Une présence des immigrés en zone urbaine moins marquée dans la région

Fabien Batlle, Magali Flachère, Julien Kourdo, Insee

La région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées compte 470 400 immigrés, soit 8,4 % de la population au 1er janvier 2012. Cette population immigrée se concentre davantage que les non-immigrés. Ainsi, 6 immigrés sur 10 résident dans de grands pôles urbains contre un peu moins de 5 non-immigrés sur 10. Cette concentration urbaine est moins marquée qu'en province. La répartition territoriale varie toutefois selon le pays de naissance en lien avec les vagues d'immigration successives.

Au 1er janvier 2012, la région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées (LRMP) compte 5 625 700 habitants dont 470 400 immigrés, soit 8,4 % de la population. Cette part se situe au-dessus de la moyenne de province (6,7 %) et est stable depuis 2007. France entière, la population immigrée représente 8,7 % de la population.

Comme dans le reste de la France, la population immigrée de Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées est issue de vagues d’arrivées successives. Pendant longtemps, la proximité de la région avec la péninsule ibérique a fortement favorisé l’immigration espagnole et portugaise. Au cours du XXe siècle, diverses communautés se sont établies dans la région : les Italiens sont arrivés au début du siècle, les Espagnols après la guerre d’Espagne. Les Portugais sont venus à partir des années 1960, tout comme les Algériens, nombreux à s'installer en France après la guerre d'indépendance. Les Marocains et les ressortissants d’Afrique subsaharienne ou d’Asie ont eux immigré plus récemment.

Les Marocains constituent la communauté la plus importante, suivis par les Espagnols, les Algériens et les Portugais. Ces quatre nationalités représentent plus de la moitié de l’ensemble des immigrés de la région. En province, Marocains, Algériens et Portugais sont également bien représentés, alors que la communauté espagnole y prend une place relativement moins importante qu'en Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées.

Une vie plus urbaine pour les immigrés

De manière générale, les populations immigrées ont une vie plus urbaine que les non-immigrés. Ainsi, 77 % des immigrés résident dans l'espace des grandes aires urbaines dans la région (définitions). C'est quatre points de plus que les non-immigrés (figure 1). L'écart s'accentue au cœur des aires urbaines : 59 % des immigrés vivent au sein même des grands pôles, délaissant ainsi leurs couronnes, contre 47 % des non-immigrés.

En contrepartie, seulement 7 % des immigrés s'établissent dans des communes isolées, hors de toute influence des aires. Dans ces communes essentiellement rurales, les immigrés représentent en moyenne 7 % de la population mais cette part peut être plus élevée dans certaines petites communes, du fait de leur taille.

Au regard de la province, la population immigrée comme la population non immigrée est plus dispersée dans la région. Ainsi, dans les aires urbaines de province, 85 % des immigrés et 78 % des non-immigrés vivent dans l'espace des grandes aires urbaines.

Figure_1 – Plus de trois immigrés sur quatre résident dans l'espace des grandes aires urbaines - Populations immigrées et non immigrées selon le type d'espace en Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées en 2012

Plus de trois immigrés sur quatre résident dans l'espace des grandes aires urbaines - Populations immigrées et non immigrées selon le type d'espace en Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées en 2012
Type d'espace Population immigrée Population non immigrée Part de la population immigrée
Effectif % Effectif %
Espace des grandes aires urbaines 362 864 77,1% 3 778 072 73,3% 8,8%
Grands pôles urbains 277 551 59,0% 2 409 759 46,7% 10,3%
Couronnes des grands pôles urbains 62 917 13,4% 1 082 654 21,0% 5,5%
Communes multipolarisées des grandes aires 22 396 4,8% 285 659 5,5% 7,3%
Espace des autres aires 51 968 11,0% 620 353 12,0% 7,7%
Moyens pôles 24 158 5,1% 267 928 5,2% 8,3%
Couronnes des moyens pôles 2 388 0,5% 51 251 1,0% 4,5%
Petits pôles 24 199 5,1% 277 940 5,4% 8,0%
Couronnes des petits pôles 1 223 0,3% 23 234 0,5% 5,0%
Espace hors des aires 55 556 11,8% 756 881 14,7% 6,8%
Autres communes multipolarisées 22 335 4,7% 324 126 6,3% 6,4%
Communes isolées hors influence des pôles 33 221 7,1% 432 755 8,4% 7,1%
Total 470 388 100,0% 5 155 306 100,0% 8,4%
  • Source : Insee, recensement de la population 2012, exploitation complémentaire

Figure_2 – Les Marocains plus dispersés sur le territoire que leurs homologues du Maghreb - Répartition de la population immigrée selon le pays de naissance et le type d'espace en Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées en 2012

Les Marocains plus dispersés sur le territoire que leurs homologues du Maghreb - Répartition de la population immigrée selon le pays de naissance et le type d'espace en Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées en 2012
Principaux pays de naissance de la population immigrée Espace des grandes aires urbaines Espace des autres aires Espace hors des aires Ensemble
Grands pôles urbains Couronne des grands pôles urbains Communes multipolarisées des grandes aires Ensemble
Ensemble de l'Europe 43% 18% 6% 67% 14% 19% 100%
Ensemble de l'Union européenne à 27 42% 19% 6% 66% 14% 20% 100%
dont Portugal 44% 18% 5% 66% 20% 14% 100%
dont Italie 47% 22% 6% 75% 12% 13% 100%
dont Espagne 49% 21% 6% 75% 13% 12% 100%
Ensemble des pays africains 75% 8% 4% 88% 9% 4% 100%
dont Algérie 78% 8% 3% 89% 8% 3% 100%
dont Maroc 73% 8% 5% 86% 10% 4% 100%
dont Tunisie 78% 10% 4% 91% 5% 3% 100%
Autres pays 72% 11% 3% 85% 8% 7% 100%
dont Turquie 77% 9% 3% 89% 9% 2% 100%
Ensemble 59% 13% 5% 76% 11% 12% 100%
  • Source : Insee, recensement de la population 2012, exploitation complémentaire

Les immigrés européens plus dispersés que les immigrés maghrébins

Dans la région LRMP comme en province, la population immigrée née en Afrique (y compris le Maghreb) est plus urbaine que celle des immigrés nés dans un pays de l'Union européenne : 88 % des immigrés africains résident dans l'espace des grandes aires urbaines, contre 66 % des immigrés européens (figure 2). Ces derniers ont en effet une répartition sur le territoire plus proche de celle des non-immigrés. Les natifs d'Espagne sont en partie venus travailler dans l'agriculture alors que les vagues ultérieures d'immigration répondaient à un besoin de main-d'œuvre dans les zones urbanisées et industrialisées.

En particulier, 48 % des immigrés tunisiens, 39 % des immigrés marocains et 57 % des immigrés algériens de la région résident dans les aires urbaines de Toulouse et Montpellier.

À l'inverse, les immigrés espagnols ne sont que 25 % à résider dans les grandes aires urbaines de Toulouse et Montpellier. En raison de sa proximité avec la frontière, Perpignan abrite à elle seule 14 % des immigrés espagnols de la région. Cela représente un tiers des immigrés de cette grande aire urbaine. Figeac de son côté détient l’une des plus grandes parts de résidents européens avec 7 immigrés sur 10 en provenance de l'Europe.

La communauté turque, moins représentée dans la région, est surtout concentrée dans les aires de Toulouse et Montpellier qui regroupent 43 % des immigrés turcs de la région.

Figure_3 – Les immigrés plutôt dans les grands pôles que dans leurs couronnes – Part des immigrés dans la population totale en 2012, selon le type d’espace

  • Source : Insee, recensement de la population 2012, exploitation complémentaire

Définitions

Un immigré est une personne née de nationalité étrangère à l’étranger et résidant en France. Les personnes nées françaises à l’étranger et vivant en France ne sont donc pas comptabilisées. Certains immigrés ont pu devenir français par acquisition de la nationalité, les autres restant étrangers.

Une aire est composée d’un pôle et le plus souvent d’une couronne. Un pôle est une zone de bâti continu d’au moins 2 000 habitants et d’au moins 1 500 emplois. Sa couronne correspond aux communes dont au moins 40 % de la population résidente ayant un emploi travaille dans le pôle ou dans les communes attirées par celui-ci. Les grandes aires urbaines sont fondées sur des pôles d’au moins 10 000 emplois. Les communes multipolarisées sont les communes attirées par plusieurs aires. Les communes isolées hors de l’influence des pôles sont les communes n’appartenant pas à une aire et non multipolarisée

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