Les petites communes de l’Orne gagnent des habitants, sans compenser le repli démographique du département

Jérôme LETOURNEL, Insee

Au 1er janvier 2013, l’Orne compte 288 850 habitants. Entre 2008 et 2013, la population ornaise a diminué en moyenne de 0,2 % par an. La population des petites communes augmente, sans pour autant compenser le repli démographique dans les pôles urbains.

Au 1er janvier 2013, 288 850 habitants résident dans le département de l’Orne, soit 3 430 de moins qu’en 2008. Entre 2008 et 2013, la population ornaise a diminué en moyenne de 0,2 % par an. Les effets de la crise économique sur l’emploi intervenus lors de ces cinq années ont contribué au départ de jeunes actifs en dehors du département. Il en résulte un solde migratoire négatif que ne compense plus l’excédent naturel. Avec moins de naissances et plus de décès, le solde naturel sur cinq ans est désormais quasi-nul (– 0,02 % en évolution annuelle).

Entre 2008 et 2013, les petites communes de l'Orne gagnent des habitants. Les communes de moins de 1000 habitants enregistrent ainsi des gains de population de + 0,2 % par an en moyenne. Les communes ayant entre 1 000 et 3 500 habitants connaissent une très légère baisse (- 0,1 %) alors que, dans les villes de plus de 3 500 habitants, le recul est plus fort (- 0,9 %). Une petite moitié de la population ornaise (45%) réside dans une commune de moins de 1 000 habitants, près d'un quart vit dans une commune accueillant entre 1 000 et 3 500 personnes, et un tiers habite une ville de plus de 3 500 habitants.

La périurbanisation se poursuit au sein du département : comme dans le département voisin de la Manche, les pôles urbains perdent des habitants alors que leurs couronnes, offrant parfois un meilleur cadre de vie, en gagnent. Les deux grandes aires urbaines de l'Orne, Alençon et Flers, ainsi que les deux aires moyennes, Argentan et L'Aigle, ont perdu chacune, en moyenne, 0,3 % de leurs habitants par an entre 2008 et 2013. La croissance de la population vivant dans leur couronne est en effet trop faible pour compenser le fléchissement au sein de leur pôle.

Figure 1 – Évolution de la population des communes de l’Orne entre 2008 et 2013

  • Source : Insee, Recensements de la population

Parmi les petits pôles urbains, seule l'unité urbaine bellêmoise gagne des habitants. Dans l'aire urbaine mortagnaise, la population se contracte au même rythme dans la couronne et dans son unité urbaine : - 0,4 % par an en moyenne. Dans l'aire urbaine de Domfront, où les communes périphériques connaissent un recul de leur population plus accentué que la ville centre, la baisse annuelle moyenne atteint 1,3 %. L'aire urbaine de Vimoutiers connaît un repli d’une ampleur similaire, alors que le recul est moindre dans les aires urbaines de Sées (- 1,0 %) et de la Ferté-Macé (- 0,9 %).

En revanche, le dynamisme démographique des couronnes se diffuse un peu au-delà des aires urbaines, dans les communes multipolarisées. Ces dernières accueillent de nouveaux habitants et voient leur population progresser en moyenne de 0,4 % par an. A l’inverse, la population des communes rurales isolées, trop éloignées des pôles d’emplois et de services, décroit.

Figure 2 – Répartition des communes de l'Orne suivant leur taille

Répartition des communes de l'Orne suivant leur taille
Nombre d'habitants de la commune en 2013 Nombre de communes Population 2008 Population 2013 Évolution annuelle moyenne 2008-2013 (%)
Moins de 250 251 36 252 36 321 0
De 250 à 499 109 37 272 37 904 0,3
De 500 à 999 80 54 603 55 017 0,2
De 1000 à 3499 44 66 875 66 429 -0,1
De 3500 à 4999 5 20 127 19 467 -0,7
De 5000 à 9999 3 19 345 18 696 -0,7
10000 et plus 3 57 808 55 014 -1
Total Orne 495 292 282 288 848 -0,2
  • Source : Insee, recensements de la population 2008 et 2013

Figure 3 – La population de l'Orne selon le zonage en aires urbaines

La population de l'Orne selon le zonage en aires urbaines
Catégorie d'espace Nombre de communes Population 2008 Population 2013 Évolution annuelle moyenne 2008-2013 (%)
Grandes aires urbaines 76 95 635 94 226 -0,3
Grands pôles urbains 11 61 207 59 351 -0,6
Couronnes des grands pôles urbains 65 34 428 34 875 0,3
Communes multipolarisées des grandes aires urbaines 9 2 247 2 321 0,7
Autres aires 77 81 099 79 301 -0,4
Pôles (petits et moyens) 19 57 655 55 688 -0,7
Couronne des petits et moyens pôles 58 23 444 23 613 0,1
Autres communes multipolarisées 210 70 336 70 839 0,1
Communes isolées hors influence des pôles 123 42 965 42 161 -0,4
Total Orne 495 292 282 288 848 -0,2
  • Source : Insee, recensements de la population 2008 et 2013

Encadré

3,3 millions de Normands

La nouvelle carte des régions qui sera officielle le 1er janvier 2016 fera passer leur nombre de 22 à 13 en métropole, les deux régions normandes étant ainsi regroupées dans une même entité. Avec une population de 3,328 millions d’habitants, la Normandie se classe au 9e rang de ces 13 nouvelles régions. La croissance annuelle de la population y est plus faible qu’en moyenne nationale, + 0,21 % contre + 0,50 %. Elle est portée exclusivement par l’excédent des naissances sur les décès, puisque le solde migratoire est très légèrement négatif. Chaque département présente un profil démographique différent : un solde naturel élevé et un solde migratoire négatif en Seine-Maritime, tandis que les migrations sont positives pour le Calvados, la Manche et l’Eure, l’Orne ayant un solde migratoire et un solde naturel tous deux déficitaires.

Figure 4 – Évolution de la population normande par département - Évolution des populations municipales 2008 et 2013

Évolution de la population normande par département - Évolution des populations municipales 2008 et 2013
Départements Population municipale Évolution annuelle
2008 2013 2008-2013 due au solde naturel due au solde migratoire
Calvados 678 206 689 945 0,34% 0,30% 0,04%
Eure 577 087 595 043 0,61% 0,46% 0,15%
Manche 496 937 499 919 0,12% 0,01% 0,11%
Orne 292 282 288 848 -0,24% -0,02% -0,22%
Seine-Maritime 1 248 580 1 254 609 0,10% 0,40% -0,30%
Normandie 3 293 092 3 328 364 0,21% 0,29% -0,08%
France 63 961 859 65 564 756 0,50% 0,43% 0,07%
  • Source : Insee - Recensements de la population

Pour comprendre

Comment lire les populations légales ?

Le terme générique de « populations légales » regroupe pour chaque commune sa population municipale, sa population comptée à part et sa population dite « totale ».

La population municipale est la seule qui évite qu’une même personne soit comptée deux fois. C’est pourquoi elle est privilégiée dans les descriptions statistiques. Les chiffres de cette publication ne portent que sur la population municipale.

Définitions

Une aire urbaine est un ensemble de communes, d'un seul tenant et sans enclave, constitué par un pôle urbain (unité urbaine) et par des communes rurales ou unités urbaines (couronne périurbaine) dont au moins 40 % de la population résidente ayant un emploi travaille dans le pôle ou dans des communes attirées par celui-ci. On parle de "grande aire urbaine" pour un pôle de plus de 10 000 emplois, de "moyenne aire" pour un pôle de 5 000 à 10 000 emplois et de "petites aires" pour un pôle de 1 500 à 5 000 emplois.

Pour en savoir plus

Retrouvez sur notre site www.insee.fr les quatre Insee Flash Normandie n°1 à 5 consacrés aux autres départements normands

Rendez-vous sur le site : http://www.le-recensement-et-moi.fr