Inégalités économiques entre hommes et femmes après le divorce : le revers de la spécialisation conjugale

Carole BONNET, Bertrand GARBINTI et Anne SOLAZ

Les conséquences économiques d'un divorce peuvent être très différentes pour les deux ex-époux et de nombreuses études étrangères mettent en évidence une baisse importante du niveau de vie des femmes et une stabilité voire une hausse de celui des hommes. Pour éclairer cette question dans le contexte français, nous utilisons les données fiscales de l'impôt sur le revenu et de la taxe d'habitation relatifs aux couples qui ont divorcé ou rompu leur PACS en 2009. En les comparant avec des couples aux caractéristiques identiques avant séparation et qui, eux, sont restés mariés, nous montrons que le divorce est à l'origine d'une perte de niveau de vie moyenne de 19 % pour les femmes, nettement supérieure à celle des hommes (2,5 %). Nos résultats montrent que ce n'est pas le nombre d'enfants qui a l'effet le plus important sur ces variations mais que ce sont les différences de revenus et d'activité entre époux avant la séparation, celles-ci pouvant résulter des choix de spécialisation du couple pendant le mariage. Les transferts publics jouent un rôle important, de même que les transitions sur le marché du travail. Ainsi, on observe un retour massif sur le marché du travail des ex-époux qui étaient sans activité un an avant le divorce, principalement des femmes. L'existence de transferts publics et les ajustements professionnels atténuent fortement sans toutefois compenser totalement la différence de pertes de niveaux de vie entre les hommes et les femmes. (Document en anglais)

Documents de travail
No G2016/03
Paru le : 10/03/2016