En 2013, l’Ile-de-France pèse moins dans les arrivées récentes d’immigrés en France

Danielle Jabot et Corinne Martinez

En 2012, quatre immigrés sur dix résident en Ile-de-France. Ils ne sont plus que trois sur dix parmi ceux récemment arrivés sur le territoire métropolitain. Les immigrés en provenance de pays lointains privilégient la région capitale et résident surtout à Paris et en petite couronne. Les immigrés qui arrivent en Ile-de-France sont principalement des personnes en âge de travailler.

Insee Flash Ile-de-France
No 9
Paru le : 19/04/2016

En 2012, 2 161 000 personnes immigrées et 1 531 000 étrangers résident en Ile-de-France, deux populations différentes qui ont des individus en commun, à savoir les personnes nées à l’étranger de nationalité étrangère (figure 1). Les immigrés représentent 18 % de la population francilienne, soit une hausse de un point par rapport à 2007. Cette proportion est près de trois fois supérieure à celle de la province (7 %).

Figure 1 – 2,2 millions d'immigrés en Ile-de-France

  • Lecture : parmi les 2 161 000 immigrés, 1 281 000 sont étrangers nés à l'étranger.
  • Source : Insee, recensement de la population 2012, exploitation complémentaire

L’Ile-de-France est la première région de résidence des immigrés

Les populations, immigrées ou non, s’installent majoritairement dans les grandes aires urbaines, et plus particulièrement dans les grands pôles urbains (Définitions). La concentration des logements et des emplois dans ces territoires incite les migrants à s’y établir.

L’aire urbaine de Paris, qui couvre une grande partie de la région francilienne en débordant même sur les régions voisines, concentre 38 % de la population immigrée résidant en France contre seulement 17 % de la population non immigrée (figure 2). À titre de comparaison, dans les aires urbaines de Lyon ou de Marseille-Aix-en-Provence, la concentration de la population immigrée est identique à celle de la population non immigrée.

Entre 2009 et 2013, les immigrés arrivant en France métropolitaine ne sont plus que 32 % à s’être installés en Ile-de-France. Les nouveaux arrivants ont donc tendance à s’établir un peu plus souvent en province que par le passé.

Figure 2 – 95 % de la population immigrée concentrée dans les pôles urbains en Ile-de-France

Répartition des populations immigrées par type d'espace
95 % de la population immigrée concentrée dans les pôles urbains en Ile-de-France
Ile-de-France Province
Effectifs % %
Immigrés Non immigrés Immigrés Non immigrés Immigrés Non immigrés
Espace des grandes aires urbaines 2 158 000 9 721 000 99,9 99,8 84,8 78,3
Grands pôles urbains 2 047 000 8 503 000 94,8 87,3 69,8 50,1
Couronne des grands pôles urbains 111 000 1 218 000 5,1 12,5 11,1 21,6
Communes multipolarisées - 900 0,0 0,0 3,9 6,6
Espaces des autres aires 2 000 12 100 0,1 0,1 7,5 9,0
Moyens pôles 2 000 11 400 0,1 0,1 3,2 3,4
Couronnes des moyens pôles - 700 0,0 0,0 0,3 0,7
Petits pôles - - 0,0 0,0 3,8 4,6
Couronnes des petits pôles - - 0,0 0,0 0,2 0,3
Espaces hors aires 200 4 000 0,0 0,1 7,7 12,7
Autres communes multipolarisées 200 4 000 0,0 0,1 3,3 6,9
Communes isolées hors influence des pôles - - 0,0 0,0 4,4 5,8
Total 2 160 200 9 737 100 100,0 100,0 100,0 100,0
  • Source : Insee, recensement de la population 2012

Les immigrés concentrés en zone urbaine

En 2013, les immigrés arrivés récemment (depuis moins de cinq ans) se concentrent encore plus qu’auparavant à Paris et dans sa banlieue proche que dans le reste de la région : deux tiers d’entre eux y résident. La capitale, principale porte d’entrée, regroupe près du quart de ces immigrés, alors qu’elle rassemble moins d’un cinquième de la population régionale. Les immigrés récents sont également très présents en Seine-Saint-Denis, quasiment à parts égales avec Paris.

Ce sont principalement les immigrés en provenance d’Afrique du Nord (Tunisie, Algérie, Maroc) qui s’installent à Paris ou en Seine-Saint-Denis. Les immigrés en provenance du Portugal sont répartis de façon plus homogène sur le territoire francilien. Les immigrés récents s’installent peu dans le Val-d’Oise.

Les immigrés originaires de pays lointains privilégient la région capitale

Les immigrés les plus présents en Ile-de-France, en provenance d’Europe du Sud et d’Afrique du Nord, sont issus des migrations économiques d’après-guerre. Sur la période récente, Marocains et Algériens constituent les nationalités les plus fréquemment représentées. Les immigrés en provenance des pays d’Afrique subsaharienne et d’Asie privilégient davantage l’Ile-de-France que les autres nationalités : la moitié d’entre eux vit dans l’aire urbaine de Paris. Cependant, la concentration est moins forte quand ces immigrés sont récents (40 %).

Les immigrés portugais sont concentrés en Ile-de-France :  quatre sur dix y résident alors que ce n’est le cas que pour deux Espagnols ou Italiens sur dix. Dans la région, les immigrés récents originaires du Portugal représentent 70 % des nouveaux immigrés européens du sud (trois pays). Les Espagnols et les Italiens s’installent désormais très peu en Ile-de-France. Ainsi, les arrivées récentes d’Europe sont désormais moins fréquentes en Ile-de-France que dans les autres régions françaises.

Des immigrés principalement aux âges actifs sur le territoire francilien

Parmi les immigrés récents sur le territoire francilien, les très jeunes sont peu nombreux : les moins de 15 ans ne représentent que 4 % des immigrés. Seul un sur dix est âgé de moins de 25 ans alors que trois Franciliens sur dix appartiennent à cette classe d’âge. Aux âges d’activité, au contraire, les immigrés sont plus nombreux, plus particulièrement entre 30 et 54 ans.

La population immigrée récente en Ile-de-France s’est féminisée : six femmes pour dix immigrés en 2012, au lieu de cinq femmes pour dix en 2007.

Plus de la moitié des immigrés entrés en Ile-de-France en 2012 déclarent vivre en couple l’année de leur arrivée. Cette proportion est légèrement plus élevée quand les migrants viennent de pays africains que quand ils viennent de pays européens. À l’inverse, seuls deux migrants sur dix déclarent vivre seul à leur arrivée sur le sol francilien, quelle que soit leur origine. Cette part passe à un sur dix pour les immigrés originaires d’Afrique et à un sur quatre pour les immigrés originaires d’Europe. En Ile-de-France, les immigrés récents vivent plus souvent dans une famille monoparentale qu’en province (6,5 % contre 5,2 %). Cette situation est plus fréquente pour les migrants d’Afrique. Enfin, un nouvel immigré francilien sur cinq vit dans un ménage complexe (cohabitation de plusieurs générations, colocation...), la vie en collectivité (foyer) étant plus marginale (3,4 % contre 8,6 % en province).

Définitions

Un immigré est une personne née de nationalité étrangère à l’étranger et résidant en France. Les personnes nées françaises à l’étranger et vivant en France ne sont donc pas comptabilisées. À l’inverse, certains immigrés ont pu devenir français, les autres restant étrangers. La qualité d’immigré est permanente : un individu continue à appartenir à la population immigrée même s’il devient français par acquisition. C’est le pays de naissance, et non la nationalité à la naissance, qui définit l’origine géographique d’un immigré.

Un immigré récent est arrivé sur le territoire métropolitain depuis moins de cinq ans.

Une aire urbaine ou « grande aire urbaine » est un ensemble de communes, d’un seul tenant et sans enclave, constitué par un pôle urbain (unité urbaine) de plus de 10 000 emplois et par des communes rurales ou unités urbaines (couronne périurbaine) dont au moins 40 % de la population résidente ayant un emploi travaille dans le pôle ou dans les communes attirées par celui-ci.

Un pôle urbain est une unité urbaine offrant au moins 10 000 emplois et qui n’est pas située dans la couronne d’un autre pôle urbain. On distingue également des moyens pôles - unités urbaines de 5 000 à 10 000 emplois et des petits pôles - unités urbaines de 1 500 à moins de 5 000 emplois.