Les principales ressources des 18-24 ansPremiers résultats de l’enquête nationale sur les ressources des jeunes

Laura Castell, Insee, Mickaël Portela et Raphaëlle Rivalin, Drees

Les aides des parents représentent un apport essentiel pour les 18-24 ans. Fin 2014, sept jeunes adultes sur dix bénéficient ainsi d’un soutien financier régulier, et ce soutien concerne neuf jeunes en cours d’études sur dix. Lorsqu’ils ne vivent plus exclusivement chez leurs parents, les jeunes en cours d’études perçoivent plus de 500 euros d’aide parentale par mois. La participation financière des parents varie selon le milieu social : lorsqu’ils sont aidés, les enfants de cadres reçoivent alors un montant total 2,5 fois plus élevé que les enfants d’ouvriers. L’aide parentale vient le plus souvent compléter les aides publiques, dont les allocations logement sont le levier principal : ces dernières bénéficient à un jeune sur deux disposant de son propre logement.

Fin 2014, trois jeunes adultes sur dix ont un emploi. Ils occupent dans les mêmes proportions des emplois à durée indéterminée ou déterminée et perçoivent en moyenne 1 250 euros nets par mois. Ils bénéficient nettement moins des aides financières de leur famille et de l’État, et plus de la moitié d’entre eux vivent encore chez leurs parents. Par ailleurs, un quart des jeunes en cours d’études a travaillé la semaine précédant l’enquête, dont presque la moitié en alternance ou en stage rémunéré.

Plus de la moitié des 18-24 ans vivent chez leurs parents

Au dernier trimestre de 2014, 57 % des jeunes âgés de 18 à 24 ans résident de façon permanente chez leurs parents, proportion parmi les plus faibles d’Europe (bibliographie). Selon l’enquête nationale sur les ressources des jeunes (ENRJ ; sources), un quart des 18-24 ans résident en permanence dans leur propre logement, et près d’un jeune adulte sur cinq habite à la fois chez ses parents et dans un autre logement (figure 1). La cohabitation avec les parents est liée à leur situation d’activité : la non-cohabitation est plus fréquente (36 %) chez les jeunes adultes déclarant occuper un emploi. La semi-cohabitation est plus répandue (32 %) chez ceux qui suivent des études. La cohabitation concerne les trois quarts des jeunes adultes au chômage ou inactifs sortis du système éducatif (soit 21 % des 18-24 ans).

Figure 1 – Conditions de logement et situation d'activité des jeunes de 18 à 24 ans

en %
Conditions de logement et situation d'activité des jeunes de 18 à 24 ans
Cohabitants Semi-cohabitants Non-cohabitants
Études (49%) 50 32 18
Emploi (30%) 57 7 36
Chômage, inactivité hors études (21%) 75 4 21
Ensemble des jeunes (100 %) 57 19 24
  • Lecture : 49 % des jeunes se déclarent principalement en cours d'études. Parmi eux, 50% sont cohabitants.
  • Champ : personnes âgées de 18 à 24 ans résidant en France (hors Mayotte).
  • Source : Drees-Insee, enquête nationale sur les ressources des jeunes 2014.

Figure 1 – Conditions de logement et situation d'activité des jeunes de 18 à 24 ans

Sept jeunes sur dix sont aidés financièrement par leurs parents

L’aide financière des parents accompagne souvent la vie des jeunes adultes, au moment de leur transition vers l’indépendance. Plus des deux tiers d’entre eux (70 %) reçoivent une aide financière régulière de leurs parents, sous forme d’un versement monétaire ou d’une participation à leurs dépenses. Ces aides sont diverses : les frais de communications et de transports sont les plus fréquents, quelle que soit la situation résidentielle des bénéficiaires (figure 2) ; l’aide au loyer et l’aide alimentaire, qui bénéficient à la moitié des semi-cohabitants, représentent les montants les plus élevés.

Ce sont les jeunes en cours d’études qui sont le plus souvent aidés et qui reçoivent l’aide la plus importante : 90 % bénéficient d’aides régulières, de 330 euros par mois en moyenne. Ces aides sont d’autant plus élevées qu’ils ne sont plus cohabitants (510 euros par mois en moyenne contre 160 euros pour les cohabitants). En outre, ils cumulent souvent plusieurs formes d’aides : 84 % en reçoivent plus d’une parmi celles recensées. En particulier, ils sont les plus nombreux (six sur dix) à percevoir de leurs parents un versement monétaire non affecté à une dépense spécifique.

Pour les jeunes sortis du système éducatif, qu’ils occupent un emploi ou non, le soutien financier des parents est plus rare (surtout pour les non-cohabitants) et moins élevé : en moyenne 110 euros par mois pour ceux qui travaillent et 130 euros pour les jeunes au chômage ou qui sont inactifs. Lorsqu’ils sont aidés, les jeunes qui occupent un emploi bénéficient pour la majorité (54 %) d’une aide unique. Pour les non-cohabitants, il s’agit le plus souvent d’une aide alimentaire, pour les autres, d’une participation aux dépenses de loisirs, de télécommunications ou d’entretien de leur véhicule.

Figure 2 – Les aides financières régulières des parents aux jeunes adultes

Les aides financières régulières des parents aux jeunes adultes
Reçoit une aide financière régulière (en %) Dont : Montant mensuel total de l'aide reçue par les bénéficiaires (en euros)
versement monétaire aide au loyer aide alimentaire aide aux frais de transports aide aux frais de communications aide aux dépenses de loisirs aide à la complémentaire santé
Ensemble des jeunes adultes 70 37 12 11 36 51 22 11 250
En cours d'études 90 60 23 18 53 67 29 18 330
En emploi 42 9 1 6 15 25 11 4 110
Au chômage ou inactif* 66 25 1 3 26 50 21 6 130
Cohabitants 74 34 /// /// 41 59 28 9 130
En cours d'études 92 55 /// /// 63 76 38 14 160
En emploi 49 10 /// /// 19 34 14 4 90
Au chômage ou inactif* 74 28 /// /// 31 60 26 7 120
Semi-cohabitants 92 62 49 46 48 66 24 22 480
En cours d'études 97 70 57 48 52 72 26 25 510
En emploi 59 13 7 36 20 25 17 5 180
Au chômage ou inactif* ns ns ns ns ns ns ns ns ns
Non-cohabitants 44 25 11 12 15 19 6 7 370
En cours d'études 72 54 26 16 28 34 9 15 510
En emploi 26 7 2 9 7 9 4 3 150
Au chômage ou inactif* 33 14 4 11 9 17 5 1 210
  • * Hors études ; ns: non significatif (effectifs insuffisants) ; /// non concernés.
  • Lecture : 70 % des jeunes reçoivent au moins une aide financière de façon régulière ; 37 % sont aidés sous la forme d'un versement monétaire, etc. Un jeune aidé reçoit en moyenne 250 euros par mois pour l'ensemble des aides financières régulières.
  • Champ : personnes âgées de 18 à 24 ans résidant en France (hors Mayotte).
  • Source : Drees-Insee, enquête nationale sur les ressources des jeunes 2014.

L’aide des parents varie selon le milieu social

Dans tous les milieux sociaux, les jeunes en études sont les plus soutenus financièrement. Cependant, les enfants de cadres sont plus aidés que les enfants d’ouvriers : non seulement ils sont proportionnellement plus nombreux à l’être, mais ils perçoivent des montants environ 2,5 fois supérieurs. Ainsi, 88 % des jeunes adultes dont le père est cadre ou profession libérale reçoivent un soutien financier (contre 61 % des enfants d’ouvriers ; figure 3). Ils perçoivent alors en moyenne 400 euros par mois contre 160 euros pour les enfants d’ouvriers. Ce constat persiste quelle que soit la situation d’activité du jeune. Lorsqu’ils sont en cours d’études, 96 % des enfants de cadres ou de professions libérales reçoivent en moyenne de leurs parents 450 euros par mois. L’aide parentale concerne 83 % des enfants d’ouvriers en cours d’études, pour un montant moyen de 220 euros. Il en est de même pour les jeunes sortis du système éducatif : 65 % des enfants de cadres ou de professions libérales sont aidés par leurs parents à hauteur de 190 euros par mois contre 48 % des enfants d’ouvriers, pour un montant de 100 euros.

Figure 3 – L'aide financière mensuelle des parents selon la catégorie socioprofessionnelle du père

L'aide financière mensuelle des parents selon la catégorie socioprofessionnelle du père
% de jeunes aidés Montant total de l'aide pour les bénéficiaires
Indépendant 75 269
Cadre, profession libérale 88 396
Profession intermédiaire 75 272
Employé 68 208
Ouvrier 61 156
  • Note : la catégorie socioprofessionnelle du père correspond à l'activité actuelle ou antérieure.
  • Lecture : 75 % des jeunes dont le père est indépendant reçoivent des aides financières régulières (axe de gauche). En moyenne, celles-ci sont d'un montant de 270 euros par mois (axe de droite).
  • Champ : personnes âgées de 18 à 24 ans résidant en France (hors Mayotte) dont le père n'est ni décédé ni inconnu (soit 93 % des jeunes adultes).
  • Source : Drees-Insee, enquête nationale sur les ressources des jeunes 2014.

Figure 3 – L'aide financière mensuelle des parents selon la catégorie socioprofessionnelle du père

84 % des permis de conduire sont financés par les parents

Le soutien parental ne se limite pas à un apport financier direct : 46 % des jeunes adultes sont affiliés à la complémentaire santé de leurs parents et 20 % assurent leur véhicule sur le contrat d’un de leurs parents. Les aides régulières sont aussi très souvent complétées par des aides ponctuelles aux montants parfois élevés. Ainsi, 50 % des jeunes adultes inscrits dans un établissement d’enseignement bénéficient de l’aide parentale pour financer leurs frais d’inscription. Au cours de l’année, 51 % des 18-24 ans ont été parfois aidés pour l’achat de vêtements, 26 % pour l’achat d’équipements importants et 18 % pour financer un voyage à l’étranger. En outre, les parents prennent en charge très majoritairement le financement du permis de conduire de leurs enfants (pour 84 % des titulaires) et l’acquisition d’un véhicule (pour 64 % des jeunes qui en ont un).

Les jeunes ayant un emploi gagnent en moyenne 1 250 euros par mois

Fin 2014, 42 % des jeunes adultes ont travaillé la semaine précédant l’enquête : 30 % déclarent occuper un emploi, 11 % poursuivre des études, 1 % être au chômage ou inactif. Leur revenu du travail s’élève alors à 1 060 euros en moyenne par mois (figure 4).

Les 30 % de ceux qui occupent un emploi gagnent en moyenne 1 250 euros nets par mois. Ils occupent à part égale, soit un emploi permanent (CDI ou fonctionnaire pour 48 %), soit un emploi temporaire (46 %) ; les autres (soit 6 %) sont indépendants ou sans contrat. Selon l’ENRJ, sept jeunes ayant un emploi sur dix travaillent à temps complet (35 heures ou plus) : 79 % parmi les hommes et 56 % parmi les femmes. La moitié d’entre eux perçoit plus de 1 300 euros par mois. Lorsqu’ils travaillent à temps partiel, la moitié gagne moins de 870 euros par mois et le quart moins de 610 euros. Ils occupent alors surtout des emplois à temps partiel court, en moyenne de 15 heures par semaine. Un tiers des jeunes occupant un emploi perçoit des bas salaires, inférieurs aux deux tiers du salaire médian en France (1 100 euros par mois en 2014).

Figure 4 – Les revenus du travail fin 2014 selon la situation principale des jeunes

Les revenus du travail fin 2014 selon la situation principale des jeunes
Q1 : 1er quartile Moyenne Médiane Q3 : 3e quartile
Ensemble (42%) 700 1 055 1 100 1 369
Ensemble (30%) 1 000 1 245 1 215 1 500
Temps complet (21%) 1 200 1 388 1 300 1 514
Temps partiel (9%) 605 934 870 1 200
Ensemble (11%) 258 618 610 900
Alternance/ stage (6%) 650 819 858 1 000
Autres activités rémunérées (5%) 170 406 304 545
  • Lecture : les jeunes qui ont travaillé la semaine précédant l'enquête (soit 42%) ont un revenu du travail moyen de 1 060 euros nets par mois.
  • 50 % d'entre eux ont un revenu inférieur à 1 100 euros par mois (médiane).
  • Le quart d'entre eux perçoit un revenu inférieur à 700 euros (Q1) et un autre quart un revenu du travail supérieur à 1 370 euros (Q3).
  • Champ : personnes âgées de 18 à 24 ans résidant en France (hors Mayotte) ayant déclaré avoir travaillé la semaine précédant l’enquête.
  • Source : Drees-Insee, enquête nationale sur les ressources des jeunes 2014.

Figure 4 – Les revenus du travail fin 2014 selon la situation principale des jeunes

Près d’un jeune en cours d’études sur quatre travaille

Les jeunes adultes en cours d’études peuvent aussi exercer des activités rémunérées, en parallèle ou dans le cadre de leur formation. Fin 2014, ils sont 23 % dans ce cas la semaine précédant l’enquête : 9 % travaillent en alternance, 3 % en stage rémunéré et 11 % dans d’autres activités (figure 5). Leurs revenus d’activités sont en moyenne de 620 euros par mois. Pour une ou des activités non intégrées à leur formation, ils gagnent en moyenne 410 euros par mois et pour les trois quarts d’entre eux 550 euros au plus. Les jeunes en alternance ou en stage rémunéré ont des revenus plus élevés : la moitié d’entre eux gagne plus de 860 euros par mois.

Ces emplois en lien avec leur formation sont un peu plus fréquents parmi les hommes : fin 2014, 14 % des hommes en cours d’études ont travaillé en alternance ou en stage rémunéré au cours de la semaine précédant l’enquête, contre 10 % des femmes (figure 5). Les jeunes femmes en cours d’études exercent plus souvent une ou des activités rémunérées sans lien direct avec leur formation. Elles en tirent un revenu plus faible que celui des hommes dans la même situation, de 360 euros par mois en moyenne contre 490 euros.

Fin 2014, les jeunes adultes en cours d’études dont le père est soit travailleur indépendant, soit employé ou ouvrier, sont plus nombreux à avoir travaillé au cours de la semaine précédant l’enquête (27 % et 24 %) que les enfants de cadres, de professions libérales ou intermédiaires (20 %). Mais, parmi ces jeunes adultes qui travaillent en poursuivant leurs études, les deux tiers des enfants d’ouvriers ou d’employés sont en alternance ou en stage, contre un peu plus d’un tiers des enfants de cadres, de professions libérales ou intermédiaires. Ces écarts reflètent les différences de formations suivies par les jeunes selon leur origine sociale.

Figure 5 – Part des jeunes en cours d'études qui ont travaillé la semaine précédant l'enquête

Part des jeunes en cours d'études qui ont travaillé la semaine précédant l'enquête
Alternance / stage Autres activités rémunérées
Ensemble 12 11
Hommes 14 9
Femmes 10 13
Indépendant 15 12
Cadre, profession libérale ou interméd. 8 12
Employé ou ouvrier 15 9
  • * Le champ est restreint aux jeunes dont le père n'est ni décédé ni inconnu (soit 95% des jeunes adultes en études).
  • Lecture : 23 % des jeunes qui se déclarent en études ont travaillé la semaine précédant l’enquête ; 12 % sont en alternance ou en stage et 11 % ont d’autres activités rémunérées.
  • Champ : personnes âgées de 18 à 24 ans résidant en France (hors Mayotte), qui se déclarent principalement en cours d'études.
  • Source : Drees-Insee, enquête nationale sur les ressources des jeunes 2014.

Figure 5 – Part des jeunes en cours d'études qui ont travaillé la semaine précédant l'enquête

Six jeunes adultes sur dix ne vivant plus chez leurs parents perçoivent des revenus sociaux

Fin 2014, quatre jeunes adultes sur dix bénéficient d’au moins un des revenus sociaux suivants : bourse d’étude, aides au logement, allocation chômage, prestation familiale, minima sociaux (revenus de solidarité active, allocation adulte handicapé), contrat d’insertion dans la vie sociale (CIVIS) et garantie jeunes (dispositif expérimenté dans dix départements en 2014). Pour ces bénéficiaires, le montant total perçu s’élève à 380 euros par mois en moyenne (figure 6). Ceux qui ne vivent plus chez leurs parents, ou seulement en partie, en bénéficient le plus (63 % d’entre eux). Pour ces jeunes adultes semi ou non cohabitants, les aides au logement constituent la source de revenu social la plus fréquente : un sur deux en bénéficie, pour un montant moyen de 190 euros par mois. Sept jeunes adultes sur dix bénéficiaires d’une aide au logement reçoivent également une aide de leurs parents. Ce soutien leur permet de payer, entre autres, le reste à charge de leur loyer, après déduction des aides au logement.

Les jeunes en cours d’études sont par ailleurs plus nombreux à percevoir des revenus sociaux : la moitié en perçoit au moins un. Lorsqu’ils disposent d’un logement, 61 % reçoivent une allocation logement. Plus du quart (28 %) bénéficie d’une bourse d’études, d’un montant moyen de 270 euros par mois ; pour 85 % d’entre eux, il s’agit d’une bourse de l’enseignement supérieur attribuée sur critères sociaux. Au total, 33 % des jeunes étudiants reçoivent une bourse de 290 euros en moyenne.

Les autres prestations sociales - allocations chômage, minima sociaux et prestations familiales - sont rares chez les 18-24 ans. Fin 2014, moins d’un cinquième de ceux qui sont au chômage ou inactifs perçoit une allocation chômage, de 750 euros par mois en moyenne. La faible couverture de cette allocation est caractéristique de la période d’insertion professionnelle. Les 18-24 ans au chômage sont en partie à la recherche d’un premier emploi et la plupart ne réunissent pas les conditions d’accès à un revenu de remplacement. Pour les chômeurs ou les inactifs, les minima sociaux, les prestations familiales et les aides versées dans le cadre de contrats d’insertion sociale (CIVIS et garantie jeunes) sont aussi sources de revenus : 17 % d’entre eux en perçoivent et 45 % parmi les semi ou non-cohabitants.

Figure 6 – Part de jeunes bénéficiaires de revenus sociaux

Part de jeunes bénéficiaires de revenus sociaux
Perçoit un revenu social (en %) Dont : Montant mensuel total des revenus sociaux recu par bénéficiaires (en euros)
bourse d'étude (en %) aide au logement (en %) allocation chômage (en %) autres (en %)
Ensemble des jeunes 38 14 23 5 6 380
En cours d'études 49 28 31 2 1 300
En emploi 21 /// 15 3 5 330
Au chômage ou inactif* 36 /// 14 17 17 700
Cohabitants 19 10 /// 6 3 420
En cours d'études 26 23 /// 1 2 290
En emploi 6 /// /// 4 2 420
Au chômage ou inactif* 23 /// /// 15 8 650
Semi ou non cohabitants 63 19 53 5 9 370
En cours d'études 73 32 61 2 1 310
En emploi 40 /// 35 3 8 320
Au chômage ou inactif* 75 /// 56 24 45 750
  • * Hors études ; /// : non concernés.
  • Lecture : 38 % des jeunes ont perçu au moins un revenu social ; 14 % ont perçu une bourse d'études. Un jeune bénéficiaire reçoit en moyenne 380 euros par mois pour l’ensemble de ces revenus sociaux.
  • Champ : personnes âgées de 18 à 24 ans résidant en France (hors Mayotte).
  • Source : Drees-Insee, enquête nationale sur les ressources des jeunes 2014.

Sources

Menée conjointement par la Drees et par l’Insee, l’enquête nationale sur les ressources des jeunes (ENRJ) permet d’identifier l’ensemble des ressources dont disposent les jeunes adultes pour vivre. Elle s’est déroulée du 1er octobre au 31 décembre 2014 en France métropolitaine, à La Réunion et en Guadeloupe (ici représentatives de la Guyane et de la Martinique).

Le champ de l’ENRJ est ainsi celui des jeunes âgés de 18 à 24 ans au 1er octobre 2014 résidant en France (hors Mayotte), vivant en ménage ordinaire ou en communauté. Plus de 5 % des jeunes résident effectivement dans des logements collectifs, rarement enquêtés. L’une des originalités de l’ENRJ est d’avoir interrogé environ 1 000 jeunes tirés dans un échantillon représentatif des communautés (internat, cité universitaire, foyer de jeunes travailleurs, gendarmerie, etc.).

Le dispositif comprend une interrogation des jeunes, ainsi que de leurs parents. Au total, 5 800 jeunes et 6 300 parents ont répondu à l’enquête. Dans 5 200 cas, à la fois le jeune et au moins un de ses parents ont répondu à l’enquête.

Le questionnaire destiné aux jeunes adultes recense en détail les ressources dont ils disposent. L’enquête aborde également de multiples thèmes : le logement et les modes de cohabitation des jeunes, la santé, les relations entretenues avec les parents, leurs conditions de vie et les différentes étapes de passage à l’âge adulte.

Définitions

Dans cette étude, un jeune adulte est un jeune âgé de 18 à 24 ans au 1er octobre 2014. Quand il vit en permanence chez ses parents ou chez l’un d’eux, il est dit cohabitant. S’il ne vit plus chez eux, il est considéré comme non cohabitant. Enfin, s’il vit en partie chez ses parents et en partie dans un autre logement, il sera alors semi-cohabitant.

La situation d’activité des jeunes est la situation principale déclarée au moment de l’enquête. Les jeunes qui se déclarent en cours d’études, y compris en alternance ou en stage, sont 22 % à être élèves de l’enseignement secondaire (lycéens, CAP, BEP) et 78 % à être étudiants. Les jeunes qui se déclarent inactifs sont dans cette étude des jeunes sortis du système éducatif.

Les ressources mesurées ici sont les ressources mensuelles perçues au moment de l’enquête par le jeune. Les trois principales sources de revenus étudiées sont les revenus du travail, les revenus sociaux perçus au moment de l’enquête ainsi que les aides financières reçues régulièrement de la part des parents. Mais d’autres ressources peuvent être perçues : revenus du patrimoine, aides financières d’autres personnes que les parents (conjoint, par exemple) ou aides en nature. Par ailleurs, les sources de revenus des jeunes adultes varient dans le temps : revenus des « jobs » de vacances ; changements multiples et fréquents entre études, emploi et chômage. Une mesure plus complète du niveau de vie des jeunes nécessite d’étudier leurs ressources sur l’ensemble de l’année, ce qui fera l’objet d’analyses ultérieures.

L’aide financière régulière des parents comprend ici les versements monétaires réguliers sans utilisation prédéfinie et la participation financière des parents à différentes dépenses régulières, généralement mensuelles, effectuées par les jeunes, voire directement prises en charge par les parents (pour le loyer par exemple) mais qui leur sont toutes exclusivement destinées. Ces dépenses régulières sont diverses : loyer, essence, entretien et assurance du véhicule, abonnements de transports en commun, billets de train, abonnements téléphoniques et internet, loisirs et complémentaire santé. Les aides en nature ne sont pas ici prises en compte sauf celle concernant la participation aux dépenses d’alimentation, poste budgétaire majeur. Celle-ci correspond au montant que le jeune estime économiser sur son budget de nourriture grâce aux provisions que lui donnent régulièrement ses parents.

Les revenus du travail comprennent toutes les activités rémunérées à partir d’une heure de travail par semaine, avec ou sans contrat, déclaré ou non ; les jeunes ont décrit jusqu’à trois activités différentes au cours de la semaine précédant l’enquête. Les revenus portent sur le mois d’enquête.

Pour en savoir plus

Lhommeau B., « Quand les jeunes n’habitent pas chez leurs parents : revenus et niveau de vie », Études et Résultats n° 867, Drees, février 2014.

Robert-Bobée I., « Parmi les jeunes ne vivant plus chez leurs parents, les étudiants sont les plus aidés par leur famille », Insee Première n° 826, février 2002.

Van de Velde C., « Devenir adulte. Sociologie comparée de la jeunesse en Europe », Presses universitaires de France, coll. « Le lien social », 2008.