Les zones urbaines sensibles de Guyane : des évolutions contrastées

Christian Camesella, Stéphane Trainel

Le poids démographique des zones urbaines sensibles (ZUS) est important. Elles concentrent près d'un Guyanais sur six. À l'image de la région, la population des ZUS de Guyane est jeune et sa croissance est liée à une forte natalité. Cependant, dans le contexte démographique régional, la population des ZUS a relativement peu augmenté entre 1990 et 1999. Ceci contraste avec le recul général des populations des ZUS aux Antilles-Guyane. Le marché du travail se dégrade sous l'influence d'une diminution de l'emploi de 9,5 %. Le chômage quant à lui est encore très important au sein des ZUS. Il concerne toutes les catégories de population et les jeunes en particulier. Très souvent, il s'agit d'un chômage de longue durée. L'accès à l'emploi est fortement contraint par des niveaux de formation relativement faibles. Toutefois, même si les taux de poursuite d'études sont encore parmi les plus faibles, les jeunes habitants des ZUS sont de plus en plus nombreux à retarder leur entrée dans la vie active. Dans près de la moitié des quartiers sensibles de Guyane, la part des chômeurs s'est rapprochée de celle de la ville correspondante. Dans une dizaine de quartiers et une ZUS, en revanche, la situation du chômage s'est nettement aggravée et l'écart par rapport au reste de la ville s'est accru.

Dossiers régionaux
Paru le : 01/04/2006