en France -Evolution des décès depuis 1990

Sur longue période, la croissance des décès est supérieure en Normandie à celle de la France. Une augmentation marquée en 1995 et une réduction moindre des décès en 2004 après la canicule de 2003 ont conduit à un écart de près de sept points en 25 ans : la croissance des décès est de 12 % entre 1990 et 2015 pour la France, mais de 19 % en Normandie.

Figure 9 – Effet démographique sur les décès compensé par la baisse du taux de mortalité - Décomposition des évolutions annuelles des décès en Normandie

Effet démographique sur les décès compensé par la baisse du taux de mortalité - Décomposition des évolutions annuelles des décès en Normandie
Effet démographique Effet taux de mortalité
2000 742 -588
2001 783 -750
2002 790 -771
2003 767 113
2004 833 -2461
2005 767 227
2006 812 -1366
2007 921 -397
2008 890 -427
2009 932 -306
2010 967 -925
2011 1052 -1341
2012 893 507
2013 804 -670
2014 901 -1496
  • Sources : Etat civil, Insee Estimations de population

Figure 9 – Effet démographique sur les décès compensé par la baisse du taux de mortalité - Décomposition des évolutions annuelles des décès en Normandie

Une région qui vieillit rapidement

Le nombre de jeunes de moins de 20 ans a diminué, aussi bien en nombre qu’en proportion, sur les 15 dernières années. En 2000, la Normandie était la région la plus jeune de France derrière les Hauts-de-France avec 27 % de moins de 20 ans contre 25,5 % en France. Dix ans plus tard, elle occupait encore le 4e rang, l'écart se resserrant avec la France. En 2015, la part des jeunes Normands (24,3 %) est sensiblement égale à celle que l'on constate en moyenne en France et situe la région au 5e rang. (voir graphique ). C'est aussi la région qui vieillit le plus rapidement. Son indice de vieillissement, rapport des 65 ans et plus sur les moins de 20 ans, s'est longtemps situé en dessous du niveau national avant de le dépasser en 2010 (figure 10). Il se situe depuis dans la moyenne française, mais c'est celui qui a le plus progressé ces cinq dernières années.

Figure 10 – Indice de vieillissement de la Normandie et des régions voisines

Indice de vieillissement de la Normandie et des régions voisines
Bretagne Normandie France métropolitaine Nord - Pas-de-Calais-Picardie Île-de-France
2000 0,72 0,59 0,63 0,49 0,46
2001 0,73 0,60 0,63 0,50 0,46
2002 0,74 0,61 0,64 0,51 0,46
2003 0,75 0,63 0,65 0,52 0,46
2004 0,75 0,64 0,65 0,52 0,46
2005 0,76 0,65 0,66 0,53 0,47
2006 0,76 0,66 0,67 0,54 0,47
2007 0,75 0,66 0,67 0,53 0,47
2008 0,75 0,67 0,67 0,53 0,48
2009 0,75 0,67 0,68 0,54 0,48
2010 0,76 0,68 0,68 0,54 0,49
2011 0,76 0,70 0,69 0,54 0,49
2012 0,79 0,72 0,71 0,57 0,50
2013 0,81 0,74 0,73 0,58 0,52
2014 0,83 0,76 0,75 0,60 0,53
2015 0,85 0,79 0,76 0,62 0,54
  • Sources : Etat civil, Insee Estimations de population.

Figure 10 – Indice de vieillissement de la Normandie et des régions voisines

Un habitant sur dix a plus de 75 ans.

Avec l’allongement de la durée de vie et l’avancée en âge des générations nombreuses du baby boom, le vieillissement de la population de Normandie se poursuit. Au 1er janvier 2015, l’âge moyen est de 40,9 ans, soit 3,1 ans de plus qu’en 2000. Les 60 ans ou plus représentent désormais 26 % de la population et leur nombre a augmenté de 32 % en 15 ans. Parmi eux, les 75 ans ou plus, âge où les problèmes d’autonomie commencent à se faire sentir, sont aussi de plus en plus nombreux. Ils représentent 9,7 % de la population régionale au 1er janvier 2015, proportion proche du niveau de la France métropolitaine (9,3 %).

La Manche et l’Orne, qui ont conservé un caractère rural marqué, ont une population plus âgée que les autres départements. L’âge moyen y est supérieur à 43 ans au 1er janvier 2015, soit 2 ans de plus que la moyenne régionale. La proportion de seniors (60 ans ou plus) avoisinent les 30 % et le quatrième âge (75 ans ou plus) représente plus de 12 % de la population (figure 11).

Figure 11 – Net recul du nombre de Normands de moins 50 ans - Pyramide des âges au 1er janvier 2000 et 2015

Net recul du nombre de Normands de moins 50 ans - Pyramide des âges au 1er janvier 2000 et 2015
Âge Hommes au 1 janvier 2015 Hommes au 1 janvier 2000 Femmes au 1 janvier 2015 Femmes au 1 janvier 2000
0 an 18 428 20 657 17 926 19 759
1 ans 19 250 20 515 18 551 20 217
2 ans 20 047 20 427 19 113 19 267
3 ans 20 444 20 923 19 250 19 688
4 ans 20 844 20 716 20 071 19 932
5 ans 21 116 20 548 19 948 19 393
6 ans 21 281 20 071 20 071 19 260
7 ans 21 152 21 216 20 333 20 493
8 ans 21 481 21 874 20 428 21 055
9 ans 21 119 22 173 20 182 20 812
10 ans 21 650 22 717 20 014 21 699
11 ans 21 525 22 608 20 238 21 716
12 ans 21 774 23 261 20 544 22 303
13 ans 21 936 23 613 21 233 22 664
14 ans 22 610 23 593 21 375 22 485
15 ans 21 727 23 021 20 486 22 290
16 ans 21 265 22 456 20 739 22 778
17 ans 21 316 23 824 19 757 23 288
18 ans 20 801 24 208 19 662 22 948
19 ans 20 034 23 410 19 296 22 446
20 ans 18 962 21 439 17 836 20 369
21 ans 17 589 19 978 17 003 19 448
22 ans 18 725 19 726 17 424 18 976
23 ans 18 210 18 829 18 042 18 521
24 ans 17 986 19 348 17 678 19 070
25 ans 18 238 20 684 18 570 20 591
26 ans 18 051 21 780 18 465 21 918
27 ans 18 497 22 455 18 751 22 447
28 ans 18 896 22 654 19 073 22 490
29 ans 18 841 22 156 19 152 21 838
30 ans 18 581 22 241 19 439 22 131
31 ans 18 753 22 034 19 014 21 991
32 ans 19 503 21 979 20 501 22 204
33 ans 20 092 22 922 20 376 22 821
34 ans 20 349 22 741 20 583 22 907
35 ans 19 353 23 097 19 346 23 608
36 ans 18 272 23 531 18 493 23 412
37 ans 18 614 22 438 18 802 23 065
38 ans 18 556 23 347 18 701 23 581
39 ans 19 426 23 087 19 441 23 306
40 ans 20 524 23 674 21 013 23 829
41 ans 21 952 22 941 22 441 23 485
42 ans 22 644 23 653 22 751 23 531
43 ans 22 523 23 210 22 965 23 416
44 ans 22 382 23 418 22 176 23 616
45 ans 22 095 23 736 22 220 23 539
46 ans 21 593 22 930 22 283 23 135
47 ans 21 498 23 485 22 376 23 545
48 ans 22 206 22 941 22 727 22 914
49 ans 22 397 23 700 22 750 22 999
50 ans 22 267 23 520 23 287 23 479
51 ans 22 860 23 068 23 163 22 912
52 ans 21 896 22 726 22 939 22 205
53 ans 21 954 21 563 23 107 21 493
54 ans 22 240 15 872 22 743 15 746
55 ans 22 257 15 166 23 346 15 474
56 ans 21 725 14 755 22 761 14 998
57 ans 22 037 13 324 23 013 13 614
58 ans 21 628 12 233 23 128 12 526
59 ans 21 939 13 031 23 275 13 770
60 ans 21 886 13 809 22 959 15 457
61 ans 21 357 13 858 22 554 15 421
62 ans 21 581 14 177 23 406 15 586
63 ans 20 846 14 080 22 489 15 689
64 ans 21 707 13 584 22 918 15 997
65 ans 21 431 14 317 23 350 16 557
66 ans 20 719 13 380 22 706 15 871
67 ans 20 115 13 627 21 952 16 664
68 ans 19 083 13 410 21 000 16 823
69 ans 13 807 13 348 15 242 16 389
70 ans 13 018 12 361 15 013 15 508
71 ans 12 301 11 837 14 326 15 407
72 ans 11 003 11 481 13 011 15 050
73 ans 9 593 11 182 11 829 14 936
74 ans 10 225 10 625 12 742 14 610
75 ans 10 692 9 963 14 316 14 338
76 ans 10 359 9 426 13 907 13 802
77 ans 10 262 8 755 13 742 13 277
78 ans 9 848 8 618 13 472 13 302
79 ans 9 027 8 309 13 584 13 379
80 ans 9 306 4 649 13 567 8 007
81 ans 7 881 3 668 12 524 6 860
82 ans 7 717 2 977 13 242 5 734
83 ans 7 382 2 419 12 524 4 912
84 ans 6 694 2 460 11 616 5 309
85 ans 5 651 3 271 10 336 7 626
86 ans 4 954 2 927 9 510 6 947
87 ans 4 337 2 446 8 598 6 394
88 ans 3 738 2 019 8 007 5 178
89 ans 3 126 1 602 7 145 4 640
90 ans 2 481 1 292 6 244 3 943
91 ans 2 017 961 5 452 3 203
92 ans 1 549 700 4 408 2 614
93 ans 1 259 491 3 673 2 037
94 ans 905 397 3 202 1 581
95 ans 355 232 1 554 1 150
96 ans 223 154 1 031 923
97 ans 146 119 611 563 563
98 ans 107 87 410 431
99 ans et plus 173 97 1 342 617
  • Source : Insee, estimations de population

Figure 11 – Net recul du nombre de Normands de moins 50 ans - Pyramide des âges au 1er janvier 2000 et 2015

Une espérance de vie parmi les plus faibles

Habitudes alimentaires, comportements individuels à risque (tabac, alcool, conduite routière), comportements de recours aux soins et déterminants culturels sont autant de facteurs à l’origine des disparités spatiales d’espérance de vie. En 2014, l’espérance de vie en Normandie est moins élevée que la moyenne de la France métropolitaine (figure 12). Pour les hommes, elle s’élève à 78 ans, soit 1,3 année de moins qu’au niveau national, pour les femmes, elle s'établit à 84,5 ans, soit 0,9 année de moins. La Normandie se situe ainsi parmi les régions où l’espérance de vie est la plus faible, tant pour les hommes que pour les femmes. Seule celle des Hauts-de-France lui est inférieure. Les inégalités sociales face à la mort peuvent éclairer ce constat. Les ouvriers vivent moins longtemps que les autres catégories sociales et la Normandie est une région encore très ouvrière (28 % d'ouvriers contre 23 % en France métropolitaine).

Depuis 2000, l’âge que les hommes et les femmes peuvent espérer atteindre continue de croître. Il progresse cependant plus vite pour les hommes. En Normandie, l’espérance de vie masculine a augmenté de 3,4 ans sur la période 2000-2014 et celle des femmes de 1,9 an. L’écart entre les deux sexes se réduit donc peu à peu mais il reste conséquent (6,5 ans). Quel que soit le sexe, l’espérance de vie progresse un peu moins vite en Normandie qu’au niveau de la France métropolitaine.

Figure 12 – Espérance de vie à la naissance

Espérance de vie à la naissance
Normandie France Métropolitaine
Homme Femme Homme Femme
1 999 74,3 82,3 75,0 82,5
2 000 74,6 82,6 75,3 82,8
2 001 74,8 82,5 75,5 82,9
2 002 74,8 82,8 75,8 83,1
2 003 75,0 82,8 75,9 83,0
2 004 75,7 83,5 76,7 83,9
2 005 75,9 83,4 76,8 83,9
2 006 76,3 83,6 77,2 84,2
2 007 76,3 83,9 77,4 84,4
2 008 76,7 83,8 77,6 84,4
2 009 76,4 84,0 77,8 84,5
2 010 76,9 84,2 78,0 84,7
2 011 77,4 84,4 78,4 85,0
2 012 77,3 84,2 78,5 84,8
2 013 77,6 84,5 78,8 85,0
2 014 78,0 84,5 79,3 85,4
2 012 77,3 84,2 78,5 84,8
2 013 77,6 84,5 78,8 85,0
2 014 78,0 84,5 79,3 85,4
  • Sources : Etat civil, Insee Estimations de population

Figure 12 – Espérance de vie à la naissance

Deux unions sur cinq sont des Pacs

En 2014, 12 600 mariages ont été célébrés en Normandie, dont 500 entre personnes de même sexe. Le nombre global de mariages est en légère augmentation (+ 1 %) par rapport à 2013, la baisse du nombre de mariages entre personnes de sexe différent étant plus que compensée par la hausse du nombre de célébrations entre personnes de même sexe (figure 13). Plus d’un mariage sur trois est célébré en Seine-Maritime, l’Orne enregistrant moins d’un mariage sur dix. Avec 3,1 mariages pour 1 000 habitants en 2014, l’Orne compte aussi le taux de nuptialité le plus faible de la région. Les mariages entre personnes de sexe différent ont baissé de 29 % depuis 2000 et, malgré des périodes de stabilisation (2002-2007, 2009-2012), la tendance à la baisse ne se dément pas.

Près de 8 900 pactes civils de solidarité (Pacs) ont été conclus dans la région en 2014, soit une progression de 6,5 % par rapport à 2013. Au total, la proportion de pacs dans l’ensemble des unions (Pacs + mariages) est de 41 %. Elle n’était que de 5 % en 2000. Plus de deux Pacs sur cinq sont conclus en Seine-Maritime. C’est aussi dans ce département que la part des Pacs parmi les unions est la plus élevée (44 %).

Figure 13 – Figure 13-En 2014, la baisse du nombre de mariage est enrayée par la prise en compte des célébrations entre personnes de même sexe - Mariages et Pacs

Figure 13-En 2014, la baisse du nombre de mariage est enrayée par la prise en compte des célébrations entre personnes de même sexe - Mariages et Pacs
Mariages enregistrés Pacs conclus
2000 17 661 1 017
2001 16 936 912
2002 15 679 1 234
2003 15 357 1 630
2004 15 634 1 863
2005 15 142 2 911
2006 15 463 3 816
2007 15 289 5 168
2008 14 485 7 928
2009 13 528 8 803
2010 13 678 9 550
2011 13 413 8 076
2012 13 334 7 298
2013 12 493 8 352
2014 12 615 8 896
  • Source: Insee, Etat-civil, Ministère de la Justice (Pacs)

Figure 13 – Figure 13-En 2014, la baisse du nombre de mariage est enrayée par la prise en compte des célébrations entre personnes de même sexe - Mariages et Pacs

Définitions

Taux de fécondité : rapport du nombre de naissances vivantes de l'ensemble de la population féminine âgée de 15 à 50 ans

Indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) : nombre d'enfants qu'aurait une femme tout au long de sa vie si les taux de fécondité observés l'année considérée à chaque âge demeuraient inchangés

Taux de mortalité : rapport du nombre de décès de l'année à la population totale moyenne de l'année

Espérance de vie à la naissance : durée de vie moyenne - autrement dit l'âge moyen au décès - d'une génération fictive soumise aux conditions de mortalité de l'année