123 500 divorces en 2014Des divorces en légère baisse depuis 2010

Vanessa Bellamy, division Enquêtes et études démographiques, Insee

En 2014, 123 500 divorces ont été prononcés contre 134 000 en 2010. Après avoir atteint un pic en 2005, le nombre de divorces était resté relativement stable jusqu'en 2010. Depuis, la tendance est à la baisse.

Cette baisse récente des divorces est due pour l'essentiel à un léger recul de la propension à divorcer, et très peu à la baisse du nombre des mariages. La propension au divorce, après avoir augmenté régulièrement depuis les années 1970, baisse légèrement depuis la fin des années 2000. Si les conditions de divorce de 2014 se maintenaient, 44 % des mariages de l'année se termineraient par un divorce. Par ailleurs, aujourd'hui, comme depuis les années 1970, le risque de divorce est maximal à cinq ans de mariage.

En 2014, un quart des mariages sont des remariages pour au moins un des deux conjoints et un sur dix l'est pour les deux conjoints. L'âge au remariage augmente depuis 1980. En 2014, les hommes mariés cette année-là et précédemment divorcés avaient 50 ans en moyenne, les femmes 46 ans. Avec près de 2 divorces pour 1 000 habitants, la France se situe en 2013 dans la moyenne européenne.

Publications grand public
Insee Première – No 1599
Paru le : 02/06/2016

8 % de divorces en moins en 2014 qu'en 2010

En 2014, le nombre de divorces poursuit la baisse observée depuis 2010 : 123 500 divorces ont été prononcés, soit 1 400 de moins qu'en 2013 (- 1,1 %).

Depuis 1950, on distingue plusieurs périodes d'évolution. Entre 1950 et 1970, le nombre de divorces était relativement stable et s'établissait à 33 000 par an en moyenne (figure 1). Durant les quinze ans qui ont suivi, en revanche, de plus en plus de couples mariés ont divorcé. La nouvelle législation du 11 juillet 1975 (loi n° 75-617) sur le divorce, qui introduit notamment le divorce par consentement mutuel, a en effet accéléré un mouvement déjà en cours. En 1986, 108 400 divorces ont été prononcés. S'en est suivi une période de relative stabilité, jusqu'au début des années 2000.

Une nouvelle augmentation du nombre de divorces s'est amorcée en 2003, avec un pic en 2005 (155 300 divorces). 2005 est en effet l'année qui suit l'adoption de la loi visant à simplifier les procédures de divorce : loi du 26 mai 2004 entrée en vigueur le 1er janvier 2005. Les premières années qui suivent la réforme cumulent des divorces sur des demandes introduites avant 2005 et des divorces plus rapides introduits à partir de 2005. Le phénomène est à peu près stabilisé en 2007, année où l'on enregistre autant de divorces qu'en 2004 (environ 134 500). Par la suite, le nombre annuel de divorces tend à diminuer légèrement, de 133 900 divorces en 2010 à 123 500 en 2014, soit un recul de 8 %.

Figure 1 – Les mariages et les divorces depuis 1950

Les mariages et les divorces depuis 1950
Nombre de mariages dont premier mariage de chacun des époux dont remariage d'au moins un des époux Nombre de divorces prononcés
1950 331 091 272 385 58 706 34 663
1951 319 651 263 957 55 694 33 420
1952 313 892 259 860 54 032 33 013
1953 308 426 258 333 50 093 30 996
1954 314 453 264 937 49 516 30 218
1955 312 703 264 634 48 069 31 268
1956 293 450 245 529 47 921 31 254
1957 310 509 263 503 47 006 30 673
1958 312 133 265 214 46 919 31 300
1959 320 821 274 157 46 664 29 924
1960 319 944 273 818 46 126 30 182
1961 314 841 269 324 45 517 30 809
1962 316 873 272 038 44 835 30 570
1963 339 463 295 034 44 429 30 298
1964 347 525 301 763 45 762 33 250
1965 346 308 301 526 44 782 34 877
1966 339 746 296 502 43 244 36 732
1967 345 578 301 997 43 581 37 194
1968 356 615 315 049 41 566 36 063
1969 380 829 336 669 44 160 37 926
1970 393 686 348 397 45 289 38 949
1971 406 416 359 601 46 815 41 628
1972 416 521 366 860 49 661 44 738
1973 400 740 351 744 48 996 47 319
1974 394 755 344 603 50 152 53 106
1975 387 379 333 783 53 596 55 612
1976 374 003 319 399 54 604 60 490
1977 368 166 309 115 59 051 71 319
1978 354 628 294 510 60 118 74 416
1979 340 405 280 689 59 716 78 571
1980 334 377 273 911 60 466 81 156
1981 315 117 255 289 59 828 87 615
1982 312 405 251 849 60 556 93 892
1983 300 513 239 767 60 746 98 730
1984 281 402 221 792 59 610 104 012
1985 269 419 208 811 60 608 107 505
1986 265 678 204 375 61 303 108 380
1987 265 177 200 993 64 184 106 527
1988 271 124 206 283 64 841 106 096
1989 279 900 212 289 67 611 105 295
1990 287 099 218 304 68 795 105 813
1991 280 175 212 736 67 439 108 086
1992 271 427 205 781 65 646 107 994
1993 255 190 192 199 62 991 110 759
1994 253 746 190 370 63 376 115 658
1995 254 651 189 981 64 670 119 189
1996 280 072 206 242 73 830 117 382
1997 283 984 209 571 74 413 116 158
1998 278 525 207 315 71 210 118 884
1999 293 544 219 191 74 353 119 549
2000 305 234 225 333 79 901 116 723
2001 295 720 221 338 74 382 115 388
2002 286 169 212 131 74 038 118 686
2003 282 756 207 967 74 789 127 966
2004 278 439 202 609 75 830 134 601
2005 283 036 202 677 80 359 155 253
2006 273 914 195 146 78 768 139 147
2007 273 669 194 754 78 915 134 477
2008 265 404 188 826 76 578 132 594
2009 251 478 179 165 72 313 130 601
2010 251 654 179 811 71 843 133 909
2011 236 826 168 583 68 243 132 977
2012 245 930 177 561 68 369 128 371
2013 238 592 170 798 67 794 124 948
2014 241 292 173 203 68 089 123 537
  • Champ : France métropolitaine jusqu'en 1997. France hors Mayotte de 1998 à 2013. France y compris Mayotte à partir de 2014.
  • Sources : ministère de la Justice et Insee, statistiques de l'état civil.

Figure 1 – Les mariages et les divorces depuis 1950

Entre 2010 et 2014, la baisse des divorces est bien plus forte que la baisse du nombre des mariés

Le nombre de divorces est lié au nombre de personnes mariées dans la population ainsi qu'au risque qu'a chaque couple marié de divorcer. Entre 1970 et 1983, bien que le nombre de nouveaux mariés ait diminué d'année en année, le nombre de personnes mariées dans la population a augmenté d'environ 10 % (figure 2). Différents facteurs ont permis cette croissance : par exemple, le nombre important des mariages par le passé (en 1970, les trois quarts des 20-59 ans étaient mariés) et la moindre propension au divorce dans les générations antérieures.

Dans le même temps, les divorces ont été multipliés par 2,5, soit une augmentation de 150 %. Sur cette période, la hausse des divorces a donc été sans commune mesure avec l'augmentation du nombre de personnes mariées. Par la suite, entre 1983 et 2010, la population mariée a diminué de 7 %, alors même que le nombre de divorces croissait toujours (+ 32 %). Entre 2010 et 2014, le nombre de personnes mariées a diminué dans une bien moindre mesure que les divorces (- 1 % contre - 8 %). Ainsi, l'évolution du nombre de divorces depuis 1970 ne s'explique pas pour l'essentiel par le nombre de personnes mariées. Elle provient de l'évolution de la propension à divorcer.

Figure 2 – Nombre de personnes mariées au 1er janvier de chaque année

Nombre de personnes mariées au 1er janvier de chaque année
Nombre de personnes mariées au 1er janvier, en milliers
1970 23 618
1971 23 970
1972 24 308
1973 24 649
1974 24 958
1975 25 218
1976 25 396
1977 25 569
1978 25 721
1979 25 820
1980 25 886
1981 25 938
1982 25 954
1983 25 955
1984 25 909
1985 25 824
1986 25 703
1987 25 583
1988 25 485
1989 25 416
1990 25 376
1991 25 339
1992 25 290
1993 25 228
1994 25 114
1995 24 984
1996 24 835
1997 24 741
1998 24 661
1999 24 560
2000 24 566
2001 24 612
2002 24 645
2003 24 656
2004 24 638
2005 24 620
2006 24 554
2007 24 501
2008 24 441
2009 24 352
2010 24 258
2011 24 157
2012 24 068
2013 24 129
2014 23 946
  • Note : le nombre de mariés est provisoire pour 2013 et 2014.
  • Champ : France métropolitaine.
  • Sources : ministère de la Justice et Insee, statistiques de l'état civil.

Figure 2 – Nombre de personnes mariées au 1er janvier de chaque année

En 2014, le risque de divorcer a reculé pour toutes les durées de mariage

Les taux de divorce en 2014 sont plus faibles que ceux de l'année 2010 pour presque toutes les durées de mariage, alors qu'ils avaient tendance à augmenter depuis 1970 (figure 3). Cette baisse récente a été plus marquée à trois, quatre et cinq ans de mariage. Pour autant, le risque de divorcer en 2014 reste le plus élevé à cinq ans de mariage. Pour les divorces prononcés depuis 1970, les troisième, quatrième et cinquième années de mariage sont celles pour lesquelles les taux de divorces sont maximums.

De 1970 à la fin des années 2000, les taux de divorce ont augmenté pour toutes les durées de mariage, mais proportionnellement plus pour les durées les plus longues. De ce fait, la durée moyenne de mariage au moment du divorce a progressé. En quarante ans, elle est passée de 12 ans environ pour les divorces de 1970 à 15 ans depuis ceux prononcés en 2008. Elle est stable depuis cette date.

Figure 3 – Taux de divorce selon la durée de mariage

pour 1000 mariages
Taux de divorce selon la durée de mariage
Durée du mariage 2014 2010 2000 1990 1980 1970
0 an 0,4 0,5 0,1 0,2 0,2 0,2
1 an 5,7 6,5 3,9 5,2 3,3 1,9
2 ans 14,0 14,6 14,1 13,0 9,7 5,2
3 ans 20,4 19,8 18,7 17,3 12,9 7,2
4 ans 23,1 24,4 20,4 19,1 14,2 7,7
5 ans 24,6 26,5 21,4 18,7 14,5 7,7
6 ans 23,6 25,5 19,6 17,9 13,8 7,4
7 ans 23,0 23,8 19,3 16,3 13,2 7,5
8 ans 21,3 21,6 19,0 16,2 12,2 7,4
9 ans 19,7 19,8 18,0 14,9 12,4 6,5
10 ans 18,6 19,4 16,6 14,4 11,4 5,3
11 ans 17,1 17,7 15,7 12,9 10,3 4,7
12 ans 16,1 17,8 14,5 12,7 9,5 4,7
13 ans 15,5 15,9 14,0 11,6 8,9 4,3
14 ans 15,4 15,4 12,6 11,1 8,3 4,3
15 ans 14,1 14,4 12,0 10,4 7,5 3,6
16 ans 13,8 14,3 11,6 10,0 6,7 3,2
17 ans 12,6 13,0 11,1 9,5 6,1 3,2
18 ans 12,2 13,1 10,8 8,9 5,5 2,9
19 ans 11,6 12,4 10,1 8,7 4,9 2,6
20 ans 10,6 11,2 9,1 8,6 4,3 2,3
21 ans 10,6 10,9 9,2 7,4 4,0 2,1
22 ans 9,8 9,9 8,4 6,8 3,8 1,9
23 ans 9,0 9,6 7,8 6,1 3,5 1,5
24 ans 8,4 8,8 7,4 5,8 3,1 1,3
25 ans 7,7 8,3 6,6 5,2 2,8 1,6
26 ans 6,8 7,6 6,2 4,6 2,4 2,9
27 ans 6,6 6,6 5,9 4,1 2,0 1,9
28 ans 5,9 6,2 5,0 3,3 1,7 0,8
29 ans 5,4 5,8 4,4 3,0 1,7 0,8
30 ans
  • Lecture : pour 1 000 mariages célébrés en 2009, 24,6 ont été rompus par un divorce en 2014, soit 5 ans après.
  • Champ : France métropolitaine jusqu'en 1990. Puis France hors Mayotte jusqu'en 2013. France y compris Mayotte à partir de 2014.
  • Sources : ministère de la Justice et Insee, statistiques de l'état civil.

Figure 3 – Taux de divorce selon la durée de mariage

La propension à divorcer diminue depuis 2010

L'indicateur conjoncturel de divortialité est une mesure synthétique, pour une année donnée, de ces taux de divorce par durée de mariage. En 2014, il s'élève à 44 divorces pour 100 mariages. Cela signifie que si les taux de divorce par durée de mariage observés en 2014 se maintenaient, 44 % des mariages célébrés cette année-là se termineraient par un divorce.

L'indicateur conjoncturel de divortialité a augmenté régulièrement depuis les années 1970 jusqu'au milieu des années 1990 (figure 4). Il a ensuite stagné avant de progresser rapidement à partir de 2002 et de culminer en 2005. De 12 divorces pour 100 mariages en 1970, puis 38 en 1995, il a atteint 52 divorces pour 100 mariages en 2005. L'effet conjoncturel de la loi de 2004 s'atténue dès 2007. Depuis 2010, cet indicateur a légèrement diminué, passant de 46 divorces pour 100 mariages en 2010 à 44 en 2014.

Figure 4 – Indicateur conjoncturel de divortialité

pour 100 mariages
Indicateur conjoncturel de divortialité
ICD pour 100 mariages
1970 12,0
1971 12,6
1972 13,3
1973 13,8
1974 15,3
1975 15,8
1976 17,0
1977 20,0
1978 20,6
1979 21,7
1980 22,4
1981 24,3
1982 26,2
1983 27,7
1984 29,3
1985 30,6
1986 31,2
1987 31,1
1988 31,4
1989 31,6
1990 32,2
1991 33,2
1992 33,5
1993 34,8
1994 36,7
1995 38,2
1996 38,0
1997 38,0
1998 38,5
1999 39,0
2000 38,2
2001 38,0
2002 39,2
2003 42,6
2004 44,9
2005 52,3
2006 46,9
2007 45,5
2008 45,0
2009 44,7
2010 46,2
2011 46,2
2012 45,0
2013 44,3
2014 44,2
  • Champ : France métropolitaine.
  • Sources : ministère de la Justice et Insee, statistiques de l'état civil.

Figure 4 – Indicateur conjoncturel de divortialité

Une moindre augmentation des divorces pour les mariages célébrés après 1990

Des mariages célébrés à la fin des années 1960 à ceux de 1990, la proportion des mariages rompus par un divorce augmente régulièrement (figure 5). Ainsi, au bout de quarante ans, 26 % des mariages célébrés en 1968, 29 % de ceux de 1970 et 32 % de ceux de 1974 ont été rompus (en 2014, les mariages de l'année 1974 sont les derniers à pouvoir être observés après quarante ans de mariage). Vingt ans après leur mariage, les mariés les plus récents ont aussi davantage divorcé que les plus anciens. En effet, si un mariage sur cinq contracté en 1970 a été rompu avant son vingtième anniversaire, c'est le cas d'un mariage sur quatre pour les mariages de 1980 et de près d'un sur trois pour ceux de 1990.

La hausse de la proportion des divorces est moins régulière pour les mariages postérieurs à 1990. La part des mariages de 1995 rompus par un divorce est identique à celle des mariages de 1990 pour toutes les durées de mariage connues. À quinze ans de mariage par exemple, 26 % des mariages de 1990 comme de 1995 ont été rompus. La hausse de la divortialité reprend pour les mariages de 2000, sans que cette évolution ne se poursuive pour les mariages de 2005, pour lesquels on dispose il est vrai de peu de recul. À cinq ans de mariage, 10 % des mariages de 2000 et de 2005 ont été rompus. C'était le cas de 8 % des mariages de 1990 et de 1995.

Figure 5 – Proportion de mariages déjà rompus en 2014 selon l'année et la durée du mariage

en %
Proportion de mariages déjà rompus en 2014 selon l'année et la durée du mariage
durée du mariage 1 an 5 ans 10 ans 15 ans 20 ans 25 ans 30 ans 35 ans 40 ans
1968 0,2 3,3 8,3 13,2 17,6 20,9 23,2 24,7 25,7
1970 0,2 3,6 9,7 15,2 20,0 23,7 26,1 27,7 28,7
1975 0,3 5,2 12,5 18,5 23,3 27,2 29,8 31,5
1980 0,4 6,5 14,3 20,7 26,0 30,2 33,1
1985 0,4 7,1 15,7 22,7 28,4 33,0
1990 0,5 8,2 17,8 25,5 31,6
1995 0,3 7,6 18,0 25,8
2000 0,4 10,0 20,8
2005 0,7 9,6
  • Lecture : 26 % des mariages célébrés en 1968 ont été rompus avant 40 ans de mariage.
  • Champ : France métropolitaine.
  • Sources : ministère de la Justice et Insee, statistiques de l'état civil.

Figure 5 – Proportion de mariages déjà rompus en 2014 selon l'année et la durée du mariage

Plus d'un quart des mariages sont des remariages pour au moins un des deux conjoints

Depuis 1972, le nombre de premiers mariages fléchit, alors que celui des remariages reste stable voire progresse légèrement. De ce fait, la part des mariages impliquant au moins une personne qui se marie pour la deuxième fois ou plus (qui peut être divorcée ou veuve) est en progression depuis cette date : 18 % en 1980, 24 % en 1990, 26 % en 2000 et 28 % en 2014. En 2014, 18 % des mariages sont des remariages pour un seul des deux conjoints, 10 % sont des remariages pour les deux conjoints et 72 % sont donc des mariages entre personnes ne s'étant encore jamais mariées (figure 6).

482 600 personnes se sont mariées en 2014 ; pour 93 700 d'entre elles (19 %), c'est la deuxième fois (ou plus) qu'elles se marient. Les personnes contractant un nouveau mariage sont quasiment toutes divorcées (94 %), plus rarement veuves (6 %). La moitié environ de ces personnes (45 %), divorcées ou veuves, ont choisi un conjoint qui n'avait jamais été marié auparavant.

L'âge moyen des hommes et des femmes qui se remarient après un divorce a baissé tout au long des années 1970, pour atteindre un point bas en 1980 (figure 7). Les hommes mariés cette année-là et précédemment divorcés avaient 38 ans en moyenne, et les femmes dans ce cas, 35 ans. Par la suite, l'âge moyen des remarié(e)s n'a cessé de progresser, et plus fortement que celui des marié(e)s précédemment célibataires. Ainsi, l'écart entre les âges moyens au remariage et au premier mariage s'est creusé : de 1980 à 2014, il est passé de 13 ans à 15 ans pour les hommes et de 12 ans à 14 ans pour les femmes. Les hommes qui se sont mariés en 2014 avaient en moyenne 50 ans s'ils étaient précédemment divorcés et 35 ans s'ils étaient célibataires ; les femmes avaient respectivement 46 et 32 ans.

La durée écoulée entre le divorce et un éventuel remariage progresse aussi. En 1980, parmi les personnes anciennement divorcées qui s'étaient remariées, environ une sur dix était divorcée depuis au moins dix ans (7 % des hommes et 11 % des femmes). En 2014, c'est le cas de près de quatre personnes sur dix (36 % des hommes et 39 % des femmes).

Figure 6 – Les mariages de 2014 selon l'état matrimonial des mariés

Les mariages de 2014 selon l'état matrimonial des mariés
Premier mariage pour les deux 71,8
Premier mariage pour l'un des deux, remariage pour l'autre 17,6
Remariage pour les deux 10,6
Premier mariage 80,6
Remariage 19,4
  • Lecture : parmi les mariages célébrés en 2014, 18 % ont uni une personne qui n’avait jamais été mariée par le passé à une personne déjà mariée par le passé. Parmi les personnes qui se sont mariées en 2014, 19 % ont déjà été mariées par le passé (remariage).
  • Champ : France y compris Mayotte.
  • Source : Insee, statistiques de l’état civil.

Figure 6 – Les mariages de 2014 selon l'état matrimonial des mariés

Figure 7 – Âge moyen des époux selon le sexe et l'état matrimonial antérieur, par année de mariage

Âge moyen des époux selon le sexe et l'état matrimonial antérieur, par année de mariage
année du mariage Hommes veufs Femmes veuves Hommes divorcés Femmes divorcées Hommes célibataires Femmes célibataires
1970 55,1 48,1 40,3 37,8 24,4 22,4
1971 55,2 47,8 39,9 37,4 24,4 22,4
1972 54,9 47,8 39,5 37,1 24,4 22,4
1973 54,7 47,7 39,1 36,9 24,4 22,4
1974 54,5 47,4 38,4 36,4 24,5 22,4
1975 55,0 47,7 38,7 36,3 24,6 22,5
1976 55,2 47,9 38,3 35,8 24,7 22,6
1977 54,8 47,0 38,6 35,9 24,8 22,7
1978 54,6 47,2 38,5 35,8 25,0 22,8
1979 54,6 46,9 38,3 35,4 25,1 22,9
1980 54,9 46,8 38,1 35,2 25,2 23,0
1981 54,9 46,6 38,2 35,3 25,3 23,2
1982 55,1 46,5 38,2 35,3 25,5 23,4
1983 54,9 46,4 38,5 35,5 25,8 23,6
1984 55,2 46,4 38,8 35,7 26,0 23,9
1985 54,8 46,1 39,3 36,0 26,4 24,3
1986 55,6 46,6 39,7 36,4 26,6 24,6
1987 55,2 46,3 40,1 36,8 27,0 24,9
1988 56,3 47,7 40,6 37,2 27,2 25,2
1989 56,0 47,2 41,1 37,6 27,5 25,5
1990 56,4 47,2 41,4 38,0 27,8 25,7
1991 56,1 46,9 41,8 38,2 28,0 26,0
1992 56,4 47,3 42,3 38,8 28,3 26,3
1993 56,7 47,4 42,8 39,2 28,7 26,6
1994 56,6 47,9 43,2 39,7 29,0 27,0
1995 57,3 48,5 43,5 40,0 29,2 27,2
1996 57,3 48,3 43,8 40,1 29,8 27,8
1997 57,6 48,4 44,1 40,5 30,1 28,1
1998 57,9 49,0 44,6 41,1 30,2 28,2
1999 58,2 48,8 44,9 41,4 30,4 28,3
2000 58,2 48,8 45,3 41,9 30,7 28,6
2001 58,4 48,8 45,7 42,1 30,8 28,7
2002 58,2 49,0 46,2 42,4 31,0 28,9
2003 58,9 49,5 46,4 42,9 31,3 29,1
2004 58,8 50,0 47,2 43,5 31,6 29,5
2005 60,7 51,8 47,6 44,0 32,0 29,8
2006 60,5 52,0 47,9 44,2 32,2 30,0
2007 60,3 52,7 48,1 44,5 32,4 30,2
2008 61,1 52,3 48,3 44,8 32,6 30,5
2009 61,1 52,3 48,6 44,9 32,8 30,7
2010 61,2 53,2 48,9 45,2 33,0 31,0
2011 61,7 53,2 49,0 45,3 33,2 31,1
2012 62,1 53,5 49,4 45,5 33,3 31,3
2013 62,2 54,0 49,9 45,9 34,4 32,1
2014 63,0 54,5 50,3 46,3 34,7 32,4
  • Champ : France métropolitaine jusqu'en 1995. France hors Mayotte de 1996 à 2013. France y compris Mayotte en 2014.
  • Source : Insee, statistiques de l'état civil.

Figure 7 – Âge moyen des époux selon le sexe et l'état matrimonial antérieur, par année de mariage

Encadré

Europe : des écarts qui se réduisent

Dès les années 1990, le nombre de divorces pour 1 000 habitants était déjà très élevé dans certains pays baltes (Lettonie, Estonie et Lituanie - figure). À l'autre extrémité se situaient plutôt des pays du sud de l'Europe. En 1990, le nombre de divorces allait de 0,5 divorce pour 1 000 habitants en Italie à 4 divorces pour 1 000 habitants en Lettonie. Deux décennies plus tard, les écarts se sont réduits et la moyenne des pays de l'Union européenne (UE) à 28 a légèrement augmenté, passant de 1,6 à 2 divorces pour 1 000 habitants entre 1990 et 2013. Cette année-là, on retrouve toujours l'Italie et la Lettonie aux extrêmes mais avec des taux respectivement de 0,9 et 3,5 divorces pour 1 000 habitants. Dans le sud de l'UE, le nombre de divorces pour 1 000 habitants demeure modéré mais sa hausse est sensible, en particulier pour Chypre, l'Espagne et le Portugal. À Chypre et en Espagne, par exemple, le nombre de divorces pour 1 000 habitants a été multiplié par plus de 3 entre 1990 et 2013. Avec 1,9 divorce par an pour 1 000 habitants en 2013, la France se situe au niveau de la moyenne de l'UE à 28.

Figure – Divorces pour 1 000 habitants en Europe

nombre de divorces pour 1 000 habitants
Divorces pour 1 000 habitants en Europe
1990 2013
Lettonie 4,0 3,5
Estonie 3,7 2,5
Lituanie 3,4 3,4
Rép. tchèque 3,1 2,7
Danemark 2,7 3,4
Royaume-Uni 2,7 2,0
Finlande 2,6 2,5
Hongrie 2,4 2,0
Suède 2,3 2,8
Autriche 2,1 2,0
Belgique 2,0 2,3
Luxembourg 2,0 2,1
Allemagne 1,9 2,1
Pays-Bas 1,9 2,0
France 1,9 1,9
Slovaquie 1,7 2,0
UE28 1,6 2,0
Roumanie 1,4 1,4
Bulgarie 1,3 1,5
Pologne 1,1 1,7
Croatie 1,1 1,4
Portugal 0,9 2,2
Slovénie 1,1 0,9
Chypre 0,6 2,4
Espagne 0,6 2,0
Grèce 0,6 1,3
Italie 0,5 0,9
  • Note : Malte et l'Irlande ne sont pas sur la figure car le divorce n'y existait pas en 1990. Le taux brut de divorces était de 0,6 pour 1000 habitants en Irlande et 1,1 à Malte en 2012.
  • Champ : France métropolitaine pour 1990 et France hors Mayotte pour 2013. Chiffres de 2011 pour l'UE28, 2012 pour l'Italie, la Grèce, Chypre, la Belgique, l'Autriche et le Royaume-Uni.
  • Sources : Eurostat (extraction au 15 mars 2016) ; données Insee pour la France.

Figure – Divorces pour 1 000 habitants en Europe

Sources

Les statistiques d'état civil sur les mariages sont issues d'une exploitation des informations transmises par les mairies à l'Insee. Le code civil oblige à déclarer tout événement relatif à l'état civil (naissances, mariages, décès, reconnaissances) à un officier d'état civil dans des délais prescrits. L'Insee s'assure de l'exhaustivité et de la qualité des données avant de produire les fichiers statistiques d'état civil. Les données présentées ici comprennent l'île de Mayotte à partir de 2014.

Les statistiques sur les divorces sont issues du répertoire général civil du ministère de la Justice. Celui-ci est alimenté par les logiciels de gestion des tribunaux (pour les divorces, des tribunaux de grande instance) dans lesquels les greffes enregistrent les affaires selon une nomenclature qui permet, en particulier, d'identifier les divorces et leur nature.

Définitions

Le divorce est la dissolution du mariage prononcée par un juge aux affaires familiales. Les divorces prononcés comprennent les divorces directs et les conversions de séparation de corps en divorce.

Le taux de divorce une année N pour une durée de mariage D rapporte le nombre de divorces ayant eu lieu l'année N après D années de mariage au nombre de mariages célébrés l'année N-D. Il est calculé sur la base de 1 000 mariages célébrés l'année N-D.

L'indicateur conjoncturel de divortialité (ou somme des divorces réduits) est le nombre de divorces dans une promotion fictive de 1 000 mariages, dont les taux de divorce seraient à chaque durée de mariage égaux à ceux observés l'année considérée. Il peut différer de la proportion finale de couples divorcés dans une promotion de mariage.

Pour en savoir plus

Bellamy V. et Beaumel C., « Bilan démographique 2015 - Le nombre de décès au plus haut depuis l'après guerre », Insee Première n° 1581, janvier 2016.

Beaumel C. et Bellamy V., « La situation démographique en 2014 », Insee Résultats n° 182 Société, juin 2016.

Belmokhtar Z., « Divorces : une procédure à deux vitesses », Infostat Justice n° 117, mai 2012.