L’infrastructure TGV est-elle un facteur de compétitivité pour les entreprises françaises ?

Pauline CHARNOZ, Claire LELARGE and Corentin TREVIEN

Dans ce document, nous documentons la pertinence empirique de différentes modélisations de la gestion des groupes à implantations multiples proposées dans la littérature. Elles suggèrent que des réductions de temps de transport facilitant le déplacement des managers entre quartiers généraux et filiales facilitent la transmission d'information entre ces unités, avec un impact associé positif sur la taille des filiales et leur degré de spécialisation fonctionnelle sur leurs activités de production, ainsi que sur la marge opérationnelle du groupe dans son ensemble. Ces prédictions sont testées sur la population des groupes français à implantations multiples, en tirant profit des réductions de temps de transport induites par l'extension du réseau TGV jusqu'en 2011. Les résultats obtenus sont particulièrement élevés dans les secteurs des services, pour lesquels les mécanismes de transmission d'information sont réputés cruciaux (Petersen et Rajan, 2002) : le réseau TGV y est associé à une augmentation moyenne d'un poste de production par filiale bénéficiaire (contre 0,2 poste dans les secteurs du commerce et de l'industrie), et au transfert d'environ un poste de manager de la filiale vers son quartier général. Ces résultats sont robustes à l'utilisation de différentes stratégies d'identification permettant de traiter le problème de l'endogénéité de la localisation de l'infrastructure TGV (inclusion de plusieurs ensembles d'effets fixes de grande dimension contrôlant finement des chocs locaux comme dans Giroud, 2013, ou utilisation placebo des lignes non réalisées du plan gouvernemental de 1991, selon la méthodologie de Donaldson, 2014). Au niveau groupe, des régressions descriptives suggèrent que l'impact sur la marge opérationnelle serait de l'ordre de 0,5 point de pourcentage en moyenne. (Document en anglais)

Documents de travail
No G2016/02
Paru le : 07/01/2016